Les transformations alimentaires ne datent pas d’hier ! Mais celles-ci ont évolué permettant aujourd’hui aux consommateurs de disposer d’une offre d’alimentaire variée. Le problème c’est que les étiquettes sont de plus en plus difficiles à déchiffrer. Afin de caractériser cette offre alimentaire au-delà de sa qualité nutritionnelle, le concept d‘aliment ultra-transformé est apparu ces dernières années. Un aliment ultra-transformé a subi d’importantes transformations physiques, chimiques ou biologiques par des procédés industriels mais a aussi subi des ajouts d’additifs ou d’ingrédients industriels issus du fractionnement des matières premières agricoles ou de synthèses chimiques. Selon une étude de l’Inserm, la part des aliments « ultra-transformés » représenterait 30% en moyenne des apports caloriques quotidiens en France et peut monter jusqu’à 60% dans certains pays occidentaux comme le Royaume-Uni ou les Etats-Unis. Selon une étude publiée en décembre 2022 dans le JAMA Neurology, « la consommation d’aliments ultra-transformés pourrait être associée à un déclin cognitif chez les adultes d’âge moyen et plus âgés ». L’étude, qui a porté sur 10 775 personnes âgés de 35 à 74 ans a démontré que les participants du groupe dont la consommation d’aliments ultra-transformés était supérieure aux autres ont montré un taux de déclin cognitif global 28 % plus rapide et un taux de déclin des fonctions exécutives 25 % plus rapide.Quels risques pour la santé ? Comment les reconnaître ? Les éviter ? Décryptage avec Isabelle Souchon, directrice de recherche INRAE sur la qualité et les procédés de transformation des fruits et légumes.
Définition : c’est quoi un aliment ultra-transformé ?
Avant de définir l’ultra-transformation, il faut savoir ce qu’est la transformation des aliments.
► Un aliment « transformé » est obtenu à partir de matières premières végétales ou animales qui ont subi des transformations (comme par exemple une découpe, un hachage, un mélange, ou une cuisson) et qui sont associées à une formulation ou une recette avec l’ajout de sucre, d’huile, de sel ou d’autres ingrédients habituellement utilisés en cuisine. C’est le cas des aliments en conserve, du pain frais, des fromages, des viandes et poissons fumés, des graines salées…
► Un aliment « ultra-transformé » a lui subi de nombreux procédés industriels de transformation ou contient plusieurs additifs ou ingrédients industriels. En France, la classification Nova (élaborée en 2009) a été proposée par des chercheurs Brésiliens pour évaluer les aliments selon leur degré de transformation. Elle comporte quatre niveaux différents. Elle est utilisée par les instances de santé publique et les épidémiologistes dans le cadre de leurs recherches, mais elle manque de précision pour les consommateurs. « Les aliments ultra-transformés correspondent au groupe 4 de la classification Nova (voir en-dessous).Ce sont des aliments qui ont subi d’intenses transformations physiques, chimiques ou biologiques ou des aliments dans lesquels on trouve des ingrédients qu’on ne trouverait pas dans notre cuisine, comme des ingrédients très formulés ou des additifs (édulcorants, émulsifiants, texturants, exhausteurs de goût, antioxydants…qui sont ajoutés dans les aliments pour améliorer leur saveur, leur goût, leur apparence et pour mieux les conserver) indique notre interlocutrice.
Aujourd’hui, la classification Nova n’est pas satisfaisante. Il faudrait aller plus loin.
Contrairement au Nutri-Score, la classification Nova ne suit pas un algorithme, il s’agit d’une description qualitative qui intègre de nombreuses dimensions (procédés traditionnels et industriels, formulation complexe (plus de 5 ingrédients), ingrédients ou additifs dits » cosmétiques « , fractionnement des matières premières) et manque de précision.Aujourd’hui, cette classification n’est pas satisfaisante. Il faudrait aller plus loin. C’est notamment bien dommage que cette classification proposée par des nutritionnistes ne se soit pas appuyée sur des expertises de différents domaines disciplinaires comme celles des sciences et des procédés alimentaires. Un travail interdisciplinaire avec également des épidémiologistes et des nutritionnistes est nécessaire.A noter qu’il existe le système de notation baptisé Siga, imaginé par une start-up française, qui propose 7 niveaux différents tout en s’appuyant sur la classification Nova, ce qui permet d’affiner le classement sur la base des marqueurs d’ultra-transformation (toutes les informations sur le site)« .
Classification Nova
Groupe 1
Aliments bruts ou peu transformés (rôtis emballés sous vide, broyés, torréfiés, fermentés…) : fruits, légumes, viandes, pâtes, lait…
Groupe 2
Ingrédients issus de matières brutes par pressage, raffinage, broyage, séchage : sel, huile, sucre… Certains minéraux et additifs sont admis
Groupe 3
Aliments transformés à partir de denrées des groupes 1 et 2 (conservation, cuisson, fermentation) : légumes ou fruits en conserve, graines et noix salées, viandes fumées, poissons en conserve, fromages et pains frais. Certains additifs (conservateurs, antioxydants…) sont admis
Groupe 4
Aliments ultra-transformés : produits des précédents groupes + ingrédients industriels (huile hydrogénée, sirop de glucose…) et additifs « cosmétiques » (colorant, arôme, exhausteur de goût…) + procédés de fabrication industriels tels que chauffage à haute température, extrusion, cracking…
Pourquoi fabrique-t-on des aliments ultra-transformés ?
La transformation de matières premières répond à deux objectifs :
Produire des aliments comestibles sans risque et agréables à manger. « Les matières premières agricoles sont par définition variables ; variabilité qui dépend des espèces, des variétés, des sols, des climats… Pour s’affranchir de cette variabilité, et éviter d’adapter les procédés de transformation à chaque changement de matière première, les industriels s’appuient souvent sur des formulations ou assemblages complexes (par exemple l’ajout de gluten pour renforcer une farine et faciliter l’obtention d’une pâte aérée, ou bien l’ajout de protéine de pois pour avoir une émulsion plus stable, sans oublier l’ajout d’arôme qui participe aussi de lisser les variabilités)« , détaille notre interlocutrice.
Permettrela conservation des ingrédients ou aliments au-delà de leur période de récolte. « La transformation des aliments répond notamment à un objectif de durabilité des produits, de conservation et de praticité« , précise notre experte.
Quels sont les exemples d’aliments ultra-transformés ?
Pour simplifier, les aliments ultra-transformés ont subi des procédés de transformation et contiennent généralement des ingrédients qui ne se retrouvent pas dans le garde-manger. Par exemple, des additifs sont ajoutés pour augmenter la durée de conservation ou pour rehausser la saveur. On peut citer par exemple :
Les sodas
Les produits comme les cordons bleus, les bâtonnets et nuggets à base de volaille, de poisson (surimis), ou de viande reconstituée
Les nouilles instantanées
Les soupes de légumes déshydratés
La plupart des pains et brioches industriels, barres de céréales, barres « énergétiques », gâteaux et biscuits industriels
Les céréales pour le petit-déjeuner
La plupart des margarines
La plupart des boissons lactées aromatisées
Les desserts sucrés à base de fruits additionnés de sucres, d’arômes artificiels et d’agents texturants
La plupart des légumes assaisonnés avec des sauces prêtes à l’emploi
Les galettes végétales (substituts de viande) contenant des additifs (texturants, exhausteurs de gout…) ;
Les chewing-gums, bonbons avec colorants ou édulcorants
Les produits « santé » et « minceur » tels que les substituts de repas et de plats en poudre ou « enrichis », les aliments (yaourts, boissons, biscuits…) édulcorés
Si on applique la classification Nova, les laits maternisés sont aussi des aliments ultra-transformés !
