La trachéite désigne une inflammation de la trachée, le conduit qui relie la gorge aux poumons. Celui-ci peut s’enflammer sous l’effet de plusieurs causes (virus, allergie, tabac…). « La trachéite se traduit donc par une toux plutôt spasmodique (douloureuse), voire irritative (qui donne envie de se gratter)« , explique le docteur Romain Troalen, médecin généraliste dans la région de Paris. Il existe deux types de trachéites :
la trachéite aiguë, qui est passagère.
la trachéite chronique qui peut être plus compliquée à traiter, car l’inflammation dure plus longtemps.
Le plus souvent, la trachéite survient avec des infections ORL associées : une rhinopharyngite, une laryngite ou une bronchite. « On peut dire que la laryngite, pharyngite et la trachéite sont des variantes de la même chose : une inflammation des voies respiratoires hautes, en l’occurrence le larynx, le pharynx et la trachée« , précise le médecin.
Les principaux symptômes de la trachéite sont des quintes de toux sèche, souvent douloureuses (toux spasmodique), et parfois à associées à une sensation de gêne au niveau du sternum, voire à des douleurs thoraciques. « Les quintes de doux surviennent souvent en position allongée, la nuit, ou lors de changement de position », précise le médecin. La trachéite peut s’accompagner de difficultés à respirer, d’une voix enrouée et de troubles du sommeil dus aux quintes de toux la nuit et aux douleurs. Si elle est associée à une rhinopharyngite, il peut y avoir aussi des écoulements nasaux et de la fièvre pendant deux à trois jours.
Combien de temps dure une trachéite ?
Les symptômes peuvent durer de deux à trois semaines sans que cela soit inquiétant. S’ils empirent, en revanche, il faut (re)consulter.
Quelles sont les causes de la trachéite ?
« Les causes peuvent être un virus (souvent la rhinopharyngite), plus rarement une infection bactérienne, mais aussi une rhinite allergique (acariens, animaux, pollens…)« , commence le médecin. Dans la majorité des cas, la trachéite est d’origine virale, mais peut parfois être provoquée par une bactérie. « Elle peut également être provoquée par des substances irritatives comme le tabac, mais aussi la pollution urbaine ou un produit irritant dans le cadre du travail, surtout s’il s’agit d’une trachéite chronique« . La trachéite chronique ou persistante est généralement associée à une autre pathologie, « comme la syphilis, la tuberculose, une masse tumorale, un corps étranger ou encore un reflux gastro-œsophagien « .
La trachéite est contagieuse lorsqu’elle est infectieuse.
La trachéite est-elle contagieuse ?
La trachéite est contagieuse lorsque son origine est infectieuse (virus). Dans ce cas-là, il faut être vigilant, car avec la toux, les particules se propagent dans l’air et peuvent atteindre d’autres personnes.
Qui consulter ?
Le médecin généraliste est apte à diagnostiquer une trachéite et sa cause. « Si la trachéite chronique persiste au-delà d’un mois, cela peut être grave, le médecin traitant va donc prescrire des examens complémentaires ou rediriger le patient vers un spécialiste, comme l’ORL, ou encore le pneumologue qui peut faire passer les épreuves fonctionnelles respiratoires« , explique le docteur Romain Troalen.
Diagnostic et examens
Si la cause d’une trachéite chronique n’est pas clairement identifiée par le diagnostic clinique, la réalisation d’examens complémentaires peut être nécessaire : une fibroscopie, une radiographie ou encore un bilan allergologique, en particulier chez les fumeurs, chez les personnes présentant des difficultés à respirer, et lorsqu’il existe un risque de tumeur. Une fois la cause de la trachéite chronique clairement identifiée, une prise en charge adaptée pourra être mise en place.
Traitement : comment soigner une trachéite ?
Le traitement prescrit par le médecin dépend du type de trachéite (aiguë ou chronique) et de sa cause. « Une trachéite virale ne nécessitera pas de traitements« , explique le médecin généraliste, seuls des médicaments pour réduire les symptômes comme le paracétamol ou des sirops antitussifs (quand la toux devient vraiment gênante) seront donc prescrits. Mais si la trachéite est d’origine bactérienne, un traitement antibiotique peut s’avérer nécessaire pour la traiter. Pour la trachéite chronique due à la cigarette, les fumeurs sont invités à arrêter leur consommation de tabac. Se tenir à l’écart de la pollution et des allergènes quand cela est possible, ainsi qu’humidifier la chambre et dormir avec un oreiller surélevé peut parfois permettre de soulager les symptômes de la trachéite. « Humidifier l’air avec de la vapeur marche aussi avec la laryngite« , précise le médecin.
