La cirrhose désigne une affection chronique du foie qui entraîne 15 000 décès par an et représente la 5ème cause de mortalité en France, selon la Société Française d’Hépatologie. Selon une grande étude canadienne, l’incidence de la cirrhose a augmenté au cours des deux dernières décennies, notamment chez les femmes, « qui ont plus de risque de développer une maladie hépatique liés à l’alcool« , nous indique le Dr Lucia Parlati, gastro-entérologue et hépatologue, membre du Comité scientifique et d’organisation de l’Association française pour l’Etude du Foie (AFEF). Mais aussi un « foie gras » (maladie stéatosique du foie ou NASH), en particulier après la ménopause. Y a-t-il des symptômes spécifiques chez la femme ? Plus de facteurs de risques que chez l’homme ? A quel âge survient-elle ? Quelle survie ?
Quelle est l’incidence de la cirrhose du foie chez les femmes ?
L’incidence de cirrhose chez les femmes est de 74 par 100 000 par an.
Dans l’étude de cohorte rétrospective réalisée au Canada, citée ci-dessus, les auteurs ont démontré qu’il y avait une augmentation globale de la prévalence et de l’incidence de la cirrhose, en particulier chez les personnes nées après 1980 et chez les femmes. « L’incidence annuelle standardisée de cirrhose chez les femmes est de 74 par 100 000 par an an (Lancet Gastroenterol Hepatol 2019; 4: 217–26). Ces données pourraient s’expliquer par une augmentation de la prévalence de la maladie stéatosique hépatique chez les femmes, surtout après la ménopause, et par une plus grande susceptibilité des femmes à développer une maladie hépatique liée à l’alcool. En effet, au cours des dernières décennies, l’épidémiologie de la consommation d’alcool entre les sexes a commencé à s’égaliser » (source : Alcohol Clin Exp Res 2011; 35: 2101–12, BMJ Open 2016; 6: e011827).
Quels sont les symptômes d’une cirrhose du foie chez la femme ?
« Il n’y a pas spécifiquement de différences entre les symptômes de la cirrhose chez les femmes et chez les hommes. Le problème commun aux deux sexes est que les symptômes de la cirrhose apparaissent tardivement dans l’histoire naturelle de la maladie. En fait, le foie possède d’énormes réserves fonctionnelles et les patients peuvent avoir une maladie hépatique chronique qui est asymptomatique et ne se manifeste que lorsque la maladie est avancée« , explique notre interlocutrice. Chez la femme comme chez l’homme, une cirrhose peut se manifester par :
► des symptômes liés à une insuffisance hépatocellulaire :
jaunisse (peau jaune, coloration du blanc de l’œil en jaune, urines foncées)
encéphalopathie hépatique (somnolence, troubles de la concentration, confusion)
► des symptômes liés à l‘hypertension portale :
ascite (ventre gonflé avec du liquide à l’intérieur)
œdèmes des chevilles
saignement digestif (varices œsophagiennes)
► des symptômes généraux :
fatigue,
anorexie,
perte de poids
A quel âge la cirrhose survient-elle chez la femme en moyenne ?
« Cette même étude canadienne a montré que le risque de cirrhose augmentait avec l’âge avec un pic d’incidence à environ 75 ans pour les hommes ainsi que pour les femmes. L’âge moyen de diagnostic de cirrhose en France est de 55-60 ans« , indique le Dr Parlati.
Quels sont les facteurs de risque chez la femme ?
« Il existe des spécificités de facteurs de risque d’hépatopathie (pathologie affectant le foie) chez les femmes », prévient le Dr Parlati, comme :
► l’augmentation de la maladie stéatosique du foie (foie gras ou NASH), en particulier après la ménopause. La maladie stéatosique du foie est la manifestation hépatique du syndrome métabolique (hypertension artérielle, surpoids et obésité, dyslipidémie et diabète).
► la susceptibilité à développer une maladie hépatique plus sévère même en présence d’une consommation d’alcool moins importante que chez l’homme
► les maladies hépatiques dysimmunitaires (les affections pour lesquelles on est sûr de l’implication du système immunitaire, mais dont le mécanisme précis d’action ou de déclenchement n’est pas connu) et cholestatiques qui sont plus fréquentes chez les femmes
► les risques pour les hépatites virales : « les femmes usagères de drogue sont plus enclines à partager leur matériel et à l’injection passive, les travailleuses du sexe (facteurs de risque de précarité) et celles qui ont subi une transfusion dans les années 70 à 80 lors d’accouchements sont également des personnes à risque«
La femme a-t-elle plus de chance de survir que l’homme ?
