Les gaz à effet de serre (abrégés GES) sont des gaz, majoritairement émis par les activités humaines (transports, habitat, chauffage, industrie, agriculture) qui s’accumulent dans la haute altitude et provoquent une élévation des températures, responsable du réchauffement climatique observé à l’échelle de la planète. Quels sont ces gaz ? Comment sont-ils émis ? Ont-ils des conséquences sur la santé ? Si on les respire ? Explications avec Antoine Trouche, Ingénieur pour AIRPARIF, l’observatoire de l’air en Ile-de-France.
Définition : c’est quoi un gaz à effet de serre ?
« De manière simple, les gaz à effet de serre sont des gaz qui renforcent un phénomène appelé « effet de serre« . Ce phénomène provoque une élévation des températures moyennes à la surface du globe, explique notre interlocuteur. Quand ils sont émis, les gaz à effet de serre s’accumulent dans l’atmosphère. Les rayons soleil réchauffent la Terre, qui ré-émet ensuite une partie de ces rayonnements vers l’espace. Mais ce rayonnement est en grande partie absorbé par ces gaz à effet de serre, qui les ré-émettent ensuite dans toutes les directions, et notamment vers la Terre. Donc plus il y a une quantité importante de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, plus il y a une part importante des rayons du Soleil qui sont ré-émis vers la Terre et cela provoque un réchauffement du climat(voir le schéma ci-dessous) » Important : les gaz à effet de serre ne sont pas la même chose queles polluants de l’air (ou polluants atmosphériques), qui eux, ne sont pas responsables du réchauffement climatique, mais qui ont des effets négatifs sur la santé (effets cardiovasculaires, irritations des yeux, crises d’asthme, développement de cancer…).
L’ozone (O3) de basse altitude (qui est bien différent de la couche d’ozone, de haute altitude)
La vapeur d’eau (H2O) (la vapeur d’eau n’est pas responsable du réchauffement climatique car ce n’est pas un gaz à effet de serre que l’on peut accumuler dans l’atmosphère)
Quelles sont les conséquences des gaz à effet de serre ? Sur l’environnement ?
La principale conséquence des gaz à effet de serre est donc le réchauffement climatique. Le rejet massif par les activités humaines de gaz à effet de serre – ce sont principalement le dioxyde de carbone, le méthane et le protoxyde d’azote qui posent problème – accentue ce réchauffement : +1,1 à +6,4°C d’ici la fin du siècle selon le dernier rapport du GIEC. « Les objectifs de l’Accord de Paris visent à limiter assez vite et assez intensément nos émissions de gaz à effet de serre pour limiter l’élévation de la température de la Terre de 1,5 à 2°C. À date, le réchauffement climatique a déjà provoqué une élévation de la température de 1,1°C. En Île-de-France comme partout en France, on est tenu de respecter la trajectoire de la Stratégie Nationale bas-carbone qui fixe les objectifs de baisse des émissions de gaz à effet de serre.Ces objectifs visent à faire atteindre la France à la neutralité carbone, autrement dit, de faire en sorte à ce qu’on arrive à un équilibre entre les émissions de gaz à effet de serre émis et les gaz à effet de serre captés par la végétation, explique Antoine Trouche. Et donc contribuer à faire cesser l’aggravation du réchauffement climatique ».
Le CO2 est le premier gaz à effet de serre émis par l’Homme.
Quels sont les risques des gaz à effet de serre sur la santé ?
« Les gaz à effet de serre n’ont pas d’impacts directs sur la santé humaine. Par exemple, quand on respire le CO2 présent dans l’air extérieur, il n’y a pas d’impact sur la santé.En revanche, les gaz à effet de serre ont des conséquences indirectes. En effet, comme les gaz à effet de serre sont responsables du réchauffement climatique, ils entraînent diverses catastrophes (canicules plus importantes et plus fréquentes, précipitations de plus en plus fortes, tempêtes, tornades, cyclones…) qui elles, entraînent des risques pour la santé. Typiquement, lors des fortes chaleurs, davantage de décès sont déplorés. Par exemple, en 2003, Santé publique France a rapporté 15 000 décès supplémentaires à cause de la canicule« , rappelle notre expert. Pour l’été 2022 (deuxième été le plus chaud depuis 1900), Santé Publique France a rapporté un excès de mortalité de 2 816 décès, soit une surmortalité relative de +16,7%.
Merci à Antoine Trouche, Ingénieur Relations Presse et Media Scientifique pour AIRPARIF
Est-ce que le CO2 est un gaz à effet de serre ?
