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Décompensation cardiaque : définition, signes et traitements

Décompensation cardiaque : définition, signes et traitements

La décompensation cardiaque correspond à la complication d’une insuffisance cardiaque, une pathologie fréquente chez la personne âgée, touchant jusqu’à 10 % des plus de 70 ans selon Santé Publique France. Parmi les signes, la décompensation cardiaque se manifeste par des palpitations, des malaises, un essoufflement, et des œdèmes peuvent apparaître. Quelle est la différence entre la décompensation cardiaque droite et gauche ? Qu’est-ce qui provoque une décompensation cardiaque ? Quels traitements en cas de décompensation cardiaque ?

Définition : c’est quoi une décompensation cardiaque ?

La décompensation cardiaque correspond à une complication de l’insuffisance cardiaque : elle se produit lorsque les mécanismes activés par l’organisme pour compenser l’insuffisance ne fonctionnent plus correctement. Dans le cas d’une insuffisance cardiaque, le cœur s’affaiblit et n’arrive pas à pomper la quantité de sang nécessaire aux besoins de l’organisme. Les symptômes sont alors une fatigue, des palpitations et un essoufflement lors des activités habituelles, puis lors d’une activité moindre qu’à l’accoutumée et enfin au repos. La décompensation cardiaque survient lorsque ces mécanismes de compensation ne sont plus suffisants. Dans le cas d’une décompensation cardiaque globale, c’est l’ensemble du cœur (droit et gauche) qui est touché. Les symptômes peuvent être alors une modification du pouls, des palpitations, la survenue de malaises lors des changements de position avec une baisse de la tension artérielle. Les œdèmes des membres inférieurs sont associés à un essoufflement témoignant d’un œdème aigu du poumon (OAP). Une prise en charge hospitalière d’urgence est recommandée.

Décompensation cardiaque gauche

Dans le cas d’une décompensation cardiaque gauche, un œdème aigu du poumon (OAP) apparaît. Il s’agit d’une crise de dyspnée (difficultés à respirer) intense qui se manifeste brutalement, parfois dans un tableau dramatique qui peut mettre la vie en danger. L’OAP oblige à rester en position assise pour respirer, ce qui peut être très angoissant. Cette situation d’urgence nécessite une prise en charge immédiate à l’hôpital pour mettre en place une assistance respiratoire et un drainage de l’œdème.

Décompensation cardiaque droite

Dans le cas d’une décompensation cardiaque droite, c’est le foie qui est touché avec une augmentation importante de sa taille et une douleur à la palpation et pendant l’effort (hépatalgie). Elle se caractérise en général par des troubles digestifs comme des nausées, des vomissements, des ballonnements, mais aussi une jaunisse (ictère), des œdèmes importants des membres inférieurs et une prise de poids très rapide (à cause de la rétention d’eau). Une prise en charge hospitalière en urgence est nécessaire pour évacuer l’œdème rapidement.

Quels sont les signes d’une décompensation cardiaque ?

Les symptômes de décompensation cardiaque apparaissent lorsque le cœur est dépassé et n’arrive plus à envoyer le sang de façon efficace à l’ensemble du corps. En fonction de la partie du cœur atteinte (droite, gauche ou globale), les symptômes peuvent aller de la dyspnée (atteinte gauche) a l’œdème des membres inférieurs (atteinte droite). Dans tous les cas, la décompensation cardiaque provoque une altération de l’état de santé général, des chutes de tension, des troubles cognitifs et de l’anxiété.

Qu’est-ce qui provoque une décompensation cardiaque ?

La décompensation cardiaque peut être due à plusieurs causes, notamment : une infection (le plus souvent pulmonaire), une ischémie myocardique (infarctus), une anémie chronique, des troubles du rythme cardiaque, une embolie pulmonaire, une hyperhydratation, ou une grossesse. Elle peut également résulter de l’aggravation d’une insuffisance rénale ou respiratoire. La décompensation cardiaque peut être liée à un traitement médical : non observance ou arrêt du traitement, écart de régime (excès de sel), prise récente d’un traitement anti-inflammatoire non stéroïdien. Les facteurs de risque de la décompensation cardiaque sont les mêmes que ceux de l’insuffisance cardiaque :

  • le tabagisme,
  • l’excès de LDL-cholestérol,
  • l’hypertension artérielle,
  • l’obésité,
  • le diabète,
  • la dépendance à l’alcool,
  • la sédentarité,
  • l’hyperthyroïdie non traitée,
  • le syndrome d’apnée du sommeil non traité.