Les femmes cirrhotiques ont en général un pronostic meilleur par rapport aux hommes.
Les femmes cirrhotiques ont en général un pronostic meilleur par rapport aux hommes. « Dans une étude longitudinale américaine de patients atteints de cirrhose, le sexe féminin était associé à un avantage de survie probablement dû à des taux plus faibles de décès non liés au foie. Les femmes n’étaient pas exposées à un risque accru de décès lié au foie malgré des taux inférieurs d’inscription en liste de greffe et de transplantation hépatique. Une autre étude monocentrique (réalisée par la même équipe de recherche) sur les facteurs associés à la survie après un diagnostic de cancer du foie non résécable sur cirrhose a démontré que le sexe féminin était associé à une meilleure survie chez les patients ayant un cancer avancé« , souligne notre experte. A noter que la survie à 5 ans est d’environ 80% avec une transplantation hépatique et une durée de vie du greffon de 20 ans, indique l’Inserm.
Quelles sont les chances de guérison de la femme cirrhotique ?
« Les chances de guérison ne sont pas impactées par le sexe mais sont dépendantes surtout de l’étiologie de la maladie hépatique et de son stade au diagnostic« , conclut le Dr Parlati.
Merci au Dr Lucia Parlati, Gastro-entérologue et hépatologue, membre du CA de l’Association française pour l’Etude du Foie (AFEF)
NASH est l’acronyme de stéatose hépatique non alcoolique. Elle est aussi appelée maladie du soda ou maladie du foie gras car elle se caractérise par une accumulation de graisse dans les cellules du foie, associée à une inflammation du foie. En France, plus de 200 000 personnes souffriraient d’une NASH sévère (stade juste avant la cirrhose ou stade cirrhotique), d’après la première enquête épidémiologique sur le sujet menée au niveau national sur 100 000 participants à la cohorte Constance, lancée par l’Inserm en 2012 et dont les résultats ont été publiés en 2020 dans la revue Gastroenterology. Cette maladie chronique et silencieuse du foie qui a été longtemps sous-estimée serait plus fréquente chez les personnes qui boivent plus d’une canette de boisson sucrée (soda…) ou qui fument plus de 10 cigarettes par jour. Étant imperceptible sans examen approfondi, cette « maladie du soda » ou « du foie gras » peut évoluer, au fil des années, en fibrose hépatique qui elle-même peut dégénérer en cirrhose (non alcoolique) ou en cancer du foie. Mais prise en charge précocement, elle est réversible. Comment la déceler ?Quels sont les facteurs de risque ? Que penser des produits light ? Comment la soigner ? Interview du Pr Patrick Marcellin, hépatologue à l’hôpital Beaujon et Président de l’APHC (Association pour l’amélioration de la prise en charge des patients atteints de maladies chroniques du foie)
Définition : c’est quoi la NASH ?
Le foie est un organe de stockage qui transforme les sucres absorbés en graisses : des graisses nécessaires pour avoir de l’énergie et faire fonctionner son cerveau. Il s’agit d’un mécanisme physiologique normal de l’organisme. Toutefois, on parle de stéatose lorsqu’il y a une accumulation anormale de graisses dans les cellules du foie (appelées hépatocytes). « Et cette stéatose (qui reste un signal d’alerte quel que soit son stade) peut devenir pathologique lorsqu’elle est excessive et évolutive, c’est-à-dire quand il y a une surcharge en graisse, qu’il y a des complications hépatiques et qu’elle est associée à une inflammation du foie : c’est ce qu’on appelle la NASH, acronyme de stéato-hépatite non alcoolique« , explique l’hépatologue.
Longtemps localisée aux États-Unis et par conséquent méconnue et sous-estimée en France, la stéatose est de plus en plus fréquente dans notre pays et concernerait presque 1 Français sur 4. Et 20 à 30 % d’entre eux présenteraient une stéato-hépatite non alcoolique, donc une NASH. Plusieurs études ont d’ailleurs montré que les nombres de cirrhoses, de cancers et de transplantations du foie étaient en nette augmentation au cours des dernières années, « ce qui est évidemment lié au nombre de NASH en hausse« , précise le spécialiste.
