Une douleur à l’oeil est la plupart du temps bénigne. A la suite d’une opération, en cas de glaucome, d’abus des écrans, de migraine… de multiples causes peuvent expliquer les douleurs des yeux. Parfois, elles nécessitent une prise en charge en urgence. Quels sont les causes des douleurs aux yeux ? Comment les soulager ?
Définition : c’est quoi une douleur à l’oeil ?
Les douleurs des yeux ou oculaires constituent un motif fréquent de consultation. Les causes de ces symptômes sont multiples et la plupart du temps sans gravité. « Les patients s’inquiètent souvent de ce symptôme, mais il convient de les rassurer : l’origine est souvent simple à évaluer, notamment quand il n’y a pas de perte d’acuité visuelle ni de photophobie« , explique la Professeure Claude Speeg-Schatz, chef du service ophtalmologie au CHU de Strasbourg. Une consultation chez son médecin traitant ou chez un spécialiste (ophtalmologue) permet de déterminer l’origine de ce symptôme.
Où se situent les douleurs oculaires ?
Les douleurs oculaires peuvent se manifester de manière aiguë ou chronique. Elles peuvent avoir différentes localisations : derrière le globe oculaire, sous les yeux ou au-dessus. En fonction de la cause, elles peuvent dans certains cas nécessiter une prise en charge en urgence.
Les migraines, les sinusites et les grippes peuvent entrainer des douleurs aux yeux
Quels sont les symptômes d’une douleur à l’oeil ?
Les douleurs oculaires peuvent être associées à d’autres signes, selon l’origine du symptôme. Un traumatisme oculaire (coup, choc…) va engendrer une douleur ainsi qu’un larmoiement, une photophobie (hypersensibilité à la lumière) et des rougeurs oculaires. « Typiquement, c’est le coup d’ongle sur la cornée : celle-ci étant innervée, la moindre lésion expose à des douleurs intenses » associées à un larmoiement et une sensibilité à la lumière« , précise Claude Speeg-Schatz. D’autres symptômes peuvent être retrouvés, en fonction de l’origine des douleurs oculaires : des maux de tête (et plus rarement, des douleurs aux cervicales), une amputation du champ visuel, l’apparition de points lumineux, un déséquilibre oculomoteur, une sécheresse oculaire liée à la fièvre (dans le cas d’une infection), des douleurs aux sinus ou encore des douleurs lors des mouvements des yeux.
Quelles sont les causes d’une douleur à l’oeil ?
Les douleurs oculaires peuvent avoir de multiples causes touchant principalement la cornée ou liées à des variations de la tension oculaire.
► Une tension intraoculaire trop élevée.
► L’exophorie (tendance à la déviation des yeux vers le dehors, associée volontiers à une insuffisance de convergence) est une autre cause. « Cela survient souvent chez des personnes qui ne portent pas leurs lunettes, notamment lorsqu’elles ont un usage prolongé des écrans« , précise le Pr Speeg-Schatz.
► Les migraines peuvent aussi entraîner des douleurs oculaires, tout comme les sinusites, les grippes, voire les rhumes, qui sont responsables de sécheresse oculaire potentiellement algogènes. Des infections de la face font également partie des causes. « Ces infections peuvent être engendrées par le fait de presser vigoureusement un bouton sur la joue, par exemple« .
► Plus rarement, les douleurs oculaires ont une origine neurologique. Une neuropathie que l’on peut observer dans la sclérose en plaques entraîne des douleurs lors des mouvements des yeux. « Il peut s’agir alors d’une inflammation du nerf optique ; si elle est associée à une baisse de l’acuité visuelle, on cherchera une cause neurologique« .
► « Certaines pathologies telles que le glaucome aigu par fermeture de l’angle vont entraîner une douleur oculaire associée à une rougeur, une dureté du globe oculaire et une mydriase (pupille dilatée). La circulation de l’humeur aqueuse à l’intérieur de l’œil est entravée, ce qui augmente la pression intraoculaire et provoque des douleurs particulièrement intenses« , précise le Pr Speeg-Schatz. A noter que l’hypertonie oculaire est définie par une pression intra-oculaire supérieure à 21 mm/Hg.
► L’œil peut également être douloureux en contexte post-opératoire, en raison d’une infection ou d’une inflammation.
Comment soulager les douleurs aux yeux ?
