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Ritaline : trop prescrite aux enfants, qu'est-ce que c'est ?

Ritaline : trop prescrite aux enfants, qu'est-ce que c'est ?

Dans son rapport « Quand les enfants vont mal, comment les aider ? » publié le 13 mars 2023, le Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge (HCFEA) a lancé une alerte sur la surconsommation inquiétante de médicaments psychotropes chez les 6-17 ans. Une véritable augmentation de la consommation de ces médicaments a été observée chez les moins de 20 ans entre 2014 et 2021 : +155% pour les somnifères, +78% pour les psychostimulants, +63% pour les antidépresseurs et +49% pour les neuroleptiques. Dans la classe des psychostimulants, la consommation de Ritaline® (méthylphénidate) connaît une hausse importante : le nombre de patients en prenant a plus que doublé chez les jeunes de 6 à 17 ans. Les recommandations officielles ne sont pas toujours respectées avec des prescriptions chez des enfants de moins de 6 ans (4390 enfants entre 2010 et 2019) ou des durées de traitement relativement longues. L’efficacité et la sécurité n’ont pas été évaluées sur des prises supérieures à 12 mois. Pourtant, la durée de traitement chez les enfants de 6 ans était de 5 ans et demi en 2011. Dans quels cas la Ritaline® est-elle indiquée ? Quels sont les dangers de ce médicament ?

Qu’est-ce que la Ritaline ?

C’est un médicament contenant du méthylphénidate qui est un psychostimulant. Le méthylphénidate présente une structure proche des amphétamines, ainsi il stimule le système nerveux central en augmentant les quantités de dopamine et de noradrénaline. En France, la Ritaline® est un médicament administrable par voie orale classé comme stupéfiant, ce qui implique une prescription limitée à 28 jours sur une ordonnance sécurisée. 

Quels sont les médicaments à base de méthylphénidate en France ?

Pourquoi la Ritaline est-elle prescrite ?

La Ritaline® LP (à libération prolongée) est couramment prescrite chez l’adulte et l’enfant à partir de 6 ans pour traiter le Trouble du Déficit de l’Attention avec Hyperactivité (TDAH). La prescription chez l’adulte est établie à condition que le TDAH soit associé à une répercussion professionnelle et sociale importante. La Ritaline® à libération immédiate est prescrite dans la prise en charge du TDAH chez l’enfant uniquement. Elle possède également une indication dans le traitement de la narcolepsie de l’enfant et de l’adulte avec ou sans cataplexie (perte brutale du tonus musculaire). Chez l’adulte, une telle prescription se justifie en cas d’inefficacité de Modiodal®, le traitement de première ligne.

Quelles sont les indications de la Ritaline chez les enfants ?

La Ritaline® est indiquée chez l’enfant de 6 ans et plus pour traiter : 

  • le Trouble du Déficit de l’Attention avec Hyperactivité (TDAH)
  • la narcolepsie avec ou sans cataplexie (perte brutale du tonus musculaire)

En ce qui concerne le TDAH, la Ritaline® est prescrite après échec des prises en charge non médicamenteuses. La première prescription doit obligatoirement émaner d’un médecin spécialiste qui pose le diagnostic puis évalue la sévérité et la chronicité des symptômes. Cette démarche permet de juger de la pertinence du traitement avant de l’instaurer puisque tous les enfants atteints de TDAH ne sont pas éligibles à la Ritaline®. L’objectif du médicament est de stabiliser les troubles du comportement de l’enfant qui se caractérisent notamment par une attention limitée, des difficultés de concentration, une perte de contrôle des émotions, une impulsivité et une agitation continue.

Quels sont les effets secondaires de la Ritaline ?

La Ritaline® est responsable de nombreux effets indésirables. Les effets les plus fréquemment rapportés sont notamment des troubles neurologiques (nervosité, maux de tête, vertiges, somnolence, dépression, insomnie) et des troubles cardiovasculaires (palpitations cardiaques, pouls augmenté, hypertension artérielle). En début de traitement, des troubles digestifs sont fréquents (nausées, vomissements, diarrhées, douleurs abdominales, sécheresse buccale). Le fait de prendre le médicament en mangeant permettra de les atténuer. De même, une toux, une rhinopharyngite, de la fièvre, des douleurs articulaires peuvent se manifester. Chez un épileptique, le méthylphénidate peut être associé à un abaissement du seuil épileptogène. Une diminution de l’appétit est également observée. D’ailleurs, un traitement prolongé peut induire un retard de croissance staturo-pondérale chez l’enfant, et une perte de poids chez l’adulte. Plusieurs évaluations cliniques sont effectuées avant de débuter le traitement puis renouvelées régulièrement, elles concernent : 

