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Covid France 2023 : ces 5 mesures pour éviter le rebond

Covid France 2023 : ces 5 mesures pour éviter le rebond

​​​​​​​​​​​​​​[Mis à jour le 7 avril 2023 à 10h49] L’épidémie de Covid circule toujours en France en ce mois d’avril 2023 : Santé publique France rapporte dans son bulletin du 5 avril 2023 d’une augmentation du taux de positivité (tout en restant à des niveaux bas) ainsi que des indicateurs de recours aux soins en ville, mais de manière moins marquée que la semaine précédente. Les passages aux urgences sont stables, tandis que les nouvelles hospitalisations sont en diminution. L’épidémie reste relativement faible par rapport à ce qu’on a déjà connu depuis Omicron. « La période de la COVID est actuellement sur une phase endémo-épidémique et après de grandes vagues « destructrices » nous constatons aujourd’hui des rebonds d’amplitude plus faible à impact sanitaire moins violent« , indique le Comité de Veille et d’Anticipation des Risques Sanitaires (COVARS) dans un document du 31 mars 2023. Il faut néanmoins continuer à respecter les gestes barrières, même si certaines règles sanitaires ont pris fin le premier trimestre de l’année 2023, notamment l’isolement systématique pour les personnes testées positives au Covid-19 et la réalisation d’un test de dépistage pour les personnes contact asymptomatiques.

​​​​​​​5 nouvelles recommandations anti Covid (avril 2023)

Pour limiter l’ampleur des vagues épidémiques, le Covars a émis 5 recommandations : 

► Les personnes à risque de forme grave et leur entourage doivent continuer à porter le masque, en particulier dans les lieux clos ou à forte densité de population et qu’elles se fassent tester rapidement en cas de symptômes

Doivent se faire vacciner au printemps : les personnes âgées de plus de 80 ans, les personnes immunodéprimées et les personnes à très haut risque de maladie grave (en respectant un délai d’au moins six mois depuis la dernière dose ou infection).

► A tous : La vaccination reste de mise ; pas trop tard pour une primo-vaccination, un rappel au printemps 2023 pour les personnes à haut risque de forme grave et les nourrissons de moins de 6 mois, un rappel à l’automne 2023 pour les personnes à risque de forme grave (en respectant un délai d’au moins six mois depuis la dernière dose ou infection).

► Même en l’absence de critère de fragilité et de confirmation diagnostique par un test (globalement, toute infection virale respiratoire est transmissible par les mêmes voies), la présence de symptômes respiratoires doit faire porter un masque à l’intérieur en présence d’autrui, surtout quand les locaux sont mal ventilés.

► La qualité de l’air intérieur peut être améliorée significativement par l’ouverture des fenêtres au moins 5 à 10 minutes par heure dans les logements de particuliers, dans les bureaux, les lieux de restauration collective…

A quelle situation doit-on s’attendre en France en 2023 ?

En avril 2023, le virus du Covid circule toujours à un rythme et à une fréquence qui montrent qu’il n’est pas devenu un « virus respiratoire saisonnier » comme un autre (virus grippaux, virus de la bronchiolite, etc…), souligne le Covars. Des vagues régulières se succèdent : notamment en ce printemps 2023 où une 10e vague était observée. Pour autant, « ce rebond épidémique n’est pas corrélé à l’émergence d’un nouveau variant, nous sommes toujours sous l’ère d’Omicron avec un remplacement de sous-variant (BQ.1 par XBB) non significatif sur le plan transmissibilité ou échappement immunitaire« . Autrement dit, la baisse de l’immunité de la population (à cause d’un rappel de vaccin « trop » ancien) entraine des rebonds environ tous les 3 mois relativement indépendamment des conditions environnementales influençant la transmission saisonnière des virus respiratoires (qui globalement diminue de 40% de taux de reproduction).

Quel est le variant dominant en France en avril 2023 ?

Au 5 avril 2023, en France métropolitaine, le recombinant XBB (tous sous-lignages inclus) est toujours le sous-lignage d’Omicron majoritaire. Son recombinant XBB.1.5 semble se stabiliser avec 59% des séquences lors des enquêtes Flash 11 et 10 BA.5 et ses sous-lignages continuaient de diminuer (12% pour Flash S11 vs 17% pour Flash 10)

Quelles sont les mesures Covid qui persistent en 2023 ?

► Vaccination à jour contre la COVID-19, notamment par une dose de rappel avec un vaccin bivalent (contre la souche initiale et le variant Omicron du SARS-CoV-2) pour les éligibles primo-vaccinés, ainsi que contre les virus grippaux

► Le port du masque recommandé en présence de personnes vulnérables, en cas de promiscuité dans les espaces fermés comme les transports en commun

► Le maintien des gestes barrières : lavage des mains réguliers, aération des lieux clos

Quelles sont les mesures actuelles concernant l’isolement Covid ?

