14 Fév 2023 | JDF Santé
Vous avez l’habitude de mordre et arracher les peaux présentes au niveau de vos doigts et/ou autour des ongles de manière compulsive ? Vous êtes peut-être atteint de dermatophagie. Elle fait partie des comportements répétitifs centrés sur le corps (CRCC). Ce n’est pas une mauvaise habitude mais un trouble obsessionnel compulsif (TOC). Les personnes dermatophages rongent leur peau jusqu’au sang, le plus souvent au niveau des mains et des doigts mais cela peut affecter d’autres parties du corps. La dermatophagie détériore la santé mentale de l’individu. Quels sont les signes et les causes de ce trouble ? Quels sont les dangers pour la santé physique et mentale ? Comment en guérir ?
Définition : c’est quoi la dermatophagie ?
« La dermatophagie (du grec ancien « peau » et « manger ») désigne une envie compulsive et incontrôlée de ronger ou de manger sa propre peau, le plus souvent sur les doigts, mais toutes les parties du corps peuvent être concernées. Certains mordent aussi l’intérieur de la bouche » indique le Pr Laurent Misery, dermatologue et vénérologue. « La dermatophagie résulte d’une volonté de faire baisser l’état anxieux en se mordant la peau autour des doigts, le plus souvent des mains, plus rarement des pieds » complète Johanna Rozenblum, psychologue clinicienne. Il s’agit d’un trouble psychique entrant dans le champ des troubles obsessionnels compulsifs (TOC). « La dermatophagie peut également se rapprocher dans les cas les plus poussés d’un comportement d’automutilation » note la psychologue.
Quels sont les signes de la dermatophagie ?
Les personnes qui en souffrent mordent généralement de manière compulsive la peau au niveau des doigts, autour des ongles, des pieds… conduisant à des :
- saignements
- doigts rouge et gonflés
- ongles détériorés
- cicatrices
- callosités
- décoloration
Attention, la dermatophagie est à distinguer de la dermatillomanie qui consiste à se triturer la peau (main, cuir chevelu…) de façon pathologique.
Quelles sont les causes de la dermatophagie ?
« Ce qui déclenche le geste lui-même est un état de souffrance, de tension interne, de stress ou d’anxiété aigue. La personne ne trouve pas d’autres façons pour gérer cet état que d’adopter un comportement dysfonctionnel pour faire baisser la tension ou les pensées négatives afin de les canaliser » explique la psychologue. D’autres personnes se grattent et se mordent les peaux pour se concentrer. Si la dermatophagie est associée à d’autres TOCS, elle peut être liée à un état dépressif par exemple. ‘Dans ce cas, la dermatophagie devient un symptôme et fait partie d’un syndrome » note Johanna Rozenblum. La dermatophagie peut être favorisée par :
- le tempérament (impatient)
- l’environnement
- l’âge (les symptômes des BFRB commencent généralement vers la puberté)
Quels sont les dangers de la dermatophagie ?
« Cette conduite anormale est assez fréquente et bénigne. Il y a toutefois un risque de surinfection » alerte le Pr Laurent Misery. Lorsque la peau est laissée à vif et ouverte à cause de la morsure, les bactéries peuvent pénétrer par la plaie. « Si la dermatophagie devient une obsession ou s’il y a d’autres comportements anormaux, elle peut cacher des troubles psychiques plus graves en amont » prévient le dermatologue. « La dermatophagie peut s’accompagner d’un sentiment de honte et d’une stigmatisation qui altère l’estime de soi » ajoute Johanna Rozenblum.
