Une métaplasie correspond à la transformation d’un tissu différencié en un autre de caractère différent, et qui aboutit à la constitution d’un tissu normal en soi, mais anormal par sa localisation. On peut parler de métaplasie épithéliale, graisseuse, osseuse, malpighienne, intestinale, progressive, absolue… C’est quoi concrètement une métaplasie ? Est-elle réversible ? Comment la soigner ?
Quelle est la définition d’une métaplasie ?
« La métaplasie désigne la transformation d’un tissu différencié en un autre, à une localisation anormale du corps », commence le docteur Romain Troalen, médecin généraliste dans la région parisienne. Il répond à une agression répétée et prolongée, « qui peut être hormonale,chimique ou tissulaire, telle qu’une inflammation,une irritation ou une infection par exemple« , précise-t-il. Pour mieux comprendre : il faut savoir que la plupart des tissus de l’organisme sont d’abord des cellules souches (ces cellules peuvent se transformer en n’importe quel type de tissu), puis elles se transforment en cellule différenciée, telles que les cellules de la peau, de l’œil, de l’estomac… La métaplasie est donc phénomène qui peut être normal, mais cela devient potentiellement pathologique et donc dangereux selon sa localisation et le type de métaplasie. « Une métaplasie normale se manifeste par exemple au niveau du col de l’utérus, au moment de la puberté : l’épithélium glandulaire du col de l’utérus va se transformer en épithélium malpighien », ajoute le médecin.
Il s’agit d’une des métaplasies les plus répandues. L’exposition au tabac ou à un environnement contenant des vapeurs chimiques provoque une transformation de l’épithélium glandulaire de la bronche en épithélium malpighien. Comme l’explique le docteur, « la métaplasie dans cette situation n’est pas immédiatement dangereuse, mais il existe un risque d’apparition en deuxième étape d’une dysplasie, puis en dernière étape d’un cancer du poumon, aussi appelé carcinome malpighien« .
C’est quoi une métaplasie malpighienne (du col de l’utérus) ?
Cette métaplasie peut être normale, mais peut aussi être dangereuse, « comme le fameux papillomavirus qui va provoquer une métaplasie anormale au niveau du col, qui peut entraîner par la suite le cancer du col de l’utérus » explique le docteur Romain Troalen. On recherche cela avec les frottis de dépistage, où l’on retrouve des métaplasies différentes. Lors des frottis, il s’agit de différencier les métaplasies normales de celles qui montrent des signes d’un début de cancer.
C’est quoi une métaplasie œsophagienne ?
Pour rappel, l’œsophage est le tuyau qui va de la bouche à l’estomac. Quand il y a des reflux gastro-œsophagiens (RGO), c’est-à-dire de l’acide qui remonte dans la partie basse de l’œsophage, cela provoque une agression chimique pouvant finir par transformer l’épithélium de type intestinal en glandulaire intestinal, cela s’appelle un endo-brachyoesophage (aussi appelée œsophage de Barrett). Dans certains cas, l’endo-brachyoesophage peut donner un cancer de l’œsophage.
C’est quoi une métaplasie intestinale ?
La métaplasie de l’estomac peut se produire lorsque la paroi de l’estomac est attaquée par les acides de l’estomac et par la bactérie Helicobacter pylori. C’est une bactérie que tout le monde a, mais qui peut ne pas donner de symptômes. Elle favorise fortement les ulcères et les cancers de l’estomac. « C’est pourquoi, en cas d’ulcères, il faut une surveillance régulière, pour éviter que la métaplasie s’installe et risque la formation d’un cancer« , précise le docteur.
C’est quoi une métaplasie osseuse ?
Lors d’une métaplasie osseuse, on retrouve des tissus osseux dans l’utérus, et cela peut causer une infertilité secondaire. Généralement, cela peut arriver à la suite d’une fausse couche, d’une IVG ou d’un accouchement. Il reste ainsi des fragments de tissu embryonnaire dans l’utérus, qui se développe avec le temps.