Trachéite chez le bébé
Prévention
Lorsque la trachéite est allergique, on peut tenter d’éliminer le plus possible la cause si cela est possible (acariens, poils d’animaux…). Si on est fumeur, arrêter le tabac reste la meilleure prévention.
Merci au docteur Romain Troalen, médecin généraliste dans la région de Paris.
Le cancer colorectal -qui peut toucher le côlon et le rectum- est le troisième cancer plus mortel chez la femme, le deuxième chez l’homme. Diagnostiqué à un stade précoce, il peut être guéri dans 9 cas sur 10. Ce diagnostic précoce est facilité par le programme national de dépistage du cancer colorectal proposé aux personnes de 50 à 74 ans mais aussi par le repérage de certains symptômes. A l’occasion de Mars bleu, mois dédié au dépistage du cancer colorectal, nous avons interrogé le Dr Hervé Gautier, oncologue et président du Comité 91 de la Ligue contre le cancer, pour faire le point sur ces symptômes évocateurs, chez la femme et l’homme.
Quels sont les symptômes du cancer colorectal ?
« Les symptômes du cancer colorectal sont au départ assez imprécis. Ils se précisent au fur et à mesure que la maladie avance » répond d’emblée le Dr Gautier. Ceux qui doivent attirer l’attention sont :
des troubles du transit : constipation soudaine ou qui s’aggrave, diarrhée qui se prolonge ou alternance de diarrhée et de constipation
« Ensuite il y a deux symptômes plus généraux comme la fatigue et la perte de poids qui peuvent survenir un peu après, poursuit le médecin. Il y a également progressivement une anémie (carence en fer) qui s’installe en lien avec les saignements dans les selles. Quand la maladie est plus importante, cela peut aller jusqu’à l’occlusion intestinale mais le cancer est déjà très évolué dans ce cas. »
« Quand le cancer est à droite, les symptômes sont moins précis »
Les symptômes du cancer colorectal sont-ils différents entre les femmes et les hommes ?
Les symptômes du cancer colorectal sont les mêmes chez la femme et chez l’homme « mais il peut y avoir des nuances modérées selon la localisation du cancer » précise le médecin. Le cancer colorectal touche le côlon et le rectum. Le côlon a plusieurs segments : le côlon gauche, le côlon droit, le côlon transverse. « Le cancer peut toucher l’une ou l’autre de ces parties. Généralement, il se répartit un peu plus à droite chez les femmes et à gauche chez l’homme. Quand le cancer est à droite, les symptômes sont moins précis. Quand il est à gauche et surtout quand il touche le rectum, s’il entraîne des saignements, ça se verra plus vite, même chose s’il y a des troubles du transit, ils se verront plus vite. »
Le cancer colorectal peut-il rester asymptomatique ?
Oui. « Pour qu’un cancer de ce type apparaisse, il faut 5 à 10 ans. Pendant longtemps, il n’y a donc pas de symptômes » prévient le Dr Gautier. La plupart des cancers colorectaux sont liés à la transformation maligne d’un polype présent dans le côlon or « un polype peut se cancériser avec un délai assez long » ajoute l’oncologue.
Quels sont les symptômes en cas de cancer colorectal métastasé ?
« Les métastases sont observées dans 40 à 60% des cas de cancer colorectal » rapporte la Société nationale française de gastro-entérologie (SNFGE) « et sont découvertes généralement lors des examens de surveillance à distance du traitement initial du cancer » poursuit le Dr Gautier. Il n’y a donc pas de symptômes facilement repérables au début de leur formation.« Les métastases surviennent rarement d’emblée, il faut que la maladie soit initialement étendue localement,poursuit notre interlocuteur. C’est surtout pour des maladies avec envahissement ganglionnaire que les métastases apparaissent, plutôt qu’au moment du diagnostic pour les patients qui vont se faire dépister. » Les métastases du cancer colorectal sont d’abord ganglionnaires puis se diffusent par voie sanguine au niveau du poumon et du foie. « C’est pour ça que des radios pulmonaires sont recommandées tous les ans aux patients traités pour un cancer colorectal et que l’on surveille aussi le foie par échographie abdominale avec des durées et des variations selon les protocoles. »
Y-a-t-il des facteurs facilitant le cancer colorectal ?
