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Quelle est la cause d'une jaunisse (ictère) ?

Quelle est la cause d'une jaunisse (ictère) ?

Une jaunisse (aussi appelé ictère ) se définit par un blanc des yeux qui devient jaune et une peau jaunâtre. Elle traduit une quantité trop importante de bilirubine (pigment de couleur jaune, issu de la dégradation de l’hémoglobine) dans le sang, signe d’une maladie du foie comme une cirrhose ou une hépatite par exemple. Si vous avez le blanc de l’œil écru ou jaune, ou un teint légèrement jaunâtre, il est urgent de faire un dosage sanguin de la bilirubine. Une bilirubine élevée peut traduire un dysfonctionnement du foie. Quelle est la cause d’une jaunisse ? Quels sont les symptômes évocateurs ? Chez l‘adulte ? Le bébé ? Quand s’inquiéter ? Comment la soigner rapidement ? Explications de nos experts du foie. 

Définition : qu’appelle-t-on une jaunisse ?

« L’ictère ou la jaunisse est une coloration jaune des muqueuses, de la peau et de la conjonctive (blanc de l’œil)« , explique d’emblée le Pr Victor de Lédinghen, hépatologue au CHU de Bordeaux. « Lors d’un problème au foie : le foie se rétrécit et ne fonctionne plus normalement, c’est ce qu’on appelle l’insuffisance hépatique. Et lorsqu’il fonctionne à moins de 50% de sa capacité, il n’est plus capable d’éliminer toute la bilirubine (pigment jaune qui se trouve dans la bile) qui finit par s’accumuler dans le sang, d’où cette coloration des yeux et de la peau« , complète le Pr Patrick Marcellin, hépatologue. 

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Schéma d’une jaunisse © normaals – 123RF / Journal des Femmes Santé

Quelle est la cause d’une jaunisse chez l’adulte ?

Chez l’adulte, plusieurs causes peuvent être à l’origine d’une jaunisse :

► Une maladie du foie : une hépatite (parfois hépatite médicamenteuse ou alcoolique), une cirrhose du foie

► La présence de calculs biliaires

► Une tumeur au foie ou au pancréas (ictère à bilirubine conjuguée)

► Un blocage de l’écoulement de la bile (obstruction du canal biliaire…)

► La maladie de Gilbert, « qui n’est en réalité pas une maladie mais une anomalie enzymatique. Elle correspond à l’absence d’une enzyme : celle-ci touche 10% de la population, peut provoquer des épisodes de jaunisse très passagers et sans importance« , ajoute le Pr de Lédinghen (les ictères à bilirubine libre).

► Une réaction toxique à un médicament ou à une plante médicinale

Quelle est la cause d’une jaunisse chez le bébé ?

« Les nouveau-nés peuvent également être atteints d’ictère dans les premières semaines de leur vie. C’est absolument banal, sans danger, et ça guérit tout seul, éventuellement en les mettant sous des rayons UV, explique le Pr de Lédinghen. De manière absolument exceptionnelle, l’ictère peut être liée à une maladie génétique« . L’ictère cholestatique est une forme de jaunisse du nouveau-né : le foie n’est pas alors assez mature pour éliminer la bilirubine d’où son passage dans le sang et un taux anormalement élevé. 

Quels sont les symptômes d’une jaunisse ?

Lors d’une jaunisse, on peut observer :

  •  une coloration jaune (signe principal d’une jaunisse) peut toucher la peau, les muqueuses (les parois tapissant la partie interne de certains organes) buccales ou génitales et la conjonctive, qui correspond au blanc de l’œil (ictère conjonctival). Cette dernière localisation est souvent la première à apparaître, voire la seule franchement visible, notamment chez les individus à peau sombre. 
  • la fatigue et des démangeaisons
  • un mauvais goût dans la bouche qui mène à un dégoût des aliments
  • de la fièvre peut être présente 
  • des douleurs abdominales sont possibles 

Est-ce grave ? Mortel ?

La jaunisse est impressionnante mais dans la plupart des cas, la jaunisse n’est pas grave si elle est prise en charge correctement. Parmi les (rares) complications liées à un taux de bilirubine très élevé, il y a :

  • Les convulsions
  • Une surdité
  • Une infirmité motrice du cerveau
  • Un retard de développement…

Quand s’inquiéter en cas de jaunisse ?

Il faut en premier lieu consulter son médecin généraliste qui, après avoir dressé un diagnostic complet, proposera un traitement approprié ou orientera le patient vers un spécialiste du foie.

Comment pose-t-on le diagnostic d’une jaunisse ?