Le traitement des douleurs oculaires dépend de la cause. En cas de traumatisme entraînant une atteinte cornéenne, un antibiotique local sera appliqué ainsi qu’un cicatrisant sous forme de gouttes ou de pommade. « On placera aussi le patient à l’abri de la lumière« , ajoute le Pr Speeg-Schatz. En cas d’hypertonie oculaire, on va administrer des collyres bêta-bloquants, des collyres agonistes alpha2 adrénergiques, des prostaglandines ou encore des inhibiteurs de l’anhydrase carbonique, afin de diminuer la tension oculaire. L’inflammation oculaire sera quant à elle traitée avec des anti-inflammatoires. Pour des douleurs liées au non-port des lunettes, ou une phorie, une rééducation orthoptique sera proposée ainsi que le port constant de la correction optique. « Pour la douleur, on peut utiliser des antalgiques type paracétamol, mais il faut garder à l’esprit qu’on ne traite ainsi que le symptôme et non sa cause« , conclut la spécialiste.
Merci au Pr Claude Speeg-Schatz, chef du service ophtalmologie au CHU de Strasbourg.
On appelleherpès oculaire ou ophtalmique un herpès qui se développe au niveau de la muqueuse de l’œil. Parmi les causes : une infection au virus de l’herpès simplex (HSV) ou une infection au Varicelle zona virus (VZV). L’herpès oculaire concerne environ 60 000 personnes par an en France et constitue la première cause de cécité d’origine infectieuse dans les pays industrialisés, d’après le Syndicat National des Ophtalmologistes de France (SNOF). Comment reconnaître un herpès oculaire ? Quels sont les symptômes du début ? Une fatigue ? Des maux de tête ? Comment le traiter ? Est-ce que l’herpès oculaire est contagieux ?
Quelle est la définition d’un herpès oculaire ou ophtalmique ?
L’herpès oculaire, aussi appelé herpès ophtalmique est un herpès qui se développe au niveau de la muqueuse de l’œil. C’est une affection transmise par l’Herpès simplex virus (HSV) ou par le Varicelle zona virus (VZV).
Oui. Cette affection contagieuse se transmet par simple contact avec un sujet porteur du virus ou par auto contamination. Dans ce dernier cas, la personne se frotte les yeux après avoir été en contact avec d’autres zones herpétiques de son visage (appelées couramment « boutons de fièvre »).
Quels sont les symptômes du début d’un herpès oculaire ?
Au début, on peut confondre l’herpès de l’œil avec une conjonctivite aiguë :
L’œil présente un aspect rougeâtre
L’œil est larmoyant
La paupière est gonflée
Le patient ressent une sensation de « grains de sable dans l’œil ».
« Néanmoins, avec un peu d’habitude, la localisation de la rougeur autour de la cornée (alors qu’elle est diffuse en cas de conjonctivite) oriente déjà vers une atteinte grave de l’œil« , souligne le Professeur Laurent Kodjikian, Président de la société française d’ophtalmologie et chef de service adjoint à l’hôpital de la Croix-Rousse à Lyon. Une fois que la pathologie a été diagnostiquée, il peut y avoir récurrence ; à chaque épisode, la maladie peut s’aggraver et peut endommager la cornée, provoquant peu à peu l’opacification de celle-ci. Les attaques fréquentes de ce virus causent des lésions nerveuses qui font diminuer la sensibilité de l’œil.
Dès les premiers symptômes – œil rouge et larmoyant, et paupières gonflées – il faut consulter un ophtalmologiste qui pourra faire le diagnostic des lésions. Car le virus va ensuite attaquer la cornée, la membrane transparente qui recouvre l’œil, et provoquer une kératite. « A ce stade, l’acuité visuelle baisse et cela devient une urgence ophtalmologique : si rien n’est fait, en moins d’une semaine, la cornée peut être totalement détruite », ajoute le médecin.
Quelles sont les causes d’un herpès oculaire ?
► En premier lieu : le virus appelé HSV-1 (herpès Simplex Virus) est le grand responsable de l’herpès oculaire. Il est facilement transmissible par le contact avec les muqueuses ou la peau d’une personne infectée. Un nouveau-né peut attraper un herpès de l’œil si sa mère était infectée d’un herpès génital, à sa naissance (HSV-2).
► La maladie peut aussi s’auto-transmettre, lorsqu’un sujet présentant de l’herpès labial touche son œil après avoir gratté son bouton de fièvre.
► Aussi, le virus herpétique VZV (Varicelle Zona Virus) peut aussi être en cause.
Comment attrape-t-on l’herpès oculaire ?
