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Lariam : quels sont les dangers de ce traitement anti paludisme ?

Lariam : quels sont les dangers de ce traitement anti paludisme ?

« Il y a un avant et un après Lariam® » déclarait Stromae dans une interview à Marianne en 2017. Deux ans plus tôt, il a dû prendre ce médicament pour se prémunir du paludisme, à l’occasion d’une tournée en Afrique. « Si je pouvais revenir en arrière et éviter de prendre du Lariam®, je le ferais sans hésiter » expliquait-il alors au magazine. En cause, les effets secondaires graves qu’il dénonce telles que des hallucinations, crises d’angoisses et de folie qui l’auraient conduit au suicide sans le soutien de ses proches. Les risques neuropsychiatriques du Lariam® sont documentés et peuvent persister plusieurs mois à plusieurs années après la dernière administration du traitement. Le chanteur a annulé plusieurs concerts en mars 2023 pour raisons de santé sans donner plus d’informations. Comment agit le Lariam® ? Dans quels cas l’utiliser ? Est-il disponible ou interdit en France ? Quelles sont les contre-indications ? À quels dangers expose ce médicament ? 

Qu’est-ce que le Lariam ?

C’est un médicament contenant de la méfloquine qui est un antipaludéen (ou antipaludique). Commercialisé sous forme de comprimés, il s’administre par voie orale. Son mode d’action repose sur l’éradication de 4 types de parasites actifs responsables du paludisme : Plasmodium falciparum, Plasmodium vivax, Plasmodium malariae et Plasmodium ovale.

Quelles sont les indications du Lariam ?

Le Lariam® est principalement indiqué comme traitement préventif du paludisme, à prendre 10 jours avant de partir en voyage dans une zone à risque. Son utilisation s’effectue en dernière intention, lorsque les autres médicaments disponibles sont contre-indiqués chez la personne ou inefficaces sur le parasite en raison d’un phénomène de résistance. Avant de prescrire ce médicament, le médecin doit s’assurer que les bénéfices sont supérieurs aux risques encourus. Le Lariam® peut également être utilisé comme traitement curatif du paludisme lorsque la maladie a été contractée dans une zone où le parasite est résistant à la chloroquine. 

Photo du lariam
Boîte de Lariam © Mark Thomas/REX Shutter/SIPA (publiée le 04/04/2023)

Quels sont les effets secondaires du Lariam ?

Les effets indésirables les plus fréquemment rapportés avec le Lariam® sont des nausées, des vomissements, des douleurs abdominales, des diarrhées et des vertiges. Ils apparaissent principalement au début du traitement. La prise du Lariam® peut également induire des réactions allergiques bénignes comme des éruptions cutanées associées à des démangeaisons voire des réactions graves comme un choc anaphylactique. Elle peut également être responsable d’affections respiratoires (difficultés à respirer, infection des poumons) et de troubles cardiovasculaires qui se manifestent par des variations du rythme cardiaque, des palpitations, des épisodes d’hypotension ou d’hypertension. En outre, des troubles visuels (vision trouble, cataracte, atteinte de la rétine), des atteintes musculaires (crampes, faiblesse des muscles), des brûlures et des fourmillements cutanés peuvent survenir. L’apparition de l’un de ces symptômes doit conduire à consulter un médecin dans les meilleurs délais. De même, des effets neuropsychiatriques graves ont été répertoriés chez des personnes prenant ce traitement.

Quels sont les effets secondaires neuropsychiatriques du Lariam ?

Les effets secondaires neuropsychiatriques les plus fréquents sont :

Des cas de suicide ont été rapportés après la prise de ce médicament. 

  • une anxiété et une dépression
  • des maux de tête
  • des vertiges 
  • des rêves anormaux et des cauchemars

Par ailleurs, d’autres effets comme une agitation, une confusion mentale, une attention perturbée, des crises de panique, des variations de l’humeur et une agressivité peuvent survenir. De plus, des troubles de l’équilibre et de la marche, des difficultés à s’exprimer, des pertes de la mémoire, une fatigue importante et une somnolence ont été observés. D’autres effets plus graves sont possibles comme une altération de la fonction cérébrale (encéphalopathie), des convulsions, des hallucinations, des psychoses, une paranoïa, des idées suicidaires et des comportements de mise en danger de soi. Si des effets neuropsychiatriques surviennent, il est recommandé d’interrompre le traitement et de consulter rapidement un médecin. Ces risques neuropsychiatriques peuvent persister plusieurs mois à plusieurs années après la dernière administration du traitement.

Quels sont les dangers du Lariam ?

Le Lariam® expose la personne qui en prend à certains dangers.

► Les risques neuropsychiatriques peuvent persister plusieurs mois à plusieurs années après la dernière administration du traitement.

► Une amnésie persistante et des cas de suicide ont été rapportés après la prise de ce médicament.

► Le Lariam® peut causer des troubles cardiaques provoquant parfois le décès de la personne en cas d’aggravation des symptômes. ► Ce médicament majore le risque d’accidents chez les personnes amenées à conduire un véhicule, à utiliser une machine ou à exercer une activité nécessitant une attention importante et une bonne coordination des mouvements (ex : plongée sous-marine, alpinisme).

Quelles sont les contre-indications ?

Le Lariam® est contre-indiqué dans les cas suivants : 

  • allergie à l’un des composants du médicament
  • présence ou antécédents de troubles psychiatriques, présence ou antécédents d’épilepsie (sauf nécessité absolue)
  • insuffisance hépatique sévère
  • en cas de prise d’acide valproïque ou de valpromide (traitement de l’épilepsie ou des troubles bipolaires)

Ce médicament n’est pas contre-indiqué chez la femme enceinte ou allaitante. L’administration peut être envisagée en l’absence d’alternatives thérapeutiques. Dans ce cas, la balance bénéfices/risques sera évaluée par le médecin. 

