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Le cancer du pancréas est-il agressif ? Quelle survie ?

Le cancer du pancréas est-il agressif ? Quelle survie ?

Le pancréas est une glande du système digestif. Il est situé dans l’abdomen, logé en profondeur derrière l’estomac et dans le cadre formé par la première partie de l’intestin grêle, le duodénum. Il se trouve à proximité de vaisseaux sanguins importants (le tronc cœliaque, l’artère mésentérique supérieure, la veine porte). Le cancer du pancréas se développe quand une cellule initialement normale se transforme (mutations) et commence à se multiplier de façon anarchique, jusqu’à former une tumeur maligne. C’est le 9e cancer le plus fréquent chez l’homme et le 7e cancer le plus fréquent chez la femme. Quels sont les symptômes d’alerte ? Les facteurs de risque ? Comment le diagnostique-t-on ? Peut-on le traiter ? En guérir ? Quelle espérance de vie ?

Qu’est-ce qu’un cancer du pancréas ?

Le type le plus fréquent de cancer du pancréas est l’adénocarcinome canalaire. 9 cancers du pancréas diagnostiqués sur 10 sont des adénocarcinomes canalaires. Ils se développent à partir des cellules qui produisent le suc pancréatique, précisément des cellules acineuses et canalaires. Les 10 % restants sont des tumeurs rares du pancréas, de formes très variables.  L’adénocarcinome canalaire du pancréas peut se développer partout au niveau de la glande pancréatique. Il est plus fréquent au niveau de la tête du pancréas (environ 70-80% des patients), mais peut se développer aussi au niveau du corps et de la queue du pancréas (environ 20-30%). La taille moyenne d’un cancer du pancréas au moment du diagnostic est d’environ 3 cm. L’Institut national du Cancer (Inca) estime à 14 000 le nombre de nouveaux cas de cancer du pancréas chaque année en France en 2018 et à 11 500 le nombre estimé de décès par cancer du pancréas. L’incidence du cancer du pancréas est en augmentation (de 1990 à 2018, le cancer du pancréas a augmenté en moyenne par an de +2.7% chez l’homme et +3.8% chez la femme*. « C’est l’un des rares cancers qui est en augmentation en France avec le mélanome, le cancer de la thyroïde et le cancer du foie« , souligne le Pr Renato Lupinacci, Chirurgien pancréatique à l’Hôpital Ambroise-Paré (APHP-Université Paris Saclay).

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Schéma d’une tumeur au niveau du pancréas © normaals – 123RF / Journal des Femmes Santé

Quels sont les symptômes d’un cancer du pancréas ?

Le cancer du pancréas donne généralement peu de signes spécifiques. L’apparition d’un cancer du pancréas peut être suspectée devant plusieurs signes dont :

  • Une perte de poids involontaire (même 2-3 kilos)
  • Une perte d’appétit
  • Des troubles de la digestion
  • Une asthénie (fatigue inexpliquée)
  • Une faiblesse généralisée
  • Des douleurs abdominales et/ou dorsales « parfois assez intenses en regard de l’estomac qui peuvent se propager aux côtes ou dans le dos vers la colonne vertébrale. C’est souvent le signe d’une maladie avancée. Mais c’est un signe peu spécifique car il est commun à une multitude de causes« , prévient le Pr Lupinacci.  
  • Une jaunisse (ictère) souvent accompagnée de démangeaisons (prurit) « si le cancer est localisé au niveau de la tête du pancréas, il peut comprimer le canal cholédoque qui a pour rôle de drainer la bile produite par le foie vers l’intestin« , explique notre interlocuteur. Cette obstruction du drainage biliaire va entraîner une diminution de la formation de la bile (choléstase), ce qui entraîne un jaunissement du blanc de l’œil, de la peau et des urines (urines foncées). 
  • L’apparition d’un diabète. « Diabète et cancer du pancréas entretiennent une relation intriquée où chacun constitue un risque de développer l’autre. En cas de diabète de type 2, le risque de cancer augmente. La survenue d’un diabète précède aussi souvent le diagnostic de cancer du pancréas« , explique le spécialiste.

Quelles sont les causes d’un cancer du pancréas ?

On considère que la diminution de la plupart des cancers est corrélée à la diminution des facteurs de risque. En ce qui concerne le cancer du pancréas, on en sait finalement peu sur les facteurs de risque. 

→  Le tabac (actif et passif) est un facteur de risque très important pour le cancer du pancréas. Le tabagisme est impliqué dans le développement du cancer du pancréas dans 20 à 30 % des cas. « Pourtant, malgré le fait que la diminution du tabac entraîne une diminution des cancers en France, pour le cancer du pancréas, ce n’est pas le cas. Il y a probablement d’autres facteurs de risque qu’on ne connaît pas et qui pourraient permettre d’expliquer l’augmentation de l’incidence du cancer du pancréas« , argue notre interlocuteur. 

→ Comme pour tous les cancers, il existe des mutations génétiques qui prédisposent à un cancer du pancréas. Les mutations génétiques les plus fréquentes touchent le gène BRCA2 (qui augmente également le risque de cancer du sein), et le gène CDKN2A (associé au mélanome de la peau). Mais il y a peu d’autres mutations connues qui permettent de surveiller ces patients. 

