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Oxycodone : quel sont les effets de cet opioïde très puissant ?

Oxycodone : quel sont les effets de cet opioïde très puissant ?

L’oxycodone est un médicament opioïde classé comme « fort ». L’antalgique opioïde le plus consommé en France est le tramadol, rappelait l’ANSM en 2019 puis la codéine. L’oxycodone est celui dont l’utilisation a le plus augmenté ces dernières années. Il est autant consommé que la morphine désormais. Si cela va dans le sens d’une meilleure prise en charge de la douleur, l’Agence du médicament observe une augmentation du mésusage, ainsi que des intoxications et des décès liés à l’utilisation d’antalgiques opioïdes comme l’oxycodone. 

Définition : qu’est-ce que l’oxycodone ? 

L’oxycodone, de son nom chimique dihydro-oxycodéinone, appartient à la famille des analgésiques opioïdes. C’est un antalgique très puissant, dérivé de synthèse d’un alcaloïde naturellement présent dans l’opium : la thébaïne. C’est un médicament stupéfiant, plus puissant que la codéine et avec un risque de dépendance également plus important. Sous sa forme brute, l’oxycodone est une poudre blanche inodore.

Antalgiques opioïdes faibles Antalgiques opioïdes forts

tramadol

codéine

poudre d’opium

morphine

oxycodone

fentanyl

Quels sont les médicaments qui contiennent de l’oxycodone ?

Les principaux médicaments contenant de l’oxycodone sont l’Oxycontin® et l’Oxynorm®.

Quels sont les effets de l’oxycodone ? 

L’oxycodone atténue la douleur en agissant sur le système nerveux central. Ses effets sont : analgésiques, anxiolytiques, antitussifs et sédatifs. Du fait que l’oxycodone soit exclusivement un agoniste des récepteurs aux opioïdes, son effet analgésique est lié à la dose administrée sans qu’il n’existe de dose maximale, tant que les effets indésirables sont contrôlés.

Quels sont les effets secondaires de l’oxycodone ?

L’oxycodone présente de nombreux effets indésirables dont certains peuvent être potentiellement graves. Parmi les plus fréquents, on retrouve :

  • des troubles digestifs (douleurs abdominales, constipation, nausées, vomissements),
  • des troubles du système nerveux central (somnolence, confusion, vertiges, maux de tête, insomnies, cauchemars, hallucinations, anxiété, dépression, troubles de l’humeur, tremblements),
  • des démangeaisons ou une éruption cutanée,
  • une perte d’appétit,
  • une forte transpiration,
  • une bouche sèche,
  • de la rétention urinaire ou des troubles de la miction,
  • des difficultés respiratoires ou des spasmes bronchiques,
  • de l’hypotension

L’oxycodone peut aussi entraîner des symptômes d’intoxication, tels qu’une dépression respiratoire pouvant être fatale, une dilatation de la pupille, un ralentissement du rythme cardiaque, un œdème pulmonaire, une insuffisance circulatoire, ou encore de la somnolence pouvant évoluer vers un coma. Il est donc primordial d’éviter tout risque de surdosage. De même, l’oxycodone peut provoquer des abus, une dépendance ainsi que des symptômes de sevrage à l’arrêt du traitement. Ainsi en cas de prise prolongée, une diminution progressive des doses (sur avis médical) est nécessaire.

Quel est le mode d’action de l’oxycodone ? 

L’oxycodone fait partie des analgésiques opioïdes. C’est un agoniste des récepteurs aux opioïdes de types kappa, mu et delta dans le cerveau, la moelle épinière et les organes périphériques. En se fixant sur ces récepteurs, elle active leurs effets thérapeutiques.
L’oxycodone peut également avoir une action sur l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (ou gonadique) entraînant des modifications comme une augmentation de la prolactine dans le sang ainsi qu’une diminution du cortisol et de la testostérone. Ces modifications hormonales peuvent se manifester par divers symptômes.

Quand prendre de l’oxycodone ?

L’oxycodone est indiqué dans les douleurs sévères qui ne peuvent pas être soulagées par les antalgiques de niveau inférieur, comme par exemple dans les douleurs liées aux cancers. 

Quelle est la différence entre l’oxycodone et la morphine ?

