Le platane, arbre d’ornement et d’alignement des rues, pollinise au cours du mois d’avril (comme le bouleau). De nombreuses personnes présentent des manifestations allergiques qu’elles attribuent à cet arbre. « Cependant, l’allergie au platane est rare car ses pollens ont un faible pouvoir allergisant : ce sont plutôt les poils de ses fruits (akènes), reconnaissables aux amas jaunâtres qu’ils déposent dans les rues) qui ont un pouvoir très irritant », explique le Dr. Dalila Nouar, allergologue-immunologue.
Quels sont les symptômes d’une allergie au platane ?
Les poils des fruits du platane plantent dans les muqueuses du nez et au bord des yeux. Ils peuvent provoquer :
Chez les personnes très allergiques, ils peuvent être responsable d’asthme, c’est-à-dire une inflammation de la muqueuse des bronches entrainant des symptômes tels que de la toux, un sifflement respiratoire, un essoufflement et une sensation d’oppression thoracique.
Quelle est la cause d’une allergie au platane ?
L’allergie est un dérèglement du système immunitaire : chez la personne allergique, l’organisme perçoit à tort l’allergène comme « dangereux ». Lorsqu’il se trouve en contact avec le pollen du platane, il produit, pour se défendre des anticorps spécifiques de l’allergie (les IgE). Ces derniers provoquent la libération de plusieurs médiateurs chimiques dont le premier est l’histamine. C’est elle qui fait enchaîner toute la cascade de symptômes gênants. Un terrain familial et/ou une exposition répétée sont souvent en cause.
Qui consulter en cas d’allergie au platane ?
Votre médecin traitant dans un premier temps. Celui-ci vous proposera un traitement pour soulager vos symptômes. « Il vous orientera vers l’allergologue si les symptômes sont anciens et insuffisamment contrôlés par le premier traitement (en particulier rechute immédiate après arrêt des médicaments) qui confirmera le diagnostic par des tests cutanés et/ou un dosage des IgE vis-à-vis du platane et instaurera un traitement adapté », précise le Dr. Nouar.
Traitement : comment soigner une allergie au platane ?
Lors de la période de pollinisation, il est recommandé d’éviter de vous promener ou de faire du sport dans des zones où se trouvent quantité de cet arbre, d’aérer votre intérieur soit tôt le matin soit tard le soir et de ne pas faire sécher votre linge à l’extérieur. En parallèle, un traitement pourra être prescrit par votre médecin afin de traiter les symptômes touchant le nez et les yeux. « Il consiste en la prise d’antihistaminique de deuxième génération (car mieux toléré) par voie orale ainsi que des corticoïdes sous forme de spray nasal pour dégager le nez et de gouttes oculaires pour calmer les irritations qui touchent les yeux« , précise le Dr. Nouar. Le traitement peut durer de quelques jours à quelques semaines, selon l’importance des symptômes et leur évolution. Si l’allergie provoque de l’asthme, seront ajoutés un bronchodilatateur, un médicament qui permet d’ouvrir les bronches pour soulager les symptômes, et un traitement de fond anti-inflammatoire par corticoïdes inhalés au long cours.
Quand envisager la désensibilisation à l’allergie au platane ?
La désensibilisation est une autre solution. « Elle vise, par l’administration de doses croissantes de l’allergène (quelques gouttes tous les jours pendant 6 mois sous la langue), à induire une tolérance vis-à-vis de cet allergène, explique l’allergologue. Le traitement doit être réalisé durant 3 ans. Peu à peu, l’effet de désensibilisation vis-à-vis du pollen de platane s’instaure et les symptômes gênants s’atténuent, voire disparaissent ». Le taux d’efficacité avoisine les 80% pour la plupart des allergènes disponibles.
Merci au Dr Dalila Nouar, allergologue-immunologue.