Quels sont les risques des aliments ultra-transformés pour la santé ?
Une consommation plus élevée d’aliments ultra-transformés était associée à des risques plus élevés de maladies cardiovasculaires, coronariennes et cérébrovasculaires.
Les aliments ultra transformés sont de moins bonne qualité nutritionnelle en moyenne (plus de sel, sucre, graisses, moins de fibres, de vitamines et de minéraux) que les aliments peu transformés. Ils se caractérisent également souvent par la présence d’additifs alimentaires, de composés néoformés et de composés provenant des emballages et autres matériaux de contact. Dans une étude* parue dans le British Medical Journal, des chercheurs de l’Inserm, de l’Inra, de l’Université Paris 13 et du Cnam au sein de l’Équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle EREN rapportent un risque accru de maladies cardiovasculaires chez les consommateurs d’aliments ultra-transformés. Les résultats de l’étude indiquent qu’une augmentation de 10% de la part d’aliments ultra-transformés dans un régime alimentaire (par exemple, en comparant deux individus consommant respectivement 15% et 25% de leurs aliments sous forme ultra-transformée) était associée à une augmentation de 12% de risque de maladies cardiovasculaires au global (13% pour les maladies coronariennes et 11% pour les maladies cérébro-vasculaires). Divers facteurs de transformation, tels que la composition nutritionnelle du produit final, les additifs, les matériaux de contact et les contaminants néoformés pourraient jouer un rôle dans ces associations. Ont été également mis en évidence un risque accru de dyslipidémie, de surpoids, d’obésité et d’hypertension artérielle, des facteurs de risque des maladies cardiovasculaires. Ont aussi été mis en évidence dans d’autres études citées par l’Inserm :
un risque de cancer,
un risque de mortalité,
un risque de symptômes dépressifs,
un risque de troubles fonctionnels digestifs.
Ces résultats doivent néanmoins être confirmés dans d’autres populations et contextes, et la causalité reste à établir. Selon une étude publiée le 5 décembre 2022 dans le JAMA Neurology, « la consommation d’aliments ultra-transformés pourrait être associée à un déclin cognitif réduit chez les adultes d’âge moyen et plus âgés ». L’étude, qui a porté sur 10 775 personnes âgés de 35 à 74 ans a démontré que le participants du groupe dont la consommation d’aliments ultra-transformés était supérieure aux autres ont montré un taux de déclin cognitif global 28 % plus rapide et un taux de déclin des fonctions exécutives 25 % plus rapide.
Les aliments industriels représenteraient aujourd’hui plus de 50% en masse des régimes alimentaires des adultes français, selon une étude de l’Anses (2017). La part des aliments « ultra-transformés » représenterait 30% en moyenne des apports caloriques quotidiens en France et peut monter jusqu’à 60% dans certains pays occidentaux comme le Royaume-Uni ou les Etats-Unis. Le gouvernement français s’était fixé un objectif de réduction de 20% la consommation « d’aliments ultra-transformés » pour 2022. Les recommandations nutritionnelles publiées par Santé publique France conseillent de limiter la consommation d’aliments ultra-transformés et de privilégier les aliments bruts ou peu transformés.
Comment reconnaître un aliment ultra-transformé ?
Même s’il renseigne sur le profil nutritionnel global des aliments, le Nutri-Score ne permet pas d’éviter à tout prix les aliments ultra-transformés.
Exemples d’additifs ou d’ingrédients présents dans les aliments ultra-transformés :
sirop de glucose-fructose
lécithine de soja
isolat de protéine
maltodetxrine
huiles hydrogénées
amidon modifié
E 300, E 104, E 129,
gomme de xanthane
carboxyméthylcellulose
nitrites
acésulfame K
glutamate
« Pour évaluer le degré de transformation d’un aliment, il y a beaucoup de dimensions à prendre en compte. C’est pour cela que c’est très compliqué de définir la classification Nova d’un aliment. On se base sur plusieurs paramètres« , tient à préciser notre interlocutrice. Généralement, un aliment ultra-transformé contient :
Un (sur)emballage
Un packaging attrayant, coloré, avec des personnages pour enfant
Une liste d’ingrédients longue et difficile à comprendre (avec ingrédients artificiels)
Une quantité de sucre se rapprochant de la quantité de glucide
Du sucre qui arrive dans les premiers ingrédients dans la liste
Attention : même s’il renseigne sur le profil nutritionnel global des aliments, le Nutri-Score ne permet pas d’éviter à tout prix les aliments ultra-transformés. En effet, « par exemple, dans la catégorie de Nutri-Score A, il y a 20% d’aliments ultra-transformés (Nova 4). Dans la catégorie Nutri-Score B, il y a 57% d’aliments Nova 4. Toutefois, plus on a un Nutri-Score « mauvais », plus la proportion des aliments ultra-transformés est grande« , souligne Isabelle Souchon.
Comment éviter de manger des aliments ultra-transformés ?
Dans la mesure du possible, préférez les aliments :
Sans emballage
Sans personnage pour enfant
Avec une liste d’ingrédients courte et facile à comprendre (sans ingrédient artificiel)
Avec une bonne qualité nutritionnelle (pas trop de sucre…)
Cuisinez maison, avec des produits bruts ou très peu transformés quand c’est possible
Merci à Isabelle Souchon, directrice de recherche INRAE sur la qualité et les procédés de transformation des fruits et légumes.
*Etude de l’Inserm « Consommation d’aliments ultra-transformés et risque de maladie cardiovasculaire », réalisée dans le cadre de la cohorte NutriNet-Santé, par l’Équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle, plus spécifiquement par le Dr Bernard Srour (épidémiologiste, doctorant), sous la direction du Dr Mathilde Touvier (directrice de recherche Inserm, directrice de l’équipe). Plus de 100 000 participants de la cohorte française NutriNet-Santé (suivis entre 2009 et 2018) ont été inclus. À l’entrée dans l’étude, la consommation alimentaire habituelle a été évaluée grâce à des enregistrements de 24 h répétés (6 en moyenne par participant) portant sur 3 300 aliments et boissons différents.
[Mis à jour le 15 décembre 2022 à 12h55] Alors que l’épidémie rebondit en France, épidémiologistes et membres du gouvernement appellent à la vigilance. « Portons le masque dès que nous sommes avec des personnes fragiles ou dans des zones de promiscuité, comme les transports en commun » a déclaré Elisabeth Borne, Première ministre, lors de la séance des questions au gouvernement, à l’Assemblée nationale du 29 novembre. Pour autant, le retour du port du masque obligatoire n’est pas clairement d’actualité : « Il y a pas d’automatisme, parce que les critères (pour son retour, ndlr) sont multiples« , a déclaré le ministre de la Santé, François Braun, sur franceinfo le 13 décembre. « On voit bien que nous sommes face à une triple épidémie : la grippe, le Covid et la bronchiolite, cet ensemble fait que les choses sont compliquées » a-t-il poursuivi estimant qu’ « il faut qu’on sorte de cette logique où il faut systématiquement des textes pour faire des gestes simples« . Quand faut-il vraiment porter un masque ? Lequel ? En pharmacie ? A l’hôpital ? Règles en vigueur cet automne.