« Lors du diagnostic, le médecin fera tout d’abord réaliser une prise de sang pour mesurer le taux de bilirubine, détaille le Pr de Lédinghen. Le taux est normalement compris entre 0 et 17. Lorsque celui-ci atteint 30 ou 40, ce sont en premier lieu les yeux qui jaunissent. L’examen qui suit, si l’ictère est avéré, est une échographie abdominale« , ajoute l’hépatologue. C’est celle-ci qui permettra de déterminer la cause principale de l’ictère : blocage de l’écoulement de la bile, ou une maladie du foie.

La jaunisse est-elle contagieuse ?

La jaunisse n’est pas contagieuse dans la mesure où il s’agit d’un symptôme et non d’une maladie.

Traitement : comment soigner une jaunisse ?

► L’ictère du nouveau né peut être traité par la photothérapie. Le bébé, nu et les yeux protégés par des lunettes, est placé dans une couveuse spéciale, sous des tubes à fluorescence compacte émettant une lumière bleue.

► Chez l’adulte, le traitement de l’ictère consiste à traiter sa cause. « S’il y a obstacle à l’écoulement de la bile, il faudra lever celui-ci, et si c’est une maladie du foie, il faudra s’attacher à l’identifier et à la traiter. Tant qu’on n’a pas traité la cause, l’ictère ne pourra pas disparaître« , conclut Le Pr de Lédinghen

Merci au Pr Victor de Lédinghen, hépatologue, Service d’Hépato-Gastro-entérologie et d’Oncologie digestive, au CHU de Bordeaux et au Pr Patrick Marcellin, hépatologue.


Source : JDF Santé

Vignette CRIT'AIR : Paris, moto, laquelle pour votre véhicule ?

Vignette CRIT'AIR : Paris, moto, laquelle pour votre véhicule ?

Mise en place en 2017, la vignette Crit’Air est un Certificat de qualité de l’air obligatoire pour circuler dans les zones à faibles émissions mobilité (ZFE-m) instaurées par les collectivités comme les grandes agglomérations (Grenoble, Lyon, Paris…) ou pour circuler lorsque le Préfet instaure la circulation différenciée lors des épisodes de pollution.  On compte aujourd’hui 11 ZFE ; ce chiffre devrait monter à 43 d’ici à 2025. Le 25 octobre 2022, le gouvernement d’Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’un système de « contrôle sanction automatisé » contre les véhicules trop polluants (Crit’Air 5, 4 et 3) interdits dans les agglomérations ZFE d’ici au second semestre 2024. Jusqu’à présent, aucune sanction n’a été mise en place.

C’est quoi la vignette Crit’Air ?

Mise en place en 2017, la vignette Crit’Air est une vignette autocollante à apposer sur le véhicule, de façon bien visible (sur le pare-brise s’il s’agit d’une voiture, d’un utilitaire ou d’un camion, et sur la fourche avant s’il s’agit d’un deux-roues) pour que les forces de l’ordre puissent voir rapidement s’il s’agit d’un véhicule polluant ou non. Ces vignettes participent à la lutte contre la pollution. Elles sont classées de 1 à 6 : les véhicules ayant une vignette 1 sont les moins polluants ; ceux ayant une vignette 6, les plus polluants. Les véhicules les moins polluants bénéficient d’avantages en termes de stationnement et de circulation, notamment les jours de restriction de mobilité. Les 6 classes de certificats qualité de l’air sont déterminées selon trois critères, indiqués sur le certificat d’immatriculation du véhicule :

Les voitures immatriculées avant le 31 décembre 1996, ne peuvent pas obtenir de certificat qualité de l’air.

  • le type de véhicule,
  • sa motorisation (diesel, essence, hybride…)
  • la « norme Euro » qui fixe le seuil maximal d’émissions polluantes pour les véhicules neufs.

Les véhicules les plus polluants, c’est-à-dire ceux immatriculés avant le 31 décembre 1996, ne sont pas classés et ne peuvent pas obtenir de certificat qualité de l’air. La vignette verte est destinée aux véhicules 100% électriques et véhicules à hydrogène. 

Où la vignette Crit’Air est-elle obligatoire ?

La vignette Crit’Air est obligatoire pour circuler dans les zones à faibles émissions mobilité (ZFE-m) instaurées par les collectivités comme les grandes agglomérations (Grenoble, Lyon, Paris…) ou pour circuler lorsque le préfet instaure la circulation différenciée lors des épisodes de pollution.

Zone ZFE 2022-2025
Zone ZFE 2022-2025 © Service-Public

Faut-il une vignette Crit’Air à Paris ?