Depuis le 1er février 2023, les personnes testées positives au Covid-19 ne sont plus obligées de s’isoler, a annoncé le ministère de la Santé dans un communiqué du 28 janvier 2023. Néanmoins, « comme pour toute maladie à infection respiratoire aiguë, il reste fortement recommandé aux personnes testées positives au Covid-19, ainsi qu’aux personnes ayant été exposées à une personne contagieuse et susceptibles de développer la maladie, de respecter les gestes barrières, de se faire tester et d’éviter le contact avec les personnes fragiles« , pouvait-on lire sur le communiqué.

​​​​​​Quelles sont les mesures actuelles concernant les cas contacts ?

Depuis le 1er février 2023, la réalisation d’un test de dépistage au deuxième jour de la notification du statut de contact pour les personnes contact asymptomatiques n’est plus requis. En revanche, les personnes symptomatiques continuent de devoir se faire tester. 

Encéphalite à tique : symptômes, vaccin, en France ?

Encéphalite à tique : symptômes, vaccin, en France ?

Trois cas d’encéphalite à tique (probables ou confirmés) ont été enregistrés en Angleterre depuis 2019, alerte l’Agence britannique de sécurité sanitaire (UKHSA) dans un communiqué du 5 avril 2023. Le virus de l’encéphalite à tique (TBEV) est un virus transmis par les tiques, des parasites (aussi appelés « poux des bois ») qui mordent surtout entre le printemps et l’automne. Ce virus est également présent en France, surtout dans l’Est du pays et en Auvergne-Rhône-Alpes, et ailleurs dans le monde. L’encéphalite à tique peut être asymptomatique ou pas. « Chez les humains, seuls 10 à 30 % des infections provoquent une méningite ou une encéphalite. Le reste du temps, les symptômes sont de type pseudo-grippal et passent donc inaperçus« , explique Gaëlle Gonzalez, auteure d’un article publié dans Frontiers in microbiologyL’encéphalite à tique reste donc très rare et le risque pour le grand public au Royaume-Uni reste très faible, tient à rassurer l’autorité, qui a toutefois souhaité renforcer sa surveillance et a recommandé de modifier les tests dans les hôpitaux afin que tout autre cas puisse être détecté rapidement et que l’origine de ces cas soit déterminée. Doit-on en avoir peur en France ? Quels sont les risques pour la santé ? Est-ce mortel ? Y a-t-il des vaccins pour s’en protéger ?

Quels sont les symptômes d’une encéphalite à tique ?

Les symptômes d’une encéphalite à tique sont similaires à ceux d’autres causes de méningite et peuvent inclure :

  • Une forte fièvre
  • Des nausées et vomissements
  • Des maux de tête
  • Une raideur de la nuque (torticolis)
  • Des douleurs en regardant des lumières vives
  • Une confusion ou une conscience réduite
  • Une faiblesse soudaine ou une perte de mouvement dans les bras et les jambes
  • Des troubles de l’élocution

Il est rappelé au public qu’il doit consulter un médecin généraliste s’il ne se sent pas bien après une piqûre de tique et qu’il doit consulter un médecin d’urgence si lui-même ou quelqu’un qu’il connaît qui présenterait les symptômes listés ci-dessus. 

Comment se transmet une encéphalite à tique ?

L’encéphalite à tique est transmise à l’Homme lors d’une morsure de tique du genre Ixodes porteuse du virus pendant son repas sanguin. La particule virale infectieuse, mesure environ 50 nm de diamètre. La tique mord principalement entre le printemps et l’automne, lors des travaux agricoles, des promenades en forêt ou dans des jardins. Une transmission par des produits laitiers crus (lait cru, fromage au lait cru) est possible. Deux sous-types de virus peuvent infecter l’être humain : le sous-type oriental (Eastern) et le sous-type occidental (Western).

Le virus de l’encéphalite à tique est-il présent en France ?

Oui, même si la France est un pays de faible incidence, rassure le Haut conseil de la Santé publique dans un rapport de juin 2020, le virus est présent en France dans des régions comme l’Alsace, la Lorraine, la Savoie et la Haute-Savoie, selon l’Anses. Selon Santé publique France, environ 20 cas d’encéphalite à tique sont recensés chaque année en France. Aussi, des cas de contaminations humaines par le virus de l’encéphalite à tique par l’alimentation ont été observés au printemps 2020 : 43 personnes habitant l’Ain ont souffert de méningites, de méningo-encéphalites ou de symptômes grippaux causés par une contamination par le virus de l’encéphalite à tique, rapporte l’Anses dans un communiqué du 4 octobre 2022. Elles avaient toutes consommé du fromage de chèvre au lait cru. Il s’agissait de la première infection par voie alimentaire connue en France. En France, la surveillance actuelle des encéphalites à tiques repose sur le Centre national de référence (CNR) des arboviroses mais ne permet pas un recueil exhaustif et détaillé des cas ; ceux-ci sont notifiés au Centre européen de prévention et contrôle des maladies (ECDC) qui assure un suivi annuel en Europe.

