5 Avr 2023 | JDF Santé
L’insuffisance rénale est une pathologie en augmentation en France. Elle va de pair avec l’accroissement des maladies rénales qui peuvent être dues à un diabète, une hypertension artérielle ou une maladie congénitale. La transplantation rénale est un des traitements possibles. Plusieurs questions se posent alors : qui peut faire un don de rein ? Comment cette intervention se passe-t-elle ? Quelles sont les conséquences pour le donneur ?
Qui peut faire un don de rein ?
Le don de rein est possible en France pour tous les adultes majeurs vivant et en bonne santé, c’est-à-dire les parents et toute la famille d’un malade : mère, père, frères et/ou sœurs, conjoints, cousins, cousines… : « En effet, le don de rein a été élargi à toute personne apportant la preuve d’un lien amical d’au moins deux ans avec le receveur. Ainsi, beaucoup de personnes peuvent être de potentiels donneurs« , ajoute le Pr Christophe Legendre, néphrologue. Sur l’année 2022, il y a eu ainsi 170 greffes à l’hôpital Necker dont 40 greffes de donneurs vivants. « Cette année n’est pas très représentative du fait de l’après-Covid, on est en général autour de 60 greffes de donneurs vivants« , note-t-il.
Quelles sont les contre-indications au don de rein ?
Les contre-indications au don de rein sont de plusieurs ordres :
► la principale est un problème d’incompatibilité HLA (carte génétique de chaque individu) : « l’équipe médicale va s’assurer que le receveur n’est pas développé d’anticorps dirigé contre le donneur, ce qui empêcherait la transplantation« .
► une fonction rénale insuffisante pour être diviser en deux : « plus le donneur est âgé (en général, les parents qui ont entre 70-75 ans), plus cette situation peut se présenter. On ne peut pas être sûr dans ce cas qu’en enlevant un rein, le deuxième puisse prendre le relais. C’est un risque potentiel pour le donneur » ;
► une maladie chronique comme un diabète
► ou la découverte d’un cancer.
Aujourd’hui, la compatibilité entre les groupes sanguins ABO n’est plus obligatoire : « on peut réaliser des greffes ABO incompatibles. On doit avoir la même attitude pour les dons de rein que pour les dons de sang. On a en effet les moyens d’enlever les anticorps qui sont gênants pour la réalisation de la transplantation », précise le Pr Legendre.
Quels sont les examens à faire pour donner un rein ?
Le candidat au don de rein va faire l’objet d’un bilan médical complet avec des examens cliniques, radiologiques et biologiques pour s’assurer de la compatibilité entre le donneur et le receveur, et de la bonne santé du rein du donneur. Le bilan va comporter des analyses de sang pour la compatibilité. La fonction du rein va aussi être mesurée en hôpital de jour. « On va également regarder s’il n’existe pas d’anomalies cardiaques par une échographie du cœur« . Pour que les chirurgiens puissent voir la conformation des artères et des veines, un scanner abdomino-pelvien avec injection de produit de contraste va aussi être réalisé pour disposer d’une imagerie de bonne qualité. aspect de la fonction des reins.
Faut-il être compatible avec le receveur ?
« Le mieux est d’être compatible, c’est pourquoi le don au sein des familles est encouragé, puisque le père et la mère donnent la moitié de leurs gènes à leurs enfants, ainsi les profils HLA peuvent être identiques et le risque de rejet de la transplantation est très, très faible« , insiste le Pr Legendre. Le cercle familial est donc fortement compatible pour le don d’un rein. La compatibilité est importante mais on essaie aussi d’éviter l’incompatibilité en s’intéressant aux anticorps et à la possibilité de les retirer et de faire que la transplantation soit envisageable. « Pour résumé, le don se fait au sein de la famille avec la paire compatible et en dehors de la famille avec la paire qui n’est pas incompatible ».
Peut-on donner un rein si on a fumé ?
Le tabagisme n’est pas une contre-indication au don de rein, c’est plutôt son retentissement. « On essaie de sensibiliser les personnes à l’arrêt du tabac, mais tant que le tabagisme n’a pas induit de lésions pulmonaires et de lésions vasculaires, le don peut être envisageable« , souligne-t-il.
Quel est l’âge limite pour donner son rein ?
L’âge limite est relative au vieillissement de la fonction rénale et au risque que peut causer le don. « On ne dispose pas de suffisamment de données pour affirmer les risques liés à ce type d’intervention pour un patient de 75 ans donneur d’un rein que ce soit de faire un infarctus ou de décéder après ».