Comment reconnaître une décompensation cardiaque ?

Le diagnostic de la décompensation cardiaque repose sur un examen clinique, et sur des examens complémentaires comme l’électrocardiogramme, la radiographie du thorax et l’écho-doppler cardiaque. Dès l’apparition d’une difficulté respiratoire ou d’œdèmes des membres inférieurs, une consultation en urgence s’impose. La prise en charge est en général hospitalière dans un service de cardiologie.

Comment traiter une décompensation cardiaque ?

La décompensation cardiaque nécessite une prise en charge hospitalière en urgence dans un service de cardiologie. Une oxygénothérapie en cas de difficultés respiratoire est nécessaire. Certains médicaments permettent ensuite d’améliorer la fonction de pompage du cœur et diminuent les symptômes comme les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensinogène (IEC), les bêtabloquants et surtout les diurétiques qui permettent d’évacuer les œdèmes.

Comment éviter la décompensation cardiaque ?

Par la suite, des mesures préventives comme certaines mesures diététiques simples (régime sans sel, restriction hydrique, arrêt du tabac) et la prise d’un traitement de fond contre l’insuffisance cardiaque sont nécessaires pour éviter les décompensations. « La prévention de la décompensation cardiaque est celle de ses causes, en particulier les maladies cardiovasculaires. La lutte contre l’hypertension artérielle, l’excès de cholestérol, l’obésité et le diabète, ainsi que l’activité physique régulière et l’arrêt du tabac sont les mesures de prévention les plus efficaces« , confirme le Dr Claire Lewandowski, spécialisée en médecine générale, psychiatrie, addictologie et victimologie.


Source : JDF Santé

Leucémie myéloïde (chronique, aiguë) : symptômes, à quel âge ?

Leucémie myéloïde (chronique, aiguë) : symptômes, à quel âge ?

La leucémie myéloïde est une maladie du sang qui touche les globules blancs. Cette pathologie représente environ 20% des leucémies de l’adulte. En France 8 000 personnes par an sont atteintes, avec une découverte de 700 nouveaux cas. La forme chronique de la maladie touche principalement les adultes âgés de plus de 50 ans, avec une prédominance masculine. Le nombre de cas est en augmentation, compte-tenu du vieillissement général de la population. La proportion de personnes atteintes dans la population mondiale est de 1 à 2 cas pour 100 000 personnes. Quelle est la différence entre la leucémie myéloïde chronique et aiguë ? Quels sont les symptômes et leur évolution ? Quels sont les traitements et le taux de survie ?

Définition : c’est quoi une leucémie myéloïde ?

La leucémie signifie excès de globules blancs dans le sang. « Le terme « myéloïde », par opposition à lymphoïde, fait référence aux cellules du lignage myéloïde. La leucémie myéloïde est une maladie du sang qui touche les globules blancs dont la principale fonction est de nous défendre contre les infections et notamment les bactéries et les champignons » indique le Dr Christophe Willekens, hématologue. La leucémie myéloïde se caractérise par la prolifération incontrôlée dans la moelle osseuse de cellules souches hématopoïétiques qui sont à l’origine des globules blancs. Cette fabrication excessive entraîne une augmentation anormale de globules blancs non fonctionnels dans la moelle osseuse et le sang. Les globules blancs, ne parvenant pas à arriver à maturité, contribuent à l’affaiblissement du système immunitaire. La leucémie myéloïde aiguë est une forme agressive.

Différence entre la leucémie myéloïde aiguë et chronique

Les types de leucémies sont multiples, il est important de distinguer leurs caractéristiques. « La leucémie myéloïde chronique est une maladie qui se développe lentement, sur plusieurs années, au niveau de la moëlle osseuse. La leucémie myéloïde aiguë est une maladie à manifestation plus rapide dont le pronostic vital est engagé à court terme. Une leucémie myéloïde chronique peut se transformer en type aiguë après plusieurs années. La leucémie myéloïde aiguë est généralement découverte brutalement et la prise en charge doit être rapide. La prise en charge de la leucémie myéloïde chronique est moins agressive » détaille le Dr Willekens.