Quels sont les symptômes d’une métaplasie ?
Il n’y a pas de symptômes spécifiques. Il s’agit des symptômes de certaines pathologies, qui peuvent révéler une métaplasie anormale. Mais il est difficile de les définir sans analyser la nature du problème.
Quelles sont les causes d’une métaplasie ?
► Ulcère : Les reflux gastriques ont pour effet d’attaquer la paroi de l’estomac. Ainsi la bactérie Helicobacter pylori, que tout le monde a naturellement, prolifère et favorise ainsi l’ulcération de l’estomac.
► Tabac : L’exposition prolongée au tabac dans les bronches peut provoquer une métaplasie, transformant l’épithélium glandulaire de la bronche en épithélium malpighien.
► RGO : Les reflux gastro-œsophagiens répétés s’attaquent à la paroi de l’œsophage. Cela risque ainsi de transformer l’épithélium de type intestinal en glandulaire intestinal. On appelle cela un endo-brachyœsophage.
Comment diagnostique-t-on une métaplasie ?
Le diagnostic se fait en fonction de la localisation de la métaplasie. Par exemple, dans l’estomac, une fibroscopie peut être effectuée, afin de regarder s’il y quelque chose d’anormal. Des prélèvements pourront alors être effectués afin de confirmer le diagnostic.
Comment soigner la métaplasie ?
La métaplasie ne se soigne pas à proprement parler, il faut seulement éliminer tous les facteurs qui l’ont déclenchés, par exemple le tabac pour les bronches, les reflux pour l’œsophage. Dans le cas spécifique de la métaplasie intestinale, si elle est due à la bactérie d’hélicobacter pilori, il faudra un traitement antibiotique pour l’éliminer. Il faut ensuite surveiller pendant quelques temps, en faisant régulièrement des analyses pour vérifier que tout rentre bien dans l’ordre.
Merci au Docteur Romain Troalen, médecin généraliste dans la région parisienne.
Entre mars et avril, les chenilles processionnaires du pin se déplacent en procession vers le sol pour s’enfouir alors que les chenilles processionnaires du chêne commencent à éclore. Les chenilles processionnaires peuvent entraîner de vives réactions allergiques à cause de leurs poils urticants, comme des éruptions cutanées, des démangeaisons, des œdèmes et des décollements de la rétine s’ils entrent en contact avec les yeux. On les redoute particulièrement chez les enfants et chez les animaux car elles sont à leur portée, sur l’herbe et à proximité des pins et des chênes en forêt. A quelle période faire attention ? Au printemps ? Quels sont les dangers d’une piqûre de chenille processionnaire ? Que faire ? Quel traitement pour la soulager ?
Définition : c’est quoi une chenille processionnaire ?
La chenille processionnaire est la larve d’un papillon de nuit. On rencontre en France deux types de chenilles processionnaires qui ont chacune leur cycle biologique : la chenille processionnaire du pin qui est présente en automne et en hiver, et la chenille processionnaire du chêne qui est présente du printemps à l’été.
Quelle est la période et la saison de la chenille processionnaire ?
La chenille processionnaire du pin est urticante d’octobre à mars.
La chenille processionnaire du chêne est urticante d’avril à juin.
La chenille processionnaire du pin (hiver) (Thaumetopoea pityocampa) : le cycle de reproduction dure 1 an. Les premières chenilles éclosent dès le mois d’octobre. Elles quittent leur nid vers mars-avril et se déplacent en se tenant les unes aux autres, en procession, vers le sol pour s’enfouir à quelques centimètres de profondeur et se transformer en nymphe puis en papillon au cours de l’été.
C’est quoi la chenille processionnaire du chêne ?
