Le propofol est un anesthésique général administrable uniquement par voie intraveineuse. Il présente un délai d’action rapide, de l’ordre de 30 secondes. Son mode d’action n’est pas complètement élucidé. Il reposerait sur une activation du récepteur GABA-A (acide gamma-aminobutyrique de type A) pour bloquer la transmission des signaux nerveux et induire un effet sédatif voire anesthésique.
Quelles sont les indications du propofol ?
Réservé à un usage hospitalier, le propofol est utilisé dans les indications suivantes :
pour induire et maintenir une anesthésie généralechez l’adulte et l’enfant dès 1 mois
pour permettre l’endormissement avant une intervention chirurgicale ou un acte médical diagnostique qui le nécessite (fibroscopie, coloscopie) chez l’adulte et l’enfant dès 1 mois. Une anesthésie locale ou régionale peut éventuellement y être associée
pour la sédation d’un patient de plus de 16 ans sous assistance respiratoire, hospitalisé dans un service de réanimation
Sous quels noms commerciaux trouve-t-on le propofol ?
Les spécialités commerciales à base de propofol sont :
Diprivan® 10 mg/mL et 20 mg/mL en émulsion injectable dans une seringue pré-remplie
Propofol Lipuro® 5 mg/mL, 10 mg/mL et 20 mg/mL en émulsion injectable pour perfusion
Quelle est la durée d’action du propofol ?
Après l’injection d’une dose usuelle de propofol, l’action dure entre 4 à 6 minutes. Pour prolonger cette durée d’action, le propofol devra être administré à plus forte dose, en injections répétées ou par perfusion pour délivrer le médicament en continu dans l’organisme.
Quels sont les effets secondaires du propofol ?
Les effets indésirables les plus fréquents sont une douleur au point d’injection, une apnée passagère lors de l’administration, une hypotension potentiellement sévère. Au moment du réveil, des maux de tête, des nausées et des vomissements surviennent fréquemment. Le propofol peut également être responsable de dépression respiratoire, d’euphorie, d’affections cardiaques (troubles du rythme, insuffisance cardiaque), d’insuffisance rénale, d’un taux élevé de potassium dans le sang. Chez l’homme, le médicament peut causer une érection anormalement prolongée voire douloureuse.
Quelles sont les contre-indications du propofol ?
Le propofol est contre-indiqué en cas d’allergie à l’un des composants du médicament et notamment chez les patients allergiques au soja ou à l’arachide en raison de la présence d’huile de soja. En outre, le propofol ne doit pas être administré chez un enfant de moins de 16 ans pour induire une sédation dans le cadre d’un service hospitalier de soins intensifs. L’utilisation du propofol n’est pas contre-indiquée en cas de grossesse ou d’allaitement. Toutefois, il est fortement déconseillé et ne doit être administré chez la femme enceinte qu’en l’absence d’alternatives thérapeutiques disponibles. En cas d’administration chez une femme allaitante, l’allaitement devra être interrompu durant les 24 heures qui suivent l’injection du médicament. En raison d’une efficacité et d’une absence de toxicité non démontrées, la spécialité Propofol Lipuro® dosée à 5 mg/mL ne doit pas être administrée pour maintenir une anesthésie générale ou une sédation lors d’une intervention chirurgicale ou d’un acte médical diagnostique chez l’enfant. De plus, elle est contre-indiquée dans l’induction d’une sédation si elle est réalisée en soins intensifs.
Sources : – Base de données publique des médicaments – ANSM – Anesthésiques généraux et médicaments utilisés en anesthésie : les points essentiels, Pharmacomédicale.org
Les femmes âgées de 50 à 74 ans sont invitées tous les deux ans à réaliser gratuitement une mammographie dans le cadre du dépistage organisé du cancer du sein. Le 17 mars 2023, la Haute Autorité de Santé a recommandé « l’introduction de la mammographie 3D (par tomosynthèse), à condition qu’elle soit systématiquement associée à la reconstruction d’une image 2D synthétique (3D + 2Ds)« . C’est l’Institut national du cancer (INCa) qui a demandé à la HAS de se pencher sur l’intérêt de cet examen. Aujourd’hui le dépistage comprend un examen clinique des seins et une mammographie 2D. Qu’est-ce qu’une mammographie 3D ? Que peut voir en plus cet examen ? Pour qui ?
