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Sarcome : symptômes, peut-on guérir ?

Sarcome : symptômes, peut-on guérir ?

Les sarcomes sont des tumeurs rares. Ils représentent chez l’adulte environ 1 % de tous les cancers qui sont diagnostiqués. En revanche, la proportion de sarcomes est un peu plus élevée en pédiatrie (10 à 12 % de l’ensemble des cancers chez l’enfant). Ces tumeurs sont extrêmement complexes et surtout extrêmement hétérogènes. Dans les classifications reconnues de sarcomes, il existe plus de 150 sous-types différents de sarcomes bien identifiés, qui sont extrêmement différents à la fois d’un point de vue clinique, d’un point de vue anatomo-pathologique (c’est-à-dire l’aspect des cellules tumorales au microscope) et d’un point de vue biologique et moléculaire.

Définition : qu’est-ce qu’un sarcome ? 

« Le sarcome est un cancer qui se développe à partir du tissu de soutien, explique le Dr Sarah Watson, médecin chercheuse au sein du département d’Oncologie Médicale et de l’équipe Génétique et Biologie des Tumeurs Pédiatriques de l’Institut Curie. Le tissu de soutien, il y en a globalement partout dans l’organisme : dans les tissus mous, dans les viscères et dans tissus durs (os et cartilages). De ce fait, les sarcomes sont des tumeurs ubiquitaires, c’est-à-dire qu’elles peuvent se développer absolument partout dans l’organisme. » « Aujourd’hui, on les distingue et on les diagnostique en fonction de leurs caractéristiques essentiellement anatomo-pathologiques (apparence des cellules). Si, par exemple, des cellules tumorales ressemblent un peu à du tissu graisseux, on va appeler ça un liposarcome. Si les cellules tumorales ressemblent plus à un tissu musculaire strié, on va appeler ça un rhabdomyosarcomes (RMS). On les distingue de plus en plus aussi selon leurs critères moléculaires. C’est-à-dire qu’on va aller rechercher des altérations moléculaires qui sont vraiment spécifiques de certains sous types et qui sont majeures pour le diagnostic et dans le choix des traitements. » 

Qu’est-ce qu’un sarcome des tissus mous ?

C’est une distinction clinique basique qui est faite au départ : soit c’est un sarcome des tissus durs (os, cartilage), soit un sarcome des tissus mous (muscle, tissu graisseux, viscères, nerfs, vaisseaux, tendons…). On retrouve une très grande hétérogénéité, différents sous types, en fonction des cellules, de l’aspect des cellules et de leurs caractéristiques anatomo-pathologiques et moléculaires.
« Les localisations les plus fréquentes des sarcomes des tissus mous sont pour moitié au niveau d’un membre (inférieur ou supérieur), à 45 % au niveau du tronc (thorax, abdomen ou muscles de la paroi thoracique ou de la paroi abdominale) et pour 5 % à partir de la zone tête et cou« , détaille le médecin.

Quels sont les symptômes du sarcome ? 

Les symptômes sont très variables en fonction de la localisation et du type de sarcome. « Pour un sarcome des tissus mous, la présence d’une boule/d’une masse de localisation profonde et de critère évolutif (qui bouge et qui grossit) doit alerter et pousser le patient à consulter », ajoute notre interlocutrice. Il peut également avoir des douleurs, des troubles du transit (en cas de localisation intraabdominale), des fractures (sarcome osseux), douleurs osseuses, altération de l’état général, difficultés respiratoires…

Peut-on guérir d’un sarcome ?

En moyenne, tout type de sarcome pris au stade précoce, opérable, la survie à 5 ans est d’environ 80 %. « En revanche, quand la maladie est diagnostiquée à un stade métastatique, les taux de survie à 5 ans chute à 15-20 %« , conclut notre interlocutrice.

Qu’est-ce qu’un sarcome de Kaposi ?

C’est un sous-type de sarcome extrêmement rare qui fait partie de la famille des sarcomes des tissus mous. « Il va se développer à partir des vaisseaux lymphatiques ou des vaisseaux sanguins, explique la spécialiste. Il se caractérise initialement par des manifestations cutanées avec des taches nodulaires au niveau de la peau, qui ont une couleur un petit peu violacé, brunâtre. Il peut également avoir des manifestations au niveau des muqueuses (bouche ou muqueuses digestives) et des métastases à distance comme des atteintes pulmonaires, hépatiques ou osseuses. » Le sarcome de Kaposi est dans l’immense majorité des cas, lié à une infection à un virus (HHV8) qui touche très souvent des patients présentent des affaiblissements considérables de leur système immunitaire. « C’est pour cela que l’on a vu une explosion des cas de sarcomes de Kaposi au moment de l’épidémie de Sida : l’affaiblissement des défenses immunitaires des patients atteints s’accompagnaient d’infections à ce type de virus et à ces manifestations. » Ces tumeurs se traitent par des approches multimodales qui vont associer des techniques chirurgicales (quand la maladie est très localisée), à de la radiothérapie, ou à de la chimiothérapie.