La pancréatite chronique est aussi un facteur de risque du cancer du pancréas. « Il s’agit d’une pathologie héréditaire. Une pancréatite chronique entraîne une inflammation récurrente du pancréas, ce qui entraîne un risque accru de cancer. C’est la même chose que pour les maladies inflammatoires des intestins qui sont un facteur de risque de cancer du côlon« , souligne le Dr Lupinacci.  

→ Le syndrome métabolique et l’obésité (et même dès le stade de surpoids avec IMC > 25 kg/m2)

Les maladies chroniques du pancréas (pancréatite chronique alcoolique ou génétique) exposent également à un risque accru de cancer du pancréas. « La pancréatite chronique familiale est une pathologie génétique qui entraîne une inflammation récurrente du pancréas, et de ce fait un risque accru de cancer. C’est la même chose que pour les maladies inflammatoires des intestins qui sont un facteur de risque de cancer du côlon« , souligne le Pr Lupinacci.  

Quel est l’âge moyen au diagnostic ?

« Le cancer du pancréas est diagnostiqué le plus souvent après les 70 ans, répond le Pr Lupinacci. C’est un cancer qui touche davantage la personne âgéeLe cancer du pancréas est un cancer d’évolution lente. Autrement dit, le temps que la cellule saine prend pour devenir cancéreuse est relativement lent. Mais une fois que la cellule cancéreuse est là, la progression de la maladie et sa dissémination sont rapides« . 

Quelle espérance de vie en cas de cancer du pancréas ?

« Le cancer du pancréas est le cancer digestif le plus mortel, indique d’emblée notre spécialiste. On a une survie globale à 5 ans tous stades confondus de moins de 10% » 

Comment diagnostique-t-on un cancer du pancréas ?

Le diagnostic d’un cancer du pancréas est difficile et généralement tardif. « Pour l’instant, aucune politique de dépistage n’a fait ses preuves dans le cancer du pancréas, contrairement au cancer colorectal (avec Mars Bleu par exemple). En termes de santé publique, on ne dispose pas d’analyses pour savoir si un dépistage généralisé serait bénéfique, viable et pertinent. Pour les personnes avec des facteurs de risque établis, on peut envisager la réalisation d’un scanner abdomino-pelvien (ou une IRM pancréatique) qui est un examen non invasif. Néanmoins pour qu’il soit efficace (parfois, les lésions que l’on cherche sont difficilement identifiables), cet examen doit être réalisé avec des protocoles standardisés et par des radiologues expérimentés.« , détaille notre interlocuteur. Une biopsie est presque toujours nécessaire pour confirmer le diagnostic et permettre de décider des thérapeutiques.

Quels sont les traitements d’un cancer du pancréas ?

Plusieurs types de traitements sont utilisés pour traiter les cancers du pancréas. Le choix est effectué par plusieurs médecins (chirurgien, oncologue, gastroentérologue, radiothérapeute, radiologue) lors de la réunion de concertation pluridisciplinaire. La chirurgie et la chimiothérapie conventionnelle, parfois associées à une radiothérapie, sont les principaux traitements des cancers du pancréas. Ces traitements peuvent être utilisés seuls ou associés les uns aux autres. « Aujourd’hui, le traitement du cancer du pancréas à but curatif concerne entre 15 et 20% des patients (80% des patients sont diagnostiqués à un stade où l’on ne peut pas les opérer). Le traitement repose sur la chirurgie et la chimiothérapie. L’ordre peut être : chirurgie puis chimiothérapie, ou chimiothérapie, chirurgie puis chimiothérapie. Cette stratégie thérapeutique est décidée en fonction de plusieurs paramètres : l’état général du patient et la stadification du cancer (en fonction de la distance entre la tumeur et les organes de voisinage, notamment les vaisseaux)... », explique le Pr Lupinacci. La plupart du temps, la chirurgie n’est pas une pancréatectomie totale et consiste à n’enlever qu’une partie du pancréas. Il y a trois types de chirurgie pour l’adénocarcinome canalaire du pancréas:

  • La duodénopancréatectomie céphalique est la chirurgie qui consiste à enlever la partie droite du pancréas (« la tête » ou tout ce qui est à droite de l’axe des veines mésentérique supérieure et porte) et qui représente 65-80% des chirurgies
  • La pancréatectomie gauche est la chirurgie qui consiste à enlever la partie gauche du pancréas (« le corps et la queue » ou tout ce qui est à gauche de l’axe des veines mésentérique supérieure et porte ) et qui représente 15 à 20% des chirurgies. 
  • La pancréatectomie totale est la chirurgie qui consiste à enlever la totalité de la glande pancréatique, mais cela a généralement peu d’intérêt dans le traitement du cancer du pancréas car la tumeur touche rarement la totalité du pancréas (moins de 5% des chirurgies).   

Où le cancer du pancréas peut-il métastaser ?

« Les métastases du cancer du pancréas sont essentiellement hépatiques (environ 75%). Le deuxième site sont les poumons (environ 20%), et de façon moins fréquente les os, le cerveau et cavité péritonéale », répond le Pr Lupinacci.

Merci au Pr Renato Lupinacci, Chirurgien pancréatique et oncologique à l’Hôpital Ambroise-Paré (APHP-Université Paris Saclay).

* Données de DEFOSSEZ G et al. BMC Cancer 2021


Source : JDF Santé

Printemps et santé mentale : effets, comment doper son moral ?

Printemps et santé mentale : effets, comment doper son moral ?