Où le masque est-il obligatoire aujourd’hui ?
Le masque n’est plus obligatoire en France depuis le 1er août 2022. Y compris dans les hôpitaux, les pharmacies, chez les médecins… Enfin, de manière générale. Car un arrêté publié au Journal Officiel indique que le responsable de l’établissement ou du service médico-social peut décider de le rendre obligatoire dans les hôpitaux, cliniques, centres de santé, cabinets médicaux, officines de pharmacie, Ehpad… Par exemple, les hôpitaux de Paris (AP-HP) ont décide de maintenir cette mesure : « le port du masque reste obligatoire à l’intérieur des bâtiments hospitaliers de l’AP-HP (pas dans les espaces extérieurs) pour les personnels, patients et visiteurs« , ont-ils indiqué à nos confrères du Figaro le 28 juillet 2022. Autrement dit, le port du masque reste obligatoire à partir de 6 ans dans les établissements des hôpitaux de Paris (il y est obligatoire pour les soignants, les patients et les visiteurs). L’Académie de Médecine recommande de porter un masque dans les hôpitaux, les dispensaires, les centres de soins et les pharmacies, et dans les espaces fermés accueillant du public, tels que les transports en commun en période d’affluence.
#COVID19#Mayenne Pour certaines personnes à risque de forme grave, les masques #FFP2 sont pris en charge par lassurance Maladie sur prescription médicale.
« Portons le masque dès que nous sommes avec des personnes fragiles ou dans des zones de promiscuité, comme les transports en commun. Ce sont des petits gestes qui sauvent des vies, nous le savons. Ils sont décisifs pour faire reculer l’épidémie« , a insisté Elisabeth Borne, Première ministre, lors de la séance des questions au gouvernement, à l’Assemblée nationale du 29 novembre 2022. Par exemple :
transports en commun (train, bus, taxi…)
salles de spectacles (concerts…)
centres commerciaux
bars
restaurants
établissement culturel (cinéma, musée…)
salles de réunion
établissements de santé, Ehpad…
L’Académie de Médecine a également partagé ses recommandations et recommande de le porter dans les hôpitaux, les dispensaires, les centres de soins et les pharmacies, et dans les espaces fermés accueillant du public, tels que les transports en commun en période d’affluence.
Quand mettre un masque FFP2 ?
L’Académie nationale de médecine recommande le port d’un masque de type FFP2 dans les espaces publics clos pour les personnes âgées ou porteuses de comorbidités, pour l’entourage et les professionnels de santé qui sont en contact avec des personnes vulnérables, et pour les femmes enceintes, même quand elles sont à jour dans leurs vaccination.
Le masque est-il obligatoire dans les transports ?
Le masque n’est plus obligatoire dans les transports mais il est « fortement recommandé » de le porter, rappelle le ministère de la Santé François Braun « pour se protéger et protéger les autres contre le coronavirus« . Brigitte Autran, la présidente du Covars (Comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires) qui remplace le Conseil scientifique recommande de « porter des masques de façon très fréquente« .
Le masque est-il obligatoire dans un train ?
Le port du masque n’est plus obligatoire dans les transports, donc dans les trains et TGV mais il y est fortement recommandé par le gouvernement et le président de la SNCF.
Le masque est-il obligatoire en avion ?
En Europe, non. L’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) ont publié, le 11 mai 2022, une mise à jour des mesures de sécurité sanitaire pour les voyages aériens, « abandonnant la recommandation du port obligatoire de masques médicaux dans les aéroports et à bord des vols » [depuis le 16 mai officiellement].
Le masque est-il obligatoire à la pharmacie ?
Non, depuis le 1er août, le masque n’est plus obligatoire dans les pharmacies. En revanche, le chef de l’établissement a le droit de continuer à imposer le port du masque pour les personnes à partir de 6 ans.
Le masque est-il obligatoire chez le médecin ?
Non, depuis le 1er août, le masque n’est plus obligatoire dans les cabinets médicaux et chez le médecin. En revanche, le chef du cabinet médical a le droit de continuer à imposer le port du masque pour les personnes à partir de 6 ans.
Le masque est-il obligatoire à l’hôpital ?
Depuis le 1er août, le masque n’est plus obligatoire à l’hôpital. Néanmoins, selon le site du Service-Public, les chefs des établissements de santé ont le droit de continuer à imposer le port du masque à l’intérieur des bâtiments, dans les établissements suivants (à partir de 6 ans) :
Hôpitaux, cliniques, centres de santé
Cabinets des professionnels médicaux et des psychologues, ostéopathes, chiropracteurs et psychothérapeutes
Officines de pharmacie
Laboratoires d’analyses médicales
Ehpad : Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes
Domiciles des personnes âgées ou handicapées qui reçoivent des soins (l’obligation peut être imposée par l’employeur du professionnel qui effectue des interventions à domicile)s.
A partir de quel âge le masque est-il obligatoire ?
Dans les lieux imposant le port du masque, le port du masque est obligatoire dès l’âge de 6 ans.
Quelle amende si on ne porte pas le masque ?
Ne pas porter de masque dans un lieu où il est obligatoire peut être sanctionné d’une contravention de 4e classe qui est définie par une amende forfaitaire de 135 euros. Mais le montant de l’amende varie selon les villes. Son montant est indiqué lors de la parution de l’arrêté préfectoral.
Sources
Fin du « pass vaccinal » et du masque obligatoire. Gouvernement. 14 mars 2022.
Protocole national pour assurer la santé et la sécurité des salariés en entreprise face à l’épidémie de Covid-19. Version applicable au 1er septembre 2021
Port du masque « grand public » obligatoire en lieux clos – FAQ du site du Ministère des Solidarités et de la Santé.
Arrivé en France en mai 2022, le virus de la variole du singe, appelé « Monkeypox » et renommé Mpox par l’OMS en novembre, semble se faire de plus en plus rare en France selon les données de Santé Publique France. « Le scenario le plus probable à moyen et long terme est celui du maintien d’une circulation virale à bas bruit à l’échelle européenne rendant l’hypothèse de l’élimination complète de l’infection à virus Monkeypox peu probable et conduisant à un risque de reprises épidémiques, voire saisonnières en France et en Europe » a cependant estimé le Comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires (Covars) dans son Avis du 22 novembre. Cettemaladie infectieusecontagieuse se transmet entre les Hommes (hommes et femmes peuvent l’attraper). Les personnes les plus à risque de l’attraper semblent être les hommes de 18 à 50 ans ayant des relations sexuelles avec des hommes ou rapportant des partenaires sexuels multiples.
Combien de cas de variole du singe en France ?
Depuis mai 2022, une forte proportion de cas de Mpox ont été signalés dans des pays (dont laFrance) sans transmission précédemment documentée. Elle est localisée originellement en Afrique. Depuis le pic de contaminations survenu fin juin/début juillet 2022, le nombre de cas confirmés de variole du singe diminue en France : 4109 cas d’infection dont 61% en Ile-de-France fin novembre 2022. Il est passé « sous le seuil de 5 cas » par semaine a indiquéSanté Publique France mais « il faut néanmoins rester prudent car l’amélioration des connaissances sur la maladie peut diminuer le recours aux soins des populations les mieux informées ». En France, les cas concernent principalement des hommes de 18 à 50 ans ayant des relations sexuelles avec des hommes ou rapportant des partenaires sexuels multiples. A ce jour, 81 608 cas dans le monde ont été confirmés à l’OMS. Aucun décès n’a été signalé à ce jour. Que sait-on de cette maladie ? Ses symptômes, sa transmission, la contagion de son virus ? Les risques ? Lors des rapports sexuels ?