Les traumatismes infantiles sont particulièrement difficiles à dépister dès lors qu’ils concernent une population très vulnérable. En effet, les mineurs sont tributaires de leurs représentants légaux (parents, tuteurs etc). « Environ 61% des adultes interrogés ont déclaré avoir subi au moins un type de traumatisme de l’enfance avant l’âge de 18 ans, et près de 1 sur 6 a déclaré en avoir subi quatre types ou plus » selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC). « En France, nous avons très peu de chiffres et pas d’enquête de victimation directe auprès des enfants, mais à partir de celles réalisées auprès d’adultes qui rapportent les violences infantiles subies, on peut estimer que chaque année, au moins 160 000 enfants subissent des violences sexuelles, 400 000 enfants sont exposés à des violences conjugales et tous les cinq jours un enfant est tué au sein de sa famille » rapporte le Dr Muriel Salmona, psychiatre et spécialisée dans la prise en charge des évènements traumatiques. C’est quoi un traumatisme infantile ? Comment savoir si on a subi un traumatisme dans l’enfance ? Quelles sont les conséquences des traumatismes de l’enfance à l’âge adulte ? Comment le(s) surmonter ?
C’est quoi un traumatisme ?
« Un traumatisme est le résultat d’un évènement qui est reconnu par tous comme particulièrement générateur de souffrance, de peur, de danger » indique le Dr Salmona, psychiatre. Les situations traumatiques englobent les dangers de morts, les catastrophes naturelles, le fait d’être témoin d’une mort brutale, d’une situation brutale, toutes les situations de violence que l’on peut subir etc.
Quels sont les différents types de traumatismes de l’enfance ?
Les traumatismes de l’enfance sont répertoriées sous le terme d’expériences négatives de l’enfance (ou ACE) par le CDC. Autrement dit ce sont des évènements potentiellement traumatisants qui surviennent entre la naissance et les 17 ans de la personne. On y regroupe notamment :
les violences (verbale, physique, psychologique et sexuelle)
les négligences graves
l’exposition à des violences conjugales physiques et/ou psychologiques (coups, cris, insultes)
l’exposition à une mort brutale
l‘exposition à l’addiction grave d’un parent (alcool, drogue)
l’exposition à un parent qui est en prison
les maladies psychiatriques lourdes d’un des parents
D’après une enquête publiée en 2016, dans le monde, un enfant sur quatre a subi des violences physiques, une fille sur cinq et un garçon sur treize des violences sexuelles, un enfant sur trois des violences psychologiques rapporte l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). « 84% des enfants victimes de violences ne sont jamais protégés ni reconnus« rapporte le Dr Salmona.
Comment savoir si on a vécu un traumatisme dans l’enfance ?
Les personnes qui ont vécu un traumatisme intra-familial ou sexuel dans l’enfance sont souvent dissociées, car elles restent en contact avec leurs agresseurs et continuent souvent à subir de nouvelles violences, ce sont des personnes qui sont déconnectées émotionnellement. Elles semblent ne pas réagir aux évènements, elles ont un mal-être important sans comprendre d’où il vient, des images dans la tête semblables à des hallucinations sans identifier leur origine. « La personne semble indifférente. Les victimes sentent que quelque chose « cloche » mais ne le relient à rien. Généralement, les patients consultent pour des souffrances comme de la dépression et lorsqu’on leur pose la question des violences dans l’enfance, ils répondent spontanément que non il n’y en a pas eues. Au fur et à mesure, ils évoquent des faits de violence infantile mais en ajoutant des phrases telles que « ce n’est pas grave ou c’était de ma faute ». Le discours de l’agresseur l’emporte et elles ne réalisent pas la gravité parce que l’émotion est dissociée » explique le Dr Salmona.
Est-il possible d’oublier un traumatisme de l’enfance ?
L’amnésie liée à la dissociation traumatique et à l’anesthésie émotionnelle que cela entraîne est une des problématiques à aborder dans les traumatismes de l’enfance. « L’amnésie est à l’origine d’une tolérance hors-norme des violences voire d’un « oubli » de celles-ci puisque la mémoire est déconnectée des émotions. Tant que l’on reste dissocié, on peut « oublier » pendant des années ce qui s’est passé puisque l’évènement n’est pas accessible émotionnellement » souligne le Dr Salmona. Mais la psychiatre précise que « ne pas avoir accès à l’évènement ne signifie pas que la victime n’est pas impactée par le traumatisme. Au contraire. Dès la naissance, l’enfant est complètement impacté par les violences auxquelles il est exposé. Les agresseurs estiment parfois qu’un enfant ne se souviendra de rien, surtout s’il est en situation de handicap, mais c’est faux« .
