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Quels sont les bienfaits des graines alfalfa ?

Quels sont les bienfaits des graines alfalfa ?

Définition : c’est quoi les graines alfalfa ?

Les graines germées d’alfalfa sont issues de la luzerne cultivée, une légumineuse au même titre que les lentilles, les pois chiche, les haricots, les fèves ou encore le soja. Originaires des régions tempérées du Proche-Orient et de l’Asie centrale, elles appartiennent à la grande famille des Fabacées. « Elles sont particulièrement appréciées pour la note croquante, douce et rafraîchissante qu’elles apportent aux plats, ainsi que pour leurs qualités nutritionnelles indéniables. De plus, elles germent très facilement en 5 à 7 jours. Il suffit de les faire tremper dans de l’eau tiède pendant six heures, de les égoutter, de les rincer, puis de les répartir dans un germoir en les arrosant deux fois par jour« , argue Maxime Mességué, diététicien-nutritionniste. Bon à savoir, les graines doivent toujours être rincées avant d’être consommées. 

Photo de la luzerne cultivée (alfalfa)
Photo de la luzerne cultivée (alfalfa) © orestligetka-Adobestock

Quels sont les bienfaits des graines alfalfa ?

Riches en protéines (environ 4g/100g), en fer (1mg/100g), en vitamine C (8mg/100g), en vitamines A, B, C, D, E et K, en minéraux comme le magnésium, le calcium, le potassium et le zinc, les graines d’alfalfa ont des effets anti-stress, anti-anémie, antioxydants, antifatigue, anti-inflammatoires et diurétiques. Elles renforcent les os pour lutter contre l’ostéoporose, et constituent une aide précieuse en période de ménopause. Grâce aux phyto-œstrogènes qu’elles contiennent, elles participent à apaiser les désagréments de la ménopause tels que les bouffées de chaleur. Elles permettent également de faire diminuer le taux de mauvais cholestérol (LDL).

Comment consommer les graines alfalfa ?

Alliées santé du quotidien, les graines d’alfalfa se consomment crues. Elles peuvent être ajoutées à tous les plats : soupes, salades, taboulés, tartines, courges, sandwichs… Elles peuvent aussi agrémenter les viandes, poissons et légumes vapeur, et entrer dans la composition de sauces. En revanche, il n’est pas recommandé de les faire cuire car la cuisson détruit leurs propriétés nutritionnelles. Elles confèrent au plat une saveur douce, croquante et rafraîchissante.  

Les graines alfalfa sont déconseillées aux personnes prenant des anticoagulants

Combien par jour ?

« Il n’existe pas de quantité type à respecter, mais une petite poignée de graines d’alfalfa par jour peut se révéler intéressante pour profiter de leurs bienfaits« , indique le diététicien-nutritionniste.

Quels sont les dangers des graines alfalfa ?

Le principal risque lié à la production de graines germées est bactériologique. La chaleur et l’humidité sont propices au développement et à la prolifération de bactéries telles que Escherichia coli, Salmonella ou Listeria, responsables de troubles digestifs (nausées, vomissements, constipation) et de maux de tête. « Pour limiter ces risques, il est primordial d’adopter une hygiène irréprochable en se lavant les mains, en changeant l’eau des graines régulièrement et en les rinçant minutieusement avant de les consommer. Les graines d’alfalfa étant riches en vitamine K, elles sont déconseillées aux personnes prenant des anticoagulants« , prévient notre interlocuteur.

Merci à Maxime Mességué, diététicien-nutritionniste à Paris.


Source : JDF Santé

Syndrome triple X : symptômes, 3 chromosomes, c'est quoi ?

Le « syndrome » triple X concerne uniquement les femmes. Relativement fréquent, il n’est pas associé à des signes cliniques majeurs. D’ailleurs, le mot « syndrome » n’est pas adapté, « triple X » seul convient mieux. Définition, causes, symptômes, traitements… Le point avec le Pr François Vialard, responsable de la Fédération de Génétique à l’hôpital de Poissy-St Germain en Laye.