Si la dermatophagie est un problème comportemental, un TOC, il ne faut pas en avoir honte et chercher des solutions avec un professionnel de santé. « Une thérapie comportementale et cognitive (TCC) avec un psychologue s’avèrera efficace pour guérir de ce trouble du comportement » soutient Johanna Rozenblum. « On essaye de comprendre l’élément déclencheur du comportement : l’anxiété, une mauvaise estime de soi, l’ennui, une situation éprouvée comme une impasse etc. Ensuite, on recherche une alternative pour gérer son anxiété autrement que par des dommages corporels, sa tension interne ou ses pensées négatives » poursuit l’experte. On pourra par exemple :
- tester une nouvelle activité physique,
- manipuler de la pâte à modeler
- manipuler une balle anti-stress
Il peut également être intéressant de consulter un dermatologue qui alertera sur les conséquences physiques de ce trouble. « Il est difficile de se décrocher d’un TOC, commencer par se fixer des petits objectifs et se récompenser des efforts fournis participe à la thérapie » rappelle la psychologue. On peut demander de l’aide à ses proches en les informant pour qu’ils nous alertent lorsqu’on effectue ces gestes de manière incontrôlée. « Si la dermatophagie est associée à d’autres symptômes tel qu’un état dépressif, on traitera la cause dépressive et un psychiatre pourra prescrire des médicaments tels que des inhibiteurs de recapture de la sérotonine, qui sont également des antidépresseurs » préconise la psychologue.
Merci au Pr Laurent Misery, dermatologue et vénérologue, membre du groupe psycho-dermato de la Société Française de Dermatologie (SFD) et à Johanna Rozenblum, psychologue clinicienne.
Source : JDF Santé
14 Fév 2023 | JDF Santé
Définition : qu’est-ce qu’une polysomnographie ?
La polysomnographie est un enregistrement neurophysiologique du sommeil au cours de la nuit. « Il s’agit d’un examen complet qui a pour objectif de détecter et quantifier les troubles du sommeil« , présente d’emblée le docteur Robin Jouan, médecin du sommeil. A l’aide de capteurs, on enregistre les signaux de la respiration, de la fréquence cardiaque, la respiration buccale et la saturation de l’oxygène« . Le patient est filmé lors de son sommeil et un micro est utilisé pour capter les ronflements.
Quelle est la différence avec une polygraphie ?
A la différence d’une polygraphie ventilatoire souvent réalisée en première intention, la polysomnographie va étudier en plus :
- L’activité cérébrale
- Les mouvements oculaires
- L’activité musculaire des jambes et du menton
Indications : pourquoi faire une polysomnographie ?
L’examen est recommandé en cas de troubles du sommeil sévères. Selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS), la polysomnographie est indiquée pour l’exploration de l’apnée du sommeil, les syndromes d’hypoventilation ou un syndrome de haute résistance des voies aériennes supérieurs. « L’examen est également préconisé en cas de suspicion d’hypersomnie, de narcolepsie, d’épilepsie nocturne ou si l’on recherche des mouvements périodiques de jambes associés au syndrome des jambes sans repos. Mais tous les troubles du sommeil ne donnent pas lieu à une polysomnographie » rapporte notre interlocuteur.
La polysomnographie se déroule le plus souvent à l’hôpital, en clinique ou dans un laboratoire du sommeil. Le patient arrive à l’hôpital la veille, l’examen se déroule la nuit. « Des électrodes sont placées sur son cuir chevelu, sa poitrine, son visage ainsi que les bras et les jambes« , rapporte le docteur Robin Jouan. Le patient n’a pas besoin d’être à jeun et s’endort lorsqu’il le souhaite. « S’il suit un traitement, le patient pourra le prendre, en revanche aucun sédatif n’est donné pour aider à l’endormissement« , explique le docteur. L’examen dure environ 8 à 12h, certains patients peuvent rester plusieurs jours hospitalisés, notamment dans le cas d’hypersomnie. Une machine enregistre les données des appareils puis le médecin interprète les résultats.
Peut-on faire une polysomnographie à domicile ?
Il est possible de réaliser une polysomnographie à domicile. La mise en place du dispositif relève est un acte médical, « c’est un technicien du sommeil qui place les capteurs sur le patient et se charge du contrôle et des paramètres de la machine« . Au réveil, le patient retire seul l’ensemble du dispositif. Le médecin Jouan préconise tout de même une hospitalisation pour s’assurer du bon déroulé de l’examen, « si un capteur se décolle, le test est faussé et il faudra recommencer« .
