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Carbonarcose : définition, causes de cette somnolence

Carbonarcose : définition, causes de cette somnolence

Définition : qu’est-ce qu’une carbonarcose ?

La carbonarcose correspond à un état de somnolence qui conduit au coma et engage le pronostic vital. Elle résulte d’une surcharge en dioxyde de carbone dans le sang (hypercapnie) et apparaît chez certains patients atteints d’une affection respiratoire telle qu’une bronchite sévère, une dyspnée sévère ou une broncho-pneumopathie chronique obstructive.

Quelles sont les causes possibles d’une carbonarcose ?

« La carbonarcose est un terme désuet qui correspondait à des somnolences (narcoses) liées à un manque d’oxygène en particulier chez l’insuffisant respiratoire et s’appelait ainsi car cette hypoxie s’associait à une augmentation du gaz carbonique dans le sang (CO2) et à une acidose respiratoire (sang plus acide lié à l’augmentation du CO2) », informe le Dr Marc Rey. Dans certains cas, la carbonarcose est volontairement provoquée pour protéger les alvéoles pulmonaires. On parle dans ce cas d’hypercapnie permissive intentionnelle.

Quels sont les symptômes d’une carbonarcose ?

La carbonarcose se traduit par une mauvaise adaptation de la ventilation aux besoins du corps. Le sujet éprouve :

  • D’abord, des difficultés pour respirer
  • Puis, une envie soudaine et involontaire de dormir.  

Qui est le plus à risque de faire une carbonarcose ?

Les sujets les plus à risque de faire une carbonarcose sont ceux qui sont atteints d’une affection respiratoire telle qu’une bronchite sévère, une dyspnée sévère ou une broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO).

Quel traitement en cas de carbonarcose ?

Le traitement de la carbonarcose repose, en premier lieu, sur l’assistance respiratoire. En parallèle, il est primordial de traiter l’insuffisance respiratoire à l’origine de la carbonarcose. Le traitement de la dyspnée repose quant à lui sur l‘oxygénotherapie. En cas de BPCO, des bronchodilatateurs par voie inhalée seront proposés. 

Merci au Dr Marc Rey, neurologue spécialiste du sommeil, président de l’Institut National du Sommeil et de la Vigilance (INSV)


Source : JDF Santé

Electrosensibilité : symptômes, cause, traitement

En août 2015, la justice française a reconnu pour la première fois un handicap dû à l’électrosensibilité. Également appelée sensibilité électromagnétique, cette pathologie est encore mal connue. Un point sur les symptômes les plus fréquemment observés, le diagnostic et le traitement envisagé avec le Dr Dominique Tripodi, chef du service pathologie professionnelle environnementale au CHU de Nantes.

Définition : qu’est-ce qu’une personne électrosensible ?

« La personne électrosensible se définit comme présentant une intolérance aux champs électromagnétiques, qu’ils soient de haute fréquence, de basse fréquence, ou les deux. Si certaines personnes électrosensibles parviennent à continuer le travail avec des adaptations, d’autres se retrouvent confinées et contraintes de vivre dans des  » zones blanches , c’est-à-dire souvent isolés dans la nature », pose d’emblée le Dr Dominique Tripodi.

Quels sont les symptômes de l’électrosensibilité ?

Il n’existe pas de liste de manifestations spécifiques à la sensibilité électromagnétique, mais certains signes sont fréquemment observés. D’après l’OMS, il peut s’agir de :

  • réactions dermatologiques (rougeurs, brûlures),
  • une fatigue importante (asthénie),
  • étourdissements,
  • difficultés de concentration,
  • nausées
  • palpitations
  • maux de tête
  • douleurs oculaires
  • acouphènes

Les symptômes sont d’intensité et de gravité variables en fonction des individus. Dans certains cas, cette sensibilité peut s’avérer particulièrement handicapante au quotidien.

Quelles causes ou maladies peuvent expliquer une électrosensibilité ?

