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Rupture d'anévrisme : âge, signes avant-coureurs, c'est quoi ?

Rupture d'anévrisme : âge, signes avant-coureurs, c'est quoi ?

Définition : qu’est-ce qu’une rupture d’anévrisme ?

L’anévrisme cérébral est une petite poche qui se forme sur une artère du cerveau. « C’est un peu comme une hernie sur une chambre à air« , explique le Professeur Emmanuel Houdart, neuroradiologue à l’hôpital Lariboisière à Paris. Cet anévrisme se développe avec le temps. La poche, au départ minuscule, grandit. En s’étirant, l’artère devient fatalement plus fine à l’endroit de l’anévrisme et, par conséquent, plus fragile. Il arrive que cette petite poche, pleine de sang, se fissure ou se rompe, provoquant une hémorragie interne : c’est la rupture d’anévrisme. « Il s’agit toujours d’un événement caractéristique, soudain et grave, souligne Emmanuel Houdart. La paroi se fissure brusquement, entraînant une petite hémorragie, très brève, qui ne dure pas plus d’une seconde. » Le risque de rupture de cet anévrisme est d’autant plus important que l’anévrisme est volumineux. 

Types de ruptures d’anévrisme

Qu’ils revêtent la forme d’une poche ou d’un élargissement artériel, les anévrismes peuvent se produire sur tous les trajets des différentes artères. Ainsi, on compte trois principaux types d’anévrisme susceptibles de se rompre :

  • Les anévrismes cérébraux : sont les anévrismes les plus fréquents. Généralement localisés à la base du cerveau, ils provoquent une hémorragie intracrânienne lors d’une rupture.
  • Les anévrismes aortiques : l’aorte représente la plus grosse artère qui part du muscle cardiaque pour descendre le long de la colonne vertébrale.
  • Les anévrismes cardiaques, fréquemment situés au niveau du ventricule gauche. Ce type d’anévrisme se forme souvent à la suite d’un infarctus du myocarde.

« L’origine de l’anévrisme est mal connue »

Quelle différence entre l’AVC et la rupture d’anévrisme ?

L’accident vasculaire cérébral ou AVC est provoqué par l’obturation d’un vaisseau sanguin dans le cerveau à cause d’un caillot ou par la rupture d’un vaisseau. Dans ce second cas, il peut être lié à une rupture d’anévrisme et entraîne une hémorragie cérébrale.

Quelles sont les causes de la rupture d’anévrisme ?

« L’origine de l’anévrisme est mal connue, souligne le Professeur Jacques Moret, chef du service de neuroradiologie à la Fondation Rothschild. Tout ce que l’on sait, c’est qu’ils découlent parfois d’une anomalie congénitale qui se développe en anévrisme au fil du temps. Chez les enfants (pour lesquels la rupture d’anévrisme est extrêmement rare) et les jeunes adultes le plus souvent. Dans d’autres cas, ils sont acquis : une pathologie telle que l’hypertension ou le diabète a provoqué une fragilisation de la paroi des artères, favorisant ainsi l’apparition d’un anévrisme. »  Le tabac joue aussi un rôle à peu près certain, même si on ne sait pas encore décrire précisément ses effets. » Les produits contenus dans le tabac et inhalés provoquent une oxydation des parois des artères. Cette oxydation provoque une inflammation et donc une fragilisation des parois. D’où un terrain plus favorable au développement de la déformation. Les médecins disent à leurs patients rescapés qu’ils doivent impérativement arrêter de fumer. » Le tabac favorise notamment grandement l’apparition d’athérome (dépôts lipidiques qui forment des plaques blanchâtres sur les parois internes des artères), qui pourrait aussi avoir un rôle néfaste en matière d’anévrismes. Enfin, les spécialistes évoquent les contraceptifs oraux et une consommation excessive d’alcool comme facteurs influençant le développement des anévrismes.

schéma rupture d'anévrisme
Schéma d’un anévrisme cérébral © rob3000 – stock.adobe.com

Quel est l’âge à risque d’une rupture d’anévrisme ?

On estime qu’entre 2% et 3% de la population est porteuse d’un anévrisme sans même le savoir la plupart du temps. Le pic de ruptures d’anévrisme est observé autour de 45 ans. Les femmes sont légèrement plus touchées que les hommes.

Comment diagnostiquer une rupture d’anévrisme ?