« Oui » répond notre interlocuteur qui évoque la présence « d’antécédents particuliers »devant augmenter la vigilance et inciter au dépistage. « Il y a les antécédents personnels de polypes, les antécédents familiaux s’il y a par exemple un cancer colorectal avant 60 ans chez un parent du premier degré ou un cancer chez deux parents du premier degré, il faut être vigilant et surveiller plus intensivement la personne. On sait aussi que chez les femmes, il y a plus de cancer du côlon que de cancer du rectum alors que c’est l’inverse chez l’homme. Enfin, il y a des maladies particulières dont certaines héréditaires à risque élevé de cancer qui sont les maladies inflammatoires du côlon comme la maladie de Crohn ou la rectocolite ou une maladie génétique, la polypose familiale« explique le Dr Gautier. Le manque d’activité physique et de consommation de fibres jouent aussi un rôle.
Merci au Dr Hervé Gautier, oncologue et Président du Comité 91 de la Ligue contre le cancer.
La myopie est un trouble de la vision qui tend à augmenter dans le monde. Elle est surtout présente dans les pays asiatiques, pour atteindre à Singapour et à Taïwan plus de 80% dans certaines populations de jeunes enfants scolarisés, rapportait la Société française d’ophtalmologie en 2019.
Quelle est la définition de la myopie ?
Le terme « myopie » vient du grec « muopia » qui signifie « je ferme un oeil » en référence à l’attitude des personnes myopes qui, pour voir mieux de loin, ont tendance à fermer en partie leurs yeux. La myopie est donc un trouble de la vision et plus précisément décrit comme un trouble de la réfraction, c’est-à-dire de la convergence des rayons lumineux à travers les différentes structures de l’œil. La myopie apparaît généralement à l’enfance, entre 8 et 12 ans, et progresse lentement avec l’âge pour se stabiliser vers 20-25 ans. Une apparition tardive de la myopie doit faire penser à une cataracte débutante. Les myopies les plus fréquentes (oeil trop long) sont les myopies axiles.
On distingue trois niveaux de myopie :
la myopie légère est comprise entre – 0,25 à – 2,50 dioptries,
la myopie moyenne est comprise entre – 2,75 à – 6 dioptries,
la myopie forteest comprise entre – 6 dioptries et au-delà. Dans ce cas, l’œil est plus long et peut engendrer des complications (incidence précoce des cataractes, risque accru de glaucome). Cette myopie pathologique expose à une baisse d’acuité visuelle avec le temps, malgré une correction optique.
La myopie peut-elle disparaître ?
Hors chirurgie de la myopie ou de la cataracte, une myopie très légère peut disparaître en vieillissant.
Comment voient les personnes myopes ?
Les personnes myopes voient flou de loin et parfaitement net de près. « Mais, il est très difficile d’intégrer que l’on voit mal de loin parce que le cerveau travaille et essaie de faire voir les choses. Si on ne dépiste pas la myopie, il n’y a souvent pas de symptômes chez l’enfant qui ne se rend pas compte que sa vue est dégradée, son pouvoir accommodatif est énorme. »
Qu’est-ce que la myopie évolutive ?
« Lors d’une myopie évolutive, l’enfant voit sa myopie augmenter de manière très rapide et perds plusieurs dioptries en l’espace de quelques mois : la longueur axiale de l’œil augmente très vite, l’œil s’allonge comme un ballon de rugby » explique le Dr Xavier Subirana, ophtalmologiste. « C’est une vraie course contre la montre » poursuit-il. L’objectif est de mener un suivi très régulier afin de freiner la progression de la myopie et éviter qu’elle ne dépasse les 6 dioptries. Le fait d’avoir au moins un parent myope, sinon les deux, augmente les risques de myopie évolutive.