« Il n’y a pas de symptômes spécifiques liés à une stéatose excessive. Certaines personnes souffrent donc de la maladie de NASH sans présenter aucun signes alarmants ou manifestations physiques particulières« , tient à préciser le Pr Marcellin. Toute la difficulté est donc de pouvoir détecter une NASH. Statistiquement, cette maladie concerne surtout les hommes de plus de 50 ans, mais aussi les femmes après la ménopause. Mais depuis quelques années, la NASH s’observe également chez des patients de plus en plus jeunes qui ont une surcharge pondérale, un régime alimentaire « à l’américaine » (soda, beaucoup de glucides…) ou peu équilibré ou qui présentent certains facteurs de risques.
Quels sont les facteurs de risques de la NASH ?
Cette maladie peut concerner tout le monde, même s’il existe des facteurs de risques associés. « Une personne ayant une surcharge pondérale – même légère – du diabète, du cholestérol, des triglycérides, ou de l’hypertension artérielle, a plus de risques de développer une NASH et doit donc être particulièrement vigilante« , alerte l’hépatologue. Pour le moment, on ne connaît pas très bien les mécanismes responsables de l’inflammation ou de la fibrose, toutefois, la NASH pourrait être liée à un facteur génétique : « certains patients auraient ainsi tendance à stocker plus facilement de la graisse dans leur foie et développeraient plus facilement une NASH« , explique le Pr Marcellin. La recherche doit le confirmer.
Quelles sont les causes de la NASH ?
Les produits light comme le coca light, zéro.. favorisent les stéatose
Il est difficile de déterminer les causes précises d’une NASH. Toutefois, il semblerait que le manque d’exercice, la sédentarité, ou une alimentation riche en sucres favoriserait l’apparition de cette pathologie. En cause : « notre mode de vie alimentaire actuel (consommation de malbouffe, de fast-food, de produits industriels, de déjeuners sur-le-pouce… ainsi qu’une position assise et une sédentarité au travail) fait qu’on absorbe plus, voire trop, de sucres qui peuvent s’accumuler dans le foie« , argumente l’expert. Et il faut savoir que le sucre est lié à un phénomène d’addiction, d’autant plus avec l’effervescence des produits light ou « zéro » qui, comme ils contiennent des faux sucres et des édulcorants, n’alertent pas les centres de satiété du cerveau comme le ferait le « vrai sucre », stimulent l’appétit et nous incitent à consommer encore plus de sucre. Et comme « plus on avale de sucres, plus on a envie d’en consommer« , les stéatoses sont de plus en plus fréquentes. De plus, nombre d’aliments que nous consommons quotidiennement, ne semblent a priori pas sucrés, mais en contiennent énormément. Il s’agit des produits industriels, des jus de fruits, des sauces, des pains de mie, des produits diététiques ou encore des poêlées de légumes préparées….
Diagnostic : quels examens pour déceler la NASH ? Une échographie ?
Pour faire un diagnostic de NASH, il faut faire un diagnostic de stéatose. Puisqu’il n’existe encore pas de marqueurs spécifiques, les personnes ayant des facteurs de risques (une glycémie un peu trop élevée avec ou sans diabète, un taux élevé de graisse dans le sang (hyperlipidémie), une surcharge pondérale légère ou modérée, une hypertension artérielle…) doivent faire :
► Dansun premier tempsun bilan sanguin avec un examen du foie, ce qui permettra de déceler un taux de transaminases potentiellement anormal. En somme, « si les transaminases sont élevées, c’est le signal d’alarme d’un foie en souffrance : il faut donc le surveiller car il peut y avoir une potentielle stéatose ou une NASH« , résume l’expert. Généralement, pour une stéatose pure, les transaminases sont modérément élevées dans le sang, mais pour une NASH, les transaminases sont extrêmement élevées.
► Dansun second temps, il va falloir éliminer certaines causes puisqu’un taux élevé en transaminases peut être lié à la présence de virus dans l’organisme (on rappelle qu’une hépatite B ou hépatite C fait élever le taux de transaminases), à des maladies rares (hépatite médicamenteuse, hépatite auto-immune) ou à une surconsommation d’alcool. On parlera alors d’hépatite alcoolique.
► Dansun troisième temps, l’hépatologue va déterminer s’il s’agit d’une stéatose bénigne ou s’il s’agit d’une stéatose évolutive avec une inflammation, donc une NASH. Pour cela, on effectue une échographie qui va évaluer la quantité de graisse dans le foie, ou une élastométrie (réalisée au moyen d’un FibroScan®) qui va permettre de mesurer la quantité de graisse dans le foie, mais également de quantifier la fibrose dans le foie. « Cet examen permet donc, d’une part, de distinguer une stéatose bénigne d’une stéatose évolutive associée à une fibrose, puis d’autre part, de déterminer le stade de la fibrose« , précise l’expert.
