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Dépistage MST (IST) : délai, prix, où, comment ça se passe ?

Dépistage MST (IST) : délai, prix, où, comment ça se passe ?

Le dépistage d’une MST ou IST est le meilleur moyen de savoir si on est atteint d’une maladie ou infection sexuellement transmissible. Les symptômes ne sont pas toujours manifestes d’où l’importance de recourir au dépistage précoce en cas de doute pour interrompre les chaînes de transmission c’est-à-dire ne pas contaminer ses futur(e)s partenaires. En 2021, 5,7 millions de sérologies VIH (+8%), 2,3 millions de dépistages d’une infection à Chlamydia (+9%), 2,8 millions de dépistages de la Syphilis (+3%) et 2,7 millions de dépistages d’infection à Gonocoque (+6%) ont été réalisés en France rapportait Santé Publique France en décembre 2022. « Il est primordial de permettre un dépistage gratuit, autonome et anonyme à disposition des populations les plus fragiles c’est-à-dire celles qui manquent d’information, résident dans des zones de désert médical etc » défend le Dr François Blanchecotte, biologiste médical et Président national du Syndicat des Biologistes (SDBio) que nous avons interrogé. Comment faire un dépistage des MST ? Gratuitement se faire dépister pour les IST ?

Que comprend un dépistage complet des MST ?

Pour rappel, un bilan complet de dépistage des MST recherche :

  • Chlamydiae trachomatis (chlamydiose)
  • Neisseria gonorrhoeae ou gonocoque (gonococcie)
  • Infection à mycoplasma genitalium (urétrite)
  • Mycoplasma hominis (mycoplasme) 
  • Ureaplasma urealyticum (mycoplasme)
  • Trichomonas vaginalis (trichomonose urogénitale)
  • Candida albicans ou autres espèces (candidoses génitales ou vulvo-vaginites)
  • Lactobacillus (bactéries de la flore vaginale)
  • Gardnerella (vaginose)
  • Mobiluncus (vaginose)

Comment se passe le dépistage des MST ?

Le bilan complet est réalisé lorsque l’on combine 3 types de diagnostic :

► Tout d’abord, le gynécologue réalise un examen clinique des organes génitaux.

► Ensuite, les infections sont testées par un prélèvement local et/ou une analyse d’urines avec mise en culture.

► Enfin, on réalise une prise de sang. 

Outre ces tests, il existe ce que l’on appelle le Test Rapide d’Orientation Diagnostique (TROD) disponible en pharmacie et dont le résultat sort en 30 minutes. Par exemple, les autotests de dépistage à domicile de l’infection par le VIH font partie des TROD. La lecture des résultats se fait directement par le patient. « Ce n’est pas un examen de biologie, ils sont donc moins fiables que ceux réalisés en laboratoire«  note le Dr Blanchecotte. Il est désormais est possible d’effectuer le dépistage (vaginal pour les femmes) en auto-prélèvement (par technique du PCR). « La patiente réalise le prélèvement elle-même à l’aide d’un écouvillon spécifique. Aujourd’hui, il est possible d’identifier toutes les maladies sexuellement transmissibles à partir d’un seul écouvillon en auto-prélèvement. Nous souhaitons rendre le dépistage le plus accessible possible et réaliser des campagnes de dépistage auprès des femmes à titre préventif. L’auto-test permet un dépistage aux femmes qui ne souhaitent pas se faire prélever par un homme, sachant que la majorité des biologistes sont de sexe masculin » soutient le Dr Blanchecotte.

Quand se faire tester pour une MST ? 