Le don de rein est pris en charge par l’hôpital
Le parcours du donneur est jalonné de démarches : l’information sur les risques et les conséquences éventuelles du prélèvement délivrée par l’équipe médico-chirurgicale, l’expression de son consentement devant un magistrat et la convocation du donneur par le comité donneur vivant qui autorise ou non le prélèvement. Une fois que les examens sont corrects et les conditions remplies, l’intervention est réalisée en cœlioscopie et consiste à prélever un des deux reins. Le chirurgien va introduire au niveau de l’abdomen les instruments et une caméra par le biais de tuyaux. Un gaz est alors insufflé pour que les différents organes de la cavité abdominale se séparent les uns des autres pour enlever tout ce qui retient le rein dans le rétropéritoine. Le rein ainsi séparé des autres organes va être glissé le long du flanc à l’intérieur de l’abdomen pour ressortir par une petite cicatrice (8-10 cm) située au-dessus du pli de l’aine. Dans quelques cas, le rein sera sorti par l’ombilic ou par voie vaginale.
Quelles sont les conséquences d’un don de rein pour le donneur ?
Les conséquences à court terme, après l’intervention, sont la douleur qui sera prise en charge du fait du geste chirurgical et une fatigue pendant 1-1,5 mois. La phlébite est aussi un risque post-opératoire qui sera contrôlée tout au long de l’hospitalisation (qui dure 7 jours). Le donneur va garder un seul rein et ce dernier va grossir un peu pour prendre la place disponible. Le donneur pourra vivre de la même manière qu’avant le don de son rein : « le donneur, qui n’est pas malade, va retrouver la forme qu’il avait avant l’intervention et globalement, il n’y a pas de traitement, de régime, d’interdits. Il aura juste une cicatrice en plus« , ajoute-t-il. Il existe en France un registre national des donneurs vivants qui assure le suivi : « Tous les ans, à la date « anniversaire » de la néphrectomie, une ordonnance est transmise au donneur pour faire des examens sanguins et urinaires afin de vérifier que son rein fonctionne. Sa pression artérielle est également vérifiée, afin de la traiter si jamais elle n’était pas normale« .
Est-ce gratuit de donner son rein ? Quel coût sinon ?
Le don de rein est pris en charge par l’hôpital où est réalisé l’intervention. Le coût médical d’une greffe rénale en France s’élèverait à 80 000 euros l’année de la greffe, puis 20 000 euros par an. A ces coûts viennent s’ajouter ceux des étapes préalables à la transplantation, notamment la recherche d’un donneur, le prélèvement de l’organe, ou encore la gestion de la liste nationale d’attente. Une étude parue en 2014 dans Néphrologie & Thérapeutique montre que les montants facturés en sus de la transplantation s’élèvent de 13 835,44 à 20 050,67 euros pour un donneur décédé et à 13 601,66 euros pour un donneur vivant.
Merci au Pr Christophe Legendre, néphrologue au Service de Néphrologie-transplantation rénale adultes, hôpital Necker-Enfants Malades, Paris.
Source : JDF Santé
5 Avr 2023 | JDF Santé
Mydriaticum®, Skiacol®… Des effets indésirables graves, parfois mortels, sont observés lors de l’utilisation de collyres mydriatiques chez les enfants, surtout les nouveau-nés, nourrissons et prématurés, alerte l’Agence du médicament (ANSM) dans un communiqué du 5 avril 2023. En cause, le passage de ces gouttes ophtalmiques dans le sang et l’atteinte des systèmes digestifs, cardiovasculaires et/ou nerveux central. Les gouttes ophtalmiques servent à dilater la pupille (mydriase) lors d’un fond d’œil ou à mettre au repos l’œil pour mesurer la réfraction.
Quels sont les effets secondaires des collyres mydriatiques chez l’enfant ?
Les effets indésirables peuvent être différents selon le type de collyre. Ils surviennent généralement dans un délai de 20 à 30 minutes après l’administration et les symptômes sont transitoires, s’améliorant en 4 à 6 heures mais pouvant durer jusqu’à 12 à 24 heures.
► Effets non graves : après l’examen, la dilatation de l’œil peut persister plusieurs heures et l’enfant peut présenter une rougeur sur le visage et une sécheresse au niveau de la bouche.
► Effets graves : troubles neurologiques, cardiovasculaires et digestifs suite au passage des gouttes dans le sang (le plus souvent lorsque plusieurs collyres mydriatiques sont administrés successivement). Consulter immédiatement un médecin en cas d’apparition de ces symptômes :
- Fièvre brutale et élevée (rarement sévère sauf en cas de surdosage : dans ce cas, consultez immédiatement le médecin de l’enfant) ;
- Changement dans le comportement de l’enfant : agitation, hyperexcitabilité ou somnolence brutale, et plus rarement, hallucinations ;
- Confusion, perte de mémoire pouvant se manifester chez l’enfant par des difficultés d’apprentissage ou des troubles de l’attention ;
- Maux de tête, vertiges, troubles de l’équilibre, et plus rarement, convulsions ;
- Rythme cardiaque rapide ou pression artérielle élevée ;
- Troubles digestifs (gonflement au niveau de l’abdomen, perte de mouvement des muscles de l’intestin (iléus), blocage partiel ou total de l’intestin (occlusion) chez le nouveau-né et le prématuré).