En général, une seule polysomnographie suffit à évaluer le sommeil. Grâce aux informations recueillies, le médecin détermine un index des apnées et hypopnées au cours du sommeil.
- Un index égal ou inférieur à 5 est considéré comme la norme.
- Entre 5 et 15, on diagnostique une apnée du sommeil légère
- Entre 15 et 30, une apnée du sommeil modérée
- Supérieur à 30, il s’agit d’une apnée du sommeil sévère
En fonction du nombre d’apnées, le patient se voit proposer un appareillage avec machine ou une orthèse d’avancement mandibulaire qui permet de libérer l’arrière-gorge et de ne pas bloquer le flux d’air.
Quel est le prix d’une polysomnographie et quel remboursement possible ?
Sur prescription médicale, la polysomnographie est en partie remboursée par la Sécurité sociale. Certaines mutuelles peuvent compléter la prise en charge.
Merci au docteur Robin Jouan, psychiatre et médecin du sommeil à Nice
Source : JDF Santé
14 Fév 2023 | JDF Santé
Définition : c’est quoi une anamnèse ?
L’anamnèse est un interrogatoire qui permet de récupérer les éléments de l’histoire d’un malade ou d’une maladie. Le but étant de disposer du passé médical et/ou médico-chirugical du/de la patient(e), ainsi que les symptômes qui l’ont conduit à consulter.
Quel est le but d’une anamnèse ?
Le but de l’anamnèse est de « mener l’enquête » sur les antécédents et les symptômes d’un patient. Autrement dit, il s’agit de récupérer les informations médicales du/de la patient(e). « L’anamnèse est la récupération des antécédents et des symptômes du patient aussi loin qu’il peut s’en souvenir. Pendant cet interrogatoire, les questions du médecin vont permettre d’orienter le patient », explique le Pr Nicolas Noel, PU-PH en médecine interne à l’hôpital Bicêtre. « L’anamnèse c’est littéralement écouter le patient, entendre sa plainte symptomatique et essayer à partir d’un symptôme de le caractériser et de rechercher les éventuels symptômes complémentaires pour ainsi formuler une ou plusieurs hypothèses de diagnostic, qui sera(ont) affinée(s) ensuite par l’examen clinique« , précise-t-il.
Quel médecin peut faire une anamnèse ?
L’anamnèse est le temps essentiel de toute consultation médicale. « 80 à 90 % du diagnostic va être posé grâce à l’anamnèse. L’examen du patient sera ensuite son prolongement. Les examens complémentaires ne représentant que 1 à 2 % du diagnostic », précise-t-il. Dès la 2e année de médecine, les étudiants sont formés à l’anamnèse. Selon les profils des patients, l’anamnèse est plus ou moins facile à mener et l’expertise médicale va faciliter ce temps de questionnement : « tout au long de sa pratique, le médecin va améliorer son anamnèse, va développer ses connaissances à travers sa formation, et à travers son expertise être en mesure de bien dérouler l’anamnèse pour mieux envisager le patient et ses symptômes« , souligne le Pr Noel.
Quelles sont les étapes d’une anamnèse ?
L’anamnèse va se dérouler sous la forme de diverses questions qui vont catégoriser les informations comme suit :
► Le motif de consultation ou d’hospitalisation : « ce pourquoi le patient est là » ;
► Les antécédents « le cadre du tableau » : les antécédents médicaux, personnels, chirurgicaux, gynécologiques, psychiatriques et les antécédents familiaux : « tout le passé médical : les antériorités de chirurgie, les maladies passées ou les maladies chroniques, suivies« . Il faut savoir que dans la majorité des situations, le symptôme qu’un patient présente peut être en lien avec un symptôme qu’il a déjà eu, et ce lorsqu’il y a des antécédents. Il existe aussi des maladies génétiques et familiales que l’on va pouvoir détecter sur un symptôme.