Pour pouvoir rouler dans Paris, une vignette Crit’Air est obligatoire. Une zone à faibles émissions mobilité (ZFE-m) est en vigueur pour la ville de Paris. 

Pour les véhicules légers/utilitaires légers/2 roues motorisés : sont autorisés uniquement les vignettes Crit’Air verte ou 1 ou 2 ou 3 du lundi au vendredi (sauf jours fériés) de 8h à 20h.
► Pour les poids lourds/autobus : sont autorisés uniquement les vignettes Crit’Air verte ou 1 ou 2 ou 3 de 8h à 20h, 7/7j.

►Depuis le 1er juin 2021, les véhicules catégorisés non classés, Crit’Air 5 et Crit’Air 4 ne peuvent plus circuler sur l’ensemble du territoire parisien, y compris le boulevard périphérique et les bois (Vincennes et Boulogne) – A86 exclue-, dans le cadre de la zone à faibles émissions métropolitaine. Sont ainsi interdits :

  • Les deux-roues, tricycles et quadricycles à moteur en circulation avant le 1er juillet 2004
  • Les voitures diesel en circulation avant le 1er janvier 2006
  • Les voitures essence en circulation avant le 1er janvier 1997
  • Les véhicules utilitaires légers diesel en circulation avant le 1er janvier 2006
  • Les véhicules utilitaires légers essence en circulation avant le 1er octobre 1997
  • Les poids lourds diesel en circulation avant le 1er octobre 2009
  • Les poids lourds essence en circulation avant le 1er octobre 2001

Comment obtenir la vignette Crit’Air ?

Voici la marche à suivre pour obtenir son certificat de qualité de l’air : 

  • Aller sur le site www.certificat-air.gouv.fr, muni de sa carte grise. L’adresse figurant sur le document doit être à jour avant d’effectuer la demande.
  • Entrer les informations demandées, notamment le numéro d’immatriculation et sa date de première mise en circulation. 
  • Ce processus ne prend que quelques minutes. Après avoir rempli le formulaire et vérifié le récapitulatif, place au paiement et à la synthèse. Le document sera envoyé par voie postale à l’adresse indiquée. 

Quelle vignette Crit’Air pour mon véhicule ?

Le certificat de qualité de l’air s’applique pour tous les véhicules. Cette classification des véhicules est définie par l’arrêté du 21 juin 2016, en application des articles L.318-1 et R.318-2 du code de la route.

Classe 1 (vignette violette) : concerne les véhicules gaz et véhicules hybrides rechargeables : deux-roues, tricycles et quadricycles à moteur disposant de la norme EURO 4 (à partir du 1er janvier 2017 pour les motocycles et du 1er janvier 2018 pour les cyclomoteurs). Ainsi que les voitures et utilitaires légers essence ayant la norme EURO 5 ou 6 (à partir du 1er janvier 2011) ; mais aussi les poids lourds, autobus et autocar essence disposant de la norme EURO VI (à partir du 1er janvier 2014). 

→  Classe 2 (vignette jaune) : concerne les deux-roues, tricycles et quadricycles à moteur disposant de la norme EURO 3 (du 1er janvier 2007 au 31 décembre 2016 pour les motocycles et 31 décembre 2017 pour les cyclomoteurs) ; les voitures et utilitaires légers diesel ayant la norme EURO 5 et 6 (à partir du 1er janvier 2011), les voitures et véhicules utilitaires légers essence ayant la norme EURO 4 (du 1er janvier 2006 au 31 décembre 2010) ; les poids lourds, autobus et autocar diesel ayant la norme VI (à partir du 1er janvier 2014) et les essence disposant de la norme EURO V (du 1er octobre 2009 au 31 décembre 2013). 

Classe 3 (vignette orange) : concerne les deux-roues, tricycles et quadricycles à moteur disposant de la norme EURO 2 (du 1er juillet 2004 au 31 décembre 2006) ; les voitures et utilitaires légers diesel ayant la norme EURO 4 (du 1er janvier 2006 au 31 décembre 2010) ; les voitures et véhicules utilitaires légers essence ayant les normes EURO 2 et 3 (du 1er janvier 1997 au 31 décembre 2005) ; les poids lourds, autobus et autocar diesel ayant la norme EURO V (du 1er octobre 2009 au 31 décembre 2013) et les poids lourds, autobus et autocar essence ayant les normes EURO III et IV.

VIGNETTE CRIT'AIR
Tableau de classement des véhicules pour la vignette Crit’Air © Ministère de la Transition Ecologique

Les motos sont-elles concernées par la vignette Crit’Air ?

Le certificat de qualité de l’air s’applique pour tous les véhicules, y compris les motos.

