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Méningite : tout savoir sur l'inflammation des méninges (cerveau)

Méningite : tout savoir sur l'inflammation des méninges (cerveau)

Définition : qu’est-ce qu’une méningite ?

La méningite correspond à l’inflammation des membranes enveloppant le système nerveux central (SNC) appelées « méninges« . Elle est le plus souvent d’origine infectieuse (bactérienne, virale ou fongique) et entraîne de manière commune une fièvre, des maux de tête et des signes neurologiques. Il existe deux grands types de méningites infectieuses : des méningites virales, bénignes le plus souvent, et bactériennes (causées par une bactérie), plus dangereuses et qui doivent être soignées d’urgence. Les méningites bactériennes dues au méningocoque Neisseria meningitidis imposent un traitement de l’entourage du patient en raison de sa nature contagieuse. La méningite touche surtout les enfants et les jeunes adultes.

Schéma d'une méningite provoquée par des bactéries
Schéma d’une méningite provoquée par des bactéries © 123rf/JournaldesFemmes

Qu’est-ce qu’une méningite bactérienne ?

La méningite bactérienne est causée par une bactérie. Forme la plus grave, elle nécessite une prise en charge urgente. Plusieurs bactéries peuvent être en cause : Neisseria meningitidis (méningite à méningocoque) ; Streptococcus pneumoniae (méningite à pneumocoque) ; bacille de Koch (méningite tuberculeuse). D’autres bactéries peuvent être impliquées dans les méningites bactériennes, qui représentent environ 10% des cas de méningite en France : haemophilus influenzae (chez le nourrisson), Streptocoque B, Escherichia coli, Listeria monocytogenes (chez l’enfant) et staphylocoque doré (le plus souvent dans le cadre d’une infection contractée en milieu hospitalier, après un geste opératoire notamment).

Qu’est-ce qu’une méningite à méningocoque ?

C’est une méningite bactérienne causée par une bactérie qui se transmet par l’inhalation de gouttelettes de salive projetées dans l’air par le nez et la gorge d’une personne infectée. La contamination nécessite donc un contact rapproché avec une personne porteuse. Il existe plusieurs types de méningocoques : les plus fréquents en France sont les méningocoques de groupe B (50%), C (10-15%), W (10-20%) et Y (10-15%). La méningite à méningocoques est une pathologie grave nécessitant une prise en charge d’urgence dont le diagnostic peut être fatal (10% des cas). L’incidence en France est d’un cas pour 100 000 habitants. Survenant généralement entre le début de l’hiver et du printemps, cette infection touche surtout les enfants et les adolescents. Sa période d’incubation dure entre 2 et 10 jours, la moyenne étant de 4 jours.

Qu’est-ce qu’une méningite à pneumocoque ?

Elle est liée à une bactérie dénommée Streptococcus pneumoniae. Le mode de contamination est similaire à celui de la méningite à méningocoques, sachant que la bactérie peut également être transmise par contact avec des objets souillés par des sécrétions respiratoires, ou après un traumatisme crânien ou une intervention ORL. Elle est plus courante en hiver et au printemps, et touche plus particulièrement les bébés et les personnes âgées.

Qu’est-ce qu’une méningite tuberculeuse ?

C’est une méningite bactérienne provoquée par le bacille de Koch, la même bactérie que la tuberculose. Il est transmis par voie aérienne, via les gouttelettes contaminées qui sont en suspension dans l’air expiré par les malades, en particulier lors de la toux.

Qu’est-ce qu’une méningite virale ?

La méningite virale correspond à une inflammation des méninges provoquée par un virus. Les méningites virales, beaucoup plus fréquentes, sont bénignes et d’évolution spontanément favorable. De nombreux virus sont en cause : entérovirus, adénovirus et mononucléose infectieuse, rougeole, rubéole, varicelle, etc. Le traitement est essentiellement symptomatique (antalgique).

Qu’est-ce qu’une méningite herpétique ?

Cette méningite virale provoquée par le virus Herpès Simplex (HSV) peut être particulièrement sévère et provoquer des hallucinations et un comportement agressif. La ponction lombaire permet d’étudier le liquide céphalo-rachidien et d’identifier le virus. Une tomodensitométrie cérébrale et un électroencéphalogramme peuvent être indiqués. L’aciclovir est le traitement antiviral de premier choix.

Qu’est-ce qu’une méningite lymphocytaire ?

Appelée également « méningite aiguë curable » ou « maladie d’Armstrong », elle est le plus souvent due à une infection par le virus des oreillons ou un adénovirus. Pour la majorité des individus, l’évolution est bénigne sans traitement. Il s’agit d’une infection transmise par certains animaux (les rongeurs en particulier). L’homme se contamine à la suite de prises alimentaires, ou après inhalation de poussières, qui contiennent des déjections de souris ou de hamsters infectées. L’incubation de la maladie, dure entre une à trois semaines.