Un enfant dont les parents sont myopes a plus de chances d’être atteint de myopie à son tour.
Quelles sont les causes de la myopie ?
La myopie est généralement due à un œil trop long, ou à une cornée trop courbée. Avec un œil normal, l’image perçue est formée sur la rétine. En revanche, dans le cas d’un œil myope, les objets sont projetés devant la rétine. Un cristallin trop puissant, un kératocône ou certaines cataractes peuvent rendre myopes. Dans le cas de très forte myopie, des lésions dégénératives du fond de l’œil (choroïde, sclérotique et rétine) s’ajoutent à l’anomalie de l’œil. Ce trouble visuel est causé par des facteurs génétiques et environnementaux. Un enfant dont les parents sont myopes a plus de chances d’être atteint de myopie à son tour. La myopie serait également favorisée par le manque d’exposition à la lumière du soleil et par la pratique intensive d’activités à l’intérieur ou encore par une position trop rapprochée de l’écran d’ordinateur.
Les personnes myopes voient flou de loin et net de près. Parmi les signes d’appel : l’enfant fatigue rapidement, il peut avoir des maux de tête, une mauvaise vision de loin au tableau ou une lecture rapprochée des livres et des cahiers. Les myopies moyennes et fortes (au dessus de 6 dioptries) peuvent engendrer des complications : déchirure de rétine et décollement de rétine, atrophie choroïdienne ou choroïdose myopique, glaucome, cataracte…
Comment faire le diagnostic de la myopie ?
La myopie est généralement détectée à l’enfance ou à l’adolescence. Rares sont les personnes chez qui les premiers signes de myopie apparaissent à l’âge adulte. Des visites de contrôle régulières chez un ophtalmologiste permettent de diagnostiquer une myopie et d’en évaluer le niveau de gravité de manière précoce.« Comme les enfants ont un fort pouvoir accomodatif, les ophtalmologistes demandent souvent à les revoir sous cycloplégique, un produit qui bloque temporairement l’accommodation et qui permet de corriger la myopie de manière adéquate » explique le Dr Subirana. Ils mesurent également la longueur axiale, c’est-à-dire la longueur entre la cornée et la rétine afin de pouvoir surveiller la myopie. Le suivi de l’enfant myope doit donc être très régulier. L’adulte jeune consultera tous les 2 ans et tous les ans ensuite, surtout s’il souffre d’une forte myopie afin de prévenir d’éventuelles complications.
Quels sont les traitements de la myopie ?
Il est possible de freiner la myopie progressive avec :
L’orthokératologie, c’est-à-dire des lentilles rigides à porter la nuit. « Elles sont à mettre tous les soirs et il faut que les personnes dorment sur le dos et ne bougent pas durant la nuit afin que la lentille reste en place » précise le Dr Subirana
Des lunettes en double foyer avec des prismes qui donnent des résultats modérés.
Des lentilles souples qui fonctionnent sur la base de la défocalisation de l’image.
« On décide au cas par cas selon le caractère de l’enfant et sa faculté d’observance du traitement » précise le médecin. Des recherches sont en cours sur des traitements à base d’atropine qui permettraient de freiner la myopie. Il convient également au quotidien de respecter une certaine distance avec les écrans et pratiquer des activités en extérieur de manière quotidienne. « La correction ne se fait que lorsque la myopie est stabilisée » signale le spécialiste. On utilise ainsi des lunettes et des lentilles adaptées à la vue de la personne.
En quoi consiste l’opération de la myopie ?
L’objectif de l’opération de la myopie apparue dans les années 1980 est de corriger les défauts réfractifs de l’œil en sculptant de manière adéquate la cornée et permettre de recouvrer une vue quasi normale et se passer de correction. Il s’agit soit de chirurgies cornéennes durant lesquelles la cornée est « sculptée » au laser, soit de chirurgies intraoculaires, avec mise en place d’un implant en avant du cristallin ou remplacement de cette lentille naturelle de l’œil qui perd de sa transparence avec le temps. Avant l’opération, le patient doit faire un bilan pré-opératoire et un entretien médical afin de s’assurer qu’il est éligible à ces techniques et qu’il ne risque pas d’effet indésirable. L’intervention se fait généralement sous anesthésie locale : l’œil est insensibilisé uniquement par l’instillation de gouttes ou éventuellement par des injections autour de l’œil. Une anesthésie générale est également possible. Le patient ressort le jour même avec les consignes du chirurgien. La chirurgie de la myopie est considérée comme une opération de confort, elle n’est donc pas remboursée par la Sécurité sociale. Certaines mutuelles prennent cependant une partie des frais en charge. Ceux-ci varient de 3 000 à 3 500 euros pour les deux yeux, frais de clinique compris.