L’oxycodone et la morphine ont un mécanisme d’action similaire. En revanche par voie orale, l’effet de l’oxycodone sur la douleur est de 1,5 à 2 fois plus puissant que celui de la morphine (selon la dose considérée de morphine pour la comparaison). Cette différence n’est toutefois pas retrouvée concernant la voie injectable, l’efficacité sur la douleur de l’oxycodone étant similaire à celui de la morphine. De plus, l’oxycodone présente l’avantage d’avoir un effet sur les douleurs neuropathiques.

Est-il disponible avec ou sans ordonnance ?

L’oxycodone est une substance inscrite sur la liste des médicaments stupéfiants, qui ne peut en aucun cas être délivrée sans ordonnance. De plus, l’oxycodone doit être prescrit par le médecin sur une ordonnance sécurisée, la réglementation des stupéfiants étant strictement encadrée. Les ordonnances d’oxycodone ne sont valables que maximum 28 jours.

Quelles sont les contre-indications de l’oxycodone ?

L’alcool est fortement déconseillé pendant le traitement par oxycodone

L’oxycodone est contre-indiqué :

  • en cas d’hypersensibilité à l’oxycodone ou à l’un des composants présents dans le médicament concerné,
  • en cas de dépression respiratoire sévère,
  • en cas de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) sévère,
  • en cas de cœur pulmonaire (atteinte du ventricule droit),
  • ou en cas d’asthme bronchique sévère,
  • en cas d‘iléus paralytique (ralentissement ou arrêt du transit),
  • ou encore en cas d’abdomen aigu (syndrome affectant l’abdomen).

L’oxycodone est à utiliser avec prudence notamment en cas d’insuffisance rénale ou hépatique, de troubles thyroidiens, des voies biliaires ou du pancréas, de maladie intestinale inflammatoire ou de chirurgie des intestins, en cas d’épilepsie, d’hypertension cérébrale, d’adénome de la prostate, d’alcoolisme ou de dépendance aux opiacés. L’alcool est fortement déconseillé pendant le traitement par oxycodone. L’oxycodone doit être utilisé avec prudence pendant la grossesse ou l’allaitement ainsi que chez les personnes âgées, mais aussi en cas de prise simultanée de médicaments pouvant interagir ou accentuer ses effets indésirables.


Source : JDF Santé

Les JAKi, des anti-inflammatoires qui ne doivent plus être prescrits après 65 ans

Restriction d’utilisation de certains médicaments. Les inhibiteurs de Janus Kinase (JAKi), des médicaments anti-inflammatoires indiqués dans le traitement des maladies inflammatoires chroniques (polyarthrite rhumatoïde, rhumatisme psoriasique, dermatite atopique, pelade, arthrite juvénile idiopathique, rectocolite hémorragique) sont susceptibles d’entraîner des effets indésirables graves comme des troubles cardiovasculaires, des caillots sanguins, des infections graves, des cancers, voire de décès et ils ne doivent plus être prescrits notamment chez les patients de plus de 65 ans, insiste l’Agence du médicament (ANSM) dans un communiqué du 17 avril 2023. Avant de débuter un traitement par JAKi, les médecins prescripteurs (allergologues, cardiologues, rhumatologues, dermatologues, oncologues…) doivent informer les patients de tous les risques qui leurs sont associés.

Noms et liste des anti-inflammatoires JAKi concernés

Ces risques s’appliquent à l’ensemble des JAKi indiqués dans les maladies inflammatoires chroniques :

  • Cibinqo® (abrocitinib)
  • Jyseleca® (filgotinib)
  • Olumiant® (baricitinib)
  • Rinvoq® (upadacitinib)
  • Xeljanz® (tofacitinib)

→ Ne sont pas concernés par cette réévaluation : Jakavi (ruxolitinib) et Inrebic (fédratinib), des JAKi utilisés en hématologie pour le traitement de troubles myéloprolifératifs (maladies tumorales de la moelle osseuse caractérisés par une production en excès de cellules sanguines)

Quelles sont les nouvelles contre-indications des inhibiteurs de Janus Kinase ?

Suite à une réévaluation européenne de ces médicaments lancée par l’Agence européenne des médicaments en février 2022, les JAKi ne doivent plus être utilisés, sauf s’il n’existe pas d’alternative thérapeutique, chez les patients :

  • âgés de 65 ans et plus 
  • fumeurs ou qui ont fumé longtemps 
  • ayant d’autres facteurs de risque cardiovasculaire ou de tumeur maligne.

Quels sont les dangers des inhibiteurs de Janus Kinase ?

