La teigne est une infection de la peau qui touche le cuir chevelu et la barbe. Elle est due à des champignons microscopiques qu’on appelle dermatophytes. Comment savoir si on a la teigne ? Quels sont les symptômes ? Est-elle dangereuse ? Est-ce (très) contagieux ? Comment la traiter ? Peut-elle disparaître toute seule ?
Quelle est la définition de la teigne ?
La teigne est une dermatophytie (infection) du cuir chevelu (ou de la barbe). Il s’agit d’une mycose due à une contamination par des champignons (micro-organismes parasites) appelés dermatophytes. « La teigne se développe aux dépens des cheveux et des poils. Lorsque les champignons infectent les cheveux, ils les rendent fragiles et cassants, voire entraînent leur chute », explique le Dr Marie Ferneiny, dermo-pédiatre à la Clinique Marcel Sembat (92). Il existe :
→ Des teignes anthropophiles transmises par les humains
→ Des teignes zoophiles transmises par les animaux tels que les chiens, chats, lapins, chevaux
→ Des teignes telluriques (géophiles, présentes dans la terre).
Les symptômes varient en fonction du type de teigne. Selon la dermo-pédiatre, il existe :
La forme en plaque grises squameuses avec état squameux du cuir chevelu pouvant mimer un état pelliculaire
La forme pustuleuse inflammatoire avec des boutons ressemblant à des boutons d’acné localisée ou disséminée
Une variété « point noir », caractérisée par des petits points noirs (cheveux cassés) au sein des zones sans cheveux.
Le kérion, qui correspond à une teigne inflammatoire, qui se présente cliniquement comme une masse inflammatoire ou abcès associé à une plaque sans cheveux au regard
Quand elle évolue, la teigne peut entraîner des zones chauves. Il y a parfois des sensations de démangeaisons ou des brûlures. Il peut aussi y avoir un gonflement et une sécrétion d’humidité.
Qui sont les personnes à risque ?
La teigne concerne principalement les enfants. Elle est beaucoup moins fréquente après l’adolescence, mais elle est possible surtout en cas de baisse de l’immunité. Il n’y a pas d’immunité lors d’une infection : un patient infecté peut à nouveau attraper une teigne en cas de nouvelle exposition.
Une maladie contagieuse combien de temps ?
La teigne est une maladie très contagieuse. La période d’incubation du champignon est, en moyenne, de 2 à 14 jours.
Quelles sont les causes de la teigne ?
Les teignes sont les manifestations de l’atteinte du follicule pileux et du poil par certains champignons qui pénètrent le cheveu. Elles résultent de la transmission de ce champignon d’une personne contaminée à une autre ou d’un animal à l’homme. On peut être porteur de spores de champignons qui causent la teigne sans développer la maladie, mais avec un risque de la transmettre. Les spores de champignons pénètrent particulièrement bien dans une peau humide, légèrement ramollie ou endommagée. La transmission est possible :
par contact direct de peau à peau
par contact de la peau avec des squames infectées, surtout dans un environnement chaud et humide (cabine de douche, vestiaire, sauna)
par contact avec des objets contaminés, par exemple un chapeau, une casquette ou un foulard, un peigne, une brosse, un rasoir, un vêtement, un animal en peluche, une serviette de bain, de la literie. Mais également par contact avec des revêtements dans un cinéma, un bus, un train… ainsi qu’avec les chevaux, les selles, les brosses, le panier du chien…
Comment diagnostique-t-on une teigne ?
La teigne est une maladie relativement simple à diagnostiquer. L’observation clinique permet au médecin d’examiner les lésions cutanées caractéristiques et d’orienter son diagnostic. Afin de mieux les visualiser et d’identifier le champignon responsable, il peut utiliser une lampe à ultraviolets appelée lumière de Wood. Afin d’identifier précisément le genre de champignon, il peut réaliser un prélèvement. Ce prélèvement sera analysé au microscope et mis en culture.
Quel traitement pour se débarrasser d’une teigne ?