La fin du mois de mars signe l’arrivée du Printemps et favorise une meilleure santé mentale. Le retour de la luminosité et de températures plus douces accentuent les envies de bouger et de participer à des activités sociales. Quels sont les effets du printemps sur la santé mentale ? ​​​​​​Comment avoir le moral au printemps ?

Quels sont les effets du printemps sur la santé mentale ?

Il existe un lien avéré entre troubles psychologiques, météo et saisonnalité. « Il y a un vrai cycle d’évolution de la santé mentale lié aux saisons » confirme le Dr Fanny Jacq, psychiatre. « En mars-avril, nous observons une décrue des consultations en psychiatrie. Au printemps, la hausse de la luminosité favorise notre sécrétion de sérotonine, on régule mieux notre mélatonine, on sécrète également plus d’endorphines, les hormones de la bonne humeur et du bien-être » précise notre interlocutrice. « Après avoir hiberné en hiver, on sort davantage de chez soi, ce qui nous procure de la vitamine D et réduit aussi le risque de rumination qui survient lorsqu’on est enfermé » indique le Dr Jacq.

« La luminosité favorise la sécrétion de sérotonine, et d’endorphines, les hormones de la bonne humeur et du bien-être »

Le retour du soleil et des températures agréables nous poussent à ressortir et organiser des activités sociales (verres en terrasse, balade, etc). C’est une période qui motive les gens à se remettre au sport. « Par exemple, on a moins envie de faire du jogging ou de la natation quand il fait froid alors qu’au printemps les températures s’adoucissent et il pleut moins pour courir en extérieur » justifie la psychiatre. Or « l’activité sportive a des effets bénéfiques sur la santé mentale : elle diminue la dépression, le stress et augmente les capacités cognitives » précise notre experte. Par ailleurs, après les repas riches et saturés en graisse (comme les raclettes, fondues), le printemps est la saison des fruits et légumes frais, des repas plus légers et sains, riches en nutriments. « Le printemps est la saison du grand ménage. On jette, on range, on fait le tri, on aère et on repart sur une nouvelle base » ajoute le Dr Jacq. « Une étude de l’American Journal of Preventive Medecine qui a analysé les requêtes Google, a conclu que les maladies mentales sont plus fréquentes l’hiver. En effet, les recherches liées aux maladies mentales (comment s’en sortir, recherches de psychologues, comment mieux dormir etc) baissent énormément pendant le printemps et l’été. »

​​​​​​Comment avoir le moral au printemps ?

Pour optimiser les bienfaits du printemps sur la santé mentale, il faut commencer par avoir conscience de ces derniers. Concrètement : « Sortir de chez soi, mettre la tête au soleil, marcher au lieu de prendre le métro, acheter plus de fruits et de légumes, trier sa maison.. sont des moyens d’augmenter les bienfaits du printemps sur la santé mentale » précise notre experte.

Est-ce que la luminothérapie augmente les bienfaits du printemps ?

« La luminothérapie fait partie de la photothérapie, famille de traitements qui utilisent la lumière, rappelle la spécialiste. Elle est conseillée pour les individus qui ont une pathologie, un réel trouble de la dépression saisonnière (octobre à février en général) » indique le Dr Jacq. Chez eux, elle peut optimiser encore les bienfaits du printemps notamment en favorisant la régulation de leurs problèmes de sommeil. « La luminothérapie suit la règle des 3 : faire 30 minutes le matin en se mettant à 30cm face à la lampe et par phase de 3 semaines (pour éviter le risque d’addiction) » préconise notre experte. 

Merci au Dr Fanny Jacq, psychiatre.

Source : Saisonnalité dans la recherche d’informations sur la santé mentale sur Google, American Journal of Preventive Medecine, mai 2013


Source : JDF Santé

Comment faire baisser sa glycémie rapidement ? Quels aliments ?

Comment faire baisser sa glycémie rapidement ? Quels aliments ?

La glycémie correspond au taux de sucre (glucose) dans le sang. L’activité hormonale, l’activité physique ou l’alimentation influe sur la glycémie. Certaines personnes doivent faire baisser leur glycémie, notamment les diabétiques. « Cela a vraiment une importance pour eux. Il n’y a sinon pas vraiment d’utilité ou de nécessité à réguler sa glycémie si on n’a pas de diabète ou d’insulino-résistance » assure d’emblée Caroline Seguin, diététicienne-nutritionniste. Hors diabète, le pancréas fonctionne correctement et produit naturellement de l’insuline, une hormone qui joue un rôle de régulateur pour la glycémie. « Il n’y a donc pas de raison de se focaliser sur la régulation de la glycémie. Néanmoins, adopter un bon équilibre alimentaire permet naturellement de maîtriser sa glycémie« , poursuit notre interlocutrice. Particulièrement si on a des facteurs de risque comme une surcharge pondérale, une prédisposition génétique au diabète, des antécédents de maladies cardiovasculaires. Une glycémie trop élevée n’est pas sans risques. L’Anses, dans son rapport Actualisation des repères du PNNS : établissement de recommandations d’apport de sucres de 2016, souligne que les sucres, plus particulièrement sous forme liquide (sodas, nectars, jus de fruits à base de concentrés, jus de fruits frais, smoothies, etc.) peuvent entraîner surpoids, obésité et maladies qui y sont associées, comme le diabète de type 2, des maladies cardiovasculaires et certains cancers, mais aussi de caries dentaires.