A quel âge peut-on développer une leucémie myéloïde ?

La maladie touche plutôt des sujets âgés, « la médiane d’âge se situe autour de 70 ans » note l’hématologue.

Quels sont les symptômes de la leucémie myéloïde ?

Cellules de leucémie myéloïde au microscope
Cellules de leucémie myéloïde au microscope © jarun011-123RF

« La maladie est souvent découverte de manière fortuite lors d’un bilan de contrôle. Des anomalies sur la prise de sang en lien avec une anémie (baisse du taux d’hémoglobine) seront observées. L’anémie se manifeste par une fatigue, un essoufflement à l’effort et une pâleur. Il est également possible de saigner sans traumatisme au niveau du nez, des gencives ou des muqueuses. Le malade est plus sujets aux infections par manque de globules blancs fonctionnels » rappelle notre expert.

Quelle est l’évolution d’une leucémie myéloïde ?

Tout dépend du type de leucémie mais dans le cas d’une leucémie myéloïde chronique, on observe 3 phases : 

Une phase chronique durant laquelle les globules blancs sains et les plaquettes sont encore fonctionnels.

Une phase d’accélération au cours de laquelle le nombre de globules blancs et de cellules immatures augmente dans le sang, avec apparition des premiers symptômes.

Une phase de transformation aiguë blastique durant laquelle plus d’un tiers des cellules sanguines et de la moelle sont immatures (blastes). A ce dernier stade et en l’absence de traitement, l’espérance de vie est de 3 à 6 mois.

Comment diagnostiquer une leucémie myéloïde ?

« Le diagnostic de leucémie myéloïde est fait par une analyse du sang et un myélogramme, réalisé par le biais d’une ponction de moelle osseuse, associées à des analyses génétiques«  indique notre interlocuteur.

Qu’est-ce qui provoque la leucémie myéloïde ?

« Dans la grande majorité des cas, on ne retrouve pas de facteurs causaux mais on sait qu’une exposition à de la chimiothérapie ou radiothérapie dans le cadre d’un traitement contre le cancer ou une exposition à des radiations nucléaires peuvent favoriser le risque de développer une leucémie myéloïde » poursuit notre expert. Par ailleurs, on observe des prédispositions génétiques. « Ces anomalies génétiques, découvertes récemment, peuvent se transmettre de génération en génération » ajoute le Dr Willekens.

Sans traitement, l’espérance de vie est de 5 ans.

Traitements : comment guérir une leucémie myéloïde ?

Le traitement de la leucémie myéloïde doit prendre en compte les caractéristiques génétiques et celles du patient (âge, activité physique etc). Certaines leucémies myéloïdes chroniques ne nécessitent qu’une simple surveillance tandis que les formes aiguës peuvent impliquer l’hospitalisation et la réanimation. Le traitement médicamenteux combine chimiothérapies et/ou thérapies ciblées. « Les traitements de la leucémie myéloïde aiguë ont connu de grandes avancées avec principalement l’apparition des thérapies ciblées, médicaments agissant sur les signaux responsables de la croissance des cellules cancéreuses ou leur survie. Le taux de rémission a augmenté. 2 patients sur 3 de plus de 75 ans peuvent être mis en rémission grâce aux traitements à disposition. Ils seront sous traitement en continu et pourront vivre presque normalement » souligne l’hématologue. Pour les patients jeunes ou pouvant le supporter, un traitement plus lourd est envisagé (incluant potentiellement une greffe de moelle osseuse).

Quelle est l’espérance de vie avec une leucémie myéloïde ?

L’impact sur le pronostic vital et la survie du patient dépend du type de leucémie myéloïde. L’espérance et la qualité de vie des sujets atteints de leucémie myéloïde chronique s’est considérablement améliorée avec l’apparition des thérapies ciblées. La phase chronique permet de vivre normalement pendant plusieurs années. En cas de leucémie myéloïde aigue, l’espérance de vie réduit considérablement mais une guérison reste l’objectif en particulier chez les sujets jeunes.

Merci au Dr Christophe Willekens, hématologue à Gustave Roussy.