Le Lariam est-il interdit en France ?

Le Lariam® est toujours disponible en France sur ordonnance médicale. Toutefois, ce médicament fait l’objet d’une polémique en raison des effets secondaires graves qu’il peut provoquer plusieurs années après l’administration.

Est-il remboursé en France ? 

Excepté pour certains résidents de Guyane amenés à se déplacer dans une zone à risque, le Lariam® ne fait pas l’objet d’un remboursement par l’Assurance maladie. Selon les pharmacies, le prix varie de 30 à 40 € pour une boîte de 8 comprimés, soit 8 semaines de traitement.

Sources : 
– Base de données publique des médicaments
– Profil de sécurité du Lariam dans la chimioprophylaxie du paludisme, ANSM, 2021.


Source : JDF Santé

Colite aigue : symptômes, durée, est-ce grave ?

Colite aigue : symptômes, durée, est-ce grave ?

Une colite correspond à une inflammation d’une partie ou de la totalité de la muqueuse du côlon. On dit que la crise de colite est « aiguë » si elle survient de façon brutale, qu’elle est accompagnée d’une fièvre ou d’une douleur intense, qui apparaissent en quelques heures. Quels sont les symptômes d’une crise de colite ? Est-ce grave ? Qu’est-ce qui provoque une colite aiguë ? Comment la soulager ?

Quelle est la définition d’une colite aiguë ?

Une colite est une inflammation de toute ou partie de la muqueuse colorectale, causée par un agent infectieux ou une maladie inflammatoire. Elle peut être chronique (évoluant depuis plusieurs semaines) ou aiguë. Une colite aiguë est une colite survenant de façon brutale, souvent accompagnée de fièvre et de douloureuses intenses, apparaissant en quelques heures.  

© designua – 123RF

Quelles sont les causes d’une colite aiguë ?

La colite aiguë peut avoir plusieurs origines :

  • Une infection virale, bactérienne ou parasitaire
  • Une origine médicamenteuse : ce sont généralement les laxatifs ou les antibiotiques qui peuvent générer ce type de colite.
  • Un traitement par radiothérapie (lorsqu’on traite un cancer grâce à des rayons), on parlera alors de colite radique.
  • Une ischémie, c’est-à-dire à une diminution de la vascularisation de la paroi intestinale.
  • Dans certains cas, elle est inflammatoire, surtout en cas de MICI (Maladie Inflammatoire chronique de l’intestin) ou de vascularite

Quels sont les symptômes d’une colite aiguë ?

Plusieurs symptômes sont susceptibles de faire évoquer une colite aiguë, en particulier :

  • une fièvre de plus de 38,5°C,
  • des diarrhées qui peuvent être accompagnées de sang avec parfois des difficultés à déféquer,
  • des maux de ventre importants (locaux ou généralisés),
  • un amaigrissement marqué,
  • une fatigue.

En cas de douleur intense au ventre, surtout si elle est associée à une fièvre, n’attendez pas pour consulter votre médecin ou les urgences afin de procéder rapidement aux examens complémentaires (coproculture, ASP, coloscopie) et commencer un traitement sans tarder.

Comment pose-t-on le diagnostic d’une colite aiguë ?

Le diagnostic repose sur l’anamnèse, c’est-à-dire l’interrogatoire du patient. Les symptômes décrits vont orienter le praticien vers le diagnostic de colite aiguë. Cette hypothèse sera confirmée par la réalisation d’une coloscopie. Cet examen peut être complété par une biopsie (un prélèvement de la muqueuse afin de l’analyser), une prise de sang qui permettra de retrouver un nombre de globules blancs, une vitesse de sédimentation et un taux de protéine C-réactive élevés, ainsi qu’une analyse des selles (coproculture ou examen parasitologique des selles). Une radiographie abdominale, appelée ASP (pour Abdomen Sans Préparation), peut également être prescrite.

Combien de temps dure une colite aiguë ?

En l’absence de prise en charge rapide, une colite aiguë peut durer plusieurs jours ou plusieurs semaines, mettant parfois en danger la vie du patient. Si une prise en charge médicale est proposée rapidement, les symptômes diminuent en général en quelques jours. 

Quel traitement pour soigner une colite aiguë ?

Le traitement de la colite aiguë est essentiellement médicamenteux. Le médecin prescrit généralement des antibiotiques ou des antiparasitaires destinés à lutter contre les colites d’origine infectieuse. En revanche, les colites dues à un traitement par radiothérapie devront être prises en charge chirurgicalement par ablation d’une partie du côlon. De même lorsque le traitement médical a échoué ou que des complications apparaissent, seule la colectomie est envisagée.

Quelle est la prise en charge en cas de colite aiguë grave ?

Une colite aiguë grave nécessite une surveillance médicale en milieu spécialisé avec un ASP quotidien, un jeûne de 48 heures, et une perfusion pour l’hydratation. La corticothérapie intraveineuse représente le traitement médical de première intention. Néanmoins, elle est inefficace chez un patient sur trois. L’infliximab et la ciclosporine sont envisageables en 2e ligne avec une efficacité et une sécurité d’emploi comparables. Le choix entre les deux molécules doit se faire au cas par cas. La colectomie doit être proposée d’emblée en cas de formes compliquées et être discutée à chaque étape de la prise en charge thérapeutique, en alternative au traitement médical.

Que manger en cas de colite ?