Les données d’un essai clinique mené chez des patients atteints de maladies inflammatoires chroniques et présentant certains facteurs de risque (tabac, antécédents cardiovasculaires…) qui prenaient ces traitements ont mis en évidence :

► Un risque cardiovasculaire accru (ce risque avait déjà été mis en évidence avec Xeljanz (tofacitinib), en comparaison à l’utilisation d’anti-TNF-alpha. en 2021)

► Un risque de caillot sanguin
► Un risque de cancer, notamment de cancer cutané (un examen dermatologique régulier est recommandé pour tous les patients traités)

► Un risque de thromboembolie veineuse

► Un risque d’infections graves

► Un risque de décès

Les notices et les résumés des caractéristiques du produit des JAKi sont progressivement mis à jour avec les nouvelles recommandations et les mises en garde associées.

Source : Inhibiteurs de Janus kinase et traitement des maladies inflammatoires chroniques : restrictions d’utilisation pour diminuer le risque d’effets indésirables graves, ANSM, 17 avril 2023


Source : JDF Santé

Dissection aortique : signes, cause, pronostic

Dissection aortique : signes, cause, pronostic

Qu’est ce qu’une dissection aortique ?

La paroi de l’aorte est composée de trois couches : interne, moyenne et externe. « Lorsque la couche interne se rompt, le sang passe entre les couches moyennes et externes, explique le Dr. Jean-François Renucci. La pression est telle, qu’il provoque une déchirure, ou dissection, de l’aorte, et possiblement d’autres vaisseaux. Dans les cas les plus graves, cela peut entrainer une rupture complète de l’aorte« . Il existe deux types de déchirure, selon la zone où elle se produit :
Type A. « La déchirure se produit à partir du cœur, c’est-à-dire de la valve aortique, et s’arrête avant le début de l’artère sous-clavière (celle qui va dans le bras gauche)« , indique le Dr. Renucci. Elle peut provoquer une défaillance de la valve, et entrainer une insuffisance aortique.
► Type B. « La rupture se produit après la naissance de l’artère sous-clavière, précise le Dr. Renucci. Elle peut s’étendre aux autres vaisseaux, comme ceux de la tête, et descendre vers l’abdomen, et disséquer les artères des reins« .

Photo d'une dissection aortique
Photo d’une dissection aortique © 7activestudio-123RF

Quels sont les signes cliniques d’une dissection aortique ?

Une déchirure aortique est très douloureuse. « Elle se caractérise par de fortes douleurs au niveau du thorax, remarque le Dr. Rennuci. Elles irradient vers le dos et, parfois, vers l’abdomen« . La dissection de l’aorte entraine également des difficultés respiratoires (dyspnée) ainsi que des vomissements. Si la déchirure atteint les vaisseaux de la tête, elle peut entrainer une perte de connaissance, voire un Accident Vasculaire Cérébral.

Quelles sont les causes d’une dissection aortique ?

Plusieurs causes peuvent provoquer cette rupture :

  • une hypertension artérielle sévère et non traitée (le plus souvent)
  • Certaines maladies génétiques rares, comme le syndrome de Mafran ou le syndrome d’Ehlers-Danlos.
  • une infection de l’aorte (plus rare)

Quelle espérance de vie en cas de dissection aortique ?

C’est surtout pour le type A que le risque est grand. « L’atteinte de la valve aortique constitue une urgence absolue de chirurgie cardiaque, remarque le médecin vasculaire. Faute de quoi, elle entraine un décès presque instantané, le patient perdant environ 5L de sang par minute« , indique le Dr. Renucci. Le type B est moins à risque. Par la suite, pour les deux types, une surveillance accrue, notamment de la pression artérielle, est indispensable, moyennant quoi, la situation peut rester stable très longtemps et l’espérance de vie ne s’en trouve pas affectée.

Comment diagnostique-t-on une dissection aortique ?

Un examen d’imagerie permet de savoir à quel niveau la déchirure s’est produite. La réalisation d’un scanner aortique avec injection est l’examen clé. En parallèle, une échographie et une radiographie du thorax permettent d’obtenir une image du cœur. 

Quel traitement pour soigner une dissection aortique ?