  • Crit’Air : motos 100% électriques et hydrogène
  • Crit’Air 1 : 2 roues Euro 4
  • Crit’Air 2 : 2 roues Euro 3
  • Crit’Air 3 : 2 roues Euro 2
  • Crit’Air 4 : 2 roues sans norme de juin 2000 à juin 2004

Quelle est la durée de validité de la vignette Crit’Air ?

Une fois délivré, le certificat de qualité de l’air reste valide tout au long de la vie du véhicule. 

Quel est le prix de la vignette ?

En France, la vignette coûte 3,11 € + 0,59 € pour les frais de port dont 3,70 euros en tout

Sources :

Certificats qualité de l’air : Crit’Air, Gouvernement, 7 juin 2022

Obtenir son certificat qualité de l’air, Ministère Transition Ecologique.


Source : JDF Santé

Stéatose hépatique : quels symptômes, est-ce grave ?

Stéatose hépatique : quels symptômes, est-ce grave ?

Une stéatose hépatique est un trouble du foie : il s’agit d’une accumulation anormale de graisse dans les cellules du foie. Elle est généralement asymptomatique ou provoque des symptômes peu spécifiques comme une fatigue ou une gêne abdominale. Selon la Société nationale Française de Gastro-Entérologie (SNFGE), un Français adulte sur 5 a une stéatose hépatique. A quoi est-ce dû ? Quels sont les symptômes d’une stéatose hépatique ? Est-ce que c’est grave ? Réversible ? Comment la soigner ?

Définition : qu’appelle-t-on une stéatose hépatique ? 

Une stéatose hépatique correspond à une accumulation de graisse dans le foie. Précisément, la stéatose est une infiltration de triglycérides dans les cellules. « Des gouttelettes de graisse atteignent les cellules hépatiques et s’y accumulent ; elles ne sont pas toxiques en tant que telles« , explique le Pr Victor de Lédinghen, hépatologue au CHU de Bordeaux.

► La stéatose hépatique peut être due à une consommation problématique d’alcool : c’est la stéatose hépatique alcoolique

► La stéatose hépatique peut avoir une autre cause et ne pas être associée à une consommation excessive d’alcool : on parle alors de stéatose hépatique non alcoolique ou NASH

Quels sont les symptômes d’une stéatose hépatique ?

Dans la grande majorité des cas, la stéatose hépatique n’est responsable d’aucun symptôme : on parle de maladie asymptomatique. « La maladie est silencieuse, d’où la nécessité de se dépister si l’on cumule des facteurs de risque« , alerte Victor de Lédinghen. A moindre échelle, on peut rencontrer :

  • Un foie augmenté de volume (hépatomégalie)
  • Une gêne dans l’abdomen
  • Une importante fatigue

La maladie peut ainsi évoluer jusqu’au stade de cirrhose débutante sans aucun symptôme ni signe clinique. « En revanche, la « crise de foie » ou la « crise de stéatose hépatique » est un mythe : cela fait référence à un dysfonctionnement de l’estomac, le foie n’est pas en cause. Il n’existe pas de symptômes aigus liés à la stéatose hépatique. » tient à rétablir notre expert. 

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Schéma d’une stéatose hépatique © deeday333123 – 123RF

C’est quoi une stéatose hépatique simple ?

On parle de stéatose simple quand les cellules hépatiques ne sont pas endommagées : il s’agit d’un stade bénin caractérisé par une accumulation de graisse dans le foie.

C’est quoi une stéatose hépatique diffuse ?

On parle de stéatose diffuse, ou sévère, lorsqu’on atteint un stade avancé de la pathologie, où l’ensemble du tissu hépatique est touché.

C’est quoi une stéatose hépatique homogène ?

C’est à l’échographie que l’on verra si la stéatose est homogène ou hétérogène. Elle est homogène quand les graisses sont stockées uniformément dans les cellules du foie. 

Conséquences de l'alcool sur le foie
Conséquences de l’alcool sur le foie © Natalia Chaykovskaya – 123RF

La stéatose hépatique est-elle causée par l’alcool ?

La stéatose hépatique peut être liée à un usage excessif et régulier d’alcool (stéatose hépatique alcoolique) ou survenir en dehors de toute consommation d’alcool. Cette forme, la stéatose hépatique non alcoolique (NASH), est de plus en plus fréquente en France. « Elle concernerait 15 à 20 % de la population et est liée à l’augmentation du nombre de personnes atteintes de syndrome métabolique« , précise le Pr de Lédinghen

La stéatose hépatique est-elle causée par un surpoids ?