Qu’est-ce qu’un sarcome d’Ewing ?  

C’est un sarcome osseux. C’est la deuxième tumeur osseuse primitive la plus fréquente chez l’adolescent (13 ans) et l’adulte jeune après l’ostéosarcome. Dans plus de 90% des cas, cette tumeur se développe à partir de l’os. Les localisations les plus fréquentes sont les membres inférieurs, le bassin, parfois les membres supérieurs ou au niveau costal. De façon très rare, il peut avoir des sacomes d’Ewing extra-osseux, qui se développent donc dans les tissus mous. « Ça a été l’un des premiers sarcomes pour lequel on a identifié l’anomalie moléculaire majeure qui est responsable de cette pathologie. Elle a été identifiée à l’Institut Curie par l’équipe du Dr Olivier Delattre qui a mis en évidence que le sarcome d’Ewing était associé dans presque 100% des cas à une translocation chromosomique (un échange de matériel génétique entre 2 chromosomes, le 11 et le 22). Cette translocation chromosomique va aboutir à fusionner 2 gènes, qui sont normalement distincts, et donc à conduire à l’expression d’un gène anormal appelé oncogène de fusion qui va être responsable de la transformation tumorale et du développement du cancer. On essayer de développer aujourd’hui des approches thérapeutiques qui vont être basées sur la connaissance biologique de cette tumeur. » Malgré le fait que près de 30% des patients ont des métastases au diagnostic, on arrive à guérir la majorité des patients en combinant des approches multimodales (chimiothérapie en pré et post opératoire, exérèse de la tumeur primitive et radiothérapie).

Quelles sont les causes du sarcome ? 

Dans la majorité des cas, on ne connait pas les causes des sarcomes. Ils sont en général sporadiques (pas associés à des prédispositions particulières). Comme facteurs de risque environnemental reconnu, on peut citer : 

  • L’exposition à des radiations (par exemple la radiothérapie)
  • L’exposition à certains produits chimiques 
  • Une inflammation chronique d’un tissu (et en particulier un lymphœdème chronique)

« Le développement d’un sarcome peut survenir seulement 10 ans ou 15 ans après le survenu de ces facteurs d’exposition », note le Dr Watson. « Et seulement 1 % des sarcomes sont associés à des syndromes héréditaires très rares comme le syndrome de Li-Fraumeni. »

Quels examens permettent de diagnostiquer un sarcome ? 

C’est un diagnostic difficile car le sarcome est une maladie qui est mal connue et rare. « Il faut que les patients qui ont une suspicion de sarcome soient référés d’emblée dans des centres experts, insiste le médecin. C’est le réseau Netsarc (Centre expert des cancers rares labellisé par l’Institut national du Cancer) qui a été mis en place par le professeur Jean-Yves Blay. Au sein de ces centres, on va pouvoir faire tout un bilan diagnostic qui va associer une imagerie spécifique (IRM, scanner, voire TEP-scan pour s’assurer qu’il n’y a pas de métastases à distance ou pour caractériser l’extension des métastases à distance) à un examen anatomo-pathologique (biopsie de la lésion). Ensuite des anatomo-pathologistes vont analyser la biopsie pour déterminer le sous-type de sarcome et décider des analyses moléculaires qu’il va falloir faire pour bien typer la maladie. »

Quels sont les traitements du sarcome ? 

Les traitements passent la prise en charge dans l’un des 20 centres expert répartis sur toute la France. « L’approche est multi modale : la chirurgie reste la pierre angulaire du traitement des sarcomes à un stade localisé, associée à de la radiothérapie pour le contrôle local (en pré ou en post-opératoire) et de la chimiothérapie. Et pour les pathologies métastatiques (maladies avancées), on va privilégier des traitements systémiques, parfois drivés par la biologie des tumeurs, comme la chimiothérapie, et depuis quelques années l’immunothérapie et les thérapies ciblées. »

Merci au Dr Sarah Watson, médecin chercheuse au sein du département d’Oncologie Médicale et de l’équipe Génétique et Biologie des Tumeurs Pédiatriques de l’Institut Curie.


Source : JDF Santé

Oxyure : comment on attrape des vers intestinaux ?

Oxyure : comment on attrape des vers intestinaux ?