  • l’état cardiovasculaire : mesure de la pression artérielle et du pouls tous les 6 mois chez l’enfant et tous les mois chez l’adulte
  • le poids, la taille et l’appétit tous les 6 mois chez l’enfant, uniquement le poids chez l’adulte
  • l’état psychiatrique : repérage éventuel de troubles du comportement, d’anxiété, d’agitation tous les 6 mois

Quels signes ou symptômes surveiller en cas de prise de Ritaline ?

Pendant le traitement chez l’enfant, l’ANSM recommande de signaler rapidement au médecin la survenue ou l’aggravation :

  • de tics moteurs
  • contractions répétées, difficiles à contrôler de certaines parties du corps ;
  • de tics verbaux :
  • répétition de sons et de mots ;
  • d’une agressivité ou d’un comportement hostile ;
  • d’une agitation, d’une anxiété ou d’une tension nerveuse ;
  • d’un manque d’appétit ou d’un refus de se nourrir ;
  • d’hallucinations (voir, entendre ou sentir des choses qui ne sont pas réelles) ou d’illusions (perceptions déformées de sensations réelles) ;
  • de signes de type paranoïaque (méfiance, susceptibilité exagérée, jugement faux, interprétation hâtive) ;
  • de signes évoquant une dépression (grande tristesse, désespoir, impression d’inutilité, culpabilité) ;
  • de sautes d’humeur ou de modification de l’humeur (notamment des symptômes correspondant à une surexcitation physique et psychique)

Il faut aussi repérer les éventuels signes d’atteintes cardiovasculaires ou cérébrovasculaires pendant le traitement :

  • palpitations, douleurs dans la poitrine,
  • perte de connaissance inexpliquée,
  • difficultés à respirer;
  • maux de tête sévères,
  • engourdissement,
  • faiblesse ou paralysie d’un membre,
  • altération de la coordination, de la vision, de la parole, du langage ou de la mémoire.

Sources : 

– Rapport du Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge (HCFEA), « Quand les enfants vont mal : comment les aider ? », 13 mars 2023

– Méthylphénidate : données d’utilisation et de sécurité d’emploi en France, ANSM, mis à jour le 7 avril 2021

– Base de données publique des médicaments, ANSM


Source : JDF Santé

Urticaire cholinergique : que faire ?

Urticaire cholinergique : que faire ?

L’urticaire cholinergique est une maladie de peau qui n’est pas grave mais très désagréable pour la personne atteinte. Le sport, le stress, une exposition au soleil… tout ce qui augmente la température du corps peut causer l’urticaire cholinergique. La réaction dermatologique dure moins de 30 minutes. A quoi ressemblent les boutons de l’urticaire cholinergique ? Quels sont les symptômes ? Photos, diagnostic et traitements de l’urticaire cholinergique.

Définition : c’est quoi l’urticaire cholinergique ?

L’urticaire est une dermatose, maladie qui touche la peau. De nature inflammatoire, elle est relativement fréquente dans la population. Elle peut être aiguë ou chronique lorsqu’elle évolue durant plus de 6 semaines. L’urticaire se présente sous la forme de plaques roses ou rouges sur la peau. Il est dit « cholinergique » lorsqu’après une montée de la température corporelle, des plaques rouges et irritantes apparaissent sur le thorax. Elles peuvent parfois s’accompagner de maux de tête. Il représente 10 % des urticaires.

Quelles sont les causes de l’urticaire cholinergique ?

L’urticaire peut être due à une réaction allergique à un aliment, une piqûre d’insecte, un médicament, le contact avec un produit, le froid, l’eau, une pression sur la peau« Mais la particularité de l’urticaire cholinergique est d’être induite par une augmentation de la chaleur corporelle à l’occasion d’une activité physique, d’une douche ou d’un bain chaud, d’une émotion forte, d’une exposition solaire ou de l’ingestion d’aliments ou boissons chaudes, explique le Dr. Nina Roos, dermatologue à Paris. Cela provoque la libération d’histamine, responsable de l’apparition des boutons et des plaques. »

Quelles sont les symptômes de l’urticaire cholinergique ?