La prévalence de la rupture d’anévrisme augmente avec l’âge mais il est impossible de donner un chiffre précis car la plupart des patients ne s’aperçoivent de leur maladie qu’au moment de la rupture. D’autres peuvent être diagnostiqués lors d’une IRM ou d’un scanner, mais si l’on n’a pas subi ce genre d’examen, on peut être porteur d’un anévrisme et l’ignorer toute sa vie. « Dans l’immense majorité des cas, l’anévrisme non rompu est asymptomatique », ajoute le Pr Houdart.

L’apparition des symptômes est toujours extrêmement brutale.

Quels sont les symptômes d’une rupture d’anévrisme ?

Le premier symptôme d’une rupture d’anévrisme cérébral, commun à l’immense majorité des patients, est un mal de tête d’une violence inouïe, qui apparaît de façon instantanée. « Rien à voir avec une migraine, précise Emmanuel Houdart. Tous les patients décrivent ce mal de tête d’une intensité extrême comme une sorte d’explosion dans le crâne. D’autre part, cette irruption est si soudaine qu’ils sont capables de dire précisément ce qu’ils faisaient au moment où c’est arrivé. Une fois, un patient m’a dit qu’il était en train de tourner la clé dans la serrure de sa porte lorsqu’il a ressenti les premiers symptômes. » Et aussi : 

  • Cette douleur est souvent accompagnée de nausées et de vomissements.
  • Le patient devient sensible à la lumière et au bruit, ce qui décuple ses symptômes.
  • Il n’est pas rare que la personne frappée par la rupture d’anévrisme perde connaissance pendant quelques instants. Dans les cas les plus graves, elle peut même sombrer dans le coma voire mourir subitement.
  • D’autres troubles, plus rares, peuvent être associés à la rupture d’anévrisme : certaines personnes sont partiellement paralysées (au niveau des globes oculaires notamment), d’autres subissent une crise d’épilepsie

« Il existe également certaines manifestations psychologiques surprenantes, précise le Pr Houdart. C’est très rare mais le malade peut n’avoir d’autres symptômes qu’un comportement extrêmement bizarre et soudain. J’ai ainsi un patient, homme d’affaires, qui s’est soudainement déshabillé dans l’Eurostar. On l’a retrouvé perdu à la Gare du Nord. Dans ces cas-là, on ne pense pas immédiatement à la rupture d’anévrisme ! »

Le sang perdu sort de l’artère pour se répandre dans les espaces liquidiens qui entourent le cerveau.

Quels sont les traitements d’une rupture d’anévrisme ?

Face à la rupture d’anévrisme, le pronostic dépend énormément de la rapidité d’intervention. Le sang perdu sort de l’artère pour se répandre dans les espaces liquidiens qui entourent le cerveau. La quantité de sang déversée est très faible (au-delà de 30 ml, c’est la mort immédiate), mais la boîte crânienne étant inextensible, cela provoque instantanément une vive réaction : le cerveau se met à gonfler. Très dangereux, ce gonflement est également salvateur puisqu’il a pour effet de bloquer l’écoulement du sang.

« Insistez bien sur l’intensité des symptômes quand vous appelez le Samu (15) »

Parallèlement, un petit bouchon se forme, ce qui permet de colmater très vite l’artère endommagée. « Mais cette fermeture est précaire. Il suffit que la personne soit un peu hypertendue pour que le bouchon saute. Même chose si le cerveau dégonfle progressivement : la fissure peut se rouvrir et provoquer un second saignement qui sera forcément plus grave. Un troisième saignement serait fatal. C’est pourquoi il faut agir très rapidement. » Il faut appeler le Samu (15) pour que la personne soit le plus rapidement prise en charge médicalement. N’ayez pas peur de bien insister sur la violence et l’intensité des symptômes, sans quoi certains médecins penseront d’abord à une pathologie moins grave et prescriront des antalgiques, faisant perdre quelques heures à quelques jours très précieux avant le traitement. « Après quoi, notre travail consiste à éviter que l’anévrisme ne ressaigne. Dans le même temps, on va traiter les conséquences de l’hémorragie sur le cerveau« , expose Emmanuel Houdart. Cela passe généralement par la prise d’anti-œdémateux cérébraux pour réduire le gonflement du cerveau et parfois par la réalisation d’un drainage du liquide céphalo-rachidien.