Les oxyures désignent les vers qui colonisent parfois l’intestin humain. Ils pénètrent dans le tube digestif par le biais des aliments et des ongles. Les vers intestinaux causent des démangeaisons anales nocturnes. Dès l’apparition des premiers symptômes, il est impératif de consulter un médecin. C’est quoi les oxyures ? Comment attrape-t-on des oxyures ? Comment savoir si on a des vers intestinaux ? Infos, photo et conseils pour éviter les récidives. 

Définition : c’est quoi les oxyures ?

« Les vers intestinaux sont des helminthes parasites du tube digestif de l’homme. Il y a plusieurs espèces de vers qui peuvent parasiter nos intestins classés en vers ronds et vers plats » détaille le Pr Izri, chef du service de Parasitologie-Mycologie de l’Hôpital Avicenne. Avant d’ajouter : « Parmi les plus fréquents des vers ronds, il y a en France l’oxyure (Enterobius vermicularis). Parmi les vers plats en France, il y a le ténia. » Les oxyures sont des vers parasites du tube digestif qui ressemblent à de petites fils blancs mesurant environ 0,5 à 1 cm de long. Ils atteignent essentiellement les enfants, les personnes âgées et les personnes souffrant de troubles psychiatriques.

Comment attrape-t-on des oxyures ?

Les oxyures pénètrent dans le tube digestif par le biais des aliments et notamment des ongles contaminés par les œufs des oxyures. Une fois ingérés, les œufs vont donner naissance à une larve qui s’installe dans le colon et devient adulte au bout d’un mois. Les femelles fécondées migrent jusqu’au niveau de l’anus où elles s’accrochent en mordant la marge anale pour pondre des milliers d’œufs. sur la marge anale. Les oxyures peuvent se retrouver dans le coecum et parfois chez la fillette au niveau de la vulve. Les oeufs sont très résistants et peuvent survivre plusieurs mois en dehors de l’organisme, par exemple sur les vêtements ou le lit.

Quels sont les symptômes des oxyures ?

Les symptômes dépendent du vers. Les oxyures provoquent habituellement des démangeaisons anales, le plus souvent la nuit, et une insomnie. Chez la fillette, on observe parfois une vulvo-vaginite. Des lésions secondaires aux démangeaisons, comme une irritation de l’anus peuvent survenir. Des douleurs abdominales et une diarrhée sont plus rarement constatées. 

Quand consulter pour des oxyures ?

Dès l’apparition des premiers symptômes listés ci-dessus, il est impératif de consulter un médecin.

Comment savoir si on a des oxyures ?

Oeufs d'oxyure dans l'examen des selles
Oeufs d’oxyure dans l’examen des selles © vershininphoto-123RF

Lors de la consultation, le médecin pratiquera différents tests afin de confirmer la présence de vers. Pour les oxyures, un examen de l’anus au moment des démangeaisons permet parfois de retrouver les vers filiformes blanchâtres. Au laboratoire, le diagnostic de l’oxyurose est réalisé par la mise en évidence des œufs à l’aide d’un scotch-test anal réalisé le matin avant toute toilette. L’observation au microscope du ruban adhésif permet de retrouver les œufs et parfois les vers. La présence d’oxyures adultes est parfois observée dans les selles…

Traitement : comment se débarrasser des oxyures ?

Un traitement anti-parasitaire (de type Fluvermal®) doit être prescrit pour se débarrasser des oxyures. Il faut souvent renouveler au moins deux semaines plus tard. 

Comment éviter les oxyures à répétition ?

La récidive est assez fréquente pour les oxyures. Quelques mesures simples permettent d’éviter les récidives comme nettoyer, passer l’aspirateur, aérer, désinfecter la literie, les vêtements, les jouets, ne pas secouer la literie afin d’éviter la dissémination des oeufs, se laver les mains régulièrement et plus particulièrement avant de manger et après être allé aux toilettes, avoir les ongles de mains courts et ne pas se ronger les ongles.

Merci au Pr Mohand Arezki Izri, chef du service de Parasitologie-Mycologie de l’Hôpital Avicenne.


Source : JDF Santé

Citrate de bétaïne : danger, posologie, laxatif ?

Citrate de bétaïne : danger, posologie, laxatif ?

Remède de nos grands-mères, le citrate de bétaïne est LE médicament à avoir à la maison ou dans son sac quand on a du mal à digérer ! « Il est indiqué particulièrement quand on mange un peu plus riche que d’habitude », indique le pharmacien Issam Bouha. Posologie, contre-indications, si on boit de l’alcool, si on est enceinte… Voici comment prendre (sans risque) du citrate de bétaïne.

Définition : qu’est-ce que le citrate de bétaïne ?

