L’otospongiose est une maladie qui affecte l’oreille moyenne et l’oreille interne. Elle est plus parlante chez les femmes que les hommes. « Cela s’explique par des raisons hormonales. Il y a deux booms hormonaux chez les femmes, à la puberté et la ménopause. C’est à ces moments que la maladie s’exprime d’avantage, également au fur et à mesure des grossesses », explique le Pr. Vincent Darrouzet, médecin ORL au CHU de Bordeaux. « La surdité apparaît vers 20 ans chez la femme et vers 35 ansen moyenne chez l’homme. Les femmes seraient deux fois plus touchées que les hommes », poursuit-il. Cette pathologie entraîne une surdité par blocage de l’étrier, l’osselet principalement impliqué dans la transmission des vibrations sonores à l’oreille interne. Ce blocage est dû à des foyers d’ossification qui viennent progressivement l’emprisonner. « On connaît assez mal les causes précises de l’otospongiose, mais on sait qu’elle peut être génétique. L’expression de la maladie est également très variable d’un sujet à l’autre« , commente Vincent Darrouzet. Concrètement, que se passe-t-il ? « La maladie boursoufle, fibrose, et transforme l’os qui entoure l’étrier. En se boursouflant, il le bloque et l’empêche de remplir son rôle de transmission mécanique du son vers l’oreille interne », développe le médecin.
L’otospongiose est le plus généralement bilatérale. « La surdité touche dans 80 % cas les deux oreilles, pas de façon synchrone, mais le plus souvent de façon métachrone, c’est-à-dire décalée dans le temps », précise l’ORL.
Le principal symptôme de l’otospongiose est la surdité progressive. Il s’agit d’une surdité dite de transmission qui concerne le plus souvent les deux oreilles, mais l’une après l’autre. « On observe une atteinte neurosensorielle associée, plus ou moins présente, due au largage par les foyers d’otospongiose d’enzymes nocives qui atteignent les cellules auditives de la cochlée. C’est pourquoi on parle d’une surdité mixte », précise le médecin. « Cette perte de l’audition est accompagnée d’acouphènes de tonalité grave, voire rythmés par le pouls« , ajoute-t-il. Dans les premiers temps, des bourdonnements peuvent être associés à la baisse de l’audition. Cette perte d’audition concerne essentiellement les sons graves. Néanmoins, en s’aggravant, la pathologie concernera également les fréquences aiguës.
« Une petite instabilité, voire des vertiges, sont des symptômes que l’on retrouve chez 3 à 4 % des patients« , déclare Vincent Darrouzet. En cause ? L’atteinte de l’oreille interne citée plus haut.
« On choisit d’opérer l’oreille qui entend le moins bien. L’intervention chirurgicale est recommandée à partir de 35% de perte auditive pour que la chirurgie soit à la fois efficace et non-dangereuse. Il faut en effet attendre que l’étrier soit totalement fixé par la maladie pour que les manœuvres chirurgicales ne le fissure pas », prévient l’ORL. « Il s’agit d’une chirurgie qui fait des miracles puisque les patients retrouvent une audition de qualité. Malgré les évolutions techniques, il persiste un risque de surdité totale – de l’ordre de 0,4 à 1 % – durant cette opération. C’est un risque qu’il faut être prêt à prendre. » La chirurgie est quasiment toujours possible, même lorsque la maladie est très avancée, affirme notre expert. « Elle est possible dans 99 % des cas mais avec la part de risque citée plus haut. Ce risque est évidemment dépendant de l’expertise du chirurgien », poursuit Vincent Darrouzet. Comment se déroule l’opération ? « Au laser, il s’agit de percer un trou de 0,5 mm dans la platine de l’étrier. On y passe un petit piston accroché sur l’enclume qui prendra le relai de l’étrier défectueux et qui permettra de remettre la mécanique en route. La chirurgie ne retire pas le foyer d’otospongiose mais le contourne. On ne soigne pas la maladie mais on en court-circuite ses effets« , détaille le chirurgien.