Laser et myopie
Plusieurs types de lasers peuvent être employés dans la chirurgie réfractive. Les lasers sont des dispositifs médicaux. Ils possèdent de ce fait un marquage CE obtenu à la suite d’une certification délivrée par un organisme appelé « organisme notifié ». Parmi les techniques chirurgicales pratiquées, la technique Lasik représente plus de 85 % des interventions pratiquées en France.
Elle s’effectue en trois temps chirurgicaux :
La découpe préparatoire du volet qui, une fois soulevé, expose la surface de la cornée à traiter. Cette découpe se fait par une lame mécanique, aussi appelée microkératome (désormais moins utilisé) ou par un laser femtoseconde.
La sculpture du tissu cornéen au « laser excimer » ; la forme de la sculpture est adaptée au défaut à corriger.
Le replacement du volet cornéen sur l’œil, sans suture.
Quoique jugée efficace et largement répandue, cette technique présente des limites :
Les résultats de cette chirurgie ne sont pas toujours définitifs.
La nécessité d’avoir encore à porter des lunettes ou des lentilles ne peut être totalement exclue.
En effet, la correction du patient évolue naturellement selon son âge et il devra peut-être porter des lunettes plus tard, notamment en cas de presbytie. La nécessité d’avoir encore à porter des lunettes ou des lentilles ne peut être totalement exclue. Le résultat est parfois imparfait et il est alors nécessaire d’effectuer une seconde intervention appelée « retouche« . La sécheresse oculaire est le principal effet indésirable de la chirurgie réfractive. Plus rarement, des infections et des complications affectant le volet cornéen peuvent advenir.
Le cancer de la gencive est un type de cancer de la cavité buccale ou cancer de la bouche. Dans la plupart des cas, il s’agit d’un carcinome épidermoïde qui se développe au niveau de la muqueuse de la gencive. Comment savoir si la gencive est malade ou qu’on a un cancer ? Comment se soigne un cancer de la gencive ?
Définition : qu’est-ce qu’un cancer de la gencive ?
Le cancer des gencives fait partie des cancers de la cavité buccale qui rassemblent notamment les cancers des lèvres, des joues, de la langue et du palais. « Dans 90% des cas le cancer la gencive est un carcinome épidermoïdequi se développe à partir de la muqueuse, c’est-à-dire du tissu de revêtement de la gencive » informe le Dr Philippe Gorphe, chirurgien ORL dans le service de chirurgie oncologique tête et cou de l’Institut Gustave Roussy. Le cancer des gencives comme les autres cancers de la cavité buccale concerne plus souvent des hommes (75% des cas des cancers de la gencive) mais l’incidence du cancer de la gencive est en hausse chez les femmes comme c’est le cas pour tous les cancers de la cavité buccale.
Quel est l’âge moyen d’apparition d’un cancer de la gencive ?
La moyenne d’âge de ce cancer est 62 ans comme celle des autres cancers de la cavité buccale. « La proportion de personnes âgées est plus importante pour le cancer de la gencive que dans d’autres cancers de la cavité buccale. Jusqu’à 30% de patients ont plus de 70 ans et les femmes au-delà de 70 ans représentent 40% des malades« .
Quelles sont les causes d’un cancer de la gencive ?
« La première cause du cancer des gencives est le tabagisme, la deuxième cause la potentialisation de la consommation conjointe tabac et alcool« explique le Dr Philippe Gorphe. Ces facteurs de risque sont communs à la grande « famille » des cancers des voies aérodigestives supérieures. « Enfin, la dernière cause de cancer de la gencive est un mélange de facteurs dont font partie le vieillissement de la muqueuse et diverses prédispositions génétiques » informe le chirurgien ORL.
Quels sont les symptômes d’un cancer de la gencive ?