La variole du singe est une maladie causée par un virus à ADN du genre Orthopoxvirus de la famille des Poxviridés. « C’est une zoonose virale rare (virus transmis à l’être humain par les animaux) que l’on observe principalement dans les zones isolées du centre et de l’ouest de l’Afrique, à proximité des forêts tropicales humides » indique l’OMS. On parle du variole du « singe » car le virus a été découvert en 1958 chez des singes de laboratoire à Copenhague mais « c’est une erreur de dire cela car c’est plutôt un virus variolique hébergé par des rongeurs comme les écureuils et les gros rats d’Afrique comme le rat de Gambie » nous explique le Pr Jeanne Brugère-Picoux. « Ce virus ressemble à celui de la variole sur le plan clinique mais le monkeypox est dû à un poxvirus différent du virus de la variole« précise l’OMS. La variole dite « du singe » est plus bénigne, associée à des ganglions (il n’y a pas de ganglions dans la variole), les cicatrices sont moins graves. La variole simienne ressemble aussi beaucoup à la varicelle qui est plus contagieuse. Le premier cas humain de variole du singe a été détecté en 1970, en République démocratique du Congo chez un enfant vivant dans une région où la variole avait été éliminée depuis 1968. On connaît deux souches de variole du singe :
la souche Congo ou souche d’Afrique centrale (la plus virulente) renommée « Clade I » par l’OMS en août 2022.
la souche d’Afrique occidentale (moins virulente qui semble être celle retrouvée dans les cas actuels) renommée « Clade II ».
« Les virus responsables de l’épidémie humaine mondiale récente sont dus à un nouveau clade (clade 3), issu du clade 2 » précise le Covars.
« Au microscope, on reconnaît tout de suite le virus »
Quel est le nom de la variole du singe ?
On a parlé initialement de la variole du « singe » car le virus a été découvert en 1958 chez des singes de laboratoire à Copenhague mais « c’est une erreur de dire cela car c’est plutôt un virus variolique hébergé par des rongeurs comme les écureuils et les gros rats d’Afrique comme le rat de Gambie » nous explique le Pr Jeanne Brugère-Picoux. Pour éviter d’offenser des groupes culturels, sociaux, nationaux, régionaux, professionnels ou ethniques et afin de minimiser un impact négatif sur le commerce, les voyages, le tourisme ou le bien-être animal, les experts de l’OMS ont renommé le virus « mpox » le 28 novembre 2022.Depuis le 12 août 2022, les noms des deux souches du virus Monkeypox ont été modifiés par l’OMS. On parle de « Clade I » pour désigner la souche dite « Congo » ou d’Afrique centrale (la plus virulente) et de « Clade II » pour la souche dite « d’Afrique occidentale » (moins virulente). Le Clade II se compose de deux sous-clades : « Clade IIa » et « Clade IIb » (retrouvé dans l’épidémie 2022).
When the outbreak of #mpox (#monkeypox) expanded earlier this year, racist and stigmatizing language was observed and reported to WHO. Some countries and individuals asked WHO to propose a way forward to address this https://t.co/VT9DAdYrGYpic.twitter.com/5GctQ6DXO9
LES 10 PAYS LES PLUS TOUCHES PAR LE MONKEYPOX (novembre 2022-OMS)
Etats-Unis
Brésil
Espagne
France
Colombie
Royaume-Uni
Allemagne
Pérou
Mexique
Canada
Quels sont les symptômes de la variole du singe ?
La variole du singe est une maladie « à tropisme cutané » nous explique le Pr Brugère-Picoux. Les symptômessont douloureux et très inconfortables. Ils disparaissent d’eux-mêmes, mais peuvent être graves dans certains cas.
Classiquement, dans les 5 premiers jours, l’infection par le Monkeypox provoque :
fièvre
maux de tête
adénopathie (gonflement des ganglions lymphatiques)
douleurs dorsales
myalgies (douleurs musculaires)
asthénie (épuisement)
Des maux de gorge
Dans les 1 à 3 jours (parfois plus) suivant l’apparition de la fièvre, le patient présente des éruptions cutanées (rash) qui commencent souvent sur le visage puis s’étendent à d’autres parties du corps, dont les paumes des mains, les plantes des pieds et les muqueuses (bouche et région génitale (sexe, anus)). L’atteinte cutanée survient en une seule poussée. Des démangeaisons sont fréquentes. Les boutons passent par différents stades successifs :
macules
papules
vésicules
pustules
croûtes
Lorsque les croûtes tombent, les personnes ne sont plus contagieuses. Les autres muqueuses (ORL, conjonctives) peuvent également être concernées. En cas d’apparition de symptômes (fièvre et éruption cutanée avec des vésicules), contacter le SAMU Centre 15. Il est recommandé de vous isoler en attendant un avis médical et d’éviter les contacts avec d’autres personnes. Une étude publiée en juillet 2022 dans le New England Journal of Medicine portant sur 528 cas d’infections Monkeypox diagnostiquées dans 16 pays entre avril et juin a montré que 95% des personnes présentaient une éruption cutanée (dont 64% avaient < 10 lésions), 73% avaient des lésions anogénitales et 41 % avaient des lésions muqueuses. Avant l’apparition de ces lésions, 62% avaient eu de la fièvre, 41% une léthargie, 31% une myalgie et 27% des maux de tête. 56% présentaient aussi un gonflement des ganglions. 70 personnes ont été hospitalisées pour prendre en charge leur douleur, principalement pour des douleurs anorectales sévères (21 personnes) ; surinfection des tissus mous (18) ; pharyngite limitant la prise orale (5); lésions oculaires (2); lésion rénale aiguë (2); myocardite (2); et à des fins de contrôle des infections (13). Aucun décès n’a été signalé.
Quel test permet de diagnostiquer la variole du singe ?
Les personnes ayant des symptômes évocateurs d’une infection à Monkeypox doivent contacter leur médecin traitant ou un Cegidd (centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic). Une analyse virologique par PCR permet de confirmer l’infection. Le prélèvement de référence est cutanée (au niveau des vésicules). Il peut aussi parfois être nasopharyngé si la personne a une poussée éruptive dans la bouche ou la gorge. « Au microscope (prélèvement cutané, ndlr), on reconnaît tout de suite le virus car c’est un gros virus » précise le Pr Brugère-Picoux. En attendant de réaliser le test et de connaître les résultats, les personnes testées doivent à s’isoler. En cas de test positif, il faut s’isoler pendant 21 jours, plus si les boutons ne sont pas complètement secs.
Combien de temps s’isoler si on a la variole du singe ?
Une personne dont le résultat du test diagnostique (PCR) au virus du monkeypox est positif est un cas confirmé de variole du singe et doit s’isoler à domicile pour une durée de 3 semaines (21 jours) à partir de leur date de début des signes si leur état clinique ne nécessite pas une hospitalisation, rappelle Santé Publique France. Elle est contagieuse depuis les premiers signes, jusqu’à la cicatrisation complète de la peau (disparition des croûtes). Cet isolement, après avis médical, peut être levé au bout de 14 jours en cas de guérison (cicatrisation de toutes les vésicules avec chute des croûtes). Un arrêt de travail ou une autorisation de télétravail à temps plein peut être délivrée par votre médecin traitant, précise l’ARS d’Ile-de-France.