L’embolisation en cas de rupture d’anévrisme

La technique employée dans 70 % des cas est celle de l’embolisation, beaucoup moins lourde qu’une chirurgie classique. « Il s’agit de passer par l’intérieur des artères et non l’extérieur, pour boucher l’anévrisme avec des petites spirales de platine. Ces petits fils sont introduits par un petit cathéter que l’on fait glisser dans les artères. Il est introduit au niveau de l’artère fémorale (dans la cuisse). » L’opération est réalisée par un neuroradiologue. Elle ne laisse aucune cicatrice et l’on s’en remet beaucoup plus facilement que d’une chirurgie. Après l’embolisation, le patient sera suivi régulièrement les premières années, pour vérifier que les fils de platine ne se « tassent » pas. Cela arrive très rarement, mais si c’est le cas, il faut réitérer pour écarter tout risque de nouveau saignement.

La chirurgie en cas de rupture d’anévrisme

Dans environ 30% des cas, l’embolisation n’est pas possible ou pas souhaitable pour diverses raisons et les médecins ont alors recours à la chirurgie classique. La technique consiste alors à clipper l’anévrisme : il est ainsi séparé du reste de la circulation et donc asséché en sang. La chirurgie oblige à ouvrir la boîte crânienne, ce qui comporte toujours des risques et crée un traumatisme supplémentaire pour le cerveau.

Comment meurt-on d’une rupture d’anévrisme ?

Souvent, l’hémorragie a provoqué une sorte de caillot qui empêche le liquide de s’écouler. Comme il est produit en permanence, il peut y avoir une accumulation de ce liquide autour du cerveau, qui se trouve ainsi comprimé. « Si aucune intervention n’est pratiquée et que le cerveau se retrouve vraiment comprimé, la mort intervient en quelques minutes », précise le Pr Houdart.

Quelles sont les conséquences d’une rupture d’anévrisme ? Les séquelles ?

Les conséquences de la rupture d’anévrisme sont extrêmement variables d’un individu à l’autre.

► Un tiers des patients décède avant d’arriver à l’hôpital.

► Un autre tiers s’en sort avec une belle frayeur, une fatigue passagère mais aucun signe qui perdure.

► Un autre tiers survit, avec des séquelles diverses. « Cela peut aller de troubles de la mémoire à un état végétatif, en passant par l’hémiplégie, explique Emmanuel Houdart. Ces séquelles sont souvent liées aux vasospasmes (contraction des artères) et à l’infarctus cérébral qu’ils peuvent induire. L’importance de l’hémorragie entre également en ligne de compte. »

Même pour ceux qui s’en tirent à bon compte, un long repos sera nécessaire avant de pouvoir reprendre le travail. « Minimum 3 mois, mais je prescris souvent 6, afin qu’ils reprennent une activité dans les meilleures conditions possibles. » Le patient peut également demander un mi-temps thérapeutique pendant un an : l’entreprise le rémunère pour son temps de travail et l’Assurance Maladie compense la perte de salaire.

Quel suivi après une rupture d’anévrisme ?

Les suites de la rupture d’anévrisme sont reconnues comme une Affection longue durée (ALD). « Il peut même s’agir d’un accident du travail si la rupture a eu lieu pendant les heures de travail », souligne le Pr Houdart. Un suivi de contrôle doit être assuré, avec un scanner à trois mois et une artériographie de contrôle au bout d’un an. « Il n’y a pas de risque de récidive à proprement parler. Une fois qu’on est soigné, c’est définitif et l’espérance de vie n’est pas diminuée. Mais dans quelques rares cas, les spirales posées dans l’anévrisme peuvent se tasser. On peut alors être amené à ré-intervenir. » Si au bout d’un an, rien n’a bougé, une nouvelle IRM est prescrite au bout de trois ans. Un suivi peut être proposé par la suite, selon les patients. « Si c’est générateur d’angoisse, mieux vaut laisser tomber. »

Merci au Professeur Emmanuel Houdart, neuroradiologue à l’hôpital Lariboisière à Paris et au Professeur Jacques Moret, chef du service de neuroradiologie à la Fondation Rothschild.