Oui. Le dioxyde de carbone (CO2) est le premier gaz à effet de serre émis par l’Homme. Il est responsable de la moitié du réchauffement climatique actuel (résumé du rapport du GIEC) car sa capacité à retenir la chaleur est très élevée, peut-on lire sur le site de l’Agence Parisienne du Climat. On mesure d’ailleurs l’effet des autres gaz par rapport à lui en équivalent CO2. Le CO2 est émis en grande partie par la combustion d’énergies fossiles (transport, industrie, agro-alimentaire, habitat…), par l’agriculture et par la déforestation (changement d’utilisation des sols). Sa durée de vie dans l’atmosphère est d’environ 100 ans.
Causes : qu’est-ce qui émet un gaz à effet de serre ?
Les gaz à effet de serre sont principalement émis par les activités humaines. « Nous venons de sortir une étude et en Ile-de-France, les gaz à effet de serre sont émis à 80% par lesecteur résidentiel et tertiaire: environ 1/3 des gaz à effet de serre sont émis par les transports routiers et environ 50% sont émis par le chauffage (gaz, fuel…) et indirectement par la production de l’électricité que nous consommons », répond Antoine Trouche.
Sources : Ministère de la Transition écologique / Site AIRPARIF / Rapport du GIEC 2022
Définition : c’est quoi le syndrome de Korsakoff ?
« Le syndrome de Korsakoff affecte essentiellement les alcooliques chroniques dénutris avec un maximum de fréquence dans la cinquième et la sixième décennie. Ces patients présentent une forte carence en Vitamine B1 par manque d’apport ou malabsorption« , explique le Dr Antoine Moulonguet, neurologue. Aussi appelée « thiamine », la vitamine B1 joue un rôle déterminant dans la transformation du glucose en énergie, notamment pour le cerveau. Une carence prolongée de cette vitamine peut entrainer des lésions cérébrales irréversibles, touchant les circuits de la mémoire, responsables du syndrome de Korsakoff. D’autres causes beaucoup plus rares ont été décrites : tumeur cérébrale, accident vasculaire, traumatisme crânien, encéphalite, grande dénutrition.
Quels sont les symptômes du syndrome de Korsakoff ?
« Le syndrome de Korsakoff se manifeste par des troubles de la mémoire avec une amnésie dite » antérograde « , caractérisée par l’impossibilité de former de nouveaux souvenirs. Le malade oublie à mesure ce qu’on vient de lui dire ou ce qu’il a fait quelques instants plus tôt. Il s’y associe des troubles de l’orientation dans le temps et dans l’espace avec souvent des fausses reconnaissances de personnes et une fabulation, récits fantastiques fruits de l’imagination du patient », explique le neurologue. Le malade est totalement inconscient de son trouble, garde des capacités de de raisonnement et de jugement et la mémoire des faits anciens.
Comment évolue le syndrome de Korsakoff ?
« Le syndrome de Korsakoff s’installe le plus souvent progressivement dans les suites d’une souffrance cérébrale secondaire à l’alcoolisme chronique, appelée encéphalopathie de Gayet Wernicke. L’atteinte se présente sous la forme d’une confusion mentale associée à des troubles de l’équilibre et de la vision. Cette encéphalopathie est réversible si elle est traitée par fortes doses de vitamine B1 en injectable, ce qui évite l’installation du syndrome de Korsakoff irréversible », observe le médecin.
Comment est diagnostiqué le syndrome de Korsakoff ?
Le diagnostic du syndrome de Korsakoff est purement clinique, il se fait le plus souvent aux urgences où ce patient gravement désorienté a été conduit. « On réalise unscanner cérébralsans injection pour éliminer d’autres causes de troubles neurologiques chez l’alcoolique, notamment un hématome intracrânien et un bilan sanguin à la recherche d’un trouble métabolique », précise le spécialiste.
Traitements : comment soigner le syndrome de Korsakoff ?
« Il n’y a pas de traitement curatif du syndrome de Korsakoff, les lésions des circuits de la mémoire sont irrémédiables, ce qui souligne l’importance du traitement préventif et du « réflexe » de l’administration immédiate de fortes doses de vitamine B1 à tout alcoolique confus et suspect d’une encéphalopathie pouvant rapidement conduire au syndrome de Korsakoff », prévient le neurologue. La prise en charge ultérieure du patient doit se faire en centre spécialisé compte tenu de la sévérité de l’atteinte neurologique, avec rétablissement d’une alimentation équilibrée, traitement de l’addiction à l’alcool, soutien psychologique et orthophonique. Le pronostic reste très sombre.
