« La bronchite est une inflammation de la muqueuse des bronches, c’est-à-dire des tubes qui relient la trachée aux poumons, explique le Dr Adrien Dereix, médecin généraliste. Dans la quasi-majorité des cas, elle est d’origine virale (liée au rhinovirus, influenza, virus de la grippe ou virus respiratoire syncytial (VRS). C’est une maladie hivernale qui touche plusieurs millions de personnes chaque année« . Parfois, la bronchite peut également être causée par des bactéries. « La bronchite bactérienne peut durer plus longtemps que la bronchite aiguë (virus) – généralement bénigne et qui guérit en quelques jours -, et présente des risques plus graves notamment chez les personnes âgées ou plus fragiles comme les fumeurs ou les asthmatiques« .
Quels sont les symptômes d’une bronchite bactérienne ?
Certains de ces symptômes peuvent être similaires à ceux d’une bronchite virale. Il est donc important de consulter un médecin pour un diagnostic clinique. « La consultation médicale est importante car avec une bronchite bactérienne, il y a des risques de pneumonie, de pneumopathie, de bronchite chronique, d’insuffisance respiratoire, ou d’aggravation de maladie pulmonaire existante comme la BPCO« .
Comment se fait la transmission d’une bronchite bactérienne ?
« La principale méthode de transmission de la bronchite bactérienne est par contact direct avec des personnes infectées, comme lorsque vous toussez ou éternuez près d’une autre personne, explique le médecin. Les bactéries peuvent également être transmises par contact avec des surfaces contaminées, comme des poignées de porte ou des objets partagés, puis en touchant votre nez ou votre bouche ». Certaines personnes sont plus à risque de contracter une bronchite bactérienne, comme les personnes âgées, les fumeurs, les personnes souffrant d’asthme ou de maladies pulmonaires chroniques, et les personnes ayant un système immunitaire affaibli.
Quelle est la durée moyenne d’une bronchite bactérienne ?
La durée d’une bronchite bactérienne varie en fonction de plusieurs facteurs, comme l’âge et la santé générale de la personne, ainsi que la gravité de l’infection. « En général, une bronchite bactérienne peut durer de 7 à 10 jours, mais elle peut parfois durer plus longtemps », souligne notre interlocuteur. L’évolution est favorable si le patient est en bonne santé. « Il est important de suivre son traitement, même si vous vous sentez mieux, et de prendre des mesures pour se reposer et se rétablir complètement ».
Est-ce qu’une bronchite bactérienne est contagieuse ?
La bronchite bactérienne peut être contagieuse, car les bactéries peuvent être transmises par des gouttelettes respiratoires lorsque quelqu’un tousse ou éternue. Les personnes qui sont en contact étroit avec une personne atteinte de bronchite bactérienne, comme les membres de la famille ou les collègues de travail, sont plus à risque de contracter l’infection. Il est important de se rappeler que les mesures d’hygiène, comme se laver régulièrement les mains, couvrir sa bouche et son nez lorsqu’on tousse ou éternue, et éviter le contact étroit avec les personnes malades, peuvent aider à prévenir la transmission de l’infection.
Quand et qui consulter en cas de bronchite bactérienne ?
« Si après 7 jours, le patient présente toujours une toux persistante accompagnée de symptômes tels que de la fièvre, des frissons, des douleurs thoraciques, des difficultés à respirer, à manger, de la fatigue, des maux de tête, il faut consulter son médecin traitant, conseille le Dr Dereix. Le patient doit alors détailler l’évolution de ses symptômes et exposer éventuellement ses autres facteurs de comorbidités comme l’âge avancé, la maladie pulmonaire chronique, l’asthme, ou un système immunitaire affaibli« .
Comment soigner une bronchite bactérienne ?
« En général, le traitement de la bronchite bactérienne repose sur la prise d’antibiotiquescomme l’amoxicilline ou la Pyostacine pour combattre les bactéries, détaille le généraliste. En complément, on peut prescrire du paracétamol pour les douleurs thoraciques et un sirop contre la toux. On ne donne pas d’anti-inflammatoires qui risqueraient d’augmenter l’infection ».Il est également important de se reposer et de boire beaucoup d’eau pour éviter la déshydratation et pour aider à dissoudre les sécrétions bronchiques. Il est conseillé de ne pas fumer et d’éviter les endroits enfumés pour éviter d’irriter les poumons.
Que faire en cas de bronchite bactérienne prolongée ?
« Si le patient présente des signes de complications, tels que des difficultés respiratoires sévères, une forte fièvre, ou une altération de l’état général (AEG), une surveillance hospitalière est nécessaire. Il sera alors traité, en plus de l’antibiothérapie, avec une oxygénothérapie et une aérosolthérapie ». Il faut également écarter une maladie pulmonaire sous-jacente comme l’asthme ou la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), qui complique le traitement.
