En médecine, un exsudat est un liquide s’épanchant hors de son espace naturel. Il peut se répandre dans d’autres tissus ou carrément à l’extérieur du corps. L’exsudat est normalement fortement concentré en protéines, en leucocytes et en diverses autres molécules qui, habituellement, ne peuvent pas traverser facilement les tissus. L’exsudation est donc due à une anomalie : inflammation, coupure… La partie liquide du sang s’échappant d’une plaie ou le pus en suintant sont ainsi considérés comme des exsudats. « Les exsudats peuvent être septiques ou aseptiques selon qu’ils contiennent ou non des germes. Ils sont secondaires à la traversée de la paroi capillaire par du sérum sanguin. Cet écoulement peut se révéler irritant et contenir des globules blancs, ce qui donne l’aspect purulent au suintement, même en dehors de la présence de germes pathogènes« , commente le Dr Paul Dupont, auteur de Soigner sa peau au naturel, aux éditions Eyrolles.
Quelle est la cause d’une plaie exsudative ?
►Blessure. Un exsudat peut apparaître après une blessure (griffure, éraflure brûlure) : auquel cas il est de couleur jaune pâle et s’étale sur la surface cutanée. Il peut coaguler en donnant une croûte jaunâtre. « Sa cause est alors simplement mécanique : s’il s’agit d’une blessure, il s’écoule librement sur la surface de la peau lésée ; s’il est lié à un coup de soleil ou à une brûlure, il formera sous l’épiderme une cloque ou de petites vésicules remplies de liquide jaune translucide« , explique le dermatologue.
► Frottements répétés. Un exsudat peut aussi former une « ampoule » au niveau de la région palmaire des mains ou au niveau des pieds, suite à des frottements répétitifs.
► Dans les cas d’ulcères, l’exsudat est secondaire soit au mauvais drainage de la zone concernée, soit à sa mauvaise oxygénation : c’est ce qui crée la plaie et la difficulté de cicatrisation. La cause est alors soit veineuse, soit artérielle.
► Un exsudat peut également survenir dans le cadre d’un eczéma. « En cas d’eczéma de contact, il est lié à l’inflammation ou au grattage et aux excoriations qu’il provoque, notamment niveau des plis. En présence d’un eczéma d’origine virale comme l’herpès, le zona pi la varicelle, des vésicules brûlantes et des douleurs sont associées », indique le Dr Paul Dupont.
Comment reconnaître un exsudat ?
Les exsudats peuvent être différenciés en fonction de leur aspect :
La couleur : l’aspect translucide augure d’un simple phénomène mécanique ; l’aspect opaque d’allure purulente doit faire rechercher un germe, même si cet aspect purulent n’est pas forcément septique.
La formation d’une croûte peut faire évoquer un impétigo bactérien.
L’odeur : elle peut orienter vers également une contamination bactérienne.
Comment soigner un exsudat ?
Le traitement dépend essentiellement du type d’exsudat.
► En premier lieu, il est nécessaire d’assécher la zone concernée. S’il s’agit d’une simple éraflure ou d’une brûlure légère, on peut utiliser de l’éosine à l’eau, qui a la capacité de sécher les zones érodées. « La cicatrisation d’une brûlure peut être favorisée avec un topique à base de millepertuis et de zinc (Oemine topique solaire, par exemple) ».
► En présence d’un eczéma avec exsudation, « on peut appliquer une pâte à base de zinc qui aura un effet cicatrisant (pâte Eczebio zinc, par exemple)« , préconise le spécialiste.
► Un ulcère veineux ou artériel nécessite de recourir aux soins dermatologiques visant à favoriser la désinfection et la cicatrisation.
Merci au Dr Paul Dupont, auteur de Soigner sa peau au naturel, aux éditions Eyrolles.