Le diagnostic d’otospongiose est posé par l’ORL grâce à l’audiogramme, alors qu’à l’otoscopie, c’est-à-dire à l’observation de l’oreille et du tympan, tout est normal. L’otospongiose représente ainsi 90 % des surdités de transmission ou mixtes à tympan normal. L’audiogramme permet de caractériser la surdité et d’en mesurer l’importance. La tympanométrie offre un argument supplémentaire : l’abolition du réflexe « stapédien » (Stapes = étrier) dû au blocage de l’osselet. Ce réflexe naturel de protection de l’oreille, induit par un son fort, met l’étrier en tension pour réduire la quantité d’énergie sonore transmise à l’oreille interne. Le scanner est essentiel et même obligatoire en cas de projet chirurgical. Il montre une ossification anormale au niveau de l’étrier, propre à cette maladie. « Cet examen permet de confirmer le diagnostic car 99 % des otospongioses sont visibles via l’imagerie« , affirme notre expert.
*On ne peut ni retarder la survenue de la maladie ni l’anticiper »
La mise en place de prothèses auditives : « Cet appareil n’empêche pas la maladie d’évoluer et il sera un jour inefficace contre la surdité due à l’otospongiose. »
L’opération chirurgicale.
Le choix du traitement sera effectué en concertation avec le patient et en fonction de l’intensité de ses symptômes (surdité, vertiges éventuels), de son état de santé et de ses antécédents médicaux.
Le purpura est une pathologie cutanée qui se manifeste par des petites éruptions rouges ou violettes sur la peau. On distingue le purpura fulminans, le purpura rhumatoïde et le purpura thrombopénique. Le purpura est secondaire à une inflammation de la paroi des vaisseaux ou à un déficit en plaquettes sanguines. C’est quoi le purpura ? Quelles sont les causes et les symptômes ? Est-ce que le purpura est grave ? Quels sont les traitements ?
Définition : c’est quoi le purpura ?
Le purpura est un syndrome clinique. « C’est une sortie des globules rouges à travers les petits vaisseaux sanguins. Ils se répartissent dans les tissus environnants » explique le Pr Gérard Lorette, dermatologue.
Quels sont les différents types de purpura ?
► Purpura Fulminans. On distingue deux grands groupes de purpura : ceux qui ont une cause non inflammatoire et ceux ayant une cause inflammatoire. « Même si la plupart des cas de purpura sont bénins, en particulier les purpuras par capillarité, dus à une fragilité des vaisseaux capillaires ou pression importante dans les veines des membres inférieurs – il y a aussi des formes plus graves qui sont des urgences absolues, dont le purpura fulminans« indique le Pr Gérard Lorette. Le purpura fulminans se manifeste par des lésions hémorragiques sur la peau qui s’étendent rapidement pour évoluer en gangrène. C’est aussi une maladie qui va toucher différents organes, elle est provoquée dans 80 % des cas par le méningocoque (bactérie responsable des méningites). « Il faut y penser devant l’apparition de petites taches comme des gouttes d’eau sur du ciment un jour d’orage » décrit le dermatologue. Ce purpura peut être accompagné de fièvre, maux de tête et douleur de nuque (signes méningés). Le purpura fulminans est une maladie mortelle qui requiert un traitement d’urgence (par la prise d’antibiotiques).
► Le purpura rhumatoïde ou maladie de Henoch-Schönlein est une forme de vascularite (inflammation des vaisseaux sanguins) qui entraîne différents symptômes, un purpura en relief (palpable), des douleurs articulaires et abdominales, une atteinte rénale. Cette maladie est plutôt fréquente et souvent bénigne chez les enfants. En revanche, ses conséquences sont plus importantes à l’âge adulte et son traitement plus lent et difficile. Le purpura rhumatoïde est causé par une réaction immunitaire anormale.
► Le Purpura thrombopénique désigne l’éruption de petites taches rouges dans la peau qui peuvent apparaître sur une ou plusieurs parties du corps. Il s’agit d’une hémopathie qui peut être idiopathique, elle est relativement fréquente aussi bien chez les enfants que chez les adultes. La thrombopénie peut être due aussi à un problème de fabrication de plaquette dans la moelle osseuse ou de destruction excessive des plaquettes. Le diagnostic peut nécessiter dans certains cas une ponction médullaire.
Qu’est-ce qui provoque un purpura ?