Qu’est-ce qu’une méningite fongique ?

Causée par un champignon, elle est moins fréquente mais très sévère. Le principal champignon à l’origine de ce type de méningites est Cryptococcus neoformans, en particulier chez les patients atteints de sida. D’autres champignons peuvent être à l’origine de méningites comme le Candida chez les patients immunodéprimés ou les nouveau-nés. Plus rarement en France métropolitaine, on trouve des champignons tels que Histoplasma capsulatum ou Coccidioides immitis.

Qu’est-ce qu’une méningite foudroyante ?

Dans sa forme la plus grave, qualifiée de foudroyante, la méningite peut être mortelle. L’inflammation est le plus souvent d’origine bactérienne, majoritairement à méningocoque. Les moins de 5 ans représentent 38% des cas, puis la maladie décroit avant de connaître un nouveau pic d’incidence entre 14 et 20 ans. Le tableau est typiquement celui d’un enfant jeune, qui présente des signes cliniques de méningisme avec des maux de tête, une forte fièvre, une nuque raide et douloureuse, une difficulté à supporter la lumière appelée photophobie ou les sons, appelée phonophobie. Rapidement, peut apparaître sur la peau un purpura dit fulminans de par sa rapidité d’installation, caractérisé par des taches rouges sombres ne disparaissant pas lorsqu’une pression est exercée dessus. Dans ce cas, le SAMU doit être contacté pour mise en place d’un traitement en urgence à base d’antibiotiques. La méningite foudroyante peut être mortelle, mais prise en charge tôt, une guérison sans séquelle est possible.

Quels sont les symptômes de la méningite ?

symptômes de la méningite bactérienne
Symptômes de la méningite © 123RF- designua

Les symptômes communs de la méningite virale ou bactérienne sont :

  • une fièvre,
  • des maux de tête violents,
  • une raideur dans la nuque,
  • une sensibilité excessive de la lumière,
  • des vomissements,
  • une limitation de l’élévation des membres inférieurs (signe de Kernig)
  • une flexion involontaire des membres inférieurs à la flexion forcée de la nuque (signe de la nuque de Brudzinski).
  • Dans les formes sévères, des taches nécrotiques (bleues) ou purpuriques (rouges ne s’effaçant pas à la pression) s’étendent progressivement sur tout le corps.

La présence d’un purpura nécrotique (lésion hémorragique cutanée manifestée par des taches sur la peau de pigmentation pourpre ou violacée), d’une fièvre mal supportée, de troubles respiratoires, d’une photophobie, d’un malaise général, d’une confusion, d’une agitation, de convulsions, ou de troubles de la conscience (syndrome encéphalitique) doivent alerter et nécessitent une prise en charge en urgence. « Même si la plupart des cas de méningites sont causés par des virus et sont donc bénins, en cas de raideur de la nuque associée a une fièvre, une photophobie et des vomissements, il est important de consulter son médecin traitant ou le service des urgences le plus proche pour décider du traitement le plus rapidement possible«  recommande le Dr Claire Lewandowski, spécialisée en médecine générale.

Qu’est-ce qui cause la méningite ?

Différents agents infectieux sont impliqués dans les méningites. L’inflammation peut avoir pour origine un virus, il s’agit dans ce cas du type de méningite le plus répandu (environ 70% des cas de méningites), généralement bénigne, à caractère saisonnier. Une bactérie peut être en cause: ce type de méningite est moins fréquent mais potentiellement plus sévère, pouvant engager le pronostic vital. Les méningites bactériennes peuvent être associées à des signes neurologiques identiques aux encéphalites, elles sont alors désignées sous le terme de  » méningo-encéphalite « . Un parasite ou un champignon peuvent être en cause dans de très rares cas.

La méningite est-elle contagieuse ?

Dans la plupart des cas (infection virale et bactérienne), le mode de contamination se fait par un contact direct avec de la salive, des expectorations, du mucus nasal ou des excréments. C’est le cas par exemple chez les nourrissons et les jeunes enfants qui mettent les jouets dans leur bouche ou partagent leurs couverts. Les contacts intimes, tels que le baiser, peuvent également répandre le germe. On peut aussi le contracter en touchant un objet manipulé par une personne infectée avant de se frotter le nez, la bouche ou les yeux. La vie en communauté, et espaces confinés, favorisent la transmission.

Quels examens confirment le diagnostic de méningite ?