Que faire en cas de surdosage ?
Si l’enfant présente des signes de surdosage après ingestion accidentelle ou administration répétées du collyre (rythme cardiaque rapide, épisodes de spasmes et perte de conscience (convulsions), perte de coordination, signes de dépression respiratoire tels qu’une respiration trop lente et superficielle…) :
- Rincez l’œil ou les deux yeux à l’eau tiède
- Consultez immédiatement le médecin de l’enfant ou votre pharmacien ou contactez le centre antipoison de votre département. Si la situation de votre enfant le demande, vous serez orienté(e) vers un service d’urgence.
- Dans un second temps, il est également possible de déclarer les effets indésirables directement via le système national de déclaration
Quelle est la liste des collyres mydriatiques vendus en France ?
En France, il existe deux types de collyres mydriatiques qui sont utilisés chez les enfants :
- Les collyres anticholinergiques : les antimuscariniques avec l’atropine, le cyclopentolate (Skiacol®) et le tropicamide (Mydriaticum®)
- Les collyres alpha-mimétiques de type 1 avec la phényléphrine (Néosynéphrine®).
Quelles précautions prendre pour éviter les risques ?
L’Agence du Médicament recommande, pour éviter ces effets indésirables et prévenir le risque de surdosage (accidentel ou par administration répétée) de :
- Ne pas laisser les collyres à portée des enfants pour éviter tout risque d’ingestion accidentelle (un flacon peut être confondu avec un petit biberon…)
- Vérifier les règles de conservation indiquées dans la notice : certains collyres doivent être conservés au réfrigérateur. En cas de doute, demandez à votre médecin ou à votre pharmacien
- Penser à noter la date d’ouverture sur le flacon ou l’emballage
- Respecter scrupuleusement les modalités d’administration du collyre et la posologie adaptée à l’âge de l’enfant, ainsi que les intervalles de temps entre chaque collyre indiqués dans l’ordonnance. En cas de doute, demandez à votre médecin ou à votre pharmacien
- Après l’administration du collyre, appuyer sur l’angle interne de l’œil de l’enfant pendant 1 à 2 minutes et essuyez la joue de l’enfant. Ceci permet d’éviter toute ingestion ou absorption par contact avec la peau et de limiter ainsi le passage du produit dans la circulation sanguine
- Après lui avoir mis les gouttes de collyre, surveiller attentivement votre enfant pendant 30 minutes
Sont-ils disponibles avec ou sans ordonnance ?
Mydriaticum® et Skiakol® sont disponibles sur ordonnance (Liste I). Néosynéphrine® est disponible sans ordonnance.
Source : Comment limiter la survenue des effets indésirables des collyres mydriatiques chez les enfants ? ANSM, 5 avril 2023
Source : JDF Santé
5 Avr 2023 | JDF Santé
Dans 70 à 80 % des cas, la désensibilisation permet de diminuer nettement les symptômes de l’allergie. Celle-ci est réalisée par injection sous-cutanée sous contrôle médical ou par prise sublinguale, selon les résultats du bilan allergologique. Quelles allergies ? Les pollens ? Les acariens ? Les allergies alimentaires (cacahuète, fruits…) ? Poils de chats, de chiens ? Comment ça se passe concrètement ?
Quelle est la définition d’une désensibilisation à une allergie ?
La désensibilisation est une méthode de traitement des allergies qui consiste à réhabituer l’organisme à tolérer l’allergène mis en cause. « Cela se fait après une phase initiale d’administration de doses croissantes d’allergènes purifiés, jusqu’à obtention de la dose maximale efficace qui permettra cette induction de tolérance pour obtenir à terme une réduction voire une disparition de la sensibilisation à l’allergène, explique le Dr Eric Thomas, allergologue cutané. L’allergique présentera alors des symptômes nettement réduits voire disparus en présence du ou des allergènes auxquels il est sensible« .
Pour quelles allergies peut-on être désensibilisé ?
Toutes les allergies ne peuvent éligibles à la désensibilisation. Ce traitement ne peut être proposé que dans le cas :
- Des allergies aux pollens (arbres, graminées, herbacées)
- Des allergies aux acariens (domestiques, agricoles)
- Des allergies aux moisissures
- Des allergies à certains animaux (chat, chien) et aux venins d’hyménoptères (guêpes, abeille).
Plusieurs allergènes peuvent être employés lors d’une désensibilisation. Certains allergènes alimentaires invalidantes (lait, arachide, fruits à coque) peuvent également être traités mais les résultats sont inconstants.