Quels sont les aliments qui font baisser la glycémie ?

Pour réguler sa glycémie quand on n’a pas de diabète, globalement, on va devoir combiner une alimentation avec des aliments à faible index glycémique (l’index glycémique a une action sur la glycémie) et des glucides complexes (la complexité du glucide a également une action sur la glycémie).

► Consommer des glucides complexes qui sont présents dans :

  • Les céréales (seigle, avoine, blé, maïs, épeautre…) 
  • Le riz
  • Les produits céréaliers (pâtes, polenta, semoule…)
  • Les flocons d’avoine
  • Le pain et les biscottes : il est toutefois préférable d’opter pour des pains dont la teneur en fibres est importante (pain de tradition, pain bis, de campagne, complet, au son…) et de limiter les pains de mie
  • Les légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots secs…)
  • Les pommes de terre

En parallèle, on va faire attention à diminuer les sucres rapides (bonbons, biscuits, gâteaux, plats préparés, chocolat, confiture…). Il est également conseillé de limiter l’apport de glucides simples (sucres) ajoutés à moins de 100g/jour (hors fructose, sucre naturellement présent dans les fruits et galactose, sucre présent dans le lait). 

► Consommer des aliments à index glycémique bas qui sont par exemple : l’avocat, la courgette, le brocolis, le tofu, la carotte crue, les pâtes complètes cuites al dente, le fromage blanc nature, l’aubergine, les lentilles vertes, la pomme crue, les amandes, la betterave, les graines de chia, le konjac, le petit-suisse non sucré… 

►Des facteurs supplémentaires sont à prendre en compte car ils peuvent modifier l’index glycémique :

  • Le temps de cuisson (pour un même aliment, le temps de cuisson fera varier son index glycémique) : globalement, plus on cuit un aliment, plus son index glycémique augmente. Il vaut mieux moins cuire que trop ! Par exemple, des tagliatelles bien cuites ont en moyenne un IG de 55, tandis que les mêmes tagliatelles, cuites al dente, auront un IG de 40. Des carottes cuites ont un IG de 85 tandis que des carottes crues ont un IG de 30. 
  • La texture (une compote de pomme avec des morceaux ou une compote mixée n’a pas le même index glycémique) : globalement, plus il y a des gros morceaux, plus l’index glycémique sera bas ce qui est à privilégier. 
  • L’industrialisation (tous les aliments lyophilisés, déshydratés, grillés, soufflés… ont un index glycémique plus élevé que des aliments bruts) : globalement, plus un aliment subit des procédés industriels, plus son index glycémique sera élevé. 
  • La maturité (un fruit très mûr est plus concentré en sucre et son index glycémique sera plus élevé qu’un fruit vert)
  • L’association des aliments entre eux (associer un légume à un féculent par exemple fait augmenter l’index glycémique du bol alimentaire). 

Quelles plantes peuvent faire baisser la glycémie ?

« Selon les recherches d’une thèse en pharmacie sur l’effet des plantes sur le diabète de type 2. quatre plantes ressortent comme ayant un effet probant sur la glycémie« , rapporte notre interlocutrice. Les plantes qui feraient baisser la glycémie :

  • Ail
  • Fenugrec
  • Psyllium
  • Ispaghul (plantain rose)

Pour l’artichaut, l’avoine ou la cannelle, les effets sur la glycémie ont pu être montrés mais « seraient toutefois à nuancer ». 

Du thé vert pour éviter les pics de glycémie.

Quelles boissons font baisser la glycémie ?

« Je n’ai pas connaissance de boissons qui pourraient faire baisser la glycémie. En revanche, ce qui est avéré, c’est que toutes les boissons sucrées de type jus de fruits, nectars, sodas, sirops et bien entendu l’alcool, la font monter en flèche« , liste Caroline Seguin. « L’épigallocatéchine 3 gallate (EGCG), un composant du thé vert qui pourrait jouer un rôle important dans la réduction des pics de glycémie », rapporte la Fédération française des diabétiques, citant une étude scientifique de 2012. « Cette molécule (équivalente à la quantité que l’on trouve dans une tasse et demi de thé vert) consommée en même temps que des aliments riches en amidon (comme le pain ou la pomme de terre), réduirait le pic de glycémie qui se produit après le repas. Par contre l’EGCG n’aurait aucun effet lorsque le repas est composé de glucose ou de maltose. »

Comment faire baisser sa glycémie quand on a du diabète ?

« Pour les gens qui ont un diabète, plutôt que de se diriger vers des aliments à index glycémique bas, on leur recommande de veiller à un bon équilibre alimentaire, basé sur la différence entre les glucides simples et complexes. L’index glycémique est lié au taux de glycémie dans le sang. Mais ce serait trop réducteur que de s’intéresser qu’à l’index glycémique« , conseille la diététicienne. Quand on est diabétique, trois règles sont à respecter :

  • Eviter de consommer des glucides simples pour éviter les pics de glycémie : gâteaux, biscuits, bonbons, plats préparés, miel, confitures, viennoiseries, jus de fruits, sodas… 
  • Consommer des glucides complexes à chaque repas (matin, midi et soir) pour stabiliser la glycémie. Les glucides complexes (féculents, légumineuses, pain complet…) vont se fragmenter plus lentement dans l’organisme et apporter de l’énergie de manière continue. 
  • Fractionner les prises alimentaires. Au lieu de faire 3 repas par jour, on va préférer faire 3 mini repas et entre les repas des collations. Ainsi, au lieu d’avoir trois pics glycémiques dans l’heure qui suit le repas, on aura cinq ou six mini pics de glycémie (voir le schéma ci-dessous).
Variation de la glycémie au cours de la journée
Variation de la glycémie au cours de la journée © Caroline Seguin/Anaïs Thiébaux/Journal des Femmes

Glucide simple, complexe, IG bas : quelles différences ?