L’alimentation doit être adaptée avec un régime sans résidu qui permet de diminuer ou de supprimer de l’alimentation les fibres alimentaires végétales mais aussi les résidus que l’on peut trouver dans la viande (tendons, kératine). On préconise en général 2 à 3 semaines de régime sans résidus strict puis 2 semaines de régime élargi. Ce régime entraîne une diminution du volume des selles, une diminution du transit intestinal et évite d’irriter la muqueuse intestinale. On doit éviter :

  • tous les légumes crus et cuits,
  • tous les fruits crus et cuits,
  • toutes les céréales complètes,
  • toutes les viandes fibreuses ou tendineuses.

Prévention : comment éviter d’avoir une colite aiguë ?

Les principaux conseils de prévention qui sont donnés pour limiter les crises de colites aiguës sont d’abord alimentaires. Il est en effet recommandé de limiter la consommation de plats épicés et d’épices en général (moutarde, curry …), de mastiquer avec application les aliments et de boire en quantité. Il est également conseillé d‘éviter le stress autant que faire se peut, de manger à heure fixe et d’éviter les médicaments irritants comme les laxatifs.


Source : JDF Santé

Cancer des glandes surrénales : causes, traitement, survie

Cancer des glandes surrénales : causes, traitement, survie

Le cancer des glandes surrénales se localise au niveau des reins. Chacun des deux reins est effectivement « coiffé » d’une glande surrénale. Ces glandes participent à la sécrétion d’hormones. Le cancer peut toucher une des deux surrénales ou les deux. 

Définition : qu’est-ce qu’un cancer des glandes surrénales ?

Divers types de tumeurs peuvent se développer au niveau de la glande surrénale, certaines étant bénignes (les plus fréquentes), d’autres malignes. Parmi les tumeurs malignes, donc les cancers, on distingue :

  • les corticosurrénalomes qui se développent au niveau de la zone corticale de la glande surrénale,
  • et les phéochromocytomes malins, au niveau de la zone médullaire. Les phéochromocytomes sont néanmoins bénins dans 9 cas sur 10. 

La glande surrénale constituée de deux zones distinctes :

→ La première est la zone corticosurrénale qui sécrète différentes hormones : les glucocorticoïdes, hormones dont fait partie le cortisol qui agit essentiellement sur la glycémie (taux de sucre dans le sang) ; les minéralocorticoïdes représentés par l’aldostérone qui intervient sur le rein pour l’équilibre de la quantité de sodium et de potassium dans l’organisme ; et une partie des androgènes, hormones du développement des caractères sexuels masculins.

→ L’autre zone est la médullosurrénale qui sécrète l‘adrénaline et la noradrénaline, qui agissent sur le rythme du cœur, la contraction ou la dilatation des vaisseaux sanguins et augmentent la pression artérielle.

Quelles sont les causes ?

« Parmi les causes bien identifiées, il y a : des causes génétiques qui sont fréquentes dans les phéochromocytomes où ils représentent 30 à 40% des cas. Dans les corticosurrénalomes, les causes génétiques (au sens héréditaire du terme) se retrouvent surtout chez l’enfant, beaucoup plus rarement chez l’adulte (moins de 5%). Des anomalies moléculaires limitées aux cellules tumorales peuvent aussi être identifiées chez l’adulte », indique le Pr Jérôme Bertherat. 

Quels sont les symptômes d’un cancer des glandes surrénales ?

Les symptômes d’un cancer des surrénales dépendront donc de la zone atteinte. En cas de corticosurrénalome, les signes seront représentés par : 

  • Le syndrome de Cushing (qui peut avoir de multiples causes mais rarement un cancer de la surrénale) en rapport avec une augmentation de la sécrétion du cortisol, avec prise de poids voire obésité androïde prédominante sur l’abdomen, hypertension artérielle, apparition de vergetures sur l’abdomen, baisse de la masse musculaire…
  • Un diabète.
  • L’hyperandrogénisme, par excès des androgènes entraînant une augmentation de la pilosité, et une masculinisation chez la femme.
  • L’hypokaliémie (baisse de potassium) qui peut amener le patient à boire beaucoup d’eau ou à présenter des troubles musculaires ou cardiaques. 

En cas de phéochromocytome malin, les symptômes seront dans la forme typique : des malaises brutaux qui associent fréquemment maux de tête, céphalées, palpitations, sueurs et surtout des poussées brutales d’hypertension artérielle très sévères. « 5% des gens ont une boule dans la surrénale ou à côté. Ces cancers peuvent être découverts en explorant des symptômes mais aussi simplement de manière fortuite, sur un examen d’imagerie médicale pour une autre maladie : c’est ce que l’on appelle un incidentalome », commente l’endocrinologue. 

Quels sont les stades ? 

  • Stade 1 et 2 : le cancer est localisé à la surrénale. 
  • Stade 3 : envahissement régional. 
  • Stade 4 : métastases

« Il existe deux systèmes de classification entre les corticosurrénalomes et les phéochromocytomes. Le stade initial est localisé purement à la surrénale. Si on diagnostique la maladie à ce stade-là et qu’on l’opère complètement, on peut obtenir une guérison. Au stade 3, l’envahissement est soit régional, soit il y a des métastases à distance, cela dépend des tumeurs. Pour les corticosurrénalomes, c’est avant tout le foie et les poumons qui sont touchés tandis que dans les phéochromocytomes, c’est plus souvent l’os et éventuellement dans un deuxième temps le foie et le poumon », détaille le spécialiste. « Pour le phéochromocytome, le diagnostic de malignité est parfois difficile à faire tant qu’il n’y a pas de métastases », observe le Pr Jérôme Bertherat. 

Quelles sont les explorations pour le diagnostic ?

