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Métastases au poumon : symptômes, guérison, survie

Métastases au poumon : symptômes, guérison, survie

Quand une tumeur se développe à un autre endroit que celui où elle est apparue, on appelle cela une métastase. Le plus souvent, un cancer qui devient métastatique envoie des métastases vers certains organes comme le poumon, le cerveau, les os ou le foie. 30% des personnes atteintes d’une tumeur solide (on appelle tumeur solide tous les cancers sauf les leucémies, dont les cellules cancéreuses circulent dans le sang ou la lymphe) développeraient des métastases pulmonaires selon une étude de 2019 publiée dans la Revue Médicale Suisse. Quels sont les symptômes d’alerte des métastases pulmonaires ? Où sont-elles localisées ? Comment les diagnostiquer ? Avec quels traitements les soigner ? Quelles sont les chances de guérison et l’espérance de vie ? Le point avec le Dr Paul Cottu, médecin oncologue à l’Institut Curie. 

Définition : qu’est-ce qu’une métastase pulmonaire ?

« Une métastase pulmonaire est une tumeur qui s’est propagée au poumon » définit en préambule le Dr Paul Cottu, médecin oncologue. La tumeur peut se propager n’importe où dans le poumon. Elle peut coloniser un seul poumon ou les deux. Les cancers qui donnent le plus souvent des métastases pulmonaires sont :

Schéma d'un cancer qui donne des métastases pulmonaires
Schéma d’un cancer qui donne des métastases pulmonaires © Designua – 123RF
  • Le cancer colorectal (une étude de 2017 montre que 5% des patients atteints d’un cancer colorectal vont développer des métastases pulmonaires)
  • Le cancer des os ou les ostéosarcomes (environ 85% des métastases à distance d’un ostéosarcome sont situées dans le poumon)
  • Le cancer du sein
  • Le cancer du rein (carcinome rénal)
  • Les cancers ORL (tête et cou, ou VADS)
  • Le cancer du testicule
  • Le sarcome des tissus mous
  • Le mélanome
  • Le cancer de la thyroïde

>> Attention, un cancer du sein qui donne des métastases au poumon par exemple ne se transforme pas en cancer du poumon. On parler de « cancer du sein métastatique ». 

Quelles sont les localisations des métastases au poumon ?

Une tumeur peut métastaser n’importe où dans le poumon ou dans des régions extérieures, mais très proches du poumon. Le plus souvent, elle métastase :

  • près de la paroi pulmonaire,
  • dans les lobes inférieurs du poumon gauche ou droit (ou les deux),
  • dans les lobes supérieurs du poumon gauche ou droit (ou les deux),
  • au niveau de la plèvre et du médiastin.

Quels sont les symptômes des métastases au poumon ?

« Les os, le foie, le poumon et le cerveau sont les organes les plus souvent sujets à métastases« , précise l’oncologue. Dans certains cas, une cellule cancéreuse située au niveau du poumon reste longtemps silencieuse et n’entraîne pas de symptômes. Dans d’autres cas, les métastases pulmonaires sont symptomatiques et peuvent entraîner :

  • des épisodes de fièvre,
  • une toux intense et persistante,
  • un essoufflement,
  • des crachats de sang,
  • des douleurs intenses dans la poitrine ou le thorax « surtout si la cellule cancéreuse a atteint la plèvre, l’enveloppe du poumon qui est très innervée« , précise le Dr Maurice Pérol, oncologue médical spécialiste des cancers thoraciques au Centre Léon Bérard à Lyon,
  • des infections aux bronches ou aux poumons fréquentes (bronchite, pneumonie…),
  • une perte de poids brutale.

Quelles sont les causes des métastases au poumon ?

Tous les cancers peuvent métastaser, autrement dit, migrer hors de leur emplacement d’origine. Le risque qu’un cancer évolue en cancer métastatique dépend de plusieurs paramètres, notamment : 

  • du type de cancer,
  • de la taille et de l’emplacement du cancer primitif,
  • de la rapidité avec laquelle le cancer primitif se développe,
  • de la probabilité qu’il se propage,
  • du délai de présence de la tumeur primitive dans le corps.

>> A savoir : les métastases peuvent se développer très rapidement ou plusieurs années après le diagnostic initial, tandis que certains cancers ne métastaseront jamais. 

Comment se fait le diagnostic ?

Tout d’abord, un examen clinique permet de faire un bilan des symptômes et de rechercher la présence de métastases. Ensuite, des analyses sanguines (formulation sanguine complète, saturation en oxygène, dosage des marqueurs tumoraux en fonction de chaque patient) permettent de vérifier l’état de santé global du patient, voir s’il y a une insuffisance pulmonaire ou si un cancer primitif s’est propagé aux poumons.

Examens d’imagerie : radio, TDM, TEP…

Ce sont les examens d’imagerie qui vont orienter le diagnostic :

  • Une radiographie des poumons est le premier examen à faire pour déterminer la cause d’une toux persistante ou d’un essoufflement. Elle permet également de déceler la présence de cellules cancéreuses au niveau du poumon. 
  • Une tomodensitométrie (TDM) de la poitrine fournit des images plus précises que la radiographie des poumons et sert à vérifier la présence de métastases pulmonaires, à déterminer avec précision et fiabilité leur taille et leur emplacement. Elle permet également de voir s’il y a des métastases dans les ganglions lymphatiques avoisinants.
  • Une tomographie par émission de positrons des poumons (TEP) permet, grâce à l’utilisation d’une matière radioactive, l’obtention des images en 3D qui aident à savoir jusqu’où la tumeur s’est propagée. 