Pendant l’isolement à domicile (idéalement) dans une pièce séparée des autres habitants :
Pas de sortie ni de visite, sauf indispensable (médicale par exemple)
Pas de contact physique (pas d’embrassade, contact peau à peau…)
Porter un masque chirurgical en présence d’autres personnes
Couvrir au mieux les éruptions ou boutons (vêtements, pansements)
Ne pas partager ses effets personnels (objets, vaisselle, vêtements, linge de maison)
Pas de contact avec les animaux domestiques (possibilité de transmission)
Bien respecter le traitement donné par le médecin, car certains médicaments sont à éviter (ne pas prendre d’anti-inflammatoires)
Mains propres, ongles courts, ne pas se gratter, ne pas toucher les boutons.
Se laver les mains avant tout contact et régulièrement en utilisant de l’eau et du savon ou une solution hydro-alcoolique.
Eviter de prendre des bains, privilégier les douches et se sécher en tamponnant (sans frotter).
Laver ses affaires personnelles séparément (vaisselle, linge à 60° si possible).
Nettoyer/désinfecter régulièrement les surfaces touchées, surtout sanitaires (1 fois par jour), avec les produits habituels.
Il est recommandé de s’abstenir de rapports sexuels pendant toute la durée de l’isolément.
Aération régulière de la pièce où séjourne la personne infectée.
Si des croûtes tombent, elles peuvent être contagieuses, de même que les pansements et bandages souillés : les mettre dans un sac-poubelle spécifique à fermer, puis mettre dans un autre sac poubelle à fermer avant de le jeter avec les déchets ménagers. Les proches doivent se laver les mains régulièrement, éviter tout contact direct (peau à peau) avec la personne infectée ou ses effets personnels (vaisselle, linge, …) et porter un masque chirurgical à sa proximité.
Combien de temps durent les symptômes de la variole du singe ?
« La phase de fièvre dure environ 1 à 3 jours. La maladie, généralement bénigne, guérit le plus souvent spontanément, au bout de 2 à 3 semaines » informe Santé Publique France.
Photo : à quoi ressemblent les boutons de la variole du singe ?
La variole du singe entraîne des boutons qui peuvent faire penser à la varicelle : d’abord des vésicules (boutons avec liquide à l’intérieur) puis des pustules et enfin des croûtes. A la différence de la varicelle, les boutons surviennent en une seule poussée. Lorsque les croûtes tombent, les personnes ne sont plus contagieuses.
Quelle est la durée d’incubation de la variole du singe ?
« La période d’incubation actuelle, d’une durée moyenne de 9 jours, semble plus courte que la durée classique de 13 jours (3 à 34 jours). Elle est suivie d’une phase de 1 à 4 jours, caractérisée par une fièvre, des maux de tête, une grande fatigue et des ganglions, en particulier dans la région du cou » précise le Covars dans son Avis.
Comment se transmet la variole du singe ?
La maladie est très contagieuse : « Une transmission considérable [du virus de la variole du singe] se produit avant l’apparition ou la détection des symptômes » adéfendu une étude publiée le 2 novembre dans le British Medical Journal (BMJ). ► Transmission entre Hommes : La transmission se produit principalement par les particules des gouttelettes respiratoires (postillon, éternuement à moins de 2 mètres pendant au moins 3 heures) et par le contact direct de la peau ou des muqueuses (bouche, sexe, anus) avec les boutons ou les croûtes. Les rapports sexuels, avec ou sans pénétration, réunissent ces conditions pour une contamination, et avoir plusieurs partenaires augmente le risque d’être exposé au virus. La transmission peut aussi se faire via le partage de linge (vêtements, draps, serviettes…), d’ustensiles de toilette (brosses à dents, rasoirs…), de vaisselle, sextoy, seringue…
►Transmission de l’animal à l’Homme : « Le virus se transmet principalement à l’être humain à partir de divers animaux sauvages, rongeurs ou primates par exemple » explique l’OMS. L’infection est provoquée par un contact direct avec du sang, des liquides biologiques ou des lésions cutanées ou muqueusesd’animaux infectés. « En Afrique, on a documenté des infections humaines à la suite de la manipulation de singes, de rats géants de Gambie et d’écureuils infectés, les rongeurs étant vraisemblablement le principal réservoir du virus. La consommation de viande d’animaux infectéspas suffisamment cuite est un facteur de risque possible« développe l’OMS.
Selon des chercheurs de l’institut Pasteur, la transmission du virus de la variole du singe en dehors de l’Afrique « est probablement dû au déclin mondial de l’immunité aux virus du genre orthopoxvirus (responsables de la variole humaine), suite à l’arrêt de la vaccination antivariolique, dans les années 1980. La variole du singe pourrait donc devenir la plus importante infection à orthopoxvirus chez l’Homme ».
Comment éviter la transmission pendant le rapport sexuel ?
Les contacts sexuels avec une personne porteuse du virus favorisent la transmission du virus. Le virus a été isolé dans le sperme de patients. « On ne sait pas combien de temps le virus persiste dans le sperme et les sécrétions génitales, ni si ces liquides biologiques peuvent transmettre la maladie » informe l’ARS d’Ile-de-France. En conséquence et par précaution, les autorités sanitaires françaises recommandent de :
s’abstenir de rapports sexuels pendant toute la durée d’isolement (3 semaines environ) ;
ne pas partager de sex-toys;
d’utiliser un préservatif lors des rapports sexuels de tous types jusqu’à 8 semaines après la fin de la période de contagiosité (la période de contagiosité commence dès l’apparition des premiers symptômes et dure jusqu’à la cicatrisation des lésions).
Que faire si on est cas contact Monkeypox ?
La Haute Autorité de santé (HAS) recommande de vacciner les cas contacts d’un cas confirmé de variole du singe par le vaccin contre la variole. Pas besoin de s’isoler en revanche. Pour les enfants (-de 18 ans), la HAS préconise que la vaccination soit envisagée au cas par cas. Si votre enfant est cas contact, l’Agence Régionale de Santé (ARS) préconise de :
Surveiller l’apparition de symptômes (fièvre, éruption cutanée) et solliciter le 15 en cas de besoin ;
Se voir proposer une consultation afin de faire bénéficier à l’enfant d’une vaccination si celle-ci est jugée nécessaire par le médecin
En l’absence de symptômes, et en l’état des connaissances, il n’y a pas de risque connu de contagion. Aucune mesure n’est donc nécessaire pour l’enfant (ni isolement, ni adaptation des activités) ni pour les autres membres de la famille.
Combien de temps est-on contagieux si on a la variole du singe ?
« La variole du singe est une maladie contagieuse, confirme le Pr Brugère-Picoux mais pas autant que la varicelle. » La personne est contagieuse depuis les premiers signes de la maladie et jusqu’à la cicatrisation complète de la peau, rappelle la Mission nationale Coreb. Soit environ 3 semaines.
Quel est le traitement contre la variole du singe ?