Devant des signes évocateurs de tumeur de la surrénale, une prise de sang avec dosage des différentes hormones est nécessaire pour mettre en évidence l’excès de sécrétion. Par la suite, une imagerie des surrénales, généralement un scanner, souvent associé à une IRM, autorise la visualisation de la tumeur. Une scintigraphie est également envisageable. En cas de suspicion de tumeur cancéreuse, un bilan d’extension sera pratiqué pour rechercher la migration de cellules cancéreuses vers d’autres organes, ce qui, en présence de métastases, signera le caractère cancéreux de la tumeur.  

Quels sont les traitements d’une tumeur surrénalienne ?

Comme pour l’ensemble des tumeurs cancéreuses, le traitement sera adapté en fonction de l’évolution de la tumeur, de sa taille, de l’état général du patient et des résultats du bilan d’extension. « Le traitement de première intention lorsque la tumeur n’est pas trop métastatique est la chirurgie, par une équipe spécialisée dans la tumeur de la surrénale », précise l’endocrinologue. Il consiste à retirer l’ensemble de la tumeur, les tissus environnants susceptibles d’être porteurs de cellules cancéreuses et les ganglions proches s’ils sont touchés par le cancer. « Si la tumeur récidive ou qu’il y a des métastases à distance qu’on ne peut pas opérer, on peut discuter au cas par cas des traitements médicaux : le mitotane pour le corticosurrénalome et des thérapeutiques ciblées (témodal, inhibiteurs de kinase) pour le phéochromocytome malin. Il faut savoir que l’on a très peu recours à la chimiothérapie cytotoxique dans ces tumeurs-là. Elle est réservée aux échecs ou aux formes très agressives parce qu’elle fonctionne moins bien que dans d’autres cancers », continue-t-il. La radiothérapie est moins fréquente dans ce contexte. Le contrôle de l’hypersécrétion hormonale et de ses symptômes fait aussi partie de la pris en charge.

Quelle est l’espérance de vie d’un cancer de la surrénale?

L’espérance de vie varie selon qu’il s’agit d’un corticosurrénalome ou d’un phéochromocytome malin. 

Corticosurrénalome : « Si on obtient une exérèse complète, l’espérance de vie à 5 ans est de plus de 80%. En revanche, dans les stades métastatiques, l’espérance de vie ne dépasse pas 30% à 5 ans« , explique le Pr Jérôme Bertherat. 

Phéochromocytome : le cancer de cette glande endocrine a la particularité de se développer très lentement. L’espérance de vie est donc supérieure à 80% à 5 ans. « Toutefois, cela ne signifie pas que la guérison est avérée, les patients peuvent être métastatiques et progresser parfois sur plus de 15 à 20 ans », nuance l’endocrinologue.  

Merci au Pr Jérôme Bertherat, chef du service d’endocrinologie de l’hôpital Cochin et coordonnateur du réseau national de référence pour les cancers rares de la surrénale ENDOCAN-COMETE.


Source : JDF Santé

La Convention citoyenne sur la fin de vie a rendu son rapport : et maintenant ?

La Convention citoyenne sur la fin de vie a rendu son rapport : et maintenant ?

[Mis à jour le 3 avril 2023 à 17h16] Les délibérations de la Convention citoyenne sur la fin de vie ont été partagées le 2 avril. Les 184 citoyens et citoyennes ont conclu que le cadre d’accompagnement de la fin de vie doit être amélioré. Ils se sont également positionnés en faveur d’une ouverture de l’aide active à mourir. Le 3 avril, Emmanuel Macron a répondu à la Convention être favorable à l’instauration d’un projet de loi « d’ici la fin de l’été« . Le Président a également annoncé des « investissements qui s’imposent » pour nourrir un « plan décennal«  sur les soins palliatifs, jugés insuffisants par la Convention citoyenne qui a commencé le 9 décembre 2022 à Paris. Les citoyens tirés au sort pour y participer se sont réunis pour débattre autour de l’intérêt de changer ou pas la loi existante (Claeys-Leonetti) qui interdit l’euthanasie et le suicide assisté en France. Pour ce faire, ils devaient répondre à la question suivante : « Le cadre de l’accompagnement de la fin de vie est-il adapté aux différentes situations rencontrées ou d’éventuels changements devraient-ils être introduits? ». Tout comprendre de la Convention citoyenne sur la fin de vie.

​​​​​​C’est quoi la Convention citoyenne sur la fin de vie ?

La Convention citoyenne est un processus délibératif. Il permet à des citoyens tirés au sort de se réunir, de débattre, puis de faire des recommandations aux autorités. Le panel de citoyens qui constitue la Convention est généralement sélectionné parmi des personnes représentatives de la population de la collectivité. La Convention citoyenne sur la fin de vie a été annoncée par Emmanuel Macron le 13 septembre 2022. « Le sujet de la fin de vie nécessite l’ouverture d’un débat national, un dialogue entre citoyens issus d’horizons divers, représentatifs des différentes sensibilités qui s’expriment au sein de la société française, au plus près de la complexité des intérêts et opinions.  L’outil convention citoyenne est idéal pour mener ce débat » explique le CESE (Conseil économique, social et environnemental) qui la pilote. Elle réunit 150 citoyens et citoyennes qui débattent autour de l’intérêt de changer ou pas la loi existante (Claeys-Leonetti de 2016) qui interdit l’euthanasie et le suicide assisté en France. Cette Convention avait pour objectif de répondre à la question : « Le cadre d’accompagnement de la fin de vie est-il adapté aux différentes situations rencontrées ou d’éventuels changements devraient-ils être introduits ? »

Quels sont les résultats de la Convention citoyenne sur la fin de vie ?