Carte de l’encéphalité à tiques: dans quels pays est-il présent ?

5 000 à 13 000 cas d’encéphalite à tique sont rapportés chaque année dans le monde. Le virus est présent (liste non exhaustive) : 

  • En Allemagne (länder du sud du pays : Bayern, Bade-Würtenberg, Thüringen, Sachsen, Saarland, Rheinland-Pfalz, Hessen et Niedersachsen)
  • En Autriche
  • En Estonie (ouest du pays)
  • En Finlande (régions côtières et archipels au sud du pays
  • En Suisse (hormis les cantons du Tessin et de Genève).
  • Hors Europe, elle est à discuter au cas par cas en : Chine (Nord-Est et Nord-Ouest), Corée du Sud, Japon, Kirghizstan, Mongolie, Russie orientale.
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Carte de la présence de tique du genre Ixodes en Europe (2019) © ECDC/EFSA

L’encéphalite à tique est-elle mortelle ?

L’encéphalite à tique peut causer de graves lésions cérébrales potentiellement mortelles, au niveau du cerveau, des membranes qui entourent le cerveau et la moelle épinière. Le virus de l’encéphalite à tique serait mortel pour 2 à 3 % des malades, indique l’Agence britannique de sécurité sanitaire.

Comment diagnostique-t-on une encéphalite à tique ?

« Le diagnostic repose sur la recherche des anticorps spécifiques, dans le sérum et le liquide céphalo-rachidien« , rapporte l’Institut Pasteur de Lille. 

Quel traitement pour soigner une encéphalite à tique ?

Il n’y a pas de traitement spécifique. Le traitement est strictement symptomatique, notamment pour traiter la fièvre et les maux de tête. L’évolution d’une encéphalite à tique est dans la plupart des cas favorable.

Y a-t-il un vaccin pour prévenir l’encéphalite à tique ?

La vaccination contre l’encéphalite à tique est recommandée pour les voyageurs qui doivent séjourner en zone rurale ou boisée dans les régions d’endémie (Europe centrale, orientale et septentrionale, nord de l’Asie centrale, nord de la Chine, nord du Japon) du printemps à l’automne. Par ailleurs, les personnes qui travaillent en milieu forestier, et qui sont donc particulièrement exposés peuvent être vaccinées. Deux vaccins sont disponibles en France sous le nom de Ticovac® et Encepur®. Les schémas vaccinaux sont les suivants :

Ticovac® : trois injections à M0, entre M1 et M3, puis entre M5 et M12. Il existe une présentation pédiatrique utilisable chez les enfants âgés de 1 à 15 ans révolus.

► Encepur® (utilisable à partir de l’âge de 12 ans) : trois injections à M0, entre M1 et M3, puis entre M9 et M12.

Pour ces deux vaccins, le 1er rappel est à faire 3 ans après la 3e dose, avant une réexposition éventuelle au virus de l’encéphalite à tique.

    Quelle prévention pour réduire le risque d’encéphalite à tique ?

    Pour se protéger de cette maladie, la seule prévention est de ne pas s’exposer à la piqûre des tiques :

    • Eviter les zones où les tiques sont abondantes du printemps à l’automne
    • Se couvrir si on doit pénétrer dans ces zones
    • Utiliser des produits répulsifs sur la peau et des insecticides sur les vêtements
    • S’examiner soigneusement en rentrant du travail ou de promenade et extraire les tiques fixées sur la peau
    • En zone d’endémie, il faut également éviter de consommer du lait cru (ou ses dérivés comme le fromage) puisque le lait peut contenir des virus. Préférer le lait pasteurisé. 

    Sources :

    – Encéphalite à tiques, Santé publique France, 14 juin 2022

    – L’Encéphalite à tiques, Institut Pasteur de Lille

    – Encéphalite à tiques : remonter à l’origine des cas de transmission via le fromage, ANSES, 4 octobre 2022

    – Site du Centre de vaccinations internationales, AirFrance

    – Tick-borne encephalitis detection in England, UK Health Security Agency


    Source : JDF Santé

Discopathie lombaire : symptômes, comment la soulager ?

Discopathie lombaire : symptômes, comment la soulager ?

Qu’est-ce qu’une discopathie lombaire ?