« La sexsomnie est une parasomnie, ensemble de comportements moteurs anormaux pendant le sommeil profond qui se caractérise par des comportements sexuels inadaptés » définit le Dr José Haba-Rubio, neurologue et spécialiste des troubles du sommeil. Les terreurs nocturnes et le somnambulisme sont aussi des parasomnies au cours du sommeil profond. La prévalence de la sexsomnie n’est pas connue (les études sur le sujet concernent de petites séries de patients) mais c’est une parasomnie très rare, qui semble concerner plus d’hommes que de femmes. « Nous ne savons pas cependant si c’est vraiment plus fréquent chez les hommes ou moins rapporté par les femmes » souligne le Dr Haba-Rubio.
Quelles sont les causes d’une sexsomnie ?
« Il s’agirait d’un mécanisme au niveau cérébral au cours du sommeil lent profond, plus précisément un éveil dissocié, c’est-à-dire qu’une partie du cerveau se réveille alors que la plupart du cerveau reste en sommeil profond » informe le Dr Haba-Rubio. Il existe une forte composante génétique pour ce type de parasomnies en sommeil lent profond.
Quels sont les symptômes de la sexsomnie ?
La sexomnie est parfois utilisée comme moyen de défense par les agresseurs sexuels
La personne qui souffre de sexsomnie ne garde aucun souvenir ou un souvenir très vague de son comportement. C’est la personne qui dort vers elle qui est le témoin de ce comportement sexuel déplacé. La parasomnie sexuelle se manifeste par des symptômes variables selon les individus : masturbation, éjaculation, mouvements du bassin imitant l’acte sexuel, gémissements, rapport sexuel complet avec le ou la partenaire. Il existe également un risque de comportement violent et d’agression sexuelle pendant le sommeil. « La sexsomnie peut poser un problème médico-légal » indique notre spécialiste qui souligne l’importance de protéger les autres si on souffre de sexsomnie. Signalons que la sexsomnie est parfois utilisée comme moyen de défense par d’authentiques agresseurs sexuels« tout comme lesomnambulisme pour certains comme alibi pour des délits comme un assassinat » précise le Dr Haba-Rabio. « C’est là où le spécialiste peut être appelé pour faire une expertise, il va devoir analyser tous les aspects : les antécédents de sexomnie ou d’autres parasomnies, l’existence de facteurs favorisants, le comportement pendant l’épisode ou après, une fois réveillé (car à ce moment-là il devrait récupérer une conscience normale et arrêter le comportement inadapté), s’appuyer sur des enregistrements de sommeil…mais c’est sûr qu’il s’agit souvent de cas complexes » souligne-t-il.
Qui consulter ?
Il est recommandé de consulter un médecin dès lors qu’un proche signale un comportement sexuel inapproprié ayant eu lieu pendant le sommeil. « Idéalement, il faudrait se rendre dans un centre du sommeil« informe le Dr Haba-Rubio.
Comment pose-t-on le diagnostic d’une sexsomnie ?
Le diagnostic de sexsomnie est fait avec un interrogatoire et un enregistrement du sommeil (polysomnographie) pour voir la structure du sommeil. L’enregistrement du sommeil cherche aussi s’il existe des troubles du sommeil (syndrome d’apnées du sommeil, syndrome des jambes sans repos) qui sont des facteurs favorisants d’accès de sexsomnie car ils peuvent provoquer des réveils dissociés.
Quel est le traitement des sexsomnies ?
Le premier traitement consiste à agir sur l’hygiène de vie. « L’objectif est d’éviter tout ce qui provoque les réveils dissociés et qui ce qui augmente le sommeil lent profond, par exemple un rythme de sommeil irrégulier ou une privation de sommeil« . L’environnement de sommeil doit être le plus calme possible. L’environnement doit être également sécurisé pour protéger le sexsomniaque et ses proches en veillant à fermer portes et volets. Si cela ne suffit, des traitements pharmacologiques peuvent être prescrits pour diminuer voire faire disparaître ce type de comportement en évitant le réveil dissocié lors du sommeil lent profond. « Le médicament le plus utilisé est le clonazépam qui fait partie de la famille des benzodiazépines » informe le Dr José Haba-Rubio. Ce médicament est également prescrit pour d’autres parasomnies du sommeil lent profond comme le somnambulisme.
