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Glaucome : symptômes, cause, opération, est-ce grave ?

Glaucome : symptômes, cause, opération, est-ce grave ?

Le glaucome est une maladie oculaire invalidante et irréversible, d’où l’importance de la dépister précocement. Si elle n’est pas stabilisée suffisamment tôt, elle peut évoluer vers la cécité. Le nombre de personnes atteintes de glaucome en France serait estimé à 1,2 millions, dont la moitié l’ignore. Le glaucome touche autant les femmes que les hommes. La plupart des personnes touchées ont plus de 40 ans et la fréquence du glaucome augmente avec l’âge. Quels sont les premiers signes d’un glaucome ? Est-ce que c’est grave ? Qu’est-ce qui provoque un glaucome ? Comment soigner un glaucome ?

Quelle est la définition d’un glaucome ?

Le glaucome correspond à une dégénérescence progressive du nerf optique qui est inhérente, dans la majorité des cas, à une hypertonie à l’intérieur de l’œil (hypertonie intra-oculaire). « Cette hypertonie correspond à une élévation anormale de la pression qui règne à l’intérieur de la partie antérieure du globe oculaire et qui va entrainer une dégénérescence des fibres nerveuses chargées de transmettre au cerveau les informations issues de la rétine. La périphérie est la première touchée« , explique le Dr Leila Yahiaoui, Responsable du Pôle Prévention et Sensibilisation de l’UNADEV (Union nationale des Aveugles et des Déficients Visuels). Il existe deux principaux types de glaucomes :

Le glaucome à angle ouvert dit chronique ou secondaire

Le glaucome à angle fermé dit aigu ou primitif

C’est quoi un glaucome à angle ouvert ?

Le glaucome à angle ouvert est le plus fréquent et est plutôt progressif. « Le terme « angle ouvert » est une manière de dire que l’angle irido-cornéen n’est pas totalement fermé, mais qu’il est rétréci, ce qui ne permet pas l’écoulement normal et suffisant de l’humeur aqueuse« , explique notre interlocutrice. L’humeur aqueuse est un liquide présent dans la partie antérieure de l’œil, qui a pour rôle de transporter les aliments destinés au cristallin et à la cornée, mais qui intervient également dans la régulation de la pression intraoculaire. Cette humeur aqueuse doit s’écouler de manière régulière par l’angle irido-cornéen.

C’est quoi un glaucome à angle fermé ?

Le glaucome à angle fermé est le plus rare et aigu, autrement dit, il survient brutalement. Il est générateur d’importantes douleurs et représente une urgence absolue. Le glaucome à angle fermé est un glaucome associé à un angle irido-cornéen fermé qui empêche l’écoulement de l’humeur aqueuse. Quand l’angle irido-cornéen est fermé, l’écoulement ne peut pas se faire correctement et la pression intraoculaire augmente. 

La vision centrale n’est pas touchée au début.

Quels sont les causes et les facteurs de risque du glaucome ?

Les facteurs de risque du glaucome sont principalement :

  • L’âge de plus de 45 ans
  • Les antécédents familiaux de glaucome
  • L’hypertonie oculaire (c’est à la fois le mécanisme du glaucome et à la fois son facteur de risque). Il faut préciser qu’il y a des cas d’hypertonie oculaire qui n’évoluent pas vers un glaucome. 
  • La myopie forte 
  • La mélanodermie (peau de couleur foncée)
  • L’hypertension artérielle
  • Le diabète
  • La prise prolongée d’un traitement à base de corticoïdes 

« Aujourd’hui, le seul moyen de prévention est de sensibiliser les personnes à ces facteurs de risque et au dépistage« , insiste le Dr Yahiaoui.  

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Schéma d’un glaucome © normaals – 123RF/Journal des Femmes Santé

Quels sont les symptômes d’un glaucome ?