Définition : qu’est-ce que le syndrome triple X ?

Également connu sous les noms 47XXX, trisomie X, syndrome XXX, triplo-X et aneuploïdie 47,XXX, le triple X se caractérise par la présence d’un chromosome X supplémentaire chez un sujet féminin, exclusivement. Cette particularité génétique présente une prévalence d’un cas sur 1 000 femmes. Dans un cas normal, la femme dispose de 46 chromosomes parmi lesquels figurent deux chromosomes sexuels symbolisés par la lettre X. La formule chromosomique est donc la suivante : 46,XX. Dans le cas d’un sujet porteur du triple X, la formule sera alors 47,XXX.

Causes

« Le plus souvent, le triple X est dû à une mauvaise disjonction des chromosomes sexuels lors de la formation des gamètes (spermatozoïde ou ovule) chez l’un des 2 parents. Le risque de survenue de ce syndrome chez le fœtus augmente avec l’âge de la mère. De façon générale, toutes les anomalies chromosomiques, quelles qu’elles soient, augmentent avec l’âge maternel« , explique le Pr François Vialard, responsable de la Fédération de Génétique à l’hôpital de Poissy-St Germain en Laye.

Diagnostic

« Le diagnostic est toujours réalisé par hasard car nous ne cherchons pas ce syndrome« , poursuit le spécialiste.

Type d’anomalies associées

« On découvre le triple X de façon fortuite parce que justement, il n’est associé à aucun problème particulier« , rassure le généticien. La seule particularité de ce syndrome est de posséder un chromosome X supplémentaire.

Le triple X n’entraîne pas de symptômes particuliers.

Quels sont les symptômes du syndrome triple X ?

Le triple X n’entraîne pas de symptômes particuliers, et ceci est la raison pour laquelle on ne parle pas de syndrome. Il a été montré que les femmes ayant ce chromosome X surnuméraire présentaient des troubles légers du comportement tels qu’une grande émotivité mais ceux-ci sont tellement légers qu’ils ne justifient pas de réaliser une analyse génétique. « Si on détecte un triple X en anténatal, aucune interruption médicale de la grossesse ne sera pratiquée s’il est isolé. Pour la communauté médicale, c’est tout à fait normal et les femmes porteuses sont fertiles et donnent naissance à des enfants dotés d’un nombre de chromosomes normal« , précise le Pr François Vialard.

Faut-il prendre un traitement dans le syndrome du triple X ?

Dans la mesure où le triple X n’entraîne pas de manifestations particulières, les femmes qui en sont porteuses peuvent mener une vie parfaitement normale. Aucun traitement n’est donc nécessaire. « Le seul trait réellement significatif que l’on peut observer chez les femmes porteuses du syndrome triple X, c’est qu’elles sont généralement plus grandes que la moyenne. En effet, le chromosome X porte un gène important pour la croissance osseuse et ces femmes-là en ont trois« , remarque le spécialiste.

Merci au Pr François Vialard, responsable de la Fédération de Génétique à l’hôpital de Poissy-St Germain en Laye.


Source : JDF Santé

Ejaculation rétrograde : quand le sperme reflue vers la vessie

Ejaculation rétrograde : quand le sperme reflue vers la vessie

L’éjaculation rétrograde (plus rarement appelée éjaculation sèche) se produit quand le sperme, au lieu d’être projeté à l’extérieur, reflue vers la vessie. Autrement dit, l’éjaculat n’est pas expulsé hors du pénis. C’est souvent la conséquence du traitement d’un adénome de la prostate ou d’un cancer de la prostate. Quelle cause ? Est-ce grave ? Pour la fertilité ? Quelles solutions et traitements pour retrouver une éjaculation normale ?

Définition : c’est quoi une éjaculation rétrograde ?