La variole du singe est une maladie dont le patient guérit le plus souvent spontanément en deux à trois semaines. « Dans la situation où un traitement de l’infection à Monkeypox est à envisager lors d’une forme grave de la maladie notamment et après discussion collégiale, le tecovirimat serait le traitement proposé en première intention » indique le Haut Conseil de la santé publique (HCSP). Le Tecovirimat (SIGA Technologies) est un médicament antiviral sous forme de gélules qui va empêcher le virus de se propager dans l’organisme. La posologie recommandée chez l’adulte et l’enfant varie en fonction du poids précise l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) : ► Pour les patients de 13 kg à moins de 25 kg : 1 gélule administrée toutes les 12 heures ► Pour les patients de 25 kg à moins de 40 kg : 2 gélules administrées toutes les 12 heures ► Pour les patients de 40 kg et plus : 3 gélules administrées toutes les 12 heures
La durée de traitement recommandée est de 14 jours. Les gélules de tecovirimat doivent être prises dans les 30 minutes suivant un repas.
Vaccin contre la variole du singe
Supprimée depuis 1984, la vaccination antivariolique est de retour en France face à l’émergence de cas du virus Monkeypox responsable de la variole du singe. La vaccination contre la variole du singe est proposée en prévention aux personnes les plus exposées au virus ou en post-exposition chez les cas contacts d’une personne infectée. C’est le vaccin antivariolique Imvanex, produit par le Laboratoire danois Bavarian Nordic qui est actuellement indiqué dans la lutte contre la variole du singe. Une trentaine de lieux proposent la vaccination en Ile-de-France.
Quels risques si on attrape la variole du singe ?
La maladie est généralement spontanément résolutive. Des complications peuvent imposer une hospitalisation (entre 5 et 10% des cas) du fait de surinfections bactériennes, de douleurs intenses, d’atteintes anale, pharyngée ou digestive sévères, d’atteintes pulmonaire, cardiaque ou cérébrale. La gravité des symptômes et la durée de la maladie sont proportionnelles à la densité des lésions cutanées. La maladie est plus grave chez l’enfant, la femme enceinte et les patients immunodéprimés rappelle le COVARS. Le Pr Brugère-Picoux rassure « c’est un virus stable, un virus à ADN, il ne mute pas facilement comme un virus à ARN (type le Sars-Cov-2 du Covid-19, ndlr) ».
Peut-on mourir de la variole du singe ?
Aucun décès lié à la variole du singe n’a été recensé en France, selon les données le HAS publiées en octobre 2022. « Le taux de mortalité lors des flambées d’orthopoxvirose simienne s’est établi entre 1% et 10% (3.6% pour la souche d’Afrique occidentale ; 10,6% pour la souche d’Afrique centrale), la plupart des décès survenant chez les plus jeunes » indique l’OMS. « Sur les plus de 70.000 cas recensés récemment dans le monde, on constate 28 décès dont 12 dans des pays non endémiques, 15 décès dans des pays endémiques, mais aucun en France » indique le Covars le 22 novembre.
La maladie étant transmissible par contact avec les lésions, il faut éviter tout contact avec la personne atteinte et avec ce qu’elle a pu toucher (drap, serviettes de toilette, vêtements…). La personne contaminée doit s’isoler. Lorsqu’une personne est infectée par le virus de la variole du singe, elle doit « éviter au maximum les contacts avec son animal de compagnie, idéalement en le faisant garder par une autre personne le temps de l’isolement » et « avant chaque contact avec son animal, se laver les mains, puis porter des gants et un masque à usage unique » a recommandé l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) le 16 juin qui s’est interrogée sur la transmission du virus de l’homme aux animaux.« Par comparaison avec la variole humaine, les mesures d’éradication ne pourront pas être aussi efficaces avec la variole simienne du fait d’un réservoir viral dans plusieurs populations d’animaux sauvages en Afrique » précise le Pr Brugère-Picoux. Enfin, la vaccination contre la variole permettait d’offrir une protection croisée contre le virus de la variole simienne estimée à 85%.
Quelle est l’origine de la variole du singe ?
La variole du singe est une maladie qui a émergé en Afrique. Les premiers cas humains ont été recensés en 1970 dans la République démocratique du Congo. On reconnait une origine zoonotique (transmission venat de l’animal (écureuil, rat de Gambie en Afrique…)) dans la plupart des cas africains. Les cas émergents hors Afrique depuis mai 2022 (premier cas rapporté en Angleterrepar l’UKHSA le 7 mai) sont liés à des contaminations interhumaines :« Des enquêtes sont en cours, mais l’apparition soudaine du monkeypox dans de nombreux pays au même moment suggère qu’il peut y avoir eu une transmission non détectée pendant un certain temps » a expliqué l’OMS le 1er juin. Alors que la transmission de l’animal à l’homme est admise en Afrique, ces cas émergents sont liés à des contaminations interhumaines, souvent observées chez des hommes homosexuels ou bisexuels présentant des lésions cutanées génitales et au niveau du visage. « Une transmission sexuelle peut être suspectée. La transmission interhumaine est possible par le contact avec les fluides corporels, les lésions cutanées (dont les croûtes), l’environnement ou les objets contaminés par le malade. Il peut aussi s’agir d’une contamination d’origine nosocomiale » a expliqué le Pr Jeanne Brugère-Picoux, vétérinaire et membre de l’Académie nationale de médecine dans un document de synthèse du 22 mai 2022. Contactée par téléphone, elle confirme que pour l’instant « on est dans une incertitude totale, on a des raisons de s’inquiéter mais il faut attendre de voir si cela continue ou pas« . Selon elle « seule une enquête épidémiologique complète permettra d’évaluer le risque lié à ce virus émergent hors de sa région géographique habituelle (Afrique, ndlr) ».
Merci au Pr Jeanne Brugère-Picoux, vétérinaire et membre de l’Académie nationale de médecine. Propos recueillis en mai 2022.
Sources :
– Monkeyox – Evolution de la conduite à tenir, élargissement de la vaccination et mise à disposition du Tecovirmiat. DGS, 8 juillet 2022
– Monkeypox virus (variole du singe) Fiche d’information au patient, après le diagnostic. Mission Coreb. 3 juin 2022.
– Variole du singe : risque d’une propagation interhumaine depuis la description de près d’une centaine de cas sporadiques autochtones décrits simultanément depuis le 6 mai 2022 en Europe, en Amérique du Nord et en Australie. Jeanne Brugère-Picoux. 22 MAI 2022.
– Mise à jour épidémiologique : épidémie de monkeypox, ECDC
– Monkeypox, Centers for Disease Control and Prevention
[Mise à jour le 15 décembre 2022 à 12h28] Le virus du Covid-19 est si contagieux que les vagues de cas positifs se succèdent. On en est à la 9ème en ce mois de décembre 2022. Elles semblent être de moins en moins graves au fil du temps mais rendent toujours malades. Selon les règles en vigueur aujourd’hui, une personne positive au Covid doit s’isoler pendant :
7 jours si elle est vaccinée (5 jours si elle refait un test qui est négatif au terme de ce délai)
10 jours si elle n’est pas vaccinée (7 jours si elle refait un test qui est négatif au terme de ce délai)
Les enfants de moins de 12 ans positifs au Covid doivent s’isoler pendant 7 jours mais peuvent réduire leur isolement à 5 jours s’ils ont un test antigénique ou PCR négatif et s’ils n’ont plus de symptômes Covid depuis 48 heures.
Sortie d’isolement : le respect des gestes barrières (port du masque et mesures d’hygiène) est à respecter les 7 jours suivant la sortie d’isolement du cas positif.