Comment retrouver la mémoire d’un traumatisme d’enfance ?
« Pour accéder au souvenir du traumatisme, la première étape est de d’être hors de danger, protégé et de ne plus être exposé au contexte et à l’agresseur« répond d’emblée la spécialiste. Condition d’autant plus difficile dans le cadre des violences intra familiales. C’est la raison pour laquelle les souvenirs refont souvent surface à un âge avancé. La prise en charge par un psychothérapeute formé dans les traumatismes traite la mémoire traumatique et permet à la victime d’avoir accès à l’évènement traumatisant.
Quelles sont les conséquences des traumatismes de l’enfance à l’âge adulte ?
« L’exposition précoce à la violence a été reconnue comme la principale cause de mortalité précoce et de morbidité à l’âge adulte » alerte le Dr Salmona. Avoir subi des violences dans l’enfance augmente le risque à l’âge adulte :
de se suicider ou de faires des tentatives de suicides
d’être alcoolique, toxicomane, tabagique
d’être obèse
d’avoir des comportements à risques
de souffrir de dépression
d’avoir une grossesse précoce
de se retrouver en situation de précarité, de marginalisation ou de prostitution
de subir de nouvelles violences ou de commettre des violences
« Pour une fille, avoir subi des violences physiques et sexuelles multiplie par 16 le risque d’en subir à nouveau à l’âge adulte. Pour un garçon, cela multiplie par 14 le risque de commettre des violences à l’âge adulte » précise le Dr Salmona. On retrouve une corrélation entre traumatismes infantiles et de nombreux troubles psychiatriques, cardio-vasculaires, endocriniens et gynécologiques, avec des maladies auto-immunes et neurologiques, des infections sexuellement transmissibles, des cancers, des ostéo-arthrites, des douleurs chroniques, etc. Il est probable que le niveau de tolérance à la douleur de l’adulte soit déréglé. « Par exemple, en cas de fracture au pied il est possible que l’adulte n’aille pas consulter parce qu’il n’a pas le même rapport à la douleur que les autres » indique notre interlocutrice. « Dans la vie professionnelle, ils auront tendance à accepter les situations à très haut risques. Une femme grand reporter victime d’inceste dans son enfance se retrouverait systématiquement dans les zones les plus à risque » illustre encore le Dr Salmona. A partir du moment où un enfant a subi 4 formes d’expériences négatives (ACE) et qu’il n’est pas pris en charge, elles déterminent sa santé mentale et physique 50 ans plus tard. « Si l’enfant en a subi 5, son espérance de vie réduit de 20 ans par rapport à la moyenne » alerte la psychiatre.
► « Pour une exposition traumatique, le risque que s’installent des troubles psychotraumatiques est de 24 %. Pour des violences physiques (en tant que victime ou témoin) infantiles, le risque passe à 50-60% et lors de violences sexuelles ou d’actes de barbarie infantiles, il est de plus de 80%« . Les symptômes de stress post-traumatique regroupent notamment la mémoire traumatique, les troubles phobiques et obsessionnels etc. Afin de survivre à la charge émotionnelle, et notamment à cause des effets de la mémoire traumatique, ces personnes vont mettre en place des stratégies de survie à travers des conduites d’évitement, des stratégies dissociantes pour s’anesthésier (conduites addictives, mises en danger, troubles alimentaires etc). « Ces stratégies qui sont des tentatives désespérées d’auto-traitement sont très préjudiciables pour leur santé, et leur vie qualité de vie, elles aggravent leur vulnérabilité et le risque de subir de nouvelles violences, elles sont rarement rapportés aux violences par les professionnels de la santé, et elles leur sont très injustement reprochées » rapporte le Dr Salmona.