Un syndrome métabolique (diabète, surpoids ou obésité, hypertension artérielle, hypercholéstérolémie), ainsi qu’une mauvaise alimentation, trop riche en apports sucrés, peuvent être à l’origine d’une stéatose hépatique non alcoolique. « Plus on cumule ces facteurs, plus on a de risque d’avoir une stéatose« , ajoute Victor de Lédinghen. En France, 90 % des personnes obèses et diabétiques de type 2 ont une stéatose hépatique.

Quels médicaments peuvent entraîner une stéatose hépatique ?

La prise de certains médicaments (les corticoïdes, l’amiodarone, le méthotrexate) peut également être en cause dans une stéatose hépatique non alcoolique. « Mais les cas restent rares et les molécules sont très spécifiques« , précise le Pr de Lédinghen. Enfin, la grossesse constitue un facteur de risque de stéatose gravidique, cas potentiellement fatal pour la mère et l’enfant mais lui aussi très rare.

Comment pose-t-on le diagnostic d’une stéatose hépatique ?

« Etant asymptomatique, la maladie est souvent diagnostiquée par hasard, lors d’une échographie de routine ou d’une prise de sang. Le médecin détecte alors une anomalie hépatique« , explique le Pr de Lédinghen. Le diagnostic de la stéatose hépatique se fait par le biais d’une palpation, lors de laquelle on peut découvrir une hépatomégalie (augmentation du volume du foie) et d’une imagerie du foie. L’échographie permet d’identifier la stéatose par un aspect « brillant » du foie. « Le taux normal de graisse dans les cellules est inférieur à 5 %. L’échographie permet de dépister la stéatose lorsqu’elle est supérieure à 30 %« , précise l’hépatologue.  Une analyse de sang sera régulièrement réalisée pour contrôler les transaminases et les gamma GT, et vérifier l’absence de dérive vers le stade de cirrhose.

Quelles sont les complications d’une stéatose hépatique ?

Lorsqu’aucune mesure n’est mise en œuvre et que la surcharge en triglycérides se maintient, le risque de complications augmente. Une inflammation peut se produire au niveau du foie. Cette inflammation, si elle n’est pas maîtrisée, peut entraîner des manifestations plus sévères comme une fibrose hépatique et une cirrhose du foie, avec un risque de cancer du foie. Chez les patients atteints de cirrhose, la réalisation d’une échographie du foie tous les six mois est systématique afin de détecter les cancers du foie lorsqu’ils sont de petite taille et ainsi proposer un traitement curatif.

Quel traitement pour soigner la stéatose hépatique ?

Le traitement de la stéatose hépatique passe avant tout par celui de sa cause.

Si l’alcool est à l’origine de la maladie, il doit être supprimé.

En cas de syndrome métabolique, « des mesures hygiéno-diététiques doivent être prises – régime alimentaire adapté, activité physique« . Par ces mesures non médicamenteuses, le foie peut retrouver un aspect normal en quelques semaines.

► « Aucun médicament, à ce jour, permettant de traiter la stéatose hépatique n’a d’autorisation de mise sur le marché (AMM), mais de nombreux essais thérapeutiques sont en cours« , commente Victor de Lédinghen.

La stéatose hépatique est-elle réversible ?

Oui, elle peut. Déjà, en perdant un peu de poids, le patient améliore les lésions hépatiques observées dans la maladie. La perte de poids permet une réversibilité de l’inflammation voire de la fibrose hépatique : perdre 10 % du poids du corps fait disparaître la stéatose hépatique dans 90 % des cas, indique la Société nationale Française de Gastro-Entérologie (SNFGE).

Quelle est l’espérance de vie en cas de stéatose hépatique ?

La stéatose hépatique ne raccourcit pas l’espérance de vie. En revanche, lorsque des complications surviennent (cirrhose du foie, 

Merci au Pr Victor de Lédinghen, hépatologue au CHU de Bordeaux.


Source : JDF Santé

Comment drainer son foie naturellement ?

Comment drainer son foie naturellement ?

Après des excès alimentaires, des repas copieux ou trop riches en alcool, le foie peut être engorgé et il faut de temps en temps le nettoyer ou le détoxifier. Comment drainer son foie naturellement ? Quelle est la meilleure détox pour le foie ? Quand la faire ? Combien de temps faut-il pour nettoyer le foie ? Avec quelles plantes ? Les méthodes naturelles ou de grand-mère ?

Pourquoi drainer son foie ?