Le plus souvent, l’herpès atteint l’œil à partir d’un bouton de fièvre (herpès labial). Il s’attrape par contagion lors d’un contact avec une personne porteuse du virus de l’herpès, ou par auto-contamination du sujet qui se frotte les yeux après avoir touché d’autres lésions herpétiques sur le visage. « Les vésicules sont très contagieuses car pleines de virus et la personne qui a un bouton de fièvre est contagieuse dès les premiers signes et le reste jusqu’à disparition des lésions », met en garde le Professeur. Le virus est également présent dans la salive. Il faut faire attention à ne pas projeter des gouttelettes de salive. Les porteurs de lentilles de contact ne doivent surtout pas humidifier leurs lentilles avec leur salive.
Comment pose-t-on le diagnostic d’un herpès oculaire ?
Seul un médecin traitant ou un ophtalmologiste est en mesure de poser un diagnostic sur un éventuel herpès oculaire ou l’une de ses principales complications : la kératite herpétique, à l’aide d’un examen clinique.
Comment traiter un herpès oculaire ?
Le traitement le plus connu de l’herpès oculaire est à base d’aciclovirantiviral. Il se présente sous forme de pommade ophtalmologique à 3 % à appliquer 5 fois par jour pendant une dizaine de jours. Si les collyres antiviraux ne sont pas systématiquement utilisés, on utilise fréquemment les collyres antiseptiques et ceux à base d’atropine qui exercent une action anti-inflammatoire et qui dilatent la pupille. Lorsque l’intervention est trop tardive, il faut procéder à une greffe de cornée qui devra s’accompagner d’un traitement antirejet à base de cortisone.
Y a-t-il un vaccin contre l’herpès oculaire ?
Actuellement il n’existe pas de vaccin contre ce virus, mais la recherche est en cours.
Merci au Professeur Laurent Kodjikian, Président de la société française d’ophtalmologie et chef de service adjoint à l’hôpital de la Croix-Rousse à Lyon.
Les crises de tachychardie se manifestent par une accélération du rythme cardiaque. Si elles sont normales lors d’un effort sportif, elles peuvent être liées à des pathologies et nécessiter une prise en charge rapide. Est-ce dangereux ? Comment diagnostiquer la tachychardie ? Comment soigner une crise de tachychardie ?
Définition : c’est quoi une crise de tachychardie ?
La tachycardie désigne une accélération du rythme cardiaque supérieure à 90 battements/min. Une fréquence cardiaque « normale » est estimée entre 60 et 90 battements par minute. Elle peut être légèrement plus lente chez les sportifs.
Qu’est-ce qui provoque une crise de tachycardie ?
La tachycardie est un phénomène naturel lors d’un effort musculaire. L’accélération du cœur permet une oxygénation musculaire plus rapide. Parfois, des pathologies peuvent entraîner une tachycardie comme :
La tachycardie ventriculaire représente un vrai danger
Des atteintes cardiaques spécifiques sont aussi à l’origine de tachycardies.
Quelle sont les symptômes d’une crise de tachycardie ?
Les principaux symptômes de la tachycardie sont une accélération du rythme cardiaque (l’impression que « le cœur s’emballe »), une sensation de « coups de butoir » dans la poitrine avec despalpitations, et/ou une impression de malaise, pouvant conduire à une perte de connaissance dans les cas graves.
Comment reconnaitre la tachycardie sinusale ?
La tachycardie sinusale est la tachycardie la plus fréquente : les oreillettes battent trop vite alors que les ventricules suivent le rythme opposé.
Quelle est la différence entre arythmie et tachycardie ?
On parle de tachyarythmie lorsque le rythme cardiaque est rapide et irrégulier. Il s’agit principalement de l’arythmie cardiaque par fibrillation auriculaire ou du flutter auriculaire. La tachycardie atriale correspond à l’activation anarchique d’un foyer cardiaque ectopique.
C’est quoi la tachycardie de Bouveret ?
La maladie de Bouveret, outachycardie jonctionnelle, est caractérisée par un emballement rapide et brutal du cœur : ces palpitations ont un début et une fin brusques. Les battements cardiaques peuvent avoisiner les 200/min et une perte de connaissance est possible.
Comment reconnaître une tachycardie ventriculaire ?
Lors d’une tachycardie ventriculaire, les ventricules battent très vite : cette tachycardie nécessite une prise en charge urgente et un transfert en réanimation. C’est une urgence vitale. Elle est secondaire à une pathologie grave.
C’est quoi le Syndrome de Wolff-Parkinson-White ?