Le traitement de la teigne ne se fait qu’après un prélèvement, et peut être commencé sans attendre les résultats. Il s’agit systématiquement d’un traitement par voie locale et par voie orale.
► Par voie locale : On procède pendant 1 ou 2 mois à l’application de médicaments antifongiques locaux sur les lésions, après avoir rasé les cheveux proches de cette zone associé à des shampoing antifongiques deux fois par semaines
► Par voie orale : Il s’agit de la prise de médicaments d’antifongiques pendant minimum 6 à 12 semaines.
Quels risques quand on a la teigne ?
Les risques quand on a des teignes sont la contagiosité, l’infection de la teigne, la perte de cheveux avec le risque esthétique. « S’agissant d’une infection très contagieuse, l’éviction scolaire est une obligation dans que l’enfant est toujours contagieux », confirme le médecin. Le traitement permet un retour à l’école. Le retour à l’école nécessite alors un certificat de non-contagion.
La teigne peut-elle guérir toute seule ?
« Le traitement des teignes peut prendre plusieurs semaines car les champignons responsables sont très résistants », insiste la spécialiste. Le traitement local par des shampoings spécifiques ne suffisent pas à guérir de la teigne mais permet de diminuer la diffusion des spores et, par conséquent, la contagiosité. Le rasage des cheveux a le même effet, mais la tonte complète n’est pas toujours indispensable. Le traitement des teignes nécessite toujours un traitement par comprimé pendant plusieurs mois associé à des shampoings et des crèmes.
Merci au Dr Marie Ferneiny, dermo-pédiatre à la Clinique Marcel Sembat à Boulogne-Billancourt.
Malgré son nom, l’herpès circiné n’a rien de commun avec le virus de l’herpès. D’ailleurs, ce terme a aujourd’hui tendance à disparaître au profit du terme « dermatophytose », car elle est fréquemment due à des champignons dermatophytes. Il s’agit d’une affection de type fongique qui touche la peau, et qui se manifeste par des plaques rouges en forme d’anneau. Celles-ci s’étendent progressivement, alors que la partie centrale s’éclaircit.
Quels sont les symptômes de l’herpès circiné ?
Le champignon provoque des lésions rondes, comme des macarons. « Elles sont d’abord roses puis deviennent plus foncées au niveau des bords à cause des croûtes, explique le Dr Nina Roos, dermatologue. Elles ont tendance à grandir et à se multiplier. Des démangeaisons parfois très importantes peuvent s’y ajouter« . Elles sont le plus souvent localisées au niveau du visage et des bras.
Le champignon peut être transmis de différentes façons :
Par des animaux contaminés (chats, chiens, hamsters, chevaux…)
Par l’homme, lors d’un contact direct avec la peau infectée
Par le sol contaminé
Diagnostic
En général, un examen clinique suffit à poser le diagnostic. En cas de doute, un examen utilisant une lumière à ultraviolet pourra être réalisé.
Traitements : comment soigner un herpès circiné ?
L’herpès circiné se traite à l’aide de crèmes antifongiques à appliquer localement durant une à deux semaines, ou, en cas de démangeaisons très fortes, de corticoïdes. Si les lésions sont étendues, un antimycosique oral peut s’avérer nécessaire. « Des savons antifongiques ou alcalins peuvent compléter le traitement si la surface touchée est étendue, ou en cas de récidives fréquentes« , ajoute le Dr Roos.
Quels sont les traitements naturels de l’herpès circiné ?
Les huiles essentielles de cade et de tea-tree (arbre à thé), grâce à leurs propriétés antiparasitaire, anti-infectieuses et antiprolifératives, peuvent aider à traiter ce problème de peau. Ces huiles sont à utiliser diluées dans une huile végétale. Demander conseil à un pharmacie spécialisé en aromathérapie.
Prévention : comment éviter la récidive de l’herpès circiné ?