Merci au Docteur Adrien Dereix, médecin généraliste et Directeur médical de ELSAN Prévention.
La vasectomie est une méthode de stérilisation masculine ouverte à tous les hommes majeurs en France. « Les hommes sont généralement âgés de 30 à 50 ans mais de plus en plus de demandes viennent d’hommes jeunes » observe le Dr Ala Chebbi, chirurgien urologue, qui souligne « une prise de conscience du partage de la contraception » dans les couples. Comment se passe cette opération ? Sans bistouri ? Est-on stérile tout de suite ? Quels sont les effets de la vasectomie sur le plaisir sexuel ? L’érection ? Explications
Qu’est-ce qu’une vasectomie ?
La vasectomie est une méthode de stérilisation masculine. « Il s’agit d’une petite intervention réalisée sous anesthésie locale ou parfois générale, qui dure entre 10 et 30 minutes et consiste à couper les canaux déférents (où passent les spermatozoides) qui transportent les spermatozoïdes fabriqués à partir du testicule« explique le Dr Ala Chebbi, chirurgien urologue. La vasectomie interrompt ainsi le trajet des spermatozoïdes vers l’extérieur mais leur production continue par les testicules qui ne sont pas retirées. « Il va y avoir un équilibre entre la production des spermatozoïdes et leur réabsorption dans l’organisme (il n’y a pas d’accumulation, ndlr) » poursuit le médecin. Le sperme perd ainsi son pouvoir fécondant puisqu’il ne contient plus de spermatozoïdes : on parle d’azoospermie. Les modifications du sperme ne sont pas perceptibles, sauf à l’aide d’un examen microscopique.
Non, « la vasectomie est par définition masculine » répond l’urologue. Chez la femme, c’est la ligature des trompesqui est une stérilisation chirurgicale en empêchant la fécondation de l’ovocyte par les spermatozoïdes.
Quelles sont les conditions pour recourir à la vasectomie en France ? A quel âge ?
En France, la stérilisation à visée contraceptive est autorisée par la loi n° 2001-588 du 4 juillet 2001. Tous les hommes majeurs peuvent ainsi demander une vasectomie. « Les demandes sont de plus en plus fréquentes,note le Dr Chebbi. Elles ont été multipliées par dix en 10 ans. » Qu’est-ce qui motive ces hommes ? « C’est un besoin de partager la responsabilité de la contraception au sein du couple, il y a une prise de conscience du partage de la contraception et de la possibilité de contraception masculine. Il y a aussi des hommes qui ne veulent pas avoir d’enfants ou qui en ont eu suffisamment. Enfin, certains hommes évoquent l’argument écologique de ne pas vouloir surpeupler une population mondiale qu’ils jugent déjà surpeuplée. » Quelle que soit leur raison, les hommes ont un délai médico-légal de 4 mois entre les deux consultations requises pour prendre leur décision. « On propose systématiquement aux hommes de conserver leur sperme, pour un don ou s’ils en ont besoin plus tard pour eux-mêmes (l‘utilisation du sperme congelé ne garantira pas une grossesse, ndlr). Il faut qu’ils aient une information claire sur l’intervention et son caractère définitif. »
Comment se passe l’opération ? Avec ou sans bistouri ?
La vasectomie est réalisée sous anesthésie locale, parfois générale, au bloc opératoire par un chirurgien urologue. Il existe deux techniques :
→ Technique standard : le chirurgien injecte localement un anesthésiant puis réalise une petite incision sur la peau des bourses (enveloppant les testicules), il coupe les canaux et ligature les extrémités. Cette obturation empêche alors le passage des spermatozoïdes vers la verge et aboutit à une azoospermie. « On peut interposer du tissu autour du canal pour éviter la reconnexion secondaire » précise le Dr Chebbi.
→ Technique sans scalpel aussi dite « technique sans bistouri » : le chirurgien réalise une seule ouverture minime de la peau sur la ligne médiane à l’aide d’un instrument spécifique, isole les canaux déférents sous la peau et les sectionne.« C’est la technique de choix car elle permet de diminuer le risque de complications (notamment l’hématome et l’infection locale) tout en écourtant la durée opératoire mais il faut la maîtriser » commente notre interlocuteur.
Quelles sont les conséquences de la vasectomie ?
Le sperme de l’homme ne contient plus de spermatozoïdes, il n’est plus fécondant.
La vasectomie n’a pas d’effet sur l’apparence physique (pas de prise de poids par exemple)
La vasectomie ne modifie pas la qualité de l’érection et de l’éjaculation.
La vasectomie n’affecte pas le désir sexuel.
La vasectomie n’affecte pas le comportement psychologique et affectif.