Globalement, c’est difficile de faire la différence entre un aliment à faible index glycémique (terme apparu dans les années 80) et un aliment qui contient des glucides simples ou complexes. On peut facilement confondre ces notions, or ce n’est pas la même chose.

► Le fait qu’un glucide soit simple ou complexe fait référence à la construction moléculaire du sucre. « Il faut voir cela comme un collier, plus le glucide contient de perles (glucide complexe), plus sa chaîne est longue, difficile à couper et à synthétiser dans l’organisme. A l’inverse, moins le collier contient de perles (glucide simple), plus sa chaîne est courte, facile à couper et à synthétiser dans l’organisme ».

► Le fait qu‘un aliment ait un index glycémique faible ou élevé fait référence à la rapidité de digestion du sucre. « Actuellement et utilisé seul, le niveau de preuve de l’intérêt des aliments d’index glycémique bas n’est pas suffisant pour en faire des recommandations « santé » pour la population générale […] L’index glycémique reste cependant un paramètre utile et peut présenter un intérêt pour les sujets diabétiques et faciliter leurs choix alimentaires, sous réserve qu’ils considèrent également la composition globale de leur alimentation« , indique l’Anses dans son rapport. 

Ces deux notions ne sont pas identiques, mais plutôt complémentaires. Par exemple : la baguette de pain blanc ou la pomme de terre sont par définition constituées de glucides très complexes (polysaccharides) et pourtant, leur rapidité de digestion (donc leur index glycémique) est très élevée, donc à éviter si on doit faire baisser sa glycémie. Ainsi, « le fait de baisser ou d’augmenter la glycémie associe ces deux paramètres. Et tout l’enjeu d’une alimentation équilibrée est de parvenir à combiner ces deux facteurs« , comme vu plus haut. 

« Glucide, c’est le terme populaire pour désigner les hydrates de carbone qui sont des particules plus ou moins complexes avec une formule chimique qui s’écrit C(H2O)n. Dans cette formule, le « n » correspond au degré de polymérisation (DP) et est variable en fonction du glucide. Et en fonction du DP, on définit si le glucide est simple ou complexe« . Plus « n », soit le DP, est élevé, plus le glucide est complexe (sa chaîne moléculaire est longue). 

Exemples des principaux glucides (source : rapport Glucides, Anses)

Classe Sous-groupe Principaux composés
DP 1 – 2 Sucres (Glucides simples)

Monosaccharides

Disaccharides

Glucose, galactose, fructose, tagatose

Saccharose, lactose, tréalose, maltose, isomaltulose 

DP 3-9 : Oligosaccharides (Glucides complexes)

Malto-oligosaccharides

Autres oligosaccharides

Maltodextrines

Raffinose, stachyose, verbascose, ajugose, fructo-oligosaccharides…

DP > 9 : Polysaccharides (Glucides complexes)

Amidon

Polysaccharides non amylacés

Amylose, amylopectine, amidons modifiés

Cellulose, pectine, inuline…

Merci à Caroline Seguin, diététicienne-nutritionniste.


Source : JDF Santé

Shigelle en France : c'est quoi cette bactérie responsable de diarrhée sanglante ?

Shigelle en France : c'est quoi cette bactérie responsable de diarrhée sanglante ?

[Mise à jour le 20 mars 2023 à 11h41] Parmi les infections bactériennes, la shigellose. Celle-ci est très contagieuse et touche les intestins. Elle se caractérise par des symptômes intenses à type de diarrhées sanglantes. Plusieurs souches de shigellas ou « shigelles » (bactéries responsables de la shigellose) existent. Des chercheurs de l’Institut Pasteur alertent dans un communiqué du 15 mars 2023 sur l’apparition de souches de Shigella sonnei hautement résistantes aux antibiotiques, en France. « Ces souches, originaires d’Asie du Sud, se propagent notamment chez des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes« . Elles sont aussi appelées XDR pour « extensively drug-resistant ». Les études des scientifiques français ont montré que ces bactéries résistaient aux antibiotiques comme la ciprofloxacine, l’azithromycine et les céphalosporines. La shigellose est une maladie dont la transmission est oro-fécale.

Définition : qu’est-ce que la shigellose ? 

La shigellose (aussi appelée dysenterie bacillaire) désigne une maladie infectieuse causée par des bactéries du genre Shigella. Elle touche surtout les régions tropicales et entraîne la mort de plusieurs centaines de milliers de personnes par an dans les pays en voie de développement, en particulier les enfants de moins de 5 ans. « Ces bactéries sont capables de provoquer une infection digestive, de façon rare une infection disséminée, qui va détruire les cellules épithéliales intestinales puis le tissu constituant la muqueuse recto-colique, détaille le Professeur Jean Paul Stahl, spécialiste des maladies Infectieuses et Tropicales. Ce processus aboutit à une intense inflammation avec une destruction tissulaire plus ou moins importante. » La shigellose engendre des diarrhées sanglantes. Elle évolue souvent vers la guérison spontanée au bout de quelques jours. Et plus rapidement après administration d’antibiotiques. En 2007, le Centre national de référence des Escherichia coli et shigelles (Institut Pasteur) a identifié plus de 850 souches de Shigella.