Source : JDF Santé

Syndrome d'alcoolisation fœtale : 4 signes typiques (visage…)

Syndrome d'alcoolisation fœtale : 4 signes typiques (visage…)

Chaque année en France, environ 15 000 bébés naissent avec des troubles causés par la consommation d’alcool durant la grossesse. D’après les données du gouvernement, un tiers des femmes enceintes continuent de boire de l’alcool durant la grossesse. « On estime en France qu’un enfant sur 100 souffre ou souffrira de troubles causés directement l’alcoolisation fœtale (TCAF), et qu’un enfant sur 1000 naît avec un syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF) », écrit la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca). Le manque d’informations et de connaissances à ce sujet est flagrant. Le Dr Catherine Maingueneau, pédiatre et addictologue en maternité rappelle que « les professionnels qui suivent les femmes enceintes doivent savoir les informer. Pour cela, ils doivent poser la question de la consommation d’alcool et rappeler le  »Zéro alcool pendant la grossesse » afin de protéger l’enfant à venir ou de repérer si celui-ci a un risque d’être atteint par l’alcoolisation fœtale ».

Qu’est-ce que le syndrome de l’alcoolisation fœtale ?

Le syndrome d’alcoolisation foetale est un ensemble de symptômes observés chez le nouveau-né exposé pendant la grossesse à la consommation d’alcool de sa mère. On distingue : 

  • les troubles causés par l’alcoolisation foetale (TCAF)
  • du syndrome d’alcoolisation foetale complet (SAF) 

Tous les alcools sont neurotoxiques au cours de la grossesse (pas de distinction entre les alcools forts ou plus légers comme la bière, le vin ou le Champagne, ils doivent tous être évités). Le bébé peut souffrir de plusieurs dysfonctionnements ou malformations. Le premier à avoir établi un rapprochement entre les symptômes d’enfants malades et la consommation d’alcool de leur mère fut le Dr Paul Lemoine. En 1968, ce médecin nantais décrit, à travers une étude initiée dix ans plus tôt, le tableau clinique de 127 enfants placés en pouponnière, issus de 62 « familles alcooliques » et souffrant du syndrome de l’alcoolisation fœtale. Ces travaux ne seront reconnus qu’en 1985.

    Quels sont les 4 signes caractéristiques de ce syndrome ?

    Catherine Maingueneau nous explique qu’il existe quatre grands items de syndromes dus à l’alcoolisation fœtale. « Pour chaque enfant, il y a une déclinaison différente. Dans les cas les plus graves, quand la consommation d’alcool est importante, l’enfant souffre d’anomalies présentes dans les quatre items. Il souffre alors d’un syndrome de l’alcoolisation fœtale qui correspond à la forme clinique complète. Il peut aussi ne souffrir que d’une seule atteinte mais celle-ci sera grave s’il s’agit d’une atteinte neurologique » explique-t-elle.

    1. Le retard de croissance. Celui-ci intervient sur le poids, la taille, le périmètre crânien du bébé ou bien sur les trois lors des formes graves. Ce retard de croissance peut survenir en anténatal pendant la gestation, à la naissance et en post natal pendant toute la croissance de l’enfant. Il peut être tel qu’il nécessite une interruption de la grossesse notamment si le périmètre crânien est si petit qu’il augure d’une atteinte neurologique irréversible et d’une particulière gravité.
    2. Un faciès particulier. Les enfants souffrant d’alcoolisation fœtale peuvent présenter une dysmorphie faciale dont les signes principaux sont des fentes palpébrales étroites avec des petits yeux, une lèvre supérieure beaucoup plus fine, un philtrum (sillon au-dessus de la lèvre) lisse, long et bombé. « La dysmorphie du faciès s’atténue avec l’âge » précise la pédiatre.
    3. Des malformations diverses. L’alcoolisation fœtale peut causer des malformations cardiaques, rénales, osseuses (la typique synostose radio-cubitale qui consiste à ce que le radius et le cubitus soient soudés) ou encore des fentes labiales. Les enfants peuvent aussi souffrir de malformations cérébrales comme l’agénésie du corps calleux (le corps calleux permet de relier les hémisphères gauche et droit du cerveau entre eux. Lors d’une malformation du corps calleux, le passage d’une information d’un côté à l’autre devient difficile).
    4. Des anomalies neurologiques. Les personnes touchées par le syndrome de l’alcoolisation fœtal souffrent plus souvent d’une faiblesse intellectuelle avec un QI de 80-85 en moyenne (la norme se situant entre 70 et 120). Cette déficience neurologique est due à une microcéphalie qui ne permet pas au cerveau de l’enfant de se développer complètement.
    Effets du syndrome d'alcoolisation foetale sur le cerveau et le visage de l'enfant
    Effets du syndrome d’alcoolisation foetale sur le cerveau et le visage de l’enfant © maniki – stock.adobe.com / JournaldesFemmes

    « Ces enfants sont souvent petits et chétifs »

    Quelles sont les conséquences pour le bébé ?