Les délibérations de la Convention citoyenne sur la fin de vie ont été partagées le 2 avril 2023.

► Les 184 citoyens et citoyennes ont conclu que le cadre d’accompagnement de la fin de vie doit être amélioré.

► Ils se sont positionnés en faveur d’une ouverture de l’aide active à mourir.

► La majorité s’est accordée sur la nécessité d’un parcours d’accès à l’aide active à mourir, incluant conditions d’accès, garde-fous et mécanismes de contrôle.

► La Convention se positionne majoritairement pour un accès sous conditions, la première d’entre elles est la volonté du patient. Ensuite, les critères prioritaires sont : le discernement, l’incurabilité, le pronostic vital engagé, les souffrances (réfractaires, physiques, psychiques) et l’âge. 

Où trouver le rapport de la Convention citoyenne sur la fin de vie ?

Le rapport de la Convention citoyenne sur la fin de vie est accessible en ligne sur le site de CESE.

Quelle est la date de la Convention citoyenne sur la fin de vie ?

La Convention citoyenne sur la fin de vie a débuté vendredi 9 décembre 2022 et s’est clôturée le 19 mars 2023 pour un total de 9 weekends de travaux.

Phase d’appropriation et de rencontres 9-18 décembre 2022

Phase de délibération 6 janvier- 19 février 2023

Phase d’harmonisation et de restitution du résultat des travaux 3-19 mars 2023

Délibérations rendues le 2 avril 2023.

Qui organise la Convention citoyenne sur la fin de vie ?

Le pilotage de la Convention citoyenne sur la fin de vie a été confié au Conseil économique, social et environnemental (CESE). Ce comité de gouvernance est chargé d’assurer le suivi méthodologique du dispositif et de veiller aux principes de transparence et de neutralité. Il est présidé par Claire Thoury, membre de CESE, et regroupe :

  • 5 membres du CESE
  • 2 membres du Comité Consultatif National d’Éthique
  • Cynthia Fleury, philosophe spécialisée en éthique de la santé
  • Hélène Landemore, Professseure de sciences politiques à l’Université de Yale
  • Andrine Rui, enseignante – chercheuse
  • Giovanna Marsico, Directrice du Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie (CNSPFV)
  • 2 citoyens ayant participé à la Convention citoyenne sur le climat.

« Le comité de gouvernance de la Convention citoyenne sur la fin de vie, garant des débats apaisés, sera particulièrement vigilant à la façon dont les pouvoirs publics se saisiront de ces travaux«  a déclaré Claire Thoury.

Qui sont les membres de la Convention citoyenne sur la fin de vie ?

150 citoyens et citoyennes français tirés au sort participent à la Convention citoyenne sur la fin de vie. La société Harris Interactive, institut d’études et de sondages, a été mandatée pour réaliser le tirage au sort à partir de numéros de téléphone générés de façon aléatoire (85 % de portables et 15 % de fixes) et procéder à des appels téléphoniques afin d’identifier des citoyens volontaires. Afin de garantir un panel représentant la diversité de la société française, le Comité de Gouvernance a décidé de retenir 6 critères de recrutement :

  • Le sexe 
  • L’âge 
  • Les typologies d’aire urbaine (grands pôles urbains, deuxième couronne, communes rurales…)
  • La région d’origine (en fonction du poids démographique de chaque région française)
  • Le niveau de diplôme (6 catégories ont été définies)
  • La catégorie socioprofessionnelle (ouvriers, employés, cadres…) 

« Cette diversité de profils et d’histoires est essentielle au débat démocratique qui s’ouvre, c’est elle qui permettra la richesse des délibérations et que chaque point de vue soit entendu » a défendu Claire Thoury.

Source : 

– Convention citoyenne Cese sur la fin de vie

– Le CESE pose le cadre de la Convention citoyenne sur la fin de vie, CESE

– Le CESE lance le tirage au sort des 150 citoyennes et citoyens de la Convention citoyenne sur la fin de vie, CESE

– Lancement d’une consultation citoyenne sur la fin de vie, 14 septembre 2022, Gouvernement


Source : JDF Santé

Psoriasis : plaques, squames, causes, que faire ?

Psoriasis : plaques, squames, causes, que faire ?

Le psoriasis est une maladie chronique de la peau associée à la formation de plaques sèches qui peuvent démanger. Il ne peut pas être guéri mais il est de mieux en mieux pris en charge « grâce à un très riche panel thérapeutique qui continue à s’enrichir » se réjouit le Pr Manuelle Viguier, Chef du service Dermatologie-Vénéréologie à l’hôpital Robert Debré. Causes, facteurs déclenchants, âge, produits de soins, conseils… Elle nous explique ce qu’est la maladie psoriasique.

Qu’est-ce que le psoriasis ?

Le psoriasis est une maladie de la peau caractérisée par une inflammation responsable de rougeurs et de squames en plaques et parfois de démangeaisons. Il n’est pas contagieux.

Symptômes : comment se présente le psoriasis ?

« Le psoriasis se manifeste souvent sur les mêmes zones que sont les coudes, les genoux, le cuir chevelu et la région lombosacrée (bas du dos et fesses). Il est visible sur ces quatre zones de façon quasi constante » répond le Pr Manuelle Viguier. Sur ces zones, le patient va présenter « des plaques généralement rouges, recouvertes de squames blanches, prurigineuses dans la moitié des cas ». « A la différence de l’eczéma, les lésions du psoriasis ont la particularité d’être très bien limitées, en cercle ou en ovale parfait. » 

Quels sont les premiers symptômes au début du psoriasis ?