Qu’est-ce que la Shigelle sonnei ?

Parmi les différents types de Shigella, Shigella sonnei est le type majoritaire qui circule dans les pays industrialisés ou en cours d’industrialisation. L’infection peut entrainer une diarrhée de courte durée (3-4 jours). « Un traitement antibiotique devient cependant nécessaire pour les cas modérés à sévères (diarrhée sanglante, risque de complications) ou pour stopper la transmission entre les personnes dans des contextes épidémiques » expliquent les scientifiques de l’Institut Pasteur. L’acquisition par la bactérie de mécanismes de résistance aux antibiotiques limite alors les options thérapeutiques.

bactérie Shigella sonnei
Bactérie Shigella sonnei © Tatiana Shepeleva – stock.adobe.

Quelles sont les causes d’une shigellose ? 

La shigellose est provoquée par des bactéries appartenant au genre Shigella que l’on appelle « shigelles ». Selon l’Institut Pasteur, les espèces les plus fréquentes dans les pays en voie de développement, et responsables des symptômes les plus sévères, sont Shigella flexneri, causant la forme endémique de la maladie et Shigella dysenteriae sérotype 1 (ou bacille de Shiga), responsable des épidémies brutales. Une autre espèce, Shigella sonnei, est prévalente dans les pays émergents et industrialisés. 

La shigellose est-elle contagieux ? 

La maladie est très infectieuse et peut se transmettre par l’alimentation ou la boisson. La transmission par contact humain est très rare.

Comment on attrape les shigelles ? 

Les shigelles sont transmises par voie féco-orale (par les selles de patients infectés ou de porteurs convalescents) : 10 à 100 bacilles suffisent à provoquer la maladie. L’Homme est le seul réservoir et peut éliminer ces bactéries dans ses selles pendant des semaines après un épisode dysentérique. La contagion directe se fait par voie orofécale. « C’est une maladie liée à une insuffisance d’hygiène, poursuit le spécialiste. La contagion indirecte se fait par des aliments, de l’eau ou objets contaminés par des déjections contenant des Shigella. » Les mouches peuvent aussi transmettre la maladie.

« Les mains doivent être soigneusement lavées avant de manipuler les aliments »

Quels sont les symptômes de la shigellose ? 

La période d’incubation de Shigella est comprise entre 1 et 4 jours. « Elle se manifeste généralement brusquement par des douleurs abdominales, de nombreuses diarrhées (10 à 30 par jour), et du sang dans les selles« , précise le Professeur. « Une fièvre élevée à 40°C peut être présente ». Des complications peuvent cependant émailler l’évolution de la maladie, surtout chez le nourrisson et le jeune enfant : hypoglycémie, bactériémies ou septicémies, déshydratation due à la fièvre et à l’abondance des pertes hydro-électrolytiques de la diarrhée, collapsus, insuffisance rénale aiguë, occlusion intestinale, péritonite. « Chez les enfants, les diarrhées constituent l’une des premières causes de mortalité dans les pays pauvres, par le biais de la deshydratation », rappelle le Professeur Stahl.

Combien de temps dure la shigellose ? 

« Si on ne traite pas, la maladie peut devenir chronique », insiste le médecin. « Mais avec un traitement antibiotique, la maladie évolue spontanément vers la guérison en quelques jours. »

Comment est diagnostiquée la shigellose ? 

« Le diagnostic n’est pas toujours évident aux vues de diarrhées importantes, c’est pour cela que le médecin demande une bactériologie des selles », informe le médecin. « Par ailleurs, l’examen de la muqueuse par endoscopie retrouve des ulcérations multiples. »

Quels sont les traitements pour soigner la shigellose ?

Le traitement repose sur des antibiotiques, mais l’on note l’émergence de souches multirésistantes (S. flexneri et S. dysenteriae). 

Chez l’adulte, on utilisera : 

  • Une fluoroquinolone (telle que la ciprofloxacine 500 mg par voie orale toutes les 12 h pendant 3 à 5 jours)
  • Azithromycine 500 mg par voie orale j1 et 250 mg par voie orale 1 fois/jour pendant 4 jours
  • Ceftriaxone 2 g/jour IV pendant 5 jours

Chez l’enfant :

  • Ceftriaxone 50 mg/kg (maximum 1,5 g) IV 1 fois/jour pendant 5 jours
  • Azithromycine 10 à 12 mg/kg par voie orale en dose unique le jour 1, suivie de 6 mg/kg (maximum 250 mg) 1 fois/jour pendant 4 jours

« La prévention repose sur des mesures sanitaires et notamment l’apprentissage de l’hygiène. Les mains doivent être soigneusement lavées avant de manipuler les aliments », conclut notre interlocuteur.

Merci au Dr Jean Paul Stahl, professeur de maladies infectieuses et tropicales au CHU de Grenoble.

Source : Emergence en France d’une souche de Shigella Sonnei hautement résistante aux antibiotiques, communiqué de presse de l’Institut Pasteur, 15 mars 2023.


Source : JDF Santé

Cystite après un rapport sexuel : que faire ?

Cystite après un rapport sexuel : que faire ?