Merci au Dr José Haba-Rubio, neurologue et spécialiste des troubles du sommeil, Co-directeur médical du centre du sommeil de Florimont (Suisse).
Dans le domaine de la dermatologie, un érythème est un terme qui désigne une rougeurde la peau. Peuvent par exemple provoquer un (des) érythème(s) : une piqûre, la rougeole, un coup de soleil, une allergie, quand on rougit parce qu’on est gêné… Dans la plupart des cas, un érythème est bénin, mais parfois il est la manifestation d’une maladie plus sévère. Comment reconnaître un érythème ? Qu’est-ce qui peut le provoquer ? Comment le traiter ?
Quelle est la définition d’un érythème ?
« En dermatologie, un érythème est la première des lésions élémentaires de la peau (les lésions élémentaires comportent les macules, les papules…). L’érythème correspond à une rougeur plus ou moins intense due à la dilatation des vaisseaux superficiels de la peau au niveau des papilles dermiques. C’est quasiment la lésion la plus facile à diagnostiquer. Cette rougeur peut être visible dans une multitude de contextes« , explique le Dr Isabelle Rousseaux, dermatologue.
Comment reconnaître un érythème ?
« L’érythème a pour caractéristique de s’effacer à la vitropression, autrement dit, quand on appuie dessus« , souligne notre interlocutrice. L’érythème est donc une rougeur qui peut être localisée sur une zone particulière (plis cutanés, brûlure), régionale ou généralisée à l’ensemble du corps. En fonction de la cause, l’érythème peut s’accompagner :
De petites macules rosés, pâles, bien séparées les unes des autres (dans la rubéole par exemple, on parle d’érythème roséoliforme)
De macules et de papules rouges en plaques séparées par des espaces de peau saine (éruption de la rougeole, on parle d’érythème morbiliforme)
De plaques diffuses rouges vifs sans intervalle de peau saine qui peuvent peler (dans la scarlatine par exemple, on parle d’érythème scarlatiniforme)
De démangeaisons (dans une intoxication médicamenteuse par exemple)
De fièvre et de fatigue (dans un contexte infectieux).
« L’érythème est un signe qui correspond à des centaines de causes« , prévient le Dr Rousseaux.
► L’érythème « symptôme » se retrouve dans tous les états inflammatoires cutanés et fait partie du tableau clinique de nombreuses affections dermatologiques :
La rosacée (érythrose du visage qui touche les joues, le nez, et le menton, dont les poussées sont favorisées par des facteurs émotionnels alimentaires et l’environnement thermique)
Un mégalérythème épidémique, appelé « cinquième maladie »
Une réaction toxique ou une réaction à un médicament (allergie)
Une infection : intertrigo, érysipèle, érysipéloïde, pasteurellose, trichinose
C’est quoi un érythème noueux ?
L’érythème noueux est une inflammation aiguë de l’hypoderme, autrement dit la couche profonde de la peau. Il atteint surtout les jeunes adultes, le plus souvent sur les membres inférieurs, sur la face interne de la jambe. Il peut également dû à une infection (streptocoque, tuberculose, mononucléose infectieuse…) ou à une maladie générale (sarcoïdose, aphtose), à une colite inflammatoire (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique) ou à une prise médicamenteuse (aspirine, pilule contraceptive). Il évolue par poussées et ne laisse pas de cicatrice.
C’est quoi un érythème polymorphe ?
L’érythème polymorphe est une affection cutanée caractérisée par des lésions en forme de cocarde, qui témoigne d’un état d’hypersensibilité. Parmi les causes, on retrouve principalement les infections virales (herpès, zona, varicelle, grippe, mononucléose infectieuse, hépatite B…), microbiennes (tuberculose, lèpre) ou des prises de certains médicaments (pénicilline, sulfamides…). Il touche plutôt les hommes jeunes et se manifeste le plus souvent par l’apparition de plaques rouges d’un aspect typique : une bulle centrale entourée d’une première couronne de peau blanche, puis d’une deuxième couronne avec plusieurs bulles.