La chenille processionnaire du chêne (été) (Thaumetopoea processionea) : les œufs éclosent vers mars-avril. La chenille se déplace en fin de journée et la nuit en procession sur les feuilles pour se nourrir. Vers le mois de juin-juillet, les chenilles fabriquent leur nid au niveau du tronc et des branches les plus solides. Ce nid renfermera les chrysalides qui se métamorphoseront en papillon en août. Les papillons vont ensuite s’accoupler, pondre des œufs et donner naissance à de nouvelles chenilles urticantes.
Quels sont les dangers et les symptômes d’une piqûre de chenille processionnaire ?
Chaque chenille possède des poils microscopiques volatiles qui contiennent une protéine urticante, la « thaumétopoéine ». Ces poils s’accrochent facilement à la peau et aux muqueuses et peuvent provoquer diverses réactions chez l’homme :
Apparition dans les huit heures d’une éruption douloureuse avec de sévères démangeaisons. Les poils urticants se dispersent aisément par la sueur, le grattage et le frottement ou par l’intermédiaire des vêtements.
Apparition de boutons,
Développement après 1 à 4 heures d’une conjonctivite (yeux rouges, douloureux et larmoyants).
Irritation des voies respiratoires. Cette irritation se manifeste par des éternuements, des maux de gorge, des difficultés à déglutir et éventuellement des difficultés respiratoires.
maux de gorge.
Plus gravement, le contact avec les poils d’une chenille processionnaire peut entraîner un choc anaphylactique avec :
urticaire,
œdème dans la bouche et la gorge,
difficultés à respirer,
hypotension,
perte de connaissance.
Quels signes en cas d’allergie à une chenille processionnaire ?
Le contact avec les poils des chenilles processionnaires peut provoquer un urticaire physique dit « de contact » qui n’est pas lié à un mécanisme immunologique et n’est donc pas le signe d’une ‘allergie » en tant que telle. Il peut toucher toutes personnes alors que la véritable allergie ne concerne que celles qui sont « sensibilisées ». Seuls certains sujets présentent une véritable allergie aux poils urticants.
→ Les parties du corps les plus touchées sont les parties découvertes : poignets, avant-bras, dos des mains, espaces entre les doigts, visage, paupières, cou.
→ Les yeux peuvent être atteints :Les poils urticants pénètrent dans la cornée occasionnant une gêne oculaire, un larmoiement, une conjonctivite.
→ L’atteinte des voies respiratoires est un signe plus grave qui impose une consultation médicale : il peut s’agir d’une petite gêne respiratoire ou plus gravement d’une crise d’asthme.
Même si la chenille est tuée, ses poils restent urticants. Ils peuvent voler dans les maisons, être dans les sols.
Que faire en cas de piqûre de chenille processionnaire ?
En cas de contact avec la peau :
Retirer les vêtements avec des gants, les laver à fortes températures et les sécher au sèche-linge pour les débarrasser des poils.
Laver la zone touchée avec de l’eau et du savon.
« On peut éventuellement se servir de papier collant pour décrocher les poils urticants de la peau, un peu à la manière d’une épilation » indique l’Agence Régionale de Santé du Grand-Est.
Brosser les cheveux.
Consulter un médecin pour recevoir un traitement antihistaminique permettant de calmer les signes allergiques tels que les démangeaisons et l’éruption de boutons.
En cas de contact avec les yeux : rincer les yeux et consulter un ophtalmologue qui procédera à un examen minutieux pour décider des suites du traitement à administrer.
En cas de contact avec les voies respiratoires : consulter un médecin qui pourra prescrire les traitements indiqués en fonction des symptômes observés (antihistaminiques, corticoïdes).
En cas d’ingestion : boire un grand verre d’eau, consulter un médecin ou appeler directement le 15.
En cas de vomissements, de vertige et de fièvre, de difficultés respiratoires, d’œdème, consulter le service d’urgence le plus proche.
En cas de symptômes légers, consultez votre médecin traitant ou un médecin généraliste.
N’appelez le 15 ou consultez un service d’urgences uniquement en cas d’apparition de signes graves tels des vomissements, un malaise, des vertiges, des difficultés à déglutir, des difficultés respiratoires ou une atteinte sévère des yeux.