► L’impact est non seulement physique et psychologique, mais également neurobiologique. « Le développement cognitif de l’enfant est détérioré avec des troubles de l’attention, de la mémoire, de la concentration. On relève un impact sur le système endocrinien et des difficultés de croissance. Ces atteintes laissent des séquelles cérébrales visibles par IRM, avec une diminution de l’activité et du volume de certaines structures et pour d’autres une hyperactivité, ainsi qu’une altération des connexions dendritiques et du fonctionnement des circuits de la mémoire et des réponses émotionnelles » détaille la psychiatre.
Comment surmonter un traumatisme de l’enfance ?
On peut vraiment réduire les répercussions du traumatisme quel que soit le moment, à partir du moment où l’on intervient. Il faut savoir que les atteintes neurologiques sont réversibles (par neurogénèse et neuroplasticité) avec une prise en charge. Plus la prise en charge est rapide, plus les dégâts sur la vie d’adulte pourront être évités, mais elle peut se faire et être efficace à n’importe quel moment de la vie. La première chose à faire est de protéger la personne de la situation de violence ou de stress.
« Leur donner des informations très précises sur le fonctionnement du traumatisme, de quoi il s’agit, le décrypter et le lier au mal-être, remettre de la cohérence et de la lisibilité constitue la seconde étape. Plus l’évènement et ses conséquences deviennent compréhensibles grâce à une psychothérapie spécialisée par des professionnels formés, plus la mémoire va s’intégrer dans le cerveau c’est-à-dire passer de traumatique à autobiographique et moins les victimes risquent de tomber dans les conduites addictives et mises en danger » développe notre interlocutrice. L’éducation thérapeutique représente 50% du traitement. Pour atténuer les symptômes comme le stress, on peut avoir recourt à l’EMDR ou l’hypnose. La prévention est primordiale dès lors qu’il s’agit d’enfants. « Nous avons constitué unlivret d’outils et d’explications de la violence et des traumatismes qui en résultent destiné aux enfants » ajoute la spécialiste. La psychiatre rappelle l’importance de protéger les enfants de toute forme de violences y compris celles qu’on appelle les violences éducatives ordinaires et l’importance de dépister les violences et autres traumatismes infantiles le plus rapidement possible pour pouvoir les traiter.
Merci au Dr Muriel Salmona, psychiatre spécialisée dans la prise en charge des évènements traumatiques et Présidente de l’association Mémoire traumatique et victimologie.
Cet hiver, l’épidémie de grippe est portée majoritairement par le virus de la grippe A (H3N2), indiquent les derniers bulletins de Santé publique France. Quel est ce virus ? Ses caractéristiques ? Quels symptômes entraîne-il ? Est-il résistant au vaccin cette année ? A noter que la grippe touche chaque année 2 à 8 millions de personnes en France.
Définition : c’est quoi le virus H3N2 ?
Le virus H3N2 est un sous-type de la grippe A. C’est le virus le plus majoritaire en France pour l’épidémie de grippe 2022-2023. Il est nommé ainsi car il fait référence aux deux antigènes présents à la surface du virus :
L’hémagglutinine de type 3 (H3)
La neuraminidase de type 2 (N2)
Le virus H3N2 a émergé en France en 1968 où il a été responsable d’une importante pandémie (grippe de Hong Kong) avec 31 000 morts en France en moins de deux ans.
Parmi les 257 virus détectés en France métropolitaine pendant l’épidémie de grippe 2022-2023, 237 étaient de type A (200 de sous-type A(H3N2), 29 de sous-type A(H1N1)pdm09 et 8 n’étaient pas encore sous-typés). Le sous-type H3N2 est donc largement majoritaire cette année. En Europe également, le virus H3N2 représente 77% des virus grippaux de type A détectés (90%). Les virus A et B sont à l’origine des épidémies saisonnières chez l’Homme mais seuls les virus de type A ont été responsables de pandémies à ce jour, souligne Santé Publique France. Autrement dit, seuls les virus de type A ont un potentiel pandémique.