Le purpura peut être secondaire à plusieurs mécanismes, notamment à une inflammation de la paroi des vaisseaux (purpura vasculaire) ou à un déficit en plaquettes sanguines (purpura thrombopénique). « Le purpura peut être lié à une fragilité des vaisseaux capillaires. Ceux-ci ne sont alors plus continents et laissent passer les globules rouges » explique le Pr Gérard Lorette. Parmi les purpuras vasculaires, on distingue les atteintes inflammatoires appelées vasculites (ou vascularités) par exemple au cours d’une infection, un cancer, la prise de médicaments, une maladie systémique comme le lupus. Les purpuras non inflammatoires peuvent être liés à une anomalie plaquettaire.« Le purpura thrombopénique est causé par un manque de plaquettes sanguines, soit parce qu’une maladie entraîne une consommation de plaquettes trop importante soit parce qu’il y a uneaplasie médullaireet que l’organisme n’en produit plus assez » explique le Pr Gérard Lorette. Le purpura thrombopénique peut avoir de très nombreuses causes, dont des causes médicamenteuses, des maladies auto-immunes ou une leucémie.
Quels sont les symptômes du purpura ?
Le purpura se manifeste par l’apparition de taches cutanées rouges ou pourpres. « Selon le type de purpura l’aspect est différent » indique le Pr Gérard Lorette. « Le purpura pétéchial se présente sous la forme de tout petits points rouges (ou pétéchies) comme des têtes d’épingle » décrit-il. C’est l’aspect le plus classique. « Les taches peuvent aller jusqu’à desecchymoses ou apparaître sous forme de vibices qui sont des lésions linéaires » précise le dermatologue. D’autres manifestations sont souvent associées au purpura thrombopénique comme des hémorragies, des gencives notamment.
Comment diagnostiquer un purpura ?
« Le diagnostic est clinique« informe le Pr Gérard Lorette. Le purpura se reconnaît grâce à la présence de ses lésions qui ne disparaissent pas à la vitropression, c’est-à-dire quand on appuie sur la peau. « On ne fait pas forcément des examens très complexes en présence d’un pupitre » informe le Pr Gérard Lorette. Une analyse de sang, comportant un dosage des plaquettes peut être effectuée pour déceler la cause du purpura. S’il y a une thrombopénie, une ponction de moelle osseuse peut être réalisée. Une biopsie peut être réalisée lorsqu’il y a une atteinte inflammatoire de la paroi des vaisseaux.
Est-ce que le purpura est une urgence ?
« Lorsque le médecin voit un purpura, il se demande d’abord quel est le degré d’urgence. Il y a deux urgences principales : le purpura fulminans, et le purpura thrombopénique, due à un manque de plaquettes. Lorsque le nombre de plaquettes est inférieur à 20 000, il y a urgence à cause du risque important de saignements. » Le purpura extensif constitue aussi un signal d’alarme chez l’enfant ou l’adolescent chez lequel il peut signaler une infection invasive à méningocoque, extrême urgence médicale.
Quelle différence entre le purpura et l’érythème ?
Des taches rouges, pourpres ou violettes sur la peau, ne s’effacent pas à la pression (lorsque l’on appuie dessus), à la différence d’un érythème. « Un érythème est dû lui à une dilatation des petits vaisseaux sanguins, dans ce cas une pression avec le doigt fait disparaître la tache car on écrase le vaisseau dilaté » précise le Pr Gérard Lorette.
Quels sont les traitements du purpura ?
Le traitement dépend bien évidemment de la cause. Le purpura par capillarité, cas le plus fréquent, est souvent chronique et ne nécessite pas de traitement. Lorsqu’il y a une cause inflammatoire ou hématologique des traitements spécifiques sont requis. En cas de purpura avec signes hémorragiques, une transfusion de plaquettes est parfois nécessaire. S’il s’agit de purpura fulminans, une antibiothérapie est débutée en intra-musculaire (céphalosporine) sans attendre le diagnostic et avant le transfert à l’hôpital.
Merci au Pr Gérard Lorette, dermatologue au CHU de Tours et membre de la Société Française de Dermatologie (SFD).