Le citrate de bétaïne est un médicament dont la substance active est extraite de la betterave. Il est indiqué en cas de troubles digestifs, de ballonnements ou d’inconfort intestinal. Ce médicament se présente sous la forme d‘un comprimé effervescent à dissoudre dans un demi verre d’eau, avant ou après un repas. Si cette spécialité d’automédication est en vente libre dans les pharmacies, elle n’est pour autant pas anodine, et il faut scrupuleusement respecter sa posologie et ses indications. 

Quelle est la posologie du citrate de bétaïne ?

Citrate de bétaine © Goodpics – stock.adobe.com

« Il faut respecter scrupuleusement ce qu’il y a d’indiqué sur la notice, à savoir un comprimé une à trois fois par jour sur une courte durée (2-3 jours), ainsi que les indications du pharmacien. Et une fois qu’on se sent mieux, il est conseillé d’arrêter le traitement. En revanche, si les symptômes persistent, il faut consulter un médecin« , précise Issam Bouha. Généralement, le citrate de bétaïne a un effet positif sur l’inconfort digestif dès le 1er ou le 2e jour de prise. « A ma connaissance, je n’ai jamais eu écho de cas de surdosage. Mais c’est sûr qu’il ne faut pas en abuser. Dans tous les cas, la durée du traitement est limitée à 7 jours. Si les symptômes persistent plus de 7 jours, il faut consulter un médecin. 

Quels sont les dangers et les effets secondaires du citrate de bétaïne ?

« Se diriger vers des médicaments qu’on a tous chez soi, comme le citrate de bétaïne, ne doit en aucun cas être systématique » 

Le citrate de bétaïne est réservé à l’adulte et aux plus de 15 ans. Comme tout médicament, des réactions allergiques peuvent survenir après la prise du citrate de bétaïne : boutons, démangeaisons ou rougeurs de la peau (urticaire allergique), gonflement du cou ou du visage (angioedème). En cas d’effets indésirables après la prise du médicament, consultez sans attendre un médecin ou un pharmacien. De la même façon, si vous prenez ou avez pris récemment un autre médicament, y compris un médicament obtenu sans ordonnance, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien afin d’éviter toute mauvaise interaction médicamenteuse. Il n’y a pas d’effets laxatifs rapportés avec le citrate de bétaïne.

Quand prendre du citrate de bétaïne ?

Le citrate de bétaïne est un médicament de la digestion principalement. 

Contre les problèmes de digestion

« Ce médicament est indiqué dans le traitement des troubles de la digestion de type lenteurs digestives ou ballonnements, précise Issam Bouha, pharmacien. Vous pouvez en prendre si vous ressentez un inconfort digestif ou si vous avez le ventre gonflé ». Selon l’Agence du médicament, la bétaïne intervient dans la synthèse des phospholipides (des lipides formés d’un glycérol lié à deux acides gras) qui ont une action sur la motricité gastrique. Autrement dit, la bétaïne favorise les mouvements du système digestif : ces contractions servent à mélanger les aliments contenus dans le tube digestif, à les casser et les briser en morceaux plus petits afin de mieux les digérer. 

Contre les crises de foie

« Le citrate de bétaïne est indiqué particulièrement en période de fêtes ou quand on mange un peu plus riche que d’habitude, indique le pharmacien, Après un repas trop gras, le foie peut être surchargé en triglycérides ou en cholestérol. » C’est ce qu’on appelle « une crise de foie » dans la langue populaire française.  Le citrate de bétaïne favorise la stimulation hépatique : il permet de stimuler la libération de la bile – un liquide sécrété par le foie qui favorise la digestion – de métaboliser les graisses en excès et donc de faciliter la digestion. Pendant la durée du traitement, il est conseillé de prendre des repas légers, d’éviter l’eau gazeuse et de supprimer alcool, plats épicés et tabac.  

Après avoir consommé de l’alcool (gueule de bois)

Après une soirée bien arrosée, il est possible de prendre un comprimé de citrate de bétaïne juste avant de se coucher. La substance active de ce médicament va permettre d’accélérer la dégradation des toxines – donc de l’alcool – par le foie et d’éviter qu’il ne soit transformé par des enzymes hépatiques en acétaldéhyde, une substance responsable des nausées et de la sensation de « gueule de bois« . Si le lendemain, vous n’allez pas mieux, vous pouvez reprendre un deuxième comprimé juste avant un déjeuner léger et pauvre en graisses. On rappelle qu’il est également important de bien s’hydrater afin d’éliminer plus rapidement l’acétaldéhyde et que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé. 

Quelles sont les contre-indications ?

Le citrate de bétaïne est contre-indiqué :

  • Aux moins de 15 ans. « On évite d’administrer aux enfants des produits sur lesquels on n’a peu ou pas d’informations sur les risques de surdosage ou des effets secondaires« , précise notre interlocuteur.
  • Aux femmes enceintes lors du premier trimestre de grossesse.
  • Aux personnes allergiques ou hypersensibles à la substance active ou à l’un des composants contenus dans le citrate de bétaïne.
  • Aux personnes intolérantes au fructose ou en cas de malabsorption du glucose ou du galactose.