« Au tout début, l’inflammation se manifeste par la rougeur et après quelques jours ou semaines les squames apparaissent » répond notre interlocutrice.

Une fois que le psoriasis est apparu, « on le garde tout le reste de sa vie »

A quel âge survient généralement le psoriasis ?

Le psoriasis est une maladie qui débute chez le jeune adulte le plus souvent « mais il peut y avoir des pics d’apparition tardive chez l’adulte, aux alentours de la cinquantaine«  précise le Pr Viguier. En revanche, une fois que le psoriasis est apparu, « on le garde tout le reste de sa vie, mais avec des formes évolutives variables d’un patient à l’autre« , il ne disparaît jamais totalement de l’organisme même s’il n’est plus visible. 

Quelles sont les causes du psoriasis ?

Le psoriasis est le résultat d’anomalies du système immunitaire « avec retentissement sur l’épiderme (partie la plus externe de la peau, ndlr) » répond le Pr Viguier. « Chez les personnes atteintes de psoriasis, il y a une perte de l’homéostasie du système immunitaire, c’est-à-dire de sa capacité à maintenir un état d’équilibre inflammatoire. Le système immunitaire surréagit et produit de l’inflammation ce qui a comme conséquence de créer la partie visible de la maladie psoriasis. » Le psoriasis revêt aussi un caractère génétique, donc héréditaire. « C’est souvent une maladie familiale, on retrouve ainsi des parents qui ont eu la même maladie, il y a un terrain prédisposant » confirme la spécialiste.

Quels facteurs déclenchent une poussée de psoriasis ?

Le psoriasis survient par poussées. Mais toutes les personnes qui en souffrent n’en font pas à la même fréquence. Qu’est-ce qui déclenche la première ? Les suivantes ? « Si on est prédisposé génétiquement à faire du psoriasis et qu’on rencontre un facteur déclenchant, on peut alors faire une poussée » répond la dermatologue. Parmi ces facteurs : 

  • certains médicaments comme les bêtabloquants, les inhibiteurs calciques, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion, les antipaludéens de synthèse, des médicaments d’immunothérapies comme l’Interféron.
  • l’environnement
  • le tabac
  • l’alcool
  • des infections notamment ORL (rhume, coronavirus)
  • le VIH
  • un stress psycho-actif 

Pourquoi le stress peut déclencher du psoriasis ?

« Un changement professionnel, un décès, une rupture amoureuse ou au contraire des joies comme un mariage, une naissance, un changement important de vie, peuvent être des facteurs déclencheurs d’une poussée de psoriasis parce qu’il y a une réelle connexion entre le système nerveux et le système immunitaire. N’oublions pas que l’on a des terminaisons nerveuses qui arrivent jusque dans la peau, il y a une vraie connexion physiologique » détaille le Pr Viguier. 

Le psoriasis en goutte se présente par des petits cercles de la taille d’un confetti.

Qu’est-ce que le psoriasis en goutte ?

Ce type de psoriasis prend une forme différente : « Sa localisation est le tronc (abdomen, thorax, dos), volontiers par poussées, avec une capacité auto-résolutive c’est-à-dire qu’il va durer quelques semaines et peut rentrer dans l’ordre spontanément et ne jamais revenir » explique le Pr Viguier. Le psoriasis en goutte se présente par des lésions de petites tailles « comme la trace laissée par une goutte d’eau sur une surface plane, comme des petits cercles de la taille d’un confetti, avec une rougeur et des squames, disséminées sur le tronc« . Il concerne classiquement plus l’enfant que l’adulte et survient assez fréquemment après une infection ORL « comme une angine à streptocoque, ou virale ». Ce psoriasis peut être soigné par des séances de photothérapie chez le dermatologue ou par l’application de crèmes à base de cortisone. « On prescrit rarement un traitement général pour une première poussée, on cherche surtout à hâter la guérison naturelle » nous explique la dermatologue. La photothérapie est possible chez l’enfant dès lors qu’il peut se tenir debout sans toucher les parois de la machine, soit à partir de 6 ans environ.

Quels sont les traitements du psoriasis ?

Les traitements du psoriasis sont adaptés à son étendue, ses localisations et son impact psychologique. « La grande majorité des patients ne relèvent que d’un traitement local (crèmes à la cortisone, ndlr) car le psoriasis en France est le plus souvent léger, observe le Pr Viguier. Dans les formes plus sévères ou plus affichantes, on peut faire de la photothérapie en cabinet de dermatologie (traitement à base d’ultraviolets), prescrire des traitements immunosuppresseurs (pour diminuer la réponse du système immunitaire, ndlr) comme le méthotrexate ou la cyclosporine, ou des traitements qui régulent la prolifération des kératinocytes (cellules de l’épiderme qui aboutissent à la formation des squames et plaques épaisses) comme les rétinoïdes (Soriatane®) ». Les traitements ont beaucoup évolué et la maladie est de mieux en mieux prise en charge afin, toujours, de réduire son impact sur la qualité de vie des malades. « Nous avons un très riche panel thérapeutique et qui continue à s’enrichir, avec la possibilité de contrôler les symptômes de quasiment l’ensemble des patients » souligne la dermatologue. Parmi les traitements récents, la biothérapie ciblée sur les protéines de l’inflammation spécifiques au psoriasis. « Ces traitements se font en injections sous-cutanées avec un rythme variable en fonction de la molécule, de une fois par semaine à une fois toutes les 12 semaines. Ils sont réservés aux formes sévères ou affichantes » précise la spécialiste.

« Privilégier les huiles lavantes et utiliser des crèmes hydratantes quotidiennement »

Que faire si on a une poussée de psoriasis ?