Pollution, alimentation industrielle, stress… Le foie est mis à rude épreuve tout au long de l’année. Myriam Zlotnik, naturopathe, conseille de procéder à un drainage du foie afin de retrouver forme et énergie. Mais attention, détoxifier son foie ne se fait pas n’importe comment. Plus on avance en âge et plus on aura des signes de fatigue hépatique. Prendre soin de son foie est capital pour la préservation de sa santé et garantit le bon équilibre de l’organisme. On pourra facilement observer les signes de fatigue du foie comme une mauvaise haleine, une langue chargée, des réveils nocturnes entre 1 h et 3 h du matin, ou encore, des maux de tête.

Il est conseillé de drainer son foie au début du printemps.

A quel moment de l’année drainer son foie ?

Le changement de saison est idéal pour procéder au drainage du foie. En médecine traditionnelle chinoise, on préconise le passage de l’hiver au printemps. En effet, durant l’hiver le corps met au repos les organes dédiés à l’élimination et c’est au printemps qu’ils seront très sollicités et auront le plus de force. Le drainage permet de booster le processus d’élimination des toxines déjà naturellement mis en route au printemps. Par ailleurs, la période hivernale est propice à la production et surtout au stockage de déchets qui s’accumuleront dans le foie et finiront par envahir le sang si l’on ne les élimine pas.

Combien de temps pour nettoyer son foie ?

Détoxifier son foie ne se fait pas en un jour ! La détox doit durer au moins 2 à 3 semaines pour observer les effets. Entre chaque cure détox, il convient de respecter un laps de temps d’au moins 1 mois. 

Comment faire pour drainer son foie ?

Pour éliminer les toxines et régénérer le foie en douceur, il faut :

► Éliminer les laitages, les produits raffinés trop gras et trop sucrés, les excitants (alcool, café, tabac…) ou encore les grillades.

► Privilégier les aliments riches en fibres (légumes crucifères comme le chou-fleur, le brocoli…), de préférence crus.

► Boire 2 litres d’eau par jour.

Quelles sont les meilleures plantes pour drainer son foie ?

Il convient de miser sur les plantes une fois le nettoyage entamé et la machine lancée. Le choix des plantes adaptées se fera grâce à l’accompagnement du naturopathe. Certaines plantes aident au nettoyage du foie pendant la nuit :

  • L‘artichaut (à prendre le soir en graines, en tisanes ou en gélules)
  • Le boldo (à prendre le soir en graines, en tisanes ou en gélules)
  • Le fumeterre (à prendre le soir en graines, en tisanes ou en gélules)
  • Le romarin (à prendre après les repas pour libérer la bile)
  • Le radis noir (à prendre après les repas pour libérer la bile)
  • Le Chardon-Marie (à prendre après les repas pour libérer la bile).

Comment nettoyer son foie naturellement ?

Appliquer une bouillotte chaude sur son foie chaque soir (en respectant les précautions d’usage de la bouillote).

Opter pour le sauna, la sophrologie, la méditation, le yoga ou la réflexologie faciale pour se relaxer afin d’éviter le stress et éliminer encore plus les toxines.

► Ne pas gaspiller d’énergie inutilement afin de tout concentrer sur le travail du foie. Une bonne vitalité sera donc nécessaire pour avoir les ressources nécessaires à cette détoxification. Si l’on ressent déjà de la fatigue ou encore du stress qui en consomme beaucoup, le drainage peut avoir tout l’effet inverse. Il faudra donc se revitaliser afin de retrouver l’énergie suffisante pour effectuer correctement cette detox.

S’alléger en stress en pratiquant les activités adéquates et alléger son alimentation pour ne pas consommer tout son capital énergétique au niveau de la digestion.

► Pratiquer le brossage à sec avant la douche avec une brosse douce en poils naturels : effectuer les mouvements de bas en haut, toujours en direction du cœur. Ce réflexe quotidien permettra d’évacuer plus facilement les toxines par la peau.

Quelles sont les précautions et contre-indications quand on fait une détox du foie ?

Un accompagnement dans une détox du foie est plus que conseillé. En effet, le drainage doit être fait correctement en prenant compte de son état physique du moment. Le drainage du foie est totalement contre-indiqué :

► Pour les femmes enceintes (en revanche, une détox globale pour préparer une future grossesse est idéale)

► Si l’on souffre de lésions ou de troubles spécifiques au niveau du foie.

Quels sont les risques et effets secondaires d’une détox du foie ?

Il faut être conscient que libérer les toxines du corps peut avoir des conséquences quelque peu désagréables comme des boutons, une sueur plus odorante, une urine foncée. Même si ces désagréments sont le signe du bon fonctionnement du processus, ils peuvent être inquiétants lorsque l’on affronte son drainage seul. D’où l’intérêt une nouvelle fois d’être accompagné. Par ailleurs, changer d’alimentation et adopter une nouvelle hygiène de vie n’est pas toujours facile à mettre en place et un naturopathe sera en mesure d’évaluer les risques, mais aussi le succès du drainage avant de commencer, et pourra vous proposer une détox personnalisée.