C’est quoi un érythème migrant ?
L’érythème migrant est le signe le plus constant et le plus caractéristique de la maladie de Lyme, une borréliose transmise par une morsure de tique. Il s’agit d’une éruption cutanée de forme ronde ou ovale.
Comment soigner un érythème ?
→ En cas de cause évidente d’érythème commeun coup de soleil ou piqûre d’insecte par exemple : l’application d’une crème en lien avec la cause suffit et l’érythème disparaît le plus souvent spontanément.
→ En cas de fièvre, d’érythème généralisé ou de suspicion d’intoxication, il est préférable de consulter rapidement son médecin généraliste pour rechercher la cause et mettre en place un traitement. Une consultation vers un dermatologue peut aussi être envisagée si nécessaire.
→ S’il s’agit d’un érythème noueux : son traitement est celui de la cause si elle est identifiée. Sinon, il vise uniquement à traiter les symptômes avec un repos et la prise de médicaments anti-inflammatoires.
→ En cas d’érythème migrant isolé sans autre signe clinique, l’antibiothérapie est indispensable et doit être débutée rapidement.
Merci au Dr Isabelle Rousseaux, dermatologue et vénérologue à Lille.
Source :Lésions élémentaires dermatologiques, Société française de dermatologie
Particulièrement connu pour le traitement des rides, la toxine botulique ou Botox® est aussi être utilisée en injections dans l’estomac pour perdre du poids. Mais attention ! Dans un communiqué publié le 14 mars 2023, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) rapporte 67 cas de botulisme chez des patients ayant reçu ce type d’injections dans le but de maigrir, opérés entre fin février et début mars 2023. 12 cas ont été signalés en Allemagne, 1 cas en Autriche, 1 cas en Suisse et 53 en Turquie. « 60 cas sont liés à un hôpital privé à Istanbul tandis que trois cas sont liés à un hôpital privé à Izmir (en Turquie) » précise l’ECDC. Les symptômes « vont de légers à graves et plusieurs cas ont été hospitalisés« . Parmi les personnes hospitalisées, certaines ont dû être admises dans des unités de soins intensifs et ont reçu un traitement contre la toxine botulique.
L’ECDC encourage « fortement » les citoyens européens à « éviter les traitements intragastriques avec toxine botulique pour l’obésité en Turquie, car cela est actuellement associé à un risque important de botulisme ». Selon les enquêtes menées, les produits administrés ne sont pas approuvés pour le traitement de l’obésité par injection intragastrique. Le botulisme est une maladie paralysante. Il en existe plusieurs types (botulisme alimentaire, botulisme infantile) dont le botulisme iatrogène qui peut survenir comme événement indésirable suite à l’administration de toxine botulique pour des raisons thérapeutiques (comme ici contre l’obésité) ou cosmétiques (rides).
Des difficultés à respirer doivent alerter
Les symptômes du botulisme iatrogène comprennent un affaiblissement de l’état général et de la fatigue. « Les toxicités consécutives à des traitements thérapeutiques incluent une difficulté à respirer, indiquant un surdosage. Les toxicités consécutives à un traitement cosmétique peuvent inclure une vision floue, des paupières tombantes, une difficulté à avaler et une bouche sèche« explique l’ECDC. « Même lorsque de tels traitements sont disponibles, le rétablissement complet prend généralement des semaines, voire des mois. »
Source : Botulism cases in Europe following medical interventions with botulinum neurotoxin, ECDC, 14 mars 2023
La vitamine D joue un rôle important dans l’organisme. En manquer peut exposer l’organisme à davantage d’infections. Le risque de carence « est plus important en automne-hiver puisqu’il y a moins de soleil » rappelle le Dr Nina Cohen-Koubi, nutritionniste et psychosomaticienne. Quelles sont les causesd’une carence en vitamine D ? Les conséquences ? Symptômes ? Et les traitements pour la soigner ? Prendre des gélules est-il une bonne idée ? Réponses avec notre interlocutrice.