    « Ces enfants sont souvent petits et chétifs et peuvent avoir des déficiences visuelles, auditives, des troubles cognitifs, du langage, du calcul, de la compréhension et du comportement social. » L’alcool détruit les cellules et les connexions ce qui entraîne un cerveau mal formé avec des zones anormales comme un cortex insuffisamment développé, mais aussi un cerveau mal connecté. Tout cela explique les troubles de l’intelligence, de l’intégration sociale, du comportement et de l’apprentissage notamment scolaire : trouble de l’attention, difficulté à mémoriser des informations, les procédures, à comprendre le second degré et les choses abstraites, et des dyslexie, dysphasie, dyscalculie… « Ce syndrome est la première cause de handicap neurologique d’origine non génétique » indique la pédiatre. « Des morts in utero se produisent parfois à cause de la consommation d’alcool », ajoute-t-elle. Une fois l’enfant né, on surveille son développement. « Durant les premières années, on le regarde grandir, grossir et on vérifie son périmètre crânien, son développement moteur, cognitif et son apprentissage. Ce qui nous importe le plus, c’est de suivre son développement à long terme. Nous voulons savoir comment il va s’intégrer et se comporter chez lui, en société et à l’école, s’il va apprendre et comprendre de la maternelle, jusqu’au lycée… afin de l’accompagner si besoin pour lui permettre d’être autonome à l’âge adulte. »

    Peut-on détecter le syndrome d’alcoolisation foetale à l’échographie ?

    Toutes les malformations évoquées ci-dessus sont détectables à l’échographie bien qu’elles ne soient pas spécifiques au syndrome de l’alcoolisation fœtale. Pour vérifier s’il y a un lien, « le professionnel de santé doit poser des questions et la mère être en confiance pour rapporter ses consommations. Il est alors important de savoir si la consommation d’alcool a eu lieu durant l’état fœtal ou l’état embryonnaire pour comprendre la malformation est possiblement imputable à la consommation d’alcool« , explique Catherine Maingueneau. Le sentiment de culpabilité est souvent très fort chez les mères, notamment lors des cas de déni de grossesse. Il est donc rare qu’elles parlent spontanément et, si elles ne le font pas, le diagnostic de l’alcoolisation fœtale demeure alors une probabilité et non une validation.

    Quels sont les traitements ?

    « Pendant la grossesse, l’alcool c’est non ! »

    Il n’existe pas vraiment de traitement pour soigner les troubles causés par la consommation d’alcool durant la grossesse. Les malformations du visage, du cœur ou des reins peuvent être opérées. Pour le retard de croissance, il est nécessaire qu’il soit majeur pour administrer de l’hormone de croissance, ce qui est très rare. Mais concernant les troubles neurologiques, s’il n’y a pas de traitement, il est primordial de diagnostiquer l’origine afin de proposer des aides adaptées comme l’orthophonie, la psychomotricité, l’éducation aux bons comportements à adopter à l’école etc… « Le plus important reste l’information et la prévention. Il faut sensibiliser les femmes mais aussi les jeunes qui seront de futurs parents et rappeler que pendant la grossesse, l’alcool c’est non. »

    Merci au Dr Catherine Maingueneau, pédiatre spécialisée en néonatalogie, en neuropsychologie de l’enfant et troubles des apprentissages. Elle accompagne des enfants vulnérables ou atteints de ces pathologies au sein du réseau « Grandir Ensemble » du « Réseau Sécurité Naissance » des Pays-de-la-Loire. Elle est également addictologue en maternité à la clinique Jules Vernes, à Nantes, et propose des consultations d’informations ante-natales en lien avec les sage-femmes et les gynécologues obstétriciens de la structure.