Habituellement, lors d’une éjaculation classique, la contraction des muscles du périnée et de l’urètre permet l’expulsion du sperme hors du pénis. « L’éjaculation rétrograde, c’est un orgasme qui survient sans émission de sperme. Le sperme est renvoyé en arrière, vers la vessie« , définit le Pr Aurel Messas, chirurgien-urologue à l’Hôpital américain de Paris. Une éjaculation rétrograde peut être partielle ou totale :

Pour une éjaculation rétrograde partielle : une partie du sperme seulement peut remonter dans la vessie tandis que l’autre suit le trajet normal de l’éjaculation. 

Pour une éjaculation rétrograde totale : tout le sperme remonte dans la vessie

Comment expliquer mécaniquement une éjaculation rétrograde ?

« Lors d’une éjaculation normale, le col de la vessie (col vésical) se ferme et permet à l’éjaculat d’être expulsé de la prostate, située sous la vessie, vers l’urètre plus bas situé puis vers l’extérieur », explique le Dr Ludovic Ferretti, chirurgien urologue, membre du Comité d’Andrologie et Médecine sexuelle de l’Association française d’urologie (AFU). Mais lors d’une éjaculation rétrograde, le col de la vessie reste ouverte (voir les causes ci-dessous), l’éjaculat bifurque et se dirige vers la vessie. 

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Schéma du mécanisme de l’éjaculation © sayukichi – stock.adobe.com / Journal des Femmes Santé

Quelles sont les causes de l’éjaculation rétrograde ?

► La cause la plus fréquente est la chirurgie de la prostate, précisément la chirurgie de l’adénome de la prostate. « A l’époque, l’éjaculation rétrograde était une conséquence quasiment obligatoire des traitements chirurgicaux, même mini-invasifs de l’adénome de prostate (ou hyperplasie bénigne de la prostate) : le traitement qu’on appelle communément le grattage, qui est une résection endoscopique – qui consiste à désobstruer la filière urinaire sous-vésicale, entraine une ouverture du col de la vessie – ou le traitement au laser Greenlight® et le laser HoLEP qui sont des traitements qui sont arrivés dans les dix dernières années qui provoquent aussi une éjaculation rétrograde. Jusqu’à présent, quand un patient nécessitait un traitement chirurgical, on le regardait droit dans les yeux en lui annonçant qu’il allait devoir subir une éjaculation rétrograde. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas parce que nous avons de nouveaux traitements qui permettent de conserver intacte la sexualité, l’érection et l’éjaculation« , explique le Pr Messas. 

La chirurgie du cancer de la prostate peut « entraîner quant à elle une anéjaculation définitive en raison de l’ablation des glandes produisant le sperme et de la ligature des canaux déférents », poursuit le Dr Ludovic Ferretti.

► Les lésions de la moelle épinière

► La prise de certains médicaments notamment en psychiatrie, certains traitements de l’hypertension (comme la guanethidine) ou certains médicaments indiqués en cas d’adénome de la prostate (alpha-1-bloquants)

► Certaines interventions chirurgicales peuvent léser les nerfs connectés au sphincter de la vessie : endoscopie du col de la vessie, chirurgies pelviennes (comme l’ablation des ganglions lymphatiques pour le traitement des cancers testiculaires) 

« Le diabète peut être à l’origine d’une neuropathie périphérique (complication du diabète), c’est-à-dire une altération de la fonction de certains nerfs. Lorsque les nerfs qui permettent de coordonner l’éjaculation sont touchés, la contraction simultanée des muscles périnéaux, permettant l’expulsion, et des vésicules séminales et de la prostate qui permettent la sécrétion et l’émission ne peut se faire de façon efficace et l’éjaculat disparaît », détaille le Dr Ferretti. 

L’éjaculation rétrograde est-elle grave ?

« Le sperme qui va dans la vessie, même s’il est mélangé avec les urines ne pose pas de problème pour les patients qui ont accompli leur désir d’enfant, rassure le Pr Messas. En revanche, cela peut être problématique chez les hommes qui veulent des enfants car cela rend stérile. Dans tous les cas, cela peut être très mal vécu pour d’autres patients, même s’ils n’ont plus le désir de féconder« . 