Prévention : comment se protéger des chenilles urticantes ?
Si un nid de chenilles processionnaires s’est installé dans votre jardin, sachez qu’il ne faut pas s’en approcher et encore moins les toucher. Il est aussi conseillé de :
Ne pas se promener sous un arbre porteur d’un nid.
Porter des vêtements couvrants lors de balades en forêt (manches longues, pantalons longs)
Eviter de se frotter les yeux en cas d’exposition mais aussi pendant et au retour d’une balade.
En cas de doute quant à une exposition aux poils des chenilles, prendre une douche et changer de vêtements en rentrant.
Si vous habitez à côté d’un arbre infesté : ne pas sécher le linge dehors surtout s’il y a du vent, laver soigneusement les fruits et légumes du jardin, faire attention en tondant la pelouse.
Ne pas laisser jouer les enfants à proximité d’un arbre infesté et à distance, les munir de vêtements protecteurs (voire chapeau et lunettes également).
En présence d’un nid de chenilles processionnaires, ne cherchez pas à le détruire immédiatement et demandez conseil à des professionnels. Si vous avez un doute, ne secouez pas les branches de l’arbre et ne remuez pas le sol pour faire tomber l’éventuel nid. Ne consommez pas les fruits qui se trouveraient en-dessous.
Pour les riverains de forêts ou d’arbres infestés
Ne pas faire sécher en extérieur les masques de protection respiratoire utilisés dans le cadre de l’épidémie de COVID 19.
Ne pas faire sécher le linge en extérieur surtout par temps venteux.
Laver soigneusement les fruits et légumes du jardin.
Prendre garde en tondant la pelouse.
Ne pas laisser jouer les enfants à proximité d’un arbre infesté et à distance, les munir de vêtements protecteurs (manches et pantalons longs, couvre-chef et éventuellement lunettes).
Eviter de se frotter les yeux en cas d’exposition.
En cas de doute quant à une exposition aux poils des chenilles, prendre une douche et changer de vêtements.
Pièges : comment se débarrasser des chenilles processionnaires ?
Pour détruire les chenilles processionnaires, il y a plusieurs solutions :
Soit en détruisant leur nid, en suivant les conseils d’un professionnel ou en faisant appel à un spécialiste qui détruira le nid à votre place.
Soit en appliquant sur le nid un traitement adapté à base de Bacillus thuringiensis, un produit disponible dans les jardineries.
Soit en introduisant ses prédateurs naturels, grâce à des nichoirs, comme le coucou ou la mésange qui se nourrissent des larves de chenilles processionnaire.
Sources :
« Progrès en dermato-allergologie » en 1999.
Chenilles urticantes, ARS Grand Est, juin 2020.
Merci au Dr Jérôme Langrand, Chef de service Centre antipoison de Paris CHU Lariboisière-Fernand Widal, pour sa relecture.
Définition : qu’est-ce que la rééducation fonctionnelle ?
La rééducation fonctionnelle est un ensemble de méthodes d’ergothérapie, de kinésithérapie et de neuropsychologie qui permettent de récupérer une déficience motrice ou cognitive. La rééducation fonctionnelle a lieu dans un centre dédié et est proposée aux patients après un accident, une maladie ou un traumatisme. Le parcours de soins est totalement personnalisé et demande souvent une pluridisciplinarité afin de permettre au patient de faire des progrès.
Quels médecins consulter pour une rééducation fonctionnelle ?
Dans un processus de rééducation fonctionnelle, « un médecin coordinateur chapote l’équipe des professionnels en charge de la rééducation du patient. Ces professionnels paramédicaux sont principalement des kinésithérapeutes, des ergothérapeutes, des neuropsychologues, des orthophonistes mais aussi des diététiciens, des professeurs d’activité physique adaptée, des psychologues ou encore des assistantes sociales« , explique le Dr Jean-Denis Bernard, médecin coordinateur de l’ensemble des établissements CLINEA en PACA.