La tachycardie due au syndrome de Wolff-Parkinson-White est causée par une anomalie congénitale de la conduction électrique à l’intérieur du cœur. Cette anomalie est la résultante d’une fibre musculaire cardiaque anormale qui fait communiquer oreillettes et ventricules.
Est-ce dangereux de faire de la tachycardie ?
Le danger de la tachycardie est surtout celui de sa cause. Une accélération du rythme cardiaque due à du stress, de l’anxiété, à une fièvre ou à une anémie n’est jamais très élevée. Elle donne la sensation de palpitations. Le traitement de la fièvre, de l’anxiété ou de l’anémie suffit à calmer le rythme cardiaque. Les causes plus graves comme l’embolie pulmonaire, les hémorragies massives provoquent des tachycardies réactionnelles qui peuvent être dangereuses. Les arythmies cardiaques peuvent se compliquer de thromboses (ou caillots) vasculaires et être à l’origine d’accidents vasculaires. Enfin, la maladie de Bouveret est habituellement bénigne et le syndrome de Wolff-Parkinson-White nécessite un traitement spécifique. La tachycardie ventriculaire représente un vrai danger car la mort peut rapidement survenir en l’absence de prise ne charge urgente.
Quel examen pour détecter une tachycardie ?
Le diagnostic de tachycardie se fait simplement à la prise du pouls. On calcule le nombre de battements cardiaques sur une minute en prenant le pouls au niveau du poignet ou d’un autre endroit où les artères sont palpables. La cause de la tachycardie est ensuite explorée par la pratique d’unélectrocardiogramme ou ECG, qui va permettre de mesurer l’activité du cœur et surtout son rythme. Après ce premier bilan, les examens seront orientés par le cardiologue.
Comment soigner une crise de tachycardie ?
Le traitement de la tachycardie dépend de sa cause. Les tachycardies réactionnelles doivent bénéficier du traitement de la cause. Les arythmies doivent être « réduites » grâce à l’utilisation de techniques ou de médicaments visant à régulariser le rythme cardiaque. Un traitement anticoagulant accompagne souvent ces prises en charge pour éviter les complications thrombotiques. La maladie de Bouveret peut bénéficier de traitement évitant les accélérations ru rythme cardiaque comme les béta-bloquants .« Lors d’une tachycardie liée à l’anxiété, prendre de profondes et amples respirations permet de mieux oxygéner les tissus et de limiter le travail du cœur. Cela a aussi pour effet de soulager l’angoisse » explique le Dr Anne-Christine Della-Valle, médecin généraliste. Et d’ajouter : « Au cours de la grossesse, le rythme cardiaque s’accélère physiologiquement. Il est conseillé d’éviter de consommer des excitants. »
La démyélinisation est la destruction totale ou partielle de la gaine de myéline. « Il s’agit d’une substance graisseuse recouvrant les fibres nerveuses appartenant au système nerveux cérébro-spinal composé de la moelle épinière et l’encéphale (cerveau, cervelet et tronc cérébral), explique le Dr. Jean-François Renucci, médecin vasculaire. La gaine de myéline a une double fonction : elle isole les fibres nerveuses et elle augmente la vitesse de transmission des influx nerveux« . La démyélinisation a donc pour conséquence directe un ralentissement, voire un arrêt total, de la conduction nerveuse.
Quelles sont les causes de la démyélinisation ?
« La démyélinisation peut être provoquée par différentes maladies (appelées « maladies démyélinisantes »), au premier rang desquels on trouve la sclérose en plaque (SEP)« , indique le Dr. Renucci. Elle peut aussi être la conséquence d’une réponse immunitaire anormale, comme le syndrome de Guillain-Barré, une affection qui apparaît à la suite d’une maladie virale ou d’une vaccination : le système immunitaire du patient attaque alors les nerfs périphériques. Enfin, une carence en vitamine B12, la prise de médicaments comme l’antibiotique antituberculeux, éthambutol, et l’abus d’alcool peuvent aussi être impliqués.
Quelles sont les conséquences d’une démyélinisation ?
L’altération de la structure des gaines de myéline modifie la transmission de l’influx nerveux. Celui-ci étant ralenti voire bloqué, selon l’importance de la démyélinisation, cela entraine l’apparition de problèmes neurologiques en cascade.
Quels sont les symptômes de la démyélinisation ?
Les principaux symptômes de la démyélinisation sont :
Des troubles de la coordination motrice et de l’équilibre
Une perte de la force musculaire pouvant aller jusqu’à la paralysie
Des sensations de fourmillements dans tout le corps
Comment pose-t-on le diagnostic d’une démyélinisation ?