Peut-on en prendre du citrate de bétaïne enceinte ?

Le citrate de bétaïne est contre-indiqué aux femmes enceintes lors du premier trimestre de grossesse. Il n’existe actuellement pas de données suffisamment pertinentes pour évaluer un éventuel effet malformatif ou foetotoxique du citrate de bétaïne lorsqu’il est administré pendant la grossesse. Dans le doute, il est préférable de ne pas prendre du citrate de bétaïne pendant toute la grossesse et la période d’allaitement. 

« Se diriger vers des médicaments qu’on a tous chez soi, comme le citrate de bétaïne ne doit pas être systématique »

Quelles précautions avant de prendre du citrate de bétaïne ?

Un ventre gonflé, des ballonnements, une perte d’appétit et une absence de selles depuis 3-4 jours peuvent révéler un autre problème (candidose œsophagienne, maladie de Crohn, intestin irritable…) qu’un simple trouble digestif et nécessiter un traitement adapté. Dans ce cas, le citrate de bétaïne n’est absolument pas indiqué. « Ce médicament ne doit être administré qu’après un interrogatoire bien ciblé de la part du pharmacien (date des dernières selles, description des symptômes, état du transit, alimentation, antécédents médicaux…). Se diriger vers des médicaments qu’on a tous chez soi, comme le citrate de bétaïne, ne doit en aucun cas être systématique« , conclut le pharmacien. 

Quels laboratoires fabriquent le citrate de bétaïne ?

En France, le citrate de bétaïne est commercialisé par deux laboratoires : Citrate de bétaïne UPSA® et Citrate de bétaïne Cristers®. Les Citrate de bétaïne Biogaran® et Mylan® ont été supprimées du marché. 

Quel est le prix du citrate de bétaïne ?

Une boîte de 20 comprimés de citrate de bétaïne (deux étuis de 10 comprimés effervescents) coûte entre 3.50 euros et 4.95 euros. Ce médicament n’est pas remboursé par l’Assurance maladie. 

Merci à Issam Bouha, pharmacien.


Source : JDF Santé

Otospongiose : opération "miracle", comment ça se passe ?

Otospongiose : opération "miracle", comment ça se passe ?

Définition de l’otospongiose

L’otospongiose est une maladie qui affecte l’oreille moyenne et l’oreille interne. Elle est plus parlante chez les femmes que les hommes. « Cela s’explique par des raisons hormonales. Il y a deux booms hormonaux chez les femmes, à la puberté et la ménopause. C’est à ces moments que la maladie s’exprime d’avantage, également au fur et à mesure des grossesses », explique le Pr. Vincent Darrouzet, médecin ORL au CHU de Bordeaux. « La surdité apparaît vers 20 ans chez la femme et vers 35 ans en moyenne chez l’homme. Les femmes seraient deux fois plus touchées que les hommes », poursuit-il. Cette pathologie entraîne une surdité par blocage de l’étrier, l’osselet principalement impliqué dans la transmission des vibrations sonores à l’oreille interne. Ce blocage est dû à des foyers d’ossification qui viennent progressivement l’emprisonner. « On connaît assez mal les causes précises de l’otospongiose, mais on sait qu’elle peut être génétique. L’expression de la maladie est également très variable d’un sujet à l’autre« , commente Vincent Darrouzet. Concrètement, que se passe-t-il ? « La maladie boursoufle, fibrose, et transforme l’os qui entoure l’étrier. En se boursouflant, il le bloque et l’empêche de remplir son rôle de transmission mécanique du son vers l’oreille interne », développe le médecin.

Otospongiose bilatérale

L’otospongiose est le plus généralement bilatérale. « La surdité touche dans 80 % cas les deux oreilles, pas de façon synchrone, mais le plus souvent de façon métachrone, c’est-à-dire décalée dans le temps », précise l’ORL.

Quels sont les symptômes de l’otospongiose ?  

Le principal symptôme de l’otospongiose est la surdité progressive. Il s’agit d’une surdité dite de transmission qui concerne le plus souvent les deux oreilles, mais l’une après l’autre. « On observe une atteinte neurosensorielle associée, plus ou moins présente, due au largage par les foyers d’otospongiose d’enzymes nocives qui atteignent les cellules auditives de la cochlée. C’est pourquoi on parle d’une surdité mixte », précise le médecin. « Cette perte de l’audition est accompagnée d’acouphènes de tonalité grave, voire rythmés par le pouls« , ajoute-t-il. Dans les premiers temps, des bourdonnements peuvent être associés à la baisse de l’audition. Cette perte d’audition concerne essentiellement les sons graves. Néanmoins, en s’aggravant, la pathologie concernera également les fréquences aiguës.