La discopathie lombaire est une usure progressive des disques intervertébraux. Nous pouvons imaginer « le disque intervertébral comme un pneu de voiture« , explique le Dr Amélie Léglise, chirurgienne orthopédiste à Bordeaux. « C’est un amortisseur entre les vertèbres. Avec le temps, il se dégonfle et se déshydrate, survient alors la discopathie lombaire. Ce n’est pas vraiment une maladie, mais le résultat du vieillissement normal du dos. Chez certaines personnes, la discopathie commence plus tôt, en raison d’une part génétique« . Cette affection est très fréquente, puisqu’elle touche la majeure partie de la population avec l’âge.

Qu’est-ce qu’une discopathie lombaire étagée ?

La discopathie étagée touche plusieurs étages de la colonne vertébrale. L’intérieur de chaque disque intervertébral est constitué d’un gel appelé « nucleus pulposus« . Avec les années, les disques se déshydratent. Cette déshydratation va provoquer une micro-déchirure ou une fissure dans le disque, entraînant un rapprochement des vertèbres. Par conséquent, des lésions et des dysfonctionnements articulaires sur plusieurs étages de la colonne vont se créer.

Qu’est-ce qu’une discopathie lombaire L4-L5 ?

Les vertèbres lombaires sont au nombre de 5 et sont numérotées de L1 à L5. Ces os se trouvent en bas de la colonne vertébrale, en dessous des vertèbres thoraciques, juste au-dessus du pelvis. Solides, elles permettent au corps de faire des mouvements de flexion et d’extension. On parle de discopathie lombaire L4-L5 lorsque la dégénérescence affecte le disque situé entre la vertèbre lombaire L4 et la vertèbre lombaire L5.

Qu’est-ce qu’une discopathie lombaire L5-S1 ?

Lorsque la discopathie touche le dernier disque lombaire L5 et la première vertèbre du sacrum S1, on parle de discopathie L5-S1. Cette zone de la colonne est fréquemment touchée, car « elle a un rôle de charnière. La zone L5-S1 comprend une surface stable et une surface mobile, qui s’use plus rapidement« , précise Marion Glowacz, masseuse-kinésithérapeute libérale.

Quels sont les symptômes d’une discopathie lombaire ?

Le symptôme principal de la discopathie lombaire est la douleur, pouvant être légère à sévère. Un patient peut souffrir de douleur aiguë sans dégâts structurels importants. Dans d’autres cas, l’usure est à un stade plus avancé, alors que le patient ne ressent pas de douleur vive. Lorsqu’un nerf sciatique est pincé, les douleurs peuvent irradier dans la fesse et dans la cuisse. Il arrive que la douleur se propage au niveau des cervicales (cervicalgies) ou dans le haut du dos (dorsalgies).

Comment soulager une discopathie lombaire ?

« Le secret est de bouger« , confesse le Dr Léglise. « Nous ne préconisons plus vraiment le repos. Aujourd’hui, il faut bouger au maximum et s’étirer pour diminuer les pressions sur les vertébrés et les douleurs. Plus les muscles profonds du dos sont renforcés, toniques et réactifs, plus ils absorbent les contraintes mécaniques et plus la dégénérescence est ralentie. Le pilate et le yoga ont un intérêt certain pour freiner la discopathie lombaire« , détaille la chirurgienne orthopédiste. « La chaleur et la détente musculaire soulagent les douleurs de la discopathie lombaire, tout comme certaines postures, comme la posture de l’enfant en yoga ou la posture fœtale, dans laquelle on se positionne sur le côté et on ramène les deux genoux sur la poitrine, en chien de fusil« , complète la kinésithérapeute. « Les articulations des vertèbres peuvent s’apparenter à une roue dentée qui coulisse », illustre le Dr Léglise. « Lorsque le disque se déshydrate, il absorbe moins bien les chocs : les articulations surchauffent en réponse à leur surmenage et c’est à ce moment-là que survient la douleur aiguë« . Il est alors possible de prescrire un traitement anti-inflammatoire, sauf si des contre-indications existent. Quant à l’infiltration en cas de discopathie lombaire, elle intervient « au stade débutant et en phase aiguë, pour lubrifier l’articulation afin de la déverrouiller et de faire en sorte qu’elle coulisse un peu mieux« , explique le Dr Léglise.

Opération d’une discopathie lombaire : indications, principes

Plusieurs stades existent. « Il est important de faire le point avec son médecin, mais aussi de réaliser une IRM pour classer le stade de la discopathie lombaire« , conseille le Dr Léglise. « Lorsqu’elle est à un stade très avancé ou que le patient n’a plus de disque, on imagine qu’on roule sur la jante. Nous envisageons alors une chirurgie arthrodèse, qui consiste à fusionner l’articulation en plaçant une cale remplie d’os synthétiques à la place du disque« , détaille la chirurgienne. « Un autre type de chirurgie existe, plus complexe, dans laquelle nous remplaçons le disque usé par un disque artificiel ».

Quels exercices faire si on a une discopathie lombaire ?