Il n’y a pas réellement de signes avant-coureurs, surtout au début de la maladie. Le glaucome évolue à bas-bruit. « Sur le plan visuel : le principal symptôme est la perte de la vision périphérique. Les premières atteintes vont toucher la périphérie du nerf optique. Voilà pourquoi c’est le champ visuel en périphérie qui est touché en premier lieu et la vision centrale est maintenue. Quand le glaucome évolue, l’acuité visuelle diminue et la vision centrale peut disparaître. Il peut également y avoir d’autres symptômes comme une sensibilité à la lumière, des rougeurs voire des douleurs oculaires« , détaille le Dr Yahiaoui.

Quelles sont les complications d’un glaucome ?

« Le glaucome est une maladie que l’on considère comme cécitante, c’est-à-dire qu’elle va évoluer, sans prise en charge précoce, vers la malvoyance et la cécité« , souligne notre interlocutrice. Le glaucome est la première cause de cécité absolue (totale) en France et la seconde cause de cécité dans le monde.  

Comment diagnostique-t-on un glaucome ?

Le dépistage permet de détecter de manière précoce un éventuel glaucome. Pour les personnes qui n’ont pas d’antécédents familiaux de glaucome, il est recommandé de faire un dépistage à partir de 40 ans. Pour les personnes qui ont des antécédents familiaux ou une myopie forte, il est conseillé d’aller chez l’ophtalmologiste tous les ans. Le dépistage consiste en un examen clinique de l’œil, en une mesure de la pression intraoculaire (examen indolore et très rapide) et en la mesure de l’épaisseur de la partie centrale de la cornée. « On fait également une rétinophotographie (on prend en photo la tête du nerf optique) pour déceler les éventuelles suspicions de glaucomes« . L’ophtalmologiste peut faire quant à lui un scanner de l’œil (OCT) qui permet de visualiser l’ensemble de la rétine. « Pour poser le diagnostic d’un glaucome, il faut réaliser un champ visuel qui permet d’évaluer la dégradation visuelle et de déterminer l’étendue de l’espace que peut voir chaque œil. En général, le résultat du champ visuel est en corrélation avec le résultat de la rétinophotographie« , précise l’experte. 

Comment traiter un glaucome ?

Le glaucome est une maladie irréversible. L’objectif du traitement est de stabiliser la maladie et de ralentir, autant que possible, son évolution. C’est la raison pour laquelle il est indispensable de dépister le plus précocement possible la maladie. De façon générale, on administre des collyres qui permettent de stabiliser la pression intraoculaire. Si le traitement médicamenteux est inefficace, le médecin envisagera une trabéculoplastie au laser qui consiste à intervenir avec précision sur l’angle iridocornéen afin d’améliorer l’écoulement de l’humeur aqueuse. 

Existe-il une opération pour soigner un glaucome ?

La chirurgie peut être envisagée, le plus souvent en dernière intension. Il existe différents types de chirurgie. « les techniques chirurgicales sont en constante évolution comme la microchirurgie dont l’objectif principal est d’entraîner moins de séquelles. L’intervention chirurgicale consiste à créer une nouvelle voie d’écoulement de l’humeur aqueuse afin de stabiliser le glaucome« , explique le Dr Yahiaoui. 

Merci au Dr Leila Yahiaoui, Responsable du Pôle Prévention et Sensibilisation de l’UNADEV (Union nationale des Aveugles et des Déficients Visuels). Depuis 1929, l’UNADEV agit pour prévenir le handicap visuel, accompagner les personnes au quotidien, plaider et œuvrer pour renforcer leur pouvoir d’agir. Depuis 2011, l’UNADEV a mis en place une campagne nationale de sensibilisation, d’information et de dépistage des facteurs de risque du glaucome. Dans le cadre de cette campagne, chaque année d’octobre à juin, le Bus du Glaucome de l’UNADEV (camion équipé de matériel médical) sillonne le territoire français, afin d’informer le plus grand nombre sur la pathologie et proposer à ceux qui le souhaitent un dépistage gratuit. 


Source : JDF Santé

Apragmatisme : causes, symptômes, c'est quoi ?

Apragmatisme : causes, symptômes, c'est quoi ?

Définition : c’est quoi l’apragmatisme ?