Otospongiose et vertige

« Une petite instabilité, voire des vertiges, sont des symptômes que l’on retrouve chez 3 à 4 % des patients« , déclare Vincent Darrouzet. En cause ? L’atteinte de l’oreille interne citée plus haut.  

Une chirurgie qui « fait des miracles »

Opération : principes et effets secondaires

« On choisit d’opérer l’oreille qui entend le moins bien. L’intervention chirurgicale est recommandée à partir de 35% de perte auditive pour que la chirurgie soit à la fois efficace et non-dangereuse. Il faut en effet attendre que l’étrier soit totalement fixé par la maladie pour que les manœuvres chirurgicales ne le fissure pas », prévient l’ORL. « Il s’agit d’une chirurgie qui fait des miracles puisque les patients retrouvent une audition de qualité. Malgré les évolutions techniques, il persiste un risque de surdité totale – de l’ordre de 0,4 à 1 % – durant cette opération. C’est un risque qu’il faut être prêt à prendre. » La chirurgie est quasiment toujours possible, même lorsque la maladie est très avancée, affirme notre expert. « Elle est possible dans 99 % des cas mais avec la part de risque citée plus haut. Ce risque est évidemment dépendant de l’expertise du chirurgien », poursuit Vincent Darrouzet. Comment se déroule l’opération ? « Au laser, il s’agit de percer un trou de 0,5 mm dans la platine de l’étrier. On y passe un petit piston accroché sur l’enclume qui prendra le relai de l’étrier défectueux et qui permettra de remettre la mécanique en route. La chirurgie ne retire pas le foyer d’otospongiose mais le contourne. On ne soigne pas la maladie mais on en court-circuite ses effets« , détaille le chirurgien.  

Comment faire le diagnostic ?

Le diagnostic d’otospongiose est posé par l’ORL grâce à l’audiogramme, alors qu’à l’otoscopie, c’est-à-dire à l’observation de l’oreille et du tympan, tout est normal. L’otospongiose représente  ainsi 90 % des surdités de transmission ou mixtes à tympan normal. L’audiogramme permet de caractériser la surdité et d’en mesurer l’importance. La tympanométrie offre un argument supplémentaire : l’abolition du réflexe « stapédien » (Stapes = étrier) dû au blocage de l’osselet. Ce réflexe naturel de protection de l’oreille, induit par un son fort, met l’étrier en tension pour réduire la quantité d’énergie sonore transmise à l’oreille interne. Le scanner est essentiel et même obligatoire en cas de projet chirurgical. Il montre une ossification anormale au niveau de l’étrier, propre à cette maladie. « Cet examen permet de confirmer le diagnostic car 99 % des otospongioses sont visibles via l’imagerie« , affirme notre expert.

*On ne peut ni retarder la survenue de la maladie ni l’anticiper »

Quels sont les traitements de l’otospongiose ?

  • La mise en place de prothèses auditives : « Cet appareil n’empêche pas la maladie d’évoluer et il sera un jour inefficace contre la surdité due à l’otospongiose. »
  • L’opération chirurgicale.

Le choix du traitement sera effectué en concertation avec le patient et en fonction de l’intensité de ses symptômes (surdité, vertiges éventuels), de son état de santé et de ses antécédents médicaux.

Prévention de l’otospongiose

Aucune prévention n’est possible en matière d’otospongiose. « On ne peut ni retarder la survenue de la maladie ni l’anticiper« , conclut l’ORL.

Merci au Pr Vincent Darrouzet, chef du service ORL de chirurgie cervico-faciale du CHU de Bordeaux. 


Source : JDF Santé

Purpura (rhumatoide, fulminans, vasculaire) : est-ce grave ?

Purpura (rhumatoide, fulminans, vasculaire) : est-ce grave ?

Le purpura est une pathologie cutanée qui se manifeste par des petites éruptions rouges ou violettes sur la peau. On distingue le purpura fulminans, le purpura rhumatoïde et le purpura thrombopénique. Le purpura est secondaire à une inflammation de la paroi des vaisseaux ou à un déficit en plaquettes sanguines. C’est quoi le purpura ? Quelles sont les causes et les symptômes ? Est-ce que le purpura est grave ? Quels sont les traitements ?

Définition : c’est quoi le purpura ?

Le purpura est un syndrome clinique. « C’est une sortie des globules rouges à travers les petits vaisseaux sanguins. Ils se répartissent dans les tissus environnants » explique le Pr Gérard Lorette, dermatologue.

Quels sont les différents types de purpura ?