Source : JDF Santé

Poux (corps, cheveux) : photos, types, piqûres, taille

Poux (corps, cheveux) : photos, types, piqûres, taille

Du corps, de tête, dans les cheveux, au niveau des parties intimes… Le pou est un parasite redouté et redoutable. Son principal signe d’alerte : des démangeaisons. Une fois qu’il est repéré, il faut agir immédiatement pour l’éradiquer et rester vigilant sur son possible retour. A quoi ressemble un pou ? Une lente ? Quels traitements ? Naturels ? Conseils pratiques avec le Dr Paul Dupont, dermatologue.

Qu’est-ce qu’un pou ?

« Pediculus humanus » est le terme scientifique employé pour désigner le pou. C’est un parasite bien connu qui colonise essentiellement le cuir chevelu des humains. Il s’y nourrit, ce qui entraîne des démangeaisons chez environ 60% des gens qui en sont porteurs. Les poux sont des parasites, de couleur grisâtre mesurant environ 2 à 4 mm. Un pou vit environ entre 3 à 4 semaines. « Les poux provoquent des démangeaisons du cuir chevelu, notamment à l’arrière du crane et à la nuque« , explique le Dr Paul Dupont, dermatologue, auteur de « Soigner sa peau au naturel » aux éditions Eyrolles. Il s’agit de lésions qui peuvent s’infecter.

Photo de pou de tête (cheveux)

poux cheveux
Photo de pou que l’on peut avoir dans les cheveux © 123RF- 123artfotodi

Qu’est-ce qu’une lente ?

Les œufs, dénommés lentes, sont blanchâtres. Les poux se déplacent sur la tête en rampant et les lentes restent collées aux cheveux. « On distingue ainsi les lentes par rapport à de simples pellicules car elles ne se détachent pas du cheveu« , souligne le spécialiste. Les poux et les lentes se retrouvent sur le cuir chevelu, derrière les oreilles, sur la nuque et sur le dessus de la tête. 

Photo de lentes

lentes cheveux
Photo de lentes © 123RF-123artfotodi

Les types de poux

Selon leurs localisations, on parle de pou de corps, de tête, de morpions

Pou de corps

Le pou de corps, responsable de pédiculoses corporelles, est beaucoup plus rare que celui de la tête. Généralement, il ne s’observe que chez les personnes ayant une très mauvaise hygiène. Il entraîne des démangeaisons et des lésions de grattage pouvant se surinfecter. Les poux de corps s’accrochent généralement dans les vêtements mal lavés. Il faut donc éviter les vieux vêtements et ceux achetés dans des friperies. Les poux de corps se manifestent par des démangeaisons parfois violentes susceptibles de laisser des lésions. Le diagnostic est confirmé par la présence de lésions de grattage et de poux visibles sur le corps et sur les vêtements. Le traitement pour les poux de corps consiste généralement à désinfecter le linge et les vêtements de la personne contaminée.

Pou de tête

Le pou de tête n’arrive à vivre que dans une chevelure humaine. Il se nourrit en suçant de très petites quantités de sang du cuir chevelu. La femelle pond des œufs, appelés lentes, qui se répandent à toute vitesse. Les facteurs de risque résident principalement dans le fait d’échanger des bonnets, casquettes et chapeaux. Les cheveux très longs sont également à éviter. Les poux de tête se transmettent fréquemment au sein des crèches et des écoles. Les poux de tête provoquent des démangeaisons du cuir chevelu. Pour confirmer le diagnostic, le dermatologue va passer un peigne fin dans les cheveux de son patient et observer avec une loupe. Le médecin va également vérifier les cils et les sourcils parce que les poux et lentes peuvent s’accrocher partout où il y a des poils. Le traitement des poux peut être à action chimique ou mécanique. Différents types de produits contre les poux sont vendus en pharmacie. Demander conseil au pharmacien ou au médecin parmi les formules et marques disponibles (shampoings, lotions, sprays…). Bien suivre le mode d’emploi indiqué sur la notice. 

Pou du pubis ou « morpion »

Aussi appelé morpion, le pou du pubis se transmet lors de rapports sexuels et touche surtout les adolescents et les jeunes adultes. Les poux du pubis se retrouvent principalement chez les personnes multipliant les partenaires sexuels et ce, même si l’on utilise des préservatifs. Plus on a de poils sur le pubis, plus on laisse l’opportunité aux poux de se déplacer. Les poux du pubis se manifestent par des démangeaisons. Les lentes au niveau du pubis se retrouvent généralement lors d’un examen chez le médecin. Lors de l’examen clinique, le médecin va remarquer des petites taches grises à noires près de l’orifice des poils. Les lentes peuvent être visibles parce qu’elles forment une petite masse accrochée aux poils. Le traitement repose sur l’application de pédiculicides et de lenticides. Il est primordial de traiter les partenaires sexuels et de laver tout le linge, notamment les serviettes de bain.