L’apragmatisme, dont l’étymologie vient du grec pragma, -atos (action d’entreprendre), est un symptôme psychiatrique se traduisant par une incapacité à entreprendre des actions. « Il s’agit d’un trouble d’origine psychique. Pour les personnes qui souffrent de ce trouble, le maintien d’une activité et d’un comportement bien adapté aux besoins et aux conditions de vie est extrêmement difficile », explique Ermina Ofidou. Pour la psychologue, il est nécessaire de se le distinguer de l’aboulie. « L’aboulie est un trouble de motivation alors que l’apragmatisme est une incapacité à entreprendre les actions. Le sujet a envie de réaliser des tâches, mais il se sent incapable de le faire. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de perte de volonté », précise-t-elle.

Quelles sont les causes de l’apragmatisme ?

L’apragmatisme n’est pas une maladie, mais un symptôme. « Il se rencontre principalement au cours des pathologies neuropsychiatriques et, notamment, dans certaines psychoses, plus particulièrement dans la schizophrénie« , explique la spécialiste. Selon elle, il est aussi possible de constater ce symptôme chez les personnes ayant un Trouble du Spectre de l’Autisme ou souffrant de troubles névrotiques. « Certaines personnes présentent des formes transitoires d’apragmatisme au cours de certaines dépressions sévères. C’est pour cette raison que je trouve important d’étudier la forme dont il s’agit afin de mieux accompagner le patient », souligne la psychothérapeute.

Quels sont les symptômes de l’apragmatisme ?

Les symptômes s’expriment par une incapacité à entreprendre des actions, une perte d’initiative motrice et une inaction prolongée. « Le patient peut, par exemple, rester au lit pendant des heures alors que rien ne le justifie sur un plan somatique », note la psychologue clinicienne.

Comment diagnostique-t-on l’apragmatisme ?

Souvent, ce sont les symptômes qui conduisent le patient à consulter un professionnel de santé. « Nous pouvons nommer ce symptôme lors d’une consultation de psychologie », détaille Ermina Ofidou. La spécialiste explique qu’ensuite le patient est orienté vers un psychiatre quand l’état nécessite un avis médical.

Quelle est la prise en charge de l’apragmatisme ?

La prise en charge dépend de la pathologie et du patient. « En règle générale, je recommande une prise en charge psychologique. La plupart du temps, celle-ci est accompagnée d’une prise en charge psychiatrique, car ce type de symptôme nécessite majoritairement un traitement, explique la psychologue. Les entretiens avec les patients qui souffrent d’apragmatisme sont souvent vides ou avec peu d’élaboration. C’est pourquoi je trouve important de commencer par des entretiens un peu plus courts. Parfois nous utilisons des médiations afin de favoriser l’élaboration« .

Merci à Ermina Ofidou, psychologue clinicienne et psychothérapeute.


Source : JDF Santé

Hormones androgènes : définition, femme, lesquelles ?

Hormones androgènes : définition, femme, lesquelles ?

Définition : Qu’est-ce qu’une hormone androgène ?

Le terme androgène définit les hormones provoquant l’apparition des caractères sexuels masculins tels que la pilosité. Ces hormones androgènes sont naturellement sécrétées par les glandes surrénales, les testicules, mais aussi les ovaires chez la femme. La plus connue est la testostérone, produite à un taux vingt fois supérieur par l’homme que par la femme. Sous une forme synthétique, les androgènes peuvent être utilisés pour traiter des dysfonctionnements testiculaires et dans de rares cas des états de dénutrition, ou encore des aplasies médullaires. « On fabrique tous de la testostérone mais pas au même niveau, les hommes en fabriquent beaucoup plus. Ce sont les gonades (testicules chez l’homme et ovaires chez la femme) qui fabriquent majoritairement ces hormones. La surrénale joue un rôle accessoire dans la production de testostérone, sauf quand elle s’emballe« , précise le Dr Olivier Dupuy, endocrinologue

Quelles sont les hormones androgènes ?