Biopsie et autres examens

Une bronchoscopie permet d’examiner l’intérieur des bronches et des poumons au moyen d’un endoscope. Enfin, une biopsie permet de confirmer le diagnostic et de préciser la nature de la lésion cancéreuse. Elle repose sur le prélèvement par ponction ou par endoscopie d’un échantillon de tissu suspect. Cet échantillon est ensuite examiné au microscope. Si les métastases pulmonaires sont détectées avant que le cancer primitif n’ait été diagnostiqué, le médecin pourra demander la réalisation d’autres examens afin de déterminer l’emplacement d’origine du cancer primitif et vérifier s’il y a des métastases dans d’autres parties du corps : mammographie si un cancer du sein est suspecté, une TDM de l’abdomen si un cancer colorectal est suspecté, une échographie thyroïdienne si un cancer de la thyroïde est suspecté…  

Quels sont les traitements des métastases au poumon ?

« Le plan de traitements est défini par l’équipe médicale. Il est adapté à chaque patient en fonction de son âge, son état de santé général, ses préférences en termes de traitements, la localisation de sa tumeur primitive, l’étendue, le nombre et la taille des métastases, les symptômes, les traitements déjà reçus… » liste l’oncologue. Ce plan repose sur l’association de plusieurs traitements dont :

>> La chimiothérapie : traitement médicamenteux de référence des métastases pulmonaires, elle permet de réduire la taille des tumeurs et de limiter leur propagation. 

>> Le traitement ciblé qui consiste à administrer des médicaments (qui contiennent certaines protéines) qui ralentissent la croissance et la propagation des métastases pulmonaires. Le choix du médicament dépend de l’emplacement du cancer primitif. Le traitement ciblé est souvent associé à une chimiothérapie.  

>> L’hormonothérapie qui bloque certaines hormones afin de ralentir la croissance de certaines métastases. Ce traitement est particulièrement utilisé si les métastases proviennent d’un cancer du sein ou de la thyroïde.

>> L’immunothérapie permet de renforcer l’immunité du patient : son système immunitaire est davantage capable de détecter les cellules cancéreuses et de les détruire. 

>> La chirurgie consiste à enlever une petite partie du poumon (la tumeur et une petite partie des tissus sains autour des cellules cancéreuses). Cette technique, pratiquée par un chirurgien thoracique, est particulièrement indiquée si les métastases sont isolées (autrement dit si elles ont colonisé qu’une partie du poumon) ainsi que pour traiter des métastases pulmonaires issues d’un cancer colorectal, d’un cancer des os ou d’un sarcome des tissus mous. « Toutes les personnes atteintes de métastases pulmonaires ne peuvent pas avoir recours à la chirurgie. L’indication va dépendre de la taille des métastases, de leur emplacement, de leur nombre et d’autres facteurs liés au patient (âge, antécédents…)« , précise l’expert. Le chirurgien peut aussi extraire les métastases par radiofréquence (un courant électrique produit une chaleur capable de détruire la tumeur) ou par laser (un faisceau lumineux de très haute intensité produit une chaleur capable de détruire la tumeur). Il est très rare de faire disparaître complètement des métastases. Néanmoins, les traitements arrivent à les faire régresser et à contrôler leur propagation. 

>> Les traitements de soutien ne traitent pas les métastases mais permettent de soulager certains symptômes associés comme les troubles respiratoires, les crachats de sang ou l’accumulation de liquide dans la plèvre. Cela peut être une oxygénothérapie (en cas de difficultés respiratoires), une thoracentèse (en cas d’épanchement pleural), une radiothérapie externe ou une radiothérapie stéréotaxique (en cas de toux ou de saignements). 

Pronostic : quelles chances de survie en cas de métastases au poumon ?

Les métastases pulmonaires ont un meilleur pronostic que les cancers du poumon. Globalement, « la survie à 5 ans des cancers du poumon tous stades confondus se situe aux alentours de 17-18%« , indique le Dr Pérol. Pour les métastases pulmonaires :

  • Le plus vaste recueil de données à ce jour provenant du « International Registry of Lung Metastases » de la Société Européenne de Chirurgie Thoracique, indique qu’un cancer qui s’est propagé aux poumons est lié à une survie de 36% à 5 ans et entre 11 et 34% à 10 ans
  • L’étude « Métastases pulmonaires » publiée en 2017 sur « Swiss Medical Forum » montre que les métastases pulmonaires issues d’un cancer colorectal sont associées à une survie de 45 à 60% à 5 ans et que celles issues d’un carcinome rénal sont associées à une survie d’environ 40% à 5 ans

Merci au Dr Paul Cottu, médecin oncologue à l’Institut Curie à Paris et au Dr Maurice Pérol, oncologue médical spécialiste des cancers thoraciques au Centre Léon Bérard à Lyon.


Source : JDF Santé

Ce que cachent vos douleurs émotionnelles (au ventre, dos…)

Ce que cachent vos douleurs émotionnelles (au ventre, dos…)

Lorsqu’on ne trouve pas de causes physiques (lésion d’un organe) à une douleur, surtout si elle est chronique, il est intéressant de rechercher du côté émotionnel et psychologique. « La douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, liée à un dommage tissulaire réel ou potentiel ou décrite en termes évoquant un tel dommage » définit la Haute Autorité de Santé (HAS). Des significations émotionnelles sont attribuées aux différents maux du corps par la médecine orientale. Cet article présente des clés de décodage du langage du corps, sachant que chaque cas reste individuel et qu’une douleur physique qui persiste doit toujours faire l’objet d’une consultation médicale. 

C’est quoi une douleur émotionnelle ?

La douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle. Ce que l’on appelle aussi des douleurs psycho-somatiques (douleurs physiques qui viennent du psychisme). « Toutes les douleurs, en particulier les douleurs chroniques, sont liées à des éléments organiques mais sont également modulées par des émotions. Si vous êtes déprimé, vous pourriez ressentir plus fortement les douleurs. Une douleur est toujours également émotionnelle c’est pourquoi il est important de réintroduire les émotions dans la prise en charge de celles-ci » indique le Pr Anne Françoise Allaz, ancienne cheffe de Département de médecine interne générale. « Il existe une double dimension de la douleur, entre sensorialité et émotion. Le ressenti subjectif de l’individu doit entrer en compte dans la définition de la douleur. La douleur peut être présente même lorsqu’aucune lésion corporelle ne l’explique, comme c’est souvent le cas des douleurs chroniques » ajoute la médecin. « Je m’attache à trouver les décodages biologiques des troubles physiques parce qu’une émotion est une sensation corporelle avant toute chose » confirme Corinne Allemoz, naturopathe.

Signification des douleurs émotionnelles

Il existe des significations attribuées aux douleurs selon le membre ou l’organe touché. « On parle de décodages biologiques des troubles physiques pour évoquer la symbolique des douleurs, qui est un langage du corps » note la naturopathe. En voici quelques exemples :

Les douleurs des membres supérieurs

  • La bouche est la porte d’entrée de ce qui vient de l’extérieur et va vers l’intérieur. Les maladies liées à la bouche ou la gorge représentent les non-dits ou ce qu’on ne parvient pas à « avaler » (une rupture amoureuse sans dernière discussion).
  • Les yeux reflètent le refus de voir quelque chose (je ne veux pas voir que mon petit-fils est malade alors je développe de l’eczéma sur les yeux).
  • Les douleurs aux épaules sont le siège des contrariétés ou choses que nous n’arrivons pas à réaliser (projet professionnel qui n’aboutit pas)
  • Les maladies des mains représentent ce qu’on ne veut pas lâcher, un manque de « lâcher-prise » (surcontrôle). 
  • Les douleurs de dos et des lombaires matérialisent l’impression d’avoir une charge trop importante, « en avoir plein le dos » (une jeune femme qui s’occupe de ses frères et soeurs plus jeunes à la place de ses parents)

Les douleurs des membres inférieurs

  • Les douleurs aux pieds sont souvent en rapport avec ce qui nous « casse les pieds », ce qui nous agace (sentiment de ne pas avancer, de faire du sur-place).
  • Les douleurs aux genoux symbolisent quelque chose devant quoi on ne veut pas plier, entêtement (je ne veux pas obéir à mes parents parce que j’estime qu’ils sont trop sévères)
  • Les douleurs aux hanches se rapportent à ce que l’on peut ou pas contrôler, elles manifestent une résistance au changement (peur de prendre des décisions)

Les organes

 « Il faut repersonnaliser la douleur, chaque cas est individuel »

  • Le système digestif est le cerveau des émotions, il exprime nos ressentis en rapport avec le relationnel et le monde extérieur.
  • La rate est le siège des angoisses.
  • La vésicule biliaire symbolise nos anxiétés.
  • Les reins sont les organes de la peur.
  • Le foie symbolise la colère, la rancœur.
  • L’estomac et le plexus solaire se rapportent au stress (ulcère, gastrite).
  • Les poumons et le cœur matérialisent la tristesse (syndrome du coeur brisé par exemple)
  • La thyroïde est le siège du stress et de ce que l’on n’arrive pas à sortir. « Un cancer de la thyroïde peut être causé par un traumatisme d’enfance qui ne « sort pas » ».
  • Le système urinaire est le siège de nos peurs et de notre « territoire » : des douleurs urinaires peuvent symboliser un regret ou une impression d’avoir raté la construction de sa vie, de son « territoire ».
  • Le système nerveux. Les maux de ces organes sont liés au stress (dépression, hypertension…).
  • Le système génital peut notamment manifester la peur d’avoir un enfant ou la perte d’un enfant en cas de troubles.

Cependant, « il faut repersonnaliser la douleur, chaque cas est individuel. D’autre part, selon les cultures (occidentales, orientales, africaines), les significations ne sont pas forcément les mêmes. On peut s’inspirer de ces données mais sans oublier de prendre en compte les trajectoires individuelles et les évènements pour retranscrire l’histoire personnelle » défend le Pr Allaz. « Il faut connaitre l’histoire de la personne en effectuant un « bilan de vitalité » parce que les maux physiques sont à mettre en exergue avec le décodage biologique par rapport à l’histoire personnelle » confirme Corinne Allemoz.

Comment reconnaitre qu’une douleur est émotionnelle ?

Dans l’expérience de la douleur, on distingue la douleur aigue (vous marchez sur un bout de verre), et la douleur qui englobe une dimension émotionnelle (souvent chronique). « Les [douleurs émotionnelles] « douleurs primaires » sont des douleurs qui n’ont pas de lien évident avec une lésion du corps identifiable, pas d’atteinte d’organe diagnostiquée » précise le Pr Anne Françoise Allaz. Aujourd’hui, on sait que beaucoup de douleurs chroniques n’ont pas de substrat lésionnel et sont en réalité liées à des modifications du seuil de la vulnérabilité à la douleur . « On parle de sensibilisation centrale pour désigner une augmentation du ressenti de la douleur, une hypersensibilisation à celle-ci. Cette modification du seuil de la douleur est basée dans le système nerveux, mais elle est également en lien avec les dimensions psychologiques c’est-à-dire qu’elle peut être liée aux états dépressifs, aux deuils ou à des traumatismes émotionnels qui s’expriment à travers des douleurs corporelles » développe le médecin. Ces traumatismes provoquent une vulnérabilité psychique qui se manifeste par une douleur physique qui signale que « quelque chose ne va pas ». La personne peut en être consciente ou pas. Par exemple, Patrick Goujon, dans son livre « Prière de ne pas abuser » raconte qu’il souffrait de douleurs chroniques dans le dos depuis des années et lorsqu’il « réalise » qu’il a été abusé sexuellement par un prêtre lorsqu’il était enfant, le kinésithérapeute fait « sortir » le souvenir du dos et la douleur disparait.