Le tarif des consultations médicales va augmenter de 1,50 euro à l’automne 2023, selon le règlement arbitral qui organise les rapports entre les médecins libéraux et l’Assurance maladie, rédigé et présenté le 24 avril 2023 aux 6 syndicats de médecins libéraux par Annick Morel, ancienne inspectrice générale des affaires sociales (Igas) et ex-présidente du Haut Conseil pour l’avenir de l’Assurance-maladie (HCAAM). Pour les médecins généralistes, la consultation de base passera de 25 euros à 26.50 euros, ce qui représentera une hausse de +6%. Les consultations chez les médecins spécialistes vont également être plus chères. Dans ce contexte, le ministre de la Santé François Braun « se félicite que le texte proposé par l’arbitre comporte des avancées importantes pour l’amélioration de la santé des Français » et doit l’approuver dans les jours qui viennent. Pour autant, les syndicats de médecins libéraux réclamaient tous, au minimum, 30 euros voire 50 euros pour certains. Les médecins qui ne souhaitent pas être soumis au règlement arbitral peuvent le faire savoir par courrier à leur Cpam. Sans quoi, ils seront tacitement régis par ce dernier.
Quels sont les nouveaux tarifs des consultations médicales ?
► Une consultation chez un médecin généraliste (adultes et enfants de plus de 6 ans) passera de 25 euros à 26.50 euros
► Une consultation chez un médecin généraliste (enfants de moins de 6 ans) passera de 30 euros à 31.50 euros
► Une consultation chez un spécialiste de secteur I ou II (ayant adhéré aux options de pratique tarifaire maîtrisée (Optam)) passera de 30 euros à 31.50 euros.
► Une consultation de base chez un pédiatre passera de 37 euros à 38,50 euros pour les enfants de moins de 2 ans et de 32 euros à 33,50 euros pour les enfants de 2 à moins de 6 ans et pour un enfant de 6 à moins de 16 ans qui ne lui est pas adressé par le médecin traitant
► Une consultation chez un psychiatre, un neuropsychiatre et un neurologue passera de 50.20 euros à 51.70 euros
► Une consultation chez uncardiologuepassera de 52,50 euros à 54 euros
► Une consultation spécifique passera de 52.20 euros à 54 euros.
A quelle date prendront effet ces nouveaux prix ?
Tous ces nouveaux tarifs ne s’appliqueront qu’« à l’expiration d’un délai de six mois à compter de l’approbation de ces dispositions » par le ministre de la Santé, soit en théorie à l’automne 2023. En effet, pour entrer en vigueur, le texte doit être soumis et approuvé par François Braun, ministre de la Santé « dans les jours qui viennent » selon l’Avenue de Ségur puis il doit faire l’objet d’une publication au Journal Officiel. Une fois adopté, le règlement est valable pour une durée de 5 ans.
Source : Remise du règlement arbitral organisant les rapports entre les médecins libéraux et l’Assurance maladie, Ministère de la Santé, 24 avril 2023
Avec les performances des examens actuels, de plus en plus de nodules pulmonaires sont mis en évidence. Dans de nombreux cas, ils ne nécessitent aucun examen complémentaire et peuvent être négligés. En Europe, les scanners des poumons réalisés chez des adultes fumeurs de plus de 50 ans montrent que 30 % d’entre eux ont un ou plusieurs nodule(s) pulmonaire(s), mais moins de 5 % de ces nodules sont des cancers. C’est quoi un nodule au poumon ? Est-ce grave ? Comment savoir si le nodule pulmonaire est cancéreux ? Quels sont les traitements ? Que faire si le nodule grossit ?
Définition : c’est quoi un nodule au poumon ?
Le nodule est une formation anormale, de forme généralement arrondie, se développant à la surface d’un tissu ou bien dans un organe. Un nodule au poumon, aussi appelé « nodule pulmonaire« , est une petite boule anormale qui se forme à l’intérieur des poumons. Selon sa taille sur l’imagerie, on parlera de « micro-nodule » lorsqu’il est inférieur à 10 millimètres et de « masse » au-dessus de 3 centimètres. L’appellation « nodule » est réservée à ceux situés entre ces deux grandeurs. Le code CIM-10 désigne le 10e chapitre de la Classification Internationale des Maladies publiée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ce chapitre rassemble les maladies de l’appareil respiratoire. Le code spécifique au nodule pulmonaire bénin est le D143.