Traitement et alimentation : comment soigner la NASH ?
Prise à temps, au stade précirrhotique, la maladie est réversible : une alimentation équilibrée et suffisamment d’exercice physique permettent de stopper le processus. Actuellement, il y a beaucoup de travaux de recherche sur la NASH : les chercheurs expérimentent des marqueurs capables de diagnostiquer plus facilement la « pré-NASH ». De plus, des médicaments sont en train d’être testés, mais ces derniers n’ont encore pas prouvé leur efficacité : « leurs résultats sont prometteurs, mais leurs effets secondaires restent indéterminés« , précise l’hépatologue. « Donc pour l’instant, il n’y a pas de traitement spécifique pour soigner une NASH« , en dehors de la greffe du foie, confirme le spécialiste, avant d’ajouter que « seul le fait de modifier son hygiène de vie (manger moins gras, moins sucré, faire plus d’activité physique, marcher plus) permet de faire fondre la graisse du foie et ainsi d’améliorer les facteurs de risques« . Toutefois, la recherche avance, avec plusieurs pistes thérapeutiques à l’étude :
Le CD44, une molécule présente à la surface des cellules immunitaires, qui participe à l’inflammation hépatique
Les cellules de Kupffer, des macrophages embryonnaires bons pour notre foie
Le microbiote
Il est conseillé d’avoir une prise en charge pluridisciplinaire et de solliciter l’aide d’un nutritionniste ou d’un diététicien, en plus de l’hépatologue et de son médecin généraliste. Souvent, une perte de poids s’accompagne d’une baisse des transaminases, donc d’une diminution de la stéatose.
La NASH est-elle réversible ?
« La stéatose est réversible : en l’absence de médicaments, une bonne hygiène de vie et une alimentation plus équilibrée permettent de réduire les risques de complications« , conclut le spécialiste.
Merci au Pr Patrick Marcellin, hépatologue à l’hôpital Beaujon et Président de l’APHC (Association pour l’amélioration de la prise en charge des patients atteints de maladies chroniques du foie)
Le médicament Antarène Codéine® contient de l’ibuprofène et de la codéine, deux antidouleurs. La codéine est un opioïde qui peut conduire à des dépendances ou à des utilisations abusives. Pris à des doses élevées ou sur une durée prolongée, ce médicament peut causer une grave insuffisance rénale ou des hémorragies au niveau de l’estomac, ce qui peut conduire au décès, alerte l’Agence du médicament (ANSM) dans un communiqué du 13 février 2023. « Plusieurs cas de toxicité rénale, gastro-intestinale et métabolique ont été signalés dans des pays où Antarène Codéine est disponible sans ordonnance« , rapporte l’autorité sanitaire. Pour limiter les risques, l’Agence européenne des médicaments (EMA) a ainsi demandé que ces effets indésirables soient ajoutés au résumé des caractéristiques du produit (RCP) et à la notice du médicament.
Indications : pourquoi prendre Antarène Codéine ?
Antarène Codéine® (laboratoire Elerté) est un médicament qui associe deux antidouleurs : l’ibuprofène et la codéine. Cet anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) est indiqué en cas de douleurs aiguës d’intensité moyenne à sévère, qui ne sont pas soulagées par la prise d’un antalgique seul. Ce traitement est réservé à l’adulte (à partir de 15 ans).
Est-il disponible avec ou sans ordonnance ?
► En France, tous les médicaments qui contiennent de la codéine, dont Antarène Codéine®, sont délivrés uniquement sur ordonnance depuis 2017.
► Dans d’autres pays d’Europe, Antarène Codéine est disponible en vente-libre, donc sans ordonnance.
Quels sont les risques d’Antarène Codéine ?
La codéine, substance contenue dans ce médicament, est une molécule opiacée, comme la morphine. C’est un opioïde (dérivé de l’opium) qui expose à un risque d’abus et de dépendance (addiction) dont les conséquences sur la santé peuvent être graves et fatales. En cas de prise prolongée ou à des doses supérieures aux doses recommandées, Antarène Codéine® peut causer :
Un patient qui ressentirait le besoin de consommer le médicament Antarène Codéine® à des doses supérieures ou à des durées plus longues que celles recommandées, doit impérativement consulter un médecin.
Quelles précautions si on prend Antarène Codéine ?