Quand consulter un médecin ?

« L’éjaculation rétrograde, c’est quelque chose qui est perçue de façon très variée en fonction des individus et de leur âge« , précise le Pr Messas. Il n’est donc pas forcément nécessaire de consulter en cas d’éjaculation rétrograde. Mais, il convient de consulter un médecin dans certains cas :

  • En cas de désir d’enfant
  • En cas de difficultés à uriner ou d’envies pressantes
  • En cas d’autres signes évoquant une maladie chronique comme le diabète ou les neuropathies comme la sclérose en plaques.

Quels hommes sont plus à risque d’avoir une éjaculation rétrograde ?

Les hommes ayant subi une opération de la prostate sont les plus à risque. De manière globale, les hommes âgés de plus de 60 ans sont davantage à risque.

Comment soigner une éjaculation rétrograde ?

L’éjaculation rétrograde peut poser un problème lorsque le couple désire avoir un enfant, car, comme dit précédemment, cette non-expulsion de spermatozoïdes peut entraîner une stérilité masculine. Dans ce cas, le médecin peut proposer un traitement à son patient, qui consiste à prendre des médicaments qui ont pour effet de fermer le col vésical pour forcer l’éjaculat à prendre le bon chemin. « Il s’agit le plus souvent de milodrine, ephédrine ou pseudoéphédrine, médicaments dit alpha-stimulants qui sont à manier avec précaution, car ils peuvent entraîner des effets secondaires notables, comme une hypertension et une accélération du pouls, tient toutefois à préciser le Dr Ludovic Ferretti. La pression artérielle devra être contrôlée très régulièrement. »

Quels traitements pour préserver l’éjaculation lors d’une opération de la prostate ?

► En cas d’adénome de la prostate : 

→ Pour des prostates qui vont jusqu’à 100 grammes : « Le Rezum est un traitement qui permet, en passant par la voie urinaire, d’injecter de la vapeur d’eau dans l’adénome de prostate, sous une sédation assez légère. A cause de l’augmentation de température, les cellules vont être détruites. L’adénome de prostate, qui enserre le conduit urétral, va finir par réduire de volume et donc laisser plus de place à la voie urinaire. Ce traitement est réalisé en chirurgie ambulatoire, provoque très peu d’effets secondaires et de complications, et permet de maintenir dans 95% des cas une éjaculation normale et qui a priori ne provoque aucun trouble de l’érection« , explique le Pr Messas. 

→ Pour des prostates plus volumineuses (plus de 100-120 grammes) : « Nous avons deux techniques qui permettent de conserver l’éjaculation. La première technique fonctionne avec le laser interstitiel, à différencier du laser HoLEP. C’est une fibre laser qu’on va placer à l’intérieur de l’adénome de prostate, en passant par le périnée sous un contrôle échographique et qui va permettre de réduire le volume de l’adénome de prostate. C’est un acte qui se fait en chirurgie ambulatoire et qui peut se faire sous une très légère sédation, donc qui peut également être appliqué à des patients âgés ou qui ne pourraient pas supporter un geste lourd. La deuxième technique, cette fois-ci pour de très volumineuses prostates, avec laquelle nous avons également des bons résultats est l’embolisation prostatique. C’est un acte qui est également fait en ambulatoire et qui peut être fait sous anesthésie locale. C’est un geste qui est fait en radiologie interventionnelle, après que le patient a rencontré un urologue en consultation« , détaille le Pr Messas. 

► En cas de cancer de la prostate : « Au lieu d’enlever tout l’organe comme on le faisait auparavant (dans le sein, au début, on enlevait même le muscle qui était derrière le sein, donc une intervention très mutilante) désormais, il est possible de proposer, dans certains cas, un traitement focal. Il s’agit d’un traitement où nous allons essayer de détruire uniquement la partie de la prostate qui contient la tumeur, et préserver le reste de la prostate et de ce fait préserver beaucoup mieux les fonctions urinaires et sexuelles de l’homme« , conclut le spécialiste de l’Hôpital américain. 