Sur la base de leurs protéines de surface, l’hémagglutinine (H) et la neuraminidase (N), les virus de la grippe de type A sont classés en sous-types notés ainsi : H(chiffre)N(chiffre). H1N1 et H3N2 sont tous les deux des souches de la grippe A, mais ils n’ont pas la même hématogglutanine, une protéine présente à la surface du virus de la grippe qui permet la fixation de la particule virale sur une cellule cible et neuraminidase, une enzyme présente dans l’enveloppe des virus de la grippe indispensable à la réplication virale. Le sous-type H1N1 est composé d’une hémagglutinine de type 1 et d’une neuraminidase de type 1, tandis que le sous-type H3N2 est composé d’une hémagglutinine de type 3 et d’une neuraminidase de type 2.
Quels symptômes entraînent-ils ?
Le virus H3N2 entraîne les symptômes typiques de la grippe plus ou moins sévères en fonction des personnes infectées, à savoir :
Selon la caractérisation antigénique (inhibition de l’hémagglutination) réalisée par le CNR en métropole au 13 décembre 2022, sur les 103 virus A(H3N2) caractérisés, 91 sont antigéniquement apparentés à la souche vaccinale A/Darwin/9/2021 (clade 3C.2a1b.2a2) présente dans le vaccin de l’hémisphère nord (HN) 2022-23, dont la France. Autrement dit, les vaccins injectés en France (INFLUVAC TETRA®, FLUARIX TETRA®, VAXIGRIPTETRA®, EFLUELDA®) en 2022/2023 confèrent une protection contre le virus H3N2. Ces vaccins contre la grippe sont quadrivalents : ils contiennent les souches représentatives des deux sous-types de virus A, A(H1N1)pdm09 et A(H3N2), et des deux lignages de virus B, B-Yamagata et B-Victoria, responsables des épidémies saisonnières.
Sources : OMS / Bulletin épidémiologique Santé Publique France / Société française de microbiologie (SFM) / Institut Pasteur
Le syndrome du nez vide ou SNV est une complication de la chirurgie de réduction turbinale en cas d’obstruction nasale. Cette maladie souffre d’un déficit de connaissance et de reconnaissance alors que l’impact sur la qualité de vie de patients concernés est majeur. En décembre 2022, la Haute Autorité de Santé (HAS) recommande de « privilégier les gestes chirurgicaux les moins à risques de survenue du syndrome, de n’envisager la turbinectomie qu’en dernière intention, en cas d’obstruction nasale persistante et invalidante en échec de traitement médical et en conservant au maximum les cornets » dans un communiqué publié le 15 décembre. La HAS rappelle également que le syndrome du nez vide est toujours la conséquence d’un acte chirurgical invasif sur les cornets inférieurs, voire moyens, du nez. En avril, la Haute Autorité de Santé avait déjà inscrit dans son programme de travail l’élaboration d’une recommandation de bonne pratique sur le thème de la prévention, du diagnostic et de la prise en charge du syndrome du nez vide en cas d’intervention chirurgicale pour obstruction nasale, à la demande de l’Association syndrome du nez vide France et de la Fédération française des associations et amicales de malades, insuffisants ou handicapés respiratoires.
Définition : qu’est-ce que le syndrome du nez vide ?
Le syndrome du nez vide désigne un ensemble de symptômes nasaux survenantdans un délai variable (jours à années) après une chirurgie turbinale (ablation totale ou partielle des cornets du nez). Cette opération est réalisée en dernière intention en cas d’obstruction nasale, de rhinite allergique chronique. L’ablation totale des cornets (turbinectomie totale) est généralement évitée en dehors de cas exceptionnels (cancer). En revanche, l’ablation partielle limitée à un tiers de son volume ou, une cautérisation des cornets peuvent être pratiquées sans danger.
Quelles sont les causes du syndrome du nez vide ?