En cas de suspicion de méningite, une consultation en urgence doit être faite auprès du médecin traitant ou des Urgences. La présence d’un symptôme de complication peut nécessiter une prise en charge hospitalière avec la réalisation d’une ponction lombaire (prélèvement de liquide céphalo-rachidien). L’analyse de ce liquide en laboratoire (aspect, nombre et type de cellules, biochimie, examen bactériologique direct et culture) pourra confirmer la méningite et déterminer le germe en cause. Dans certains cas, un scanner peut être réalisé avant la ponction. Parallèlement, une prise de sang sera faite et mise en culture.

Quels sont les traitements de la méningite ?

Le traitement de la méningite dépend du germe en cause.

  • En cas d’infection virale, seul un traitement antalgique et antipyrétique est nécessaire (sauf pour la méningite herpétique qui nécessite un traitement antiviral de type aciclovir en raison du risque de complication).
  • En cas d’infection bactérienne, le traitement antibiotique doit être administré le plus rapidement possible. Si un purpura est associé au syndrome méningé, des antibiotiques sont donnés avant même les résultats de la ponction lombaire, parfois même avant sa réalisation si la ponction ne peut pas être pratiquée dans un délai suffisant. En cas de signes gravité, ils seront donnés après la prise de sang et avant la ponction. Dans les autres cas, l’analyse du liquide céphalo-rachidien est nécessaire pour savoir si les antibiotiques sont nécessaires. Des corticoïdes peuvent également être prescrits en fonction des cas.

En cas de méningite à méningocoques, l’entourage du malade et toutes les personnes ayant été en contact plus ou moins rapproché dans les 10 jours précédant l’hospitalisation doivent également subir une antibiothérapie à visée préventive.

Quelles sont les séquelles après une méningite ?

En général, la méningite virale évolue spontanément vers la guérison entre 3 et 8 jours. Contrairement à la méningite d’origine bactérienne, la méningite virale n’entraîne normalement pas de séquelles. Cela dit, des troubles de la vision et de l’audition ainsi qu’une paralysie peuvent survenir dans certains cas. En revanche, si la méningite bactérienne est prise en charge trop tardivement, les risques de séquelles invalidantes sont estimés à 10-20% selon Santé Publique France. Ces séquelles incluent les troubles de la vision (voire la cécité), une perte d’audition, des troubles de langage et de la mémoire, convulsions, paralysie.

Vaccin contre la méningite

En France, plusieurs types de vaccins contre les méningocoques sont disponibles. 

  • La vaccination contre le méningocoque C est obligatoire pour les nourrissons nés depuis le 1er janvier 2018.
  • Depuis avril 2022, la vaccination contre le méningocoque B est recommandée et prise en charge par l’Assurance maladie pour l’ensemble des nourrissons.
  • La vaccination contre les méningocoques est aussi recommandée pour les personnes porteuses de certaines maladies, pour les professionnels exposés, et pour se rendre dans certains pays.


Source : JDF Santé

Cancer de l'anus : symptôme, cause, photo, âge, douloureux ?

Cancer de l'anus : symptôme, cause, photo, âge, douloureux ?

Le cancer de l’anus concerne environ 1 000 patients par an, selon les chiffres du Centre Lyonnais de Chirurgie digestive. C’est un cancer rare qui concerne plutôt la femme de plus de 60 ans et les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes et qui sont infectés par le VIH (virus du Sida). Quels sont les signes d’un cancer de l’anus ? Est-ce un cancer qui fait mal ? Est-ce un cancer mortel ? Comment faire la différence entre des hémorroïdes et un cancer de l’anus ? 

Qu’appelle-t-on un cancer de l’anus ?

Le cancer de l’anus est rare car il représente environ 2% des tumeurs digestives. « Il s’agit de tumeurs malignes, dans la majorité des cas des carcinomes épidermoïdes, qui se situent au niveau de la marge anale ou du canal anal, définit le Dr Vincent de Parades, gastro-entérologue, chef de service du groupe hospitalier Paris Saint-Joseph.

Photo d’une coloscopie à la recherche d’un cancer de l’anus

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Image de coloscopie. organes internes canal anal, sigmoïde, côlon descendant, rectum, côlon transverse, côlon assendant © tonporkasa – 123RF

C’est quoi un cancer de l’anus de stade 1 ?

Un cancer de l’anus est considéré comme étant de stade 1 lorsque la tumeur mesure moins de 2 cm. 

C’est quoi un cancer de l’anus de stade 2 ?

Un cancer de l’anus est dit de stade 2A quand la tumeur mesure plus de 2 cm mais pas plus de 5 cm et de stade 2B quand la tumeur mesure plus de 5 cm. 

C’est quoi un cancer de l’anus de stade 3 ?