Qu’est-ce qu’une mammographie 3D ?
La tomosynthèse (3D) est une technique de mammographie qui permet d’obtenir un cliché numérique du sein reconstitué en trois dimensions à partir d’une série de projections (ou coupes) à faible dose, acquises sous différents angles et à différentes profondeurs, obtenues avec un mammographe numérique spécifique. La représentation en trois dimensions du sein est générée à l’aide d’un algorithme mathématique de reconstruction. Depuis 2009 cette technique d’imagerie est largement utilisée en France en dehors du cadre du dépistage organisé, notamment chez des femmes à haut risque de cancer du seinou dans le cadre de la surveillance d’un cancer diagnostiqué.
Quelle est l’efficacité de la mammographie 3D par rapport à la 2D ?
La HAS a comparé la technique de mammographie classique (2D) à la technique de tomosynthèse (3D) seule, puis à l’association des deux techniques (3D + 2D), et enfin à la technique 3D associée à une reconstruction d’image synthétique (2Ds). Résultat :
► La mammographie 3D n’est pas plus performante que la 2D, seules.
► L’association 3D + 2D induit une exposition plus importante aux rayons X, en raison de la double irradiation que ces examens représentent pour les femmes, reproduite tous les deux ans.
► La méthode la plus efficace et la moins irradiante est l’association de la mammographie 3D associée à la 2Ds Cette procédure permet d’améliorer le taux de détection des cancers, sans pour autant augmenter le nombre d’actes d’imagerie et la dose d’exposition.
Dose d’exposition moyenne aux rayons X délivrée à la glande mammaire (source : IRSN)
Mammographie 2D
entre 0,95 et 2,42 mGy
Mammographie 3D
entre 1,48 et 3,20 mGy
Mammographie 3D+2D
entre 2,99 et 3,80 mGy
En parallèle du déploiement progressif de la 3D+2Ds dans le dépistage organisé du cancer du sein en France, la HAS recommande le maintien de la procédure en cours fondée sur la mammographie numérique (2D).
Sources :
La HAS actualise ses recommandations sur l’examen du dépistage organisé du cancer du sein. Communique de presse, 17 mars 2023
Évaluation de la performance et de la place de la mammographie par tomosynthèse dans le programme national de dépistage organisé du cancer du sein – Volet 2 – HAS – 9 février 2023
En temps normal, l’organisme transforme les glucides, lipides et protéines en énergie qui alimentera les organes vitaux, dont le cerveau. Les systèmes digestif et nerveux sont les deux systèmes qui demandent le plus d’énergie. « Lorsque l’on se prive de nourriture, le système digestif a besoin de moins d’énergie. Ainsi, il y a plus d’énergie disponible pour le cerveau« , explique Mickael Dieleman, diététicien. Pour ne pas manquer d’énergie, l’organisme va développer des mécanismes lui permettant de puiser dans ces ressources internes. Lors d’un jeûne, la production d’une protéine appelée BDNF (brain-derived neurotrophic factor) est favorisée au même titre que lorsque l’on fait du sport. « Cette protéine permet la génération cellulaire du cerveau. » La BNDF agit sur les neurones de l’hippocampe, du cortex et du prosencéphale qui sont les parties du cerveau qui contrôlent la mémoire. « On suppose alors que le jeûne peut améliorer la mémoire. »
Quels bienfaits sur la dopamine ?