« Toute personne qui le souhaite peut demander à son généraliste (ou à un autre médecin) une ordonnance pour un dépistage des IST ou se rendre directement en laboratoire pour l’effectuer » indique le biologiste médical. Le dépistage des IST est généralement indiqué dans plusieurs situations dont les  suivantes : 

  • en cas de symptômes gynécologiques ou urinaires (exemple mycose ou cystite à répétition)
  • lorsque l’on souhaite arrêter l’usage du préservatif avec un partenaire
  • après un rapport sexuel non protégé
  • avant de débuter une contraception (pilule, stérilet, etc)
  • avant une interruption volontaire de grossesse (IVG)
  • lorsque l’on souhaite tomber enceinte

L’examen est également recommandé en cas de situations à risques : partenaires multiples, partenaire à qui l’on a diagnostiqué une IST, travail dans le milieu de la prostitution ou encore en cas d’agression sexuelle. « Tous les 5 ans (au moins, ndlr), les femmes doivent faire un test HPV (infection au Papillomavirus), qui dépiste le cancer du col de l’utérus » rappelle le Dr Blanchecotte.

Où se faire dépister pour les MST (sans ordonnance) ?

Plusieurs endroits réalisent un dépistage pour les MST, avec ou sans ordonnance :

  • Les laboratoires de biologie médicale
  • Les centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD) : centres de dépistage anonymes et gratuits (CDAG), centres d’information, de dépistage, de diagnostic des IST (CIDDIST)
  • Les centres de santé sexuelle
  • Les centres de PMI (protection maternelle et infantile)
  • Les associations de lutte contre le sida
  • Les PASS (permanence d’accès aux soins de santé pour personnes en situation de précarité)

Comment faire un dépistage MST gratuitement ?

Les centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD) permettent de se faire tester gratuitement pour les MST y compris les personnes ne disposant pas de sécurité sociale. Les centres de dépistage sont communiqués en appelant Sida Info Service au 0 800 840 800. Depuis le 1er janvier 2022, les sérologies de dépistage VIH réalisées dans les laboratoires de biologie médicale sont à 100% prises en charge par l’Assurance Maladie (et sans avance de frais), même sans ordonnance. Les centres de santé sexuelle proposent également un dépistage des MST gratuitement. La liste est communiquée par le site du Gouvernement. « Pour les dépistages autre que le VIH, tous les examens sont remboursés dès lors qu’il y a une ordonnance par la Sécurité sociale à hauteur de 60% et par la mutuelle à hauteur de 40% » indique notre interlocuteur.

Quel est le délai pour obtenir les résultats d’un dépistage MST ?

Les résultats d’un dépistage effectué par un laboratoire sont communiqués dans les 24 heures suivant la réalisation des examens. « En effet, les tests PCR doivent être analysés rapidement » souligne le Dr Blanchecotte. « Si on effectue un prélèvement vaginal avec culture pour évaluer la flore vaginale, le délai sera un peu plus long » note l’expert. Le délai est de plusieurs jours si le dépistage est réalisé dans un centre de santé. 

Comment savoir si j’ai une MST lorsque je reçois les analyses ?

« Lors de la transmission des résultats au patient, le laboratoire a pour obligation de téléphoner au médecin traitant (ou à un autre médecin si sans ordonnance) si le résultat est positif à une IST pour que le patient bénéficie d’une lecture de ses résultats et d’une prise en charge » précise notre interlocuteur. Si les résultats sont négatifs, il n’y aura pas de précision de la part du laboratoire. En cas de doute, contacter un médecin généraliste.

Merci au Dr François Blanchecotte, biologiste médical et Président national du Syndicat des Biologistes (SDBio).

Sources :

– Dépister les IST, 6 janvier 2023, Assurance Maladie

– Annuaire des centres de santé sexuelle, 4 novembre 2022, Gouvernement

– Bulletin de santé publique VIH-IST, Décembre 2022, Santé Publique France


Source : JDF Santé

5 signes évocateurs d'une relation de couple toxique (et comment en sortir !)

5 signes évocateurs d'une relation de couple toxique (et comment en sortir !)

Pernicieuse et difficile à déceler, une relation toxique est un rapport asymétrique entre deux personnes. En amour, elle a inévitablement des conséquences délétères sur la confiance en soi, sur l’épanouissement et devient souvent à terme malsaine voire destructrice. Manipulation, culpabilisation, manque de considération, victimisation… sont autant de processus ou de comportements observables dans les relations toxiques. Quels sont les signes évocateurs d’une relation toxique ? Comment en sortir (rapidement et sans séquelle) ?