En cas de symptômes persistant à la fin de l’isolement, contactez votre médecin traitant. Il faut rester au moins 48 heures de plus isoler. Le médecin pourra vous prolonger votre arrêt de travail si besoin.En cas de difficultés à respirer, appeler le 15 (ou le 114 pour les personnes sourdes ou malentendantes). Une personne positive au Covid doit toujours lister ses contacts sur Ameliet les prévenir pour qu’il se fasse tester 2 jours après leur dernier contact.
Pourquoi vous êtes encore positif au Covid ?
Comme le rappelle le Dr Thierry Prazuck, « certaines personnes ne répondent pas toujours bien au vaccin et ne développent pas assez d’anticorps« . Environ 6 mois après la dernière injection, le nombre d’anticorps diminue drastiquement. « C’est pour ça que l’on recommande fortement à la population de faire une dose de rappel », défend le chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital d’Orléans. Mais même avec une dose de rappel, voire deux ou trois, le virus peut encore contaminer, très probablement parce qu’il mute comme on le voit avec le variant Omicron BA2, BA5, BQ 1.1… et les vagues qui ne s’arrêtent pas.
Combien de temps est-on contagieux ?
Selon les études menées depuis la diffusion du variant Omicron début 2022, on serait contagion environ une semaine quand on a le Covid mais cette durée varie selon les individus a rappelé la présidente du Covars Brigitte Autran en octobre sur France Inter : « Lacharge virale varie énormément en fonction de la gravité de la maladie et de la symptomatologie. On n’excrète pas les mêmes quantités de virus si on a un virus qui infecte plutôt le nez ou plutôt la gorge. Il y a bien sûr une proportionnalité entre le nombre de particules virales qu’on produit et le nombre de contaminations qu’on risque de faire. »
Quand refaire un 2ème test ?
Selon le protocole en vigueur, les personnes positives peuvent refaire un deuxième test pour écourter leur isolement si celui-ci est négatif (sinon l’isolement doit être poursuivi jusqu’au bout) :
au bout de 5 jours si elles ont un schéma vaccinal complet (2 doses + 1 rappel (avoir eu le covid peut remplacer la 1ère ou 2e dose du schéma initial)
au bout de 7 jours si elles ne sont pas vaccinées contre le Covid ou pas complètement (sans rappel).
Les enfants de moins de 12 ans positifs au Covid doivent s’isoler pendant 7 jours mais peuvent réduire leur isolement à 5 jours s’ils ont un test antigénique ou PCR négatif et s’ils n’ont plus de symptômes Covid depuis 48 heures. Dans tous les cas, le respect des gestes barrières (port du masque et mesures d’hygiène) est à respecter les 7 jours suivant la sortie d’isolement du cas positif.
Que faire si on est positif au Covid et non vacciné ?
Quand on est positif au Covid et non vacciné, l’isolement est plus long : 10 jours ou 7 jours si on refait un test qui est négatif au terme de ce délai.
Puis-je travailler si je suis positif au Covid ?
Les consignes qui s’appliquent au travail sont les mêmes qu’ailleurs :
Un salarié positif à la Covid vacciné doit s’isoler pendant 7 jours mais peut réduire son isolement à 5 jours s’il a un test antigénique ou PCR négatif et s’il n’a plus de symptômes Covid depuis 48 heures.
Un salarié positif à la Covid non vacciné contre le Covid doit s’isoler pendant 10 jours mais peut réduire son isolement à 7 jours si elle a un test antigénique ou PCR négatif et si elle n’a plus de symptômes Covid depuis 48 heures.
Il est possible de télétravailler pendant l’isolement si on est positif au Covid, si on le souhaite et en accord avec l’employeur.
Peut-on avoir un arrêt de travail si on est positif au Covid ?
Oui une personne positive au Covid peut bénéficier d’un arrêt de travail si elle ne peut pas télétravailler ou, si elle le peut, mais que son état de santé ne lui en donne pas la possibilité. La durée de cet arrêt de travail dépend de la durée de son isolement (10 jours si vous n’êtes pas vacciné ou 7 jours si vous êtes vacciné).
Si votre état de santé nécessite un arrêt de travail plus long, vous devrez consulter votre médecin pour qu’il évalue le besoin et vous prescrive la prolongation de cet arrêt de travail. Pour demander un arrêt de travail, aller sur Ameli.fr.
Merci au Dr Thierry Prazuck, infectiologue et chef du service de maladies infectieuses de l’Hôpital d’Orléans. Propos recueillis en novembre 2021.
Le cunnilingus ou plutôt « cunnilinctus » de son nom officiel vient du latin « cunnus » qui veut dire « con » en français (le « con » désignant la vulve) et de « linctus » qui veut dire « lécher« . On l’appelle aussi « baiser vulvaire » ou « baiser clitoridien ». « Quand c’est un homme qui offre ce baiser, 42 % des femmes obtiennent un orgasme, quand c’est une femme qui donne ce baiser à une autre femme, l’orgasme surviendrait dans une proportion voisine de 95 % : une femme sait mieux qu’un homme ce qui est bon pour elle. Par conséquent, il est indispensable que l’homme améliore sa connaissance de la femme » rappelle le Dr Gérard Leleu, médecin sexologue dans son livre A vous le 7e ciel.
Le cunnilingus est pourvoyeur d’orgasmes intenses chez la femme. La sexualité féminine s’étant libérée de nombreux tabous avec le temps, elle offre aujourd’hui une place de choix à cette pratique sexuelle devenue bien plus qu’un simple préliminaire utile à la lubrification puis à la pénétration. Dans un sondage publié par l’Ifop en 2019, 90% des femmes interrogées ont confirmé avoir déjà reçu un cunnilingus au cours de leur vie dont 40% « souvent ». Mais avec l’augmentation du nombre de partenaires au cours de la vie sexuelle, les risques sont plus fréquents (que ce soit pour la personne qui reçoit le cunnilingus ou qui le fait), surtout quand il n’y a pas de protection (digue dentaire).
« Sans digue dentaire, le cunnilingus peut transmettre des infections sexuelles comme le gonocoque et la chlamydia, par les liquides, les leucorrhées(pertes blanches)« , explique le Dr Andreea Matefi, gynécologue et thérapeute de couple. La gonococcie est le nom de la maladie sexuellement transmissible due au microbe gonocoque Neisseria gonorrhoeae. Chez la femme, l’infection peut se traduire par des démangeaisons génitales, des pertes inhabituelles, des douleurs lors des rappels sexuels et des brûlures en urinant. Chez l’homme, elle se manifeste par une urétrite. Cette pathologie se soigne par la prise d’antibiotiques.Les chlamydioses sont, elles, dues à des bactéries appelées Chlamydia trachomatis. Elles touchent autant les hommes (qui développent aussi une urétrite) que les femmes. Le problème c’est que très souvent, la chlamydiose n’entraîne pas de symptôme. On peut ainsi la transmettre sans le savoir. Or, non soignée, elle peut entraîner une salpingite chez la femme qui peut être à l’origine d’une stérilité ou d’une grossesse extra-utérine. D’où l’importance de se faire dépister régulièrement si on change souvent de partenaires sexuels.