Quels traitements pour éliminer les poux ?

Les traitements des poux sont souvent longs et difficiles.

► La méthode chimique consiste à utiliser un insecticide et/ou un ovicide Il est indispensable de bien vérifier la mention pesticide contre les poux (pédilucide) qui témoigne de l’efficacité du produit. Ces produits sont contre-indiqués chez l’enfant de moins de 30 mois et la femme enceinte. 

► Les traitements, plus « écologiques » à action mécanique sont composés d’huiles ou de silicone qui obstruent les voies respiratoires des poux, aboutissant à leur mort. Ils permettent d’étouffer les poux avec des produits naturels, comme l’huile de noix de coco ou les produits à base de silicone. Leur handicap est de ne pas être ovocides et de devoir être répétés toutes les 2 semaines environ. 

Comment appliquer le produit antipoux ? 

Passer un peigne très fin dans les cheveux mouillés. Appliquer le produit dès que vous trouvez des lentes ou des poux dans la tête de votre enfant. Ne pas laisser le produit sur la tête au delà de la période indiquée. Traiter mèche par mèche, en vous assurant que tout le cuir chevelu est couvert du produit. Bien appliquer le produit derrière les oreilles et dans la nuque. Rincer ensuite abondamment après le temps de pose recommandé. Enlever les lentes et les poux morts. « Refaire deux applications une semaine après et 15 jours après afin de tuer les jeunes lentes ou nymphes rescapées de la première application. Bien surveiller si des poux ont pu survivre au premier traitement« , suggère le dermatologue.

Traitements naturels des poux

Résistance des poux

Les poux adultes peuvent persister 24 h sur une taie d’oreiller ou un coussin. Il est donc recommandé de décontaminer les tissus et objets en contact direct avec la tête, en les lavant à 60°C et en les enfermant dans un sac en plastique avec une poudre insecticide. Laver les draps, vêtements, serviettes de toilette à 60°C, et désinfecter les peignes et brosses.

Comment éviter les poux ?

Il n’existe aucun traitement préventif permettant d’éviter l’apparition de poux. Il faut vérifier l’absence de poux chez un enfant qui a été en contact d’un enfant porteur de poux. Cette vérification doit se faire tous les 2 jours au minimum pendant 2 semaines environ. Couper les cheveux de l’enfant permet de faciliter l’application du traitement ainsi que l’emploi du peigne. Raser les cheveux n’est pas réellement nécessaire et provoque une angoisse chez l’enfant. Le fait d’attacher les cheveux des filles permet d’éviter la contamination. « Certains recommandent la prise régulière de vitamines B naturelles car ces vitamines auraient une action répulsive sur les insectes piqueurs », précise le Dr Paul Dupont.

Merci au Dr Paul Dupont, dermatologue.


Source : JDF Santé

Cancer du poumon chez le fumeur : symptômes, âge, pronostic

Cancer du poumon chez le fumeur : symptômes, âge, pronostic

Tous les fumeurs auront-ils un cancer du poumon ?

Non, ce n’est pas aussi systématique. « Toutefois, le tabac est responsable de la majorité des cancers du poumon (plus de 46 000 nouveaux cas par an) et la première cause de décès par cancer en France (plus de 33 000 décès par an)  selon l’Institut National du Cancer, remarque le Pr. Norbert Ifrah. Par ailleurs, tous les fumeurs ne développent pas cette maladie mais ils peuvent développer d’autres cancers : le tabac est responsable de 17 cancers différents« .

Quel est le pourcentage de cancer du poumon chez le fumeur ?

Le tabac est le premier facteur de risque évitable, responsable de 20 % des nouveaux cas de cancers annuels. La part des cancers du poumon attribuable au tabac est de 8 cancers du poumon sur 10, et ce quelle que soit la forme du tabac (cigarette, narguilé, cigare, cannabis, cigarillos…) selon la Ligue contre le cancer. « Contrairement aux idées reçues, la durée de tabagisme est plus dangereuse que la quantité de tabac fumé, ajoute le Pr. Ifrah. Ainsi, larrêt du tabac sera toujours bénéfique pour la santé, quel que soit l’âge du sevrage« .