Il est parfois (très) long d’obtenir un rendez-vous avec son dermatologue. Face à une nouvelle poussée de psoriasis, en attendant ce rendez-vous, on peut :

  • s’exposer (avec modération) au soleil : « Cela peut avoir une petite action, l’exposition aux UV est un des plus vieux traitements du psoriasis » rappelle la dermatologue.
  • mettre de la crème hydratante sur les plaques
  • limiter la consommation d’alcool et le tabac (qui aggravent le psoriasis)
  • prendre rendez-vous avec son médecin généraliste (il est souvent plus rapidement disponible et peut renouveler un traitement antérieur, comme les crèmes à base de cortisone)

Quels produits appliquer sur sa peau quand on fait du psoriasis ?

Outre les traitements prescrits par le médecin traitant ou le dermatologue, il est important d’avoir une bonne routine de soins pour sa peau quand on est sujet au psoriasis. La règle d’or est l’hydratation, pour contrer les plaques sèches et réduire les démangeaisons. Sur les conseils du Pr Viguier « privilégier les huiles lavantes plus agréables et utiliser des crèmes hydratantes quotidiennement ». Contrairement à ce que l’on pourrait penser « le patient psoriasique peut utiliser des produits parfumés. Ce n’est pas la même problématique que l’eczéma (où ces produits sont déconseillés) car il n’y a pas de sur-risque d’allergie de contact » précise la dermatologue. Enfin, « il ne faut pas arracher les squames car cela traumatise la peau, favorise le renouvellement de l’épiderme et entretient la plaque« . Pour les mêmes raisons, il faut éviter de gratter les plaques de psoriasis. 

Peut-on guérir du psoriasis ?

« On ne peut pas guérir du psoriasis dans la mesure où on n’est pas capable de remplacer nos gènes. Le psoriasis étant une maladie polygénique, il n’est pas lié à la mutation d’un seul gène. En revanche, on est capable de contrôler l’expression de la maladie pour la rendre quasiment non visible grâce à l’arsenal thérapeutique disponible aujourd’hui » répond le Pr Viguier. 

Merci au Pr Manuelle Viguier, Chef du service Dermatologie-Vénéréologie à l’hôpital Robert Debré.


Source : JDF Santé

Ostéophytose : genou, hanche, lombaire, cervicale, symptômes

Ostéophytose : genou, hanche, lombaire, cervicale, symptômes

L’ostéophytose est une maladie osseuse et articulaire caractérisée par l’apparition sur le patient d’excroissances osseuses (ostéophytes ou becs de perroquet) au niveau des hanches, des genoux, des doigts, des lombaires, des cervicales… Elle est souvent observée chez les patients qui ont de l’arthrose, une maladie rhumatologique qui touche 10 millions de Français (8 personnes sur 10 ont de l’arthrose après 70 ans).  Quelles sont les causes d’une ostéophytose ? Quels sont les traitements ? Est-ce que ça s’opère ?

Définition : qu’est-ce que l’ostéophytose ?

L’ostéophytose désigne la présence d’un ou de plusieurs ostéophytes (également appelés « becs de perroquet« ) qui se forment au niveau des extrémités osseuses, particulièrement en cas d’arthrose. « L’ostéophytose intervient à des stades évolués de l’arthrose, et les excroissances osseuses sont parfois incriminées dans les douleurs articulaires ou une gêne à certains mouvements » explique le Professeur Cédric Barrey, chef du service de chirurgie du rachis et de la moelle épinière aux Hospices civiles de Lyon. Néanmoins, il est souvent difficile de discerner les symptômes générés par l’arthrose en soi, ou les ostéophytes.

Où se situent les becs de perroquet ?

Toutes les articulations du corps peuvent être touchées par un ostéophyte. Mais généralement, on les retrouve généralement au niveau des genoux, des hanches, de la colonne vertébrale, en particulier au niveau des vertèbres lombaires (ostéophytose lombaire) et cervicales (ostéophytose cervicale), et sur les doigts. 

C’est quoi une ostéophytose lombaire ?

On parle d’ostéophytose lombaire quand les ostéophytes ou becs de perroquet sont au niveau des vertèbres lombaires.

C’est quoi une ostéophytose cervicale ?

On parle d’ostéophytose cervicale quand les ostéophytes ou becs de perroquet sont au niveau des vertèbres cervicales.

C’est quoi une ostéophytose marginale ?

Lorsqu’ils touchent la partie externe d’une articulation, on parle alors d’une ostéophytose marginale. Elle survient quasiment exclusivement dans le cadre de l’évolution de l’arthrose. « Dans la coxarthrose, arthrose de l’articulation de la hanche, l’ostéophytose marginale est fréquente et se localise soit en regard des parties extérieures du cotyle, partie du bassin où s’insère la tête fémorale, soit au niveau de la base de la tête du fémur, à la jonction avec le col fémoral », détaille notre interlocuteur.

Quels sont les symptômes d’un bec de perroquet ? Douloureux ?

Le bec de perroquet n’est pas douloureux en lui-même. Il correspond seulement à un mécanisme réactionnel de l’os pour soulager une pression trop importante sur l’articulation. En revanche, il témoigne d’une maladie articulaire (arthrose par exemple) qui elle s’accompagne souvent de douleurs parfois très importantes et invalidantes, comme des douleurs au genou (ou gonalgie) ou des douleurs lombaires (ou lombalgie). « En fonction de sa taille et de sa localisation, le bec de perroquet peut entraîner une gêne fonctionnelle, marquée par une raideur articulaire », ajoute le Professeur. Mais il reste cependant difficile de distinguer les symptômes spécifiquement liés à l’arthrose de ceux spécifiquement liés à l’ostéophytose. Par ailleurs, au niveau des articulations de la colonne vertébrale, la formation des becs de perroquet peut entraîner une réduction de l’espace du canal vertébral contenant la moelle épinière et les racines nerveuses. Les ostéophytes peuvent parfois comprimer les racines nerveuses issues de la moelle épinière et provoquer des symptômes caractéristiques :

  • Des faiblesses musculaires ;
  • Des paresthésies (sensations anormales faisant penser à des fourmillements) ;
  • Des douleurs neurologiques (sciatique ou cruralgie au membre inférieur et névralgie cervico-brachiale au membre supérieur).