Espérance de vie : peut-on mourir du syndrome de Korsakoff ?
On ne meurt pas d’un syndrome de Korsakoff mais les lésions cérébrales définitives rendent impossible le retour à une vie autonome.
Merci au Dr Antoine Moulonguet, auteur sous le nom d’Antoine Sénanque de « Guérir quand c’est impossible » aux éditions Marabout.
La maladie de Hirschsprung, aussi appelée le « mégacôlon », correspond à une forme de constipation sévère et est une des plus fréquentes maladies du tube digestif. Si elle se développe très tôt durant la grossesse, elle est le plus souvent diagnostiquée dès la naissance et peut être soignée. Découverte avec le Dr Caroline Chamond, chirurgienne pédiatre à l’hôpital privé de l’Estuaire, au Havre.
À prendre très au sérieux, la maladie de Hirschsprung touche environ 1 naissance sur 5000. Aussi appelée le « mégacolon congénital », elle touche le rectum, parfois tout le côlon et peut s’étendre jusqu’à l’intestin grêle. Il s’agit d’un défaut d’innervation d’une partie du côlon. Normalement, celui-ci se contracte pour faire progresser les selles depuis le début du côlon jusqu’au rectum, « c’est comme un tube qui bouge comme un serpent », image le Dr Caroline Chamond, chirurgienne pédiatre au Havre. Cette contraction dépend des nerfs. Pendant le développement de l’embryon – entre la 5eme et la 8eme semaine – le colon se met en place puis les nerfs s’installent d’abord par la partie droite du côlon et progressent jusqu’au bas du rectum. De temps en temps, le mouvement s’arrête. La partie qui n’a pas de nerfs ne fonctionne donc pas.
Un enfant souffrant d’une forme classique de la maladie de Hirschsprung doit pouvoir, une fois opéré, vivre longtemps et normalement, assure le Dr Chamond. En revanche, si la totalité du colon est touchée, la vie peut être plus compliquée car il faut recréer un réservoir à partir des intestins. « L’enfant devra subir des opérations à plusieurs reprises, peut avoir du mal à s’alimenter comme les autres. Tous les traitements peuvent avoir un impact sur l’espérance de vie. » Enfin, si tout l’intestin est atteint par la maladie, l’enfant ne peut malheureusement pas vivre.
La partie de l’appareil qui ne fonctionne pas ne laisse alors rien passer : ni les gaz, ni les selles. Il faut alors imaginer un tube rigide et complètement bouché. « Tout ce qui va s’accumuler avant ne peut donc pas s’évacuer », précise le Dr Chamond. Cela élargi alors le colon bien que le problème provienne, dans la majorité des cas, du rectum. « Dans la majorité des cas, on s’en rend compte dans les 48 heures qui suivent la naissance car les nouveau-nés sont censés émettre le méconium (les premières selles) dans les premières 24 heures », explique le chirurgien pédiatre. « Lorsqu’il y a un retard du méconium, cela nous met la puce à l’oreille ». Parfois, la maladie de Hirschsprung peut passer quelques temps inaperçue. « Certains bébés peuvent avoir un peu de gaz et de selles au début lorsque seule une petite partie du rectum ne fonctionne pas. »
Dans 20% des cas, il s’agit d’une anomalie génétique familiale
La maladie se produit au début du développement de l’embryon. Dans 20% des cas, il s’agit d’une anomalie génétique familiale. Mais dans 80% des cas, on assiste à une malformation nouvelle sans qu’il y ait eu d’antécédents dans la famille. « On ne comprend pas vraiment le pourquoi du comment. On arrive simplement à saisir le mécanisme et à identifier le gène responsable qui est, dans la majorité des cas, le gène RET que l’on retrouve dans les chromosomes non sexuels 3 et 19″, détaille Caroline Chamond.
Si la maladie n’est pas diagnostiquée, le ventre de l’enfant gonfle, ses veines ressortent, il mange peu voire plus. L’infection de l’intestin peut aussi passer dans le sang : c’est ce que l’on appelle une septicémie. L’intestin peut aussi se perforer à cause des gaz qui ne s’échappent pas, ce qui entraîne une péritonite. Il faut alors aller au bloc opératoire, nettoyer, laver, mettre l’enfant sous antibiotiques et le nourrir par les veines. « Si on ne fait rien du tout, l’enfant peut mourir. Les premières semaines sont celles durant lesquelles il faut être très vigilant », prévient la chirurgienne.