Merci au Pr Aurel Messas, chirurgien-urologue à l’Hôpital américain de Paris. Propos recueillis le 10 février 2023 par Anaïs Thiébaux et merci au Dr Ludovic Ferretti, chirurgien urologue, membre du Comité d’Andrologie et Médecine sexuelle de l’Association française d’urologie (AFU). Propos recueillis le 25 juin 2019 par Océane Redon. 


Source : JDF Santé

Microcéphalie congénitale : définition, symptômes, schéma

Microcéphalie congénitale : définition, symptômes, schéma

Définition : qu’est-ce que la microcéphalie ?

La microcéphalie congénitale désigne toutes les formes de croissance anormalement faibles de la boîte crânienne. « La microcéphalie est en fait une microcrânie, mesurée par le périmètre de la tête. Elle peut traduire un défaut de croissance du cerveau ou une soudure anormale des os du crâne. La microcéphalie peut être diagnostiquée avant la naissance ou à la naissance : on parle alors de microcéphalie congénitale« , explique le Pr Nadia Bahi-Buisson, neuropédiatre à l’hôpital Necker. Elle peut également apparaître dans les premières années de la vie : on parle de microcéphalie post-natale ou progressive. Selon la cause, les conséquences de la microcéphalie sont variables. Dans certains cas, le retentissement est faible avec des difficultés cognitives mineures à modérées. Dans d’autres cas, la microcéphalie conduit à un trouble grave du neurodéveloppement, avec un handicap moteur et cognitif.

Causes de la microcéphalie

De nombreuses causes, endogènes ou exogènes, peuvent provoquer une croissance anormalement faible du cerveau et du crâne. Les causes de la microcéphalie peuvent être multiples :

  • Des anomalies génétiques, anomalies chromosomiques, mutations génétiques : dans ce cas, « Le programme du développement du cerveau pendant la vie fœtale ne s’est pas fait correctement« , note le Pr Bahi-Buisson.
  • Une affection virale : « dans ce cas, le programme du développement du cerveau est normal mais un virus contracté au cours de la grossesse a attaqué le cerveau, créé des lésions cérébrales entravant la multiplication des neurones et/ou la formation du cerveau« , souligne la neuropédiatre.
  • Des problèmes vasculaires au cours de la grossesse : « dans ce cas également, le programme du développement du cerveau est normal mais des problèmes de vascularisation au niveau du placenta, conduisent à un défaut de vascularisation du cerveau en développement qui peut saigner et/ou mal se développer« , poursuit la spécialiste.
  • Des substances toxiques : toute sorte de toxiques, (alcool, drogue) peuvent également entraver le développement normal du cerveau au cours de la vie foetale.
  • Parfois, on ne retrouve aucune cause à la microcéphalie.

« Face à un enfant qui a une microcéphalie, une imagerie cérébrale est souvent nécessaire (imagerie par résonance magnétique nucléaire, et souvent scanner cérébral). Dans l’interrogatoire, et le dossier de la grossesse, on va chercher s’il y a eu une infection virale, si la maman a été exposée à des toxiques pendant sa grossesse, si elle a pris des médicaments particuliers pendant la grossesse, ou encore s’il y a des raisons de penser qu’il y a eu un accident hémorragique pendant la grossesse. Une fois que l’on a éliminé ces éléments-là, on fait des bilans complémentaires le plus souvent en lien avec l’équipe de génétique », commente le Pr Bahi-Buisson.

Schéma d’une microcéphalie

schéma d'une microcéphalie
Schéma d’une microcéphalie chez l’enfant © 123RF

Symptômes d’une microcéphalie

À la naissance, les symptômes de la microcéphalie dépendent de la cause. Certains enfants sont symptomatiques très tôt, ils peuvent présenter :

  • une hypotonie profonde : ne pas tenir leur tête à 3 mois par exemple,
  • des mouvements anormaux,
  • des gesticulations incoordonnées,
  • des crises convulsives,
  • une absence de contact visuel.