L’électrosensibilité est généralement attribuée à l’exposition aux champs électromagnétiques (CEM). Les ondes électromagnétiques sont plus ou moins puissantes selon leur fréquence. Elles peuvent être émises par les antennes de télévision ou de radio, par les téléphones portables, et par les appareils ménagers. L’apparition de symptômes peut également être due à la crainte des effets des champs électromagnétiques sur la santé, plus qu’à l’exposition elle-même. « A ce jour, nous manquons d’éléments de preuve scientifique pouvant expliquer la/les causes précises« , explique le chef du service pathologie professionnelle environnementale au CHU de Nantes.

« L’électrosensibilité n’est pas reconnue comme une maladie en France »

Qui consulter quand on est électrosensible ?

Si les symptômes décrits dans le rapport de l’Anses de 2018 correspondent à ceux évoqués par le patient, l’électrosensibilité peut être suspectée. Toutefois, il n’existe, à ce jour, aucun examen complémentaire, qu’il soit médical, biologique ou radiologique pour confirmer le trouble. « L’électrosensibilité n’étant pas reconnue comme une maladie en France, le diagnostic peut s’avérer difficile. Les personnes se trouvent démunies, pas ou peu reconnues comme porteurs d’un handicap. Les médecins généralistes connaissent très peu ce syndrome. Les patients peuvent être orientés vers des centres de consultation de pathologies professionnelles et environnementales qui se trouvent dans des CHU », précise le spécialiste.

Diagnostic : comment prouver qu’on est électrosensible ?

Les personnes qui pensent être sensibles aux champs magnétiques sont invitées à consulter un médecin en vue d’un diagnostic approprié. A l’heure actuelle, il n’existe pas de critères diagnostiques clairs. C’est pourquoi le médecin doit tout d’abord éliminer les autres pathologies pouvant être à l’origine des symptômes en procédant à un examen médical et psychologique.

Quel est le traitement pour soigner une électrosensibilité ?

Le traitement est prescrit au cas par cas, et repose en première intention sur la prise en charge des symptômes. Un suivi sur le long terme peut être proposé aux personnes souffrant de symptômes chroniques et handicapants, de même qu’une prise en charge psychologique. Si le lien est établi entre les symptômes et l’exposition aux champs électromagnétiques, des mesures de prévention peuvent également être mises en place afin de réduire l’exposition aux champs électromagnétiques : la modification des conditions de travail pour continuer à mener une vie sociale normale, par exemple.

Quel est le danger d’un compteur Linky chez une personne électrosensible ?

Le danger des courants porteurs en ligne (CPL) sur la santé n’est à ce jour pas établi et on ne retrouve pas d’étude scientifique qui se soit intéressée à l’effet direct des compteurs Linky sur la santé. « Les sources d’exposition concernées ici sont les champs électromagnitiques de basses fréquences à partir du réseau électrique. Là encore, l’effet possible sur la santé des champs électromagnétiques basse fréquence n’est pas arrêté. Les études actuelles concernent essentiellement les lignes haute tension qui émettent des champs électromagnétiques de basse fréquence », informe le Dr Dominique Tripodi.

Merci au Dr Dominique TRIPODI, chef du service pathologie professionnelle environnementale au CHU de Nantes


Source : JDF Santé

C'est quoi le nouveau virus HCirV-1 qui infecte le foie ?

C'est quoi le nouveau virus HCirV-1 qui infecte le foie ?

Découverte inattendue dans le monde scientifique. Un nouveau virus, nommé provisoirement Human Circovirus 1 ou HCirV-1, a été identifié par des médecins et des scientifiques de l’Institut Pasteur, rapporte un communiqué publié sur leur site le 25 janvier 2023. Cette espèce inconnue de circovirus (qui n’attaque normalement que les animaux (porcs et oiseaux)) serait capable de causer d’importants dommages au foie chez l’humain. Une étude publiée dans la revue scientifique Emerging Infectious Diseases, le 3 janvier 2023, rapporte qu’il aurait été responsable d’une hépatite chez une patiente française de 61 ans, doublement greffée et sous traitement immunosuppresseur. Que sait-on de ce nouveau virus ? Doit-on le craindre en France ? Comment s’attaque-t-il au foie ? Y a-t-il un vaccin pour s’en protéger ? Connaissances à date.