« La dopamine est un neurotransmetteur qui sécrète une sensation de plaisir. Elle intervient souvent lors d’une prise alimentaire sucrée par exemple. Mais l’inconvénient c’est que l’effet est de courte durée et entraîne une dépendance. A priori, au bout de quelques jours de jeûne, la dopamine et la sérotonine produites dans le sang engendreraient une sensation agréable, permettant au corps de se sentir mieux« , explique le diététicien.
Quels bienfaits sur le stress ?
Le jeûne est une pratique qui demande de prendre du recul, de se recentrer, se détoxifier et repartir à zéro. Que ce soit pour des raisons religieuses ou encore pour arrêter des habitudes addictives comme l’excès de sucre, d’alcool ou de café, « lorsque l’on débute un jeûne, il y a une vraie volonté de se mettre sur le côté de la vie active et stressante du quotidien. De fait, le jeûne peut en effet avoir des bienfaits sur le stress« . De plus, « un cerveau qui fonctionne bien a une influence sur le système digestif – que l’on considère être un deuxième cerveau – et inversement ». Un message rassurant est alors envoyé au système nerveux. Mais d’après Mickael Dieleman, si ce processus est intéressant, il n’est toutefois pas forcément viable sur le long terme car il est impossible de jeûner sur une trop longue durée.
Le jeûne prévient-il la maladie d’Alzheimer ?
De plus en plus d’articles expliquent en effet que le jeûne pourrait prévenir la maladie d’Alzheimer. Cela serait dû à la sécrétion de la protéine BDNF (cf voir paragraphe sur la mémoire ci-dessus) qui contribuerait à diminuer les risques de démence ou de perte de mémoire. D’après Mark Mattson, neuroscientifique à l’université Hopkins, un niveau de BDNF bas pourrait accentuer l’apparition de la maladie d’Alzheimer et de dépression. Cette autre étude scientifique explique que « le glucose est le principal substrat énergétique du cerveau. Dans la maladie d’Alzheimer, il semble y avoir une diminution pathologique de la capacité du cerveau à utiliser le glucose. Des preuves neurobiologiques suggèrent que les corps cétoniques sont un substrat énergétique alternatif efficace pour le cerveau dans le cadre de la maladie d’Alzheimer. (…) Les corps cétoniques sont normalement produits à partir des réserves de graisse comme alternative au glucose pendant les périodes d’hypoglycémie prolongée, comme pendant un jeûne ou lorsque très peu de glucides sont consommés. » Un test effectué sur une vingtaine de personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer a alors mis en évidence le fait qu’une hypercétonémie améliorerait le fonctionnement cognitif des personnes atteintes de troubles de la mémoire. Et Mickael Dieleman de développer : « Lors d’un jeûne prolongé, le corps a besoin de glucose. Il puise d’abord dans les réserves de glucose présentes dans le foie puis utilise les acides gras pour les transformer en corps cétoniques et en faire de l’énergie. » Le diététicien reste cependant très prudent : « Attention à ne pas faire d’une expérience une généralité.«
Le jeûne prévient-il la maladie de Parkinson ?
Il a été très difficile de trouver des études sur les effets du jeûne concernant la maladie de Parkinson. D’autant plus que la prise de traitements lourds dans le cas des maladies telles que Parkinson semble difficilement compatible avec certains types de jeûnes. Cependant, dans un article de La Vie, le Pr Andreas Michalsen de l’hôpital public de Berlin explique que « pour les patients atteints des maladies de Parkinson, d’Alzheimer (…) l’amélioration est légère. Mais, globalement, le jeûne se révèle être un outil thérapeutique pertinent qui renforce les défenses immunitaires et apporte un bien-être tant physique qu’émotionnel« .
Quels sont les dangers du jeûne pour le cerveau ?
« Chacun est plus ou moins sensible à la privation de nourriture et/ou d’eau. Pour certains, le jeûne prolongé n’est pas viable. Si sur du court terme, les sensations sont principalement de la fatigue, de l’hypoglycémie, une diminution de la concentration et une baisse de la tension artérielle, sur du plus long terme, ces phénomènes peuvent être aggravés. Une perte de connaissance, une fonte musculaire ainsi qu’une atteinte de certains organes vitaux sont alors possibles. »
Merci à Mickael Dieleman, diététicien.