Certaines femmes ont un risque d’avoir une infection urinaire (ou une cystite) après un rapport sexuel, d’où l’importance d’uriner après avoir fait l’amour. Pourquoi faire l’amour peut donner des cystites ?  Comment savoir si on a une infection après un rapport ? Comment se soigner ?

Pourquoi il y a un risque de cystite après rapport sexuel chez la femme ?

L’urètre étant très court chez la femme (4,1 cm en moyenne), il arrive que certaines bactéries digestives colonisant le périnée puissent remonter de proche en proche jusque dans la vessie et déclencher une infection urinaire. « Pendant un rapport sexuel, les bactéries du périnée de l’homme et de la femme se retrouvent dans des conditions optimales pour passer du vagin au tractus urinaire. L’augmentation de la chaleur et de la transpiration sont sources de pullulation microbienne plus rapide. Un des mécanismes naturels du corps pour prévenir la cystite est la miction dont le flux d’urines permet de s’opposer à la colonisation des voies urinaires par les bactéries » indique le Dr Maxime Vallée, chirurgien urologue au CHU de Poitiers et membre du Comité d’Infectiologie de l’Association Française d’Urologie (CIAFU), qui précise que ces explications restent très théoriques et que de nombreux autres phénomènes physiopathologiques, dont certains encore imparfaitement compris, entrent en ligne de compte.

Schéma d’une cystite © guniita – 123RF

Pourquoi il y a un risque de cystite après rapport sexuel chez l’homme ?

Les cystites concernent principalement les femmes. Les infections urinaires chez l’homme sont des prostatites (infections de la prostate). « Les prostatites peuvent survenir après un rapport sexuel si l’homme a contracté une infection sexuellement transmissible (notamment à gonocoques ou à chlamydia), mais celles-ci se manifestent plus volontiers sous forme d’une urétrite aiguë ou une épididymite aiguë. Les mécanismes à l’origine de l’infection chez l’homme sont bien différents de la cystite post-coïtale à E. coli rencontrée chez la femme« , informe le Dr Maxime Vallée.

Combien de temps après le rapport sexuel ?

Les cystites post-coïtales débutent en général quelques heures après un rapport sexuel (typiquement le lendemain matin d’un rapport ayant eu lieu la veille au soir). Il s’agit la plupart du temps de cystites à entétobactéries (dont la fameuse Escherichia Coli).

Quelles sont les causes d’une cystite après un rapport ?

« Le début de la vie sexuelle est souvent le moment de la première cystite chez les femmes« , précise le Dr Maxime Vallée. Plusieurs hypothèses ont été faites pour expliquer les infections urinaires qui apparaissent au début des rapports sexuels : « cela pourrait s’expliquer par certaines habitudes que n’ont parfois pas encore les jeunes femmes, comme uriner après le rapport sexuel. Mais il serait bien réducteur d’évoquer de simples mauvaises habitudes pour expliquer la survenue de cystite post-coïtale. Bon nombre de femme ne suivent absolument pas ces conseils et n’ont pourtant jamais fait de cystite. A contrario, ces conseils sont parfois scrupuleusement suivis par certaines patientes qui pourtant récidive ! D’où l’intérêt de rencontrer un spécialiste qui sera à même d’identifier les situations à risque propre à chaque patiente« , explique le Dr Maxime Vallée. Il est fréquent que les cystites récidivent lors d’un changement de partenaire sexuel. Là-encore, le mécanisme n’est pas parfaitement clair. Est-ce lié à une modification des pratiques sexuelles ? A un changement des habitudes au début d’une relation (ne pas se lever pour aller uriner rapidement après le rapport sexuel) ? Lorsqu’une cystite après un rapport sexuel récidive, un interrogatoire par un urologue permet d’identifier des facteurs de risque modifiables.

Est-il possible d’avoir une cystite après un rapport sexuel protégé (préservatif) ?

Le fait de se protéger avec des préservatifs ne semble pas avoir d’incidence positive ou négative sur l’apparition d’une cystite. En revanche, « les spermicides peuvent favoriser les cystites car ils ont un impact sur la flore vaginale protectrice« , prévient le Dr Maxime Vallée. « C’est pourquoi l’utilisation de spermicides est déconseillée chez les femmes qui font des cystites à répétition« , indique ce spécialiste.

Comment éviter d’avoir une cystite après un rapport sexuel ?

« Le discours de prévention est adapté en fonction des facteurs de risque identifiés chez chaque patiente », précise le Dr Maxime Vallée. De manière générale, en prévention des cystites récidivantes après les rapports sexuels, il est conseillé de :

  • Boire beaucoup d’eau,
  • D’uriner tout au long de la journée et pas juste le matin et le soir,
  • D’uriner après les rapports sexuels.

Quel traitement pour soigner une cystite après un rapport ?

Les cystites sont bénignes. Les femmes présentant des symptômes d’infection urinaire doivent boire beaucoup d’eau et consulter un médecin pour débuter un traitement antibiotique si les symptômes sont très importants. Les infections urinaires chez l’homme sont plus graves contrairement aux cystites chez les femmes. Elles demandent un traitement antibiotique et un bilan pour rechercher leur cause.