Quelles sont les causes des douleurs émotionnelles ?

La douleur émotionnelle se manifeste par des douleurs physiques dont les causes sont émotionnelles et/ou psychologiques. « Ce type de douleur peut prendre racine dans les traumatismes d’enfance (abus sexuels, maltraitance, abandon) et sont très fréquents chez les personnes qui souffrent de douleurs chroniques » indique le Pr Allaz.

Elles peuvent être réactivées par un traumatisme à l’âge adulte (agression, deuil, rupture, divorce etc).  « Selon les statistiques, 80% des personnes atteintes d’un cancer du sein avaient eu un choc émotionnel violent. Aujourd’hui, les oncologues acceptent l’idée entre le lien émotionnel et cancer du sein » reconnait Corinne Allemoz. Par ailleurs, certaines peurs viscérales ancrées depuis des années peuvent finir par s’intégrer à la « matière », au corps humain et provoquer des maux physiques et maladies. « Un homme a développé une sclérose en plaques à la naissance de son enfant. Le décodage biologique [signification émotionnelle] de cette maladie transcrit le « je ne suis pas capable de » et inconsciemment il craignait de ne pas être à la hauteur de devenir papa » illustre la naturopathe. « Ces maux [physiques] sont des cris désespérés que la vie et notre corps nous envoient. Ce sont des signaux d’alerte, des témoins de notre déséquilibre » souligne Michel Odoul dans son ouvrage « Dis-moi où tu as mal, je te dirai pourquoi ».

Merci au Pr Anne Françoise Allaz, algologue, ancienne cheffe de Département de médecine interne générale à la faculté de médecine de Genève et à Corinne Allemoz, naturopathe.


Source : JDF Santé

Peau qui pèle (desquamation) : pourquoi, comment l'enlever ?

La peau qui pèle, ou desquamation, correspond à la perte des couches superficielles de l’épiderme. La peau se détache sous forme de petits lambeaux. Il s’agit d’un processus naturel de régénération de l’épiderme que ce soit au niveau du visage, du cou, des mains ou de n’importe quelle partie du corps. Explications et conseils du Dr Jean-Luc Rigon, dermatologue-vénérologue à Nancy.

Définition : pourquoi la peau pèle ?

La peau qui pèle, ou desquamation, est un phénomène fréquent, aux causes multiples. Il s’agit d’un décollement de la couche supérieure de l’épiderme, qui se produit lorsque les cellules se régénèrent. Les peaux mortes se détachent par morceaux semblables à des pellicules plus ou moins grosses. « C’est une manière, pour la peau, de guérir après avoir subi une agression extérieure (une surexposition au soleil, très souvent) ou interne (une intoxication médicamenteuse, par exemple). Une peau qui pèle, c’est plutôt un bon signe !« , explique le Dr Jean-Luc Rigon, dermatologue-vénérologue à Nancy. La desquamation peut se produire par plaques sur des surfaces plus ou moins étendues selon sa cause.

Quelles sont les causes de la peau qui pèle ?

► Très souvent, la peau pèle à la suite d’une brûlure chimique, thermique ou due à des rayons lumineux, dont la cause la plus classique est le coup de soleil. Dans ce cas, la desquamation affecte la partie de la peau qui a brûlé. Le phénomène est irréversible : les parties de la peau qui commencent à se décoller finiront par se détacher.

► Une toilette inadaptée peut être à l’origine d’une peau qui pèle. « Prendre des douches trop longues ou trop chaudes, appliquer des savons décapants, se frotter trop vigoureusement (il vaut mieux se tamponner pour se sécher !), tout cela peut agresser la peau et la faire peler« , précise le Dr Rigon.

► Une allergie à une substance appliquée sur la peau, contenue dans un produit de beauté ou un parfum, est parfois en cause. Mais dans ce cas, il existe habituellement une forte démangeaison.

► Une peau agressée par le froid, l’hiver notamment, peut peler, ainsi qu’une peau déshydratée, ou encore lorsqu’elle vient de subir un tatouage.

► Plus rare, l’intoxication médicamenteuse (par exemple aux anti-inflammatoires ou aux antibiotiques) peut faire peler la peau.

► Enfin, des maladies dermatologiques comme le psoriasis, une infection locale de la peau par un champignon ou un autre germe peuvent engendrer une desquamation.

Peau qui pèle à cause d’une dermite ou eczéma séborrhéique 

La peau peut peler en raison d’une dermite séborrhéique, une affection fréquente chez l’adulte, qui provoque des plaques rouges et une desquamation, dans les zones grasses du visage (à savoir les ailes du nez, entre les sourcils, le cuir chevelu, les plis des oreilles…). La dermite séborrhéique peut passer inaperçue. « La plupart des patients consultent en pensant avoir la peau qui pèle et qui est desséchée« , explique Jean-Luc Rigon. Par ailleurs, « il n’est pas toujours aisé de distinguer une dermite séborrhéique importante d’un petit psoriasis« , ajoute-t-il. 