Quelques gestes simples permettront d’éviter la récidive :
Après la toilette, essuyez parfaitement entre les doigts de pieds ainsi que les plis du corps (les aisselles, le cou, derrière les genoux…)
Les serviettes de toilette doivent être à usage unique et lavez toutes les semaines à 90°.
Evitez le contact avec les animaux que vous ne connaissez pas.
Utilisez des savons antifongiques ou alcalins, ou faites une application hebdomadaire de kétoconazole en sachets à faire mousser sur la peau.
Il n’y a pas « une » mais « des » neurofibromatoses. Les neurofibromatoses sont desmaladies génétiques qui comptent parmi les plus fréquentes des maladies rares. « Ce groupe est assez hétérogène, nous explique le Pr Pierre Wolkenstein, Doyen de la Faculté de Médecine de Paris Est Créteil, Chef du service de Dermatologie, dermatologue, oncologue, coordinateur du centre de référence des neurofibromatoses.Wolkenstein. Leur point commun est de donner des tumeurs bénignes dans la majorité des cas. La marque de fabrique, c’est la tumeur des gaines nerveuses. »
Qu’est-ce qu’une neurofibromatose de type 1 ?
La neurofibromatose de type 1 (ou maladie de Recklinghausen) est la plus fréquente des neurofibromatoses (1 naissance sur 3000). C’est une maladie génétique qui altère le gène NF1, un gène suppresseur de tumeurs qui, lorsqu’il ne fonctionne pas, ne supprime pas les possibles tumeurs. Elle se définit par le développement de tumeurs –les neurofibromes- sur le corps et à l’intérieur du corps associées à des taches café au lait, des taches de rousseurs appelées « lentigines » dans les plis de la peau et d’autres symptômes comme un contexte de malformation osseuse (anomalies des os longs, scolioses, pseudarthroses…). Et, précise le Pr. Wolkenstein « dans 40% des cas, il y a des difficultés d’apprentissage : les gens ont un quotient intellectuel normal mais ont des difficultés scolaires importantes. Et, dernier point, il y a parfois des tumeurs situées sur le nerf optique, c’est ce que l’on appelle « le gliome des voies optiques ».
Qu’est-ce qu’une neurofibromatose de type 2 ?
La neurofibromatose de type 2 est beaucoup plus rare : elle concerne 1 naissance sur 25 000 (HAS). « Cette maladie provoque des tumeurs du système nerveux central, explique le Pr. Wolkenstein. Il s’agit de schwannomes (ou neurinomes), essentiellement des paires de nerfs crâniens et notamment du nerf vestibulaire. S’y associent d’autres tumeurs qu’on appelle des méningiomes. » Elle résulte d’une déficience du gène NF2. L’âge moyen d’apparition des signes cliniques se situe entre 18 et 24 ans. Un début à tout âge est toutefois possible
Qu’est-ce qu’une neurofibromatose de type 3 ?
La neurofibromatose de type 3 plutôt appelée aujourd’hui « schwannomatose » est une maladie qui cause des schwannomes mais ne provoque pas de tumeurs des nerfs crâniens.
Lorsque l’un des deux parents est atteint, le risque de transmission à la descendance est de 50%.
Quelles sont les causes de neurofibromatoses ?
Toutes ces neurofibromatoses sont liées à un mécanisme similaire : la présence d’une anomalie dans les gènes qui sont habituellement des gènes suppresseurs de tumeurs. « La plupart des neurofibromatoses est transmise sur le mode autosomique dominant, explique le Pr. Wolkenstein. lorsque l’un des deux parents est atteint, le risque de transmission à la descendance est de l’ordre 50%. En revanche, le taux de mutation nouvelle est élevée, ce qui signifie que 50% des cas, en moyenne, sont issus de parents qui n’ont pas la maladie. » Ces maladies génétiques sont extrêmement variables d’un individu à un autre au sein d’une même famille.
Quels sont les symptômes de neurofibromatose ?
La neurofibromatose de type 1 se caractérise par :
Des taches pigmentaires de couleur marron clair, arrondies ou ovales, de taille variable.