Les hormones androgènes comprennent :

  • la testostérone
  • la déhydroépiandrostérone (DHEA)
  • le sulfate de déhydroépiandrostérone (DHEAS)
  • l’androstènedione
  • l’androstérone
  • l’androstènediol
  • l’androstanolone

« Les principales sont la DHEA, la Delta4 androstènedione et la testostérone, les autres sont anecdotiques et la testostérone entraîne 90% des effets des androgènes« , tient à préciser l’endocrinologue.

Quelles sont les hormones androgènes surrénaliennes ?

« Les hormones androgènes surrénaliennes sont les mêmes que celles qui sont sécrétées par les gonades (testicules/ovaires. La seule différence, c’est qu’elles sont sécrétées dans des quantités bien moindres« , informe le spécialiste.

Quelles sont les hormones androgènes chez la femme ?

Les hormones androgènes chez la femme sont les mêmes que chez l’homme, à savoir : la testostérone, la déhydroépiandrostérone (DHEA), le sulfate de déhydroépiandrostérone (DHEAS), l’androstènedione, l’androstérone, l’androstènediol et l’androstanolone.

Les hormones androgènes agissent directement sur l’acné 

Quelles sont les hormones androgènes masculines ?

Les hormones androgènes masculines sont les mêmes que les hormones androgènes féminines. Les principales sont la DHEA, la Delta4 androstènedione et la testostérone.

Comment diminuer les hormones androgènes ?

« En cas de pilosité excessive, un dosage de la testostérone sera réalisé. Si le résultat se révèle supérieure à 2 nanogrammes par ml, une tumeur sécrétant des androgènes est suspectée, ce qui va conduire à examiner la surrénale et les ovaires. Si le diagnostic est confirmé, on procédera à une intervention chirurgicale. Si la testostérone est un peu plus élevée que la normale, c’est par ordre de fréquence, un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), pathologie souvent évoquée, qui sera recherché. En l’absence de cause, on parle d’hirsutisme idiopathique« , indique l’endocrinologue. S’il n’y a pas de volonté de grossesse en période d’activité génitale chez la femme, un traitement anti-aldostérone comme la spironolactone pourra être mis en place pour réduire le fonctionnement des hormones androgènes. Une pilule oestro-progestative à faible dose pourra également être proposée. Il faut savoir que le traitement ne fait effet qu’au bout de 4 à 6 mois. 

Quel lien avec l’acné ?

Si les hormones androgènes ont un effet indirect sur le système pileux, elles agissent directement sur les glandes sébacées et le développement de l’acné. Au moment de la puberté, certains adolescents produisent trop d’androgènes, qui stimulent la surproduction de sébum (séborrhée) par les glandes sébacées et favorisent l’apparition de l’acné. 

Merci au Dr Olivier Dupuy, Chef de service d’endocrinologie, diabétologie et nutrition de l’hôpital Paris Saint-Joseph.


Source : JDF Santé

Sténose œsophagienne : symptômes, un cancer ?

Sténose œsophagienne : symptômes, un cancer ?

Qu’est-ce qu’une sténose œsophagienne ?

Une sténose œsophagienne désigne le rétrécissement de l’œsophage (organe du système digestif véhiculant les aliments du pharynx à l’estomac). Ce phénomène survient au cours de diverses pathologies telles qu’un cancer de l’œsophage. Cette sténose œsophagienne se traduit par des difficultés à déglutir (dysphagie) et dans certains cas exceptionnels par des hématémèses (rejets de sang par la bouche). La sténose œsophagienne peut aussi être consécutive au reflux gastro-œsophagien qui peut entrainer une inflammation de l’œsophage (œsophagite), puis une sténose dite peptique en lien avec les phénomènes de cicatrisation.  

Quels sont les symptômes d’une sténose œsophagienne ?

Le symptôme principal d’un rétrécissement de l’œsophage est une difficulté à déglutir (inconfort au passage de la nourriture). Cela concerne d’abord seulement les aliments solides mais peut s’aggraver au point que même les liquides aient du mal à passer. « Les autres symptômes pouvant survenir sont des régurgitations, c’est-à-dire des remontées de contenus alimentaires ou salivaires de l’œsophage vers la bouche, et un amaigrissement. Dans tous les cas, la dysphagie représente un signe d’alarme qui doit amener à consulter un médecin rapidement« , indique le Pr Maximilien Barret, gastro-entérologue.