Pour se désensibiliser d’une allergie aux pollens ?
La désensibilisation (ou immunothérapie spécifique) peut être indiquée pour les allergies aux pollens. Elle consiste à administrer, pendant plusieurs années, des extraits d’allergènes (en l’occurrence des extraits du ou des pollen(s) auxquels vous réagissez) à doses progressives, de façon à stimuler le système immunitaire et à rendre la personne tolérante à la substance. Cela permet de rétablir durablement une réaction normale de l’organisme lorsqu’il au contact du pollen allergisant et donc l’absence de symptômes. La désensibilisation est possible chez l’adulte et chez l’enfant à partir de 5 ans et peut être proposé aux patients :
- Si on a identifié (avec des tests cutanés et un bilan sanguin) le ou les pollens en cause.
- Si les symptômes restent gênants malgré la prise des traitements symptomatiques.
- Si vous êtes dans cette situation, vous pouvez prendre rendez-vous chez l’allergologue pour déterminer l’utilité de ce type de traitement pour vous ou pour votre enfant.
Pour se désensibiliser d’une allergie aux acariens ?
L’immunothérapie spécifique (désensibilisation) aurait fait ses preuves depuis de nombreuses années indique un article de La Revue médicale Suisse. L’immunothérapie spécifique sous-cutanée (SCIT) par des extraits d’acariens est le seul traitement qui puisse guérir une rhinite ou un asthme allergique aux acariens. Elle permet chez les enfants monosensibilisés de limiter le développement de nouvelles sensibilisations à d’autres aéroallergènes. Finalement, elle peut prévenir l’aggravation des symptômes comme l’apparition d’un asthme chez un patient atteint uniquement de rhinite. L’immunothérapie sublinguale (SLIT) pourrait aussi être efficace, même si les résultats des études sont contradictoires (l’efficacité de la désensibilisation dépend du taux d’allergènes administré).
La désensibilisation s’étale sur une durée de 3 à 5 ans. Il existe deux modes d’administration différents :
► La voie sublinguale (désensibilisation sous la langue) : cette méthode, utilisée désormais dans plus de 8 cas sur 10, consiste à déposer quelques gouttes ou comprimés sous la langue puis à les laisser fondre pendant deux minutes sans avaler. Le traitement se prend périodiquement à domicile selon un protocole prescrit par l’allergologue, selon la tolérance du patient au traitement.
► Les injections (désensibilisation sous forme d’injections) : méthode la plus connue et la plus ancienne, la désensibilisation sous forme d’injections consiste à injecter de l’extrait allergénique dans le haut du bras avec des seringues et de fines aiguilles. L’injection se fait à rythme mensuel en moyenne. « Elle doit être réalisée par un médecin ou par une infirmière sous surveillance médicale, précise le Dr Thomas. Actuellement en France cette forme d’administration est limitée aux venins d’hyménoptères (guêpes, abeille)« .
Qui consulter pour faire une désensibilisation ?
L’allergologue est l’interlocuteur incontournable pour le choix et le suivi.
Quelle est l’efficacité d’une désensibilisation ?
Dans 70 à 80 % des cas, la désensibilisation permet de diminuer nettement les symptômes de l’allergie. « De nombreuses études ont démontré l’effet préventif d’apparition d’un asthme ainsi que la prévention de sensibilisations secondaires à d’autres allergènes« , ajoute notre expert.
Combien de temps durent les effets d’une désensibilisation ?
S’il varie d’une personne à l’autre, il est constaté un effet bénéfique à long terme du traitement. Il arrive que des cures de rappel saisonnières soient indiquées sur quelques années, si les symptômes reviennent persistants sur des périodes prolongées.
Quels sont les dangers et les effets secondaires d’une désensibilisation ?
Une intolérance bucco-pharyngée (démangeaisons buccales, linguale, pharyngée) voire un gonflement labial peut s’observer, devant laquelle une adaptation de dose peut être proposée. Des épisodes de toux, rechute de rhinite voire asthme ou urticaire sont exceptionnels. « A ce jour, aucune réaction sévère documentée n’a été observée. De nombreuses études ont montré en général une tolérance des vaccins allergéniques chez une majorité de patients« , précise l’allergologue.
Chez qui la désensibilisation est contre-indiquée ?
Une désensibilisation n’est en principe pas proposée :
- en cas de maladies auto-immunes ou de cancers (selon un principe de précaution),
- chez les enfants de moins de 5 ans (la prise correcte n’est pas garantie).
- elle sera interrompue en cas de mauvaise tolérance après plusieurs essais par le patient (souvent corrélée à une inefficacité), en cas d’inefficacité au bout d’1 an de traitement, et également en cas d’inobservance régulière (qui ne peut pas garantir l’efficacité). Dans ces 3 situations la voie injectable pourrait être une alternative.