Lorsqu’il y a des doutes à la naissance, les médecins procèdent à une biopsie: « il faut prélever un petit morceau des parois du rectum.On le fait soit par les voies naturels, sans anesthésie, grâce à une pince spécifique qui s’appelle la pince de Sheye, soit on effectue une biopsie chirurgicale : on endort l’enfant puis on analyse le prélèvement », explique la chirurgienne. Cette biopsie pourra confirmer ou infirmer la présence de la maladie. Dans un second temps, si la maladie de Hirschsprung est diagnostiquée, il est nécessaire de savoirsur quelle longueur elle s’étend. Pour cela, le Dr Chamond procède à un lavement : « On injecte un produit de contraste dans l’anus puis une imagerie standard fait une photo du colon qui met en avant la zone de transition entre la partie qui marche et celle qui ne fonctionne pas ». Il est possible qu’un diagnostic soit établi tardivement. La chirurgienne a, par exemple, déjà eu le cas d’une petite fille de six ans qui n’avait pas été diagnostiquée avant.
Durant une urgence lorsqu’un enfant souffre d’une occlusion, il y a deux moyens de faire évacuer les gaz et les selles. Soit par un lavement que l’on nomme le « nursing » : une sonde est directement insérée dans l’anus sur 10 à 15 cm et permet aux excréments de s’échapper par la sonde. Le ventre dégonfle alors et les enfants parviennent mieux à s’alimenter. Si le nursing est efficace, les parents apprennent à le faire et les enfants peuvent rentrer à la maison. Si le nursing n’est pas efficace, une stomie (poche qui recueille les selles) est installée. Elle permet également de décompresser le ventre et les enfants peuvent rentrer à la maison et la garder pendant plusieurs mois.
L’opération s’envisage le plus tôt possible, en fonction du poids de l’enfant. « Il est plus confortable d’opérer lorsque s’ils reprennent du poids. Si le nursing est efficace on peut attendre environ trois mois. » L’opération dépend aussi de la forme de la maladie. S’il est nécessaire d’enlever la totalité du côlon, on laisse la stomie plus longtemps. Le but de la chirurgie est d’enlever la partie sans nerfs et de faire se raccorder la zone saine au niveau de la marge anale. La chirurgienne pédiatre tient à préciser qu’après l’opération, le sphincter, dont le rôle consiste à fermer le rectum pour éviter les incontinences, n’est pas touché. Certains enfants pourraient avoir un peu de mal à être continents, rééduquant les muscles, grâce à des séances de kiné, les enfants doivent pouvoir être propres et vivre comme tout le monde.
Merci au Dr Caroline Chamond, chirurgienne pédiatre à l’hôpital privé de l’Estuaire, au Havre.
Le cancer peut toucher tout le monde, enfants y compris. « Chaque année en France près de 400 000 personnes sont touchées par le cancer et près de 157 000 en décèdent. Tout le monde est susceptible de développer un cancer et peut être touché par la maladie. Le cancer concerne en très grande majorité les personnes adultes. Toutefois, la maladie touche chaque année environ 2 500 enfants et adolescents. Soit environ 1 % de l’ensemble des cancers détectés par an », confirme Julie Gaillot, responsable du département prévention à l’Institut national du cancer. Selon l’Institut national du cancer, 40% des cancers résulteraient de l’exposition à des facteurs de risque liés à nos modes de vie et à nos comportements ; 4 cancers sur 10 seraient donc évitables.
Comment savoir son risque de cancer ?
Le risque d’être atteint dépend en grande partie des habitudes de vie (facteurs dits « internes », liés aux modes de vie), mais aussi des lieux de vie et de travail (facteurs dits « externes » liés à l’environnement). Toutefois, certaines personnes peuvent être plus à risque que d’autres, notamment celles qui ont déjà développé un cancer et celles dont la famille proche a déjà eu un cancer. Il existe en effet des gènes de prédisposition au cancer. « Même si des cancers peuvent apparaître à tout âge, ils sont plus fréquents au fur et à mesure que nous vieillissons. Cela est dû au cumul des agressions subies par les cellules et, probablement, à une moindre efficacité des mécanismes de réparation de l’ADN. En moyenne, 60% des personnes atteintes de cancer ont plus de 65 ans. Pour le cancer du sein par exemple, il se développe le plus souvent autour de 60 ans. Près de 80% des cancers du sein se développent après 50 ans », continue Julie Gaillot.