‘D’autres peuvent être normaux pendant la petite enfance et développer plus tard des difficultés cognitives ou scolaires », observe le Pr Nadia Bahi-Buisson. Concrètement, au moment du diagnostic de la microcéphalie, on ne peut pas prédire de façon fiable le devenir de ces enfants. Les médecins s’appuient sur les symptômes cliniques associés, l’aspect du cerveau en imagerie et surtout sur la cause pour pouvoir conseiller au mieux les familles. Toutefois, on sait que plus la microcéphalie est sévère, plus le risque qu’il y ait un retard de développement est important. En résumé, le pronostic est variable, il dépend surtout de la cause de la microcéphalie.

Diagnostic : à quelle échographie peut-on voir une microcéphalie ?

Le diagnostic de la microcéphalie peut être réalisé pendant la vie fœtale, en général après le deuxième trimestre de grossesse, lors de l’échographie de dépistage. Dans ce cas, les couples sont orientés vers les centres de diagnostic prénatal pour des examens complémentaires afin de conseiller au mieux les couples. Dans d’autres cas, la microcéphalie est diagnostiquée à la naissance ou au cours des premiers mois de vie par le pédiatre qui suit la courbe de croissance du périmètre crânien, lors du suivi systématique de l’enfant. « Dans tous les cas, un seul point sur la courbe ne suffit pas à porter le diagnostic de microcéphalie. Il convient de faire au minimum 2 mesures, à 15 jours voire un mois de décalage, avant d’alerter les parents et d’organiser une consultation spécialisée en neurologie pédiatrique« , ajoute la spécialiste.  

Quels sont les traitements d’une microcéphalie ?

« Il n’existe pas de traitement curatif permettant la croissance du cerveau lorsque celle-ci est défaillante et conduit à une microcéphalie, aucun régime, aucune diète, et aucune vitamine n’a montré son efficacité. En revanche, la rééducation multidisciplinaire est la clé de la prise en charge de ces enfants afin de les aider à progresser malgré le retard du développement qu’ils présentent« , explique le Pr Nadia Bahi-Buisson.

Quelle est l’évolution d’une microcéphalie ?

La microcéphalie peut être le symptôme de nombreuses maladies, l’évolution dépend donc des signes associés (cliniques, neurologiques, extraneurologiques, radiologiques) et de sa cause. Il faut d’abord déterminer cette dernière pour pouvoir préciser les conséquences sur le développement du bébé et de l’enfant. « Mais on ne peut absolument pas dire à des parents : votre enfant a une microcéphalie, voilà comment il va évoluer« , nuance la neuropédiatre.

Merci au Pr Nadia Bahi-Buisson, neuropédiatre à l’hôpital Necker. 


Source : JDF Santé

Lymphome pulmonaire : symptômes, survie, guérir

Lymphome pulmonaire : symptômes, survie, guérir

Définition : qu’appelle-t-on un lymphome pulmonaire ?

Un lymphome pulmonaire est une forme de cancer localisé au niveau du poumon. Dans sa forme classique, le lymphome pulmonaire constitue une prolifération cancéreuse de lymphocytes, et peut se développer dans le poumon, ou envahir le poumon lors d’un lymphome plus disséminé.  

Qu’appelle-t-on un lymphome pulmonaire secondaire ?

« Un lymphome est un cancer des ganglions qui peut atteindre les poumons, soit de manière isolée, soit de façon disséminée avec une atteinte du poumon mais aussi des ganglions de la rate, du foie ou d’autres organes. C’est dans ce cas précis que l’on parle de lymphome disséminé (le terme de lymphome pulmonaire secondaire étant désuet) avec une atteinte multiple de différents organes par migration des lymphocytes dans plusieurs organes dont le poumon« , explique le Pr Catherine Thieblemont, hémato-oncologue.