Des lentigines ressemblant aux taches de rousseur de localisation différente, sous les bras, dans le pli de l’aine et au niveau du cou.
Des neurofibromes cutanés qui sont des tumeurs bénignes (non cancéreuses).
Des gliomes des voies optiques.
Des anomalies osseuses.
Des tumeurs cérébrales
Dysplasie,
Scoliose
Trouble pubertaire et retard staturopondéral
Des neurofibromes peuvent se développer sur une ou plusieurs racines nerveuses provenant de la moelle épinière) ainsi que par des troubles cognitifs avec des difficultés d’apprentissages.
La neurofibromatose de type 2 se manifeste quant à elle par des tumeurs du système nerveux central des schwannomes ou neurinomes intra-crâniens et péri-crâniens et des méningiomes. La présentation clinique de l’enfant diffère de celle de l’adulte et se caractérise plus fréquemment par :
une atteinte cutanée (tumeurs sous-cutanées, tumeurs papillaires intradermiques),
une atteinte oculaire (cataracte juvénile, paralysie du nerf moteur oculaire),
une mononeuropathie (paralysie faciale périphérique, déficit d’une main)
ou la découverte d’un méningiome ou d’un schwannome isolé.
Quelle est l’espérance de vie en cas de neurofibromatoses ?
► Type 1 : « C’est une maladie qui réduit globalement peu l’espérance de vie des patients (de 10 à 15 ans par rapport à la population générale selon la HAS). En revanche, il y a des complications qui peuvent être mortelles, en particulier la transformation en cancer des neurofibromes, ce que l’on appelle des tumeurs malignes des gaines nerveuses qui sont des complications extrêmement graves« .
► Type 2 : « Cette maladie est plus sévère en termes de pronostic que la neurofibromatose de type 1 et l’espérance de vie est significativement diminuée« .
Comment est diagnostiqué une neurofibromatose ?
Lorsqu’un généticien, un dermatologue, un chirurgien, un ORL, un neurologue ou un cancérologue rencontre une suspicion de neurofibromatose, il adresse son patient au centre de référence expert de manière à ce que le diagnostic soit confirmé ou infirmé. Sur la base d’examens cliniques, ce diagnostic est ensuite affiné par un prélèvement sanguin pour extraire l’ADN et le séquencer afin de cibler les gènes qui sont en cause (NF1, NF2…) et l’anomalie qui sera trouvée sera la cause moléculaire de la neurofibromatose.
Critères diagnostiques de la Neurofibromatose 1 (révisés en 2021)
Situation A. En l’absence de parent atteint de NF1, le diagnostic de NF1 est posé chez un individu lorsqu’au moins deux critères sont présents parmi les suivants :
Au moins six taches café-au-lait (TCL) de plus de 5 mm de diamètre chez un enfant pré-pubère et de plus de 15 mm chez un individu pubère.
Des lentigines dans les plis axillaires et/ou inguinaux* #
Au moins deux neurofibromes quel qu’en soit le type, ou un neurofibrome plexiforme.
Au moins deux nodules de Lisch identifiés à l’examen à la lampe à fente, ou au moins deux anomalies choroïdiennes (CA) – définies comme des taches hyperréflectives mises en évidence en tomographie par cohérence optique (OCT) / sur les clichés en proche infra-rouge (NIR).
Une lésion osseuse identifiée parmi les suivantes : dysplasie du sphénoïde**, courbure antérolatérale du tibia ou pseudarthrose d’un os long.
Un variant pathogène hétérozygote du gène NF1, avec une fraction allélique de 50 % dans un tissu apparemment normal tels que les globules blancs.
*Si seules sont présentes les TCL et les lentigines, le diagnostic le plus probable est celui de NF1 mais le patient peut exceptionnellement présenter une autre pathologie dont le syndrome de Legius. # Au moins un des deux types de lésions pigmentées (TCL ou lentigines) doit être de topographie bilatérale
**La dysplasie d’une aile sphénoïdale ne constitue pas un critère indépendant en cas de neurofibrome plexiforme orbitaire homolatéral.