C’est quoi le virus Human Circovirus 1 ?

Baptisé provisoirement Human Circovirus 1 ou HCirV-1 par les scientifiques qui l’ont découvert (chercheurs de l’Institut Pasteur, avec des scientifiques de l’hôpital Necker, de l’Inserm au sein de l’Institut Imagine, d’Université Paris Cité et de l’École nationale vétérinaire d’Alfort), ce nouveau virus fait partie de la famille des circovirus, un ensemble de « petits virus à ADN très résistants, identifiés initialement en 1974 dans différentes espèces animales », peut-on lire dans le communiqué de l’Institut Pasteur. 

Chez l’animal (porcs et oiseaux), les circovirus peuvent être responsables de problèmes respiratoires, rénaux, dermatologiques et reproductifs. 

Chez l’homme, ce nouveau type de circovirus pourrait causer d’importants dommages au foie et il s’agirait du premier circovirus lié à une hépatite chez l’homme.

Comment le Human Circovirus 1 attaque-t-il le foie ?

Les effets de ce nouveau virus sur le foie ont pu être démontrés grâce à l’analyse d’échantillons de tissus pathologiques d’une patiente de 61 ans atteinte d’une hépatite chronique inexpliquée, qui avait été greffée du cœur et des poumons 17 ans plus tôt. Ces échantillons ont fait l’objet d’un séquençage de milliers d’ARN (acides ribonucléiques, des molécules chargées de transmettre l’information codée dans notre génome), qui ont été analysés et comparés à ceux de microbes déjà connus. Après avoir écarté les étiologies communes courantes, l’analyse a permis d’identifier cette espèce inconnue de circovirus et son implication dans l’hépatite de la patiente (2 à 3% des cellules de son foie étaient infectées), entraînant une cytolyse hépatique, autrement dit, la destruction des cellules du foie. « Effectivement, une fois que ce virus a utilisé les ressources de la cellule hépatique pour se multiplier, il la détruit« , rapportent les scientifiques de l’Institut Pasteur. Au cours des analyses, aucune autre séquence virale ou bactérienne n’a été trouvée. Ce qui montre bien que le HCirV-1 serait à l’origine de l’hépatite chronique de la patiente. L’origine du virus, de même que la source de l’infection elle-même (contact, alimentation…) restent toutefois à identifier.

Quels sont les symptômes du Human Circovirus 1 ?

Comme décrit précédemment, le Human Circovirus 1 pourrait entraîner une hépatite chez l’humain, responsable de lésions hépatiques et de la mort des cellules du foie. L’hépatite est une maladie souvent asymptomatique ou donnant des symptômes légers et peu spécifiques comme :

  • Une fatigue
  • Une perte d’appétit (et donc perte de poids)
  • Parfois une légère fièvre
  • Une sensation de malaise
  • Rarement, du liquide dans l’abdomen (ascite) 
  • Quand elle est à un stade très avancée : une insuffisance hépatique, une jaunisse…

Pour information, la patiente de 61 ans était asymptomatique à l’exception d’un amaigrissement mais sans sévérité. 

Comment diagnostique-t-on une infection au Circovirus Humain ?

Le diagnostic d’hépatite inexpliquée reste un enjeu majeur, insistent les scientifiques de l’Institut Pasteur. « Pour adapter le traitement et le suivi des patients, il est essentiel pour nous de connaître la cause de l’hépatite, et notamment de savoir si elle est virale« , souligne Anne Jamet, du service de microbiologie clinique de l’hôpital Necker-Enfants malades AP-HP, affiliée à l’Inserm, et co-auteure de l’étude. Ainsi, grâce à cette découverte, les scientifiques ont pu mettre au point un test PCR spécifique désormais disponible pour le diagnostic étiologique d’hépatite d’origine inconnue. Ce test, disponible auprès de la communauté médicale, est désormais facilement réalisable pour d’autres cas d’hépatites inexpliquées (on se souvient des cas d’hépatite aiguë rapportés chez des enfants au Royaume-Uni et en Irlande en avril 2022 et signalés par l’OMS). Un test sérologique est également en développement.