Photo d'un patient présentant un lymphome pulmonaire
Photo d’un patient présentant un lymphome pulmonaire © ©Catherine Thieblemont/JournaldesFemmes

Quels sont les symptômes d’un lymphome pulmonaire ?

Le plus souvent, le lymphome est asymptomatique. Le cancer progresse de manière silencieuse, sans que la personne s’en aperçoive. Dans d’autres cas, il peut se manifester par :

  • l’apparition d’une gêne respiratoire (dyspnée) ;
  • la présence d’une toux ;
  • des douleurs thoraciques ;

Des signes évocateurs d’un lymphome issu d’un autre organe peuvent être présents, comme une augmentation de la taille de la rate, du foie ou des ganglions.

Quelles sont les causes possibles d’un lymphome pulmonaire ?

« Contrairement au cancer du poumon dont la cause peut être le tabagisme, l’étiologie du lymphome pulmonaire reste inconnue à ce jour« , indique l’hémato-oncologue. 

Quelle est la différence entre un cancer et un lymphome pulmonaire ?

« Un cancer pulmonaire survient de la cancérisation d’une cellule pulmonaire (bronche, parenchyme) alors qu’un lymphome pulmonaire résulte de la transformation cancéreuse d’un globule blanc (lymphocyte) qui se trouve normalement au niveau d’un ganglion. Les lymphocytes sont des cellules de l’immunité qui vont aller d’un ganglion à un autre ganglion par les vaisseaux lymphatiques, mais peuvent infiltrer un organe tel que le poumon. Il va se nicher au niveau pulmonaire et se transformer en cancer du lymphocyte : le lymphome« , informe la spécialiste. 

Comment diagnostique-t-on un lymphome pulmonaire ?

Après un examen clinique, des examens complémentaires sont pratiqués : un scanner pulmonaire et un TEP scanner sont réalisés. Le diagnostic sera confirmé par une biopsie, un prélèvement de cellules, habituellement au cours d’un scanner ou d’une fibroscopie bronchique qui, via une mini caméra et un fibroscope introduit par la bouche, va permettre de déterminer le type de tumeur en cause.

Peut-on guérir d’un lymphome pulmonaire ?

On ne parle jamais de guérison dans un lymphome car, même si l’on obtient une rémission complète, le risque de rechute existe. « Lorsque le lymphome est localisé, il est possible de faire une exérèse du nodule ou une radiothérapie. Lorsque le lymphome est disséminé au sein du parenchyme pulmonaire, et selon le type de lymphome, une immunochimiothérapie peut être proposée. Le protocole varie selon qu’il s’agisse d’un lymphome agressif ou indolent« , détaille le Pr Catherine Thieblemont. 

« S’il s’agit d’un lymphome indolent, l’espérance de vie peut être excellente »

Avec quel traitement ?

Le traitement va dépendre du type de lymphome trouvé, et du fait qu’il soit primitif, développé dès le début dans les poumons, ou disséminé par migration des cellules d’un autre organe atteint vers le poumon. Suivant les cas, une chimiothérapie à base de plusieurs médicaments et une radiothérapie seront pratiquées, isolément ou en association.

Quelle est l’espérance de vie en cas de lymphome pulmonaire ?

L’espérance de vie est très différente selon le sous-type de lymphome, et le fait qu’il soit unique ou disséminé au niveau pulmonaire. « S’il s’agit d’un lymphome indolent, l’espérance de vie peut être excellente, identique à celle d’une personne n’ayant pas de lymphome. En présence d’un lymphome agressif qui répond bien au traitement, l’espérance de vie peut être très bonne mais en cas de lymphome agressif présentant un état réfractaire à la chimiothérapie ou à l’immunochimiothérapie, l’espérance de vie peut être réduite« , développe l’experte. 

Merci au Pr Catherine Thieblemont, chef du service d’hémato-oncologie de l’hôpital Saint-Louis.


Source : JDF Santé