Situation B. Chez un enfant qui présente un parent répondant aux critères diagnostiques de NF1 spécifiés en A, la présence d’au moins un critère de A permet de poser le diagnostic de NF1.
Quel est le traitement d’une neurofibromatose ?
Aujourd’hui, le traitement de toutes les tumeurs est chirurgical. « On développe de plus en plus des thérapeutiques ciblées dérivées de la recherche sur le cancer, explique le Pr. Wolkenstein. Dans la neurofibromatose de type 2, il y a un médicament qui s’appelle l’Avastin® qui est assez efficace sur le volume des schwannomes et dans la neurofibromatose de type 1, ce sont des médicaments que l’on appelle des inhibiteurs de MEK qui sont un grand espoir pour diminuer le volume des tumeurs« . précise t-il.
Associations pour les neurofibromatoses
Différentes associations existent pour soutenir et orienter les patients et leurs proches :
Merci à Pr. Pierre Wolkenstein, Doyen de la Faculté de Médecine de Paris Est Créteil, Chef du service de Dermatologie, dermatologue, oncologue, coordinateur du centre de référence des neurofibromatoses.
Sources :
Neurofibromatose, Commission de la Transparence, Avis 5 janvier 2022, HAS
Protocole National de Diagnostic et de Soins (PNDS) Neurofibromatose 2, HAS, septembre 2021
Une thyroïdite correspond à une inflammation de la glande thyroïde. Il en existe différents types qui sont d’origine différente (auto-immune, virale, parasitaire, infectieuse) et qui entraînent des symptômes différents. La plus fréquente est la thyroïdite de Hashimoto : d’origine auto-immune, elle touche principalement les femmes. Quels sont les symptômes d’une thyroïdite ? Quelles sont les conséquences ? Comment la soigner ?
Définition : qu’est-ce qu’une thyroïdite ?
La thyroïdite est une inflammation de la thyroïde. Elle doit être considérée avec attention, car elle peut provoquer une destruction de la thyroïde et donc la disparition des hormones thyroïdiennes dans l’organisme, dont les fonctions sont nombreuses. Elle est le plus souvent causée par la fabrication d’anticorps contre les propres tissus dans le cadre des thyroïdites auto-immunes (Hashimoto), mais peut dans certains cas être d’origine infectieuse, virale ou parasitaire (subaiguë de De Quervain, maladie de Chagas).
Il existe plusieurs types de thyroïdites parmi lesquelles la thyroïdite auto-immune, due à l’action de destruction des cellules thyroïdiennes par les propres cellules de l’organisme, dont les formes les plus décrites sont la thyroïdite de Hashimoto et la thyroïdite atrophique.
Qu’est-ce qu’une thyroïdite subaiguë de De Quervain ?
La thyroïdite subaiguë de De Quervain est supposée d’origine virale. Elle apparaît brutalement et est marquée par de vives douleurs à l’avant du cou, souvent associées à un syndrome grippal (fièvre, fatigue) et une hyperthyroïdie.
Qu’est-ce que la thyroïdite parasitaire ?
La thyroïdite parasitaire ou maladie de Chagas est due au parasite nommé Trypanosome.
Qu’est-ce que la thyroïdite indolore du post-partum ?
C’est une thyroïdite d’origine auto-immune qui reste rare et qui se caractérise par l’apparition d’une hyperthyroïdie modérée après l’accouchement, avec un goître et une absence de fixation de l’iode par la thyroïde.
Qu’est-ce que la thyroïdite aiguë d’origine infectieuse ?
C’est une thyroïdite très rare qui est due à l’infection par un staphylocoque, un streptocoque ou le bacille de Koch (agent de la tuberculose). Elle se caractérise par un abcès de la thyroïde douloureux qu’il convient de drainer par chirurgie et de traiter par antibiothérapie.