Une insuffisance en vitamine D se traduit par « une concentration de vitamine D entre 16 et 30 nanogrammes par millilitre de sang » et une carence « par une concentration en-dessous de 16 nanogrammes par millilitre de sang » explique le Dr Cohen-Koubi. Selon elle, la carence doit être constatée par prise de sang « pour voir son étendue et si elle existe afin qu’un médecin propose une prescription en fonction des résultats. Si la personne est aux alentours de 28 ou 29 ng/ml, alors elle n’est pas carencée et n’a pas besoin d’être supplémentée en vitamine D ». Pour obtenir son apport journalier en vitamine D, deux possibilités :
le soleil.La vitamine D est fabriquée sous l’effet des rayons UV au niveau de la peau. « Elle passe ensuite au niveau du foie et des reins où elle est activée » précise notre interlocutrice.
l’apport alimentaire à partir d’aliments comme les poissons gras (saumon, hareng, sardine…), les laitages et l’huile de foie de morue.
« Je déconseille l’automédication. Même les gélules. »
Un manque de vitamine D peut se détecter via des symptômes et signes caractéristiques :
Une faiblesse musculaire.
« Le patient peut également ressentir des douleurs au niveau des muscles », explique le Dr Cohen-Koubi car l’organisme est privé d’une vitamine qui favorise le renouvellement des fibres musculaires.
Une fatigue inhabituelle.
Des crampes musculaires.
Des vertiges.
Des signes de sécheresse cutanée.
Dessignes de déprime :« Une carence en vitamine D peut avoir un impact sur le moral car la sérotonine est moins bien régulée. »
Une prise de poids. « S’il y a carence, l’organisme régule moins bien l’insuline et la personne a tendance à avoir envie de plus de sucre et à grossir. »
Des fourmillements peuvent apparaître « certainement à cause du manque de vitamine D et de son action sur les muscles ». Cependant, l’experte ajoute que ces fourmillements peuvent également être dus à un manque de potassium ou de magnésium.
Une carence en vitamine D peut être traitée grâce à des solutions naturelles :
→ La nutritionniste conseille de s’exposer 15-20 minutes au soleil chaque jour si possible et de consommer plus régulièrement des aliments riches en vitamine D.
→ Se tourner vers des compléments alimentaires sous différentes formes, notamment des ampoules prescrites sur ordonnance. « Ces dernières sont très utiles pour donner un coup de boost au patient », explique la nutritionniste. Cependant, il faut respecter la posologie car prendre une trop grande quantité de vitamine D peut causer un surdosage : « Je déconseille l’automédication. Même les gélules. Sans prise de sang et sans avis médical, le patient ne sait pas s’il a une carence et son étendue. Il risque donc de consommer plus de vitamine D que ce dont il a besoin » prévient le Dr Cohen-Koubi.
→ En cas de grossesse : « Je peux prescrire de la vitamine D à une femme enceinte qui fait du diabète gestationnel car cette vitamine permet de mieux réguler l’insuline. »
→ A la ménopause : « En ce qui concerne les femmes ménopausées, les personnes âgées ou les personnes présentant de l’ostéoporose, la prise quotidienne de Zyma D3® en gouttes est fortement recommandée » pour préserver la solidification osseuse. La vitamine D3 est celle qui est la mieux assimilée par le corps humain.
→ Les enfants peuvent aussi prendre de la vitamine D sur ordonnance.
Le corps humain ne produit pas de vitamine D tout seul.Son apport doit donc être extérieur. De fait, les causes d’une carence peuvent être multiples :
le manque de soleil. Le soleil est une des deux sources de vitamine D : « Si le patient ne s’expose pas entre 15 et 20 minutes par jour, visage découvert et bras découverts, le corps ne synthétise pas assez de vitamine D pour combler les besoins journaliers. »
une alimentation pas assez équilibrée.« Les aliments riches en vitamine D sont essentiels pour éviter les carences » explique la nutritionniste. « Mais sans soleil, ces aliments peuvent ne pas suffire et une complémentation peut être nécessaire. »
Rôle de la vitamine D
Au niveau osseux : « La vitamine D favorise l’absorption de calcium et sa fixation sur les os. » Elle permet au squelette d’être correctement minéralisé et elle « renforce la solidité des os », précise la professionnelle de santé qui confirme que « la vitamine D est essentielle pour éviter les fractures osseuses qui ont tendance à arriver plus souvent avec l’âge ».