Un cancer de l’anus est dit de stade 3A quand la tumeur mesure 5 cm ou moins et que le cancer s’est propagé aux ganglions lymphatiques voisins, dont les ganglions de l’aine, les ganglions entourant le rectum ou les ganglions à l’intérieur du bassin. Le cancer de l’anus est dit de stade 3B quand la tumeur a atteint les organes suivants : la vessie, l’urètre ou le vagin. Le cancer est dit de stade 3C quand la tumeur mesure plus de 5 cm ou si elle a envahi des organes voisins comme la vessie, l’urètre ou le vagin. Dans un cancer de stade 3C, le cancer s’est aussi propagé aux ganglions lymphatiques voisins, dont les ganglions de l’aine, les ganglions entourant le rectum ou les ganglions à l’intérieur du bassin.

C’est quoi un cancer de l’anus de stade 4 ?

Le stade 4 est le stade le plus « grave » d’un cancer. On parle aussi de cancer de l’anus métastatique ou de métastases à distance. Cela signifie que le cancer s’est propagé à d’autres parties du corps comme au foie, aux poumons, aux os…

A quel âge a-t-on un risque d’avoir un cancer de l’anus ?

« Le cancer de l’anus touche deux profils de patients : des femmes qui ont la soixantaine et des patients jeunes qui ont des rapports sexuels avec des hommes et qui sont infectés par le VIH« , indique notre interlocuteur. Les personnes à risque devraient consulter un proctologue une fois par an pour réaliser un examen clinique.

Quelles sont les causes d’un cancer de l’anus ?

Dans la majorité des cas, le cancer de l’anus se développe suite à une infection due au virus « papillomavirus » (HPV) transmis par contact direct lors d’une relation sexuelle. « Avant, cela concernait surtout des femmes contaminées par le HPV qui présentaient un cancer de l’anus. Aujourd’hui, la fréquence du cancer de l’anus est en hausse depuis deux décennies chez une population de jeunes patients homosexuels et infectés par le VIH. Ils ont 50 à 100 fois plus de risque que la population générale de développer un cancer de l’anus« , informe le Dr de Parades.

Citons comme autres facteurs de risque du carcinome anal :

  • la prise d’immunosuppresseurs au long cours,
  • des antécédents de lésions précancéreuses ou de carcinome invasif du col utérin, de la vulve ou de la verge,
  • le tabagisme

Quels sont les symptômes du cancer de l’anus ?

Au début de la maladie, le cancer de l’anus est quasiment asymptomatique. Les symptômes n’apparaissent que quand la tumeur grossit et qu’elle atteint les tissus voisins. Les symptômes les plus fréquents sont :

  • Des saignements de l’anus peu important (on remarque du sang dans les selles)
  • Une douleur ou une sensation de pression dans la région anale
  • Des démangeaisons dans la région anale
  • Une masse ou une enflure au niveau de l’aine ou près de l’anus
  • Un transit modifié sans raison (moins de selles par exemple)

Le cancer de l’anus est-il douloureux ?

Le cancer de l’anus peut provoquer des douleurs quand la tumeur grossit, mais ce ne sont pas des douleurs intenses. C’est plutôt un inconfort, une pression ou une sensation de pesanteur dans la région anale, qui n’est pas soulagée lors de la défécation. 

Quelles sont les chances de survie du cancer de l’anus ? Est-il mortel ?

Comme tous les cancers, le cancer de l’anus est mortel. On peut en mourir donc. Mais « c’est un cancer de bon pronostic car on le diagnostique tôt » généralement, souligne notre expert. Les chances de survie dépendent du stade du cancer :

La survie à 5 ans tous stades confondus d’un cancer de l’anus est de 70 à 80%.

► La survie à 5 ans d’un cancer de l’anus de stade 1 ou 2 est de 80%

La survie à 5 ans d’un cancer de l’anus de stade 3 de 59 à 80%.

La survie à 5 ans d’un cancer de l’anus de stade 4 (propagé à d’autres parties du corps éloignées de l’anus) est de 10 à 31%

Comment pose-t-on le diagnostic d’un cancer de l’anus ? Un toucher rectal ?

Le cancer de l’anus peut être décelé par un toucher rectal ou une anuscopie, examen de l’anus à l’aide d’un endoscope, afin de vérifier l’ampleur de la lésion. « Comme pour tout cancer, le diagnostic est confirmé avec un prélèvement à visée histologique. C’est une biopsie qui est effectuée sous anesthésie locale ou par voie endoscopique pour rechercher des lésions sur le canal anal et sur le colon et le rectum » informe le Dr de Parades. Ainsi, une biopsie à partir des échantillons de la lésion tumorale sera effectuée et permettra la confirmation du diagnostic de cancer. En cas de diagnostic avéré, d’autres examens tels qu’un scanner ou une IRM peuvent être nécessaires pour la recherche d’une extension de ce processus tumoral vers des ganglions ou d’autres organes.

Quel est le traitement du cancer de l’anus ?

