2 Fév 2023 | JDF Santé
Indications : quand peut-on retirer la pomme d’Adam ?
L’ablation de la pomme d’Adam est souvent effectuée dans le cadre de la transidentité (opération transgenre) ou bien dans un contexte esthétique chez les femmes et hommes qui la trouvent trop imposante.
Avant l’opération, un scanner est effectué pour évaluer l’emplacement des cordes vocales. L’intervention se déroule sous anesthésie générale, dure environ une heure et nécessite 24 heures d’hospitalisation afin de vérifier qu’aucun hématome ne se forme à ce niveau-là. « Nous enlevons entre 3 et 5 mm du bord supérieur du cartilage thyroïde qui est à l’origine du relief de la pomme d’Adam. Nous ne supprimons jamais entièrement la pomme d’Adam ni plus de 5 mm car les cordes sont présentes juste en-dessous », explique le Dr Xavier Lachiver, chirurgien de la face et du cou à Neuilly-sur-Seine. Un gel de silicone est ensuite placé pour éviter le fil des points de suture.
Quels sont les risques d’une chirurgie de la pomme d’Adam ?
La formation d’un hématome au niveau de la pomme d’Adam est le principal risque possible après l’intervention. « Cela peut être très gênant car, s’il est placé au-dessus des cordes vocales, la respiration devient difficile« , prévient le chirurgien. Le second risque possible est l’adhérence de la peau au cartilage : « si c’est le cas, en avalant, la peau descendra et montera dans le même temps que le larynx ».
Y a-t-il une cicatrice après l’opération ?
Il y a en effet une cicatrice invisible si elle est placée au bon endroit. Pour qu’elle ne soit pas visible et pour éviter l’adhérence de la peau au cartilage comme expliqué précédemment, il est important de placer la cicatrice, non pas au niveau du cou, mais dans l’angle entre le menton et le cou.
Convalescence : quelles précautions prendre après l’opération ?
« Le patient peut remanger rapidement et ce qu’il veut après l’opération. Il n’y a aucune douleur mais une gêne peut être ressentie à la déglutition. Généralement, les patients sortent 24 heures après l’intervention avec du paracétamol. Il n’y a aucune précaution à prendre hormis éviter les efforts physiques pendant une quinzaine de jours« , indique le chirurgien.
Quel est le prix d’une chirurgie de la pomme d’Adam et est-ce remboursé ?
L’ablation de la pomme d’Adam est prise en charge par la Sécurité sociale uniquement dans le cadre de la transidentité. L’intervention coûte environ 3000 euros tous frais inclus dans un cadre purement esthétique.
Merci au Dr Xavier Lachiver, chirurgien de la face et du cou à Neuilly-sur-Seine.
Source : JDF Santé
2 Fév 2023 | JDF Santé
Définition : qu’est-ce que le signe de Prehn ?
Le signe de Prehn est un signe clinique qui permet de connaître l’origine d’une douleur ressentie au niveau des testicules. Il consiste à soulever le testicule et à demander au patient si la douleur est soulagée. Ce signe permet de distinguer une torsion testiculaire d’une inflammation de l’épididyme (épididymite). Si le soulèvement du testicule apaise la douleur, le signe est dit positif et le médecin peut orienter son diagnostic vers une épididymite. Si ce geste ne soulage pas la douleur, il s’agit d’une torsion testiculaire.
Quelles sont les indications du signe de Prehn ?
« Le signe de Prehn est indiqué en cas de douleurs testiculaires aiguës, pour faire la distinction entre une torsion testiculaire qui représente une urgence chirurgicale absolue, et une inflammation de l’épididyme (épididymite). Ce signe est très peu fiable. En cas de doute, on préfèrera opérer pour éviter la nécrose du testicule », indique le Dr Vincent Hupertan, chirurgien urologue à Paris.
Le signe de Prehn doit être effectué par un urologue, le chirurgien spécialisé dans les troubles de l’appareil génital et urinaire de l’homme et de la femme. La technique consiste à placer sa main sous le testicule douloureux du patient puis à le soulever.
Que signifie un signe de Prehn positif ?
Le signe de Prehn est dit positif si le fait de soulever le testicule soulage la douleur. « Cela signifie que la douleur est liée à la gravitation qui tire et pèse sur le testicule. Il s’agit donc d’une inflammation de l’épididyme (épididymite) », précise le spécialiste.
Que signifie un signe de Prehn négatif ?