Suites opératoires : quels effets secondaires après la vasectomie ?
« Les complications sont mineures, rassure d’emblée l’urologue. Il peut y avoir un hématome locale et/ou une infection locale dans 1% des cas. Des douleurs minimes localisées peuvent persister. Elles disparaissent dans la grande majorité des cas au bout d’une semaine. Dans de très rares cas peuvent persister des douleurs chroniques. »
Au bout de combien de temps est-on stérile après la vasectomie ?
« La stérilisation est effective au bout de 3 mois, cela correspond environ à la durée de production des spermatozoïdes » répond le Dr Chebbi. Un spermogramme est réalisé à l’occasion de la consultation post-opératoire à 3 mois. « On peut demander aussi aux hommes de réaliser une vingtaine d’éjaculations pour éliminer les spermatozoïdes résiduels qui se trouvent au niveau du canal déférent d’aval » ajoute notre interlocuteur. A noter que la quantité de sperme éjaculée reste normale car la production de sperme par la prostate et les vésicules séminales est la même. Seule l’absence de spermatozoïdes fait la différence.
« L’homme continue d’éjaculer après une vasectomie »
La vasectomie est-elle irréversible ?
« Oui » répond le Dr Chebbi. La vasectomie doit être présentée comme « permanente et irréversible » informe la Haute Autorité de Santé. « Le taux de regret après la vasectomie est de 5 à 6% » ajoute-t-il.Pour ceux qui souhaiteraient revenir en arrière, une option peut quand même être proposée « mais elle nécessite beaucoup de minutie, l’utilisation de loupes et de microscopes et les résultats sont aléatoires, on peut avoir un taux de grossesse inférieur à 50% ». Le nom de cette intervention de microchirurgie : la vasovasostomie. « Elle consiste àreconnecter les deux bouts des canaux déférents, sous anesthésie générale. »
L’homme a-t-il moins de plaisir sexuel après une vasectomie ?
« Non » répond le Dr Chebbi. La vasectomie n’a pas d’impact négatif sur la qualité de l’érection, la libido ou l’orgasme « car elle n’a pas d’impact sur la production des hormones masculines » explique l’urologue. De même « l’homme continue d’éjaculer après une vasectomie car les spermatozoïdes ne représentent que 2 à 3% de l’éjaculat. La grande majorité de l’éjaculat provient des vésicules séminales (deux poches de stockage du sperme accolées à la prostate) et de la prostate » qui ne sont pas touchées lors de l’opération.
Quel risque de grossesse après la vasectomie ?
« La vasectomie est une méthode de contraception efficace, le taux de grossesse est de 0,1% après » répond notre interlocuteur.
La vasectomie est-elle remboursée ?
Le niveau de remboursement de la vasectomie par l’Assurance Maladie est d’environ 60 euros selon la technique réalisée. Des frais supplémentaires peuvent s’ajouter lorsqu’elle est réalisée en libérale en fonction du secteur du chirurgien.
Merci au Dr Ala Chebbi, chirurgien urologue.
Source : Stérilisation à visée contraceptive chez l’homme et chez la femme, HAS, 17 septembre 2019.
Terme propre à l’oncologie, une biopsie liquide, également appelée biopsie des fluides, est une prise de sang visant à rechercher des cellules cancéreuses ou des fragments d’ADN d’une tumeur circulant dans le sang. Elle peut aussi être plus rarement effectuée sur des échantillons d’urine ou de salive.
D’où viennent ces cellules ou fragments d’ADN ?
► Les cellules tumorales circulantes : A un certain stade de progression de la maladie, des cellules sont relarguées de la tumeur. Elles circulent dans le sang et sont responsables d’éventuelles métastases. « L’étude de ces cellules est très intéressante pour la recherche fondamentale car cela permet de comprendre comment survient une métastase dans un organe distant. Mais l’utilisation clinique et routinière reste assez compliquée, car il est difficile de contrôler spécifiquement ces cellules, très peu nombreuses dans le sang », explique Alain Thierry, directeur de recherche à l’Institut de recherche en cancérologie de Montpellier.
► L’ADN circulant : Chez les patients atteint d’un cancer, on observe une libération de l’ADN des cellules tumorales dans le sang. « Les ADN circulants possèdent les mêmes altérations génétiques que les cellules dont ils sont issus. Ainsi, avec une simple prise de sang, un examen très peu invasif, on peut déterminer les altérations génétiques de la tumeur », note le spécialiste.
A qui s’adresse la biopsie liquide ?