« Le traitement est codifié aujourd’hui. Il consiste en une radiothérapie de base souvent associée à une chimiothérapie, informe le Dr Vincent de Parades. Ce traitement est très efficace »

Prévention : y a-t-il un vaccin contre le cancer de l’anus ?

Il n’y a pas de vaccin à proprement parler pour prévenir un cancer de l’anus. Mais la prévention primaire des tumeurs anales passe par une vaccination anti-HPV chez les filles et les garçons. 

Merci au Dr Vincent de Parades, gastro-entérologue, chef de service du groupe hospitalier Paris Saint-Joseph.

Sources : 

– Centre Lyonnais de Chirurgie digestive

– Institut national du Cancer


Source : JDF Santé

Épigastralgies : symptômes, causes, que faire ?

Épigastralgies : symptômes, causes, que faire ?

Définition : c’est quoi une épigastralgie ? 

Une épigastralgie désigne une douleur située au creux de l’estomac, sous le sternum. La pathologie peut être différente en fonction de la douleur ressentie, qu’elle soit chronique ou aiguë. 

Quels sont les symptômes d’une épigastralgie ? 

Les symptômes sont principalement des douleurs. Celles-ci peuvent être aiguës, « il s’agit alors d’une douleur brutale, le patient ressent comme un coup de poignard« , explique le Pr Franck Zerbib, ou plus fréquemment chroniques : brûlures, crampes, sensation de faim, sensation de pesanteur…   

Quelles sont les causes possibles d’une épigastralgie ? 

Les causes dépendent du type de douleur. « S’il s’agit d’une douleur brutale, aiguë, cela peut faire référence à un problème de calculs biliaires, une pancréatite, une perforation d’un ulcère ou encore une fissuration de l’anévrisme de l’aorte abdominale ». En cas de douleurs chroniques, « des brûlures peuvent être le signe de reflux gastro-œsophagiens, des crampes soulagées grâce à l’alimentation peuvent être le symptôme d’un syndrome ulcéreux et une sensation de pesanteur, de poids sur l’estomac, serait plutôt la manifestation d’une dyspepsie fonctionnelle, c’est-à-dire des difficultés chroniques à digérer : cela survient lorsque l’estomac se vidange trop lentement ou a du mal à s’accommoder au repas« .

Quand doit-on s’inquiéter d’une douleur à l’épigastre ? 

Les symptômes cités ci-dessus ne doivent pas être négligés. Il est nécessaire de consulter à nouveau si les traitements prescrits en première intention ne fonctionnent pas ou que le patient constate des signes d’alarmes tels que des vomissements alimentaires répétés ou avec présence de sang, un amaigrissement, des difficultés à avaler des aliments ou encore une anémie

Quels examens pour le diagnostic d’une épigastralgie ? 

« Si le traitement proposé dans un premier temps après examen clinique ne fonctionne pas, nous procédons à une endoscopie. Dans certaines situations, il est recommandé de ne pas donner de traitement mais de pratiquer directement l’endoscopie afin de ne méconnaître une maladie grave. C’est le cas lorsque le patient a plus de 50 ans ou présente des signes d’alarme (cf paragraphe ci-dessus)« , explique le Pr Zerbib. Dans les cas d’épigastralgies chroniques, aucun autre examen n’est réalisé en dehors d’une prise de sang. En revanche, pour une épigastralgie aiguë, il est possible de faire une échographie ou un scanner si le médecin suspecte une anomalie comme une pancréatite par exemple. 

Traitement : comment soigner une épigastralgie ?

Pour soigner les douleurs chroniques, le traitement de première intention consiste à prescrire des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP). Ces derniers permettent de réduire la sécrétion d’acide gastrique et sont principalement indiqués dans la prise en charge du reflux gastro-œsophagien et des ulcères gastro-duodénaux. En revanche, si le patient a des difficultés à digérer, des prokinétiques – comme la métoclopramide – lui sont proposés afin d’accélérer la vidange gastrique. Dans le cas d’un ulcère, le médecin vérifie la présence ou non d’une infection par Helicobacter pylori grâce à une biopsie. Le cas échéant, le traitement sera composé d’IPP et du traitement anitbiotique contre ce type d’infection. Enfin, en cas de complications aiguës (pancréatite, perforation d’un ulcère…), la chirurgie sera nécessaire afin de traiter la pathologie. 

Merci au Pr Franck Zerbib, chef du service Hépato-gastro-entérologue et oncologie digestive au CHU de Bordeaux. 


Source : JDF Santé

Ces aliments mauvais pour les reins (à éviter)

Les reins ont des fonctions indispensables pour le corps. Ils éliminent les déchets azotés du sang (urée, créatinine, acide urique, résidus médicamenteux) et les évacuent via l’urine ; ils régulent la tension artérielle… Certains aliments nuisent à leur bon fonctionnement, comme ceux riches en potassium par exemple. Liste et conseils du Dr Anne-Laurence Pouzoulet, médecin nutritionniste.