Le signe de Prehn est dit négatif si le fait de soulever le testicule n’apaise pas la douleur : il s’agit alors d’une torsion testiculaire, c’est-à-dire d’un entortillement des vaisseaux du testicule dans la bourse, empêchant celui-ci de recevoir l’apport sanguin nécessaire à sa survie. Il s’agit d’une urgence chirurgicale absolue pour éviter la nécrose du testicule. Elle survient le plus souvent avant l’âge de 18 ans.
Merci au Dr Vincent Hupertan, chirurgien urologue
Source : JDF Santé
2 Fév 2023 | JDF Santé
Définition : qu’est-ce qu’une carbonarcose ?
La carbonarcose correspond à un état de somnolence qui conduit au coma et engage le pronostic vital. Elle résulte d’une surcharge en dioxyde de carbone dans le sang (hypercapnie) et apparaît chez certains patients atteints d’une affection respiratoire telle qu’une bronchite sévère, une dyspnée sévère ou une broncho-pneumopathie chronique obstructive.
Quelles sont les causes possibles d’une carbonarcose ?
« La carbonarcose est un terme désuet qui correspondait à des somnolences (narcoses) liées à un manque d’oxygène en particulier chez l’insuffisant respiratoire et s’appelait ainsi car cette hypoxie s’associait à une augmentation du gaz carbonique dans le sang (CO2) et à une acidose respiratoire (sang plus acide lié à l’augmentation du CO2) », informe le Dr Marc Rey. Dans certains cas, la carbonarcose est volontairement provoquée pour protéger les alvéoles pulmonaires. On parle dans ce cas d’hypercapnie permissive intentionnelle.
Quels sont les symptômes d’une carbonarcose ?
La carbonarcose se traduit par une mauvaise adaptation de la ventilation aux besoins du corps. Le sujet éprouve :
- D’abord, des difficultés pour respirer
- Puis, une envie soudaine et involontaire de dormir.
Qui est le plus à risque de faire une carbonarcose ?
Les sujets les plus à risque de faire une carbonarcose sont ceux qui sont atteints d’une affection respiratoire telle qu’une bronchite sévère, une dyspnée sévère ou une broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO).
Quel traitement en cas de carbonarcose ?
Le traitement de la carbonarcose repose, en premier lieu, sur l’assistance respiratoire. En parallèle, il est primordial de traiter l’insuffisance respiratoire à l’origine de la carbonarcose. Le traitement de la dyspnée repose quant à lui sur l‘oxygénotherapie. En cas de BPCO, des bronchodilatateurs par voie inhalée seront proposés.
Merci au Dr Marc Rey, neurologue spécialiste du sommeil, président de l’Institut National du Sommeil et de la Vigilance (INSV)
Source : JDF Santé
2 Fév 2023 | JDF Santé
En août 2015, la justice française a reconnu pour la première fois un handicap dû à l’électrosensibilité. Également appelée sensibilité électromagnétique, cette pathologie est encore mal connue. Un point sur les symptômes les plus fréquemment observés, le diagnostic et le traitement envisagé avec le Dr Dominique Tripodi, chef du service pathologie professionnelle environnementale au CHU de Nantes.
Définition : qu’est-ce qu’une personne électrosensible ?
« La personne électrosensible se définit comme présentant une intolérance aux champs électromagnétiques, qu’ils soient de haute fréquence, de basse fréquence, ou les deux. Si certaines personnes électrosensibles parviennent à continuer le travail avec des adaptations, d’autres se retrouvent confinées et contraintes de vivre dans des » zones blanches , c’est-à-dire souvent isolés dans la nature », pose d’emblée le Dr Dominique Tripodi.
Quels sont les symptômes de l’électrosensibilité ?
Il n’existe pas de liste de manifestations spécifiques à la sensibilité électromagnétique, mais certains signes sont fréquemment observés. D’après l’OMS, il peut s’agir de :
- réactions dermatologiques (rougeurs, brûlures),
- une fatigue importante (asthénie),
- étourdissements,
- difficultés de concentration,
- nausées
- palpitations
- maux de tête
- douleurs oculaires
- acouphènes
Les symptômes sont d’intensité et de gravité variables en fonction des individus. Dans certains cas, cette sensibilité peut s’avérer particulièrement handicapante au quotidien.
Quelles causes ou maladies peuvent expliquer une électrosensibilité ?