Le prélèvement de l’ADN circulant est prescrit pour la détection de certaines mutations. En fonction des mutations observées, l’oncologue saura s’il est possible d’avoir recours à une thérapie ciblée, traitement de dernière génération qui cible seulement les anomalies des cellules cancéreuses. « Pour cette application, la biopsie liquide est indiquée dans le cancer colorectal métastatique, le cancer du poumon et le mélanome. C’est une avancée majeure notamment pour les cancers du poumons, car les tumeurs sont difficiles d’accès et les biopsies tissulaires souvent peu informatives concernant les mutations génétiques de la tumeur« , précise Alain Thierry.
La biopsie liquide devrait très prochainement permettre aussi de surveiller l’efficacité d’un traitement et de savoir si le cancer resurgit. « Avec la biopsie liquide, on peut surveiller, via l’ADN circulant, la récurrence de la tumeur dans le sang, pendant les traitements et du suivi des patients. Le clinicien peut aussi observer, le cas échéant, la résistance de la tumeur au traitement. Il s’agira d’un suivi très efficace de la maladie, par une simple prise de sang », poursuit le chercheur.
La biopsie liquide permet-elle de détecter les cancers ? Lesquels ?
Non. La biopsie liquide ne permet pas, pour l’instant, de dépister les cancers. « Mais elle sera applicable bientôt pour la détection de la maladie résiduelle minimale (cellules cancéreuses persistantes après le traitement, ndlr), c’est déjà le cas aux Etats-Unis. Concrètement, après retrait de la tumeur, en stade 2 ou 3, on propose un traitement adjuvant alors qu’on ne sait pas réellement si le patient en a véritablement besoin. Grace à la biopsie liquide, on sera capable d’identifier de l’ADN muté dans l’ADN circulant du patient. On saura donc s’il faut ou non le traiter après la chirurgie », développe le spécialiste.
Objet d’étude en cancérologie depuis une grosse dizaine d’années seulement, la biopsie liquide pourrait aussi permettre dans quelques années une détection précoce des cancers. « Dans le monde, une dizaine d’équipes travaillent au dépistage du cancer à partir d’un prélèvement sanguin, une biopsie liquide, dans lequel on recherche un ADN circulant. Il est tout à fait possible que dans 5 à 10 ans, nous disposions d’un test de dépistage universel du cancer à partir de l’ADN circulant, s’enthousiasme Alain Thierry qui ajoute : « la simplicité de ce dépistage le rendra sans aucune doute beaucoup plus acceptable pour les patients que les dépistages existants ».
Comment se déroule une biopsie liquide ?
La biopsie liquide est une simple prise de sang. L’échantillon est ensuite observé en laboratoire, à la recherche de cellules cancéreuses ou de mutations des ADN circulants.
Où faire une biopsie liquide ?
Une biopsie liquide peut être réalisée dans tous les centres anti-cancers dispersés sur le territoire.
Comment sont interprétés les résultats ?
Actuellement, on n’interprète que les mutations génétiques des ADN circulant. « Tous les centres anti-cancer l’utilisent pour la détection des mutations génétiques dans les cancers du poumon, les mélanomes et les cancers colorectaux métastatiques« , conclut notre expert. Si les mutations visées par les thérapies ciblées existantes sont bien présentes, alors, le praticien pourra y avoir recours.
Merci à Alain Thierry, directeur de recherche à l’Institut de recherche en cancérologie de Montpellier.
L’IMG est l’abréviation de l’Indice de Masse Grasse qui permet d’évaluer la proportion entre la masse adipeuse (masse graisseuse) et la masse sèche (masse des muscles). Il s’agit d’un indicateur moins connu mais plus récent que l’indice de masse corporelle(IMC) et qui s’interprète en fonction d’autres paramètres comme l’âge ou le sexe. Il permet d’avoir une représentation plus précise de la masse graisseuse et ainsi, de la santé cardiovasculaire. Comment le calculer ? Quel est l’IMG idéal chez la femme ? Chez l’homme ? Que signifie un IMG trop bas ? Trop élevé ? Quelles sont les limites de cette mesure ? Normes, tableaux et explications du Dr Julien Rousseaux, médecin nutritionniste.
Définition : c’est quoi l’IMG ou indice de masse grasse ?
L’indice de masse grasse ou indice de masse graisseuse (IMG) ou encore indice de masse adipeuse, est une mesure moins connue que l’IMC qui permet d’évaluer sa proportion de graisse dans le corps. « L’indice de masse grasse est un indicateur plus moderne et plus récent que l’IMC. L’IMC a près de 200 ans alors que l’IMG date de 2011. Il est également un peu plus complet que l’IMC qui ne reflète que le poids et la taille, définit d’emblée le Dr Julien Rousseaux. C’est une mesure utile, bien qu’elle ait tout de même quelques limites« .
Tableaux de l’IMG idéal : quelles sont les normes chez l’homme et la femme ?