Qu’est-ce que la thyroïdite fibreuse de Riedel ?
C’est une thyroïdite d’origine inconnue. Elle est exceptionnelle et peut, en l’absence de prise en charge chirurgicale, évoluer vers l’asphyxie par compression de la trachée.
Quels sont les symptômes d’une thyroïdite ?
En règle générale, les thyroïdites se manifestent par une augmentation du volume de la thyroïde, avec la forme caractéristique dans les cas importants d’un goitre, sorte de tuméfaction située à la base du cou. Le goitre peut en lui-même être responsable de symptômes par compression sur les organes situés à proximité : il peut entraîner :
une gêne respiratoire,
des troubles de l’alimentation,
des troubles de la déglutition.
Par ailleurs, en fonction de l’action générée par la thyroïdite sur la glande thyroïde, les symptômes peuvent être ceux de l’hyperthyroïdie ou de l’hypothyroïdie. Majoritairement, les symptômes sont ceux d’un déficit en hormones thyroïdiennes avec notamment prise de poids, constipation, frilosité, crampes musculaires, bradycardie… Mais en cas de thyroïdite de De Quervain ou dans les phases initiales de la plupart des thyroïdites auto-immunes, une hyperthyroïdie et ses signes cliniques sont présents.
Comment diagnostique-t-on une thyroïdite ?
En cas de suspicion de thyroïdite, un dosage de la TSH, hormone stimulant en temps normal la sécrétion d’hormones thyroïdes par la glande thyroïdienne, permet de définir l’état d’hyper ou d’hypofonctionnement. Ensuite, une échographie est fréquemment réalisée devant un goitre. La recherche sur une prise de sang de marqueurs de l’inflammation ou d’anticorps spécifiques des thyroïdites auto-immunes est par ailleurs souvent nécessaire pour confirmer le diagnostic.
Quel traitement pour soigner une thyroïdite ?
La thyroïdite d’origine infectieuse fait appel au traitement spécifique du germe ou du parasite en cause. Dans les cas d’hypothyroïdies importantes, un traitement hormonal, permettant l’apport d’hormones thyroïdiennes pour supplanter la glande non fonctionnelle, est nécessaire.
Comment éviter le risque de thyroïdite ?
Il n’existe pas de prévention particulière de la thyroïdite.
Merci au Docteur Alain Scheimann, endocrinologue et auteur de Et si c’était la thyroïde ? (In Press, 2017) pour sa validation médicale.
« Le cancer des sinus est une tumeur maligne qui prend son origine dans les sinus« , définit le Dr Antoine Moya-Plana, chirurgien ORL à Gustave Roussy. Les sinus sont les cavités aériennes creusées dans les os du crâne et de la face. Il existe différents sinus crâniens qui sont tapissés de muqueuses et communiquent avec les fosses nasales, chacun d’entre eux pouvant être atteint :
les sinus frontaux de chaque côté du front au-dessus des orbites,
les sinus maxillaires au niveau des joues,
les sinus ethmoïdaux, entre les deux orbites,
les sinus sphénoïdal à proximité de l’os du même nom.
« Le plus souvent, la tumeur se développe dans le sinus maxillaire, pouvant entraîner des douleurs de type sinusite« , informe le chirurgien ORL. Ce sont des cancers qui mettent très longtemps avant d’être symptomatiques. « Les sinus étant des cavités creuses, la tumeur doit être volumineuse pur devenir symptomatique« , explique le Dr Moya-Plana.
Les cancers des sinus sont relativement rares : ils représentent 3% des tumeurs ORL, selon le Dr Antoine Moya-Plana. « A la différence des autres cancers ORL qui sont constitués essentiellement de carcinomes épidermoïdes, il y a une multitude de types histologiques différents dans les tumeurs des sinus« .