C’est quoi une relation toxique ?

Une relation est/devient toxique quand elle apporte plus de méfaits que de bienfaits. « C’est une relation qui ne repose pas sur des bases saines, mais sur une dynamique de couple dysfonctionnelle, déséquilibrée et asymétrique qui nuit à l’épanouissement aussi bien personnel qu’au sein du couple. Et ce n’est pas un concept nouveau : depuis que l’Homme a des rapports sociaux, les relations toxiques existent« , tient à préciser Dana Castro, psychologue. Il faut souligner qu’une personne toxique est capable d’aimer, mais souvent, elle aime d’une mauvaise façon. « Chacun a son histoire : une personne qui agit de manière toxique peut par exemple reproduire des schémas qu’elle a connus. Il faut savoir que ça existe, mais que ce n’est pas une fatalité et qu’on peut en sortir. » 

​​​​​​5 signes qui peuvent révéler une relation de couple toxique

1. Le partenaire impose sa vision des choses et la communication avec lui est difficile. Exemples : il ne vous laisse pas la parole, ne prend pas en considération votre avis, vos ressentis, vos besoins…

2. Le partenaire a une emprise émotionnelle sur l’autre. Exemple : il use du chantage affectif, se victimise, vous fait culpabiliser…

3. Le partenaire critique beaucoup mais ne parvient pas à se remettre en question. Exemple : tout est toujours de la faute des autres…

4. Le partenaire est imprévisible ou instable, ce qui peut engendrer une grande insécurité affective. Exemple : il alterne des phases de séduction, de gentillesse et de tendresse avec des périodes de distance et de reproches incessants.

5. Dans une relation toxique, les dialogues n’aboutissent jamais à des améliorations, mais au contraire, ils sont souvent sources de conflits supplémentaires. et d’incompréhension mutuelle.

« Hommes et femmes peuvent être toxiques ou en être victimes. Attention, il n’y a pas forcément un dominant et un dominé : deux personnes peuvent être mutuellement toxiques l’une pour l’autre, avec des comportements nocifs qui s’expriment chacun à leur manière« , tient à préciser notre experte.

Quelles sont les conséquences d’une relation toxique ?

Une relation toxique est nocive et peut avoir des conséquences difficilement réversibles sans prise en charge, comme :

  • l’apparition de tensions, d’anxiété, d’angoisses
  • la baisse de confiance en soi
  • le doute perpétuel de ne pas être à la hauteur
  • l’impression ne pas être aimé pour ce que l’on est, la sensation de ne pouvoir jamais être soi-même
  • l’impression de ne pas être libre au sein du couple
  • l’épuisement mental

Tout cela peut engendrer une dépression et un important repli sur soi.  

« Mais pourquoi je ne l’ai pas vu avant ? »

6 conseils pour sortir d’une relation toxique

► Amorcer le dialogue. La toxicité peut parfois venir d’un manque de communication. Il convient donc dans un premier temps de s’ouvrir à l’autre en lui exposant ses ressentis, ses frustrations, ses attentes et ses besoins. Si, après plusieurs tentatives infructueuses, le dialogue est impossible ou que la relation n’évolue pas vers le mieux, il va falloir s’en libérer et envisager la rupture. 

► Prendre conscience du problème et se poser les bonnes questions : est-ce que la relation me rend heureux.se ? M’aime-t-il pour ce que je suis ? Est-ce que j’arrive à être moi-même en sa compagnie ? Veut-il mon bonheur ? Fait-il passer ses intérêts avant les miens ? S’interroger permet de savoir si le problème vient de vous, de l’autre ou peut-être des deux…

► Ne pas se rajouter d’auto-flagellation en se disant « Mais pourquoi je ne l’ai pas vu avant ? » ou « Pourquoi je me suis laissée embarquée dans cette histoire ? » Une relation toxique est très dure à déceler car généralement elle commence rarement avec des horreurs. Au début, les difficultés de couple sont discrètes, ce n’est qu’au fil du temps qu’elles se développent et se remarquent. « Par ailleurs, le côté pernicieux et malsain d’une relation est complexe à voir, d’autant qu’au début d’une relation, on a tendance à être plus tolérant, un peu aveuglé, sur son petit nuage et à pardonner beaucoup de choses. Aussi et surtout, les sentiments amoureux peuvent masquer les signes d’une relation toxique« . 