► Les traitements pris (asthme, diabète, hypertension…) : « beaucoup de personnes ayant un traitement contre l’hypertension, par exemple, disent qu’ils ne sont plus hypertendus. Alors que c’est bien grâce au traitement que l’hypertension est prise en charge et stabilisée », explique le Pr Noel.
► Le mode de vie : par exemple : où les personnes vivent ? Comment ? Sont-ils entourées socialement, isolées ? Viennent-elles d’un autre pays ? Ont-elles un travail ? Des loisirs ? Fument-elles ou ont-elles des consommations spécifiques ? Ces questions permettent de poser un cadre qui sera ensuite complété par le deuxième temps de l’anamnèse : l’histoire de la maladie ou des symptômes.
► Les proches peuvent aussi être interrogés et ce dans différentes situations : les parents d’un enfant malade, les aidants d’une personne âgée malade, l’entourage dans le cas d’une urgence vitale ou d’une perte de connaissance.
Quels sont les risques et limites d’une anamnèse ?
Les risques de l’anamnèse sont de vouloir mener l’interrogatoire trop rapidement, de « fermer la porte » à l’expression des symptômes (par exemple, finir les phrases du patient à sa place) et/ou de polariser le diagnostic par des idées préconçues (stopper l’anamnèse sur une idée de diagnostic et ainsi transformer la réalité du patient). Il n’y a aucune limite à l’anamnèse, c’est le temps le plus important de la consultation.
Merci au Pr Nicolas Noel, médecine interne, hôpital Bicêtre (AP-HP), faculté de médecine de l’université Paris-Saclay
Source : JDF Santé
14 Fév 2023 | JDF Santé
Définition : qu’est-ce que le syndrome de Leigh ?
Le syndrome de Leigh, aussi appelé encéphalomyopathie nécrosante subaiguë, est une maladie neurologique génétique rare et évolutive qui se caractérise par une dégénérescence du système nerveux central, plus particulièrement du tronc cérébral et des noyaux gris centraux. La prévalence est estimée à 1/36 000 naissances. On distingue différentes formes de maladie de Leigh. « La forme classique se manifeste habituellement chez le nourrisson ou chez le petit enfant, le plus souvent avant l’âge de deux ans. Mais, certaines formes peuvent apparaître beaucoup plus tardivement et se révéler à l’adolescence voire à l’âge adulte. On parle de syndrome parce qu’il s’agit à l’origine d’une description d’anomalies radiologiques associés à des symptômes cliniques qui traduisent un mauvais fonctionnement du système nerveux central« , développe le Dr Nathalie Guffon, médecin responsable du centre de référence des maladies héréditaires du métabolisme au CHU de Lyon.
Quelle est la cause du syndrome de Leigh ?
Elles ont toutes pour point commun un mauvais fonctionnement des mitochondries, les usines énergétiques de nos cellules.
Le syndrome de Leigh regroupe un ensemble de pathologies assez complexes qui s’intègrent dans les maladies mitochondriales. S’il existe plusieurs étiologies, elles ont toutes pour point commun un mauvais fonctionnement des mitochondries, les usines énergétiques de nos cellules, dispersées dans tout le corps, en raison d’une anomalie du matériel génétique. « En cas d’altérations du matériel génétique classique qui se trouve dans le noyau des cellules, la maladie va se révéler chez un enfant dont les deux parents sont porteurs sains. Il peut aussi s’agir d‘une mutation du matériel génétique propre des mitochondries qui est transmis uniquement par l’ovule, auquel cas soit il s’agit d’un accident au moment de la conception, soit d’une transmission maternelle (syndrome de Leigh à hérédité maternelle) », détaille la spécialiste.
Quels sont les symptômes du syndrome de Leigh ?