En cas de prise d’un médicament contenant de l’ibuprofène, l’Agence du médicament (ANSM) conseille :
D’utiliser la dose minimale efficace, pendant la durée la plus courte
D’arrêter le traitement dès la disparition des symptômes
D’éviter de prendre de l’ibuprofène en cas de varicelle
En cas de fièvre, de ne pas prolonger le traitement au-delà de 3 jours
En cas de douleur, de ne pas prolonger le traitement au-delà de 5 jours
De ne pas prendre pas deux médicaments AINS en même temps
En cas de douleur et/ou fièvre (angine, toux…), il convient de privilégier l’utilisation du paracétamol en respectant les règles de bon usage :
Prendre la dose la plus faible, le moins longtemps possible
Respecter la dose maximale par prise, la dose maximale quotidienne, l’intervalle minimum entre les prises et la durée maximale de traitement recommandée (3 jours en cas de fièvre, 5 jours en cas de douleur, en l’absence d’ordonnance)
Vérifier la présence de paracétamol dans les autres médicaments (utilisés pour douleurs, fièvre, allergies, symptômes du rhume ou état grippal)
Les médecins doivent alerter les populations particulières (-50kg, insuffisance hépatique légère à modérée, insuffisance rénale sévère, alcoolisme chronique…)
Quelles sont les contre-indications d’Antarène Codéine ?
Antarène Codéine® ne doit pas être pris dans les cas suivants :
antécédent d’allergie ou d’asthme provoqué par la prise d’AINS, y compris l’aspirine ;
ulcère de l’estomac ou du duodénum
insuffisance hépatique grave
insuffisance rénale grave
insuffisance cardiaque grave
lupus érythémateux disséminé
insuffisance respiratoire
personne connue comme étant métaboliseur ultrarapide (personne dont l’activité des enzymes impliquées dans le métabolisme des médicaments est excessive)
grossesse (à partir du 6e mois) et allaitement.
Sources : Antarène Codéine (codéine-ibuprofène) : la prise prolongée, en cas d’abus et de dépendance, peut entraîner une toxicité rénale et intestinale pouvant conduire au décès, ANSM, 13 février 2023 / ANTARENE CODEINE 200 mg/30 mg et 400 mg/60 mg (ibuprofène/codéine), association AINS-opioïde faible, HAS, avis sur les médicaments / Meeting highlights from the Pharmacovigilance Risk Assessment Committee (PRAC) 26-29 September 2022, EMA
L’anévrisme de l’aorte abdominale évolue souvent silencieusement jusqu’à la rupture. La rupture d’un anévrisme abdominale est une urgence vitale. Explications avec le Dr Adrien Boutin, chirurgien vasculaire au CHU de Rouen.
Qu’est-ce qu’un anévrisme de l’aorte abdominale ?
L’anévrisme de l’aorte abdominale se définit par une poche ou une dilatation de la paroi de l’aorte abdominale, la plus grosse artère du corps humain qui se situe auniveau de l’abdomen. Le diamètre de l’aorte augmente alors de plus de 5 cm et s’affaiblit sous l’effet de la pression artérielle. Si l’artère se rompt, on parle de rupture d’anévrismede l’aorte abdominale. Une pathologie fatale sans prise en charge urgente. « L’anévrisme peut être localisé à différents endroits. Il ne faut pas confondre avec les anévrismes cérébraux, les anévrismes au niveau de l’aorte thoracique et ceux au niveau des artères des jambes et des artères viscérales. L’anévrisme de l’aorte abdominale intervient souvent au niveau de la portion sous-rénale, entre les artères rénales et la bifurcation aortique« , note d’emblée le Dr Adrien Boutin, chirurgien vasculaire au CHU de Rouen. Ce type d’anévrisme touche plus les hommes. Il survient le plus souvent chez des personnes de plus de 60 ans.
Quelles sont les causes d’un anévrisme de l’aorte abdominale ?
L’anévrisme de l’aorte abdominale est favorisée par l’athérosclérose soit des dépôts de lipides dans les artères (plaque d’athérome) qui participent à leurs obstructions. « Cela se fait sur plusieurs années, au fur et à mesure du temps, donc pour prévenir l’anévrisme, il faut limiter ses facteurs de risques » précise le chirurgien vasculaire. Les facteurs de risque de l’athérosclérose sont :
Quels sont les symptômes de l’anévrisme de l’aorte abdominale ?
L’anévrisme de l’aorte abdominale est complètement asymptomatique. Le seul moment où il entraîne des symptômes, c’est lorsqu’il y a une rupture de l’anévrisme. La douleur est alors brutale et très vive au niveau abdominal. Elle peut également se projeter dans le dos et le risque de décès est majeur.
Comment est-il diagnostiqué ?