Sources : – Étude scientifique « Effets du β-hydroxybutyrate sur la cognition chez les adultes ayant des troubles de la mémoire« , mars 2004, ScienceDirect. – « Le jeûne a de bons résultats thérapeuthiques« , article publié le 3 juillet 2019, La Vie.
L’hydroxyzine est-elle retirée du marché en France ?
Non, l’hydroxyzine est toujours commercialisée en France actuellement. Les médicaments qui en contiennent sont :
Atarax® 25 mg en comprimés et ses génériques
Atarax® 2 mg/mL en sirop
Hydroxyzine® Renaudin 100 mg/2 mL en solution injectable
L’hydroxyzine fait-elle dormir ?
La prise d’hydroxyzine est associée à un risque de somnolence. Une vigilance accrue est alors requise chez les personnes amenées à conduire un véhicule ou à utiliser une machine au risque de provoquer un accident.
Quels sont les autres effets secondaires de l’hydroxyzine ?
L’hydroxyzine expose la personne qui en prend à des effets anticholinergiques (rétention urinaire, constipation, troubles visuels, tachycardie). D’autres effets comme une prise de poids, de la fièvre, une confusion, une hypotension sont également rapportés. De plus, des nausées, des vomissements et des atteintes du foie (hépatite, augmentation des enzymes) peuvent survenir. Plus rarement, l’hydroxyzine est responsable d’hallucinations, de tremblements et de réactions allergiques graves.
Quelles sont les contre-indications de l’hydroxyzine ?
L’hydroxyzine ne doit pas être prise en cas d’allergie à l’un des composants du médicament ou à l’un des médicaments de la même famille chimique (dérivés de la pipérazine) : la cétirizine, la lévocétirizine, la méclozine (Agyrax®). De même, l’utilisation de l’hydroxyzine est proscrite chez un patient présentant un allongement de l’espace QT (visible sur l’électrocardiogramme) ou ayant des facteurs de risque connus de cette anomalie cardiaque (antécédents familiaux, pathologie cardiovasculaire, déficit en potassium). En outre, l’hydroxyzine est contre-indiquée dans les cas suivants :
Quelles sont les interactions médicamenteuses dangereuses avec l’hydroxyzine ?
L’hydroxyzine ne doit pas être administrée de manière concomitante avec un médicament allongeant l’intervalle QT au risque d’induire des torsades de pointe se manifestant par une accélération du rythme cardiaque. Dans les cas les plus sévères, ce phénomène peut conduire au décès de la personne. Cette association dangereuse est donc formellement contre-indiquée. Les médicaments provoquant un allongement de l’espace QT sont principalement :
des antidépresseurs : le citalopram, l’escitalopram
des antiarythmiques : la quinidine, le disopyramide, l’amiodarone, le sotalol
des neuroleptiques : l’halopéridol, le pimozide
des antibiotiques : la moxifloxacine (famille des fluoroquinolones)
des antipaludéens (contre le paludisme) : hydroxychloroquine
En fonction de l’indication dans laquelle elle est prescrite, l’hydroxyzine sera remplacée par des médicaments différents : ► Dans le traitement de l’anxiété mineure de l’adulte, les médicaments pouvant être pris à la place de l’hydroxyzine sont Stresam® (autre anxiolytique) ou un produit de phytothérapie comme Euphytose®, Spasmine®. À noter que les benzodiazépines (Xanax®, Seresta®, etc.) sont réservées à des anxiétés beaucoup plus sévères. ► Dans le traitement des démangeaisons, il est possible d’utiliser un autre antihistaminique comme par exemple la cétirizine, la desloratadine, la loratadine. ► Dans la prise en charge des insomnies de l’enfant de plus de 3 ans, il est possible de remplacer l’hydroxyzine par Théralène® en comprimés dès 6 ans ou en solution buvable chez l’enfant de plus de 20 kg. Le recours à des médicaments de phytothérapie peut également être envisagé : Quiétude®, Sédatif PC® (dès 1 an) et Euphytose®, Spasmine® (dès 12 ans).