Les symptômes dépendent de la sévérité de la maladie. La forme classique, qui débute chez le nourrisson ou le petit enfant, se traduit essentiellement par :
- une hypotonie (le nourrisson n’arrive pas à tenir sa tête dans les formes les plus graves),
- un retard dans les acquisitions motrices voire une régression de ces dernières avec le temps,
- des troubles de l’équilibre,
- des troubles de la déglutition,
- des vomissements.
D’autres signes neurologiques peuvent apparaître :
- mouvements involontaires des yeux,
- une paralysie de certains mouvements oculaires,
- des difficultés respiratoires d’origine cérébrale.
- À ces symptômes neurologiques peuvent s’ajouter des atteintes cardiaque, rénale ou hépatique.
- Dans les formes moins sévères, les symptômes typiques sont souvent des signes neurologiques avec des troubles de l’équilibre, des troubles de la coordination et une atteinte de la rétine.
Quelle est l’évolution du syndrome de Leigh ?
Le syndrome de Leigh évolue vers une dégradation de l’état général qui n’est pas forcément linéaire. « On peut observer une détérioration aiguë, souvent déclenchée par une infection banale, avec parfois une récupération partielle ou totale, jusqu’à la prochaine détérioration », informe la spécialiste.
Outre les signes cliniques évocateurs, le diagnostic repose sur l’IRM cérébrale qui va mettre en évidence des lésions caractéristiques des noyaux gris centraux et du tronc cérébral. Les taux de lactate sont toujours trop élevés dans le liquide céphalorachidien, et souvent dans le sang. Le diagnostic étiologique repose sur la mise en évidence du déficit enzymatique et/ou des anomalies génétiques.
Quel est le traitement du syndrome de Leigh ?
Il n’existe pas de traitement curatif spécifique pour le syndrome de Leigh. Des vitamines comme la thiamine (vitamine B1), vitamine B2 et du coenzyme Q10 peuvent être proposés pour essayer de faire fonctionner les petits chaînons des mitochondries qui fonctionnent le mieux. Dans certains déficits, il peut également être préconisé de faire un régime cétogène, c’est-à-dire très riche en graisses et restreint en sucre.
Quelle est l’espérance de vie en cas de syndrome de Leigh ?
Le pronostic du syndrome de Leigh est très sévère avec une survie qui dépasse rarement quelques années après le début des symptômes.
Merci au Dr Nathalie Guffon, pédiatrique responsable du centre de référence des maladies héréditaires du métabolisme au hospices civils de Lyon
Source : JDF Santé
14 Fév 2023 | JDF Santé
Qu’il soit éthylique, diabétique, hydraulique ou artificiel, le coma désigne une altération de l’état de conscience qui nécessite une prise en charge rapide et adaptée. Parmi les causes, on peut évoquer une hémorragie cérébrale ou un important abus d’alcool. Combien de temps peut-on rester dans le coma ? Quelles sont les causes du coma ? Quelles chances de se réveiller ?
Définition : c’est quoi le coma ?
Le coma se définit comme étant une altération de l’état de conscience dans laquelle le patient ne peut plus réagir à des stimulations. De fait, le coma ne permet plus à la personne qui en est victime d’avoir une vie relationnelle avec son entourage. Parallèlement à cette absence de conscience, les fonctions vitales sont conservées. Lorsqu’une personne est dans le coma, sa vigilance et sa conscience sont abolies. Dans certains cas, un traitement approprié permet d’en traiter la cause. Ses fonctions vitales sont maintenues, mais elle n’a plus de perception sensorielle et ne réagit pas à la douleur. La personne dans le coma ne peut demeurer dans cet état pendant longtemps sans une assistance extérieure pour subvenir à ses besoins que ce soit son hydratation, son alimentation, mais également la protection de sa peau. En effet, la personne ne pouvant se mouvoir, le poids du corps repose constamment sur les mêmes points d’appui risquant d’endommager les tissus sous-jacents (ce que l’on nomme une escarre). Une personne dans le coma doit donc être mobilisée régulièrement pour éviter l’apparition de ces lésions. L’évolution peut être rapidement favorable, se maintenir ainsi pendant un temps très long (parfois des années) ou aboutir au décès de la personne. Pour cette raison, une personne dans le coma doit être prise en charge le plus rapidement possible par une équipe médicale.