« Très souvent, l’anévrisme de l’aorte abdominale se découvre de manière fortuite chez les personnes ayant des facteurs de risques cardio-vasculaires. On va donc les suivre par des échographies régulières pour s’assurer que l’anévrisme n’augmente pas de taille, et les traiter de manière préventive dès lors que l’aorte dépasse 50 mm de diamètre« , explique le spécialiste.
Quels sont les traitements d’un anévrisme de l’aorte abdominale ?
On distingue deux types de traitement :
→ La technique chirurgicale qui consiste à ouvrir en grand le ventre et à remplacer l’aorte en interrompant la circulation et en faisant un pontage.
→ La technique endovasculaire qui repose sur la pose d’une endoprothèse aortique.
Après l’opération, une surveillance régulière est mise en place avec des échographies et des scanners.
« Un anévrisme de l’aorte abdominale qui est rompu engendre 70 à 75% de décès »
En quoi consiste l’opération d’un anévrisme de l’aorte abdominale ?
« On opère quand l’anévrisme dépasse les 50 mm parce qu’on sait qu’à ce stade-là, le risque de rupture devient considérable. Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’un anévrisme de l’aorte abdominale qui est rompu engendre 70 à 75% de décès chez les patients alors que sur une intervention d’anévrisme, c’est de l’ordre de 5%. Globalement, 50 % d’entre eux décèdent avant d’arriver à l’hôpital et 50% une fois arrivés à l’hôpital« , alerte le Dr Adrien Boutin. D’où l’importance d’effectuer un traitement préventif avec les patients qui présentent des facteurs de risques cardiovasculaires. « Le gros problème de cette maladie, c’est vraiment le fait qu’elle n’entraîne aucun symptôme. Parfois, on passe à côté, des patients arrivent avec un anévrisme rompu et on ignore qu’ils en avaient un », regrette le chirurgien vasculaire.
Quels risques de complications ?
Si on n’opère pas l’anévrisme de plus de 50mm et qu’il se rompt, la personne décède. En opérant de façon préventive par une laparotomie, c’est-à-dire en ouvrant le ventre et en remplaçant l’aorte par un pontage, les risques sont les mêmes que ceux inhérents à la chirurgie. Autrement dit, saignements et infection. « Cette intervention est tout de même assez lourde, elle nécessite un peu de réanimation et de la rééducation derrière. Quant à la pose d’endoprothèse dans les artères, le geste est réalisé par l’intérieur, ce qui permet d’isoler l’anévrisme. Cette technique est moins lourde et les patients récupèrent beaucoup plus vite mais elle n’est pas accessible à tout le monde puisqu’il faut que l’anatomie et l’anévrisme s’y prêtent« , précise le spécialiste.
Prévention et recommandations
La prévention repose sur la maîtrise des risques cardio-vasculaires : arrêt du tabac, traitement de l’hypertension, traitement du cholestérol et du diabète, même s’il n’est pas très favorisant pour les anévrismes. Ce sont surtout les gens qui ont des coronaropathies, des problèmes d’artères ou autre qui doivent systématiquement se faire dépister pour l’anévrisme de l’aorte abdominale.
Merci au Dr Adrien Boutin, chirurgien vasculaire au CHU de Rouen.
L’héroïne est une drogue classée comme « stupéfiant » appartenant à la famille des opiacés. Elle se présente généralement sous forme de poudre blanche (comme la cocaïne), rose, brune ou beige qui peut être injectée en intraveineuse, sniffée ou fumée. Du fait de son action rapide et intense, elle engendre une dépendance forte parfois dès les premières utilisations. En Europe, le marché de l’héroïne est étroitement déterminé par la production en Afghanistan. Ce pays est le premier producteur d’opium et d’héroïne au monde.
Définition : qu’est-ce que l’héroïne ?
L’héroïne, ou diamorphine, est une substance opiacée fabriquée à base d’opium (qui provient du pavot) qui agit sur le système nerveux central. Elle avait initialement un usage médical contre la toux, les insomnies, la dépression, les douleurs ou la diarrhée. Classée actuellement comme stupéfiant du fait de ses propriétés addictives fortes, elle est désormais interdite à la vente en France. Ses effets plongent rapidement le consommateur dans un état de bien-être et de somnolence avec une insensibilité à la douleur et aux stimulis extérieurs. Si sa consommation reste faible, elle est en constante augmentation ces dernières années.
Quelles différences avec la cocaïne ?