Le cunnilingus expose au risque d’herpès génital si celui qui le prodigue a de l’herpès (un bouton de fièvre par exemple). « C’est une transmission de liquide à liquide, le virus rentre dans les cellules de la femme par ses sécrétions et peut après entraîner des poussées d’herpès » explique le Dr Matefi. La transmission peut se faire 15 jours avant l’apparition du bouton de fièvre « car le virus de l’herpès est déjà dans la salive » . Heureusement cependant, le risque n’est pas systématique : « Le système immunitaire de la femme va se battre donc elle ne va pas forcément développer un herpès génital à chaque fois qu’un homme qui a un herpès buccal va lui faire un cunnilingus, rassure notre interlocutrice. Par contre si elle n’a pas d’anticorps, que son système immunitaire est un peu défaillant, qu’elle est fatiguée ou qu’elle a ses règles, là potentiellement il y a plus de risque de transmission. Mais dans tous les cas, elle ne peut pas le savoir à l’avance. »
Hépatites B et C peuvent s’attraper lors d’un cunnilingus. Comment ? S’il y a des lésions dans la bouche de celui qui donne le cunnilingus (comme en cas de gingivite) ou au niveau du sexe de la femme. Pour que le virus des hépatites en question se transmette, il faut qu’il y ait un contact de sang à sang. Pour l’hépatite B, le risque reste « très faible sauf si le cunnilingus est pratiqué pendant les règles » précise le site Hepatites-info-service. Il existe par ailleurs un vaccin contre l’hépatite B, remboursé par la Sécurité sociale. Après la contamination du virus de l’hépatite C (VHC), il n’y a souvent aucun symptôme et certaines personnes éliminent l’infection spontanément ce qui ne les empêche pas de pouvoir être réinfectées. Contrairement à l’hépatite B, le VHC devient chronique dans 80% des cas.
Le virus du VIH, responsable du Sida, peut se transmettre lors d’un cunnilingus non protégé s’il y a des lésions permettant au virus de pénétrer dans le sang de la personne non infectée. Par exemple « s’il y a des grosses gingivites (saignements au niveau des gencives), des saignements après le rasage, des menstruations » détaille le Dr Matefi. Il faut qu’il y ait un contact entre le sang des deux protagonistes. La salive ne transmet pas le VIH donc s’il n’y a pas de lésion, il n’y a pas de risque de transmission, « c’est avéré ».
L’infection à papillomavirus humain (HPV) est l’infection sexuellement transmissible (IST) la plus fréquente.Ce virus peut se transmettre par la peau et les muqueuses orales et génitales donc lors d’un cunnilingus (mais aussi lors d’une fellation et d’une pénétration vaginale ou anale). Selon la gynécologue« tout le monde en a eu au moins un, une fois dans sa vie, qu’il s’en rende compte ou pas ». Il existe effectivement entre 200 et 250 sortes d’HPV. Le risque survient quand on est contaminé par un HPV dit « à risque » car associé à la survenue de cancers du col de l’utérus et de cancers ORL (gorge…). L’état du système immunitaire est important au moment de la transmission : « Certains systèmes immunitaires vont éliminer le virus. D’autres ne vont pas l’empêcher de se développer (10% des cas). C’est assez long, le virus ne flambe pas comme ça. Si on a un partenaire à un temps 0, il est possible que le HPV ne se déclenche que deux à trois ans plus tard » poursuit-elle. D’où l’importance, pour les femmes, d’être suivies régulièrement par un gynécologue. D’autant que les hommes ne sont jamais dépistés. « Ils ne viennent pas en consultation, on ne leur dit pas non plus d’aller voir un dermatologue pour savoir s’il y a des zones infectées au niveau de leur gland. C’est un tabou en France. Parler de sexualité à un homme c’est compliqué, remarque la gynécologue. La femme porte donc la charge parce qu’une fois qu’elle est dépistée, si elle a un partenaire régulier ou auquel elle tient, elle va l’orienter vers un dermatologue qui va le dépister. »
Faut-il éviter le cunnilingus après un test positif au papillomavirus ? « S’il n’y a pas de condylomes(verrues génitales) à l’extérieur au niveau de la vulve, il y a moins de risque de transmission du virus s’il y a seulement un cunnilingus (et pas de pénétration, de fellation…) » répond la gynécologue. Il ne faut pas hésiter à en discuter avec le médecin traitant ou la gynécologue.
La syphilis est une maladie infectieuse due à une bactérie appelée Treponema pallidum ou « tréponème pâle ». Elle se transmet lors de rapports non protégés : vaginaux, anaux et bucco-génitaux (fellation et cunnilingus). Comment ? Par contact avec les chancres présents sur la vulve, même s’il n’y a pas de lésions. Les chancres ressemblent à des lésions rondes uniques, de couleur rosée, dure, mais non douloureuse au niveau des organes génitaux externes, sur le gland chez l’homme ou la vulve, le vagin ou le col chez la femme. S’il y a des chancres, il ne faut pas faire de cunnilingus, au risque sinon d’être contaminé.
Oui. « Il y a des risques supplémentaires de pratiquer un cunnilingus pendant les menstruations, répond la gynécologue, par rapport à la transmission du virus du Sida (ou de celui de l’hépatite B ou C). Par contre, si c’est un partenaire stable, connu, avec des sérologies négatives, là, il n’y a pas de risque. »
Vous avez échangé un cunnilingus avec un(e) partenaire de passage ? Ou avec plusieurs partenaires ? Sans digue dentaire… Dans le doute d’une éventuelle contamination (avec les risques évoqués ci-dessus), il faut se faire dépister. Pour prévenir d’éventuelles complications chez vous et de nouvelles transmissions à vos futur(e)s partenaires.
• Pour les sérologies des IST (chlamydia, gonocoque, hépatite B, C, VIH, syphilis…) : il faut attendre au moins 6 semaines après le rapport. Sauf en cas de signes cliniques (comme la survenue de chancres…). Dans ce cas, consulter dès leur survenue.
• En cas de sexualité variée, de partenaires multiples : faire un dépistage une à deux fois par an. « Pour le HPV, il faut se faire dépister tous les ans s’il y a un changement de partenaire et pas forcément de protection », recommande le Dr Matefi. La Haute Autorité de Santé (HAS) recommande aux femmes de se faire dépister tous les 3 ans mais comme le souligne la gynécologue, cette recommandation ne tient pas compte de la sexualité de chacun : partenaires multiples, reprise d’une activité sexuelle…
Les modalités de dépistage du HPV ont changé en juillet 2020
Pour les femmes entre 25 et 29 ans : le test de dépistage est réalisé par examen cytologique (frottis analysant la morphologie des cellules) tous les 3 ans, après deux premiers tests réalisés à 1 an d’intervalle et dont les résultats sont normaux.
Pour les femmes de 30 ans à 65 ans : la HAS recommande désormais que le test HPV (frottis cherchant la présence d’ADN du virus HPV à haut risque) remplace l’examen cytologique. Le test HPV est réalisé 3 ans après le dernier examen cytologique dont le résultat est normal. Un nouveau test est refait tous les 5 ans, jusqu’à l’âge de 65 ans, dès lors que le résultat du test est négatif. Ce test HPV est remboursé à 70% par l’assurance maladie, en dehors du Programme national de dépistage organisé.
Étude Ifop pour ELLE réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 28 au 29 janvier 2019 auprès d’un échantillon de 1 007 femmes, représentatif de la population féminine âgée de 18 ans et plus résidant en France métropolitaine.
Merci au Dr Andreea Matefi, docteur en médecine, Spécialité médecine générale et titulaire du DIU en Gynécologie médicale.