L’électrosensibilité est généralement attribuée à l’exposition aux champs électromagnétiques (CEM). Les ondes électromagnétiques sont plus ou moins puissantes selon leur fréquence. Elles peuvent être émises par les antennes de télévision ou de radio, par les téléphones portables, et par les appareils ménagers. L’apparition de symptômes peut également être due à la crainte des effets des champs électromagnétiques sur la santé, plus qu’à l’exposition elle-même. « A ce jour, nous manquons d’éléments de preuve scientifique pouvant expliquer la/les causes précises« , explique le chef du service pathologie professionnelle environnementale au CHU de Nantes.
« L’électrosensibilité n’est pas reconnue comme une maladie en France »
Qui consulter quand on est électrosensible ?
Si les symptômes décrits dans le rapport de l’Anses de 2018 correspondent à ceux évoqués par le patient, l’électrosensibilité peut être suspectée. Toutefois, il n’existe, à ce jour, aucun examen complémentaire, qu’il soit médical, biologique ou radiologique pour confirmer le trouble. « L’électrosensibilité n’étant pas reconnue comme une maladie en France, le diagnostic peut s’avérer difficile. Les personnes se trouvent démunies, pas ou peu reconnues comme porteurs d’un handicap. Les médecins généralistes connaissent très peu ce syndrome. Les patients peuvent être orientés vers des centres de consultation de pathologies professionnelles et environnementales qui se trouvent dans des CHU », précise le spécialiste.
Les personnes qui pensent être sensibles aux champs magnétiques sont invitées à consulter un médecin en vue d’un diagnostic approprié. A l’heure actuelle, il n’existe pas de critères diagnostiques clairs. C’est pourquoi le médecin doit tout d’abord éliminer les autres pathologies pouvant être à l’origine des symptômes en procédant à un examen médical et psychologique.
Quel est le traitement pour soigner une électrosensibilité ?
Le traitement est prescrit au cas par cas, et repose en première intention sur la prise en charge des symptômes. Un suivi sur le long terme peut être proposé aux personnes souffrant de symptômes chroniques et handicapants, de même qu’une prise en charge psychologique. Si le lien est établi entre les symptômes et l’exposition aux champs électromagnétiques, des mesures de prévention peuvent également être mises en place afin de réduire l’exposition aux champs électromagnétiques : la modification des conditions de travail pour continuer à mener une vie sociale normale, par exemple.
Quel est le danger d’un compteur Linky chez une personne électrosensible ?
Le danger des courants porteurs en ligne (CPL) sur la santé n’est à ce jour pas établi et on ne retrouve pas d’étude scientifique qui se soit intéressée à l’effet direct des compteurs Linky sur la santé. « Les sources d’exposition concernées ici sont les champs électromagnitiques de basses fréquences à partir du réseau électrique. Là encore, l’effet possible sur la santé des champs électromagnétiques basse fréquence n’est pas arrêté. Les études actuelles concernent essentiellement les lignes haute tension qui émettent des champs électromagnétiques de basse fréquence », informe le Dr Dominique Tripodi.
Merci au Dr Dominique TRIPODI, chef du service pathologie professionnelle environnementale au CHU de Nantes
Source : JDF Santé
2 Fév 2023 | JDF Santé
Découverte inattendue dans le monde scientifique. Un nouveau virus, nommé provisoirement Human Circovirus 1 ou HCirV-1, a été identifié par des médecins et des scientifiques de l’Institut Pasteur, rapporte un communiqué publié sur leur site le 25 janvier 2023. Cette espèce inconnue de circovirus (qui n’attaque normalement que les animaux (porcs et oiseaux)) serait capable de causer d’importants dommages au foie chez l’humain. Une étude publiée dans la revue scientifique Emerging Infectious Diseases, le 3 janvier 2023, rapporte qu’il aurait été responsable d’une hépatite chez une patiente française de 61 ans, doublement greffée et sous traitement immunosuppresseur. Que sait-on de ce nouveau virus ? Doit-on le craindre en France ? Comment s’attaque-t-il au foie ? Y a-t-il un vaccin pour s’en protéger ? Connaissances à date.
C’est quoi le virus Human Circovirus 1 ?
Baptisé provisoirement Human Circovirus 1 ou HCirV-1 par les scientifiques qui l’ont découvert (chercheurs de l’Institut Pasteur, avec des scientifiques de l’hôpital Necker, de l’Inserm au sein de l’Institut Imagine, d’Université Paris Cité et de l’École nationale vétérinaire d’Alfort), ce nouveau virus fait partie de la famille des circovirus, un ensemble de « petits virus à ADN très résistants, identifiés initialement en 1974 dans différentes espèces animales », peut-on lire dans le communiqué de l’Institut Pasteur.