« 60 % des nodules pulmonaires découverts chaque année sont bénins »
C’est quoi un micro nodule pulmonaire ?
Un micro nodule pulmonaire est un nodule de très petite taille (moins de 10 mm) localisé dans une zone des poumons. Le micro nodule est une formation anormale plus ou moins arrondie qui se développe dans le tissu pulmonaire et, plus précisément, dans les lobules pulmonaires, là où prennent naissance les bronchioles. Il est le plus souvent décelé par imagerie médicale, une radiographie standard des poumons ou un scanner. Les micro nodules pulmonaires sont le plus souvent bénins. Ils apparaissent au cours d’une infection (bronchiolite par exemple) et disparaissent spontanément en même temps que la maladie. D’autres peuvent cacher une maladie plus grave (sarcoïdose, cancer…). Il est nécessaire d’en faire une analyse après prélèvement, souvent réalisée par une fibroscopie.
Nodule au poumon : le signe de quoi ?
Le nodule peut être le signe de multiples pathologies comme une infection localisée, une tuberculose (on l’appelle dans ce cas « caverne »). Dans la majorité des cas il est bénin, mais il peut aussi parfois être le signe d’un cancer bronchique. En fonction de la taille et de la cause suspectée, un scanner ou un prélèvement du nodule sont possibles.
Comment savoir si un nodule au poumon est cancéreux ?
La réalisation d’un PET Scanest souvent nécessaire pour rechercher des informations sur le caractère cancéreux d’un nodule pulmonaire. Grâce à l’injection intraveineuse de glucose radioactif, l’examen donne des informations sur l’activité du nodule. Cet examen n’est fiable que pour des nodules dont le plus grand diamètre est supérieur à 7 ou 8 mm. Si le nodule fixe le glucose, cela ne signifie pas que le nodule est malin mais simplement qu’il a un métabolisme élevé qui peut être en rapport avec une pathologie bénigne, inflammatoire ou maligne. Une absence totale de fixation sur un nodule est en général en faveur d’un nodule bénin.
► Le nodule peut être dans certains cas « excavé », c’est à dire enclavé dans une cavité généralement limitée par une coque causée par une sorte de nécrose du poumon. Les contours sont alors irréguliers et épais à l’imagerie, ce qui suggèrent une malignité. On considère que 95% des nodules avec une paroi inferieure a 5 mm sont bénins et 84% des nodule excavés avec une paroi supérieure a 15 mm sont malins.
► Enfin, un nodule pulmonaire peut être entièrement calcifié, ce qui montre dans la plupart des cas qu’il est bénin et qu’il n’évoluera pas.
Quel traitement pour des nodules au poumon ?
Si en revanche le volume du nodule augmente, une ponction sous scanner ou une chirurgie sont recommandées pour analyser le nodule. Une prise en charge chirurgicale peut également s’avérer nécessaire selon sa localisation ou sa cause (forte suspicion d’infection à certains germes résistants aux antibiotiques par exemple).« On estime que 60 % des nodules pulmonaires découverts chaque année sont bénins. Cependant, 27 000 personnes meurt chaque année en France du cancer du poumon qui est à 90% causé par le tabagisme. N’hésitez pas à vous faire aider par votre médecin traitant ou un tabacologue en appelant le 3989 (Tabac Info Service) pour arrêter » conclut le Dr Claire Lewandowski, médecin spécialisée en médecine générale.
Comment surveiller un nodule pulmonaire ?
En cas de nodule calcifié ou si la personne n’a aucun antécédent de cancer, qu’il n’a jamais fumé et que les nodules semblent bénins, une simple surveillance peut suffire. Il faut alors faire trois scanners à trois mois d’intervalle pour s’assurer que le nodule n’a pas évolué.
En 2004, Fabienne a 28 ans et est ingénieure nucléaire. Victime d’un malaise cardiaque, elle perd connaissance. Elle rejoint alors un « autre monde » et est enveloppée dans un au-delà empli d’amour, de bienveillance et de sagesse… Avant de revenir sur Terre, dans son corps. Quinze ans plus tard, Fabienne se confie sur sonexpérience de mort imminente (EMI) et raconte au Journal des Femmes comment ce « voyage spirituel » l’a bouleversée, comment toutes ses convictions ont volé en éclats et quel sens a-t-elle alors décidé de donner à sa vie. Témoignage.