Au niveau musculaire : « Elle favorise la contraction et le renouvellement des fibres. »
Au niveau de la paroi vasculaire : « La vitamine D jouerait un rôle dans la prévention des pathologies cardiovasculaires. »
Pour le moral : « Elle protège les neurones et agit sur l’humeur. La sérotonine, souvent appelée « hormone du bonheur », est synthétisée en partie au niveau du cerveau à partir d’un acide aminé qui est activé par la vitamine D. »
Au niveau immunitaire : « Elle agit sur l’armée de défenses immunitaires contre les virus car elle renforce leur action. »
Un manque de vitamine D a plusieurs répercussions sur l’organisme :
→ Sur le système immunitaire :« La vitamine D est essentielle pour renforcer l’immunité » rappelle la nutritionniste. En cas de carence, il faiblit. Plus encore si la personne est stressée : « Le stress, le moral, l’alimentation, entrent en jeu pour avoir un système immunitaire efficace » poursuit notre interlocutrice. Une étude de mars 2020 publiée par l’Inserm a mis en lumière lerapport entre stress et baisse du fonctionnement du système immunitaire.Les hormones du stress stimulent les récepteurs appelés « β2-adrénergiques », et les chercheurs ont découvert « que les récepteurs β2-adrénergiques inhibent tout particulièrement la réponse de certaines cellules immunitaires, les cellules Natural Killer (NK). Stimulés par les hormones du stress, les récepteurs β2-adrénergiques empêchent ces Natural Killer de produire un type de cytokine particulier requis pour permettre l’élimination des virus. »
→ Manque de vitamine D et Covid-19 :« On a observé qu’un grand nombre de personnes développant des formes graves de la Covid-19 étaient carencés en vitamine D. Si ce constat est intéressant, nous ne pouvons pas affirmer pour le moment que l’absence de carence en vitamine D permet d’éviter une contamination à la Covid-19. Des études sont en cours pour savoir si la vitamine D peut jouer un rôle dans la prévention ou le traitement de la Covid-19 » expose le Dr Cohen-Koubi.
→ Une carence en vitamine D peut aussi causer des douleurs musculaires, des vertiges, une prise de poids, des fourmillements, des signes de sècheresse cutanée ou encore provoquer une fatigue inhabituelle.
Merci au Dr Nina Cohen-Koubi, médecin nutritionniste et psychosomaticienne, pour ses conseils.
Le neuroblastome est une tumeur maligne se développant à partir des cellules donnant naissance au système nerveux sympathique. Ces cellules, qui devraient normalement être présentes au stade embryonnaire chez le fœtus et se développer ensuite avec la croissance, restent à l’état immature, probablement parce qu’elles présentent un dérèglement sur le plan génétique. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le neuroblastome n’est pas une tumeur cérébrale. Les tumeurs se développent au niveau de la glande surrénale, des chaînes ganglionnaires sympathiques paravertébrales et des ganglions parasympathiques abdominaux.
Neuroblastome chez l’enfant
La maladie est décelée avant l’âge de 5 ans dans 90% des cas. C’est beaucoup plus rare au-delà. « Tumeur la plus fréquente du petit enfant, le neuroblastome représente environ 8% de tous les cancers de l’enfant. Dans les formes à haut risque, c’est une tumeur qui a un mauvais pronostic, et qui est responsable de 15% des décès en oncologie pédiatrique, ce qui en fait l’une des causes majeures de mortalité chez l’enfant de moins de 4 ans« , indique le Dr Fabienne Gumy Pause, oncologue pédiatrique aux Hôpitaux Universitaires de Genève.