► Chez l’animal (porcs et oiseaux), les circovirus peuvent être responsables de problèmes respiratoires, rénaux, dermatologiques et reproductifs.
► Chez l’homme, ce nouveau type de circovirus pourrait causer d’importants dommages au foie et il s’agirait du premier circovirus lié à une hépatite chez l’homme.
Les effets de ce nouveau virus sur le foie ont pu être démontrés grâce à l’analyse d’échantillons de tissus pathologiques d’une patiente de 61 ans atteinte d’une hépatite chronique inexpliquée, qui avait été greffée du cœur et des poumons 17 ans plus tôt. Ces échantillons ont fait l’objet d’un séquençage de milliers d’ARN (acides ribonucléiques, des molécules chargées de transmettre l’information codée dans notre génome), qui ont été analysés et comparés à ceux de microbes déjà connus. Après avoir écarté les étiologies communes courantes, l’analyse a permis d’identifier cette espèce inconnue de circovirus et son implication dans l’hépatite de la patiente (2 à 3% des cellules de son foie étaient infectées), entraînant une cytolyse hépatique, autrement dit, la destruction des cellules du foie. « Effectivement, une fois que ce virus a utilisé les ressources de la cellule hépatique pour se multiplier, il la détruit« , rapportent les scientifiques de l’Institut Pasteur. Au cours des analyses, aucune autre séquence virale ou bactérienne n’a été trouvée. Ce qui montre bien que le HCirV-1 serait à l’origine de l’hépatite chronique de la patiente. L’origine du virus, de même que la source de l’infection elle-même (contact, alimentation…) restent toutefois à identifier.
Quels sont les symptômes du Human Circovirus 1 ?
Comme décrit précédemment, le Human Circovirus 1 pourrait entraîner une hépatite chez l’humain, responsable de lésions hépatiques et de la mort des cellules du foie. L’hépatite est une maladie souvent asymptomatique ou donnant des symptômes légers et peu spécifiques comme :
- Une fatigue
- Une perte d’appétit (et donc perte de poids)
- Parfois une légère fièvre
- Une sensation de malaise
- Rarement, du liquide dans l’abdomen (ascite)
- Quand elle est à un stade très avancée : une insuffisance hépatique, une jaunisse…
Pour information, la patiente de 61 ans était asymptomatique à l’exception d’un amaigrissement mais sans sévérité.
Comment diagnostique-t-on une infection au Circovirus Humain ?
Le diagnostic d’hépatite inexpliquée reste un enjeu majeur, insistent les scientifiques de l’Institut Pasteur. « Pour adapter le traitement et le suivi des patients, il est essentiel pour nous de connaître la cause de l’hépatite, et notamment de savoir si elle est virale« , souligne Anne Jamet, du service de microbiologie clinique de l’hôpital Necker-Enfants malades AP-HP, affiliée à l’Inserm, et co-auteure de l’étude. Ainsi, grâce à cette découverte, les scientifiques ont pu mettre au point un test PCR spécifique désormais disponible pour le diagnostic étiologique d’hépatite d’origine inconnue. Ce test, disponible auprès de la communauté médicale, est désormais facilement réalisable pour d’autres cas d’hépatites inexpliquées (on se souvient des cas d’hépatite aiguë rapportés chez des enfants au Royaume-Uni et en Irlande en avril 2022 et signalés par l’OMS). Un test sérologique est également en développement.
Y a-t-il un traitement contre le Circovirus Humain ?
L’administration d’un traitement antiviral est possible pour arrêter la cytolyse hépatique (destruction des cellules du foie), rapporte l’Institut Pasteur.
Y a-t-il un vaccin contre le Circovirus Humain ?
Certains circovirus, pathogènes pour les animaux, peuvent faire l’objet de vaccination, notamment chez les porcs. En revanche, le HCirV-1 étant le premier circovirus pathogène pour l’homme, il n’existe pas encore de vaccin pour s’en protéger.
Doit-on s’inquiéter en France ?
Pour le moment, le circovirus humain 1 n’a été retrouvé que chez une seule patiente en France. C’est donc, à date, un cas isolé. Les autorités ne semblent donc pas tirer la sonnette d’alarme, ce qui pourrait néanmoins être le cas, si d’autres cas d’hépatites liées à ce virus sont observées.
Sources :
– Découverte d’un circovirus impliqué dans une hépatite humaine, Institut Pasteur, communiqué du 25 janvier 2023
– Circovirus Hepatitis Infection in Heart-Lung Transplant Patient, France, EID Journal, Volume 29, Number 2—February 2023
Source : JDF Santé