Quels aliments éviter quand on a des problèmes de reins ?

Il faut réduire la consommation de produits salés :

  • Pain et produits de boulangerie.
  • Fromage, beurre salé et demi-sel.
  • Charcuteries, viandes fumées et poissons fumés.
  • Mollusques et crustacés.
  • Plats cuisinés, conserves
  • Potages déshydratés, en brique ou en boite
  • Bouillons en cube, Viandox, fond de sauces, vinaigrette et mayonnaise du commerce, moutarde et Ketchup.
  • Biscuits apéritifs, chips, fruits secs salés.
  • Eaux gazeuses > 50 mg de sodium par litre.

Il faut éviter les aliments riches en potassium (en cas d’insuffisance rénale, l’élimination du potassium diminue. Un excès augmente le risque de troubles cardiaques graves) : 

  • Les légumes secs : lentilles, haricots secs, pois chiches, pois cassés, haricots coco…).
  • Les fruits secs : dattes, figues, raisins secs, pruneaux, banane séchée…
  • Les fruits confits,
  • Le nougat,
  • La crème de marrons, les marrons glacés, la châtaigne.
  • La pâte d’amandes.
  • Les fruits oléagineux : noix, noisettes, amandes, cacahuètes, olives, pistaches, noix de coco, noix de cajou, pignons de pin…
  • Les céréales complètes : pain au son, pain complet, pain aux céréales, pain de seigle… riz et pâtes complètes
  • Les céréales aux fruits (muesli) et barre de céréales.
  • Les chips et frites.
  • Le soja (farine et steaks de soja).
  • Le chocolat, le cacao.
  • Le café soluble, la chicorée et le café en excès.
  • Les épinards, blettes, radis noir, fèves, champignons.
  • Ketchup, concentré de tomate, sauce tomate.
  • Les bananes,
  • Les avocats,
  • Les jus de fruits.
  • Les potages et les bouillons de légumes, les jus de légumes, l’eau de cuisson des fruits et des légumes.
  • Les sels de remplacement (ou produits utilisant le potassium comme agent de conservation) tels que : le sel de Bouillet, sel Diasal, sel Médimet, produits diététiques sans sel).

Quels aliments éviter en cas d’insuffisance rénale ?

« L’insuffisance rénale chronique (IRC) résulte de la destruction progressive et irréversible des reins« , définit l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale). Elle concerne plus de 82 000 personnes en France. Un régime alimentaire adapté est indispensable dans cette pathologie. « Tout d’abord, il est nécessaire d’éviter les viandes rouges de ruminants (le bœuf, le veau, l’agneau, le mouton…) ainsi que les fromages à pâte dure« , répond le Dr Anne-Laurence Pouzoulet, médecin nutritionniste. « Ces derniers demandent trop de travail au rein pour les assimiler« . Globalement, en cas d’insuffisance rénale, il est conseillé de limiter les apports en protéines, qui risquent de s’accumuler dans le sang si l’organisme a du mal à les éliminer. « Un autre aliment à modérer est le sel« , poursuit-elle. Il est indispensable d’avoir une alimentation pauvre en sodium. De plus, il est conseillé d’adopter une alimentation alcalinisante (peu acidifiante). En effet, « les reins permettent de maintenir l’équilibre acido-basique du corps, et s’ils fonctionnent moins bien, l’équilibre peut être rompu et une acidose chronique peut apparaître« , note la Fondation du Rein. On préfèrera alors les protéines végétales aux protéines animales, on favorisera les fruits et les légumes… Il est recommandé de normaliser son poids et de manger varié :

  • Les viandes blanches, poissons ou œufs : 2 fois par jour ;
  • Les produits laitiers (lait, laitages, fromages) : 3 par jour ;
  • Les féculents : céréales, pommes de terre et pain : 3 fois par jour ;
  • Les fruits : 2 par jour et les légumes : 2 à 3 fois par jour ;
  • Les matières grasses végétales : à chaque repas ;
  • Les boissons : seule l’eau est indispensable, à répartir tout au long de la journée.

Quels aliments éviter en cas de cancer du rein ?