Quels sont les types de coma ?
► Coma éthylique : une urgence vitale. « Le coma éthylique correspond à une intoxication par l’alcool induisant des troubles de conscience » explique le Dr. Degremont. Il est lié à une consommation excessive d’alcool, généralement sur une courte période : plus l’alcool est absorbé rapidement, plus le risque de coma éthylique est important. Le taux d’alcoolémie menant au coma éthylique varie en fonction de plusieurs paramètres tels que le poids, la quantité de masse graisseuse, l’alimentation ; l’accoutumance à l’alcool et la vitesse de consommation de l’alcool. Il s’agit d’une urgence vitale qui peut laisser des séquelles neurologiques.
► Coma artificiel. « Le coma artificiel est un coma induit pour permettre le traitement d’un patient par exemple en réanimation » explique le Dr. Degremont. Il est provoqué par des médicaments sédatifs, tels que le midazolam ou le propofol. L’objectif est de « mettre le cerveau au repos ». C’est un des traitements de base, surtout en cas de coma post-traumatique ou d’œdème cérébral risquant de provoquer une hypertension intracrânienne. Comme c’est un coma induit, il est par définition mieux contrôlé. Toutefois, plonger le cerveau dans un coma pharmacologique n’est pas sans conséquence, même s’il s’avère parfois indispensable pour protéger le cerveau en phase aiguë.
► Coma diabétique. Le coma diabétique est l’une des trois plus graves complications du diabète sucré. Ces complications sont l’acidocétose diabétique (hyperacidité du sang suite à l’accumulation anormale d’éléments toxiques nommés « corps cétoniques »), le syndrome d’hyperosmolarité hyperglycémique (provoqué essentiellement par une hyperglycémie, donc un taux de glucose sanguin trop élevé) et l’hypoglycémie diabétique grave (taux de glucose sanguin beaucoup trop bas). Le coma diabétique doit conduire à l’hospitalisation immédiate du malade : non pris en charge, il peut conduire au décès de la personne.
► Coma hydraulique. Le coma hydrique résulte d’une intoxication à l’eau appelée aussi hyperhydratation. Celle-ci survient lorsque l’organisme absorbe une trop grosse quantité d’eau en un laps de temps très court.
Quelle est la durée d’un coma ?
« La durée dépend de la cause », explique le Dr. Degremont . « Généralement les causes « toxiques » sont de courte durée, les causes cérébrales plutôt longues (soit directement comme un traumatisme ou un AVC ; soit indirectement comme sur un arrêt cardiaque avec souffrance cérébrale) » précise t-il.
Quels sont les symptômes d’un coma ?
Le coma est une perte momentanée ou non de conscience, qui peut être spontanée ou provoquée médicalement. La durée d’un coma est plus ou moins longue en fonction de son origine. Le coma est généralement réversible. Il peut être causé par une intoxication, un traumatisme ou une affection neurologique (comme l’épilepsie) qui atteint le cortex cérébral. Le coma n’implique pas forcément de lésion cérébrale. On parle de coma lorsque le patient ne répond pas à la douleur, aux sollicitations verbales ou tout autre stimulus.
Quelle est la cause d’un coma ?
Le coma est souvent associé à un événement accidentel comme un traumatisme violent au cours d’un accident de la route ou en ski par exemple. Le cerveau subit un choc dont les ondes se répercutent en profondeur mettant à mal son fonctionnement. Des lésions ainsi qu’une hémorragie cérébrale peuvent apparaître et être également responsables du coma. Le coma peut aussi être la conséquence d’une grave intoxication. Ainsi, le monoxyde de carbone qui est un gaz responsable de graves intoxications, parfois mortelles, en hiver du fait des chauffages mal réglés, peut aussi entraîner un coma. « Il existe également des intoxications médicamenteuses comme avec des benzodiazépines« précise le Dr. Degremont. Des troubles métaboliques comme dans le cas du coma diabétique peuvent exister ainsi que des causes infectieuses (méningites par exemple). Certaines tumeurs cérébrales ou des accidents vasculaires cérébraux peuvent se manifester par l’apparition brutale d’un coma.