Y a-t-il un traitement contre le Circovirus Humain ?

L’administration d’un traitement antiviral est possible pour arrêter la cytolyse hépatique (destruction des cellules du foie), rapporte l’Institut Pasteur. 

Y a-t-il un vaccin contre le Circovirus Humain ?

Certains circovirus, pathogènes pour les animaux, peuvent faire l’objet de vaccination, notamment chez les porcs. En revanche, le HCirV-1 étant le premier circovirus pathogène pour l’homme, il n’existe pas encore de vaccin pour s’en protéger.  

Doit-on s’inquiéter en France ?

Pour le moment, le circovirus humain 1 n’a été retrouvé que chez une seule patiente en France. C’est donc, à date, un cas isolé. Les autorités ne semblent donc pas tirer la sonnette d’alarme, ce qui pourrait néanmoins être le cas, si d’autres cas d’hépatites liées à ce virus sont observées. 

Sources :

– Découverte d’un circovirus impliqué dans une hépatite humaine, Institut Pasteur, communiqué du 25 janvier 2023

– Circovirus Hepatitis Infection in Heart-Lung Transplant Patient, France, EID Journal, Volume 29, Number 2—February 2023


Source : JDF Santé

Photophobie : cause, symptômes, lunettes, traitement

Photophobie : cause, symptômes, lunettes, traitement

Définition : qu’est-ce que la photophobie ?

L’intolérance à la lumière caractérise la photophobie. Elle peut être simplement gênante ou douloureuse. Une photophobie peut être causée par une kératite, une conjonctivite, une infection de la cornée, plus rarement une ophtalmie des neiges. Elle touche particulièrement les personnes à la peau claire, aux yeux plus fragiles. Si elle s’accompagne de nausées et de fièvres, la photophobie peut être un symptôme de méningite. Dans tous les cas, il faut en traiter la cause et porter des lunettes aux verres teintés si l’on ne souhaite pas passer son temps dans le noir. « La photophobie n’est pas une maladie en soi mais un symptôme assez fréquent en ophtalmologie. La photophobie doit être distinguée de la sensibilité à la lumière que l’on a tous lors d’une forte exposition à la lumière, notamment en cas de grand soleil ou de réverbération importante sans protection solaire« , commente le Dr Pierre Queromès, chirurgien ophtalmologiste spécialisé dans les maladies de la rétine.

Quels sont les symptômes de la photophobie ? 

La photophobie se manifeste par différents symptômes : 

  • Une hypersensibilité à la lumière 
  • Une vision floue 
  • Le fait de plisser ou de fermer les yeux face à une exposition qui n’est pas plus forte que la normale 
  • Des larmoiements 
  • Des rougeurs de l’œil 
  • Des maux de tête 
  • Des nausées 
  • Une baisse de la vision instantanée 
  • Des vertiges. 

Quelles sont les causes de la photophobie ?

« Certaines personnes ont naturellement une sensibilité à la lumière plus accrue que les autres. C’est le cas des personnes aux yeux clairs, dont la pigmentation de l’iris freine un peu moins la lumière que les yeux foncés », indique le chirurgien ophtalmologiste. Au-delà de cette caractéristique physiologique, les causes de la photophobie se divisent en trois grandes catégories : 

Les causes ophtalmologiques : une photophobie peut survenir dans le cadre :

  • d’une inflammation de la cornée (kératite) due à la présence de corps étrangers dans l’œil,
  • d’un ulcère,
  • d’un traumatisme de cornée
  • de conjonctivites 
  • d’une pathologie inflammatoire intra-oculaire (uvéite ou iridocyclite)
  • de glaucome aigu
  • quelques maladies génétiques de la rétine.  

► Les causes neurologiques :

  • une hypertension intra-crânienne,
  • une méningite
  • la migraine qui entraîne une extrême sensibilité aux sons et à la lumière. 