« Le tabac est de loin le premier facteur de risque évitable de cancer, responsable de 20% des cancers diagnostiqués », avance Julie Gaillot. Pour réduire son risque de développer un cancer, il est donc conseillé de ne pas fumer : « Le nombre annuel de décès liés au tabac en France est estimé à 78 000, dont 47 000 par cancer. L’arrêt du tabac est toujours bénéfique pour la santé, quelle que soit la quantité consommée et la durée de consommation. Plus on s’arrête tôt, plus vite l’on diminue son risque de cancer, en particulier du poumon. »
2. Réduire l’alcool
Il est aussi recommandé d’éviter l’alcool, qui est responsable chaque année de 28 000 nouveaux cas de cancers en France et de 16 000 décès. « En consommer augmente fortement le risque de développer certains cancers, en particulier des voies aérodigestives. Pour réduire efficacement ce risque, il est recommandé de limiter non seulement la quantité d’alcool bue à chaque occasion de consommation, mais aussi la fréquence de ces occasions. » Il est recommandé aux personnes choisissant de consommer de l’alcool de ne pas dépasser deux verres par jour avec au moins deux jours par semaine sans consommation.
3. Une meilleure alimentation
Par ailleurs, de nombreuses études ont mis en évidence l’influence des facteurs nutritionnels sur le risque de développer un cancer, même s’il reste des incertitudes sur le rôle exact de certains d’entre eux. S’il n’existe pas d’aliment anti-cancer, une alimentation équilibrée et diversifiée, privilégiant les fibres, les fruits et légumes, peut réduire votre risque de développer un cancer. L’Institut National du Cancer préconise de limiter la viande rouge (moins de 500 g par semaine), les charcuteries, le sel mais aussi de préférer les aliments à faible densité énergétique, comme les fruits et les légumes aux aliments trop riches en graisses, en sucre et/ou en sel, de consommer au moins cinq fruits et légumes par jour, de privilégier les aliments complets.
4. Faire du sport
Il est également conseillé de bouger plus. « La pratique quotidienne d’une activité physique permet de diminuer le risque de développer de nombreuses maladies chroniques, notamment les cancers. C’est aussi un moyen de limiter la prise de poids, autre facteur de risque de cancer. » Pratiquer une activité physique ne signifie pas obligatoirement pratiquer un sport. L’activité physique au sens large inclut tous les mouvements effectués dans la vie quotidienne, ceux nécessités par la pratique professionnelle, ceux de la vie courante (jardinage, ménage…), ceux liés aux déplacements (marche, vélo…) ou aux loisirs (promenade, jeu…).
5. Se protéger du soleil
Mieux vaut également se protéger des rayons UV en évitant de s’exposer au soleil entre 11h et 16h ; en recherchant l’ombre ; en sortant couvert ; en renouvelant fréquemment l’application de crème solaire haute protection anti-UVA et UVB ; en surveillant sa peau ; en évitant les UV artificiels.
Comment réduire le risque de récidive de cancer ?
« Les consultations de suivi pendant et après la phase de traitement avec votre médecin et l’équipe hospitalière donnent l’occasion de faire le point sur certaines mesures de prévention. En effet, certains facteurs de risque de récidive, ou de développer un autre cancer, peuvent être évités », annonce d’emblée Julie Gaillot. L’arrêt du tabac est toujours bénéfique pour le pronostic de votre cancer, quelle que soit sa localisation. Cela réduit les effets secondaires des thérapies, le risque de survenue d’une récidive ou d’un nouveau cancer, ainsi que d’autres maladies graves : infarctus du myocarde, insuffisance respiratoire… Arrêter de fumer permet aussi de mieux respirer, de retrouver une plus grande énergie et une meilleure qualité de vie. Continuer d’avoir une faible consommation d’alcool. Et de pratiquer une activité physique régulière et adaptée à vos possibilités, même si elle n’est pas encadrée, comme la marche qui permet une amélioration de votre état général pendant et après un cancer. « Les bienfaits de l’activité physique couplés à ceux d’une alimentation variée et équilibrée sont des facteurs à prendre en compte pour améliorer votre santé sur le long terme », conclut Julie Gaillot.
Comment réduire le risque de cancer chez l’enfant ?