(Re)apprendre à s’affirmer et à poser des limites, ce qui permet inévitablement de prendre conscience de sa véritable valeur et de remettre du respect au centre de sa vie. « Une relation est toxique quand les limites sont franchies (et ce, même si la personne s’excuse après)« , indique notre experte. 

► Rompre avec l’autre physiquement et psychiquement. « Une relation toxique étant délétère, il faut parvenir à s’en éloigner aussi bien mentalement que géographiquement« . L’éloignement peut être progressif (limiter les interactions, ne plus inclure l’autre dans ses sorties ou ses projets…) ou radical (rompre avec son partenaire). « Une relation toxique s’arrête quand l’une des deux personnes ne rentre plus dans le jeu de l’autre et qu’elle ne laisse plus de place à la manipulation« , résume Dana Castro. 

► Se faire aider. On a parfois besoin d’une tierce personne ou d’une aide extérieure pour vraiment pouvoir se sortir d’une relation toxique et ne plus être sous l’emprise de cette personne. Un travail psychologique peut être nécessaire pour avoir les outils pour comprendre et mettre en place les réactions les plus appropriées.  

Une relation toxique peut-elle changer ?

Dans la vie, rien n’est figé, donc dans l’absolu, oui, une relation toxique peut changer et s’assainir. Pour cela, il faut que les deux partenaires prennent conscience de l’état de souffrance de l’autre et qu’ils soient tous les deux motivés à trouver des résolutions, notamment à travers des échanges, une bonne communication, une remise en question objective et des ajustements mutuels. « Si l’un des deux ne voit pas le problème ou ne veut pas dialoguer, cela risque d’être très compliqué voire impossible. Attention aussi aux fausses solutions qui ne résolvent pas le problème de fond : par exemple, partir en voyage avec l’espoir infondé que la relation s’apaise ou change Pire : faire un enfant pour essayer de sauver une relation« , conclut notre experte.

Merci à Dana Castro, psychologue et psychothérapeute. 


Source : JDF Santé

Toux chronique de l'adulte : quand s'inquiéter ?

Toux chronique de l'adulte : quand s'inquiéter ?

Définition : quand parle-t-on de toux chronique ? 

La toux se définit par une « expiration brusque et sonore de l’air compris dans les poumons, qui peut être destinée à débarrasser les bronches, la trachée, le larynx, et le pharynx des mucosités et agents nocifs qui l’encombrent ; Elle peut être une réponse réflexe à une irritation de la muqueuse des voies respiratoires ORL ou trachéobronchiques ; Elle peut servir également à éclaircir la voix ou attirer l’attention« . La toux chronique se définit par une durée qui dépasse 8 semaines. « La toux est un symptôme, non une maladie. C’est avant tout un réflexe de défense de l’organisme qui vise à empêcher la pénétration d’éléments qui peuvent être dangereux, de corps étrangers comme des microbes ou des champignons« , tient à rappeler le Dr Jean-Philippe Santoni, pneumologue. 

Quelles sont les causes d’une toux chronique de l’adulte ? 

La toux chronique de l’adulte peut être liée à des irritations comme dans le cas du reflux gastro-œsophagien ou un écoulement nasal postérieur chronique (en cas de rhinite allergique notamment) ou des phénomènes allergiques ou inflammatoires comme l’asthme. Plus rarement, elle peut être liée à une maladie comme la tuberculose. Chez les fumeurs, la toux chronique peut être le symptôme d’une broncho-pneumopathie chronique obstructive. « Le tabagisme, la prise de certains médicaments comme l’aspirine, certains contraceptifs, certains antihypertenseurs et antidiabétiques représentent également des causes fréquentes« , ajoute le pneumologue. Dans tous les cas, une toux chronique impose un suivi médical.