Les cancers des sinus sont plus fréquents chez les personnes qui travaillent dans certains milieux professionnels :
en présence de tanins (travailleurs du bois et du cuir),
en présence de poussière (industrie textile),
en présence de nickel,
en présence d’amiante
en présence d’huile de coupe…
Contrairement aux autres tumeurs ORL, aucun autre facteur de risque n’a été clairement identifié pour les cancers des sinus. « Nous savons que ce cancer n’est pas lié à la consommation de tabac« , indique le Dr Antoine Moya-Plana.
Lessignes du cancer des sinus ne sont pas spécifiques à cette maladie et sont d’une grande banalité : nez bouché, qui coule ou qui saigne. « Ce qui doit alerter c’est la persistance de ces symptômes pendant plus de trois semaines et leur caractère unilatéral« , informe le Dr Antoine Moya-Plana. Lorsque la tumeur est très avancée, le cancer des sinus peut se révéler par :
une joue qui gonfle,
une paupière gonflée,
une baisse d’acuité visuelle,
une déformation du palais selon la localisation de la tumeur.
Le diagnostic de cancer des sinus est suspecté à partir des symptômes évoqués par le patient et un examen ORL. « Le diagnostic se fait avec une biopsie réalisée en consultation lorsque la tumeur est facilement accessible avec un fibroscope (qui permet de visualiser l’intérieur des sinus directement avec une mini caméra) ou au bloc opératoire le cas échéant. Les biopsies peuvent être analysées par un réseau national d’anatomopathologistes car il peut être difficile de voir quel est le sous-type histologique de la tumeur des sinus » précise notre interlocuteur. Un bilan d’imagerie est effectué en cas de diagnostic de tumeur cancéreuse : scanner, IRM, PET scan pour voir l’emplacement de la tumeur et si elle est localisée ou métastasique.
Le traitement du cancer des sinus est adapté à chaque patient, à la nature de la tumeur, mais aussi aux résultats du bilan d’extension ayant permis de classer la tumeur selon son évolution. « Pour la plupart des tumeurs des sinus, le traitement consiste en une chirurgie suivie de radiothérapie, indique le Dr Antoine Moya-Plana. Les marges d’exérèse de la tumeur ne sont pas les mêmes selon le type histologique de la tumeur. Pour certaines tumeurs s’y ajoute de la chimiothérapie, avant ou après la chirurgie. Les produits de chimiothérapie diffèrent selon le type histologique du cancer des sinus« . Les problématiques de chimiothérapie et de radiothérapie ne sont pas les mêmes selon que la tumeur est située dans le sinus maxillaire ou dans le sinus ethmoïde. « Les cancers des sinus étant des cancers rares, il vaut mieux qu’ils soient pris en charge dans des centres experts qui ont une expertise en termes de chirurgie, de radiothérapie et de chimiothérapie des cancers des sinus, recommande le Dr Antoine Moya-Plana. Avec le Réseau tumeurs rares ORL, le REFCOR, nous essayons de colliger tous les cas de cancers des sinus pour édicter des référentiels thérapeutiques de prise en charge.«
Bon à savoir : les personnes dont le cancer des sinus a une origine professionnelle doivent voir avec le médecin du travail pour une reconnaissance professionnelle et éventuellement un aménagement de poste.
Selon les chiffres révélés par notre interlocuteur, 80% des cancers des sinus sont diagnostiqués à un stade avancé (T3, T4). La survie à 5 ans est très variable selon l’extension mais aussi selon le type histologique de la tumeur. Globalement, la survie du cancer des sinus des menuisiers (adénocarcinome) est de 70% à 5 ans, la survie du carcinome épidermoïde des sinus de 50% à 5 ans.
Dans les métiers à risque, il convient de se prémunir d’un taux de poussière élevé dans son milieu de travailen mettant en place des systèmes de protection adaptés (masque, système d’aspiration, ventilation des locaux…). « Ces personnes doivent bénéficier d’un suivi régulier. En revanche, pour les autres tumeurs des sinus, aucune étiologie n’étant connue, aucune prévention n’est possible« , conclut-il.
Merci au Dr Antoine Moya-Plana, chirurgien ORL à Gustave Roussy.