    Source : JDF Santé

Dartre : c'est quoi cette maladie de peau ? comment la soigner ?

Dartre : c'est quoi cette maladie de peau ? comment la soigner ?

La dartre est une affection cutanée qui touche principalement le visage. Elle se manifeste par des petites taches rondes et rosées ou blanchâtres sur la peau. Une peau sèche et sensible peut être une cause de dartre. Quels sont les symptômes d’une dartre ? Est-elle contagieuse ? Quels sont les traitements ?

Définition : c’est quoi la dartre ?

Le nom médical de la dartre est « l’eczématide achromiante ». La dartre est une affection cutanée de type pityriasis. Il s’agit d’une affection cutanée caractérisée par une desquamation c’est-à-dire un détachement de la première couche de la peau. Les dartres ressemblent à de petits plaques arrondies, sèches et squameuses, qui peuvent être blanchâtres ou rosées, et qui évoluent toujours vers une hypopigmentation secondaire. Les dartres peuvent apparaître sur tout le corps, mais prédominent surtout sur le visage des jeunes gens. Elles se présentent sous la forme de petites taches rondes, rosées ou blanchâtres. Au toucher, elles donnent une sensation de sécheresse et peuvent se détacher.

Dartre chez le bébé

Les dartres affectent le plus souvent les bébés et les enfants entre 3 et 16 ans, et se voient plus rarement chez l’adulte. Elles sont plus fréquentes chez les jeunes enfants à cause de la sécheresse de leur peau avant la puberté car leurs glandes sébacées ne fonctionnent pas encore. Elles s’observent davantage en cas de peau sèche ou de peau sensible et pendant les périodes de froid et d’humidité, ce qui en fait une véritable affection de l’hiver.

Photo d'un bébé avec du dartre sur le visage
Photo d’un bébé avec du dartre sur le visage © anastasiyaparfenyuk-123RF

Où se localisent les dartres ?

Les dartres touchent principalement certaines parties du visage (menton, joues, paupières, front), mais elles peuvent toutefois toucher n’importe quelle zone du corps. On les retrouve souvent sur les bras, le dos, l’intérieur des cuisses, mais aussi le cuir chevelu.

Est-ce que la dartre est contagieuse ?

Les dartres ne sont pas contagieuses. Leur développement est favorisé par plusieurs facteurs, qui vont venir assécher la peau et donc créer un terrain propice comme le froid et le soleil. Les personnes qui ont naturellement la peau sèche ou réactive y sont davantage prédisposées mais ne peuvent pas donner l’affection à quelqu’un d’autre.

Comment se manifeste les datres ?

Les dartres sont de petites plaques rosées ou un peu rouges qui deviennent progressivement blanches avec le soleil (surtout en cas de peau foncée) et qui desquament. La lésion est ronde ou ovale, mesure 0,5 à 2 cm et peut démanger, mais de façon tout à fait modérée, voire parfois pas du tout. Elles se localisent principalement sur le visage (front, nez et joues) mais aussi sur le thorax, les épaules et parfois dans le dos. Elles s’aggravent couramment en hiver à cause du froid et de l’humidité.

Causes : qu’est-ce qui provoque les dartres ?

Les dartres apparaissent en général à cause de levures microscopiques, de type Pityrosporon et d’un renouvellement trop rapide et trop important de l’épiderme qui entraîne une augmentation de la fabrication de la kératine à la surface de la peau. D’autres causes sont possibles comme une mauvaise utilisation de crème contenant des corticoïdes particulièrement asséchants, l’humidité, les excitants (tabac, alcool, café), un choc émotionnel ou même la grossesse.

« En cas d’apparition de lésions, consultez votre médecin »

Diagnostic : comment savoir si c’est une dartre ?

L’interrogatoire et l’examen clinique du médecin traitant ou du dermatologue suffisent à faire le diagnostic de dartre. Aucun examen complémentaire n’est nécessaire, sauf en cas de doute diagnostic.

Quand et qui consulter en cas de dartre ?