« Les exercices à faire en cas de discopathie lombaire sont des exercices de renforcement musculaire« , précise Marion Glowacz, kinésithérapeute. « Plus le dos est musclé et gainé, plus les articulations sont protégées, ce qui engendre moins de contraintes sur les disques intervertébraux« . Nous privilégions les « postures en extension en cas de hernie discale, pour soulager et décomprimer les disques. Les étirements des muscles des membres inférieurs, des ischio-jambiers, des pyramidaux au niveau des fessiers et des quadriceps aident à soulager les douleurs en cas de discopathie lombaire ».

Quel est le rôle du kiné dans la prise en charge de la discopathie lombaire ?

La place du kinésithérapeute est essentielle, notamment pour ralentir la progression de la discopathie. « Tout le monde devrait se rendre chez son kinésithérapeute, avant même l’apparition des douleurs afin de connaître les bonnes postures pour préserver son dos« , indique le Dr Léglise. En effet, le rôle du kinésithérapeute est de « donner les bons gestes de renforcement musculaire permettant d’éviter les douleurs. Pour réduire les douleurs inflammatoires, la chaleur et les massages sont des techniques efficaces en kinésithérapie« , explique Madame Glowacz. « Idéalement, il est conseillé au patient de faire un sport adapté pour s’entretenir, mais aussi de faire le point une à deux fois par an avec son kinésithérapeute ». Après une chirurgie du dos, « des séances de kinésithérapie aident à la rééducation », ajoute la chirurgienne orthopédiste.

Combien de temps d’arrêt quand on a une discopathie lombaire ?

Le temps d’arrêt après une discopathie lombaire est très variable selon les cas et la profession du patient. « Elle varie de 48 heures à 3 semaines, en fonction des muscles, des capacités de récupération et de la profession du patient », souligne le Dr Léglise. Souvent, la durée de l’arrêt de travail se poursuit jusqu’à la diminution de l’inflammation et de la douleur.

Merci au Docteur Amélie Léglise, chirurgienne orthopédiste à Bordeaux et à Marion Glowacz, masseuse-kinésithérapeute libérale.

Sources :
– Remplacement du disque intervertébral lombaire par prothèse, 12 février 2004, HAS
– Lombalgie ou mal de dos, de quoi parle-t-on ? 20 octobre 2022, Ameli


Source : JDF Santé

CRP ultra-sensible : c'est quoi, basse, élevée

CRP ultra-sensible : c'est quoi, basse, élevée

C’est quoi la CRP ultra-sensible dans une prise de sang ? 

La CRP (protéine C-réactive) ultra-sensible est une analyse sanguine qui mesure les niveaux de protéine C-réactive dans le sang à des concentrations très faibles. « La CRP est une protéine produite par le foie en réponse à l’inflammation dans le corps, explique le Dr Alexis Guérin, biologiste médical. Elle peut être utilisée comme marqueur de l’inflammation générale dans le corps et dans la surveillance de maladies à composante inflammatoire chronique avec des signes cliniques (douleurs, fièvre, rougeurs, gonflements…) telles que la polyarthrite rhumatoïde, la maladie de Crohn ou à composante inflammatoire aigue comme certaines infections bactériennes par exemple« . « La mesure de la CRP ultra-sensible permet de détecter des variations de valeur de cette protéine à des niveaux très faibles compris entre 0,1 et 5mg/L tandis que la sensibilité de la CRP permet de détecter efficacement des variations d’expression de cette protéine généralement de l’ordre de 2mg/L et 250mg/L« . La CRP ultra-sensible est donc souvent utilisée pour détecter une inflammation sans signes cliniques ou asymptomatique, et peut être associée à un risque accru de développement de certaines pathologies chroniques cardiovasculaires ou encore de diabète de type 2. « Attention, si la CRP ultra-sensible permet d’identifier un contexte inflammatoire sous-jacent, elle n’est spécifique d’aucune pathologie et doit être interprétée en fonction d’autres examens et en dehors de contextes cliniques inflammatoires avéré (maladie inflammatoire chronique, infection bactérienne…). De plus, les niveaux de CRP ultra-sensibles peuvent être influencés par d’autres facteurs, tels que l’âge, le sexe, le tabagisme, l’obésité ou encore la grossesse« . Il est recommandé de solliciter l’avis d’un médecin ou d’un biologiste médical pour toutes demandes de dosage et/ou d’interprétation de résultat de CRP ultra-sensible.

CRP ultra-sensible taux élevée : quelles causes ? 