L’examen clinique est une première étape. Mais l’outil de diagnostic clé est l’IRM. « Pour la confirmer, une ponction lombaire peut également être réalisée. C’est notamment le cas en cas de suspicion de SEP. Il s’agit d’un acte, réalisé sous anesthésie locale, qui consiste à introduire une fine aiguille en bas du dos, entre deux vertèbres, afin de prélever du liquide rachidien« , précise le Dr. Renucci. Enfin, des examens sanguins peuvent être fait pour le diagnostic d’autres maladies.
Quel traitement pour soigner une démyélinisation ?
Tout dépendra de la cause de la démyélinisation car c’est la maladie responsable qui sera alors traitée. Si la gaine peut se reconstituer et se régénérer, la fonction du nerf peut être rétablie à la normale. Cependant, quand la gaine de myéline est gravement lésée, la fibre nerveuse sous-jacente peut mourir. Les fibres nerveuses du système nerveux central (cerveau et moelle épinière) ne peuvent pas se régénérer totalement. Ces cellules nerveuses sont donc endommagées de manière permanente. « Il existe des immunothérapies visant à combattre l’inflammation et capables de contrôler le processus qui aboutit à des déficits neurologiques, notamment en cas de sclérose en plaque, explique le Dr. Renucci. Mais il est important de les prendre le plus tôt possible« . Actuellement, les recherches s’orientent vers la possibilité d’augmenter la capacité de chaque patient à réparer, remyéliniser les lésions cérébrales.
Merci au Dr. Jean-François Renucci, médecin vasculaire auprès du service neurologie, à l’hôpital de la Timone, à Marseille.
Gonococcie (ou gonorrhée), syphilis, chlamydiose, VIH… De nombreuses infections causées par des bactéries ou virus peuvent se transmettre lors d’un rapport sexuel et elles sont en hausse en France depuis le début des années 2000, comme le rappelle Santé Publique France. La lutte contre ces IST (infections sexuellement transmissibles) est « un défi de santé publique » explique la Haute Autorité de Santé le 9 mars 2023 avant de proposer la mise en place d’un système de notification au(x) partenaire(s). Aujourd’hui, quand une personne reçoit un diagnostic d’IST, son (ou sa) partenaire ne le sait pas si elle ne lui dit pas. Celui-ci peut transmettre à son tour l’infection s’il a des rapports sexuels avec d’autres. Et ainsi de suite.
Comment sera notifié le partenaire ?
Pour prévenir la transmission de l’infection à d’autres partenaires sexuels, la HAS propose au professionnel qui annonce le diagnostic d’IST, d’inciter le patient à informer son ou ses partenaires sexuels pour les conduire à se faire dépister et à bénéficier dans certains cas d’un traitement approprié, instauré de manière précoce. Plus le traitement est mis en place tôt, plus l’infection est guérie rapidement et moins elle se diffusera. Pour la HAS :
► la question du ou des partenaire(s) doit être systématiquement évoquée par le professionnel de santé à l’occasion du diagnostic d’une IST
► la notification doit être réalisée sans délai si le risque de transmission ou de conséquences sévères pour le(s) partenaire(s) est élevé (par exemple en cas de VIH)
► la notification doit être réalisée sans délai lorsque la partenaire est une femme enceinte ou allaitante afin d’éviter tout risque de transmission pour le fœtus ou le nouveau-né.
► si le patient en ressent le besoin, le professionnel de santé ou un autre conseiller peuvent proposer de le recevoir avec son partenaire dans le cadre d’une consultation médicale tripartite.
Une loi pour lever le secret médical ?
La Haute Autorité de Santé recommande de faire évoluer la législation actuelle concernant le secret professionnel qui s’impose aux professionnels de santé afin :
► de permettre que la notification de l’IST soit réalisée par un tiers (professionnel de santé, associatifs, médiateurs…) si le patient le demande, et avec son consentement libre et éclairé.
► d’autoriser la possibilité d’un traitement accéléré des partenaires (TAP) ce qui n’est pas possible aujourd’hui. Le TAP consiste à remettre au patient index une ordonnance au profit d’un partenaire, sans consultation préalable de ce dernier.
Ces recommandations sont transmises aux décideurs publics. Au gouvernement, et spécifiquement au ministère de la Santé, d’en prendre connaissance pour décider de leurs mises en place.
Source : Notification des IST aux partenaires : des recommandations pour interrompre la chaine de transmission. Communiqué de presse de la Haute Autorité de Santé, mis en ligne le 9 mars 2023.