Quelles sont les causes d’une sténose œsophagienne ?

La sténose œsophagienne peut être bénigne, due à la cicatrisation d’une inflammation de l’œsophage (œsophagite) provoquée par un reflux gastro-œsophagien. « Des inflammations de l’œsophage peuvent également provoquer une sténose œsophagienne, par exemple suite à une irradiation ou à une chirurgie de l’œsophage avec une suture qui aurait été faite dans l’œsophage« , précise le gastro-entérologue. La sténose œsophagienne peut également être maligne, traduisant notamment un cancer de l’œsophage

Est-ce un signe de cancer ?

La sténose œsophagienne peut être un signe de cancer. « Sur le plan des symptômes, elle ne se différencie pas des autres sténoses mais l’aspect endoscopique est très caractéristique« , détaille le spécialiste.

Comment diagnostique-t-on une sténose œsophagienne ?

Devant une dysphagie, il est nécessaire d’éliminer une sténose œsophagienne en réalisant une endoscopie oeso-gastro-duodénale avec un gastro-entérologue. Cet examen permet de rechercher une sténose et de la caractériser. Les biopsies vont permettre d’identifier les cellules cancéreuses.

Quel est le traitement d’une sténose œsophagienne ?

La prise en charge du rétrécissement de l’œsophage est souvent d’ordre endoscopique : l’œsophage va être dilaté pour permettre un meilleur passage des aliments. En pratique, le gastroentérologue gonfle, au cours d’une au cours d’une endoscopie oeso-gastro-duodénale réalisée sous anesthésie, un ballonnet dans l’œsophage, pour augmenter son calibre. « Si la sténose œsophagienne est due à une inflammation, un traitement médicamenteux concomitant doit être proposé, par inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) ou la corticothérapie locale selon la cause de la sténose. Celui-ci devra être poursuivi à vie, en complément du traitement local endoscopique », ajoute le spécialiste.  Un cancer de l’œsophage mis en évidence par les biopsies sera traité par une chirurgie (l’oesophagectomie), la radiothérapie et/ou la chimiothérapie. 

Merci au Pr Maximilien Barret, gastro-entérologue à l’hôpital Cochin.


Source : JDF Santé

Fentanyl : un analgésique 50 fois plus puissant que l'héroïne

Fentanyl : un analgésique 50 fois plus puissant que l'héroïne

[Mise à jour le 7 avril 2023 à 15h48] Le fentanyl est un médicament antidouleur très puissant. Après avoir été à l‘origine du décès du chanteur Prince en 2016, le fentanyl aurait aussi provoqué la mort du rappeur américain Coolio en septembre 2022, selon le rapport du médecin légiste publié jeudi 6 avril 2023 par le comté de Los Angeles, relayé par Reuters. Coolio aurait fait une overdose accidentelle, il souffrait de maladies cardiaques et d’asthme.

Définition : c’est quoi le fentanyl ?

Le fentanyl est un analgésique opioïde de synthèse dérivé de la phénylpipéridine, qui agit principalement sur les récepteurs morphiniques de type μ. Découvert dans la fin des années 1950, il est utilisé comme médicament contre la douleur, son effet analgésique étant environ 100 fois plus puissant que celui de la morphine et au moins 50 fois plus puissant que celui de l’héroïne. Ce médicament est inscrit sur la liste des stupéfiants, en raison de ses dangers pour la santé, des risques en cas de mauvaise utilisation et de la complexité de manipulation qui en découle. Chez l’Homme, la dose létale de fentanyl est estimée à 2 mg.

Indications : pourquoi prendre du fentanyl ?

Le fentanyl peut être indiqué dans la prise en charge des accès douloureux paroxystiques (accès plus forts et transitoires d’une douleur déjà présente et stable) d’origine cancéreuse, dans les analgésies post-opératoires, des douleurs chroniques intenses, des anesthésies et des neuroleptanalgésies (anesthésies provoquées à la fois par un analgésique et un neuroleptique).