« Le premier symptôme du cancer des gencives est une douleur permanente de la gencive, une douleur au moment de la mastication et de la déglutition » informe le Dr Philippe Gorphe. « Il peut y avoir des saignements de la gencive de façon spontanée ; la présence de traces de sang sur l’oreiller au réveil est un exemple typique, décrit-il. Le déchaussement des dents est un troisième symptôme. Les patients découvrent alors leur tumeur en regardant leur miroir« . La tumeur apparaît sous la forme d’une lésion au niveau d’une gencive, de couleur rougeâtre ou blanchâtre.
Comment diagnostique-t-on un cancer de la gencive ?
« La première démarche est un examen clinique par le médecin traitant et par un spécialiste des cancers de la tête et du cou. L’examen de la cavité buccale permet de voir la tumeur » informe le Dr Philippe Gorphe. La confirmation du diagnostic nécessite un prélèvement, appelé biopsie, de la lésion avec analyse de sa nature. Le contexte d’intoxication éthylo-tabagique oriente fortement vers la nature cancéreuse. Dans ce contexte, un examen plus approfondi appelé panendoscopie des voies aérodigestives supérieures sera fréquemment réalisé pour rechercher la présence d’éventuelles autres lésions évocatrices de cancer, qui seront elles aussi biopsiées. « Si la nature cancéreuse est confirmée, un bilan d’imagerie (scanner et IRM) est effectué pour faire le bilan de l’extension de la maladie » décrit le spécialiste.
Comment traite-t-on un cancer de la gencive ?
« Si la maladie est éligible à un traitement curatif, ce qui est le cas dans 90-95% des cas, la séquence thérapeutique classique est une chirurgie de la tumeur primitive et des aires ganglionnaires suivie d’une radiothérapie post-opératoire, explique le chirurgien ORL. La chirurgie de la tumeur primitive est dépendante de l’extension locale. Le plus souvent, il faut retirer la gencive avec une marge de sécurité autour. Le plus souvent est ensuite entreprise une reconstruction de la gencive. Si l’os mandibulaire est atteint, on peut réaliser une mandibulectomie interruptrice (couper la mâchoire) et ensuite reconstruire la mâchoire« . « Si l’analyse de la tumeur n’a pas montré de facteurs de gravité, le traitement chirurgical peut ne peut être suivi de radiothérapie. S’il y des facteurs de gravité au contraire, une chimiothérapie peut être ajoutée à la radiothérapie » précise le chirurgien ORL.
Prévention pour éviter d’avoir un cancer de la gencive
La première prévention du cancer des gencives est le contrôle des addictions :
ne pas fumer,
réduire sa consommation d’alcool
aller voir régulièrement son chirurgien-dentiste et son médecin
« Enfin, il ne faut pas hésiter à parler des symptômes ressentis sans attendre car encore trop souvent cette maladie est découverte à un stade avancé. Or, lorsque le diagnostic est fait de façon précoce, on peut enlever la maladie de manière superficielle sans toucher à l’os« , informe le Dr Philippe Gorphe.
Merci au Dr Philippe Gorphe, chirurgien ORL dans le service de chirurgie oncologique tête et cou de l’Institut Gustave Roussy.
La kétamine est utilisée en médecine comme anesthésiant depuis les années 1960. Elle est aussi détournée de son indication médicale pour être prise comme drogue-appelée alors « Kéta« , « Ké », « Kéké », « drogue à poney », « cheval » à cause de ses effets euphorisants. Elle est alors considérée comme stupéfiants et met en danger la santé de l’utilisateur.
Qu’est-ce que la kétamine ?
La kétamine est un dérivé de la phencyclidine, un anesthésique vétérinaire et humain utilisé dans le secteur médical depuis le début des années 1960. Elle se présente sous forme de liquide naturellement inodore et incolore, de poudre cristalline blanche ou plus rarement de comprimés ou de gélules.
Quelles sont les indications de la kétamine en médicament ?