Le syndrome du nez vide est secondaire à une intervention que l’on appelle la turbinectomie qui consiste à enlever une partie du cornet inférieur. « Dans le nez, nous avons trois cornets : inférieur, moyen et supérieur. Ce sont comme des éponges muqueuses qui servent à réchauffer et à humidifier l’air que l’on respire par le nez. Autrement dit, si on en enlève trop, le nez va devenir tout sec et des croûtes vont se former, ce qui va entraîner une sensation de nez vide, c’est-à-dire que la sensation du passage de l’air n’existe plus « , explique le Dr Alain Bizon.
Quels sont les symptômes du syndrome du nez vide ?
Lors d’un syndrome de nez vide, la personne ne sent plus l’air entrer dans son nez quand elle respire. Parmi les autres symptômes figurent une sècheresse importante des muqueuses du nez, des douleurs nasales mais également des difficultés à dormir, une fatigue, des céphalées, des difficultés de concentration, des troubles de l’humeur, l’apparition d’une forte angoisse, voire d’une dépression.
Quels sont les facteurs de risque du syndrome du nez vide ?
« Il n’existe pas de facteurs de risque, c’est une complication de l’intervention qui survient dans 2 à 3 % des cas. C’est la raison pour laquelle la turbinectomie est de moins en moins pratiquée, au profit de la turbinoplastie qui consiste à réduire la muqueuse sans toucher à l’os, indique le chirurgien cervico-faciale. Le résultat dans le temps est moindre mais on s’expose à beaucoup moins de complications « .
Comment diagnostiquer le syndrome du nez vide ?
« Le diagnostic est posé en examinant le nez du patient et en fonction de son tableau clinique : il avait le nez bouché, il a été opéré et il ne sent plus le passage de l’air. Lorsque l’on regarde à l’intérieur, le nez est bien trop sec et bien trop large par rapport à un nez normal « , poursuit le spécialiste.
Comment soigner le syndrome du nez vide ?
Il faut juste laver le nez avec de l’eau de mer pour enlever toutes les croûtes et humidifier le plus possible les muqueuses mais il n’y a pas de traitement miracle.
Quels sont les risques de complications du syndrome du nez vide ?
Les chiffres sont de 1 à 3% de complications, voire davantage pour certains professionnels ce qui représente un pourcentage assez élevé et ceci d’autant plus qu’il n’existe aucune chirurgie réparatrice possible. Il est difficile de chiffrer exactement le nombre de personnes atteintes en raison de l’absence d’études précises. Les malades atteints de ces complications se sentent mutilés d’un élément important de leur corps qui selon eux fonctionnait beaucoup mieux avant l’intervention.
Peut-on guérir du syndrome du nez vide ?
Non, le syndrome du nez vide ne se guérit pas. On peut juste améliorer les symptômes.
Merci au Dr Alain Bizon, médecin ORL et chirurgien cervico-faciale au CHU d’Angers.
La bouillotte est un accessoire indispensable pour se réchauffer ou calmer une douleur. Mais attention à bien l’utiliser pour éviter qu’elle n’éclate et cause de graves brûlures. Il ne faut jamais dormir par exemple avec une bouillotte ! Bouillotte à eau, sèche, électrique… Conseils de précautions.
Danger de la bouillotte à eau : la brûlure
La bouillotte à eau expose essentiellement à un risque de brûlure grave en cas de fissure ou d’explosion du produit. « Le problème de la bouillotte à eau, c’est que l’on risque d’enlever le bouchon avec le pied, auquel cas le liquide va se répandre sur les membres inférieurs, ce qui peut brûler la peau au point de nécessiter une greffe. Ce type de brûlure touche essentiellement les personnes âgées. Elles ont du mal à sortir du lit, la brûlure dure assez longtemps et atteint les membres inférieurs, entraînant des conséquences irréversibles. La marche devient impossible, ce qui peut favoriser le syndrome du glissement chez la personne âgée qui va se laisser aller et perdre goût à la vie plus rapidement que prévu« , pose d’emblée le Pr Franck Duteille, chef du service des brûlés et de chirurgie plastique du CHU de Nantes.