En dehors de toute pathologie inflammatoire (cancer, infection, maladie inflammatoire chronique articulaire ou digestive…), un taux élevé de CRP ultra-sensible peut être causé par divers facteurs. « L’obésité est une cause fréquente d’un taux élevé de CRP ultra-sensible, observe le Dr Guérin. L’excès de graisse corporelle peut déclencher une inflammation chronique dans le corps, conduisant à des niveaux plus élevés de CRP ultrasensible. De même, chez les patients à risque cardiovasculaire, un taux élevé de CRP ultra-sensible est associé à un risque plus important de développer des complications cardiovasculaires de type infarctus du myocarde ou AVC« . Le tabagisme est une autre cause courante d’un taux élevé de CRP ultra-sensible. La fumée de cigarette peut déclencher une inflammation dans les poumons et le reste du corps, conduisant à des niveaux élevés de CRP. Le stress chronique peut également entraîner une inflammation dans le corps, ce qui peut entraîner des niveaux élevés de CRP. Parmi les autres causes, on peut citer : 

  • L’âge : La CRP ultrasensible augmente naturellement avec l’âge
  • La grossesse : la CRP ultra-sensible peut augmenter pendant la grossesse
  • Certains médicaments comme la pilule ou les traitement hormono-substitutifs peuvent faire augmenter la CRP ultra-sensible

« Des niveaux élevés de CRP ultra-sensible ne sont pas spécifiques à une maladie ou à un trouble particulier. Des niveaux élevés peuvent simplement indiquer une inflammation générale avec absence d’expression clinique et un risque plus élevé de développer certaines complications cardiovasculaires ou encore un diabète de type 2« .

CRP ultra-sensible basse : quelles causes ? 

Un taux bas de CRP ultra-sensible est généralement considéré comme normal, mais cela peut également être associé à diverses causes. « Certains médicaments, tels que les corticostéroïdes (anti-inflammatoire stéroïdiens) ou les statines (utilisés pour baisser le cholestérol), peuvent réduire les niveaux de CRP dans le corps, explique notre interlocuteur. Une malnutrition sévère peut également baisser la synthèse de la CRP. Tout comme une activité physique intense peut temporairement réduire les niveaux de CRP dans le corps, car elle peut stimuler la production de cytokines anti-inflammatoires ». Dans certains cas, des niveaux bas de CRP ultra-sensible peuvent être tout à fait normaux et ne nécessitent pas de traitement. « Dans d’autres cas, des niveaux bas de CRP ultra-sensible peuvent indiquer une maladie sous-jacente ou une carence nutritionnelle et nécessitent une évaluation clinique plus approfondie« .

CRP ultra-sensible et cancer 

« Si des niveaux élevés de CRP « standard » ont été associés à certains types de cancer, la place de la CRP ultra-sensible est discutable dans le dépistage ou le suivi du cancer« , reconnait le biologiste. 

CRP ultra-sensible et grossesse 

Le taux de CRP ultra-sensible peut augmenter pendant la grossesse, en particulier au cours du troisième trimestre. « Cela est dû à l’inflammation naturelle qui se produit pendant la grossesse, en particulier dans l’utérus et le placenta. Le taux de CRP peut également être augmenté en raison d’une infection ou d’une inflammation préexistante chez la mère ».

Prix et remboursement de l’analyse CRP ultra-sensible

« Le prix de l’analyse CRP ultra-sensible peut varier en fonction du laboratoire et de la région de quelques euros à quelques dizaines d’euros« , conclut le Dr Guérin. Il est important de noter que les frais de laboratoire peuvent également dépendre des autres tests sanguins effectués en même temps. « En France, par exemple, sur prescription médicale, l’analyse de la CRP ultra-sensible est remboursée à 70% du tarif de convention par l’assurance maladie obligatoire« .

Merci au Docteur Alexis Guérin, biologiste médical, directeur des laboratoires Cerballiance de la Manche et de Vire Normandie.


Source : JDF Santé

Des sirops contre la toux sèche définitivement retirés du marché en France

Des sirops contre la toux sèche définitivement retirés du marché en France

Après les avoir suspendues en septembre 2022, l’Agence du médicament annonce qu’à partir du 5 avril 2023 « les autorisations de mise sur le marché (AMM) des médicaments contenant de la pholcodine (sirops) sont retirées en France ». Cette mesure fait suite à la décision de la Commission européenne de retirer les AMM de ces médicaments, conformément à l’avis rendu par l’Agence européenne des médicaments. Les sirops à base de pholcodine ne doivent plus être utilisés et rapportés en pharmacie. A l’origine de cette décision radicale, un risque de réaction allergique croisée avec les curares. « D’après une nouvelle étude, la prise d’un médicament à base de pholcodine, utilisé contre la toux, expose à un risque important de faire une allergie grave aux curares, indiqués lors d’une anesthésie générale, même si l’anesthésie a lieu plusieurs semaines après la prise du médicament » explique l’ANSM.

Quels sont les sirops à la pholcodine commercialisés en France ?