« En cas d’apparition de lésions, consultez votre médecin pour confirmer le diagnostic et démarrer un traitement sans tarder« , insiste le Dr Claire Lewandowski, spécialisée en addictologie, médecine générale et psychiatrie. Une consultation médicale est en effet recommandée auprès du médecin traitant et d’un dermatologue dès l’apparition des premières lésions pour confirmer le diagnostic et être sur qu’il ne s’agisse pas d’une autre maladie de peau comme un eczéma par exemple. De plus, la mise en place d’un traitement rapide permettra de limiter la phase inflammatoire et donc la tache blanche par la suite. 

Traitement : comment soigner une dartre ?

Le traitement repose en premier lieu sur une crème hydratante qui aura un effet bénéfique sur la plaque rose et sèche et surtout, limitera les récidives. Si la lésion initiale est plus marquée, on peut utiliser soit les crèmes à base de cuivre et de zinc accessibles en vente libre en pharmacie, soit devant une lésion franchement rouge, un dermocorticoïde. Plus rarement, des antifongiques ou des antibiotiques sont indiqués lorsque les lésions risquent de se surinfecter avec le grattage. Certains produits naturels comme l’aloe vera, reconnue pour ses vertus hydratantes, anti-infectieuses, apaisantes et cicatrisantes, peuvent aider à limiter les dartres, après un avis médical. Vous pouvez y ajouter une goutte d’huile essentielle aux propriétés anti-inflammatoires et régénérantes, telles que le citron, la camomille matricaire, le niaouli ou le géranium rosat. Des massages à l’huile d’argan, de calendula, d’amande douce, de chanvre, ou d’avocat permettent aussi de limiter la formation de croûtes.

Comment prévenir l’apparition de dartres ?

La prévention des dartres repose sur :

► L’utilisation de produits adaptés à la peau sèche comme les pains surgras, ou sans savon, pour laver le visage et une crème de jour très hydratante et relipidante pour le visage et le corps. Il est recommandé de faire, une fois par semaine, un masque hydratant mais d’éviter les gommages trop agressifs. « En cas de peau sèche, surtout chez les enfants, veillez à bien appliquer une crème hydratante quotidiennement sur le visage et le corps, particulièrement en hiver. 

► « L’été, n’oubliez pas d’appliquer un écran total sur toutes les parties du corps exposées au soleil », préconise le Dr Claire Lewandowski. Si vous le pouvez, rincez-vous à l’eau claire après chaque bain, à la mer ou en piscine. L’hiver, à la montagne, pensez à bien vous hydrater le visage matin et soir, à appliquer un stick lèvres et à utiliser une protection solaire spécial montagne. Enfin, appliquez une crème pour les mains dès que le besoin se fait ressentir.


Source : JDF Santé

Démangeaisons de l'anus : causes, que faire ?

Démangeaisons de l'anus : causes, que faire ?

L’anus qui gratte, brûle et pique est un symptôme qui touche entre 1 et 4 % de la population générale adulte et 18 % des patients consultants en proctologie. Par ailleurs, les démangeaisons de l’anus sont beaucoup plus fréquentes chez les hommes, jusqu’à 4 fois plus que chez la femme. Qu’est-ce qui peut provoquer des démangeaisons anales ? Comment soigner les démangeaisons à l’anus ? Comment prévenir le prurit anal ? Causes, symptômes et traitements des démangeaisons de l’anus.

Définition : c’est quoi les démangeaisons de l’anus ?

Le prurit anal se définit comme l’ensemble des sensations cutanées (démangeaisons ou brûlures) péri-anales aboutissant au besoin de se gratter l’anus, voire le canal anal. « Le prurit anal est fréquent car l’anus est une région propice au prurit. L’anus est l’orifice externe du tube digestif, situé au niveau du périnée entre les organes génitaux externes et le sillon inter-fessier« , décrit le Dr Higuero, proctologue. Avant de poursuivre : « Il fait suite au canal anal (zone allant du bas rectum à la marge anale) et est bordé par la marge anale (zone cutanée d’aspect plissé et pigmentée de couleur plus sombre que la peau alentour). »

Causes : qu’est-ce qui peut provoquer des démangeaisons anales ?