Par ailleurs, l’Institut explique qu’il est possible d’aider son enfant à limiter son risque d’être atteint d’un cancer à l’âge adulte :
En ayant une hygiène de vie saine pendant et après la grossesse
En ne fumant pas en leur présence
En leur proposant une alimentation équilibrée et surveillant leur prise de poids ;
En les encourageant à pratiquer au moins une heure d’activité physique par jour ;
En les protégeant du soleil (crème, chapeau, t-shirt, lunettes)…
« Les cancers touchant les enfants sont, en l’état actuel des connaissances scientifiques malheureusement impossibles à prévenir. L’Institut national du cancer, en lien avec le ministère en charge de la recherche et les associations de parents d’enfants touchés par la maladie, travaillent au développement de la recherche en cancérologie pédiatrique », ajoute Julie Gaillot.
Merci à Julie Gaillot, responsable du département prévention à l’Institut national du cancer.
Le chikungunya est une maladie virale qui se transmet d’homme à homme par l’intermédiaire de moustiques du genre Aedes notamment (moustique tigre). L’infection provoque une fièvre, des douleurs intenses aux articulations, des maux de tête, des nausées, une importante fatigue et des éruptions cutanées. Où attrape-t-on le chikungunya ? En France ? Dans quels pays ? Quelle différence entre chikungunya et dengue ? Est-ce que le chikungunya se soigne ? Quelles sont les séquelles du chikungunya ? Eclairage du Professeur Anna-Bella Failloux, responsable de l’unité de recherche et d’expertise « Arbovirus et Insectes vecteurs » à l’Institut Pasteur
Qu’est-ce que la chikungunya ?
Le chikungunya, appelé aussi « Chik » ou « maladie de l’homme courbé », est une maladie infectieuse tropicale appartenant à la famille clinique des arboviroses (maladies transmises par un arthropode). Elle est transmise par des moustiques appartenant au genre Aedes qui piquent essentiellement durant la journée. Le Chikungunya touche l’homme, mais aussi les singes et d’autres animaux. Le nom de « chikungunya » est dérivé d’un mot de la langue kimakonde qui signifie « se déformer », peut-on lire sur le site de l’OMS.
Quel est le virus en cause ?
Le virus chikungunya est un arbovirus (virus transmis par les arthropodes) dont les vecteurs sont des moustiques femelles du genre Aedes qui sont identifiables grâce à la présence de rayures noires et blanches sur les pattes. Les deux espèces incriminées sont Aedes aegypti et Aedes albopictus. Le virus se transmet par le sang (par une piqûre d’un moustique infecté).
Quels sont les symptômes d’une infection au chikungunya ?
A un stade avancé, peuvent survenir des complications neurologiques graves notamment chez les nouveau-nés et les personnes âgées. Les douleurs articulaires ainsi qu’une fatigue importante peuvent persister plusieurs mois après le diagnostic initial. Des saignements des gencives ou du nez ont en outre été fréquemment décrits, principalement en Asie.
Quel est le temps d’incubation ?
Les symptômes du Chikungunya se manifestent après une période d’incubation de 2 à 12 jours en moyenne.
Le chikungunia est-il présent en France ?
Oui. Aedes albopictus est présent dans le sud de la France et Aedes aegypti dans les départements ultramarins (Antilles, Guyane), la Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie. En France métropolitaine, l’immense majorité des cas sont importés des foyers épidémiques. En 2010, les deux premiers cas autochtones de chikungunya ont été recensés en France, dans le Var, chez des personnes piquées par un moustique implanté localement (Aedes albopictus). Puis en octobre 2014, 12 autres cas autochtones ont été observés à Montpellier. » En conséquence, l’infection à chikungunya a été ajoutée à la liste des maladies à déclaration obligatoire et depuis janvier 2006, un dispositif de surveillance renforcée a été mis en place « , souligne la spécialiste. Actuellement en France, 64 départements rassemblent toutes les conditions propices à l’émergence du chikungunya : la présence du moustique vecteur dans la région, la température et l’humidité favorables à l’éclosion des œufs, de nombreux voyageurs revenant de pays où le virus du chikungunya circule.
Où est-il présent dans le monde ?