Habituellement, des petites lésions rouges de quelques millimètres apparaissent au niveau du tronc et disparaissent en moins de 30 minutes. « Ce type d’urticaire entraîne d’importantes démangeaisons«  précise le Dr. Roos.

Photos des boutons de l'urticaire cholinergique
Photos des boutons de l’urticaire cholinergique © Tunatura-Adobestock

Comment diagnostiquer l’urticaire cholinergique ?

« Comme les papules ne restent pas très longtemps sur le corps, moins d’une heure environ, le diagnostic repose essentiellement sur l’interrogatoire du patient : l’apparition de nombreuses petites lésions rouges de la taille d’une tête d’épingle, des démangeaisons importantes, une disparition des plaques entre 30 et 60 min », note notre expert.

Quels sont les effets de l’urticaire cholinergique ?

Il est fonction de l’intensité des poussées et du seuil de déclenchement de l’urticaire. « Si certains vont faire une poussée en montant des escaliers ou en marchant au soleil, d’autres ne verront les plaques apparaître qu’à la suite d’une séance de running ou d’une forte émotion« , précise le Dr. Roos. Néanmoins, les plaques démangeant beaucoup, certains patients font en sorte d’éviter les situations pourvoyeuses de poussées, des évitements qui impactent leur quotidien.

Comment soigner l’urticaire cholinergique ?

Il repose essentiellement sur la prise d’antihistaminique durant une semaine environ.  » Il est aussi possible de prendre ce traitement de façon préventive, par exemple deux jours avant un événement physique, un examen ou une prise de parole en public « , indique le Dr. Roos.

Comment se débarrasser de l’urticaire cholinergique ?

Des récidives sont à prévoir car il peut faire parler de lui des mois voire des années avant de s’améliorer spontanément au cours de la vie.

Comment faire du sport avec de l’urticaire cholinergique ?

« Quelques heures avant votre entrainement, la prise d’antihistaminique peut permettre d’éviter la crise d’urticaire. Parlez-en à votre médecin », précise le Dr. Roos.

Merci au Dr Nina Roos, dermatologue.


Source : JDF Santé

Cystite à répétition : quelles solutions ?

Cystite à répétition : quelles solutions ?

Les cystites (ou infections urinaires) à répétition sont des épisodes de cystite aiguë qui se répètent. Elles causent de nombreux désagréments (envies fréquentes de faire pipi, douleurs et brûlures). Il est nécessaire de consulter en cas de cystite récidivante. Plusieurs traitements peuvent être proposés en fonction de la cause. Quelques règles de base aident à prévenir les cystites à répétition. Quels sont les symptômes d’une cystite à répétition ? Comment les éviter ? Quels traitements pour soigner des cystites à répétition ?

Définition : c’est quoi des cystites à répétition ? 

La cystite aiguë est définie par la survenue d’au moins 4 épisodes d’infection urinaire durant une période de 12 mois consécutifs. 20 à 30% des femmes ayant eu une cystite aiguë ont une récidive de cystite. Parmi elles, 25% feront des infections urinaires récidivantes. Il y a cependant un écart assez grand entre des femmes qui ont 6 cystites par an et d’autres 40.

C’est quoi une infection urinaire qui persiste chez l’homme ?

Chez l’homme, l’infection urinaire est une pathologie très différente de la cystite chez la femme. Les hommes ont des infections urinaires causées par des prostatites (dues à des malformations anatomiques de l’appareil urinaire).

Quelles sont les causes des cystites à répétition ?

« Il existe des facteurs favorisant les cystites a répétition : ménopause, malformations de l’appareil génito-urinaire, calculs urinaires, défaut de miction ou d’hydratation, constipation » informe le Pr Franck Bruyère, chirurgien en urologie. Certaines femmes ont une cystite après chaque rapport sexuel. Ces cystites sont dites post-coïtales. Cependant, on ne trouve pas toujours de cause aux cystites à répétition.

Comment diagnostiquer des cystites à répétition ?

Un examen cytobactériologique des urines (ECBU) est indiqué en cas de cystite récidivante. D’autres examens peuvent être effectués pour voir s’il y a des facteurs de risques urologiques. Une échographie par exemple doit être pratiquée pour déterminer s’il y a des calculs urinaires ou un résidu post-mictionnel (ce qui signifie que la personne ne vide pas complètement sa vessie lors des mictions).