► Les causes psychiatriques :

  • les sujets souffrant de dépression ou de troubles bipolaires
  • un traitement médicamenteux (benzodiazépines)

Y a-t-il un test pour diagnostiquer la photophobie ?

« Il n’existe pas vraiment de test spécifique pour diagnostiquer la photophobie. C’est surtout l’interrogatoire qui permet de déceler cette hypersensibilité à la lumière. Par exemple, si le patient est plus gêné qu’avant par les phares des voitures ou la lumière artificielle que ce soit au bureau ou devant les écrans« , indique le spécialiste. 

Quel est le traitement pour soigner une photophobie ?

Pour traiter la photophobie, il est nécessaire d’en connaître l’origine. Les personnes qui se savent sensibles à la lumière doivent prendre certaines précautions :

  • porter des lunettes de soleil à l’extérieur,
  • éviter de porter des lentilles de contact,
  • baisser les volets à l’intérieur de la maison en cas d’ensoleillement important,
  • éviter les surfaces réfléchissantes (neige, eau, sable…).

En présence d’une cause ophtalmologique comme une kératite, une uvéite ou une conjonctivite, des pommades et des gouttes pour hydrater et lubrifier l’œil peuvent être proposées pour soulager l’inconfort. En cas de migraines, la prescription d’antalgiques permet de diminuer l’intolérance à la lumière.

Faut-il mettre des lunettes spéciales en cas de photophobie ?

À l’extérieur, le port de lunettes de soleil est recommandé pour se protéger de la lumière. À l’intérieur, des lunettes classiques dotées de verres anti-reflets suffisent. « Il existe également des lunettes photocromatiques qui se teintent dès que l’on sort. En cas de crises importantes, il est possible de fermer l’œil à l’aide d’un stéristrip pour le protéger de la lumière« , précise le Dr Pierre Quéromès. 

Merci au Dr Pierre Quéromès, chirurgien ophtalmologiste spécialisé dans les maladies de la rétine. Il exerce au Centre Hospitalier National d’Ophtalmologie des Quinze-Vingts et à l’OPH78.


Source : JDF Santé

Fertilité après un cancer : chimiothérapie, règles, être enceinte

Fertilité après un cancer : chimiothérapie, règles, être enceinte

On parle d’hypofertilité lorsqu’une femme a des difficultés à procréer et de stérilité lorsqu’elle ne pourra pas être enceinte. Les traitements contre les cancers gynécologiques altèrent les fonctions des organes, ce qui conduira dans certains cas à la stérilité de la femme. « Les traitements du cancer peuvent altérer la fertilité chez les femmes de différentes manières. Concernant les cancers gynécologiques, lorsque le traitement consiste à retirer l’organe malade (ovaire, utérus, trompes de Fallope) alors la femme ne pourra plus procréer naturellement« , explique en préambule Nasrine Callet, gynécologue, contactée par le Journal des Femmes. Et les autres traitements ? La chimiothérapie ? La radiothérapie ? Quelles chances de procréer après un cancer ?

Est-ce que la chimiothérapie impacte la fertilité chez la femme ?

La chimiothérapie impacte transitoirement ou durablement le système reproductif des femmes, en fonction de la dose, de la durée et de la nature des produit utilisés. Ce traitement endort les ovaires, qui ne remplissent alors plus leurs fonctions. « Dans le cadre du cancer du sein ou des leucémies notamment, les drogues utilisées contre le cancer sont extrêmement toxiques pour les ovaires« , précise le Dr Callet. La grande majorité des chimiothérapies a un impact, plus ou moins important, sur la fertilité. « En effet, ce traitement agit sur les cellules à renouvellement rapides – les cellules du cancer donc. Les cellules des ovaires se renouvellent aussi rapidement et sont donc également impactées », ajoute-t-elle.

​​​​​​Est-ce que la chimiothérapie impacte la fertilité chez l’homme ?