Les médicaments concernés par le retrait du marché français sont :

  • Dimétane sans sucre 133 mg/100 ml, sirop (Biocodex)
  • Biocalyptol 6,55 mg/5 ml sans sucre, sirop édulcoré à la saccharine sodique et au maltitol liquide (Zambon)
  • Biocalyptol, sirop (Zambon)
  • Pholcodine Biogaran 6,55 mg/5 ml, sirop (Biogaran)

Les sirops à base de pholcodine ont été utilisés jusqu’ici pour calmer les toux sèches et les toux d’irritation chez les adultes et les enfants de plus de 30 mois et de plus de 15 kg. En France, ils ne peuvent être délivrés que sur ordonnance depuis 2011.

Que faire avec mes sirops pour la toux à base de pholcodine ?

Il est demandé aux patients de ne plus utiliser ces spécialités et de rapporter les boites en leur possession en pharmacie. D’autres médicaments sont disponibles contre la toux sèche et/ou d’irritation. Consultez votre médecin ou votre pharmacien, il pourra vous conseiller une alternative tenant compte de votre historique médical.

Sources : 

Risque d’allergie grave aux curares en cas d’utilisation des sirops contre la toux contenant de la pholcodine : suspension des AMM et retrait des lots, ANSM, 5 avril 2023

Pholcodine : Suspension des autorisations de mise sur le marché et retrait de toutes les boîtes de sirop contenant de la pholcodine en raison d’un risque d’allergie croisée avec les curares. 8 septembre 2022.

Risque d’allergie grave aux curares en cas d’utilisation des sirops contre la toux contenant de la pholcodine, ANSM, 1/09/22


Source : JDF Santé

C'est quoi une leucémie (lymphoïde) chronique ?

C'est quoi une leucémie (lymphoïde) chronique ?

L’ancien Premier ministre italien Silvio Berlusconi est hospitalisé depuis le 5 avril en soins intensifs pour soigner une infection pulmonaire. Agé de 86 ans, il est atteint d’une leucémie chronique, selon ses médecins. La leucémie est un cancer du sang dont il existe des formes chroniques car évoluant plus lentement. Parmi les leucémies chroniques, celles dites « myéloïdes » et celles dites « lymphoïde » (la plus fréquente). Le nom varie selon l’origine des cellules touchées. La leucémie lymphoïde chronique touche deux fois plus souvent les hommes que les femmes, particulièrement vers 70 ans. Quelle est sa gravité ? Quelle durée de vie ? Quels sont les symptômes de la leucémie lymphoïde chronique ? Les causes ? Quels examens pour poser le diagnostic ?

Quelle est la définition de la leucémie lymphoïde chronique ?

La leucémie lymphoïde chronique (LLC) est une maladie touchant des cellules du sang appelées les lymphocytes B. Ces cellules jouent un rôle important au niveau du système immunitaire, assurant la défense contre les agents extérieurs (bactéries, virus, champignons…). « Cette maladie engendre la multiplication et l’accumulation de cellules lymphoïdes anormales dans le sang, les ganglions, la rate et la moelle osseuse, ce qui explique l’augmentation de ces cellules dans le sang et éventuellement l’augmentation de volume d’un ou de plusieurs de ces organes », explique le Dr Jacques Vargaftig, onco-hématologue à l’institut Curie.

Quelle est la durée de vie en cas de LLC ?

Selon les chiffres de l’Institut national du cancer, le taux de survie de la leucémie lymphoïde chronique à 5 ans est supérieur à 80%.

Quels sont les symptômes d’une leucémie lymphoïde chronique ?

Au début, les personnes atteintes de cette forme de leucémie chronique ne ressentent généralement aucun signe de la maladie. Celle-ci passe totalement inaperçue. Il est ainsi fréquent que la leucémie chronique ne soit diagnostiquée que plusieurs années après son apparition. « En fait, les principales manifestations de la LLC s’observent dans le sang, avec un nombre trop important de lymphocytes B. Des résultats anormaux concernant les autres éléments du sang (hémoglobine et plaquettes notamment) peuvent également être observés, mais ils ne sont pas constamment retrouvés », souligne le spécialiste. C’est lorsque la maladie évolue que certains signes physiques peuvent être ressentis. Il est ainsi possible que des ganglions soient plus volumineux qu’en temps ordinaire. Des signes tels que la fatigue, de la fièvre ou un essoufflement peuvent survenir au cours de la LLC.

Quels sont les différents stades ?

Contrairement à d’autres formes de leucémie dites aiguës qui évoluent rapidement, la leucémie chronique est une maladie dont l’évolution est lente. C’est pourquoi les médecins la considèrent comme une maladie chronique. Selon la classification de Binet, on distingue trois stades, qui se basent sur le nombre de globules rouges et de plaquettes dans le sang ainsi que sur le nombre de régions de tissu lymphatique enflé :

  • Le stade A : Il correspond à une « simple » augmentation du nombre des lymphocytes B, sans autre anomalie sanguine, avec absence ou présence très limitée de ganglions.
  • Le stade B : Il correspond à une augmentation du nombre des lymphocytes B, sans autre anomalie sanguine, mais associée à la présence de ganglions dans plusieurs territoires ganglionnaires.
  • Le stade C : Il correspond à une augmentation du nombre des lymphocytes B associée à d’autres anomalies sanguines : une anémie (baisse du taux d’hémoglobine) et/ou une baisse du nombre des plaquettes sanguines.