1841 établissements sont des centres de rééducation fonctionnelle en France
C’est quoi un centre de rééducation fonctionnelle ?
Les centres de rééducation fonctionnelle sont des établissements de santé qui accueillent des personnes souvent en situation de handicap afin de les aider à retrouver certaines capacités fonctionnelles qu’elles soient physiques ou cognitives dont les personnes ont temporairement perdu l’usage après un accident, une opération chirurgicale ou un traumatisme. Les patients peuvent y être hospitalisés de façon complète ou bien peuvent se présenter en hospitalisation de jour. D’après la direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques (Drees), en 2017, 1841 établissements déclarent une activité de soins de suite et de réadaptation (SSR) en France métropolitaine et dans les DROM.
Comment se passe une rééducation fonctionnelle ?
Les hôpitaux ou les cliniques les plus proches adressent un patient au centre de rééducation. A son arrivée, le patient est hospitalisé et un bilan d’entrée est effectué par l’ensemble des thérapeutes concernés afin de cibler les fonctions que le patient doit récupérer pour lui permettre de faire des activités de la vie quotidienne. « Au bout d’un mois, quelle que soit la pathologie, on procède à une réévaluation du projet thérapeutique du patient afin de voir ce qui a progressé, pourquoi ça ne progresse plus, repenser notre stratégie, mettre l’accent sur d’autres choses. Notre objectif : que le patient n’ait pas la sensation de stagner et progresse tout le temps. »
Quelles sont les indications d’une rééducation fonctionnelle ?
Lorsque le patient est envoyé en centre de rééducation fonctionnelle, il est alors orienté vers l’une de ces trois filières en fonction de sa pathologie :
La filière neurologique qui rassemble les personnes ayant fait un AVC ou étant atteintes de maladies neurodégénératives comme la maladie de Parkinson ou la sclérose en plaques ;
La filière locomotrice qui rassemble les polytraumatismes, traumatismes d’un membre ou du rachis, traumatismes sportifs ;
La filière post-opératoire qui rassemble les personnes ayant besoin d’une rééducation après une opération comme la pose d’une prothèse de genou mais aussi après une amputation vasculaire causée par le diabète par exemple ;
La filière gériatrique qui permet de faire une transition avant le retour en ehpad ou au domicile lorsque la personne âgée souffre d’un traumatisme ou d’une pathologie neurologique.
Les séances de rééducation fonctionnelles sont-elles remboursées ?
Les séances de rééducation fonctionnelles sont intégralement prises en charge par la sécurité sociale et remboursées.
Merci au Dr Jean-Denis Bernard, rééducateur de formation et médecin coordinateur de l’ensemble des établissements CLINEA en PACA.
IST est l’acronyme d’Infection Sexuellement Transmissible. C’est une infection due à un virus, une bactérie ou un parasite qui est transmise par voie sexuelle, pendant un rapport sexuel, avec ou sans pénétration. On peut aussi entendre le terme « MST » pour « Maladie Sexuellement Transmissible » ou « maladies vénériennes » (moins employé aujourd’hui). L’homme et la femme peuvent avoir des IST. Quelles sont les principales IST ? Chez l’homme ? La femme ? Leurs causes ? Quels sont les symptômes d’une IST ? Est-ce grave d’avoir une IST ?
Quelle est la définition d’une IST ?
Une IST est une Infection Sexuellement Transmissible, transmise donc par voie sexuelle lors d’un rapport sexuel vaginal, anal ou oral,avec ou sans pénétration. Parmi les IST les plus connues, on retrouve : le VIH, la gonococcie (gonorrhée), les chlamydiae, la syphilis, les condylomes, la vaginose, l’herpès génital, les hépatites… L’OMS indique que d’après les connaissances actuelles, 30 bactéries, virus ou parasites différents sont transmis par contact sexuel. « La fin des années 1990 et le début des années 2000 ont vu une recrudescence des IST, ainsi que la réapparition de certaines jusque-là quasiment éradiquées dans la plupart des pays occidentaux (syphilis par exemple), en lien avec une baisse de l’utilisation des moyens de prévention« , indique Santé publique France. Conformément à la recommandation de l’OMS, aujourd’hui, l’acronyme IST est maintenant le seul utilisé.