La cause en est inconnue une fois sur deux. On appelle cela le prurit essentiel. Cependant, deux types de maladies doivent être cherchées lors d’un l’examen clinique : celles de l’anus et celles de la peau. Mais, d’autres causes principales existent :

  • la maladie hémorroïdaire (hémorroïdes),
  • les marisques,
  • la fissure et fistule anale,
  • les infections sexuellement transmissibles ou IST (condylomes surtout, qui sont des excroissances de la peau ou de la muqueuse anale),
  • les parasitoses (responsable d’oxyures : de petits vers blancs qui provoquent des démangeaisons au niveau de la marge anale), l’incontinence anale et le cancer anal, 
  • Il existe également des causes dermatologiques : l’eczéma, la dermite érosive, le psoriasis, la candidose, le lichen plan, la maladie de Bowen.
  • Des maladies doivent systématiquement être évoquées lors de la consultation comme le diabète
  • Certains médicaments (colchicine, nicorandil..)

Quels sont les symptômes des démangeaisons de l’anus ?

Le prurit anal se manifeste par des symptômes précis qui sont une sensation d’irritation, de brûlures et de démangeaisons qui vont entraîner le grattage. « La sensation de prurit va être déclenchée par l’agression d’une peau malade ou au contact de suintements ou écoulements (pus, selles, glaires vaginales…). Il va entraîner un grattage à l’origine de lésions cutanées pouvant s’infecter, irritant la peau qui devient plus sensible aux démangeaisons« , explique le Dr Higuero. Et d’ajouter ensuite : « un cercle vicieux s’installe avec un mécanisme auto entretenu. On fini parfois par se gratter car cela démange alors que la cause initiale a disparu« .

Quels sont les facteurs de risque du prurit anal ?

L’anus a une innervation sensitive très développée. Son environnement immédiat l’expose à des facteurs locaux d’irritation : les défécations, les soins de toilette par défaut ou excès, les plis cutanés de voisinage. De plus, les problèmes urologiques et gynécologiques comme l’incontinence urinaire et les pertes vaginales, le port de sous-vêtements inadaptés favorisant la macération sont également des facteurs favorisants.

Comment soigner les démangeaisons à l’anus ?

Le Dr Higuero distille quelques conseils pour soulager le prurit anal. L’important est de traiter la cause si elle a été trouvée puis la conséquence. Ces deux éléments sont  indispensables pour faire disparaître le prurit du fait du mécanisme auto-entretenu des démangeaisons. « Le traitement proctologique sera adapté à la présentation anatomique. Le traitement dermatologique sera de type anti-infectieux ou par dermocorticoïdes en fonction du diagnostic« , détaille le Dr Higuero. De plus, si un médicament est responsable de ces démangeaisons, il sera interrompu. Pour soulager les démangeaisons, le traitement fait appel au bon sens : avoir un anus propre et sec en cas d’anus humide et hydraté en cas de sécheresse cutanée et à certains médicaments (des dermocorticoïdes). « En cas d’échec on a parfois recours aux anti histaminiques, anti-dépresseurs, la capsaïcine, l’hypnose« , recommande le spécialiste.

Comment prévenir le prurit anal ? 

Pour limiter le risque d’apparition de prurit anal, il est recommandé de prendre soin de cette région. L’anus peut être « agressé » dans la période entourant la défécation comme en dehors de celle-ci. Le Dr Higuero liste quelques règles simples d’hygiène à retenir :

► La toilette anale doit être biquotidienne, avec de l’eau et une base lavante douce (savon surgras, pain dermatologique) en position accroupie avec une douchette pour faire disparaître tout résidu de matière fécale.

► Le lavage se fait à la main avec un rinçage soigneux suivi d’un séchage doux. Cette même toilette doit bien évidemment être réalisée après toute activité sportive.

► Le port de sous-vêtements en coton à privilégier. Il faut éviter les antiseptiques (Bétadine®, alcool, Dakin®…) et les solutions à pH acide.

► « Après la défécation il faut privilégier le papier toilette de qualité, par tamponnement puis se laver comme préciser ci-dessus. L’utilisation de WC ou d’abattants dits japonais, qui permettent de façon très efficace un lavage à l’eau suivi d’un séchage à l’air de l’anus sont aussi une solution même si onéreuse. Occasionnellement, il est aussi possible d’utiliser des lingettes pour hygiène intime vendues en pharmacie« , conclut le Dr Higuero.

Merci au Dr Higuero, proctologue et membre du Conseil d’administration de la Société Nationale Française de Gastro-Entérologie.


Source : JDF Santé