Merci au Dr Maxime Vallée, chirurgien urologue au CHU de Poitiers et membre du Comité d’Infectiologie de l’Association Française d’Urologie (CIAFU)


Source : JDF Santé

Thyroïdite auto-immune : reconnaître les symptômes et la soigner

Thyroïdite auto-immune : reconnaître les symptômes et la soigner

La thyroïdite auto-immune (le plus souvent la thyroïdite de Hashimoto) est due à un dérèglement immunitaire avec la production d’anticorps qui s’attaquent à la glande thyroïde. Quels sont les symptômes d’une thyroïdite ? Est-ce grave ? Quelle est l’évolution d’une thyroïdite auto-immune ? Comment la soigne-t-on ?

Définition : qu’est-ce que la thyroïdite auto-immune ?

La thyroïde est une glande située à la partie inférieure du cou, dont le rôle est la sécrétion et la régulation des hormones thyroïdiennes exerçant de nombreuses fonctions dans l’organisme. La thyroïde peut être le siège de maladies dites auto-immunes, par action des propres anticorps de l’organisme contre des cellules thyroïdiennes. On distingue la maladie de Basedow dans laquelle des auto-anticorps se fixent sur la thyroïde et stimulent sa sécrétion d’hormones : il en résulte une hyperthyroïdie. D’autres maladies auto-immunes touchent la thyroïde et entraînent son inflammation : on parle de thyroïdite auto-immune dont l’exemple le plus typique est la thyroïdite de Hashimoto. Initialement, les thyroïdites entraînent une majoration de sécrétion des hormones thyroïdiennes, puis, à l’inverse, une hypothyroïdie s’installe. A des stades avancés, le retour au fonctionnement normal est possible, mais dans certaines formes comme la thyroïdite de Hashimoto, l’hypothyroïdie perdure.

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Schéma d’une thyroïdite auto-immune © alkov – stock.adobe.com

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​​​​​​Quels sont les symptômes d’une thyroïdite auto-immune ?

La thyroïde auto-immune se manifeste le plus souvent par l’apparition d’un goitre, sauf dans un cas spécial, la thyroïdite atrophique, où au contraire elle rapetisse. L’apparition de ce goitre ne cause pas de douleur. Les manifestations sont donc souvent en rapport avec le stade de la thyroïde. Le Dr Scheimann explique que dans sa forme débutante « la thyroïdite peut entraîner une hyperthyroïdie et donc des symptômes comme une nervosité, un amaigrissement, des tremblements, une thermophobie« . S’il s’agit d’un stade plus avancé, le médecin précise qu’elle va alors entraîner « ‘une hypothyroïdie et donc les symptômes associés : prise de poids, fatigues musculaires, difficultés de concentration, chutes de cheveux« .

Comment diagnostique-t-on une thyroïdite auto-immune ? Une échographie ?

Le dosage de la TSH, hormone chargée de stimuler la sécrétion des hormones thyroïdiennes, sera défini. Une échographie de la thyroïde puis le dosage des anticorps spécifiques (Anticorps anti-peroxydase)  en cause permettront de confirmer le diagnostic de thyroïdite auto-immune.

Comment soigner une thyroïdite auto-immune ?

Lorsque la thyroïdite ne présente pas de symptômes gênants, aucun traitement n’est demandé. Dans le cas inverse, les symptômes gênants seront traités grâce à des hormones thyroïdiennes de synthèse. Le traitement peut être nécessaire à vie en l’absence de résolution des symptômes.

 

Quelle prévention pour éviter une thyroïdite auto-immune ?

Dans le cadre d’une prévention de la thyroïdite auto-immune, il n’existe pas réellement d’attitude à adopter afin d’éviter la thyroïdite auto-immune. Le Dr Scheimman précise toutefois que « la consommation régulière de produits de la mer (poissons apportant de l’iode), une activité physique journalière et l’arrêt du tabac contribuent à réduire les risques de dysfonctionnement thyroïdien« . Il peut également être bon de surveiller certaines personnes présentant différents facteurs de risques : les femmes (entre 30 et 60 ans) et les personnes ayant des antécédents familiaux ou personnels de maladie auto-immune.

Quelles sont les causes d’un dérèglement de la thyroïde ?

De nombreuses causes sont à l’origine d’un dérèglement thyroïdien :

  • Une maladie auto-immune comme dans la maladie de Basedow (hyperthyroïdie la plus fréquente), la thyroïdite d’Hashimoto (hypothyroïdie la plus fréquente) ou l’hypothyroïdie spontanée atrophique
  • Des adénomes (nodules thyroïdiens) comme dans l’adénome toxique ou le Goitre multihétéronodulaire toxique qui sécrètent de façon anormale des hormones thyroïdiennes en excès
  • Un virus (virus coxsackie, ourlien ou adénovirus) dans la thyroïdite de De Quervain
  • Des médicaments : Cordarone®, produits de contraste iodés utilisés pour l’imagerie médicale ou hormones thyroïdiennes de certains cocktails amaigrissants illégaux par exemple
  • Un traitement : ablation partielle ou totale de la thyroïde, des traitements par iode radioactif ou radiothérapie externe ;
  • Un accouchement (entre 6 semaines et 3 mois) dans la thyroïdite du post-partum
  • A la naissance à cause d’une malformation de la glande ou un dysfonctionnement
  • Par une carence en iode (Rare en France depuis que les sels de table sont supplémentés en iode)
  • Secondaire à une maladie de l’hypophyse ou de l’hypothalamus.

Merci au Docteur Alain Scheimann, endocrinologue et auteur de Et si c’était la thyroïde ? (In Press, 2017)


Source : JDF Santé