Pourquoi certains fumeurs ont-ils des poumons sains ?

C’est une chose rare, mais certains fumeurs conservent des poumons sains, ne souffrant ni de BPCO (broncho-pneumopathie chronique obstructive) ni de cancer du poumon. Selon une étude menée par des chercheurs britanniques en 2015 sur 50 000 personnes et publiée dans The Lancet Journal, la réponse serait dans leur ADN : une mutation de certains gènes permettrait de faire barrage aux effets délétères du tabac sur les poumons et les préserverait ainsi de voir se développer des maladies graves, comme le cancer bronchique.

8 cancers du poumon sur 10 sont attribués au tabac

Un cancer du poumon peut-il apparaître chez un fumeur passif ?

« Oui. Chaque année, en France près de 1 100 décès seraient liés au tabagisme passif, dont 150 par cancer du poumon« , indique le Pr. Ifrah. Un fumeur passif est quelqu’un qui respire involontairement la fumée issue de la cigarette d’une autre personne, dans laquelle se trouve des produits chimiques cancérigènes (la fumée contient plus de 7 000 substances chimiques, dont 70 sont des cancérigènes connus). Selon le Centre International de Recherche sur le Cancer (IARC), les inhaler multiplie par 1,2 le risque de développer un cancer du poumon.

Quels sont les symptômes du cancer du poumon chez le fumeur ?

« Les symptômes d’un cancer du poumon ne sont pas spécifiques à cette maladie, c’est-à-dire qu’ils peuvent avoir d’autres causes, indique notre expert. Les symptômes fréquents combinent des problèmes respiratoires et une altération inexpliquée de votre état général« . Il s’agit de :

  • De la fatigue
  • L’apparition d’une toux
  • Des expectorations sanguinolentes
  • Des difficultés respiratoires
  • Des infections pulmonaires à répétition
  • Un amaigrissement
  • Une perte d’appétit
  • Des maux de tête

Les symptômes moins fréquents sont :

Le pronostic de survie à 5 ans reste faible

  • Une modification de la voix ou son extinction persistante
  • Une respiration sifflante
  • Des difficultés à avaler
  • Des douleurs thoraciques importantes
  • Un œdème de la face et du cou
  • Des douleurs du cou jusqu’au bras

Si ces symptômes persistent, en particulier lorsque l’on est fumeur, une consultation médicale est nécessaire.

Quel est l’âge moyen d’apparition du cancer du poumon chez le fumeur ?

Selon les dernières statistiques de l’Institut national du cancer, l’âge médian au diagnostic d’un cancer du poumon en France est de 67 ans chez l’homme et 65 ans chez la femme. Mais les jeunes fumant de plus en plus tôt, la maladie peut apparaître dès 40 ans.

Quel traitement pour soigner un cancer du poumon ?

Trois types de traitements sont utilisés en première intention pour traiter les cancers du poumon : la chirurgie, la radiothérapie et les traitements médicamenteux (chimiothérapie conventionnelle, thérapies ciblées, immunothérapies spécifiques). Ces traitements peuvent être utilisés seuls ou associés les uns aux autres. Le choix des traitements dépend de votre cas personnel, c’est-à-dire du stade de votre maladie, de votre état de santé général, de la localisation de la tumeur et de son type histologique, autrement dit la nature des tissus.

Quelle espérance de vie avec un cancer du poumon chez un fumeur ?

« Des progrès considérables ont été réalisés dans les traitements des cancers du poumon, indique le Pr. Ifrah. Toutefois, le pronostic de survie à 5 ans reste faible. Selon nos chiffres publiés en 2020, il est estimé à 20 % tous sexes confondus (respectivement 24 % pour les femmes et 18 % pour les hommes)« . L’espérance de vie dépend énormément du type de cancer et du stade au diagnostic (étendue de la maladie au moment du diagnostic). Si le cancer du poumon reste le plus mortel en France, son taux de mortalité entre 1990 et 2018 a diminué d’1,6% chez l’homme en moyenne. Il a en revanche augmenté de 3% chez la femme. 

Merci au Pr. Norbert Ifrah, Président de l’Institut national du cancer.