Quand s’inquiéter ? 

« Toute toux chronique doit faire l’objet d’une consultation chez le médecin traitant, particulièrement lorsqu’elle altère la qualité de vie et le sommeil et qu’elle survient sous forme de quintes, associées ou non à des crachats sanglants« , informe le spécialiste. 

Comment diagnostiquer une toux chronique ?

Une toux est dite chronique lorsque sa durée est supérieure à huit semaines. La présence de signes d’alarme doit conduire à un examen spécialisé en fonction des symptômes, notamment l’altération de l’état général, un syndrome infectieux, une dyspnée d’effort, une hémoptysie, l’apparition ou modification de la toux chez un fumeur, une dysphonie, dysphagie ou des fausses routes ou encore des adénopathies cervicales suspectes vers l’ORL.

Traitement : comment se débarrasser d’une toux chronique ?

Les antitussifs ne sont pas recommandés. Ils ne peuvent être utiles que dans les toux invalidantes, non productives, d’étiologie non aisément accessible à un traitement curatif. Plusieurs traitements existent, le choix se fera en fonction des traitements du patient, de l’état physiopathologique du patient, de la présence d’une grossesse ou d’un allaitement, si la patient est atteint de diabète. Les traitements sont à adapter selon le contexte de la toux. « Par exemple, des corticoïdes inhalés et des bronchodilatateurs seront administrés pour le traitement de l’asthme, des antiacides contre le RGO, l’arrêt du tabac particulièrement en cas de BPCO et éventuellement des bronchodilatateurs« , précise le pneumologue. Et de préciser : « pour les toux réfractaires, la prise en charge peut reposer sur des traitements non médicamenteux : orthophonie, techniques de méditation et sophrologie« , ajoute le pneumologue.

Merci au Dr Jean-Philippe Santoni, pneumologue référent prévention à la Fondation du Souffle.


Source : JDF Santé

Bout des doigts blanc : un syndrome de Raynaud ?

Bout des doigts blanc : un syndrome de Raynaud ?

Vos doigts sont très rapidement blancs au bout quand il fait froid ? Vous avez peut-être ce que l’on appelle le syndrome, maladie ou plutôt « phénomène de Raynaud« . Cette affection caractérise un trouble de la circulation sanguine. Quelles sont les causes ? Que faire ? Faut-il consulter ? Explications avec notre dermatologue.

Qu’est-ce que la maladie de Raynaud ?

On parle de « syndrome de Raynaud » mais « le vrai terme est ‘phénomène de Raynaud’ qui est la description clinique », annonce d’emblée le Dr Jean-Benoît Monfort, dermatologue et membre de la Société Française de Dermatologie (SFD). Il s’agit d’un trouble de la circulation du sang affectant les extrémités. « Les doigts sont les plus souvent atteints, plus rarement les orteils et de façon exceptionnelle les oreilles ou le nez » précise le médecin. On distingue :

  • « La maladie de Raynaud qui est la cause dite ‘primitive’, c’est-à-dire sans cause sous-jacente, 
  • Le phénomène de Raynaud qui est un symptôme secondaire à des maladies sous-jacentes. »

« Il s’agit d’une hyper-réactivité de la microcirculation lors d’une exposition au froid«  poursuit le Dr Monfort. Dans ce cas, les vaisseaux qui irriguent la périphérie du corps présentent une diminution de leur diamètre, c’est ce qu’on appelle une « vasoconstriction« . Ceci permet que le maximum de sang puisse être envoyé en priorité aux organes vitaux qui sont privilégiés comme le cœur, les poumons et le cerveau. La circulation sanguine qui irrigue ces extrémités est ainsi ralentie expliquant ainsi leur refroidissement. Chez une personne présentant la maladie de Raynaud, le resserrement des artères est excessif et diminue la circulation sanguine.