Quels sont les symptômes d’une cystite à répétition ?

Les cystites à répétition sont des épisodes de cystite aiguë qui se répètent, avec à chaque fois les symptômes de l’infection urinaire : pollakiurie (envies fréquentes d’uriner), brûlures mictionnelles, douleurs suspubiennes. Une hématurie ou des urines troubles, malodorantes peuvent être associées.

Uriner systématiquement après chaque rapport sexuel est recommandé

Comment soigner des cystites à répétition ?

En-dessous de 12 cystites annuelles, celles-ci sont traitées avec des traitements antibiotiques courts. Au-delà de 12, « un traitement antibiotique au long cours à petites doses peut être prescrit à condition d’avoir tenté avant de réduire le nombre de crises par d’autres mesures. Il s’agit d’un antibiocycle, une variante de traitements antibiotiques à petites doses  » explique le Pr Franck Bruyère. Il est essentiel de rechercher une cause éventuelle et traiter celle-ci : calculs urinaires, défaut de vidange de la vessie… « La canneberge à la bonne dose a une réelle efficacité sur les cystites récidivantes à Escherichia coli » indique le chirurgien urologue. La canneberge contient des proanthocyanidines (PAC) qui empêchent la fixation de cette bactérie sur les parois de la vessie. La dose efficace doit être de 36mg de PAC par jour. « Une étude française randomisée vient de sortir sur ce sujet et montre que cela est efficace en cure de 3 mois » précise le Pr Franck Bruyère. « Le D-mannose a également montré une efficacité. Un vaccin qui fonctionne plus comme une immunothérapie en stimulant l’immunité est en cours de validation en France » ajoute-t-il. Après la ménopause, un traitement hormonal local avec des ovules vaginaux (Trophigil©) peut prévenir les infections urinaires à répétition.

Comment éviter les infections urinaires à répétition ?

Des règles de vie aident à prévenir les récidives d’infections urinaires lorsqu’aucune cause favorisante n’est trouvée et traitée : uriner régulièrement dans la journée et éviter de se retenir, boire 1,5l d’eau par jour, s’essuyer toujours d’avant en arrière après être allé à la selle, avoir une bonne hygiène alimentaire permettant un transit intestinal régulier, effectuer une fois par jour une toilette intime externe. Lorsqu’il s’agit de cystites à répétition post-coïtales, uriner systématiquement après chaque rapport sexuel est recommandé. Un traitement de la constipation est mis en place lorsque la constipation est la cause de cystites récidivantes.

Merci au Pr Franck Bruyère, chirurgien en urologie au CHU de Tours.


Source : JDF Santé

Comment soigner un ongle incarné (pied, main) ?

Comment soigner un ongle incarné (pied, main) ?

Un ongle, de la main ou des orteils (pied) est incarné quand il rentre dans la peau qui entoure l’ongle. Les tissus deviennent rouges et enflés. Est-ce grave ? Comment faire pour soigner un ongle incarné ? Un ongle incarné peut-il partir tout seul ? Comment le retirer simplement ? Avec une opération ? Comment couper ses ongles pour ne pas que ça arrive ?

Quelle est la définition d’un ongle incarné ?

Avoir un ongle incarné est un problème fréquent qui touche le plus souvent l’hallux (le gros orteil) mais il peut également affecter les autres ongles des autres orteils et des doigts. On appelle un ongle incarné quand une partie de l’ongle s’insère dans la peau directement situé autour de l’ongle. 

Photo d’un ongle incarné

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Photo d’un ongle incarné © staras – stock.adobe.com

Quels sont les symptômes d’un ongle incarné ?

  • L’ongle s’insère dans la peau qui entoure l’ongle
  • L’ongle peut être épaissi
  • La douleur, ressentie autour de l’ongle, s’intensifie à la pression : marcher ou se chausser peut, dans des cas plus avancés, devenir pénible.
  • Une rougeur et un bourrelet de peau liés à l’inflammation apparaissent. 
ongle incarné
Ongle incarné © Roberto Biasini-123RF

Comment reconnaître un ongle incarné infecté ?

Lorsqu’une infection se développe, le bourrelet de peau gonfle davantage et se remplit de pus. La douleur devient alors permanente, pulsative et s’intensifie. La zone peut également être chaude. En l’absence de traitement, le bourrelet continue d’enfler et prend la forme d’un gros bourgeon en forme de framboise (botryomycome).