Une IST se transmet par le contact avec le sexe d’une personne elle-même contaminée :
→ Si un homme a une IST, il peut transmettre l’IST à une femme.
→ Si une femme a une IST, elle peut transmettre l’IST à un homme.
→ Si un homme a une IST, il peut transmettre l’IST à un homme.
→ Si une femme a une IST, elle peut transmettre l’IST à une femme.
→ Une IST peut se transmettre pendant une relation sexuelle sans pénétration = quand les deux sexes se touchent ou quand la bouche de l’un touche le sexe de l’autre.
→ Une mère peut transmettre une IST à son bébé pendant la grossesse ou l’accouchement.
→ Les IST ne peuvent pas se propager par simple contact, par exemple en donnant à manger ou à boire, en éternuant ou lors d’une accolade.
Quelles sont les IST les plus fréquentes chez la femme ?
► D’après l’Assurance maladie, les infections à papillomavirus humains (HPV) sont l’infection sexuellement transmissible la plus fréquente en France. 80 % des femmes et probablement autant d’hommes présentent une infection à HPV à un moment de leur vie.
► D’après l’Organisation mondiale de la Santé, la chlamydiose est l’une des IST les plus fréquentes chez la femme, en particulier chez la jeune femme. 124 082 cas d’infection à Chlamydia trachomatis ont été diagnostiqués en 2020 chez les personnes de 15 ans et plus, dont 54% étaient des femmes (chiffres de Santé publique France)
► L’herpès génital causé par un virus appelé herpès simplex virus (HSV) : à l’échelle mondiale, il s’agit de la quatrième infection sexuellement transmissible. En France, les études les plus récentes montrent que l’herpès génital touche environ 17% de la population. Ces dernières montrent également que les femmes sont davantage touchées que les hommes (chiffres de l’Association Herpès)
Quelles sont les IST les plus fréquentes chez l’homme ?
► Les infections à papillomavirus humains : environ 80% d’hommes présenteront une infection à HPV au moins une fois dans leur vie, d’après l’Assurance Maladie
► La gonococcie (blennorragie gonococcique, gonorrhée ou « chaude-pisse ») : le nombre de cas de gonococcie diagnostiqués en 2020 s’établit à environ 10 000. Le taux de positivité de l’infection à gonocoque est plus élevé chez les personnes trans (6,3 %) et chez les hommes (5,8 %) que chez les femmes (1,2 %) (chiffres de Santé publique France)
► L’infection par le VIH : le nombre de découvertes de séropositivité en 2020 a été estimé à 4 856, selon Santé publique France. Les hommes représentent 69% des découvertes de séropositivité VIH en 2020, les femmes 30% et les personnes trans 1%.
► L’hépatite B : la prévalence de l’antigène HBs à 0,65 %, ce qui correspondait à 280 821 personnes présentant une hépatite chronique B. Parmi les facteurs significativement associés à la positivité des anticorps anti-HBc : le fait d’être un homme et d’être âgé de plus de 29 ans (enquête nationale sur la prévalence des hépatites B et C en France, Santé publique France).
► La syphilis : les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes représentent 81 % des cas rapportés en France (OMS).
Quels sont les symptômes d’une IST ?