Purpura Fulminans. On distingue deux grands groupes de purpura : ceux qui ont une cause non inflammatoire et ceux ayant une cause inflammatoire. « Même si la plupart des cas de purpura sont bénins, en particulier les purpuras par capillarité, dus à une fragilité des vaisseaux capillaires ou pression importante dans les veines des membres inférieurs – il y a aussi des formes plus graves qui sont des urgences absolues, dont le purpura fulminans«  indique le Pr Gérard Lorette. Le purpura fulminans se manifeste par des lésions hémorragiques sur la peau qui s’étendent rapidement pour évoluer en gangrène. C’est aussi une maladie qui va toucher différents organes, elle est provoquée dans 80 % des cas par le méningocoque (bactérie responsable des méningites). « Il faut y penser devant l’apparition de petites taches comme des gouttes d’eau sur du ciment un jour d’orage » décrit le dermatologue. Ce purpura peut être accompagné de fièvre, maux de tête et douleur de nuque (signes méningés). Le purpura fulminans est une maladie mortelle qui requiert un traitement d’urgence (par la prise d’antibiotiques).

photo de pétéchies d'un purpura
photo de pétéchies d’un purpura © caymia-123RF

Le purpura rhumatoïde ou maladie de Henoch-Schönlein est une forme de vascularite (inflammation des vaisseaux sanguins) qui entraîne différents symptômes, un purpura en relief (palpable), des douleurs articulaires et abdominales, une atteinte rénale. Cette maladie est plutôt fréquente et souvent bénigne chez les enfants. En revanche, ses conséquences sont plus importantes à l’âge adulte et son traitement plus lent et difficile. Le purpura rhumatoïde est causé par une réaction immunitaire anormale.

Le Purpura thrombopénique désigne l’éruption de petites taches rouges dans la peau qui peuvent apparaître sur une ou plusieurs parties du corps. Il s’agit d’une hémopathie qui peut être idiopathique, elle est relativement fréquente aussi bien chez les enfants que chez les adultes. La thrombopénie peut être due aussi à un problème de fabrication de plaquette dans la moelle osseuse ou de destruction excessive des plaquettes. Le diagnostic peut nécessiter dans certains cas une ponction médullaire.

Qu’est-ce qui provoque un purpura ?

Le purpura peut être secondaire à plusieurs mécanismes, notamment à une inflammation de la paroi des vaisseaux (purpura vasculaire) ou à un déficit en plaquettes sanguines (purpura thrombopénique). « Le purpura peut être lié à une fragilité des vaisseaux capillaires. Ceux-ci ne sont alors plus continents et laissent passer les globules rouges » explique le Pr Gérard Lorette. Parmi les purpuras vasculaires, on distingue les atteintes inflammatoires appelées vasculites (ou vascularités) par exemple au cours d’une infection, un cancer, la prise de médicaments, une maladie systémique comme le lupus. Les purpuras non inflammatoires peuvent être liés à une anomalie plaquettaire. « Le purpura thrombopénique est causé par un manque de plaquettes sanguines, soit parce qu’une maladie entraîne une consommation de plaquettes trop importante soit parce qu’il y a une aplasie médullaire et que l’organisme n’en produit plus assez » explique le Pr Gérard Lorette. Le purpura thrombopénique peut avoir de très nombreuses causes, dont des causes médicamenteuses, des maladies auto-immunes ou une leucémie.

Quels sont les symptômes du purpura ?

Le purpura se manifeste par l’apparition de taches cutanées rouges ou pourpres« Selon le type de purpura l’aspect est différent » indique le Pr Gérard Lorette. « Le purpura pétéchial se présente sous la forme de tout petits points rouges (ou pétéchies) comme des têtes d’épingle » décrit-il. C’est l’aspect le plus classique. « Les taches peuvent aller jusqu’à des ecchymoses ou apparaître sous forme de vibices qui sont des lésions linéaires » précise le dermatologue. D’autres manifestations sont souvent associées au purpura thrombopénique comme des hémorragies, des gencives notamment.

Comment diagnostiquer un purpura ?

« Le diagnostic est clinique«  informe le Pr Gérard Lorette. Le purpura se reconnaît grâce à la présence de ses lésions qui ne disparaissent pas à la vitropression, c’est-à-dire quand on appuie sur la peau. « On ne fait pas forcément des examens très complexes en présence d’un pupitre » informe le Pr Gérard Lorette. Une analyse de sang, comportant un dosage des plaquettes peut être effectuée pour déceler la cause du purpura. S’il y a une thrombopénie, une ponction de moelle osseuse peut être réalisée. Une biopsie peut être réalisée lorsqu’il y a une atteinte inflammatoire de la paroi des vaisseaux. 

Est-ce que le purpura est une urgence ?