L’indice de masse grasse est un pourcentage. Les valeurs normales sont différentes chez l’homme et chez la femme, qui a un peu plus de masse grasse. L’IMG dépend aussi d’autres paramètres comme l’âge ou l’ethnie ainsi, les valeurs suivantes sont données à titre informatif. Elles méritent d’être interprétées par un médecin.
Normes chez la femme (adulte)
Valeur de l’IMG
Interprétation
< 20%
Pas assez de graisse
Entre 20 et 30%
IMG normal
> 30%
Trop de graisse
Normes chez l’homme (adulte)
Valeur de l’IMG
Interprétation
< 10%
Pas assez de graisse
Entre 10 et 25%
IMG normal
> 25%
Trop de graisse
Attention, ces normes n’ont de sens que pour les adultes (globalement entre 16 et 50 ans). Pour les enfants ou les personnes plus âgées, trop peu de mesures ont été réalisées dans les échantillons de population. Les valeurs s’interprètent donc au cas par cas.
Comment calculer l’IMG avec une DEXA ?
L’IMG peut se mesurer grâce à différentes techniques. L’IMG peut être calculée avec une DEXA, l’examen de référence pour calculer l’IMG. Il a l’avantage d’être peu irradiant et permet d’estimer la densité des os (utilisé pour diagnostiquer une ostéoporose) ainsi que la masse grasse. Il est réalisé dans certains cabinets de radiologie et coûte environ 40 euros (non remboursé).
Comment calculer l’IMG avec un scanner ?
Le scanner va évaluer le volume de graisse dans le corps, plus irradiant que le DEXA.
Comment calculer l’IMG avec un impédancemètre ?
Une balance impédancemètre va simplement permettre de donner une estimation de l’indice de masse grasse, grâce à un courant électrique qui traverse le corps. « Avec ce type de balance, on peut seulement avoir une estimation de l’IMG car sur la plupart des machines, le courant électrique va suivre le chemin le plus court et ne mesurer que la masse grasse des membres inférieurs, et non la graisse abdominale (la graisse la plus toxique pour la santé)« , tient à préciser notre interlocuteur. Il existe des impédancemètres un peu plus précis, dotés de deux poignées afin de mesurer le courant depuis les pieds jusqu’aux bras, en passant donc par l’abdomen. Par ailleurs, certains impédancemètres sont dits àdouble fréquence et mesurent l’IMG grâce à deux courants électriques (l’un passant par l’eau à l’extérieur des cellules, l’autre passant par l’eau à l’intérieur des cellules), ce qui est encore plus précis. « Même avec des impédancemètres plus précis, on ne peut faire qu’une estimation de l’IMG. Pour un IMG très fiable, il faudrait prendre la mesure dans des conditions précises (à jeun, allongé après 10 minutes de repos, la vessie vide), or ce n’est jamais fait dans ces conditions. De plus, au niveau abdominal, on ne pourra pas distinguer la graisse sous-cutanée de la graisse au contact des viscère (plus nocive)« , signale notre expert.
Comment calculer l’IMG avec le pli cutané ?
Le test du pli cutané (à réaliser par une personne expérimentée) va estimer la masse grasse à l’aide d’une pince qui enserre la peau à des endroits spécifiques du corps (pli cutané ombilical, sur la face postérieure du bras…). Un pli supérieur à 2 cm peut refléter un excès de masse grasse.
Y a-t-il une formule pour calculer l’IMG ?
Il n’y a aucun intérêt à mesurer tous les jours son IMG.
Oui, la formule de Deurenberg va permettre d’estimer approximativement l’indice de masse grasse en fonction du sexe, de l’âge et de l’IMC. Cette mesure n’est pas très fiable car elle se base sur des données peu représentatives.
Chez la femme : IMG (en %) = (1.20 x IMC) + (0.23 x Age) − 5.4
Chez l’homme : IMG (en %) = (1.20∗IMC) + (0.23∗Age) − (10.8∗1) − 5.4
Vous l’aurez compris, avec cette formule, il faut renseigner son IMC (le poids [en kg] divisé par la taille [en cm] au carré), son âge et si on est une femme ou un homme. Attention, ce calcul n’est pas valable chez la femme enceinte ou les personnes très musclées (sportifs professionnels ou athlètes par exemple qui peuvent avoir un poids élevé mais peu de graisse). « La composition du corps évoluant d’un jour à l’autre – le corps peut retenir plus ou moins d’eau par exemple – il n’y a aucun intérêt à mesurer tous les jours son IMG. Une personne qui voudrait suivre son IMG pourrait au maximum le mesurer toutes les 1 à 2 semaines (dans des conditions standardisées) et consulter un médecin s’il y a une évolution trop importante« , indique le médecin nutritionniste.
Que signifie un IMG trop bas ?
Le seuil bas ne doit clairement pas être un objectif !