Sources : – Base de données publique des médicaments – ANSM
La protéine C-réactive (CRP) est un marqueur biologique. Il s’agit d’une protéine que l’on peut doser au moyen d’une prise de sang, afin d’une part, de rechercher une inflammation ou une infection dans l’organisme. Autrement dit, cette protéine apparaît quand il y a une réaction inflammatoire. D’autre part, mesurer son taux dans le sang permet de surveiller la bonne réponse à un traitement. Alors comment se déroule un dosage de CRP ? Comment interpréter les résultats ? Que signifie un taux normal ? Au contraire, que faire quand la CRP est très élevée ou basse ? Quand s’inquiéter d’une augmentation ?Notre guide.
Définition : c’est quoi la protéine C-réactive (CRP) ?
L’inflammation est une réaction immunitaire à un agent infectieux comme une bactérie ou d’une réponse immunitaire déréglée et excessive. La protéine C-réactive est une protéine libérée par le foie en cas d’inflammation aiguë ou chronique dans l’organisme, qu’elle soit accompagnée d’une infection bactérienne ou virale, ou non. En réponse à une agression, elle peut rapidement atteindre un taux très élevé.
Quelles sont les causes d’une CRP élevée ou haute ?
Un taux supérieur à 6 mg/L doit donner lieu à une surveillance. « Le taux de la CRP est d’autant plus élevé que l’infection ou l’inflammation est grave. Par exemple, dans le cas d’une petite infection, l’élévation de la CRP sera discrète à modérée« , précise le Pr Patrick Marcellin, hépatologue à l’hôpital Beaujon (Paris). Son taux augmente juste avant l’inflammation (moins de 24 heures) et baisse une fois que l’inflammation est soignée. Une CRP élevée indique la présence d’une réaction inflammatoire. Son origine peut être multiple :
Un taux supérieur à 6 mg/L doit donner lieu à une surveillance. Une légère élévation laisse à penser qu’il s’agit d’une infection banale, passagère et sans gravité. Si la hausse de la CRP est causée par une infection bactérienne, une prescription d’antibiotiques peut parfois suffire à soigner l’infection et à faire baisser le taux de CRP. « Mais inutile de s’imaginer le pire, il est nécessaire d’attendre des examens complémentaires pour connaître l’origine précise de l’inflammation. Ainsi, il faudra reprendre l’examen clinique (interrogatoire, analyses complémentaires) pour rechercher la maladie (pathologies digestives, infections virales chroniques, pathologies rhumatismales…) responsable de ces symptômes« , tient à rassurer le spécialiste.
Quel est le taux normal de la protéine C-réactive ?
Le taux normal de la CRP doit être inférieur à6 mg/L.Il peut être un plus élevé chez certaines personnes fumeuses ou en surcharge pondérale. Il peut également être modérément élevé lors d’une grossesse. Enfin, les normes peuvent être légèrement modifiées en fonction des techniques utilisées de chaque laboratoire, elles vous seront toutefois mentionnées sur la feuille de résultats.
Ce test, à lui seul, ne permet pas de définir la cause de l’inflammation.
Indications : quand faire un dosage de la protéine C-réactive ?