Merci au Dr Eric Thomas, allergologue cutané au DermoMedicalCenter.
Source : JDF Santé
5 Avr 2023 | JDF Santé
Plusieurs médicaments existent pour prendre en charge les symptômes de l’allergie. Certains par voie orale sous forme de comprimés, d’autres en pulvérisation nasale (goutte dans le nez), en collyre (dans les yeux), sur la peau (en pommade), en stylos auto-injecteurs (adrénaline) ou encore en homéopathie. Il existe des médicaments sur ordonnance et sans ordonnance. Plusieurs traitements induisent une somnolence et doivent donc être pris avec prudence. D’autres sont interdits avant l’âge de 6 ans. Il faut toujours être prudent avec les médicaments de l’allergie. Liste et conseils pour soigner son allergie.
Quels sont les médicaments de l’allergie vendus sans ordonnance ?
Les médicaments de l’allergie procurables en pharmacie sans ordonnance sont les suivants :
- Des médicaments à base de cétirizine : Alairgix allergie®, Drill allergie cétirizine®, Humex allergie cétirizine®, Reactine®, Zyrtecsec®, les formes conseil de la cétirizine.
- Des médicaments à base de loratadine : Humex allergie loratadine®, les formes conseil de la loratadine.
- Des médicaments homéopathiques : Rhinallergy®, Lergypax®, Prélinium®.
- Polaramine® en comprimés
- Periactine®
- Certains collyres anti allergiques : Allergiflash®, Allergocomod®, Cromabak®, Cromadoses®, Cromedil®, Cromofree®, Cromoptic®, Humex 2 % collyre®, Levofree® (flacon), Levophta®, Multicrom® 2 %, Naabak®, Naaxia®, Ophtacalm®, Ophtacalmfree®, Opticron®.
- Certaines solutions pour pulvérisation nasale : Alairgix®, Cromorhinol®, Humex rhume des foins®.
Quels médicaments prendre en cas d’allergie respiratoire ?
L’allergie respiratoire se manifeste sous la forme d’asthme allergique ou de rhinite allergique causés par des allergènes tels que les acariens et les pollens. Les médicaments indiqués dans l’asthme allergique sont les corticoïdes inhalés en traitement de fond et les bronchodilatateurs de courte durée d’action en traitement de crise (Ventoline®, Bricanyl®) pour soulager les symptômes respiratoires. Les antihistaminiques par voie orale sont utilisés pour traiter l’allergie. Par ailleurs, en cas d’asthme allergique sévère, l’anticorps monoclonal injectable Xolair® sera prescrit. Les médicaments de la rhinite allergique sont identiques à ceux utilisés dans le traitement de l’allergie aux pollens ou de l’allergie aux acariens en fonction de l’allergène mis en cause.
Quels sont les médicaments qui soignent l’allergie aux pollens ?
L’allergie aux pollens également appelée « allergie saisonnière » se manifeste principalement par une rhinite et une conjonctivite. Pour la traiter, plusieurs médicaments sont disponibles :
- les antihistaminiques par voie orale pour traiter l’allergie : Aerius® (desloratadine) et génériques, Bilaska®, les spécialités à base de cétirizine, Wystamm® (rupatadine) et génériques, les spécialités à base de loratadine, Kestin® (ebastine) et génériques, Inorial®, Xyzall® (lévocétirizine) et génériques, Mizollen®, Telfast® 120 mg, Periactine®, Polaramine®, Primalan® et Zaditen®.
- les extraits de pollens permettant de désensibiliser la personne allergique : Grazax® et Oralair® (pour les graminées), Itulazax® (pour le bouleau).
- les collyres anti allergiques pour soulager la conjonctivite : Allergiflash®, Levofree®, Levophta®, Allergocomod®, Cromabak®, Cromadoses®, Cromedil®, Cromofree®, Cromoptic®, Humex 2 % collyre®, Multicrom® 2 %, Ophtacalm®, Ophtacalmfree®, Opticron®, Naabak®, Naaxia®, Allergodil®, Ketazed®, Monoketo®, Zagrapa, Zalerg®, Opatanol® et Purivist®.
- les solutions nasales pour soulager la rhinite : Alairgix®, Cromorhinol®, Allergodil®, Alonest®, Atrovent®, Nasonex® (mométasone) et génériques, Avamys®, Fixorinox®, Flixonase®, Beconase®, Rhinomaxil®, Rinoclénil®, Humex rhume des foins®, Nasacort®, Pivalone® (tixocortol) et génériques, Dymista®.
- les médicaments homéopathiques : Lergypax®, Rhinallergy® et Prélinium®.
Quels sont les médicaments qui soignent une allergie aux acariens ?