La kétamine se retrouve dans les médicaments Kétamine Panpharma® et Kétamine Renaudin®. Ces traitements ne se trouvent qu’en milieu hospitalier. Elle est utilisée comme anesthésique et comme puissant antalgique (contre la douleur). Pour soulager les douleurs aiguës ou chroniques, la kétamine est administrée à des doses inférieures à celles utilisées pour réaliser une anesthésie. Elle n’exerce pas d’action marquée au niveau des poumons et du cœur. Il est donc possible de réaliser certaines anesthésies à la kétamine sans qu’il soit nécessaire de prendre de mesures particulières pour contrôler la respiration. À certains dosages, elle possède même la capacité de stimuler le système cardiovasculaire plutôt que de le ralentir. Par ailleurs, la kétamine possède des propriétés psychotropes. On utilise aussi cette substance en pédiatrie pour réaliser de petites interventions, voire pour soulager les maux de tête. En médecine vétérinaire, la kétamine sert à anesthésier des animaux tels que les chevaux mais aussi les animaux domestiques de plus petite taille.
Quels sont les effets de la kétamine en drogue ?
Lorsque la kétamine est détournée de son usage médical, elle devient un stupéfiant et son usage n’est plus encadré. Elle est ainsi consommée en drogue, la plupart du temps sous forme de poudre snifée. Certains usagers l’injectent par voie intramusculaire ou intraveineuse. La kétamine serait d’abord utilisée pour ressentir des sensations ébrieuses, « cotonneuses » ou une euphorie. Elle provoque dans un premier temps cet état de relaxation, de flottement et d’euphorie. Plus la dose est augmentée, plus elle modifie les perceptions sensorielles et en particulier la vision. Des délires peuvent alors survenir avec une altération de la perception du temps, du corps et des hallucinations. Certains usagers ont même l’impression de sortir de leur corps. En général les effets apparaissent en 5 à 10 minutes et durent entre une et deux heures. Certains usagers l’utilisent également en after pour faciliter la descente de produits stimulants ou d’hallucinogènes.
Quels sont les effets secondaires de la kétamine ?
La kétamine est susceptible de provoquer des troubles psychiatriques et des altérations de la conscience, notamment une sensation de dédoublement (décorporation), de confusion ou d’irréalité. C’est d’ailleurs ce qui explique que son utilisation reste modérée en médecine. Par ailleurs, l‘anesthésie que procure la kétamine n’est pas très profonde et donc insuffisante dans certains cas. Aux dosages utilisés, elle peut provoquer des maux de tête, des nausées, des vomissements. Plus grave, à dose prolongée, la kétamine favorise les infections urinaires (vessie) et entraîne progressivement une destruction des reins. Utilisée sous forme de drogue et à haute dose, elle peut entraîner une perte de connaissance ou un coma. Chez certaines personnes, la consommation de kétamine engendre une sensation d’angoisse intense, appelée « bad trip », qui est nécessite dans certains cas une prise en charge médicale.
La kétamine a-t-elle des bienfaits contre la dépression ?
Il est tout à fait possible que, prochainement, la kétamine soit employée en tant qu’antidépresseur de premier plan (elle se révèle notamment utile pour stabiliser les personnes bipolaires). Son délai d’action est en effet beaucoup plus court que les traitements actuels. De plus, elle pourrait être utilisée afin de lutter contre l’alcoolisme ou la toxicomanie (dépendance à l’héroïne, notamment).
Peut-on dépister la kétamine par test salivaire ?
La kétamine est dépistable à l’heure actuelle uniquement dans les urines jusqu’à un jour après la prise. Il n’existe pas de dépistage salivaire ou sanguin.
Comment savoir si on est dépendant à la kétamine ?
Pour l’instant, la consommation de kétamine en tant que stupéfiant n’entraîne pas de dépendance car elle reste ponctuelle et dans un usage festif. Cependant, il faut rester vigilant car une consommation régulière peut engendrer une dépendance avec un phénomène de tolérance, c’est-à-dire une augmentation des doses et de la fréquence pour obtenir le même effet. Les conséquences peuvent alors être importantes sur la vie personnelle et professionnelle, et une prise en charge médicale s’impose.
Combien coûte la kétamine ?
Principalement consommée lors d’événements festifs alternatifs comme les « rave party » à cause de ses effets euphorisants et hallucinogènes, elle est achetée environ 40 à 50 euros le gramme de poudre.
Source : L’usage de kétamine en France : tendances récentes (2012-2013), OFDT, 2012-2013