Un IMG inférieur aux valeurs de référence peut révéler :
→ La pratique intensive d’un sport : « Les athlètes de très haut niveau ont généralement un IMG faible, car ils ont beaucoup plus de masse musculaire que de masse grasse. Or, ce n’est pas témoin d’une mauvaise santé« , observe le médecin nutritionniste.
Le seuil bas ne doit clairement pas être un objectif. « La graisse est physiologiquement indispensable. Elle permet au corps de fonctionner. Un manque de masse grasse a des conséquences sur la santé, entraîne des perturbations hormonales et des problèmes de fertilité« , détaille-t-il. En cas d’inquiétude, il convient de consulter son médecin généraliste qui effectuera, si nécessaire, des analyses plus précises comme un DEXA ou un scanner.
Que signifie un IMG trop élevé ?
Un IMG supérieur aux valeurs de référence peut révéler un surpoids ou une obésité et peut traduire de mauvaises habitudes alimentaires. Un excès de masse grasse viscérale augmente le risque cardiovasculaire (risque de diabète, cholestérol, AVC…) et de maladies du foie. Un IMG élevé doit inciter à faire une évaluation globale plus détaillée chez un médecin.
Précautions : les limites et alternatives à l’IMG
Le rapport tour de taille/hauteur est le meilleur indicateur pour évaluer son risque cardiovasculaire.
L’IMG est un indicateur intéressant qui présente toutefois des limites. La plupart des méthodes pour calculer l’IMG manquent de précision. « Le résultat donné est approximatif. Il ne distingue pas la masse grasse sous-cutanée de la masse grasse abdominale (la graisse à l’intérieur du ventre, au contact des viscères). Or, ces deux types de graisses n’entraînent pas les mêmes conséquences sur la santé. Contrairement à la graisse sous-cutanée qui est la moins toxique pour la santé, une masse grasse abdominale importante augmente considérablement le risque cardiovasculaire« , prévient notre interlocuteur. Pour repérer un éventuel excès de graisse abdominale, rien de mieux que de mesurer son tour de taille (entre le bas des côtes et le haut de l’os du bassin/la crête iliaque), que l’on vient diviser par sa taille en centimètres. Ce ratio est l’un des meilleurs indicateurs pour évaluer le risque cardiovasculaire. « Il est bien plus fiable que l’IMC ou l’IMG. Il est très simple d’interprétation car il est plus stable d’un jour sur l’autre et s’interprète de manière très proche quelque soit le sexe, l’âge ou l’ethnie. Un ratio supérieur à 0,55 est plus défavorable et peut amener à consulter son médecin« , conclut notre interlocuteur.
>> Exemple pour une femme d’1m62 avec un tour de taille de 65 cm : 65 / 162 = 0,40 (inférieur à 0,55 donc pas alarmant)
Merci au Dr Julien Rousseaux, médecin nutritionniste, conseiller médical chez Elsan.
L’addictologue est un médecin, qui a suivi une formation spécifique (capacité ou DESC), et qui s’est spécialisé dans les addictions physiologiques et psychologiques. Les champs d’action de l’addictologue sont divers et variés. Il traite notamment :
L’addiction au tabac
L’addiction à l’alcool
L’addiction à l’alimentation (addiction au sucre, addiction au chocolat)
L’addiction aux jeux d’argent (addiction au casino, au poker…)
L’addiction au sexe
L’addiction aux jeux vidéos
L’addiction au numérique (addiction aux réseaux sociaux, addiction aux écrans, addiction au portable…)
L’addiction aux achats compulsifs…
« Son rôle est d’évaluer la situation d’une personne afin de déterminer si elle souffre d’une addiction à un produit ou bien comportementale (par exemple addiction aux jeux d’argent, compulsions alimentaires, écrans…) », explique le Docteur Nathalie Vigé-Vanheeghe, addictologue.
Le médecin réalise aussi un bilan de santé particulièrement lorsqu’il s’agit d’une addiction à l’alcool compte tenu des nombreuses complications somatiques. « Il s’informe toujours de la demande de la personne et évalue sa motivation pour le changement de ses habitudes de vie. Il n’impose pas le sevrage ni l’arrêt du comportement mais accompagne et guide le patient vers le rétablissement ». Cette période s’appelle la « réduction des risques ». Cet accompagnement motivationnel est nécessaire pour faire émerger la demande du patient. « Le médecin prévoit aussi des consultations conjugales ou familiales si la personne est demandeuse. Il fait en sorte d’informer et de soutenir l’entourage« .