Au moment du diagnostic, près de deux tiers des personnes atteintes par la LLC sont au stade A, et seule une minorité est au stade C.

Qu’est-ce qu’une leucémie chronique récidivante ?

Une leucémie lymphoïde chronique récidivante réapparaît après le traitement et la rémission. La rémission est habituellement définie comme une diminution ou une disparition des signes et symptômes et une hausse du nombre de cellules sanguines. Si la LLC récidive, il est possible que les médecins en établissent de nouveau le stade. C’est la restadification.

Qu’est-ce qu’une leucémie chronique réfractaire ?

La leucémie lymphoïde chronique est réfractaire quand elle n’a pas réagi au traitement.

Quelle est la cause d’une leucémie lymphoïde chronique ?

Aucune cause ou facteur de risque de leucémie lymphoïde chronique n’a été formellement identifié. Une prédisposition familiale peut être suspectée dans certains cas.

Comment pose-t-on le diagnostic d’une leucémie lymphoïde chronique ?

La LLC est une maladie touchant des cellules sanguines. Son diagnostic est donc établi sur une simple prise de sang.

► Le nombre de lymphocytes : dans un premier temps, on effectue ce que l’on appelle un hémogramme ou une numération. C’est un examen très courant qui consiste à compter les différents types de cellules du sang. Le diagnostic de LLC peut être évoqué si le nombre de lymphocytes est supérieur aux valeurs normales. Une augmentation transitoire des cellules du sang étant toujours possible (à la suite d’une infection virale par exemple), la numération des lymphocytes doit être renouvelée pour confirmation de l’anomalie.

► Les caractéristiques des lymphocytes : pour qu’il soit formellement établi, le diagnostic de la LLC nécessite d’étudier les lymphocytes au microscope. En cas de LLC, l’apparence de ces cellules présente en effet des caractéristiques spécifiques qui permettent de les identifier et d’éliminer d’autres maladies associées à un nombre anormalement élevé de lymphocytes.

► L’immunophénotypage : la détermination de l’immunophénotype consiste à étudier des marqueurs précis (des antigènes) à la surface des lymphocytes. Lorsqu’ils sont présents, ces marqueurs sont en quelque sorte la  » signature  » de la maladie. Cet examen permet ainsi d’affirmer le diagnostic de la LLC. L’immunophénotypage est réalisé par un laboratoire spécialisé.

La plupart du temps, aucun autre examen complémentaire n’est nécessaire pour établir le diagnostic de la LLC. Il est cependant possible qu’un scanner soit demandé par le médecin, notamment lorsqu’il a détecté des ganglions au cours de l’examen clinique. « En complément, on peut également demander une analyse des chromosomes (d’un caryotype) ainsi que de certains gènes« , ajoute le Dr Vargaftig.

Quel traitement pour soigner la leucémie lymphoïde chronique ?

Le traitement de la leucémie lymphoïde chronique n’est pas systématique et dépend de chaque malade. En effet, la LLC peut longtemps nécessiter qu’une simple surveillance attentive et régulière lorsqu’il n’y a pas de signes gênants. A risque moyen et élevé, elle peut nécessiter une chimiothérapie et des traitements à base d’anticorps monoclonaux. Des cortico-stéroïdes sont, dans certaines situations, associés à la chimiothérapie. Ces médicaments sont administrés soit par perfusion veineuse, soit par injection sous-cutanée, soit par voie orale (comprimés ou gélules que l’on avale). Si un traitement doit être initié, il est administré par des cures régulières des produits adaptés à chaque cas. Ces cures se répètent à un intervalle habituellement de quelques semaines. La durée totale du traitement est de 3 à 12 moisMême si les traitements actuels font disparaître en apparence les signes de la maladie, ils ne peuvent éliminer la totalité des cellules malades. Ainsi, après une période de normalisation plus ou moins longue, une réapparition des symptômes survient chez la majorité des patients. Il est alors possible d’initier un nouveau traitement », indique le médecin. Comme pour toute maladie chronique, la LLC nécessite d’être suivie régulièrement sur le plan médical, même si on ne prend aucun traitement. Ce suivi médical nécessite la plupart du temps que des consultations régulières et des prises de sang.

Merci au Docteur Jacques Vargaftig, MD-PhD, du service Hématologie/Médecine E à l’hôpital René Huguenin – Institut Curie.


Source : JDF Santé