Quel est le mode d’action du fentanyl ?

Le fentanyl est un agoniste morphinomimétique pur, c’est-à-dire qu’il agit sur les récepteurs de la morphine, et plus particulièrement sur le récepteur morphinique μ. Ce type de récepteur présent au niveau du cerveau, de la moelle épinière et du système digestif module notamment la réponse à la douleur, l’humeur, la dépendance physique et la motilité gastro-intestinale. L’action thérapeutique recherchée du fentanyl est avant tout une analgésie (soulagement de la douleur). Le fentanyl est une molécule lipophile (à forte affinité pour les corps gras et à faible affinité pour les substances aqueuses) et son absorption est très rapide par la muqueuse buccale, mais il peut également être administré par voie injectable ou transdermique. L’action du fentanyl sur la douleur est rapide tout comme sa durée d’action, elle dépend de la dose administrée et ainsi de sa concentration plasmatique. 

Fentanyl en patch : quand, quel délai d’action ?

Les patchs de fentanyl (dispositifs transdermiques) sont indiqués chez l’adulte dans le traitement des douleurs chroniques sévères qui nécessitent une administration continue au long cours d’opioïdes, ainsi que pour les douleurs chroniques sévères chez l’enfant (à partir de 2 ans) recevant un traitement par opioïdes. Les patchs permettent une libération continue de fentanyl dans le sang, par passage transdermique, pendant 72h soit la durée d’application du patch. Après l’application d’un premier patch, l’effet maximal est observé après 12 à 24 heures. L’effet reste ensuite stable durant les applications ultérieures (toutes les 72 heures) de patchs de même taille. Par contre en cas de changement de dosage, un délai de 12 à 24 heures est de nouveau nécessaire après la mise en place du patch.

Fentanyl en comprimé : quand, quel délai d’action ?

Le fentanyl sous forme de comprimé (sublingual, bucco-gingival ou avec applicateur buccal) est un antalgique d’action rapide, il est utilisé dans le traitement des accès douloureux paroxystiques chez les patients adultes qui utilisent déjà des morphiniques en traitement de fond pour traiter les douleurs chroniques d’origine cancéreuse.  Il est absorbé par la muqueuse buccale en environ 30 minutes et son effet sur la douleur est observé entre 20 minutes et 4 heures après l’administration du médicament. L’effet maximal est parfois atteint en moins d’une heure, et jusqu’à 8 heures dans certains cas.

Quels sont les médicaments qui contiennent du fentanyl ?

Il existe sur le marché pharmaceutique divers médicaments à base de fentanyl, et pour lesquels les formes galéniques diffèrent. Sont commercialisés : 

  • Abstral® en comprimé sublingual (100 mcg, 200 mcg, 300 mcg, 400 mcg, 600mcg et 800 mcg) ainsi que ses génériques, 
  • Actiq® comprimé avec applicateur buccal (200 mcg, 400 mcg, 600 mcg, 800 mcg, 1200 mcg et 1600 mcg), 
  • Breakyl® film orodispersible (200 mcg et 400 mcg), 
  • Durogesic® dispositif transdermique ou patch (12 mcg/h, 25 mcg/h, 50 mcg/h, 75 mcg/h et 100 mcg/h) et ses génériques fentanyl et Matrifen®, 
  • Effentora® comprimé bucco-gingival (100 mcg, 200 mcg, 400 mcg, 600 mcg, 800 mcg) et ses génériques fentanyl, 
  • Fentanyl Piramal® solution injectable en ampoule (100 mcg/2ml et 500 mcg/10 ml) et ses génériques fentanyl, 
  • Fentanyl Renaudin® solution injectable IV/péridurale en ampoule (50 mcg/ml), 
  • Instanyl® solution pour pulvérisation nasale en récipient unidose ou en récipient multidose (50 mcg, 100 mcg, 200 mcg), 
  • Pecfent® solution pour pulvérisation nasale (100 mcg/pulv, 400 mcg/pulv), 
  • Recivit® comprimé sublingual (133 mcg, 267 mcg, 400 mcg, 533 mcg et 800 mcg).