Le médecin addictologue travaille en équipe pluridisciplinaire : infirmière, professeur APA, sophrologue, art-thérapeute, psychologue, travailleur social… « Il met en place ou coordonne des ateliers thérapeutiques. Ces ateliers ont pour objectif d’encourager les personnes à changer d’habitudes de vie afin de leur permettre de sortir de l’addiction avec plus de facilité« . L’idée est de redonner goût à la vie. « Le médecin addictologue soigne la personne dans sa globalité, physique psychique et sociale, il écoute beaucoup et aide à faire des liens pour comprendre à quoi se rattache l’addiction ». Il faut plusieurs mois de suivi.
Quand consulter un addictologue ?
« Dès que l’on se pose des questions sur une habitude un peu trop présente dans sa vie, pour faire le point, répond la spécialiste. Ainsi il est important que les personnes consultent avant que les choses ne s’aggravent trop. Le médecin ainsi pourra prévenir, informer et déjà aider la personne à changer ses habitudes ». Une personne de l’entourage peut venir aussi consulter pour avoir des conseils ou un soutien (si le patient lui-même ne veut pas consulter). « Bien souvent cette démarche permet de faciliter l’accès au soin ».
Comment se passe une séance chez un addictologue ?
« S’il est possible d’arrêter seul l’usage d’un produit ou d’un comportement addictif, sans avoir besoin d’aide extérieure, il est important de savoir que la dépendance rend le sevrage souvent difficile. C’est pourquoi avant tout arrêt, il est conseillé de rencontrer un professionnel en addictologie (addictologue, tabacologue, etc.) pour évaluer sa consommation, sa dépendance, ses motivations à arrêter et établir un protocole d’arrêt adapté à son propre cas« , souligne Ameli, la plateforme en ligne de l’Assurance Maladie. « Une séance chez un addictologue est une consultation médicale tournée surtout sur l’entretien. Le médecin écoute beaucoup le parcours du patient et le questionne sur son addiction« , assure le Dr Vigé-Vanheeghe.
Le traitement d’une addiction est pluridisciplinaire. « Elle repose le plus souvent sur l’association d’une prise en charge psychologique individuelle et collective, d’un traitement médicamenteux pour les addictions à certaines substances psychoactives et d’un accompagnement social. Une prise en charge globale est essentielle, l’addiction n’étant jamais un problème isolé dans la vie d’une personne« , poursuit Ameli. Dans le cadre du suivi du patient une prise en charge psychologique est généralement instaurée. Des traitements médicamenteux peuvent être prescrits dans le cadre du sevrage des patients dépendants à l’alcool, au tabac ainsi qu’opiacés.
Quel est le prix d’une séance d’addictologie ?
Un médecin addictologue peut travailler dans différents établissements. Il peut notamment exercer :
dans un cabinet libéral,
dans un service d’alcoologie au sein d’un hôpital
dans des Centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA).
« Le prix dépend de l’endroit où l’on consulte, reprend notre interlocutrice. Dans un CSAPA, les consultations sont entièrement prises en charge par l’Assurance Maladie » avec les professionnels médecin, infirmière ou autre. Mais les délais d’attente sont longs. « La majorité des CSAPA accueille les usagers en ambulatoire. Certains proposent des services de soins résidentiels (Centres thérapeutiques résidentiels, Communautés thérapeutiques, etc.)« , explique le gouvernement sur son site MILDECA (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives).
Est-ce remboursé ?
► Dans un CSPA : « Si la cure de désintoxication se déroule dans un CSAPA, les frais sont entièrement pris en charge par l’Assurance Maladie », précise le médecin.
► Dans un service de soins spécialisé en addictologie d’un établissement public ou privé, la prise en charge est remboursée par l’Assurance Maladie à hauteur de 80% et les 20% restants sont à la charge de la mutuelle ou du patient.
► Dans une consultation hospitalière d’addictologie, « il y a une prise en charge de la CPAM et de la mutuelle. Il faut toujours s’assurer que la mutuelle prend bien en charge la partie qui lui revient car parfois et elle se désengage pour les problèmes d’addiction. Il faut vérifier que le contrat de sa mutuelle comporte bien le code DMT 214″.
Comment trouver un bon addictologue ?
« Il existe des annuaires des services d’addictologie sur internet : Société Française d’Addictologie (SFA), Association Nationale d’Alcoologie et d’Addictologie (ANPAA), Fédération Addiction…, détaille l’addictologue. Le bon médecin addictologue sera celui avec lequel le patient se sent en confiance. Chaque médecin ne correspond pas à tout le monde ».
Quelle formation pour devenir addictologue ?
Un addictologue est un médecin qui a suivi une formation spécifique (capacité ou DESC). « Un médecin addictologue peut-être généraliste et avoir passé un diplôme spécifique « CAPACITE D’ADDICTOLOGIE » suite à une formation de 2 ans après les études de médecine, note la spécialiste. Il peut aussi s’agir d’un psychiatre et son diplôme s’appelle alors « DESC » qu’il décroche aussi après 2 ans d’études ».