« Avec une fonction rénale conservée et pendant la période de progression de la maladie puis son traitement, il est conseillé d’adopter une alimentation hyper protéinée, sans consommer de viandes rouges ni de fromage à pâte dure« , dit-elle. Les aliments à favoriser ne sont pas spécifiques : « tous les aliments à favoriser qui sont bons pour la santé sont bons dans tous les cas de figure : légumes et fruits frais de saison, poissons, laitages, huile d’olive, légumineuses, oléagineux… « . Si vous vivez avec un seul rein, note la Société canadienne du cancer, « quand le rein qui reste est sain, on n’a habituellement pas à modifier son alimentation. Si le rein qui reste n’est pas tout à fait sain, ou s’il ne reste qu’une partie de rein » :

  • Essayez de manger moins de protéines, car consommer trop de protéines provoque un stress sur le rein ;
  • Réduisez la quantité de sel que vous consommez ;
  • Limitez la quantité de phosphore que vous consommez ;
  • Limitez la quantité de liquide que vous avalez (tout en restant hydraté) ;
  • Limitez la quantité d’alcool que vous buvez.

Quels légumes sont mauvais pour les reins ?

« Ce sont ceux qui pourraient favoriser les calculs rénaux« , répond le Dr Pouzoulet. Et ceux qui contiennent trop de potassium. Cela concerne par exemple :

  • Les épinards ;
  • Le céleri ;
  • La betterave.
  • Les blettes,
  • Le radis noir,
  • Les fèves,
  • Les champignons.

Le café est-il mauvais pour les reins ?

« Non, le café n’est pas particulièrement mauvais pour les reins« , note la nutritionniste. Il est cependant recommandé d’en limiter la consommation, surtout s’il s’agit de café soluble ou de chicoré.

Merci au Dr Anne-Laurence Pouzoulet, médecin nutritionniste.

Sources : 
« Insuffisance rénale – Décrypter les mécanismes de destruction du rein », Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale).
« Diététique et insuffisance rénale « , Fondation du rein. 
 » Soins de soutien pour le cancer du rein « , Société canadienne du cancer.

Conseils alimentaires en cas de maladie rénale chronique CHU de Montpellier. Pr Moglie Le Quintrec-Donnette. 2020


Source : JDF Santé

Néphrologue : le spécialiste des reins, rôle, quand le voir ?

Définition : qu’est-ce qu’un néphrologue ?

Un néphrologue est un médecin spécialiste en charge du diagnostic et du traitement de l’ensemble des maladies rénales (ou néphropathies), qui affectent la filtration du sang, fonction première des reins. La prise en charge s’étend des symptômes les plus élémentaires et précoces (comme la présence de sang ou de protéines dans les urines) à des complications plus graves comme l’insuffisance rénale chronique, qui peut nécessiter une dialyse ou une transplantation rénale. « Les néphrologues suivent en consultation les patients transplantés du rein ainsi que les patients traités en dialyse, précise le Dr Aldjia Hocine, néphrologue à la Clinique du Landy à Saint-Ouen (93), praticienne attachée à l’hôpital Bichat à Paris et Présidente du Club des Jeunes Néphrologues. Quand la fonction rénale est très dégradée, le néphrologue accompagne le patient et son entourage vers les traitements dit de suppléance. Il s’agit des traitements visant à remplacer le travail des reins qui ne fonctionnent plus suffisamment correctement. Les traitements sont : la transplantation rénale, les traitements par dialyse qui peuvent être effectués à domicile (hémodialyse et dialyse péritonéale) et en centre (hémodialyse avec des horaires et degrés de médicalisation adapté à la situation personnelle et clinique du patient).Tous les praticiens sont en lien étroit avec un centre hospitalier universitaire qui coordonne l’inscription sur liste de transplantation rénale dès que cela s’avère nécessaire selon la dégradation de la fonction rénale et l’état clinique du patient« .

Indications : quand voir un néphrologue ?

Après avoir consulté son médecin traitant, il convient de s’orienter vers un néphrologue pour toutes pathologies affectant les reins. D’autres spécialistes (cardiologues, endocrinologues, diabétologues…) peuvent vous orienter vers le néphrologue. « Il arrive également que ce soit le médecin du travail qui détecte un problème de sang ou de protéines à la bandelette urinaire nécessitant donc un avis spécialisé du néphrologue, poursuit le Dr Flora Brunner, néphrologue à la Clinique Bouchard à Marseille (13) et secrétaire générale adjointe du Club des Jeunes Néphrologues. La prévention et la détection précoce des maladies rénales chroniques est une des pierres angulaires de la prise en charge en Néphrologie afin de ralentir la dégradation de la fonction des rein ». Les motifs de consultations d’un néphrologue sont :

  • Elévation de la créatinine constatée sur un bilan sanguin
  • Présence dans les urines de sang (hématurie) ou de protéines (protéinurie), insuffisance rénale chronique (IRC)
  • Hypertension artérielle
  • Troubles ioniques : calcium, potassium, sodium
  • Coliques néphrétiques,
  • Infections urinaires à répétition 

« La consultation de néphrologie est l’occasion de donner au patient les recommandations de néphroprotection adaptées à sa situation clinique, insiste le Dr Aldjia Hocine. Préconiser une alimentation et des apports hydriques adaptés, amélioration du contrôle de la pression artérielle et des autres facteurs de risque cardio-vasculaire ».