Mesurer le taux plasmatique de la protéine C-réactive permet de rechercher une éventuelle pathologie infectieuse ou inflammatoire (comme la polyarthrite rhumatoïde, une septicémie, un abcès, une colite (inflammation du colon), une myocardite (inflammation du cœur)…) chez des patients qui se plaignent de symptômes qui persistent et évocateurs d’une inflammation (rougeurs, gonflement, douleur, sensation de chaleur, mais aussi fièvre, troubles du sommeil…). Toutefois, « ce test, à lui seul, ne permet pas de définir la cause de l’inflammation. Pour cela, le patient doit avoir recours à des examens complémentaires en fonction du contexte clinique (prélèvement dans l’urine, le sang…). On va dire qu’il s’agit plutôt d’un outil d’exploration. En revanche, le dosage de la CRP permet de suivre l’évolution de l’inflammation et de voir si le traitement agit efficacement : si le traitement fonctionne, le taux de CRP est censé diminuer« , explique le Professeur Marcellin. La CRP constitue donc aussi un marqueur de surveillance d’un traitement anti-inflammatoire. Dans le cas d’une infection, mesurer le taux de CRP permet de voir si l’antibiotique est efficace et si l’inflammation est bien en train de disparaître. « Le dosage de la protéine CRP remplace la vitesse de sédimentation, le test qui mesurant la vitesse à laquelle les globules rouges chutent dans un tube de sang placé à la verticale et permettant de détecter une inflammation ou une infection. Ce test, pourtant utilisé pendant très longtemps, n’est plus réalisé car le dosage de la CRP est plus spécifique, fiable et sensible« , précise le Pr Marcellin.
Faut-il être a jeun pour la prise de sang dosant la CRP ?
Au cours d’une consultation médicale ou à l’hôpital, le médecin peut prescrire un dosage sanguin de la protéine C-réactive. Il s’agit d’un examen simple et relativement courant pour confirmer ou infirmer l’existence d’une inflammation. Pour le réaliser, il faut prendre rendez-vous dans un laboratoire d’analyse médicale. Il est préférable d’effectuer cet examen à jeun. Pensez à vous munir de votre ordonnance, de votre carte vitale ainsi que de votre carte de mutuelle.
► Après vous avoir mis un garrot autour du bras, le médecin va prélever une quantité de sang (généralement un tube) au pli du coude. Votre sang va être analysé afin de mesurer le taux plasmatique de la protéine C-réactive.
► Les résultats sont généralement disponibles par courrier 24 à 48 heures après l’examen. Si le laboratoire ne l’a pas déjà fait, le mieux est de transmettre les résultats du dosage (même si les résultats vous paraissent tout à fait normaux lorsque vous vous referez aux chiffres du laboratoire) au médecin prescripteur qui décidera ou pas d’effectuer des analyses complémentaires ou de vous prescrire un traitement.
Quelles sont les causes d’une CRP basse ?
Il n’y a pas de seuil minimal en-dessous duquel une pathologie est suspectée. Un taux inférieur à la valeur normale indique juste une absence de syndrome inflammatoire.
A RETENIR
La CRP a une valeur pronostique et a un intérêt pour le suivi de l’évolution d’une maladie sous traitement (et peut au besoin, faire adapter le traitement). Une augmentation de la CRP n’est pas une pathologie, mais une conséquence d’une pathologie sous-jacente.
Ce test, utilisé désormais couramment, est réalisé lorsqu’on suspecte une inflammation ou une infection, plus ou moins grave.
Que le taux de CRP soit peu ou très élevé, les résultats ne peuvent pas constituer un diagnostic à eux-seuls. Ils ne déterminent pas la cause de l’inflammation, mais permettent au médecin de vous orienter vers des examens complémentaires ou un traitement éventuel.
Merci au Professeur Patrick Marcellin, hépatologue à l’hôpital Beaujon (Paris).
La lucite est une allergie au soleil. La plus courante est la lucite estivale qui est bénigne. Il existe aussi la lucite polymorphe. La lucite toucherait environ 10% des adultes, généralement les femmes et entre 15 et 20 ans. Comment la reconnaître ? La soigner ? Quelle crème ?
Définition : qu’est-ce que la lucite ?
La lucite est une allergie au soleil (allergie solaire). Elle se manifeste lors d’exposition au soleil et concerne 10% de la population, principalement féminine. Il existe globalement 2 formes de lucite :
La lucite estivale bénigne, la plus fréquente,
La lucite polymorphe.