Merci à Myriam Zlotnik, thérapeute certifiée et validée du réseau Médoucine (réseau de praticiens qui propose des prises de rendez-vous en médecines douces)


Source : JDF Santé

Cirrhose du foie : symptômes, quelle espérance de vie ?

Cirrhose du foie : symptômes, quelle espérance de vie ?

En France, la cirrhose du foie provoque environ 15 000 décès par an et l’âge moyen du diagnostic est 55 ans, selon l’Assurance maladie. La cirrhose est une maladie du foie qui se caractérise par une inflammation des cellules du foie et donc par leur destruction. Elle est souvent découverte fortuitement, au cours d’un examen clinique alors que le patient consulte pour une autre raison. Dans un premier temps, la cirrhose du foie reste silencieuse et n’entraîne pas de symptômes. On parle de cirrhose compensée. Lorsque les lésions hépatiques s’aggravent, des symptômes peuvent survenir. On parle alors de cirrhose décompensée. Est-ce que la cirrhose du foie est un cancer ? Quels sont les premiers signes d’une cirrhose du foie ? Est-ce qu’on peut guérir d’une cirrhose du foie ? Quelle espérance de vie ?

Définition : c’est quoi une cirrhose du foie ?

La cirrhose du foie est une maladie chronique du foie caractérisée par une désorganisation de l’architecture du foie. « Le foie est dur car il est rempli de fibres qui sont la conséquence d’une inflammation chronique du foie » résume le Pr Victor de Lédinghen, hépato-gastroentérologue au CHU de Bordeaux. Cette inflammation peut être due à une hépatite, ou à une stéatose hépatique alcoolique ou non alcoolique (cirrhose hépatique sur NASH). La cirrhose hépatique chronique peut être stable ou bien évoluer. « La cirrhose est un foie qui devient cicatriciel. Autrement dit, c’est un foie qui a de la fibrose qui sont des cicatrices.  Ce qu’il se passe, c’est que les virus ont besoin des cellules du foie pour se multiplier. Ils entrent donc dans les cellules du foie et une fois à l’intérieur, ils vont la détruire (le fait de se multiplier va entraîner la destruction de la cellule du foie). Si un nombre important de cellules du foie sont détruites, le mécanisme de régénération du foie est dépassé et au lieu que le foie remplace une cellule détruite par une cellule toute neuve, il va y avoir des cicatrices« 

Schéma d'une cirrhose du foie
Schéma d’une cirrhose du foie © designua – 123RF

C’est quoi une cirrhose compensée ?

A son premier stade, elle n’a pas d’impact clinique : on parle de cirrhose compensée. La cirrhose n’entraîne pas de symptômes, elle évolue silencieusement.

C’est quoi une cirrhose décompensée ?

A son deuxième stade, lorsque les défaillances hépatiques s’aggravent ou en l’absence de prise en charge précoce, la cirrhose peut évoluer au stade suivant : on parle alors de cirrhose décompensée. Des complications peuvent survenir comme des vomissements avec du sang, du sang dans les selles, une jaunisse…

Comment savoir si une cirrhose est sévère ?

Deux scores sont utilisés pour évaluer la sévérité d’une cirrhose : le score de Child-Pugh et le score MELD. Ils associent plusieurs données médicales comme la présence d’ascite (accumulation de liquide dans le péritoine), le taux de bilirubine sérique, l’INR… 

Quelles sont les causes possibles d’une cirrhose du foie ?

  • L’alcool (consommation excessive et prolongée) est une des causes principales de la cirrhose, dans 50 à 75% des cas.
  • La stéatose non alcoolique, ou maladie du foie gras, constitue une autre cause de cirrhose, de plus en plus fréquente.
  • Les virus sont aussi à l’origine de cirrhoses : en France, l’hépatite B chronique est en cause dans environ 5% des cas et l’hépatite C chronique, dans 10 à 20% des cas. 
  • Le syndrome métabolique (diabète, surcharge pondérale, hypertension)
  • Des maladies génétiques (cirrhose biliaire primitive, maladie de Wilson, déficit héréditaire en alpha-1 antitrypsine, hémochromatose…)
  • Des maladies auto-immunes, comme la cirrhose biliaire primitive. 
  • L’insuffisance cardiaque droite.

Quels sont les (premiers) symptômes d’une cirrhose du foie ?