Danger de la bouillotte sèche : l’incendie
Une bouillotte sèche surchauffée est susceptible de prendre feu car la température des graines continue à grimper. Un incendie expose également au risque d’intoxication pendant le sommeil. Toutefois, si le temps de chauffe est bien respecté, le risque de brûlure est minime.
Danger de la bouillotte électrique : l’électrocution
La bouillotte électrique est associée à un risque de court-circuit et d’électrocution lorsque le modèle ne respecte pas le décret « basse tension ».
Ne jamais dormir avec une bouillotte
S’il est agréable de s’endormir avec la chaleur d’une bouillotte, cela n’est pas sans danger. En effet, même si le risque de brûlure est faible lorsque la bouillotte est utilisée correctement, il existe et ne doit pas être négligé. Le Pr Franck Duteille est formel : « il ne faut jamais dormir avec une bouillotte ! On peut l’utiliser pour réchauffer le lit et chauffer la chambre au préalable mais on l’enlève avant de se mettre au lit« , prévient le chef du service des brûlés et de chirurgie plastique du CHU de Nantes.
Ne pas garder une bouillotte plus de 20 minutes sur soi
Une bouillotte ne doit jamais être gardée sur soi pendant plus de vingt minutes, compte tenu du risque de brûlure. Au-delà, le sujet s’expose à un risque de dermite des chaufferettes, qui se traduit par l’apparition d’un érythème rouge vif. « Il est primordial d’insister sur le potentiel de gravité des choses. La bouillotte n’est pas un objet anodin et elle doit être utilisée avec précaution. Le traitement d’une brûlure profonde est lourd, il nécessite une hospitalisation pendant deux à trois semaines, une greffe de peau, puis une rééducation dans un centre spécialisé. Plus cela arrive tard dans la vie, plus les chances de récupération sont amoindries« , argue le spécialiste. Avant de préciser « le pronostic vital d’un brûlé est évalué avec le score de Baux, selon son âge, l’étendue et la profondeur de la brûlure. Un score de 100% signifie que statistiquement, la personne est morte. Par exemple, les chances de survie d’un sujet de 85 ans qui est brûlé sur les deux membres inférieurs, soit 10% de la surface du corps, sont de 5%« .
Eviter les bouillottes sans la norme BS1970:2012
La DGCCRF a mené une enquête nationale sur les bouillottes commercialisés en France en 2019 pour évaluer leur niveau de sécurité. Sur 19 produits prélevés et analysés, 16 se sont révélés « non conformes » et 5 ont été considérés « dangereux ». Notices incomplètes au regard des normes en vigueur, notice en langue étrangère voire absence de notice, fausses allégations, résistance insuffisante des soudures…En pratique, il convient d’éviter les bouillottes à eau qui ne disposent pas de la norme BS1970:2012, une norme de sécurité britannique internationalement reconnue pour les bouillottes à eau, et les peluches chauffantes qui n’ont pas la norme BS8433:2004. Il est également important de privilégier une bouillotte de qualité, fabriquée en France ou en Europe.
Quelles précautions prendre quand on utilise une bouillotte ?
Les brûlures peuvent être évitées en prenant quelques précautions.
La bouillotte ne doit jamais être appliquée directement sur la peau mais placée dans une housse prévue à cet effet ou au-dessus d’une serviette.
Les bouillottes à eau doivent être remplies aux 2/3 avec de l’eau frémissante et non bouillante.
Ne pas garder une bouillotte plus de 20 minutes sur soi.
Au moindre signe d’usure, la bouillotte doit être remplacée.
Ne pas dormir avec une bouillotte.
Contre-indications : qui ne doit pas utiliser une bouillotte ?
Une bouillotte ne doit jamais être utilisée dans les situations suivantes :
en cas d’insuffisance veineuse car la chaleur provoque une dilatation des veines et ralentit le retour veineux.
en cas de peau sensible ou de maladie de peau (eczéma, psoriasis, dermatite…)
sur une blessure ou une plaie infectée
sur une articulation ou toute zone présentant des signes d’inflammation