Le Journal des Femmes : Dans quel contexte faites-vous votre expérience de mort imminente ?
Je me sens comme dans « une autre dimension ».
Fabienne : Tout se passe le 10 février 2004. Je suis en formation sur mon lieu de travail. Je suis debout, entourée de mes collègues. D’un coup, je ressens des nausées et je me mets à transpirer énormément. J’ai envie d’aller aux toilettes pour vomir. Je ne comprends pas trop ce qu’il m’arrive. Mes membres tremblent, mon corps devient raide comme une planche, mes yeux révulsent. Je perds connaissance et je tombe sur le dos, la tête en arrière qui percute une table. A partir de ce moment-là, je me sens complètement ailleurs. La première chose que je me dis c’est « Je suis morte » et je ne trouve pas ça glauque. Je me sens comme dans « une autre dimension », Je sais que ça peut paraître complètement dingue mais je me retrouve dans un espace blanc, doux, beau et lumineux, qui n’a plus de limite. Je suis dans un état d’amour et de ressenti extrêmement puissant. Je me sens si bien.
Ces sensations n’ont rien à voir avec ce que j’ai connu auparavant.
Face à moi, j’aperçois des silhouettes d’hommes et de femmes qui m’accueillent. Ils sont disposés en arc de cercle. J’ai cette sensation de « retour à la maison ». Je sais que je ne suis pas sur Terre. Ces sensations n’ont rien à voir avec ce que j’ai connu auparavant. Ce moment de plénitude et de félicité est rassurant et apaisant. Tout est décuplé et en même temps j’ai l’impression que tout est très concret et d’être hyper lucide. Je me sens vivante, dans une réalité augmentée, beaucoup plus riche et puissante que celle qu’on vit au quotidien. J’entends une musique qui m’enveloppe. C’est une musique incroyablement belle et pure que je n’ai jamais entendue de ma vie et qui ne ressemble à aucune autre musique. Je veux rester tellement je suis bien ici. Mais ce n’est pas ce qui est prévu. Quand je reviens dans notre monde, je ne comprends absolument pas ce qu’il s’est passé et pourquoi je suis revenue « à la vie », dans mon enveloppe corporelle.
Combien de temps dure cette perte de connaissance ?
Fabienne : D’après mes collègues, je reste inconsciente moins d’une minute. En ce qui me concerne, je n’ai aucune notion de temps. Aucune unité de temps ne semble exister dans cet autre monde. Il y a comme un sentiment d’éternité.
Comprenez-vous ce qu’il vous arrive ?
Fabienne : Je suis perpétuellement dans une quête de compréhension d’un point de vue scientifique. Je veux comprendre ce qu’il s’est réellement passé ce 10 février 2004. Je fais des recherches dans des bouquins. L’un d’eux attire mon attention. Il s’agit d’un ouvrage de Rémy Chauvin, un biologiste, entomologiste et professeur émérite à la Sorbonne. Quelqu’un somme toute d’extrêmement sérieux qui s’intéresse aux phénomènes paranormaux – mais ce terme, je ne l’aime pas trop, car on pense tout de suite aux films surnaturels de type Poltergeist. Je préfère dire que ce sont des phénomènes pas encore expliqués par la science – et la vie après la mort. Je trouve son approche intéressante car il traite ces phénomènes du côté scientifique. Nous sommes alors plus d’un an après mon EMI. Quinze jours plus tard, je parle de ce qu’il m’est arrivé à une collègue de travail, ingénieure chimiste. Je me sens en confiance avec elle. Je sais qu’elle ne me juge pas et qu’elle ne va pas avoir de propos moqueurs ou de rejet. Elle se montre très ouverte à mon histoire et me suggère de contacter son grand-père qui s’intéresse énormément à ces sujets. Elle note sur un post-it ses coordonnées. Quand elle me le tend, je vois le nom de « Rémy Chauvin » inscrit sur le papier. Je reste bouche bée, car j’ignorais que ma collègue était sa petite-fille.