Si les effets de la chimiothérapie sont variables d’un homme à l’autre, elle peut effectivement affecter la fertilité masculine à long terme. Tout comme la radiothérapie ciblée sur la zone pelvienne notamment et la chirurgie dans cette même zone.  La conservation des spermatozoïdes avant les traitements contre le cancer, est une méthode simple et efficace, lorsque le patient est pubère. Chez un patient non-pubère, « une intervention chirurgicale est programmée pour prélever un fragment de tissu germinal, qui sera amené au laboratoire pour être congelé. La réutilisation de ces fragments de tissus pourra être demandée par le patient une fois adulte », explique le CHU de Nantes sur son site Internet.

​​​​​​​Est-ce que la radiothérapie impacte la fertilité ?

Toujours dans le cadre du traitement d’un cancer gynécologique, « la radiothérapie stérilise l’ensemble du petit bassin, également appelé pelvis (où se trouvent l’utérus, les trompes, les ovaires et le vagin, ndlr) », note la spécialiste.

Quelles sont les chances d’être enceinte après un cancer ?

« Plus le cancer est dépisté tôt, moins le traitement est invasif, plus les chances de rémission, et de procréer par la suite, sont élevées, explique Nasrine Callet. C’est aussi pour conserver la fertilité que le dépistage précoce du cancer est important« .

Quand reviennent les règles après un cancer ?

Le retour des règles après un cancer relève, là encore, du cas par cas. Comme vu plus haut, durant la chimiothérapie, les femmes n’ont pas leurs règles car ce traitement agit sur le fonctionnement des ovaires. « La patiente peut ensuite retrouver un cycle régulier ou non. La fertilité naturelle peut revenir après une chimiothérapie, surtout chez les femmes jeunes« , note notre experte. En effet, plus les femmes sont jeunes, plus leur stock d’ovocytes est conséquent. Tandis qu’après 35/40 ans, le stock d’ovocytes d’une femme diminue largement. « Le retour des règles et la fertilité dépend aussi de l’impact psychologique du cancer sur la patiente, de l’impact du traitement (durée, dose, nature des produits…) et de son âge… ces raisons expliquent que les règles peuvent parfois ne pas revenir. Il n’y a aucune certitude en la matière », précise la gynécologue.

Comment améliorer la fertilité après un cancer ?

« Il est important de parler de fertilité et de préservation de la fertilité dès que le cancer est diagnostiqué, même si ce n’est effectivement pas la priorité des femmes à ce moment-là. En France, on peut congeler les embryons ou les ovocytes », souligne notre interlocutrice. 

► La vitrification ovocytaire : à l’exception des cancers du sein hormonodépendants, ce mode de préservation de la fertilité consiste à stimuler hormonalement les ovaires afin de recueillir des ovocytes. La patiente pourra alors avoir recours à fécondation in vitro une fois qu’elle sera rétablie. Cette technique « doit donc être validée par l’équipe oncologique en raison de l’hyperoestrogénie qu’elle induit, ainsi que des délais de traitement« , écrit l’institut Curie.

► La FIV suivie d’une conservation des embryons : « Il s’agit de réaliser une fécondation in vitro et de congeler des embryons obtenus. Ceux-ci pourront être transférés après la fin des traitements si la patiente souhaite une grossesse. Cette technique peut être indiquée pour les patientes adultes, en couple, envisageant un projet parental. Ses limites sont l’âge et la nécessité d’une stimulation hormonale », explique le centre de recherche contre le cancer.

Pourquoi la stimulation hormonale peut-elle être dangereuse ?

« Dans le cadre d’un cancer du sein, on ne stimule pas avec des hormones par peur d’activer les cellules cancéreuses. Toutefois, il est existe des produits spécifiques pour stimuler les ovaires et recueillir les ovocytes. La chimiothérapie débute alors tout de suite après« , précise encore Nasrine Callet.

« Il est important que la personne soit guérie ou en rémission complète pour envisager une grossesse »

Une grossesse est-elle envisageable pendant une chimiothérapie ?