Quelles sont les causes d’une ostéophytose ?

► L’ostéophytose est due à l’arthrose. Son développement est très souvent lié à la faiblesse du squelette et des articulations. Chez les personnes âgées, le risque de développer cette maladie augmente considérablement. Le risque est également élevé chez les personnes présentant une prédisposition génétique aux maladies rhumatismales.

► Le surpoids est également en cause. « Les dégénérescences progressent à travers une contrainte articulaire permanente avec une masse corporelle accrue », rappelle le spécialiste.

► Un mode de vie sédentaire et une mauvaise hygiène de sommeil peuvent également contribuer à des modifications des os.

► Un matelas trop mou ou trop épais peut notamment provoquer cette pathologie.

► L’ostéophytose survient très souvent chez les athlètes exposés à des blessures aux os et aux articulations. Les personnes pratiquant des disciplines sportives telles que le tennis ou la course à pied sont plus susceptibles de présenter diverses dégénérescences ostéoarticulaires.

Quels examens pour poser le diagnostic d’une ostéophytose ?

Une radiographie de la ou les articulation(s) permet le diagnostic. Une IRM, un scanner, une scintigraphie peuvent être réalisés en complément. Le diagnostic électronique est également une méthode de diagnostic. Il est basé sur l’utilisation de dictaphones graphiques et de capteurs pour évaluer la conductivité et les dommages infligés aux nerfs. En plus de l’électro-neurographie, une électromyographie peut être réalisée. Le premier examen évalue l’état du nerf, tandis que le second estime l’activité des fibres musculaires.

Quelles sont les complications d’une ostéophytose ?

Les ostéophytes localisés à l’avant de la colonne cervicale peuvent progresser vers le pharynx et l’œsophage, ce qui peut provoquer des symptômes de dysphagie, un dysfonctionnement de l’épiglotte et une apnée du sommeil.  Les ostéophytes situés à l’arrière de la colonne cervicale peuvent exercer une pression sur la moelle épinière et l’artère cervicale, ce qui peut perturber la circulation sanguine dans le cou et la tête. Cette situation peut s’accompagner de vertiges et d’une perte de conscience lors des mouvements brusques. « En cas de compression de la moelle épinière (on parle de myélopathie), le patient peut présenter des fourmillements au niveau des mains, un manque de force dans les bras ou les jambes, des difficultés pour marcher et/ou des troubles urinaires », complète le médecin.

Quand consulter ?

Dès les premières douleurs, il convient de consulter son médecin traitant. Il effectuera les examens nécessaires pour évaluer l’état du patient. La palpation ne révélera que les ostéophytes volumineux. Pour détecter ceux en cours de croissance, d’autres examens seront nécessaires. Il peut également orienter le patient vers un rhumatologue, le médecin spécialiste de la douleur, des maladies des os, des articulations, des muscles et tendons.

Quel traitement pour soigner une ostéophytose ?

► Le traitement des ostéophytes est celui de l’arthrose. Il consiste à soulager les douleurs avec des antalgiques et des anti-inflammatoires non stéroïdiens, des infiltrations de corticoïdes. 

► Si la douleur ne s’apaise pas et que les muscles souffrent de crampes, des relaxants musculaires peuvent utilisés. Des complexes de vitamines et de minéraux contenant des vitamines B peuvent être également utilisés.

► Des traitements naturels ont une efficacité reconnue pour soulager les douleurs de l’arthrose et ralentir son évolution. Ainsi, le sulfate de glucosamine a une influence positive sur l’évolution de l’arthrose et une efficacité sur la diminution de la douleur. Les acides gras oméga-3 permettent aussi de réduire l’inflammation et la douleur. 

► Les patients peuvent aussi avoir recours à la physiothérapie, un groupe de traitements qui comprend la thérapie laser à haute intensité (HILT) qui peut bloquer la douleur et atteindre les tissus profonds et la thérapie par ondes de choc (UHT), basée sur l’utilisation d’ondes acoustiques ou d’ondes choc à basses fréquences. Cette méthode éprouvée est efficace chez la plupart des patients. 90% des personnes interrogées ont déclaré se sentir mieux après le traitement UHT.

Est-ce que les ostéophytes s’opèrent ?

Lorsque les ostéophytes gênent la mobilité ou entraînent des compressions nerveuses ou encore que la douleur n’est pas suffisamment soulagée avec le traitement médical, ils peuvent être retirés de manière chirurgicale.  » Le geste chirurgical consiste à retirer en totalité les excroissances osseuses et parfois à remplacer l’articulation arthrosique par une prothèse (prothèse de hanche ou prothèse de genou par exemple) et même parfois à bloquer l’articulation usée (arthrodèse lombaire ou arthrodèse cervicale par exemple, opérations très fréquentes au niveau du dos) « , conclut le Pr Barrey. Cependant, il existe un risque important de récidive des ostéophytes, qui peuvent se reformer progressivement après l’opération.

Merci au Pr Cédric Barrey, chef du service de chirurgie du rachis et de la moelle épinière, aux Hospices Civils de Lyon.


Source : JDF Santé