Les infections sexuellement transmissibles (IST) sont souvent asymptomatiques, signale l’OMS. Quand elles sont symptomatiques, les symptômes d’une IST sont variable en fonction de l’infection, mais généralement, en cas d’IST, la personne peut avoir :
Des écoulements jaunes au niveau du sexe
Un écoulement urétral purulent
Des boutons sur le sexe ou sur le pourtour de l’anus
Des démangeaisons dans la zone vaginale, anale, ou près de l’orifice de l’urètre
Des brûlures
Parfois, des douleurs dans le bas du ventre
Des douleurs quand on urine
De la fièvre
La peau qui jaunit (hépatite)
Des douleurs dans les articulations (plus rare)
Est-ce grave d’avoir une IST ?
Toutes les IST se soignent, pour la plupart d’entre elles avec des traitements très simples et presque toutes les IST peuvent guérir sans laisser de séquelles. Mais attention une IST non soignée peut devenir grave et entraîner des complications (risque de cécité et autres manifestations neurologiques, stérilité, transmission de la mère à l’enfant ou malformations congénitales…) Par exemple :
→ Les virus du papillome humain (HPV) et de l’hépatite B peuvent causer le cancer (du foie pour l’hépatite B ou du col de l’utérus pour le HPV)
→ Des condylomes peuvent occasionner des cancers chez l’homme et la femme
→ Les chlamydioses peuvent provoquer des infections génitales graves, des grossesses extra-utérines, et éventuellement une stérilité.
→ Certaines IST, comme l’herpès, la gonorrhée et la syphilis, peuvent augmenter le risque de contracter le VIH.
Comment dépister une IST ?
Pour faire un dépistage d’IST, il faut :
→ Consulter un médecin (généraliste, gynécologue, sage-femme, dermatologue) qui examinera votre sexe.
→ S’il y a une suspicion d’IST, il vous fera une ordonnance pour faire des examens de dépistage dans un laboratoire d’analyse. Soit :
Une prise de sang
Une analyse d’urine
Un prélèvement vaginal
→ Le laboratoire vous envoie ensuite les résultats du dépistage, ainsi qu’au médecin prescripteur. Les résultats peuvent montrer la présence ou non d’une IST. Si vous avez une IST, un traitement sera mis en place par le médecin.
→ Il est également possible de faire un dépistage dans un CeGIDD (Centre Gratuit d’Information de Dépistage et de Diagnostic) ou dans un CPEF (Centre de Planification et d’Education Familiale).
→ Si vous avez une IST, il convient de le dire à son/ses partenaire(s) pour qu’ils puissent faire un dépistage, casser la chaîne de transmission et recevoir un traitement adapté s’il est infecté (même en l’absence de signes cliniques). A ce propos, la Haute Autorité de Santé encourage tous les patients infectés à en informer leurs partenaires. En premier lieu, « elle souligne qu’en consultation, la question du ou des partenaire(s) doit être systématiquement évoquée par le professionnel de santé à l’occasion d’un diagnostic d’IST« . Pendant la durée du traitement, il faudra absolument utiliser des préservatifs.
Comment soigner une IST ?
En fonction de l’IST, le médecin peut prescrire plusieurs types de traitement :
Des antibiotiques (pour soigner une chlamydiose par exemple)
Des injections de pénicilline (en cas de syphilis par exemple)
Des ovules à mettre dans le vagin (en cas de vaginose par exemple)
Des antibiotiques associés à une crème (en cas de gonorrhée, de mycoplasmes ou de trichomonase)
Même si les signes de la maladie ont disparu, il faut absolument prendre le traitement jusqu’au bout.
Comment éviter d’avoir une IST ?
Pour les IST bactériennes ou virales (gonococcie, blennorragie, chlamydiose, syphilis, hépatite B, herpès génital…) : le préservatif (féminin ou masculin) et le dépistage sont les moyens de prévention actuels. Pour certaines IST, il existe des vaccins : le vaccin contre le papillomavirus et le vaccin contre l’hépatite B.