L’allergie aux acariens également appelée « allergie perannuelle » se manifeste principalement par une rhinite et une conjonctivite. Plusieurs médicaments sont disponibles pour la prendre en charge :
- les antihistaminiques par voie orale pour traiter l’allergie : Aerius® (desloratadine) et génériques, Bilaska®, spécialités à base de cétirizine (ex : Reactine®, Humex allergie®), Wystamm® (rupatadine) et génériques, spécialités à base de loratadine (ex : Humex allergie®), Kestin® (ebastine) et génériques, Inorial®, Xyzall® (lévocétirizine) et génériques, Mizollen®, Periactine®, Polaramine®, Primalan® et Zaditen®.
- les extraits d’acariens permettant de désensibiliser la personne allergique : Acarizax®, Orylmyte®.
- Lergypax® (médicament homéopathique).
- les collyres anti allergiques pour soulager la conjonctivite : Allergiflash®, Levofree®, Levophta®, Allergocomod®, Cromabak®, Cromadoses®, Cromedil®, Cromofree®, Cromoptic®, Humex 2 % collyre®, Multicrom® 2 %, Ophtacalm®, Ophtacalmfree®, Opticron®, Naabak®, Naaxia®, Allergodil®.
- les solutions nasales pour soulager la rhinite : Alairgix®, Cromorhinol®, Allergodil®, Alonest®, Atrovent®, Nasonex® (mométasone) et génériques, Avamys®, Flixonase®, Beconase®, Rhinomaxil®, Rinoclénil®, Nasacort®, Pivalone® (tixocortol) et génériques, Dymista®.
Quels sont les médicaments qui soignent une allergie cutanée (eczéma, urticaire) ?
L’allergie cutanée se manifeste par une urticaire et un eczéma. Les médicaments commercialisés pour traiter cette allergie sont :
- les antihistaminiques oraux qui traitent l’urticaire : Aerius® (desloratadine) et génériques, Bilaska®, Kestin® (ebastine) et génériques, Inorial®, Xyzall® (lévocétirizine) et génériques, Mizollen®, Periactine®, Polaramine®, Primalan®, Wystamm® (rupatadine) et génériques.
- les antihistaminiques injectables qui traitent l’urticaire : Phenergan® et Polaramine®.
- les antihistaminiques qui traitent les démangeaisons : Atarax® (hydroxyzine) et ses génériques
- les traitements locaux (crème, pommade) à base de cortisone pour traiter l’eczéma de contact qui se caractérise par une inflammation cutanée, déclenchée par contact d’un allergène avec la peau : Betneval®, Diprosone®, Efficort®, Epitopic®, Flixovate®, Locapred®, Locatop®, Locoid®, Nerisone®, Tridesonit®.
Quels sont les médicaments de l’allergie alimentaire ?
En cas de réaction allergique alimentaire grave, le traitement d’urgence repose sur l’injection d’adrénaline avec un stylo auto-injecteur comme Anapen®, Epipen®, Emerade® ou Jext®. Les symptômes allergiques modérés peuvent être traités avec des antihistaminiques oraux (ex : cétirizine, loratadine, desloratadine, etc.).
10 précautions à suivre si on prend un médicament anti allergie
- Quelle que soit sa forme, un médicament anti allergique ne doit jamais être administré en cas d’allergie connue à l’un de ses composants.
- Les médicaments présentés sous forme de comprimés sont contre-indiqués chez l’enfant de moins de 6 ans.
- Certains antihistaminiques oraux (Atarax®, Periactine®, Polaramine®, Primalan®) induisent une somnolence à prendre en compte chez les personnes amenées à conduire un véhicule ou à utiliser une machine. De plus, ils sont contre-indiqués en cas de risque de glaucome à angle fermé et de rétention urinaire.
- Les comprimés sublinguaux renfermant des extraits d’allergènes doivent être placés sous la langue puis avalés après dissolution complète. La première administration est à réaliser sous surveillance médicale durant 30 minutes.
- Toute prise de boissons ou d’aliments est à proscrire dans les 5 minutes suivant l’ingestion du médicament.
- L’auto-administration d’adrénaline s’effectue au niveau de la face antéro-latérale de la cuisse par voie intra-musculaire, et non dans le muscle fessier. Une injection dans une veine pourrait causer une hémorragie cérébrale.
- Le médicament Xolair® doit être conservé au réfrigérateur et son administration s’effectue uniquement par voie sous-cutanée.
- En ce qui concerne les collyres anti allergiques, ils peuvent entraîner une gêne visuelle passagère. La conduite d’un véhicule ou l’utilisation d’une machine doit alors être différée jusqu’à la récupération d’une vision normale. En cas de suspicion d’allergie à un collyre se manifestant par des rougeurs et des brûlures, il est recommandé de le remplacer par un collyre dépourvu de conservateur.