La première épidémie due au virus chikungunya a été décrite sur le continent africain, en Tanzanie en 1952. L’infection par le virus chikungunya a depuis continué à évoluer sur un mode endémo-épidémique. Le chikungunya a sévi dans les îles de l’Océan Indien (Réunion, Mayotte, Grandes Comores, Madagascar, Maldives, Ile Maurice, Seychelles) et en Asie (Inde, Pakistan, Sri Lanka, Malaisie, Indonésie, Laos, Cambodge, Chine…) et aux Antilles (Martinique, Guadeloupe, Guyane française). Des épidémies de chikungunya ont aussi été observées dans le passé ou récemment dans différents pays d’Afrique du Nord (Égypte), de l’Est (Tanzanie, Bénin, Burundi, Kenya, Soudan, Ouganda), de l’Ouest (Nigeria, Sénégal), Centrale (République Centrafricaine, Congo, Guinée Equatoriale, Gabon) ainsi qu’en Afrique du Sud, au Malawi et au Zimbabwe. La maladie a également frappé la Nouvelle-Calédonie. Le chikungunya n’épargne pas l’Europe. Des cas sont survenus dans le Nord-Est de l’Italie en 2007.
Combien de temps dure la maladie ?
Les symptômes durent généralement quelques jours, mais peuvent persister pendant des semaines, des mois ou même des années. Toute personne qui a été infectée une fois acquiert naturellement une immunité durable (plusieurs années). En revanche, certaines douleurs aux articulations (arthralgies) peuvent persister ou réapparaître sur des périodes de temps variables. Il s’agit d’une réaction articulaire indépendante d’une réinfection par le virus.
Est-il mortel ? Quels risques de séquelles ?
Les cas sévères ou mortels de chikungunya sont très rares, et sont presque toujours associés à l’existence d’autres pathologies. « L’évolution spontanée de la maladie est le plus souvent favorable, mais elle peut évoluer vers une forme chronique, avec pendant plusieurs mois une fatigue prolongée et/ou la persistance de douleurs articulaires (dans 20% des cas) pendant des mois ou des années parfois très gênantes dans la vie quotidienne , observe le Professeur Failloux. L’atteinte d’autres organes est possible :
Des atteintes neurologiques de type syndrome de Guillain-Barré (atteinte des nerfs périphériques responsables de paralysies, de faiblesses musculaires ou de troubles des sensations avec par exemple des picotements dans les bras et les jambes). Quelques cas de méningo-encéphalites ont été observés pendant l’épidémie de La Réunion.
Des atteintes des yeux : conjonctivite guérissant spontanément, baisse de la vision.
les complications au niveau du rein, du foie ou du cœur sont exceptionnelles.
Il semblerait que les douleurs liées au CHIKV se focalisent essentiellement sur des organes ou des zones déjà antérieurement fragilisées par une pathologie, un traumatisme, une intervention antérieure.
Comment pose-t-on le diagnostic d’une infection au chikungunya ?
Le virus du Chikungunya peut être détecté directement dans des échantillons sanguins prélevés chez le patient au cours de la première semaine de la maladie par des tests d’amplification de l’acide nucléique comme la RT-PCR (transcription inverse et amplification en chaîne par polymérase). D’autres tests peuvent détecter la réponse immunitaire d’une personne à l’infection par le virus du chikungunya, qui sont plutôt utilisés après la première semaine d’infection afin de rechercher la présence d’anticorps dirigés contre le virus. Les taux d’anticorps sont généralement détectables dès la première semaine après l’apparition de la maladie et peuvent encore être détectés pendant environ 2 mois.
Quel est le traitement pour soigner le chikungunya ?
Le traitement est avant tout symptomatique et vise à soulager la fièvre et les douleurs avec la prescription d’antipyrétiques, d’analgésiques adaptés (paracétamol ou acétaminophène), d’un bon apport en liquides et d’un repos du patient. Il n’existe pas de médicament antiviral spécifique contre l’infection au chikungunya.
Existe-il un vaccin contre le chikungunya ?
Il n’existe actuellement aucun vaccin homologué ni traitement spécifique pour les infections par le virus du chikungunya. Plusieurs vaccins sont en cours de développement. Pour se protéger, outre les moyens de protection physique (port de vêtement longs couvrant les bras et les jambes jusqu’au chevilles, moustiquaires dans l’habitat…), il est fortement recommandé d’utiliser un produit répulsif en respectant les précautions d’emploi.
Quelle différence entre chikungunya et dengue ?
La dengue et la maladie à virus Zika ont des symptômes similaires à ceux du chikungunya, ce qui peut facilement donner lieu à un diagnostic erroné. Les deux moustiques responsables du chikungunya sont également impliqués dans la transmission d’autres arbovirus, notamment la dengue, la fièvre jaune et le virus Zika.
Quels risques pendant la grossesse ?