Sources.
– Le Cancer du poumon, Institut national du Cancer (InCa) 
– Le tabac reste toujours le premier risque de cancer, La Ligue contre le Cancer, 2020
– Nouvelles informations sur la génétique du comportement tabagique, de la fonction pulmonaire et de la bronchopneumopathie chronique obstructive, The Lancet Respiratory Medicine, 27 septembre 2015


Source : JDF Santé

Strapping : cheville, genou, doigt, pourquoi faire ?

Strapping : cheville, genou, doigt, pourquoi faire ?

Définition : qu’appelle-t-on la technique du strapping ?

Un strapping est un dispositif destiné à maintenir une articulation dans une position non douloureuse et à limiter les mouvements de l’articulation concernée. Il s’agit d’une bande plus ou moins élastique (adhésive ou non) mise en place le plus souvent suite à une entorse. Le strapping doit être réalisé par un professionnel car, pour être efficace, l’entrecroisement des bandes doit être fait dans un sens précis. La tension des bandes sera très importante au début mais le strapping va avoir tendance à se détendre au fil du temps. Il faudra donc le renouveler régulièrement.

Indications : pourquoi faire un strapping ?

Le strapping peut constituer un traitement préventif ou curatif. Il peut également être employé en phase de rééducation. En général, le strapping est indiqué en cas d’entorse. Les autres affections pouvant nécessiter un strapping sont les ruptures musculaires, les fractures osseuses, ou encore les suites de luxations articulaires. Le strapping agit en limitant la mobilité et/ou en évitant la mise en tension d’un muscle, d’un tendon ou d’un ligament. Les bandes peuvent être plus ou moins souples, collantes ou non. Les bandes cohésives (non collantes) sont surtout utilisées sur les personnes présentant des risques d’allergies et sont moins délétères à leur ablation.

Sur quelle partie du corps peut-on faire du strapping ? 

« Le strapping est essentiellement utilisé pour limiter l’amplitude articulaire et mettre au repos un tissu qui est lésé, en général des ligaments ou des tendons. Ces bandes doivent être utilisées de manière très méthodique. Il est possible de faire du strapping sur n’importe quelle zone douloureuse du corps. Le plus souvent, cette technique est utilisée pour les entorses à la cheville, au genou et au niveau du doigt (il s’agit alors d’une syndactylie, le principe est de bloquer un doigt en prenant un autre doigt comme tuteur)« , explique le Dr Marc Rozenblat, médecin du sport. Pour bien poser un strapping, il est recommandé de demander l’avis d’un spécialiste masseur kinésithérapeute ou médecin du sport ou de médecine manuelle selon les cas.

Strapping sur un genou
Strapping sur un genou © stockfoto-Adobestock

► Genou. Le strapping du genou est préconisé en cas d’entorse bénigne du ligament interne. Pour le réaliser, la première chose à faire est de placer deux bandes circulaires au-dessus et en-dessous du genou en tant qu’embases. Les étapes suivantes consistent à appliquer des bandes obliques de chaque côté du genou en les croisant, puis une bande verticale de chaque côté de l’articulation. La durée de port excède rarement 2 semaines pour une entorse bénigne. Une entorse est une lésion ligamentaire qui ne peut cicatriser en moins de 6 semaines (horloge biologique du collagène).

► Cheville. Pour soulager une cheville, il est conseillé de placer une bande circulaire élastique sur le mollet, et une sur le pied, qui serviront de base aux bandes verticales et obliques. Les autres bandes sont à placer de la manière suivante : deux ou trois bandes placées à l’oblique vers l’avant, et une à la verticale. Il convient d’appliquer des bandes plus tendues sur la ou les zones à protéger. D’autres embases circulaires peuvent être ajoutées pour consolider le strapping.

► Pouce. Pour une contention du pouce, la bande d’ancrage est à appliquer de manière circulaire au niveau du poignet. Cette bande servira de base aux suivantes, à placer à la verticale, puis à croiser autour du pouce.

Strapping sur le pouce
Strapping sur le pouce © Ocskay Bence-Adobestock

Combien de temps garder le strapping ?

« Il est recommandé de ne pas conserver le strapping plus de 24h parce que le dispositif perd de son efficacité, notamment parce qu’il craint la sueur et l’humidité, et qu’il est très compliqué de se laver avec« , prévient le médecin du sport. Autrement dit, le strapping se porte de manière très transitoire, sur une période donnée, mais pas au quotidien. 