- L’utilisation d’une solution nasale à base de corticoïdes (Pivalone®, Nasacort®, Rhinomaxil®, etc.) est contre-indiquée en cas de saignement du nez ou d’infection virale localisée au niveau de la bouche, du nez ou des yeux.
- Les crèmes ou les pommades à base de cortisone ne doivent pas être employées en cas d’infections bactériennes ou virales et sur des lésions d’acné. Une application en fine couche est recommandée pour éviter un amincissement de la peau. Jamais sur le long terme sans avis médical.
Sources :
– Base de données publique des médicaments
– ANSM
Source : JDF Santé
5 Avr 2023 | JDF Santé
Les tremblements sont, la plupart du temps, complètement anodins et provoqués par le froid, la peur, un manque de sucre (hypoglycémie) ou une fatigue, mais peuvent parfois être la manifestation d’une maladie chronique. Les causes sont variées et l’identification de l’origine d’un tremblement dépendra en premier lieu de son contexte d’apparition. Stress, fatigue, médicaments, maladies… Tour de 6 causes possibles d’un tremblement avec notre expert en neurologie.
1. Le froid
Lorsque l’on a froid aussi, le corps se met à trembler par réflexe. La contraction rapide des muscles permet de générer de la chaleur, destinée à contrer les effets du froid. Ce mécanisme a une efficacité modeste et limitée dans le temps, mais néanmoins réelle.
2. Un manque de sucre
Les tremblements peuvent être dus par exemple à un manque passager de sucre dans le sang (hypoglycémie).
3. La fièvre
La fièvre peut provoquer des tremblements. En cas de fièvre, c’est par une modification du « réglage » du thermostat central de l’organisme liée à la présence de médiateurs chimiques de l’inflammation, que le corps se met à monter en température. Les tremblements répondent ainsi à une demande physiologique d’augmenter la chaleur corporelle.
4. Le stress, la peur
« Le tremblement dit essentiel est un tremblement au maintien des attitudes ou un tremblement d’intention, d’une fréquence de 5-8 Hz, souvent avec une composante familiale et généralement amélioré par l’alcool mais aggravé par le stress » détaille le Docteur Michel Vandenheede, neurologue, qui évoque également le « tremblement physiologique accentué » qui ressemble au tremblement essentiel mais dont le mouvement est moins ample et la fréquence plus rapide. Il s’agit du tremblement survenant en cas de stress important (parler en public par exemple).
5. La prise de certains médicaments
« Les tremblements d’origine médicamenteuse sont des tremblements de repos ou des tremblements d’action« , rappelle La Revue Prescrire dans une synthèse sur les tremblements d’origine médicamenteuse. Les tremblements d’origine médicamenteuse sont généralement réversibles à l’arrêt du médicament ou à la diminution des doses. Mais pour certains médicaments, l’apparition de tremblements est parfois un signe de surdose, peut-on lire sur le site de la Société de Pneumologie de Langue Française (SPLF). Des tremblements essentiels peuvent aussi être secondaires à la prise de certains médicaments comme :
- Les psychotropes : les neuroleptiques utilisés comme antipsychotiques, les antidépresseurs, le lithium, l’acide valproïque, les anticholinestérasiques…
- Les substances sympathomimétiques dont les bronchodilatateurs bêta-2 stimulants
- Les médicaments de l’asthme ou de la BPCO
- Les médicaments du sevrage tabagique (la bupropione (ou l’amfébutamone), la varénicline)
6. La maladie de Parkinson
« Dans le cas de la maladie de Parkinson, les tremblements sont caractéristiques explique le médecin, il s’agit de tremblements de repos souvent asymétriques prédominant aux mains, de 4 à 7 Hz (cycle par seconde), épargnant la tête sauf parfois le menton », explique le Docteur Michel Vandenheede. Le reste de l’examen clinique démontre d’autres signes parkinsoniens confirmant le diagnostic (rigidité, lenteur, faciès figé etc.)
Quels examens en cas de tremblements ?
En dehors d’une prise de sang (thyroïde, glycémie etc.), le médecin précise que « très peu d’examens sont indispensables au diagnostic ». En cas de doute ou de non réponse aux traitements instaurés, un enregistrement électromyographique (aiguille piquée dans les muscles agonistes et antagonistes) peut être réalisé pour poser le diagnostic le plus précis possible.
Quel traitement pour réduire les tremblements ?
Le traitement dépendra de la cause des tremblements et donc du diagnostic. « S’il s’agit d’un tremblement physiologique accentué, on pourra par exemple prescrire un régime adapté en cas d’hypoglycémies répétées, majorer la tension artérielle, traiter une éventuelle hypothyroïdie, ou stopper le médicament ayant entraîné l’apparition du tremblement si cela est possible » conclut le Docteur Vandenheede.