Quelles sont les causes de la maladie de Raynaud ?

« La maladie de Raynaud n’a pas de réelle cause. Elle arrive typiquement chez la jeune femme, avec souvent un contexte familial [souvent héréditaire] », continue Jean-Benoît Monfort. La maladie de Raynaud, bénigne, représente plus de 80% des cas. Dans des cas plus rares, le phénomène de Raynaud peut être secondaire à des « maladies auto-immunes (sclérodermie systémique, lupus), la prise de certains médicaments (beta bloquants, tryptans utilisés pour les migraines) ou drogues (cocaïne), des causes professionnelles (maladie des engins vibrants chez l’homme utilisant régulièrement un marteau-piqueur), des cancers (à redouter chez l’homme typiquement, fumeur), mais aussi certaines maladies du sang (hémopathies malignes, gammapathies monoclonales) ou des pathologies endocriniennes (hypothyroïdie, acromégalie)« .

« Les doigts sont blancs puis rouges »

Quels sont les symptômes caractéristiques ?

« Les doigts deviennent brutalement blancs avec une sensation d’engourdissement. Ce critère est indispensable. Parfois, ils deviennent ensuite bleus puis après réchauffement ils deviennent rouges, secondairement à une vasodilatation réflexe, avec sensation de fourmillements », explique Jean-Benoît Monfort. L’ensemble de ces troubles est réversible. Une crise peut durer de quelques minutes à quelques heures.

Schéma du phénomène de Raynaud
Schéma de la maladie de Raynaud © rumruay – stock.adobe.com

Comment diagnostiquer la maladie de Raynaud ?

Le diagnostic est clinique. « Il se fait via un interrogatoire du patient et parfois grâce aux photos qu’il a amenées. » D’éventuels examens complémentaires seront menés, comme des tests sanguins pour rechercher certaines maladies auto-immunes et une capillaroscopie, examen indolore qui permet l’étude des vaisseaux capillaires de la peau. « Si ces deux examens sont normaux, alors il s’agit d’un phénomène de Raynaud primitif, sans maladie sous-jacente, qui ne nécessite pas d’être suivi. » Par ailleurs, ces examens permettront de ne pas confondre le phénomène de Raynaud avec l’acrocyanose, très fréquente, qui se manifeste aussi par des doigts bleutés l’hiver. « Cette pathologie se développe aussi chez la jeune femme mince classiquement. Elle est parfaitement bénigne et ne nécessite aucun bilan », rassure Jean-Benoît Monfort.

Quels sont les traitements de la maladie de Raynaud ?

« Tout phénomène de Raynaud doit être exploré »

Il n’existe pas de traitement définitif pour guérir ces affections. Les personnes affectées par la maladie de Raynaud ne prennent même jamais de médicaments, à la différence de celles affectées par le phénomène de Raynaud secondaire. « Les inhibiteurs calciques sont alors utilisés en première intention. Ce sont des médicaments utilisés habituellement pour l’hypertension artérielle. Ils permettent de dilater les petits vaisseaux et soulagent bien les symptômes. Dans les cas sévères, des perfusions par voie veineuse sont réalisées à l’hôpital », développe Jean-Benoît Monfort. Par ailleurs, pour les personnes atteintes de la maladie de Raynaud, des choses simples peuvent et doivent être mises en place. « La protection contre le froid est indispensable : ports de gants, petites chaufferettes à mettre dans la poche… Il faut aussi protéger les bras et le tronc, donc porter des vêtements chauds.« 

Quand consulter ?

Consultez votre médecin traitant dès l’apparition de ce phénomène, pour qu’il puisse vous diriger vers un dermatologue ou un médecin vasculaire. « Tout phénomène de Raynaud doit être exploré, même s’il est d’allure bénigne chez une jeune femme » confirme Jean-Benoît Monfort.

Quand s’inquiéter ?