« Non, ces traitements sont trop toxiques. De fait une grossesse est inenvisageable durant le traitement, résume la gynécologue. On sait que la chimiothérapie endort les ovaires dans la plupart des cas, mais on donne malgré tout une contraception chez les femmes en âge de procréer. Il est très important de ne pas être enceinte avec ces traitements car ils peuvent être responsables de malformations chez le fœtus« . De plus, la patiente doit observer un délai variable après la fin des traitements pour envisager une grossesse. « De manière générale, quelque soit le type de cancer et quelque soit le type de traitement, il est important que la personne soit guérie ou en rémission complète pour envisager une grossesse. Un recul suffisant doit donc être observé : cela va dépendre du type de cancer et de sa gravité . L’autorisation est donnée lors d’une réunion de compétences puridisciplinaires« , conclut Nasrine Callet.

Merci au Dr Nasrine Callet, gynécologue à l’Institut Curie


Source : JDF Santé

Bronchite : durée, symptômes, traitement, contagieuse ?

Bronchite : durée, symptômes, traitement, contagieuse ?

Rhume, toux sèche puis grasse et productive, sécrétions épaisses… Autant de signes qui peuvent évoquer une bronchite. On en compte environ 10 millions chaque année en France. Quelles sont les causes ? Quels traitements quand les bronches sont encombrées ? Faut-il prendre des antibiotiques Combien de temps ça dure ? Est-contagieux ? Quels sont les autres symptômes d’une bronchite ? Aiguë ? Chronique ? Explication avec le Dr Jacques Amselem, médecin généraliste en Seine-et-Marne.

Définition : c’est quoi une bronchite ?

La bronchite est une inflammation de la muqueuse bronchique, un tissu tapissant les bronches et bronchioles. La bronchite peut être aiguë c’est-à-dire ponctuelle. C’est la bronchite qui nous tombe dessus en automne-hiver et qui est généralement due à un virus. Elle peut aussi être chronique c’est-à-dire se répéter plusieurs fois par an et est alors souvent due au tabagisme. C’est la BPCO.

C’est quoi une bronchite aiguë ?

« La bronchite peut être un phénomène ponctuel, dû à un agent infectieux, viral ou bactérien« , détaille le Dr Amselem, médecin généraliste en Seine-et-Marne. Avant de préciser que l’on parle de bronchite aiguë qui se manifeste par une toux grasse avec des crachats, parfois une gêne respiratoire, une légère fatigue, et de la fièvre. Elle guérit généralement en une dizaine de jours

Schéma d'une bronchite aiguë
Schéma d’une bronchite aiguë © rob3000 – 123RF

C’est quoi une bronchite chronique ?

La bronchite peut également être chronique : c’est souvent le cas chez de gros fumeurs qui sont victimes de la broncho-pneumopathie chronique obstructive ou BPCO. L’exposition professionnelle et prolongée à certains toxiques peut également entraîner une BPCO. La bronchite chronique, provoquée dans la grande majorité des cas par le tabagisme, touche environ 1 homme sur 5 de plus de 40 ans et évolue dans 10 à 20% des cas vers une BPCO

Schéma d'une bronchite chronique
Schéma d’une bronchite chronique © rob3000 – 123RF

Qu’appelle-t-on une bronchite à répétition ?

Lorsque les bronchites sont régulières au cours de l’hiver, ou depuis plusieurs années, la possibilité d’une allergie doit être envisagée. Un bilan allergologique peut permettre de déterminer l’allergène en cause. La BPCO se complique fréquemment de surinfections bronchiques.

Causes : comment attrape-t-on une bronchite ?

  • 90% des bronchites sont virales. De très nombreux virus sont responsables : virus influenza et para-influenza, virus respiratoire syncytial (VRS), adénovirus, rhinovirus
  • 10% des bronchites sont bactériennes

La bronchite est due à une diminution du calibre des bronchioles permettant le passage de l’air ambiant vers les poumons. Les sécrétions nasales ou le mucus (en vert sur le schéma ci-dessous) s’écoulent ensuite par l’arrière-gorge et atteignent ensuite les bronches. Une rhinopharyngite (ou rhume) précède généralement une bronchite aiguë. 

Quels sont les symptômes d’une bronchite ?