Dans le cas d’une femme enceinte qui est infectée par le virus, la contamination du bébé se produit directement au cours de l’accouchement dans un cas sur deux. Elle engendre des troubles neurologiques et/ou cardiaques chez la moitié des nourrissons. Il est recommandé aux femmes enceintes qui se rendraient dans des régions touchées par le chikungunya, de se protéger par tous les moyens disponibles contre les piqûres de moustiques et tout particulièrement au cours du dernier trimestre de la grossesse.
Sources :
– Chikungunya, Organisation mondiale de la Santé, 8 décembre 2022
– Chikungunya, Institut Pasteur et Institut Pasteur de Lille
– Dossier chikungunya, Santé publique France
Merci au Professeur Anna-Bella Failloux, responsable de l’unité de recherche et d’expertise « Arbovirus et Insectes vecteurs » à l’Institut Pasteur.
Chez la femme, une cystite correspond à une infection urinaire au niveau de la vessie, le plus souvent liée à une bactérie. Parmi ses symptômes caractéristiques : des brûlures à la miction, une augmentation de la fréquence des mictions mais pour des petites quantités d’urines, des douleurs, une absence de fièvre. Chez l’homme, l’infection urinaire est une pathologie très différente. Il s’agit d’une prostatite (inflammation douloureuse de la prostate). La cystite aiguë est une pathologie bénigne qui ne récidive pas chez la plupart des femmes. En revanche, il est important d’être correctement prise en charge en cas de cystites récidivantes qui peuvent altérer fortement la qualité de vie. Tour des 8 causes possibles d’une cystite.
1. La remontée de bactéries dans la vessie
La cystite aiguë bactérienne est actuellement considérée comme étant une pathologie exclusivement féminine. L’urètre est très court chez la femme et sa terminaison se situe à proximité de l’orifice vaginal, dans une zone où sont naturellement présentes de nombreuses bactéries de la flore intestinale qui colonisent le périnée. A la faveur de phénomènes divers parfois imparfaitement compris, certaines de ces bactéries parviennent à remonter les voies urinaires de l’urètre jusqu’à la vessie et déclenchent une cystite aiguë, ou infection urinaire basse. « L’entrée dans la vie sexuelle est souvent le moment de la première cystite« indique le Dr Maxime Vallée, chirurgien urologue au CHU de Poitiers et membre du Comité d’Infectiologie de l’Association Française d’Urologie (CIAFU).
2. Une MST
« Chez l’homme jeune, les prostatites sont plutôt dues à des infections sexuellement transmissibles ou parfois liées à des anomalies anatomiques », indique le Dr Maxime Vallée,
3. Un urètre rétréci
« Les prostatites sont parfois liées à des anomalies anatomiques, comme un rétrécissement du canal de l’urètre mais la prostatite est en générale une pathologie que l’on rencontre après 50 ans « informe-t-il.
4. La ménopause
Avec le début de la vie sexuelle, la ménopause est la période la plus propice aux cystites. « A cause de la carence oestrogénique, la flore bactérienne vaginale protectrice a tendance à se modifier et des bactéries qui peuvent coloniser ou infecter la vessie prennent le dessus » explique le Dr Maxime Vallée. Il existe parfois des facteurs de risque anatomiques des cystites, c’est l’exemple de la sténose (rétrécissement) du méat urétral chez les femmes ménopausées qui peuvent entraîner des difficulté à vider la vessie ».
5. Un diabète mal équilibré
Une immunodépression ou un diabète mal équilibré sont également des facteurs de risque de cystites aiguës.
6. Ne pas boire assez
Ne pas boire suffisamment favorise le risque d’infection urinaire.« Pour prévenir les cystites récidivantes il est conseillé de boire au minimum 2 litres d’eau par jour, d’uriner suffisamment souvent (notamment après les rapports sexuels) », conseille notre interlocuteur.
7. Ne pas faire pipi après un rapport
De la même, façon, ne pas uriner après un rapport sexuel constitue un facteur de risque aux cystites. Le fait d’uriner après un rapport va permettre d’éliminer par le jet d’urine les possibles germes et bactéries.
8. Des facteurs génétiques
Enfin, il existe probablement des facteurs de risque génétiques ou immunologiques de la cystite. « Cela expliquerait que des femmes qui ne suivent pas particulièrement les conseils de prévention des cystites n’en aient jamais et que d’autres respectant des mesures d’hygiène aient des cystites à répétition » explique l’urologue.
Merci au Dr Maxime Vallée, chirurgien urologue au CHU de Poitiers et membre du Comité d’Infectiologie de l’Association Française d’Urologie (CIAFU).