A quoi est-dû un ongle incarné ?

L’ongle incarné peut être lié à :

  • Une mauvaise coupe de l’ongle (l’ongle est coupé trop court ou en arrondi).
  • Une sudation excessive.
  • Un chaussage inadapté, en particulier trop serré.
  • Des traumatismes ou des micro-traumatismes répétés.
  • Une anomalie de la forme de l’ongle.
  • Une anomalie de la position du gros orteil (hallux), ou des petits orteils entraînant un conflit répété.
  • Une maladie causant des déformations des ongles de pieds ou une mauvaise vascularisation des extrémités du corps (diabète, notamment).

Qui consulter en cas d’ongle incarné ?

« Un ongle incarné ne nécessite pas forcément de consultation médicale » assure le Dr Georges Delamare, médecin généraliste. Il ajoute néanmoins qu’« il faut être vigilant aux signes d’infection et de sur-infection » et précise que le fait de souffrir de certaines maladies prédisposant à des complications  » doit être absolument pris en compte « .

Il convient de consulter votre médecin traitant dans les jours suivants :

  • Si vous êtes diabétique, souffrez d’une artérite des membres inférieurs, d’une maladie des valves cardiaques, d’une maladie neurologique ou immunitaire
  • Si le bourrelet autour de ongle incarné a pris la forme d’un gros bourgeon rouge en forme de framboise.

Votre médecin pourra alors vous orienter vers un pédicure-podologue afin de recevoir les soins adaptés.

    Le jour même :

    • Si l’inflammation de votre ongle incarné n’est pas terminée au bout de 2 jours malgré les soins prodigués et que vous observez une infection : gonflement, rougeur, avec du pus, et que la douleur est vive.
    • Si vous avez de la fièvre.
    • Si, en plus de votre ongle incarné, vous observez les signes d’une lymphangite : c’est-à-dire une ligne rouge et sensible apparaît le long du pied et (ou) du mollet.

    Le Dr Delamare précise qu’un « ongle incarné ne relève pas d’une prise en charge dans un service d’urgences ».

    Comment soigner un ongle incarné ?

    « S’il n’y pas de signe d’infection, vous pouvez venir seul à bout de votre ongle incarné en respectant quelques consigne simples » explique le spécialiste  :

    • Dakin : Trempez votre votre doigt dans de l’eau chaude 10-20 minutes, trois fois par jour; Vous pouvez également faire des bains avec un antiseptique local comme le Dakin® (demandez conseil à votre pharmacien).
    • Insérez un petit bout de compresse entre l’ongle et la peau pour empêcher l’ongle de pénétrer.
    • Laissez votre doigt le plus que possible à l’air libre.
    • Portez des chaussures larges qui permettent à votre orteil de bouger sans être gêné et sans risque de contrainte ou de frottement.
    • Portez des chaussettes qui maintiennent les pieds au sec.
    • Évitez les mules et les talons hauts afin que la charge soit bien répartie entre l’avant et l’arrière du pied.
    • En cas d’infection, votre médecin vous prescrira des antibiotiques sous la forme d’une crème à appliquer localement. Le Dr Delamare précise que « les antibiotiques par voie orale sont réservés aux cas où l’infection a gagné les tissus avoisinants ou lorsque le patient présente des facteurs de risque comme du diabète ou une malade immunitaire ».
    • Il pourra également vous prescrire des soins chez le podologue. Ce dernier effectuera une coupe adéquate et un limage de l’ongle et pourra corriger les causes de l’ongle incarné notamment en cas d’hypercourbure de l’ongle.

    Quand envisager une opération d’ongle incarné ?

    Un traitement chirurgical, effectué sous anesthésie locale, est indiqué en cas d’échec du traitement ou en cas de récidive (1). L’intervention classique consiste à supprimer le bourrelet afin de libérer l’ongle. La chirurgie peut également viser supprimer la partie de l’ongle incarné qui blesse la peau. Il s’agit alors d’enlever partiellement la matrice, c’est à dire le tissu épais qui repose directement sur l’os et se prolonge au-delà de l’ongle visible. La matrice produit l’ongle et son ablation n’est pas anodine et la cicatrisation demande ensuite 2 à 3 semaines – la repousse complète de l’ongle prendra, elle, une dizaine de mois. Ainsi le Dr Delamare met en garde :  » Ne laissez pas traîner la programmation de votre intervention afin de pas gâcher vos vacances à cause d’une cicatrisation incomplète. » Cette ablation partielle de la matrice de l’ongle se fait de plus en plus fréquemment chimiquement, au phénol, qui semble avoir de meilleurs résultats mais ne réduit pas la douleur post-opératoire et le temps de guérison.