Une cirrhose peut passer totalement inaperçue avant que les premières manifestations apparaissent, souvent très tardivement. « Ce stade peut durer des années » précise le Pr Victor de Lédinghen. Lorsqu’elle est décompensée, la cirrhose est associée à des symptômes, tels que :

  • Des varices œsophagiennes, qui peuvent provoquer des hémorragies digestives et des vomissements de sang. 
  • Un ictère (jaunisse)
  • Une ascite (présence de liquide à l’intérieur de la cavité abdominale)
  • Un œdème aux chevilles.
  • Une fatigue
  • Une perte d’appétit et de poids
  • Des nausées et vomissements
  • Des crampes musculaires…

Comment pose-t-on le diagnostic d’une cirrhose du foie ?

La cirrhose est souvent découverte lors d’un examen clinique. « La cirrhose peut être recherchée parce qu’une personne a une maladie à risque, comme une hépatite. Sinon, on peut la diagnostiquer avec une prise de sang qui révèle un niveau de plaquettes bas et une anomalie de coagulation« , précise le Pr de Lédinghen. Dans tous les cas, le médecin interroge son patient sur ses facteurs de risque, sa consommation d’alcool, de médicaments, ses antécédents, et recherche des signes évocateurs de la cirrhose (foie gros et dur, rate volumineuse…). Lorsque le médecin traitant suspecte une cirrhose, il adresse le patient à un hépato-gastro-entérologue en ville ou à l’hôpital. Le diagnostic de cirrhose est confirmé par des analyses sanguines, des examens d’imagerie et une biopsie du foie, même si cette dernière est de moins en moins pratiquée.  L’échographie permet de révéler une anomalie du foie, de même que l’examen FibroScan, technique qui consiste à évaluer la dureté du foie de manière non invasive. 

La cirrhose du foie est-elle un cancer ?

Non. La cirrhose du foie n’est pas un cancer, mais parmi ses complications possibles, il y a en effet le cancer du foie (carcinome hépatocellulaire). Non traitée ou si elle évolue défavorablement, la cirrhose peut donc évoluer en cancer. Le plus souvent, le cancer survient dans les 15 à 20 ans suivant l’apparition de la cirrhose. On estime que 90% des cas de cancer du foie sont liés à une cirrhose. Le diagnostic est le plus souvent posé lors de la transformation d’un nodule visible à l’échographie. L’IRM montre que ce nodule est irrigué par de nombreux vaisseaux sanguins, et la biopsie du foie confirme la présence de cellules cancéreuses.

Quelles sont les complications possibles de la cirrhose du foie ?

L’insuffisance hépatique est une autre complication de la cirrhose ; elle apparaît lorsque plus de 75% du foie est détruit. La cirrhose peut également être responsable d‘encéphalopathie (altération de la conscience pouvant conduire au coma) due, en grande partie, à l’incapacité du foie à éliminer l’ammoniac produit par les bactéries du tube digestif.

Traitement : comment soigner la cirrhose du foie ?

Il n’existe pas de traitement spécifique de la cirrhose. « Le traitement de la cirrhose passe avant tout par celui de sa cause » martèle le Pr de Lédinghen.

Si l’alcool est à l’origine de la maladie, un sevrage est indispensable.

► Si une hépatite est en cause, la stratégie thérapeutique vise à la traiter.

► En cas d’origine liée à un syndrome métabolique, des traitements spécifiques associés à des mesures hygiéno-diététiques sont prescrits. « Si on traite la cause et qu’on supprime l’inflammation, alors la cirrhose peut régresser. »

En cas de cirrhose décompensée. Les médicaments disponibles visent à prévenir la décompensation. En cas de varices œsophagiennes, des bêta-bloquants sont administrés pour éviter les hémorragies digestives. Les médicaments diurétiques permettent quant à eux d’éliminer l’excès de liquide. Le surplus de liquide présent dans l’abdomen peut être retiré au cours d’une ponction.

Quand faire une greffe du foie en cas de cirrhose ?

Une greffe du foie peut être envisagée chez certaines personnes atteintes d’insuffisance hépatique sévère. La transplantation hépatique représente le traitement primitif de cancer du foie dans certains cas spécifiques. Il ne peut être proposé que pour les tumeurs de petites tailles et avant l’âge de 70 ans. Chaque année, environ 1 000 patients sont transplantés en France, avec une survie à cinq ans de plus de 80% et une durée de vie du greffon de plus de 20 ans.

Quelle espérance de vie avec une cirrhose du foie ?

Les personnes atteintes d’une cirrhose du foie à un stade avancé ont une espérance de vie moyenne de 2 ans environ.

Merci au Professeur Victor de Lédinghen, Hépato-Gastroentérologue au CHU de Bordeaux.


Source : JDF Santé