La cocaïne est une substance extraite des feuilles du cocaïer appelées « feuilles de coca » alors que l’héroïne provient de l’opium, elle-même issue de la culture du pavot, une plante différente donc. Ces deux drogues peuvent être sniffées, inhalées ou injectées. Concernant leurs effets, l’héroïne est un puissant antidouleur qui détend et entraîne une sensation de mieux-être. La cocaïne, elle, excite, stimule et donne un sentiment de toute puissance intellectuelle et physique. L‘héroïne n’entraîne pas de « descente « après sa prise contrairement à la cocaïne.
L’héroïne en France
L’héroïne a commencé à se diffuser en France dans les années 1980, rappelle l’OFDT. Sa diffusion a ensuite diminué après l’introduction des traitements de substitution aux opiacés (méthadone, Subutex®) au milieu des années 1990 pour repartir à la hausse dans la seconde moitié des années 2000. Le marché de l’héroïne en Europe (et en France) est le troisième (loin) derrière le cannabis et la cocaïne. En 2017, parmi les 11-75 ans, le nombre de personnes qui déclaraient en avoir déjà consommé était estimé à 500 000 (OFDT, 2022).
Comment fabriquée l’héroïne ?
L’héroïne est produite en incisant les capsules du pavot juste après leur floraison pour obtenir de l’Opium. Ce liquide blanchâtre durcit et s’oxyde à l’air libre pour devenir noirâtre. Il est ensuite mélangé à de l’eau chaude puis filtré pour séparer les alcaloïdes : on obtient du chandou qui est de l’opium à fumer. L’obtention de la morphine-base (c’est à dire l’héroïne prête à consommer) se fait à partir d’une succession de réactions chimiques avec de l’ammoniaque et de l’acide chlorhydrique, répétées 3 à 4 fois jusqu’à obtenir une morphine-base la plus pure possible (pure de 30 à 70%). On obtient ainsi trois type d’héroïne :
La blanche qui est très fine et légère,
La brune, aussi appeléebrown sugar, qui se présente sous forme d’une substance granuleuse brune ou grise.
Une troisième sorte d’héroïne peut être collante comme du goudron liquide ou dure comme du charbon. Même si sa couleur peut varier, les effets et le risque addictif sont les mêmes. Le prix moyen du gramme d’héroïne se situe autour de 40 euros, en faisant une drogue assez accessible.
Contrairement à la cocaïne ou au crack, il n’y a pas d’effet de « descente » violent.
Quels sont les effets après la prise d’héroïne ?
Les effets varient selon le consommateur, le contexte de consommation, la quantité et la qualité de l’héroïne. Les effets de l’héroïne sont immédiats (en particulier avec l’injection) et procurent une sensation de détente, mieux-être et d’apaisement intense combiné à une impression de chaleur immédiate. Décrite souvent comme un « flash » de plaisir et d’extase, cette sensation dure en général 4 à 6 heures, voire 5 à 8 heures. L’héroïne étant un antidouleur très puissant, elle fait oublier la douleur physique et psychique, réduit l’anxiété momentanément, induit une somnolence, un ralentissement de la respiration et une diminution des réflexes. Contrairement à la cocaïne ou au crack, il n’y a pas d’effet de « descente » violent mais un retour à l’état normal qui peut être difficile à supporter et provoque l’envie de consommer à nouveau pour retrouver le bien être intense des effets.
Quels sont les effets secondaires de l’héroïne ?
Les effets secondaires apparaissent en général dès la première consommation d’héroïne et dépendent de la qualité du produit, de la coupe et du consommateur. Tout comme pour un autre morphinique, il s’agit principalement de nausées, de vomissements, de constipation, de démangeaisons, d’une sensation de bouche et de nez sec, et d’une diminution de l’appétit. Dans certains cas, ces effets vont jusqu’à un ralentissement du rythme cardiaque, et à forte dose un état de somnolence pouvant aller jusqu’au coma et à la mort. Lors d’une consommation régulière, l’héroïne perturbe le cycle menstruel, le sommeil, engendre des problèmes bucco-dentaires, fragilise les os (ostéoporose), et provoquer une malnutrition et des carences.
Quels sont les dangers de l’héroïne ?