« Lorsque le médecin voit un purpura, il se demande d’abord quel est le degré d’urgence. Il y a deux urgences principales : le purpura fulminans, et le purpura thrombopénique, due à un manque de plaquettes. Lorsque le nombre de plaquettes est inférieur à 20 000, il y a urgence à cause du risque important de saignements. » Le purpura extensif constitue aussi un signal d’alarme chez l’enfant ou l’adolescent chez lequel il peut signaler une infection invasive à méningocoque, extrême urgence médicale. 

Quelle différence entre le purpura et l’érythème ?

Des taches rouges, pourpres ou violettes sur la peau, ne s’effacent pas à la pression (lorsque l’on appuie dessus), à la différence d’un érythème. « Un érythème est dû lui à une dilatation des petits vaisseaux sanguins, dans ce cas une pression avec le doigt fait disparaître la tache car on écrase le vaisseau dilaté » précise le Pr Gérard Lorette.

Quels sont les traitements du purpura ?

Le traitement dépend bien évidemment de la cause. Le purpura par capillarité, cas le plus fréquent, est souvent chronique et ne nécessite pas de traitement. Lorsqu’il y a une cause inflammatoire ou hématologique des traitements spécifiques sont requis. En cas de purpura avec signes hémorragiques, une transfusion de plaquettes est parfois nécessaire. S’il s’agit de purpura fulminans, une antibiothérapie est débutée en intra-musculaire (céphalosporine) sans attendre le diagnostic et avant le transfert à l’hôpital.

Merci au Pr Gérard Lorette, dermatologue au CHU de Tours et membre de la Société Française de Dermatologie (SFD).


Source : JDF Santé

Une consultation chez le médecin vous coûtera désormais 26,50 euros

Le tarif des consultations médicales va augmenter de 1,50 euro à l’automne 2023, selon le règlement arbitral qui organise les rapports entre les médecins libéraux et l’Assurance maladie, rédigé et présenté le 24 avril 2023 aux 6 syndicats de médecins libéraux par Annick Morel, ancienne inspectrice générale des affaires sociales (Igas) et ex-présidente du Haut Conseil pour l’avenir de l’Assurance-maladie (HCAAM). Pour les médecins généralistes, la consultation de base passera de 25 euros à 26.50 euros, ce qui représentera une hausse de +6%. Les consultations chez les médecins spécialistes vont également être plus chères. Dans ce contexte, le ministre de la Santé François Braun « se félicite que le texte proposé par l’arbitre comporte des avancées importantes pour l’amélioration de la santé des Français » et doit l’approuver dans les jours qui viennent. Pour autant, les syndicats de médecins libéraux réclamaient tous, au minimum, 30 euros voire 50 euros pour certains. Les médecins qui ne souhaitent pas être soumis au règlement arbitral peuvent le faire savoir par courrier à leur Cpam. Sans quoi, ils seront tacitement régis par ce dernier.

Quels sont les nouveaux tarifs des consultations médicales ?

► Une consultation chez un médecin généraliste (adultes et enfants de plus de 6 ans) passera de 25 euros à 26.50 euros

► Une consultation chez un médecin généraliste (enfants de moins de 6 ans) passera de 30 euros à 31.50 euros

► Une consultation chez un spécialiste de secteur I ou II (ayant adhéré aux options de pratique tarifaire maîtrisée (Optam)) passera de 30 euros à 31.50 euros

► Une consultation de base chez un pédiatre passera de 37 euros à 38,50 euros pour les enfants de moins de 2 ans et de 32 euros à 33,50 euros pour les enfants de 2 à moins de 6 ans et pour un enfant de 6 à moins de 16 ans qui ne lui est pas adressé par le médecin traitant

► Une consultation chez un psychiatre, un neuropsychiatre et un neurologue passera de 50.20 euros à 51.70 euros

► Une consultation chez un cardiologue passera de 52,50 euros à 54 euros

► Une consultation spécifique passera de 52.20 euros à 54 euros. 

A quelle date prendront effet ces nouveaux prix ?

Tous ces nouveaux tarifs ne s’appliqueront qu’« à l’expiration d’un délai de six mois à compter de l’approbation de ces dispositions » par le ministre de la Santé, soit en théorie à l’automne 2023. En effet, pour entrer en vigueur, le texte doit être soumis et approuvé par François Braun, ministre de la Santé « dans les jours qui viennent » selon l’Avenue de Ségur puis il doit faire l’objet d’une publication au Journal Officiel. Une fois adopté, le règlement est valable pour une durée de 5 ans.

Source : Remise du règlement arbitral organisant les rapports entre les médecins libéraux et l’Assurance maladie, Ministère de la Santé, 24 avril 2023


Source : JDF Santé