Disponible avec ou sans ordonnance ? 

Le fentanyl ne peut être obtenu qu’au moyen d’une prescription médicale. Pour être délivré, il doit de plus être prescrit sur une ordonnance sécurisée car il fait partie des médicaments stupéfiants, pour lesquels la réglementation est stricte et très encadrée (durée maximale de prescription de 28 jours, délivrance à l’unité correspondant au nombre exact de prises prescrites, délivrance fractionnée tous les 7 jours sauf mention expresse du médecin, chevauchement d’ordonnances impossible sauf mention expresse du médecin, ordonnance rédigée en toutes lettres).

Quels sont les effets secondaires du fentanyl ? 

Les effets secondaires les plus fréquents sont des nausées, de la constipation, de la somnolence, des vertiges et des maux de tête, des difficultés respiratoires, de la sécheresse buccale, de la transpiration et une sensation de fatigue. Plus rarement, il est possible de constater une hypersensibilité, une perte d’appétit voire une anorexie, des troubles psychiatriques (dont l’euphorie), des pertes de mémoire, des modifications du goût, des tremblements, des troubles du sommeil, une vision floue, un rétrécissement de la pupille, une hypotension, une hypothermie, des troubles digestifs divers, des manifestations cutanées, des dysfonctions érectiles, un syndrome de sevrage ou encore un surdosage accidentel. En cas de surdosage en fentanyl (overdose), une dépression respiratoire, un état de choc, une hypotension sévère, une rigidité musculaire ou encore un coma peuvent survenir. Ces signes sont à prendre au sérieux, et peuvent dans certains cas mener au décès. D’autres effets délétères du fentanyl sont la tolérance (besoin de doses plus élevées au cours du temps) et la dépendance physique, qui sont très variables d’une personne à une autre.

Quelles sont les contre-indications du fentanyl ? 

Le fentanyl par voie intrabuccale est contre-indiqué en cas d’allergie au fentanyl ou à un excipient contenu dans le médicament, en cas d’absence de traitement de fond morphinique (risque accru de dépression respiratoire), en dehors des accès douloureux paroxystiques, en cas de dépression respiratoire sévère, en cas de pathologie pulmonaire obstructive sévère ainsi qu’en cas de traitement simultané par un médicament contenant de l’oxybate de sodium. La forme film buccogingival (Breakyl®) est contre-indiqué de plus en cas d’administration simultanée ou dans les deux semaines suivant l’arrêt d’un IMAO. Les patchs de fentanyl sont également contre-indiqués dans les douleurs aigues ou post-opératoires en raison de l’impossibilité de réaliser une titration de la dose dans un traitement de courte durée, et de l’hypoventilation grave voire fatale qui pourrait en résulter. Ils sont contre-indiqués en cas d’association avec la buprénorphine ou la nalbuphine. La forme injectable est contre-indiquée aussi en cas d’association à des morphiniques agonistes-antagonistes ou à la naltrexone. Enfin, une vigilance accrue s’impose avec la prise de fentanyl en raison du risque de dépendance physique, psychique et des abus qu’il peut entraîner, ainsi que du risque de syndrome de sevrage (y compris néonatal), de syndrome sérotoninergique, et des risques liés à la prise concomitante de médicaments sédatifs et de l’alcool.


Source : JDF Santé

Fibrome sous-séreux : symptômes, comment le traiter ?

Fibrome sous-séreux : symptômes, comment le traiter ?

Définition : c’est quoi un fibrome sous-séreux ?

Le fibrome sous-séreux est un fibrome, donc une tumeur bénigne, de l’utérus positionné sur son bord externe, du côté de la paroi abdominale. Il peut être inséré dans le muscle utérin ou relié par un pédicule. Très fréquente, cette pathologie touche essentiellement les femmes entre 30 et 40 ans, et plus souvent d’origine afro-américaine. 