Neuroblastome chez l’adulte
Le neuroblastome est extrêmement rare à l’âge adulte.
Quels sont les symptômes du neuroblastome ?
Les symptômes sont très variables et vont dépendre de la localisation de la tumeur :
Au niveau du ventre : des douleurs abdominales, un ventre dur et gonflé.
Au niveau du thorax : la tumeur peut comprimer les voies aériennes et entraîner des difficultés respiratoires.
Au niveau du cou : gonflement, présence d’une masse.
Au niveau des os et de la moelle osseuse : douleurs dans les os, fièvre, perte de poids, fatigue.
Une faiblesse des jambes, une difficulté à la marche.
« Dans une forme peu fréquente, mais classique du neuroblastome, la tumeur peut infiltrer le trou de conjugaison (passage qu’il y a entre les vertèbres) et rentrer dans le canal médullaire, ce qui peut comprimer la moelle épinière. On parle alors de tumeur en sablier » pouvant être responsable de troubles neurologiques, ajoute l’oncologue pédiatrique.
Quelles sont les causes du neuroblastome ?
L’origine du neuroblastome n’est pas clairement déterminée. « On sait qu’il existe des variants génétiques susceptibles de favoriser son apparition. Dans 1 à 2%, il s’agit d’une forme familiale, dans laquelle on retrouve des mutations des gènes ALK ou PHOX2B. Ce sont des mutations dans les cellules de tout le corps du patient qui peuvent se transmettent de génération en génération« , explique la spécialiste.
Quels sont les stades ?
Stade 1 : le neuroblastome est localisé et peut être opéré facilement.
Stades 2 et 3 : stade locorégional.
Stade 4 : forme métastatique.
Stade 4 S : forme métastatique du petit enfant mais pronostic favorable.
Comment est diagnostiqué le neuroblastome ?
Souvent, les parents consultent le médecin car l’enfant présente un gros ventre, un inconfort, une fatigue. Le diagnostic repose avant tout sur l’examen clinique et l’imagerie qui va permettre de détecter la présence d’une tumeur. Une biopsie va ensuite être réalisée pour confirmer le diagnostic et déterminer l’agressivité de la tumeur.
Quels sont les traitements du neuroblastome ?
Dans les formes intermédiaires, la chimiothérapie est indiquée.
La stratégie thérapeutique varie selon plusieurs critères : le stade du neuroblastome, l’âge du patient, l’histologie de la tumeur et les éventuelles anomalies génétiques. Ces éléments permettent de classifier la tumeur dans un groupe de risque : bas risque, risque intermédiaire ou haut risque. « Dans les cas les plus favorables, une opération permet la guérison totale. Dans les formes intermédiaires, la chimiothérapie est indiquée. Les formes les plus défavorables vont nécessiter le déploiement de tout l’arsenal thérapeutique : chimiothérapie, chirurgie, radiothérapie et chimiothérapie à haute dose couplée à une greffe de cellules souches autologues, c’est-à-dire c’est une greffe de moelle avec la moelle du patient. A l’issue de ces traitements très lourds, des traitements dits de maintenance sont prescrits, avec des anticorps dirigés contre les neuroblastes (immunothérapie). Ces formes dites à haut risque touchent généralement l’enfant de plus de 18 mois et sont d’emblée considérées comme extrêmement agressives. La plupart du temps, elles sont métastatiques avec des métastases localisées au niveau de l’os ou de la moelle osseuse. Ce traitement dure environ 1 an et demi« , informe le Dr Fabienne Gumy Pause.
Quel est le pronostic et les chances de guérison du neuroblastome ?
Pour les formes néonatales et localisées, le taux de guérison s’élève à 90%. Concernant les formes les plus graves, il est de 50% et les risques d’avoir des séquelles sont nombreux. Le neuroblastome est une maladie qui reste mystérieuse, la recherche continue.
Merci au Dr Fabienne Gumy Pause, oncologue pédiatrique aux Hôpitaux Universitaires de Genève.