Merci au Docteur Nathalie Vigé-Vanheeghe, addictologue à la Clinique Mégival (groupe Vivalto Santé) à Saint-Aubin-sur-Scie (76)
Définition : qu’appelle-t-on un hoquet persistant ?
« Le hoquet (également appelé myoclonie phrénoglottique) est un phénomène physiologique involontaire qui résulte de la contraction brutale de tous les muscles inspiratoires (diaphragme, muscles intercostaux…) et de la fermeture des voies aériennes supérieures« , rappelle le Dr Adrien Dereix, médecin généraliste. L’air emprisonné par la fermeture de la glotte provoque le son caractéristique du hoquet. Le hoquet survient à tout âge, dure généralement de 15 à 30 minutes et cède spontanément. « De façon générale, le hoquet est un trouble sans gravité, commun à tous les vertébrés, dont on ne connait finalement pas la finalité« , tient à rassurer notre interlocuteur. Mais dans certains cas, ces spasmes, selon leur durée et leur intensité, peuvent devenir gênant et perturber le sommeil et l’alimentation des personnes concernées. « On parlera alors de hoquet persistant si celui-ci dure plus de 48 heures ou revient régulièrement. Il nécessite une consultation chez un médecin et résulte souvent d’une pathologie associée », poursuit-il.
Quelles sont les causes possibles d’un hoquet permanent ?
Si un hoquet « simple » est souvent lié à un excès de nourriture, une alimentation trop riche, trop épicée, une consommation de boissons gazeuses ou une mastication de chewing-gums, le hoquet persistant est lui souvent lié à des maladies médicales sous-jacentes.
Dans la plupart des cas, il s’agit de causes œsophagiennes et gastriques : œsophagite, reflux gastriques, hernie hiatale, ulcère de l’estomac, irritation de l’œsophage…)
Parfois, des causes abdominales : cancer rein, cancer du foie, cancer du pancréas…
Des causes thoraciques : atteintes pulmonaires, tuberculose…
Des causes neurologiques : tumeur cérébrale, hyper tension intracrânienne…
Des causes médicamenteuses : liées à la prise de morphine, de corticoïdes, de psychotropes…
Des causes environnementales ou comportementales : l’abus d’alcool, de drogues ou le tabagisme.
Quand s’inquiéter d’un hoquet qui dure ?
« Il est généralement considéré comme normal que le hoquet dure entre 15 à 30 minutes. Cependant, s’il persiste pendant plusieurs heures ou plusieurs jours, il est conseillé de consulter un médecin », répond notre interlocuteur. Certains symptômes associés comme de la fièvre, des douleurs thoraciques ou abdominales, ou un changement de l’état général peuvent accompagner un hoquet persistant et pousser le patient à consulter rapidement.
Qui consulter en cas de hoquet persistant ?
En cas de hoquet persistant, il est recommandé de consulter dans un premier temps son médecin traitant ou un médecin généraliste. « En se basant sur la durée et l’intensité du hoquet, l’état général, les antécédents médicaux et les symptômes, le médecin va tenter de déterminer la cause, détaille le généraliste. Selon son diagnostic, il pourra ensuite orienter son patient vers un spécialiste : un gastro-entérologue par exemple si la cause est œsophagienne ou gastrique ». Dans ce cas, le gastro-entérologue pourra prescrire au patient une fibroscopie oeso-gastroduodénale, particulièrement utile pour déceler une affection digestive. Elle peut être complétée par une pH-métrie, qui permet d’étudier les remontées acides dans l’œsophage qui se produisent lors d’un reflux gastro-œsophagien.
Selon les autres causes, d’autres examens peuvent être demandés comme :
Quel traitement pour arrêter un hoquet persistant ?
Dans un contexte de hoquet persistant, il est indispensable de traiter la cause. « Si le hoquet est causé par exemple, par une maladie œsophagienne ou gastrique, le médecin pourra prescrire un traitement à base d’IPP (inhibiteurs de la pompe à protons), utilisés pour réduire la sécrétion acide gastrique », propose le Dr Dereix. Au quotidien, quelques techniques simples existent pour stopper le hoquet :
Retenir sa respiration
Boire un grand verre d’eau froide sans respirer
Focaliser son attention sur autre chose avec un effet de surprise…
L’homéopathie propose aussi des solutions visant à soulager le hoquet. Dans certains cas, l‘acuponcture, l’hypnose ou l’ostéopathie sont indiquées. « On peut toujours conseiller au patient de ne pas consommer de chewing-gum, de réduire sa consommation de boissons gazeuses, de manger lentement et d’éviter la consommation de tabac et d’alcool« .
Merci au Docteur Adrien Dereix, médecin généraliste et Directeur médical de ELSAN Prévention