Désormais, je ne suis plus la même, j’ai des informations qui m’arrive de cet autre monde.
Et depuis mon malaise cardiaque, je multiplie ce genre de coïncidences. C’est d’ailleurs ce qu’on appelle scientifiquement des synchronicités ou des concordances de sens. Et cela me fait prendre conscience que désormais, je ne suis plus la même. J’ai des informations qui m’arrive de cet autre monde et j’ai de plus en plus d’intuition. C’est comme s’il y avait un énorme champ d’informations tout autour de moi et que ma conscience arrivait à s’y connecter. Je considère mon cerveau comme un récepteur télé ou une radio qui capte toutes les fréquences et qui peut ainsi recueillir d’autres états modifiés de conscience (nldr : des états mentaux différents des états de conscience ordinaire). Mais selon moi, tout le monde possède la faculté d’aller au-delà du mental et de se connecter à plus grand que soi. Sauf que parfois, il faut un choc émotionnel violent pour ouvrir la conscience, comme ce fut le cas pour moi avec mon malaise cardiaque. Parfois, les gens qui passent près de la mort, qui sont dans le coma ou qui ont de graves accidents enclenchent une ouverture sur un champ d’informations invisibles, impalpables et inaccessibles avec nos cinq sens habituels. Pour illustrer ce que je suis devenue, j’aime bien dire qu’avant, j’étais au bas d’un entonnoir, avec un tout petit diamètre de perception des choses, et que maintenant, j’accède à un diamètre plus grand et je suis en contact avec une autre réalité…
Votre vision du monde a-t-elle changé depuis ce jour ?
Pour moi, il y a quelque chose qui existe en plus de ce que l’on perçoit avec nos 5 sens.
Fabienne : A cette époque, je suis ingénieure matériaux dans le domaine nucléaire. Je n’ai eu ni éducation religieuse ni notions de spiritualité. Je ne crois qu’au tangible et à la matière organique. Pour moi, on vit, on meurt et puis ça s’arrête là. Donc oui, cette expérience de mort imminente chamboule toute ma vie, mes convictions et mes croyances. Pendant longtemps, j’oscille entre mon côté très scientifique, terre-à-terre et la perspective d’un champ où tout est possible. Pourtant, ce que j’ai vécu me semble plus réel que tout mon quotidien. J’ai peur de passer pour une folle, mais intimement, je sais que tout est vrai. Pour moi, il y a quelque chose qui existe en plus de ce que l’on perçoit avec nos 5 sens. Et cette pensée a complètement changé ma vision du monde. La vision du monde d’une personne si cartésienne, rationnelle et qui ne croyait en rien.
Je ne me prétends pas « médium ».
Cette EMI est pour moi un électrochoc, qui a changé le cours de ma vie. Depuis 5 ans, je me suis reconvertie en tant que sophrologue et je pratique des soins énergétiques. Je fais désormais un métier en lien avec « l’invisible ». Au cours des séances, j’ai parfois des images qui font écho aux personnes. Pour autant, je ne me prétends pas « médium ». Alors, est-ce de l’intuition ? Je l’ignore encore. La nuit, je fais des rêves prémonitoires. Pour autant, je ne les contrôle pas et je ne cherche pas à faire de la voyance, à prédire le futur ou à communiquer avec les morts.
Ces rêves prémonitoires, ne sont-ils pas trop pesants au quotidien ?
Heureusement, c’est souvent des rêves très positifs. Je ne rêve pratiquement jamais de mort de mes proches par exemple. Il m’arrive cependant de faire des cauchemars prémonitoires, comme l’an dernier : je rêve d’une fusillade, neuf jours avant qu’une tuerie dans un lycée de Sante Fe au Texas (mai 2018) se produise. Dans ce rêve, je suis une jeune femme cachée sous une table située dans une salle de cours. J’ignore que je me trouve au Texas, mais je sais que je suis aux Etats-Unis et j’ai extrêmement peur. Dans l’embrasure de la porte se trouve un jeune homme armé d’un fusil. Il veut tuer tout le monde. A ce moment-là, je n’ai qu’une pensée : devenir invisible pour ne pas me faire tuer. Je me réveille, je suis en nage. C’est assez effrayant d’être dans une autre réalité, car j’ai l’impression parfois de capter des informations avant que l’événement arrive et de ne pas pouvoir m’en servir pour empêcher certains drames. Et en même temps, je ne peux rien faire. Je ne peux pas aller voir la police et raconter mes rêves. Personne ne me prendrait au sérieux ! Alors je me contente des les écrire chaque matin pour pouvoir les analyser.