Merci au Docteur Michel Vandenheede, neurologue.
Source : Site de la Société de Pneumologie de Langue Française (SPLF)
Source : JDF Santé
5 Avr 2023 | JDF Santé
Les selles (matières fécales) sont le résidu de la digestion, à savoir le résidu inutilisé par le corps des aliments ingérés, ajoutés aux débris des cellules intestinales (qui sont des cellules qui se renouvellent rapidement), le tout mélangé aux sucs digestifs, ce qui donne une certaine couleur aux selles. Quelle est la couleur normale des selles ? Des selles vertes, noires, orange ou blanches sont-ils synonymes de problème ? Lesquels ?
Quelle est la couleur normale des selles ?
Mais avant de parler des anomalies de couleur, il convient de dire pourquoi elles sont colorées. La couleur normale varie du marron au brun clair. Cette couleur est due à la dégradation de la bile (jaune, verte) libérée par le foie via les voies biliaires (vésicule, cholédoque) dans le duodénum, qui est la première partie de l’intestin juste après l’estomac. La bile a pour rôle de mieux digérer les graisses en les émulsionnant. Elle sert également à neutraliser l’acidité provenant de l’estomac. Parvenue dans l’intestin, la bile va être dégradée par la flore intestinale en stercobilinogène fécal, de couleur marron-brun. Dès lors, « tout ce qui va perturber ce cycle de dégradation naturel va impacter sur la couleur des selles. « explique le Dr Bredin. On notera que certains aliments peuvent avoir une influence sur la couleur des selles sans qu’il n’y ait perturbation de ce cycle, ainsi les épinards vont colorer les selles en vert foncé, le boudin en noir, les betteraves en rouge, les carottes en orange.
Que signifient des selles vertes ?
Les selles vertes correspondent à une accélération du transit par exemple à l’occasion d’une gastro-entérite, ou d’une diarrhée motrice. La bile n’a pas le temps d’être dégradée par la flore, on retrouve les pigments biliaires jaune, orangés, verdâtres, ou verts.
Que signifient des selles marron ?
Le marron est, comme évoqué plus haut, la couleur normale des selles.
Que signifient des selles noires ?
Plusieurs facteurs peuvent expliquer des selles noires :
- Certains médicaments peuvent donner une couleur noire aux selles, le plus couramment le fer, qui va être oxydé par les sucs digestifs et donner une couleur noire. Cela ne doit pas vous inquiéter.
- Lors d’une constipation très sévère, les selles qui ont beaucoup stagné dans l’intestin peuvent être noires ou marron très foncé.
- Un saignement digestif en amont du côlon (classiquement : estomac ou duodénum) entraîne une digestion du sang par la flore. « Cela donne des selles très noires, pâteuses, très malodorantes, que l’on appelle méléna. » explique le Dr Bredin.
Que signifient des selles orange ou jaunes ?
Dans certaines circonstances, les selles peuvent être jaune-orange, d’odeur assez nauséabonde, et flottantes dans la cuvette, avec un aspect graisseux. « Cela s’appelle la stéatorrhée, qui est dû à une mauvaise digestion des graisses« , précise le Dr Bredin. Cela peut être provoqué par une malabsorption des graisses comme dans la maladie coeliaque (intolérance au gluten) ou certaines maladies du pancréas exocrine (par défaut de lipase).
Que signifient des selles blanchâtres ?
Les selles blanchâtres se rencontrent en cas de défaut d’écoulement de la bile dans l’intestin. Cela peut être le cas si les voies biliaires sont bloquées (calcul des voies biliaires, tumeur du pancréas,…) ou si le foie ne parvient plus à fabriquer la bile (en cas d’hépatite). Dans ce cas, les selles sont blanchâtres, de la consistance du mastic, les urines sont très foncées (urines acajou), et on peut observer un ictère (jaunisse) au niveau de la peau ou du blanc des yeux.
Quelles sont les causes des selles glaireuses ?
Les selles glaireuses apparaissent en cas d’inflammation de la paroi de l’intestin, par exemple en cas de colite. Il peut s’agir d’une colite infectieuse (virale, ou microbienne), passagère, ou une colite inflammatoire (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique). « Souvent s’y associe la présence de sang rouge« , ajoute le Dr Bredin.
Quand et qui consulter quand les selles changent de couleur ?
« Si le changement de couleur des selles est ponctuel (un jour ou deux), il n’y a pas lieu de consulter« , rassure le Dr Bredin. Si en revanche, ce changement perdure au delà de quelques jours, ou se répète régulièrement, qu’il s’y associe du sang, des douleurs abdominales, alors il est important de consulter son médecin traitant, qui envisagera des explorations complémentaires et une consultation auprès d’un gastro-entérologue.
Merci au Dr Christian Bredin, gastro-entérologue.
Source : JDF Santé