Quels sont les symptômes de la desquamation de la peau ?

La desquamation se présente sous la forme de perte d’amas de peau appelés squames. Quand la peau pèle au niveau du cuir chevelu, cela donne lieu à des pellicules, qui ne sont ni plus ni moins que des squames arrimées au cuir chevelu par les cheveux. La desquamation peut atteindre des zones plus ou moins étendues de la peau.

Localisation : peau qui pèle sur le visage, les mains, le dos…

Toutes les régions du corps peuvent être touchées, en fonction de la zone agressée. On retrouve fréquemment des squames sur les mains, sur le dos, sur les pieds, sur le visage. La desquamation peut aussi atteindre le cuir chevelu : elle est alors à l’origine des pellicules et est liée au renouvellement du tissu. « C’est un processus normal ; simplement, les cheveux retiennent ces peaux« , souligne le Dr Jean-Luc Rigon. Des facteurs tels que le stress et la fatigue, des shampoings trop agressifs, une allergie aux produits de coiffure (teintures, permanentes) ou un séchage trop chaud peuvent renforcer ce phénomène.

Personnes à risque : quid des bébés qui ont la peau qui pèle ?

« Tout le monde peut avoir la peau qui pèle, mais ceux qui ont naturellement une peau sèche (personnes âgées, enfant eczémateux sont plus à risque« , précise le Dr Rigon. Une attention doit être portée aux nourrissons, dont la peau est en contact prolongé avec des produits et des couches. « Il faut utiliser des produits spécifiques pour éviter d’agresser la peau des bébés« .

Traitement : comment enlever la peau qui pèle ?

Pour traiter, mais aussi prévenir, la desquamation, il faut s’hydrater, c’est le seul moyen d’accélérer la cicatrisation de la peau : « appliquer de la crème deux fois par jour, boire beaucoup d’eau (nous sommes tous composés aux 2/3 d’eau)« , conseille le dermatologue. Après l’exposition au soleil, il est recommandé d’appliquer un lait après soleil, qui apaise et nourrit la peau. Enfin, il faut éviter d’arracher les lambeaux de peau morte en tirant dessus : ces derniers partiront naturellement lorsque vous prendrez votre douche par exemple. De même, il n’est pas conseillé d’exfolier la peau au risque de l’irriter davantage. En effet, « il faut proscrire tout produit qui pourrait agresser davantage encore l’épiderme, en particulier les gommages trop répétés« , conclut le dermatologue. 

Merci au Dr Jean-Luc Rigon, dermatologue vénérologue à Nancy (Meurthe-et-Moselle), pour ses précisions. 


Source : JDF Santé

Trachéite : schéma, durée, traitement, contagieuse ?

Trachéite : schéma, durée, traitement, contagieuse ?

Définition : qu’est-ce qu’une trachéite ?

La trachéite désigne une inflammation de la trachée, le conduit qui relie la gorge aux poumons. Celui-ci peut s’enflammer sous l’effet de plusieurs causes (virus, allergie, tabac…). « La trachéite se traduit donc par une toux plutôt spasmodique (douloureuse), voire irritative (qui donne envie de se gratter)« , explique le docteur Romain Troalen, médecin généraliste dans la région de Paris. Il existe deux types de trachéites :

  • la trachéite aiguë, qui est passagère.
  • la trachéite chronique qui peut être plus compliquée à traiter, car l’inflammation dure plus longtemps.

Le plus souvent, la trachéite survient avec des infections ORL associées : une rhinopharyngite, une laryngite ou une bronchite. « On peut dire que la laryngite, pharyngite et la trachéite sont des variantes de la même chose : une inflammation des voies respiratoires hautes, en l’occurrence le larynx, le pharynx et la trachée« , précise le médecin.

schéma trachéite
Schéma montrant la localisation de la trachéite © AdobeStock/Journaldesfemmes

Quels sont les symptômes d’une trachéite ?

Les principaux symptômes de la trachéite sont des quintes de toux sèche, souvent douloureuses (toux spasmodique), et parfois à associées à une sensation de gêne au niveau du sternum, voire à des douleurs thoraciques. « Les quintes de doux surviennent souvent en position allongée, la nuit, ou lors de changement de position », précise le médecin. La trachéite peut s’accompagner de difficultés à respirer, d’une voix enrouée et de troubles du sommeil dus aux quintes de toux la nuit et aux douleurs. Si elle est associée à une rhinopharyngite, il peut y avoir aussi des écoulements nasaux et de la fièvre pendant deux à trois jours.

Combien de temps dure une trachéite ?

Les symptômes peuvent durer de deux à trois semaines sans que cela soit inquiétant. S’ils empirent, en revanche, il faut (re)consulter.

Quelles sont les causes de la trachéite ?

« Les causes peuvent être un virus (souvent la rhinopharyngite), plus rarement une infection bactérienne, mais aussi une rhinite allergique (acariens, animaux, pollens…)« , commence le médecin. Dans la majorité des cas, la trachéite est d’origine virale, mais peut parfois être provoquée par une bactérie. « Elle peut également être provoquée par des substances irritatives comme le tabac, mais aussi la pollution urbaine ou un produit irritant dans le cadre du travail, surtout s’il s’agit d’une trachéite chronique« . La trachéite chronique ou persistante est généralement associée à une autre pathologie, « comme la syphilis, la tuberculose, une masse tumorale, un corps étranger ou encore un reflux gastro-œsophagien « .

La trachéite est contagieuse lorsqu’elle est infectieuse. 

La trachéite est-elle contagieuse ?

La trachéite est contagieuse lorsque son origine est infectieuse (virus). Dans ce cas-là, il faut être vigilant, car avec la toux, les particules se propagent dans l’air et peuvent atteindre d’autres personnes.