N’importe qui peut vivre une EMI (…) il n’y a pas de profil-type.
Avez-vous déjà rencontré d’autres personnes comme vous ?
Fabienne : Il y a plein d’études sur les expériences de mort imminente aux Etats-Unis et au Canada, mais malheureusement très peu en France. Raymond Moody est le premier médecin psychiatre américain à mettre un nom sur ces expériences et à les étudier. Au fil de ses recherches, il se rend compte que n’importe qui peut vivre une EMI et ce, indépendamment de la religion, la culture, l’âge, la profession, les croyances ou le lieu de résidence. Il n’y a pas de profil-type.
Je suis arrivée en une fraction de seconde dans un autre monde, un espace blanc, doux et lumineux.
La plupart des personnes qui ont connu une EMI décrivent trois étapes : premièrement, une sortie de corps où la personne se voit flotter au-dessus de son corps, deuxièmement, elle se sent aspirée dans un tunnel blanc et lumineux. Puis enfin, elle se retrouve dans un endroit immaculé où elle est accueillie par des défunts. Ces morts lui disent parfois « Ce n’est pas le moment, il faut redescendre sur Terre » et lui mettent une sorte de limite qu’il ne faut pas franchir. C’est un peu comme si on vivait une espèce de démonstration et d’aperçu de ce qu’il y aurait après la mort. Moi je n’ai connu que la troisième étape : je suis arrivée en une fraction de seconde dans un autre monde, un espace blanc, doux et lumineux. Et le Pr Rémy Chauvin m’avait dit à l’époque « Mademoiselle, rassurez-vous vous êtes des milliers de personnes à vivre ça. Mais malheureusement, c’est quelque chose qui est peu étudié, surtout en France. » Et en effet, vous n’imaginez pas le nombre de personnes, y compris des médecins, qui m’écrivent en me disant que ça leur ait arrivé et qu’ils n’ont jamais osé en parler.
Les phénomènes surnaturels sont souvent perçus comme du charlatanisme ou des hallucinations.
Pourquoi, selon vous, ces phénomènes restent-ils confidentiels en France ?
Fabienne : La France est le pays de Descartes. On est très rationnel et on a toujours besoin de preuve. Les phénomènes surnaturels sont souvent perçus comme du charlatanisme ou des hallucinations. On est beaucoup dans le jugement, on est souvent hyper fermé et on a toujours tendance à trouver des explications scientifiques pour balayer d’un revers de main ces phénomènes-là. Selon moi, on a besoin de sortir de ce dogme matérialiste et de placer le palpable au cœur de notre vie car on se rend compte que dans l’infiniment petit, tout n’est que vibration et énergie. Et ça, la physique quantique nous le prouve.
En août 2019, vous publiez votre livre « Mon bref passage dans l’autre monde » (éd. Leduc). Pourquoi avoir envie de révéler votre EMI au grand jour ? N’avez-vous pas eu peur d’être jugée ?
Fabienne : Oh que si ! (rires) Mais le fait d’écrire et de poser des mots sur ce que je vis, me permet de faire ma psychothérapie et de prendre conscience que je suis loin d’être la seule à vivre ça. J’ai besoin de partager ma propre expérience, de me sentir écoutée et comprise. Cela permet aussi de rassurer beaucoup de personnes et d’ouvrir des portes. Après, il y a toujours des gens qui sont complètement réfractaires et qui dénigrent tout ça. Moi, je souhaite juste relater mon expérience, je ne veux en aucun cas convaincre. Selon moi, la réalité n’est peut-être pas celle que l’on perçoit. et le nier serait à mon sens une réaction un peu bête, surtout au 21e siècle. Parce qu’on a aujourd’hui plein de moyens d’avancer et de changer notre regard sur la vie et la mort. Et je pense que le fait de se tourner vers le merveilleux et de garder son âme d’enfant est la plus belle manière de vivre…