Un phénomène de Raynaud est inquiétant lorsqu’il arrive après 35 ans environ, qu’il touche l’homme, une seule main ou bien lorsqu’il s’accompagne de petites ulcérations spontanées du bout des doigts. Dans ces cas, « la prise en charge doit être rapide car il y a très probablement une maladie sous-jacente dont le phénomène de Raynaud est une des manifestations ».

Prévention

Le phénomène de Raynaud s’améliore en cas de prise de poids et a tendance à s’améliorer avec l’âge lors des formes primitives. Par ailleurs, l’arrêt du tabac est obligatoire, car il est toxique pour les vaisseaux sanguins et favorise le vasospasme. « Il n’y a aucun moyen de prévenir de le phénomène de Raynaud en dehors d’éviter de fumer. Une fois atteint, le meilleur moyen reste la prévention contre le froid », conclut Jean-Benoît Monfort.

Merci au Dr Jean-Benoît Monfort, dermatologue et membre de la Société Française de Dermatologie (SFD).


Source : JDF Santé

Maladie de Cushing : c'est quoi, espérance de vie, ou syndrome ?

Maladie de Cushing : c'est quoi, espérance de vie, ou syndrome ?

Définition : qu’est-ce que la maladie de Cushing ?

La maladie de Cushing correspond à une tumeur située au niveau de l’hypophyse (cerveau). Cette tumeur va entraîner une série de symptômes qui caractérisent ce que l’on appelle le Syndrome de Cushing. Le terme « syndrome » signifiant dans le jargon médical un ensemble de symptômes caractérisant un état pathologique. La maladie de Cushing est dans près de trois quarts des cas la seule responsable des symptômes du syndrome de Cushing mais il existe aussi d’autres causes donnant le même syndrome d’où le fait qu’on puisse parler de « maladie » et de « syndrome » mais il faut les différencier. La Haute Autorité de Santé a défini le syndrome de Cushing comme l’ensemble des manifestations cliniques induites par une exposition chronique à un excès endogène de glucocorticoïdesNon traité, il induit une surmortalité et une morbidité significative, notamment cardiovasculaire. Son diagnostic et son traitement restent délicats. 

Quelle est la cause de la maladie de Cushing ?

La maladie de Cushing correspond à une tumeur située au niveau de l’hypophyse (cerveau), qui sécrète en excès l’hormone ACTH (ou hormone adrénocorticotrope), qui agit directement sur la glande surrénale. Cette tumeur va entraîner un excès de fonctionnement de la corticosurrénale, zone de cette glande responsable de la sécrétion entre autres des glucocorticoïdes. « En outre, d’autres causes peuvent être à l’origine d’une sécrétion excessive de cortisol, principal glucocorticoide, précise le Pr Philippe Touraine. Il existe des tumeurs non hypophysaires sécrétant de grandes quantités d’ACTH (dans le poumon, le thymus, la peau…). Il existe aussi des tumeurs surrénaliennes qui produisent cet excès de cortisol : ce sont les adénomes ou les corticosurrénalomes surrénaliens. Ces hypothèses étiologiques ne doivent pas faire oublier que dans la majorité des cas, lorsqu’on observe un patient avec des signes d’imprégnation excessive de cortisol, c’est dû à la prise de glucocorticoides au long cours (médicament, ndlr), comme dans des maladies inflammatoires« . 

schéma syndrome de cushing
Schéma du syndrome de Cushing © 123rf/JournaldesFemmes

Quels sont les symptômes du syndrome de Cushing ?

Les symptômes spécifiques d’un syndrome de Cushing sont :

  • cutanés : fragilité cutanée, ecchymoses, vergetures
  • musculaires (amyotrophie proximale) ;
  • osseux (ostéoporose).

Peuvent aussi orienter le diagnostic vers un syndrome de Cushing :

  • un ralentissement de la croissance surtout s’il s’associe à une prise de poids, chez l’enfant.
  • un diabète de type 2 (syndrome métabolique / diabète déséquilibré sans cause évidente)
  • une hypertension artérielle
  • troubles du comportement.
  • ostéoporose sans cause évidente
  • tumeur surrénalienne d’origine corticale

À noter que dans la maladie de Cushing et le syndrome paranéoplasique, une mélanodermie, peau qui devient plus foncée, est possible. « Attention la mélanodermie est surtout un signe de paranéoplasique car les niveaux d’ACTH sont nettement supérieurs à ceux observés lors de la maladie de Cushing », nuance l’endocrinologue. 