Quels sont les symptômes d’un fibrome sous-séreux ?

Schéma d'un fibrome sous-séreux
Schéma d’un fibrome sous-séreux © fancytapis-123RF / Journal des Femmes

Le fibrome sous-séreux est relativement asymptomatique. Lorsqu’il est pédiculé, il peut se tordre, ce qui déclenche une vive douleur. Il peut déclencher des troubles sur les organes avoisinants s’il est trop volumineux : troubles urinaires, rénaux ou intestinaux. De plus, s’il est bas, il peut représenter une gêne lors de l’accouchement. Un fibrome sous-séreux peut éventuellement grossir sous l’effet des hormones. Autrement dit, cela n’est pas censé se produire chez la femme ménopausée. Si c’est le cas, cela doit faire suspecter une tumeur maligne, un sarcome.

Un fibrome sous-séreux peut-il devenir cancéreux ?

Un fibrome sous-séreux n’évolue pas en cancer. En revanche, il existe des tumeurs malignes du muscle appelées sarcomes. « Sur le plan radiologique, il est difficile de faire la différence, sauf s’il y a des signes d’aggravation rapides tels qu’une gêne ou une non-réponse au traitement médical. Les sarcomes représentent 1 à 2 fibromes pour 1000, ce qui reste très rare mais le risque existe« , indique le Dr Patricia Pautier, oncologue.

Quelle est la cause d’un fibrome sous-séreux ?

Les causes exactes des fibromes sous-séreux sont méconnues. On sait, par exemple, que les dérèglements hormonaux ne les induisent pas mais activent leur croissance. « L’origine ethnique joue également un rôle puisque la moitié des femmes afro-américaines ont un ou plusieurs fibromes. D’autres facteurs de risque pourraient favoriser leur survenue : l’hérédité, le surpoids, un taux élevé d’œstrogènes ou encore l’âge puisqu’au-delà de 45 ans, une grande partie des femmes ont des fibromes« , précise l’oncologue médical.

Comment diagnostique-t-on un fibrome sous-séreux ?

Le diagnostic du fibrome sous-séreux est essentiellement clinique et palpable à l’examen gynécologique. Le gynécologue peut le contrôler à l’échographie s’il grossit entre deux consultations mais la plupart du temps, l’examen gynécologique suffit pour le surveiller. En cas de croissance rapide du fibrome sous-séreux et/ou de gêne ressentie par la patiente, l‘ablation du fibrome pourra être envisagée. Au préalable, une IRM devra être effectuée pour éliminer une tumeur plus agressive.

Comment traiter un fibrome sous-séreux ?

Dans la majorité des cas, le fibrome sous-séreux ne nécessite aucun traitement. En présence d’un fibrome volumineux ou en cas de complication, notamment si le fibrome sous-séreux se tord autour du pédicule, la chirurgie pour enlever le fibrome peut être indiquée. « Chez la femme non ménopausée, une castration chimique grâce à l’administration d’un médicament bloquant les règles peut être proposé. Toutefois, à l’arrêt du traitement, le fibrome risque de grossir à nouveau« , informe la spécialiste. Si la femme a un désir de grossesse et/ou qu’elle est gênée, le fibrome pourra être retiré s’il n’est pas suspect à l’imagerie. Dans de très exceptionnels cas, certains critères à l’IRM peuvent être suspects, auquel cas une biopsie pourra être réalisée dans un centre spécialisé. Un autre traitement qui peut être proposé pour réduire le fibrome est l’embolisation. « Cette technique consiste à boucher une petite artère située dans le fibrome afin de diminuer sa taille en réduisant sa vascularisation« , détaille le Dr Patricia Pautier. Par contre, un fibrome sous-séreux qui prend de l’ampleur chez une femme ménopausée doit faire discuter une hystérectomie car il peut s’agir d’un sarcome et il faut éviter le morcellement de la tumeur qui peut survenir lors d’une exérèse isolée de la tumeur.

Merci au Dr Patricia Pautier, oncologue médical, responsable du comité de gynécologie de l’institut Gustave Roussy.


Source : JDF Santé