Le diagnostic est posé en fonction du score de Glasgow reposant sur l’évaluation clinique. « Il s’agit d’un score objectif permettant à partir d’éléments simple d’évaluer l’état de conscience d’un malade » explique le Dr. Degremont. Il permet de quantifier la gravité du coma en élaborant un score de 3 (coma profond) à 15 (état d’éveil et de conscience normal).
► Ce score évalue l’ouverture des yeux évaluée sur 4 avec 4 points pour l’ouverture spontanée, 3 pour l’ouverture à la demande, 2 pour l’ouverture à la douleur, 1 pour l’absence totale d’ouverture.
► Il évalue également la réponse verbale cotée sur 5 avec 5 pour un discours orienté, 4 pour un discours confus, 3 pour des propos incohérents avec quelques mots reconnus, 2 pour des sons sans mots compréhensibles, 1 pour un mutisme total.
► Enfin, il permet d’évaluer la réponse motrice sur 6 avec 6 pour un acte correctement effectué sur commande, 5 pour une réaction localisée face à la douleur, 4 pour une manoeuvre d’évitement non adaptée, 3 pour une réaction de flexion en réponse à la douleur, 2 pour une réponse en extension à la douleur, 1 pour l’absence totale de mouvement.
« La première chose à faire devant une perte de conscience est de prévenir les secours »
Des examens complémentaires sont réalisés en cas de coma pour la recherche de la cause et sont orientés selon les différentes suspicions cliniques évoquées par le contexte : bilan sanguin, scanner cérébral, IRM en cas de traumatisme et ponction lombaire si on suspecte une méningite. Dès l’apparition d’une altération de la conscience, des soins doivent être prodigués. Si une personne est dans le coma, les gestes de premiers secours doivent être donnés avant l’arrivée des équipes médicales afin d’éviter l’aggravation de son état. « La première chose à faire devant une perte de conscience est de prévenir les secours, puis de s’assurer que la personne respire et la placer en position latérale de sécurité » détaille le Dr. Degremont. Une fois les médecins et soignants sur place, ils s’attacheront à déterminer l’origine du coma pour y apporter un traitement si possible tout en maintenant les fonctions vitales de la personne.
Quelle est la prise en charge d’un patient dans le coma ?
En cas de coma, la prise en charge médicale en urgence est indispensable. Le sujet doit être placé sous surveillance afin de s’assurer du maintien des fonctions vitales (circulation sanguine et donc battements cardiaques et respiration pulmonaire). Un score de Glasgow inférieur à 8 nécessite une intubation pour assurer la fonction respiratoire du patient. Le patient étant incapable de se nourrir, il est alimenté par perfusion sanguine ou par sonde digestive tant que le coma persiste. On fait en sorte d’éviter l’apparition d’escarres par des mobilisations et un matelas adapté. Le traitement se fait ensuite en fonction des causes.
Quelles sont les chances de se réveiller d’un coma ?
L’évolution est le plus souvent imprévisible et dépend surtout de la cause. Les comas dus à une intoxication médicamenteuse sont généralement de bons pronostics. L’évolution de ceux ayant une origine traumatique dépend surtout de l’âge (les personnes les plus jeunes ont de plus grandes chances de voir leur état s’améliorer). Il est possible de voir des personnes rester dans un coma profond pendant plusieurs années. Le coma peut parfois être maintenu artificiellement dans certains cas en utilisant des molécules sédatives.
Merci au Dr. Julien Degremont, médecin réanimateur, pour ses précisions.
Source : JDF Santé