L’héroïne est souvent considérée comme une drogue « dure » du fait des dangers de surdosage et d’overdose, potentiellement mortels. Ils peuvent survenir dès les premières consommations si l’usager n’est pas habitué à la consommation ou chez un usager déjà dépendant dont les doses augmentent brusquement. L’overdose, c’est-à-dire le coma potentiellement mortel, se produit lorsque la quantité injectée ou sniffée dépasse la limite tolérée par l’organisme. Les principaux symptômes devant alerter les secours immédiatement sont un resserrement intense de la pupille, une respiration anormalement lente, une pâleur, et un sommeil sans réaction aux stimulations extérieures. Les autres risques sont principalement liés à l’injection qui peut entraîner des complications infectieuses pouvant parfois mettre en danger la vie du consommateur. Il peut s’agir d’une infection de la peau, d’abcès, d’œdème, mais aussi de réaction allergique, de septicémie, d’endocardite, ou d’infection pulmonaire. L’injection et aussi un risque de transmission du VIH et d’hépatite B et C. Il ne faut pas oublier non plus que la dépendance, la tolérance et le coût élevé de l’héroïne entraînent souvent des risques de marginalisation sociale et de grande précarité. Avant même que cela n’arrive, il est possible de demander une prise en charge médicale pour limiter les effets du manque et éviter la rechute.
Quels sont les signes de dépendance à l’héroïne ?
Avec l’héroïne, la dépendance s’installe en général rapidement en quelques jours, voire en quelques semaines. Le consommateur ressent la nécessité d’augmenter les doses, d’abord en quantité, puis en fréquence pour retrouver les mêmes effets. En cas d’arrêt d’une consommation régulière, un syndrome de manque important apparaît. Il est habituellement très intense et douloureux, et peut durer parfois plus d’une semaine mais il ne constitue pas un risque mortel. Dans les heures qui suivent la disparition des effets, le consommateur se met à avoir un larmoiement, un écoulement nasal, il baille, se sent nauséeux, peut avoir des vomissements, des diarrhées, des crampes musculaires, des douleurs profondes des membres, des douleurs lombaires et abdominales, des sueurs, des frissons, et une sensation de chaud et de froid. Ses pupilles sont dilatées (contrairement à ce qu’il se produit lors de la consommation) et il ressent un sentiment de malaise et d’angoisse accompagnés d’une insomnie importante. La violence du manque est très souvent à l’origine d’une nouvelle consommation, alimentant ainsi la dépendance et l’obsession des pensées du consommateur. Les conséquences sur la vie personnelles et professionnelles sont en général rapides et peuvent mener à la précarité, à des difficultés financières, familiales et judiciaires.
Comment se défaire d’une addiction à l’héroïne ?
Pour aider les consommateurs dépendants à l’héroïne dans leur sevrage, un traitement de substitution est disponible depuis 1994 : la méthadone et la buprénorphine (Subutex®). Le but de ce traitement prescrit sur ordonnance est de limiter les symptômes de manque et la rechute à long terme. Il permet de vivre une vie normale et de traiter les envies de consommer. Pour la prescription et la délivrance du traitement, une prise en charge par un addictologue en libéral, à l’hôpital ou dans un CSAPA (Centres de Soin, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie) est préférable. Une psychothérapie et une prise en charge sociale sont aussi recommandées pour soigner cette addiction. Certaines thérapies comme la TCC (Thérapie Cognitive et Comportementale) ont fait leur preuve dans ce type d’addition. Pour limiter les risques de transmission de maladies comme le VIH ou les hépatites B et C, des kits d’injection sont mis à disposition des usagers gratuitement dans les CSAPA, les CAARUD (Centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques des usagers de drogues) et les pharmacies (et mêmes certains automates dans quelques villes). Il existe aussi des PES (Programmes d’échange de seringues) dans certaines villes et certaines pharmacies rendent parfois ce service.
Que faire en cas d’overdose ?
En cas d’overdose, il est essentiel d’appeler immédiatement les secours (le 15 ou le 112), puis d’utiliser un médicament à base de naloxone en injection ou en spray nasal. Ce médicament est un véritable antidote qui permet d’éliminer immédiatement l’héroïne et les risques mortels. Il est disponible dans les CSAPA ou les CAARUD en prévention à toute personne présentant un risque de surdosage aux opiacés. Si vous n’avez pas de médicaments à base de naloxone, appelez immédiatement les secours, puis faites un massage cardiaque et du bouche à bouche en les attendant.
Quel est le prix de l’héroïne ?
Le prix courant de détail du gramme d’héroïne se situait à 30 euros en 2021 contre 33 euros en 2020. « Les usagers ont accès actuellement à un produit moins cher et plus concentré en principe actif qu’il y a dix ans » soulignait l’OFDT fin 2022.
Sources
1999-2019 : les mutations des usages et de l’offre de drogues en France, OFDT, dispositif TREND, 2020
Drogues infos service 0800 23 13 13 (tous les jours de 8h à 2h, appel anonyme et gratuit).