    Quelle prévention pour éviter les ongles incarnés ?

    comment se couper les ongles des pieds
    A gauche : un ongle mal coupé. – A droite : un ongle bien coupé, droit. © creativejenn-123RF

    Pour prévenir l’ongle incarné, le Dr Delamare insiste sur l’importance d’une  » hygiène des ongles irréprochable « . Leur coupe doit être effectuée régulièrement avec des ciseaux spécifiques désinfectés, en veillant à ne pas couper trop court ou de manière circulaire afin que la repousse ne se fasse pas dans la peau. Veillez également :

    • À limiter une transpiration abondante des pieds et des mains,
    • À éviter de porter des chaussures trop étroites ou trop petites qui vont exercer une pression sur les ongles des orteils.
    • À limiter le port de talons hauts.

    Enfin, demandez conseil à votre médecin si un de vos ongles semble trop épais, si vous constatez un anomalie ou si votre ongle a subi un choc ou tout autre traumatisme.

    Merci au Docteur Georges Delamare, généraliste. 

    Source : (1) Traitements pour les ongles incarnés. Cochrane. Avril 2012.


    Source : JDF Santé

Acuité visuelle : définition, tests et mesure

L’acuité visuelle désigne la qualité de la vue. Elle est mesurée grâce à un test lors d’une consultation chez l‘ophtalmologiste. Quelle est l’acuité visuelle normale ? Quel minimum pour la conduite ? Que faire en cas de baisse de l’acuité visuelle ?

Définition : c’est quoi l’acuité visuelle ?

L’acuité visuelle est la capacité de discernement des informations apportées au cerveau par la vue et détermine la qualité de la vue.

Comment faire un test d’acuité visuel ?

Elle est estimée lors de tests simples pratiqués par un médecin généraliste (en gros, le célèbre tableau de lettres noires sur fond blanc) ou évaluée de façon plus précise, lors de tests plus poussés réalisés par un ophtalmologiste qui visent à vérifier par exemple la distance la plus faible vue entre deux points distincts. L’acuité visuelle peut être différente pour chacun des deux yeux. 

Un symptôme visuel ne doit jamais être pris à la légère

Quelle est l’acuité visuelle normale ?

Une acuité normale est de 10/10e. En dessous, les tests spécialisés mettent en évidence les défauts de vision.

Quelle est l’acuité visuelle requise pour conduire ?

« Tout candidat qui a un permis de conduire devra subir les examens appropriés pour s’assurer qu’il a une acuité visuelle compatible avec la conduite des véhicules à moteur. S’il y a une raison de penser que le candidat n’a pas une vision adéquate, il devra être examiné par une autorité médicale compétente » selon l’arrêté du 31 août 2010. « Afin de réagir correctement aux différentes situations qu’impose la conduite, il est indispensable que nous ayons une bonne vue. Le code de la route requiert pour les deux yeux 5/10ème d’acuité minimum. Quand un œil a une acuité inférieure à 1/10ème, l’autre œil doit avoir 5/10ème d’acuité minimum » précise le Dr Patrick Aubé, médecin généraliste.

Que faire en cas de baisse de l’acuité visuelle ?

L’âge constitue un facteur de risque concernant l’acuité visuelle : « Les enfants âgés de moins de 3 ans doivent être suivis de près et être vus au moins une fois par un spécialiste avant l’entrée en maternelle. Entre 20 et 45 ans, il est inutile de consulter si tout va bien. Pour les personnes dont la vue est corrigée par des lunettes ou des lentilles, il est conseillé de consulter tous les 5 ans. Après 65 ans, un examen par an s’impose », explique le médecin généraliste. Que la baisse de la vue soit soudaine ou progressive, un symptôme visuel ne doit jamais être pris à la légère. « Des examens de routine, chez votre médecin, chez l’ophtalmologue, chez l’opticien, peuvent être réalisés d’une façon simple et guider le diagnostic pour permettre une correction rapide du trouble ou une prise en charge générale des causes de ce trouble » précise le Dr Patrick Aubé.

Merci au Dr Patrick Aubé. médecin généraliste.


Source : JDF Santé