Quels sont les risques du strapping ?

Le strapping n’est pas anodin et nécessite de se montrer vigilant avec les zones traitées. « Certains axes vasculonerveux situés à proximité risquent de provoquer des neuropathies ou des pathologies vasculaires en cas de mauvaise utilisation des bandages, notamment sur le coude qui est une articulation très sensible. Il est dangereux de faire du sport avec ce genre de contention parce que le sportif a moins mal et ne sent quasiment rien au niveau de son articulation, ce qui risque d’aggraver la lésion« , informe le spécialiste. Exceptionnellement, le strapping peut être utilisé dans sa forme extéroceptive en collant le bandage sur une fracture de côte ou sur une névralgie intercostale, ce qui va contribuer à inhiber l’information douloureuse qui était préexistante.

Y a-t-il des contre-indications à faire du strapping ?

Il est important de ne pas empêcher la circulation du sang : les bandes ne doivent donc pas être trop serrées. Il est aussi conseillé de ne pas poser un strapping trop lâche, qui n’aurait aucun effet sur l’articulation. Dans les deux cas, mieux vaut refaire le strapping. La pose d’un strapping est contre-indiquée en cas d’affection dermatologique, d’obésité, ou de fragilité cutanée.

Merci au Dr Marc Rozenblat, médecin du sport, Président du Syndicat National des Médecins du Sport Santé et de la Société Française de Médecine Manuelle Orthopédique et d’Ostéopathie Médicale.


Source : JDF Santé

Méfiez-vous des "coachs bien-être", prévient la DGCCRF

Le développement personnel est en pleine croissance en France et le « coaching bien-être » se déploie de plus en plus. L’offre de ces coachs : vous accompagner à travers des formations et des méthodes pour améliorer votre vie (professionnelle, amoureuse, santé physique et mentale…). Or, certains s’apparentent davantage à des charlatans, surtout lorsqu’il s’agit de votre santé. « Sur 165 professionnels et établissements de formation contrôlés [coachs bien-être], près de 80% présentaient au moins une anomalie concernant l’information délivrée aux consommateurs en matière de compétences, de titres professionnels et de mentions valorisantes » dévoile une enquête de la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF) publiée le 9 mars 2023.

Certains coachs se font passer pour des professionnels de santé

« Chez environ 20% [des professionnels contrôlés], des pratiques commerciales trompeuses ont été constatées, pouvant induire les consommateurs en erreur. Ainsi, certaines concernaient la mise en avant de qualifications non détenues par le coach, comme un diplôme pour un magnétiseur, l’entretien d’une confusion avec le corps médical en ayant recours à des termes propres à ce secteur (« consultation », « docteur »), l’usage d’allégations thérapeutiques (séances supprimant les fibromyalgies et tendinites, ou encore les allergies) ou la spécialisation de leurs pratiques de coaching pour la lutte contre des troubles du comportement, par exemple alimentaire » alerte la DGCCRF. En parallèle, des pratiques pouvant s’apparenter à des dérives sectaires ou l’intrusion dans la vie privée (demande d’analyses médicales par exemple) ont été signalées.

« Une perte de chance médicale pour les consommateurs »

La DGCCRF a mené l’enquête en 2021 et 2022 sur les pratiques des professionnels du secteur, des centres de formation et sites internet. Ils ont étudié les coachs dont les spécialités étaient en lien avec l’équilibre physiologique ou l’équilibre mental (gestion du stress, perte de poids, lutte contre certaines addictions…), les « coachs de vie », les « coachs en développement personnel » et les professionnels qui n’utilisent pas explicitement le terme « coach ». Les professionnels s’adressant aux seniors, qui peuvent être plus vulnérables, ont été particulièrement ciblés. « Ces pratiques, qui engendrent une confusion sur les qualités des professionnels ou les résultats attendus d’une prestation, peuvent aller jusqu’à causer une perte de chance médicale pour les consommateurs » met en garde la DGCCRF. En cas de difficulté avec un professionnel, les consommateurs peuvent le signaler sur le site SignalConso. 

Source : Secteur du  » coaching bien-être  » : l’enquête de la DGCCRF relève 80% d’anomalies chez les professionnels contrôlés, 9 mars 2023, DGCCRF


Source : JDF Santé