Comment se passe la visite chez un néphrologue ?

Après avoir interrogé son patient avec précision, le néphrologue procède à un examen clinique, avant de prescrire des examens complémentaires. « L’évaluation de la fonction rénale se fait grâce à la prise de sang en dosant la créatinine, ce qui permet ensuite le calcul du débit de filtration glomérulaire, l’analyse d’urines permet aussi d’apporter d’autres éléments pour compléter le diagnostic de la maladie rénale », détaille le Dr Brunner. « Si à l’issue du bilan paraclinique et biologique, il est nécessaire d’approfondir les investigations, le néphrologue peut vous proposer d’autres examens, ajoute le Dr Hocine. Entre autres :

  • la réalisation d’une biopsie rénale qui nécessitera une hospitalisation courte et apportera des précisions sur l’existence d’une néphropathie et guidera le traitement le plus adapté à votre situation
  • des explorations fonctionnelles rénales dans une unité spécialisée : mesure du débit de filtration glomérulaire, bilan de troubles ioniques (calcium, potassium, sodium par exemple), bilan de calculs ».

Comment préparer sa visite ?

« Il est toujours intéressant d’apporter votre dossier médical complet (par exemple les compte-rendus de consultation des autres spécialistes comme votre cardiologue ou diabétologue) ainsi que la liste de vos médicaments habituels pour permettre au néphrologue d’avoir une vision globale de votre état de santé« , reconnait le Dr Flora Brunner.

Quel est le prix et le remboursement d’un néphrologue ?  

Des parcours de soins spécifiques dédiés aux patients insuffisants rénaux chroniques à partir du stade 4 ont été mis en place depuis 2020

« Quel que soit le lieu de consultation, la grande majorité des néphrologues en France sont conventionnés en secteur I, la durée d’une consultation est en moyenne de 30 minutes« , affirme le Dr Hocine. Les tarifs de consultation sont les suivants :

  • 50 euros : patient adressé par son médecin traitant pour un avis ponctuel ou consultation de suivi et en coordination avec le médecin traitant avec un rendez-vous à plus de 4 mois d’intervalle.
  • 30 euros : suivi d’un patient en coordination avec le médecin traitant avec un rendez-vous à moins de 4 mois d’intervalle.
  • 60 euros : première consultation de synthèse d’un patient ayant une insuffisance rénale évolutive en vue d’une orientation vers une équipe de greffe rénale.

La base de remboursement est celle des consultations de spécialistes conventionnés secteur I : 70% quand la consultation se fait dans le cadre du parcours coordonné de soin. « Des parcours de soins spécifiques dédiés aux patients insuffisants rénaux chroniques à partir du stade 4 ont été mis en place depuis 2020 qui permettent d’accompagner les patients dans la prise en charge de leur pathologie en faisant appel à un ensemble de soignants en complémentarité de la consultation avec le néphrologue : infirmier(e)s de néphrologie, diététicien(ne)s, assistant(e)s sociales. », ajoute le Dr Hocine.

Comment devenir néphrologue ?

Pour devenir néphrologue, l’étudiant doit obtenir un diplôme d’études spécialisées (DES) de néphrologie. Après son baccalauréat, il doit d’abord suivre 6 années à la faculté de médecine. En fin de 6e année, les étudiants passent les épreuves classantes nationales pour accéder à l’internat. En fonction de leur classement, ils pourront choisir leur spécialité et leur lieu d’exercice. L’internat en néphrologie dure désormais 5 ans (réforme récente du 3ème cycle) et se termine par l’obtention du DES de néphrologie après validation d’un mémoire de néphrologie. « Enfin, pour pouvoir exercer en tant que néphrologue et porter le titre de docteur, l’étudiant soutient également une thèse de médecine, complète le Dr Hocine. Il n’est pas rare que les néphrologues complètent leur formation par un cursus de sciences (Master 2), certains poursuivent jusqu’à la thèse de sciences qui ouvre les portent des carrières hospitalo-universitaires. Comme tous les praticiens, la formation médicale continue est essentielle pour rester à jour des nouveautés dans notre spécialité« .

Quel est le salaire d’un néphrologue ?

Le salaire moyen d’un néphrologue est de 112 800 euros brut par an (soit 5 950 euros net par mois).

Merci au Dr Flora Brunner, néphrologue à la Clinique Bouchard à Marseille (13) et secrétaire générale adjointe du Club des Jeunes Néphrologues et au Dr Aldjia Hocine, néphrologue à la Clinique du Landy à Saint-Ouen (93), praticienne attachée à l’hôpital Bichat à Paris et Présidente du Club des Jeunes Néphrologues.


Source : JDF Santé