Pour le VIH, d’autres stratégies de prévention sont également disponibles, c’est ce qu’on appelle la prévention diversifiée :
L’usage systématique du préservatif lors des rapports sexuels
Le dépistage qui permet de bénéficier rapidement d’un traitement si une infection est diagnostiquée
La PrEP (prophylaxie pré-exposition) qui est un traitement antirétroviral (en continu ou à la demande) permettant de réduire considérablement le risque d’infection par le VIH chez les personnes séronégatives
Le TPE (traitement post-exposition) qui est un traitement antirétroviral pris dans les heures qui suivent une prise de risque et pendant 1 mois, permettant de réduire le risque d’infection par le VIH chez une personne séronégative
Les TasP (Treatment as Prevention ou en français « traitement comme prévention ») qui ont l’effet des traitements antirétroviraux (en continu) permettant aux personnes séropositives d’avoir une charge virale plasmatique indétectable et de ne pas transmettre le VIH aux partenaires sexuels.
Sources :
– Assurance maladie
– Bulletin de santé publique VIH-IST. Décembre 2021, Santé publique France
– Haute Autorité de Santé
– Sida Info Service
– Tout ce qu’il faut savoir sur les quatre principales infections sexuellement transmissibles (IST) curables, OMS
– Infections sexuellement transmissibles (IST), OMS, 22 août 2022
De nombreuses études* ont montré à plusieurs reprises que le sport pouvait réduire l’apparition et le développement de cancers comme le cancer du sein ou le cancer colorectal. Mais une nouvelle étude menée par des chercheurs israéliens et publiée dans la revue Cancer Research va plus loin et précise que les sports d’endurance ou de cardio sont les plus à même de prévenir la progression du cancer et le développement de métastases, des cellules cancéreuses qui ont migré vers d’autres organes. Les métastases (on parle aussi d’un cancer de stade 4) représentent la principale cause de mortalité liée au cancer.
Les sports d’endurance à privilégier
Les chercheurs ont analysé une cohorte de plus de 3 000 personnes pendant près de 20 ans. Ils se sont aperçus que les personnes qui faisaient régulièrement une activité physique en aérobie, autrement dit, un sport d’endurance ou cardio avaient un risque de développer un cancer métastatique diminué de 72% comparé aux personnes sédentaires. Ls sport en aérobie est un type d’exercice qui peut être maintenu pendant une période prolongée. Il est très efficace pour développer l’endurance et renforcer le cœur et les poumons. Ce sont par exemple :
Ces sports augmentent la consommation d’oxygène (O2) et la fréquence cardiaque. Quand on pratique ces sports, les muscles exigent une importante quantité de nutriments (glucose ou « sucre »), ce qui entraîne une réduction de la disponibilité des nutriments pour les cellules cancéreuses (ou tumorales) qui ne peuvent alors plus se développer. En effet, les cellules cancéreuses ont besoin d’un apport énergétique soutenu pour assurer leur croissance et leur réplication dans l’organisme, très souvent sous forme de glucose (c’est ce qu’on appelle l’effet Warburg, démontré dans plusieurs études scientifiques dont une menée par l’Institut de recherche en cancérologie de Montpellier, voir le schéma ci-dessous).
Les résultats de cette étude ont ensuite été confirmés dans un modèle animal de souris atteintes de mélanome, l’un des cancers avec un fort potentiel métastatique. Ces souris ont été soumises à un protocole d’exercices aérobiques, soit des séances de carrousel à haute vitesse pendant 20 minutes chaque jour pendant deux mois. Au terme de l’étude, les chercheurs ont observé chez ces souris une diminution de métastases dans les poumons, les ganglions lymphatiques et le foie par rapport aux souris sédentaires. Cette découverte pourrait représenter un axe potentiel de recherche dans la prévention des cancers métastatiques.
– Un bouclier métabolique induit par l’exercice dans des organes distants bloque la progression du cancer et la dissémination métastatique, 15 novembre 2022, Cancer Research
– L’effet Warburg, Med Sci (Paris) 2013 ; 29 : 1026–1033, Institut de recherche en cancérologie de Montpellier, Inserm U896, 208, rue des Apothicaires, 34298 Montpellier, France