  • Premier et principal symptôme : la toux. Celle-ci peut persister plusieurs jours, voire 4 semaines dans certaines situations. La toux sèche devient grasse au fil des jours (toux productive). La personne tousse gras et émet des crachats purulents d’aspect jaunâtres ou verdâtres. Ce n’est pas le signe que la maladie s’aggrave, au contraire, c’est normal ! La phase aiguë d’une bronchite, caractérisée par cette toux, évolue sur 2 à 3 jours environ.
  • Une respiration rapide et difficile.
  • Un nez encombré
  • Des sécrétions épaisses du nez ou de la gorge
  • Une fièvre (peu élevée qui ne dépasse pas 38-38.5°C)
  • Des douleurs thoracique et une sensation de brûlure au niveau du sternum, surtout lors d’inspirations profondes
  • Une fatigue et des courbatures.

Quelle est la durée d’une bronchite ?

Généralement, une bronchite guérit en une dizaine de jours. 

La bronchite est-elle contagieuse ?

Le plus souvent d’origine virale, la bronchite aiguë est très contagieuse. Afin de limiter la transmission du virus, il est recommandé de :

  • se couvrir la bouche et le nez lorsque l’on tousse ou l’on éternue,
  • utiliser des mouchoirs à usage unique et jetez-le dans une poubelle avec un couvercle,
  • se laver fréquemment les mains avec un savon liquide pendant 30 secondes afin de limiter la contamination,
  • de limiter les contacts avec les personnes fragiles,
  •  éviter les lieux de rassemblement.

Quand faut-il consulter ?

« Il est nécessaire de consulter en urgence en cas d’épisodes de toux fréquents et violents, ou si la personne expectore des crachats purulents et/ou contenant des traces de sang, s’il siffle et qu’il a du mal à respirer, si ses lèvres sont bleutées, si la fièvre est supérieure à 39°C ou encore s’il est abattu« , recommande le Dr Amselem. Il est également préconisé de consulter au plus vite quand la toux concerne un bébé de moins de trois mois. De plus, un enfant souffrant d’une bronchite aiguë et qui tousse depuis plus de 8 jours doit consulter un médecin.

Comment pose-t-on le diagnostic d’une bronchite ?

Le diagnostic d’une bronchite se fait généralement grâce à l’examen clinique et l’interrogatoire du patient concernant ses symptômes. Pour établir le diagnostic, le médecin peut s’aider une radiographie des poumons, mais cet examen est non systématique.

Quel traitement pour soigner une bronchite ?

Chez l’adulte en bonne santé, aucun traitement n’est nécessaire pour la bronchite aiguë. La bronchite guérit généralement naturellement en 10 jours. Quand un traitement est nécessaire (défini par un médecin), il consiste en la prise d’antibiotiques, classiquement à base d’amoxicilline. Parfois il faudra ajouter des séances de kinésithérapie respiratoire. On peut également faire baisser la fièvre avec du paracétamol. La cortisone n’est pas particulièrement indiquée en cas de bronchite. Pour la bronchite chronique, on ne peut que diminuer les symptômes sans la supprimer définitivement.

Quelles sont les complications possibles de la bronchite ?

Généralement, la bronchite évolue favorablement en une dizaine de jours. Mais parfois, la toux peut persister. Elle peut évoluer en pneumonie, une infection du tissu pulmonaire, surtout chez les personnes fragiles (personnes âgées, personnes avec un système immunitaire affaibli). Une pneumonie est suspectée si la bronchite s’accompagne d’une forte fièvre qui persiste plus de 2 jours. 

Prévention : comment éviter la bronchite ?

La bronchite aigüe peut s’éviter en respectant les gestes barrières. La prévention de la bronchite chronique repose sur le sevrage tabagique. En cas de BPCO, les vaccinations contre la grippe et le pneumocoque sont conseillées. Certains programmes de réhabilitation respiratoire réduisent le nombre d’épisodes de surinfection de la BPCO.

Merci au Dr Jacques Amselem, médecin généraliste en Seine-et-Marne. 


Source : JDF Santé