Qui consulter ?

Le médecin généraliste est apte à diagnostiquer une trachéite et sa cause. « Si la trachéite chronique persiste au-delà d’un mois, cela peut être grave, le médecin traitant va donc prescrire des examens complémentaires ou rediriger le patient vers un spécialiste, comme l’ORL, ou encore le pneumologue qui peut faire passer les épreuves fonctionnelles respiratoires« , explique le docteur Romain Troalen.

Diagnostic et examens

Si la cause d’une trachéite chronique n’est pas clairement identifiée par le diagnostic clinique, la réalisation d’examens complémentaires peut être nécessaire : une fibroscopie, une radiographie ou encore un bilan allergologique, en particulier chez les fumeurs, chez les personnes présentant des difficultés à respirer, et lorsqu’il existe un risque de tumeur. Une fois la cause de la trachéite chronique clairement identifiée, une prise en charge adaptée pourra être mise en place.

Traitement : comment soigner une trachéite ?

Le traitement prescrit par le médecin dépend du type de trachéite (aiguë ou chronique) et de sa cause. « Une trachéite virale ne nécessitera pas de traitements« , explique le médecin généraliste, seuls des médicaments pour réduire les symptômes comme le paracétamol ou des sirops antitussifs (quand la toux devient vraiment gênante) seront donc prescrits. Mais si la trachéite est d’origine bactérienne, un traitement antibiotique peut s’avérer nécessaire pour la traiter. Pour la trachéite chronique due à la cigarette, les fumeurs sont invités à arrêter leur consommation de tabac. Se tenir à l’écart de la pollution et des allergènes quand cela est possible, ainsi qu’humidifier la chambre et dormir avec un oreiller surélevé peut parfois permettre de soulager les symptômes de la trachéite. « Humidifier l’air avec de la vapeur marche aussi avec la laryngite« , précise le médecin.

Trachéite chez le bébé

Prévention

Lorsque la trachéite est allergique, on peut tenter d’éliminer le plus possible la cause si cela est possible (acariens, poils d’animaux…). Si on est fumeur, arrêter le tabac reste la meilleure prévention.

Merci au docteur Romain Troalen, médecin généraliste dans la région de Paris.


Source : JDF Santé

Les 3 symptômes qui peuvent révéler un cancer colorectal

Le cancer colorectal -qui peut toucher le côlon et le rectum- est le troisième cancer plus mortel chez la femme, le deuxième chez l’homme. Diagnostiqué à un stade précoce, il peut être guéri dans 9 cas sur 10. Ce diagnostic précoce est facilité par le programme national de dépistage du cancer colorectal proposé aux personnes de 50 à 74 ans mais aussi par le repérage de certains symptômes. A l’occasion de Mars bleu, mois dédié au dépistage du cancer colorectal, nous avons interrogé le Dr Hervé Gautier, oncologue et président du Comité 91 de la Ligue contre le cancer, pour faire le point sur ces symptômes évocateurs, chez la femme et l’homme.

Quels sont les symptômes du cancer colorectal ?

« Les symptômes du cancer colorectal sont au départ assez imprécis. Ils se précisent au fur et à mesure que la maladie avance » répond d’emblée le Dr Gautier. Ceux qui doivent attirer l’attention sont :

  1. des troubles du transit : constipation soudaine ou qui s’aggrave, diarrhée qui se prolonge ou alternance de diarrhée et de constipation
  2. des douleurs abdominales comme des coliques
  3. la présence de sang dans les selles (rouge ou noir)

« Ensuite il y a deux symptômes plus généraux comme la fatigue et la perte de poids qui peuvent survenir un peu après, poursuit le médecin. Il y a également progressivement une anémie (carence en fer) qui s’installe en lien avec les saignements dans les selles. Quand la maladie est plus importante, cela peut aller jusqu’à l’occlusion intestinale mais le cancer est déjà très évolué dans ce cas. »

« Quand le cancer est à droite, les symptômes sont moins précis »

Les symptômes du cancer colorectal sont-ils différents entre les femmes et les hommes ?

Les symptômes du cancer colorectal sont les mêmes chez la femme et chez l’homme « mais il peut y avoir des nuances modérées selon la localisation du cancer » précise le médecin. Le cancer colorectal touche le côlon et le rectum. Le côlon a plusieurs segments : le côlon gauche, le côlon droit, le côlon transverse. « Le cancer peut toucher l’une ou l’autre de ces parties. Généralement, il se répartit un peu plus à droite chez les femmes et à gauche chez l’homme. Quand le cancer est à droite, les symptômes sont moins précis. Quand il est à gauche et surtout quand il touche le rectum, s’il entraîne des saignements, ça se verra plus vite, même chose s’il y a des troubles du transit, ils se verront plus vite. »

Le cancer colorectal peut-il rester asymptomatique ?

Oui. « Pour qu’un cancer de ce type apparaisse, il faut 5 à 10 ans. Pendant longtemps, il n’y a donc pas de symptômes » prévient le Dr Gautier. La plupart des cancers colorectaux sont liés à la transformation maligne d’un polype présent dans le côlon or « un polype peut se cancériser avec un délai assez long » ajoute l’oncologue.

Quels sont les symptômes en cas de cancer colorectal métastasé ?