Lucite estivale bénigne
« La lucite estivale bénigne (LEB) se caractérise par une éruption sur des zones pas habituées au soleil comme les bras, le décolleté, lors de la première exposition au soleil. Elle passe en une semaine, parfois moins, parfois plus« , informe le Dr Jean-Marc Chavigny, dermatologue et allergologue. La lucite estivale bénigne touche plus particulièrement les femmes de 15 à 35 ans. Elle peut réapparaître rapidement après une nouvelle exposition.
Lucite polymorphe
« La lucite polymorphe est beaucoup plus importante et touche le visage. Elle ne passe pas avec l’été« , informe le dermatologue et allergologue. Cette forme de lucite survient dans les conditions d’exposition solaire de la vie courante du printemps à l’automne. Elle est donc beaucoup plus invalidante. « Elle nécessite un traitement médical« , informe ce médecin.
Urticaire solaire
Il existe une autre forme d’allergie au soleil : l’urticaire solaire. Elle se caractérise par des éruptions cutanées qui surviennent très rapidement après l’exposition au soleil, puis disparaissent une fois à l’ombre.
Quels sont les symptômes d’une lucite ?
Des petits boutons rouges ou cloques, accompagnés de démangeaisons, apparaissent quelques heures après l’exposition au soleil. Ces éruptions cutanées se localisent sur les zones découvertes du corps en cas de lucite estivale :
au niveau des épaules,
des bras,
des jambes,
du décolleté.
La lucite polymorphe touche le décolleté et les bras mais également le visage, le dos des mains et le derrière des oreilles. Les symptômes durent environ une semaine pour une lucite estivale bénigne et persistent plus de 10 jours dans le cas d’une lucite polymorphe.
Quand et qui consulter ?
« Si au bout de 10 jours, une lucite ne passe pas et si elle touche le visage, il est nécessaire de consulter un dermatologue« , prévient le dermatologue et allergologue. « Il est nécessaire de consulter également lorsque les symptômes de lucite s’associent à d’autres symptômes, comme des douleurs articulaires. Cette lucite associée à d’autres symptômes peut être le signe d’un lupus par exemple«
Comment soigner une lucite ?
Le traitement de la lucite estivale bénigne consiste en l’application de crèmes corticoïdes sur les zones touchées. Des pulvérisations d’eau thermale apaisante et anti-inflammatoire plusieurs fois par jour diminuent les sensations de brûlures. Une exposition progressive au soleil est indispensable pour éviter les récidives d’allergie solaire. S’expose peu au début de l’exposition permet une désensibilisation.
Quels médicaments pour soigner une lucite ?
« Mieux vaut utiliser des crèmes spéciales LEB qui laissent passer une partie des UV pour que la peau s’habitue au soleil. Si on se protège complètement on a de nouveau une lucite« , conseille le Dr Jean-Marc Chavigny. « Il est aussi possible de prendre du Bêta-carotène 15 jours avant l’exposition au soleil et lors de la première semaine pour renforcer la protection de la peau« , explique-t-il. Par précaution, la prise de beta-carotène est déconseillé aux fumeurs. Des crèmes solaires contenant de la vitamine E ou de l’Aloe vera pourraient être plus efficaces mais cela n’est pas prouvé de manière scientifique.
Quelles huiles essentielles pour soigner une lucite ?
Méfiance en revanche avec les huiles essentielles pour traiter ou prévenir une lucite. « Les huiles essentielles sont photosensibilisantes et il y a un risque de pigmentations importantes. Il y a également un risque d’allergie« , prévient le Dr Jean-Marc Chavigny.
Comment soigner une lucite polymorphe ?
Le traitement de la lucite polymorphe repose sur une protection solaire forte et la prise d’un médicament anti-paludéen, qui est un photoprotecteur (Plaquenil®, Nivaquine®)
Merci au Dr Jean-Marc Chavigny, dermatologue et allergologue.