Quand et qui consulter ?

En présence de symptômes évoquant la maladie de Cushing, il faut consulter son médecin traitant qui vous orientera vers un spécialiste, à savoir un endocrinologue. Pour confirmer le diagnostic, une prise de sang et/ou une analyse d’urines visant à confirmer l’hypersécrétion de cortisol va être réalisée. La cause de cette hypersécrétion sera ensuite recherchée afin d’adapter le traitement.   

Quel est le diagnostic ?

Le diagnostic est posé devant le tableau clinique couplé à la pratique d’examens complémentaires : 

  • dosage du taux de cortisol dans le sang et/ou la salive à plusieurs heures de la journée et notamment celui de minuit est un bon marqueur.
  • dosage du cortisol dans les urines, augmenté par rapport à la normale.
  • dosage du taux d’ACTH, qui permet l’orientation étiologique ; elle est augmentée dans le cas de la maladie de Cushing ou du syndrome paranéoplasique ; elle est diminuée dans les tumeurs de la surrénale.
  • des tests dits dynamiques sont également fréquemment pratiqués, après injection à des doses variables d’un produit appelé dexaméthasone.
  • en cas d’ACTH diminuée, une imagerie des surrénales sera pratiquée, notamment un scanner. 
  • en cas d’ACTH augmentée comme dans la maladie de Cushing, une IRM hypophysaire permettra l’étude de l’hypophyse.

Peut-on en guérir ?

« Les chances de guérison diffèrent en fonction de la localisation de l’adénome responsable de la maladie de Cushing, indique le spécialiste. Lorsqu’il est bien visible à l’IRM et qu’il ne s’étend pas dans une zone non accessible au chirurgien, les chances de guérison sont de 70 à 80%. Quand l’adénome hypophysaire est mal identifié à l’IRM, la chirurgie hypophysaire permet de guérir le patient dans moins de 70% des cas. En revanche, si l’adénome hypophysaire est très gros, la chirurgie permet de diminuer l’excès de cortisol mais pas de le supprimer ». 

Quels sont les traitements ?

Le traitement du syndrome de Cushing dépend de la cause de l’hypersécrétion de glucocorticoïdes. Habituellement, la tumeur en cause dans l’excès de sécrétion des glucocorticoïdes doit être enlevée chirurgicalement.

Quelles peuvent être les séquelles de la maladie de Cushing ?

La maladie de Cushing peut entraîner différentes séquelles : 

  • Ostéoporose du fait de la surimprégnation en glucocorticoïdes.
  • Troubles psychiatriques liés au sevrage en glucocorticoïde.
  • Insuffisance hypophysaire partielle ou complète post-chirurgie. 
  • Hypertension artérielle.
  • Diabète.
  • Troubles du cycle menstruel et augmentation du risque d’infertilité.
  • Augmentation du risque d’infections. 

Quelle est l’espérance de vie ?

Non traité, le syndrome de Cushing induit une surmortalité et une morbidité significative, notamment cardiovasculaire. « Si non traitée ou partiellement traitée, la maladie de Cushing peut favoriser les comorbidités (fractures vertébrales, risques cardiovasculaires, infectieux, psychiatriques) et ainsi menacer le pronostic vital, confirme le Pr Philippe Touraine, dans de rares cas, la maladie de Cushing peut être due à un corticosurrénalome dont le pronostic est souvent médiocre. Cependant, dans la grande majorité des cas, le syndrome de Cushing est lié à des lésions bénignes et peut être facilement guérie« .  

Merci au Professeur Philippe Touraine, Chef du Service d’endocrinologie et médecine de la reproduction, à l’Hôpital de la Pitié Salpêtrière.


Source : JDF Santé