« Les métastases sont observées dans 40 à 60% des cas de cancer colorectal » rapporte la Société nationale française de gastro-entérologie (SNFGE« et sont découvertes généralement lors des examens de surveillance à distance du traitement initial du cancer » poursuit le Dr Gautier. Il n’y a donc pas de symptômes facilement repérables au début de leur formation. « Les métastases surviennent rarement d’emblée, il faut que la maladie soit initialement étendue localement, poursuit notre interlocuteur. C’est surtout pour des maladies avec envahissement ganglionnaire que les métastases apparaissent, plutôt qu’au moment du diagnostic pour les patients qui vont se faire dépister. » Les métastases du cancer colorectal sont d’abord ganglionnaires puis se diffusent par voie sanguine au niveau du poumon et du foie. « C’est pour ça que des radios pulmonaires sont recommandées tous les ans aux patients traités pour un cancer colorectal et que l’on surveille aussi le foie par échographie abdominale avec des durées et des variations selon les protocoles. »

Y-a-t-il des facteurs facilitant le cancer colorectal ?

« Oui » répond notre interlocuteur qui évoque la présence « d’antécédents particuliers » devant augmenter la vigilance et inciter au dépistage. « Il y a les antécédents personnels de polypes, les antécédents familiaux s’il y a par exemple un cancer colorectal avant 60 ans chez un parent du premier degré ou un cancer chez deux parents du premier degré, il faut être vigilant et surveiller plus intensivement la personne. On sait aussi que chez les femmes, il y a plus de cancer du côlon que de cancer du rectum alors que c’est l’inverse chez l’homme. Enfin, il y a des maladies particulières dont certaines héréditaires à risque élevé de cancer qui sont les maladies inflammatoires du côlon comme la maladie de Crohn ou la rectocolite ou une maladie génétique, la polypose familiale«  explique le Dr Gautier. Le manque d’activité physique et de consommation de fibres jouent aussi un rôle.

Merci au Dr Hervé Gautier, oncologue et Président du Comité 91 de la Ligue contre le cancer.


Source : JDF Santé

Myopie : définition, vision de l'oeil, peut-elle disparaître ?

Myopie : définition, vision de l'oeil, peut-elle disparaître ?

La myopie est un trouble de la vision qui tend à augmenter dans le monde. Elle est surtout présente dans les pays asiatiques, pour atteindre à Singapour et à Taïwan plus de 80% dans certaines populations de jeunes enfants scolarisés, rapportait la Société française d’ophtalmologie en 2019. 

Quelle est la définition de la  myopie ?

Le terme « myopie » vient du grec « muopia » qui signifie « je ferme un oeil » en référence à l’attitude des personnes myopes qui, pour voir mieux de loin, ont tendance à fermer en partie leurs yeux. La myopie est donc un trouble de la vision et plus précisément décrit comme un trouble de la réfraction, c’est-à-dire de la convergence des rayons lumineux à travers les différentes structures de l’œil. La myopie apparaît généralement à l’enfance, entre 8 et 12 ans, et progresse lentement avec l’âge pour se stabiliser vers 20-25 ans. Une apparition tardive de la myopie doit faire penser à une cataracte débutante. Les myopies les plus fréquentes (oeil trop long) sont les myopies axiles. 

On distingue trois niveaux de myopie :

  • la myopie légère est comprise entre – 0,25 à – 2,50 dioptries,
  • la myopie moyenne est comprise entre – 2,75 à – 6 dioptries,
  • la myopie forte est comprise entre – 6 dioptries et au-delà. Dans ce cas, l’œil est plus long et peut engendrer des complications (incidence précoce des cataractes, risque accru de glaucome). Cette myopie pathologique expose à une baisse d’acuité visuelle avec le temps, malgré une correction optique.

La myopie peut-elle disparaître ?

Hors chirurgie de la myopie ou de la cataracte, une myopie très légère peut disparaître en vieillissant.

Comment voient les personnes myopes ?

Les personnes myopes voient flou de loin et parfaitement net de près. « Mais, il est très difficile d’intégrer que l’on voit mal de loin parce que le cerveau travaille et essaie de faire voir les choses. Si on ne dépiste pas la myopie, il n’y a souvent pas de symptômes chez l’enfant qui ne se rend pas compte que sa vue est dégradée, son pouvoir accommodatif est énorme. » 

Qu’est-ce que la myopie évolutive ?

« Lors d’une myopie évolutive, l’enfant voit sa myopie augmenter de manière très rapide et perds plusieurs dioptries en l’espace de quelques mois : la longueur axiale de l’œil augmente très vite, l’œil s’allonge comme un ballon de rugby » explique le Dr Xavier Subirana, ophtalmologiste. « C’est une vraie course contre la montre » poursuit-il. L’objectif est de mener un suivi très régulier afin de freiner la progression de la myopie et éviter qu’elle ne dépasse les 6 dioptries. Le fait d’avoir au moins un parent myope, sinon les deux, augmente les risques de myopie évolutive.

Un enfant dont les parents sont myopes a plus de chances d’être atteint de myopie à son tour.

Quelles sont les causes de la myopie ?

La myopie est généralement due à un œil trop long, ou à une cornée trop courbée. Avec un œil normal, l’image perçue est formée sur la rétine. En revanche, dans le cas d’un œil myope, les objets sont projetés devant la rétine. Un cristallin trop puissant, un kératocône ou certaines cataractes peuvent rendre myopes. Dans le cas de très forte myopie, des lésions dégénératives du fond de l’œil (choroïde, sclérotique et rétine) s’ajoutent à l’anomalie de l’œil. Ce trouble visuel est causé par des facteurs génétiques et environnementaux. Un enfant dont les parents sont myopes a plus de chances d’être atteint de myopie à son tour. La myopie serait également favorisée par le manque d’exposition à la lumière du soleil et par la pratique intensive d’activités à l’intérieur ou encore par une position trop rapprochée de l’écran d’ordinateur.

schéma myopie
Schéma de la myopie © rob3000 – stock.adobe.com

Quels sont les symptômes de la myopie ?

Les personnes myopes voient flou de loin et net de près. Parmi les signes d’appel : l’enfant fatigue rapidement, il peut avoir des maux de tête, une mauvaise vision de loin au tableau ou une lecture rapprochée des livres et des cahiers. Les myopies moyennes et fortes (au dessus de 6 dioptries) peuvent engendrer des complications : déchirure de rétine et décollement de rétine, atrophie choroïdienne ou choroïdose myopique, glaucome, cataracte…

Comment faire le diagnostic de la myopie ?

La myopie est généralement détectée à l’enfance ou à l’adolescence. Rares sont les personnes chez qui les premiers signes de myopie apparaissent à l’âge adulte. Des visites de contrôle régulières chez un ophtalmologiste permettent de diagnostiquer une myopie et d’en évaluer le niveau de gravité de manière précoce. « Comme les enfants ont un fort pouvoir accomodatif, les ophtalmologistes demandent souvent à les revoir sous cycloplégique, un produit qui bloque temporairement l’accommodation et qui permet de corriger la myopie de manière adéquate » explique le Dr Subirana. Ils mesurent également la longueur axiale, c’est-à-dire la longueur entre la cornée et la rétine afin de pouvoir surveiller la myopie. Le suivi de l’enfant myope doit donc être très régulier. L’adulte jeune consultera tous les 2  ans et tous les ans ensuite, surtout s’il souffre d’une forte myopie afin de prévenir d’éventuelles complications.

Quels sont les traitements de la myopie ?

Il est possible de freiner la myopie progressive avec :

  • L’orthokératologie, c’est-à-dire des lentilles rigides à porter la nuit. « Elles sont à mettre tous les soirs et il faut que les personnes dorment sur le dos et ne bougent pas durant la nuit afin que la lentille reste en place » précise le Dr Subirana
  • Des lunettes en double foyer avec des prismes qui donnent des résultats modérés.
  • Des lentilles souples qui fonctionnent sur la base de la défocalisation de l’image.

« On décide au cas par cas selon le caractère de l’enfant et sa faculté d’observance du traitement » précise le médecin. Des recherches sont en cours sur des traitements à base d’atropine qui permettraient de freiner la myopie. Il convient également au quotidien de respecter une certaine distance avec les écrans et pratiquer des activités en extérieur de manière quotidienne. « La correction ne se fait que lorsque la myopie est stabilisée » signale le spécialiste. On utilise ainsi des lunettes et des lentilles adaptées à la vue de la personne.

En quoi consiste l’opération de la myopie ?

L’objectif de l’opération de la myopie apparue dans les années 1980 est de corriger les défauts réfractifs de l’œil en sculptant de manière adéquate la cornée et permettre de recouvrer une vue quasi normale et se passer de correction. Il s’agit soit de chirurgies cornéennes durant lesquelles la cornée est « sculptée » au laser, soit de chirurgies intraoculaires, avec mise en place d’un implant en avant du cristallin ou remplacement de cette lentille naturelle de l’œil qui perd de sa transparence avec le temps. Avant l’opération, le patient doit faire un bilan pré-opératoire et un entretien médical afin de s’assurer qu’il est éligible à ces techniques et qu’il ne risque pas d’effet indésirable. L’intervention se fait généralement sous anesthésie locale : l’œil est insensibilisé uniquement par l’instillation de gouttes ou éventuellement par des injections autour de l’œil. Une anesthésie générale est également possible. Le patient ressort le jour même avec les consignes du chirurgien. La chirurgie de la myopie est considérée comme une opération de confort, elle n’est donc pas remboursée par la Sécurité sociale. Certaines mutuelles prennent cependant une partie des frais en charge. Ceux-ci varient de 3 000 à 3 500 euros pour les deux yeux, frais de clinique compris.

Laser et myopie

Plusieurs types de lasers peuvent être employés dans la chirurgie réfractive. Les lasers sont des dispositifs médicaux. Ils possèdent de ce fait un marquage CE obtenu à la suite d’une certification délivrée par un organisme appelé « organisme notifié ». Parmi les techniques chirurgicales pratiquées, la technique Lasik représente plus de 85 % des interventions pratiquées en France.

Elle s’effectue en trois temps chirurgicaux :

  • La découpe préparatoire du volet qui, une fois soulevé, expose la surface de la cornée à traiter. Cette découpe se fait par une lame mécanique, aussi appelée microkératome (désormais moins utilisé) ou par un laser femtoseconde.
  • La sculpture du tissu cornéen au « laser excimer » ; la forme de la sculpture est adaptée au défaut à corriger.
  • Le replacement du volet cornéen sur l’œil, sans suture.

Quoique jugée efficace et largement répandue, cette technique présente des limites :

Les résultats de cette chirurgie ne sont pas toujours définitifs.

La nécessité d’avoir encore à porter des lunettes ou des lentilles ne peut être totalement exclue.

En effet, la correction du patient évolue naturellement selon son âge et il devra peut-être porter des lunettes plus tard, notamment en cas de presbytie. La nécessité d’avoir encore à porter des lunettes ou des lentilles ne peut être totalement exclue. Le résultat est parfois imparfait et il est alors nécessaire d’effectuer une seconde intervention appelée « retouche« . La sécheresse oculaire est le principal effet indésirable de la chirurgie réfractive. Plus rarement, des infections et des complications affectant le volet cornéen peuvent advenir.

Merci au Dr Xavier Subirana, ophtalmologiste.


Source : JDF Santé