Le traitement dépendra du type de déchirure. S’il est de type A, une intervention chirurgicale permet de remplacer la partie de l’aorte lésée par un tube. Si la déchirure est de type B, le traitement est d’abord médical afin de faire baisser la pression artérielle. Par la suite, une intervention chirurgicale peut être nécessaire : elle repose sur la mise en place d’une prothèse. « Celle-ci est introduite dans une artère de la cuisse grâce à un cathéter. Sous contrôle écho-guidé, le chirurgien remonte la prothèse jusqu’à la zone déchirée, où il l’a déploie. Il retire ensuite le cathéter de guidage« , indique notre expert.

Quels sont les risques de séquelles d’une dissection aortique ?

Par la suite, il peut y avoir des conséquences de la mauvaise perfusion des organes mais habituellement on intervient chirurgicalement. A moyen terme, l’aorte fragilisée peut se dilater provoquant un anévrysme, d’où l’importance de la surveillance pour pouvoir réaliser un traitement spécifique, le plus souvent par la mise en place d’une endoprothèse.

Merci au Dr. Jean-François Renucci, médecin vasculaire au CHU de la Timone, à Marseille.  


Source : JDF Santé

Pourquoi la thyroïde se dérègle chez la femme et l'homme ?

Pourquoi la thyroïde se dérègle chez la femme et l'homme ?

Le dérèglement de la thyroïde se manifeste par un mauvais fonctionnement de la glande située à la base du coup, la thyroïde. Les deux principaux dérèglements de la thyroïde sont l’hypothyroïdie et l’hyperthyroïdie. Comment détecter un dérèglement de la thyroïde ? Quelles sont les causes d’un dérèglement de la thyroïde ? Quels traitements contre le dérèglement de la thyroïde ?

Définition : qu’est-ce qu’un dérèglement thyroïdien ?

Un dérèglement thyroïdien se caractérise par un fonctionnement anormal de la thyroïde, une glande située à la base du cou. La thyroïde fabrique deux hormones qui jouent un rôle capital dans la régulation du métabolisme et agissent sur le fonctionnement de plusieurs organes comme le cœur, les muscles, le système nerveux ou encore le tube digestif. La thyroxine (également appelée T4) et la triiodothyronine (également appelée T3). Certains troubles métaboliques surviennent quand la glande thyroïde ne fournit pas la quantité appropriée d’hormones dans le sang. Les deux principaux dérèglements thyroïdiens sont l’hypothyroïdie et l’hyperthyroïdie. Les répercussions des dérèglements thyroïdiens (hypothyroïdie et hyperthyroïdie), s’ils ne sont pas pris en charge rapidement, peuvent avoir des conséquences plus ou moins graves sur la santé.

Quelles sont les causes d’un dérèglement de la thyroïde ?

De nombreuses causes sont à l’origine d’un dérèglement thyroïdien :

  • Une maladie auto-immune comme dans la maladie de Basedow (hyperthyroïdie la plus fréquente), la Thyroïdite d’Hashimoto (hypothyroïdie la plus fréquente) ou l’hypothyroïdie spontanée atrophique ;
  • Des adénomes (nodules thyroïdiens) comme dans l’adénome toxique ou le Goitre multihétéronodulaire toxique qui sécrètent de façon anormale des hormones thyroïdiennes en excès ;
  • Un virus (virus coxsackie, ourlien ou adénovirus) dans la thyroïdite de De Quervain ;
  • Des médicaments : Cordarone®, produits de contraste iodés utilisés pour l’imagerie médicale ou hormones thyroïdiennes de certains cocktails amaigrissants illégaux par exemple ;
  • Un traitement : ablation partielle ou totale de la thyroïde, des traitements par iode radioactif ou radiothérapie externe ;
  • Un accouchement (entre 6 semaines et 3 mois) dans la thyroïdite du post-partum ;
  • A la naissance à cause d’une malformation de la glande ou un dysfonctionnement ;
  • Par une carence en iode (rare en France depuis que les sels de table sont supplémentés en iode) ;
  • Secondaire a une maladie de l’hypophyse ou de l’hypothalamus.

​​​​​​Quels sont les symptômes d’un dérèglement thyroïdien ?

Les symptômes d’un dérèglement thyroïdien sont multiples car les hormones thyroïdiennes ont un rôle dans de nombreuses fonctions : production d’énergie, de chaleur, utilisation des éléments issus de l’alimentation (sucres, graisses, protéines), fonctionnement des muscles, du cœur, du tube digestif, des cheveux, etc. Chez l’enfant, elles participent à la croissance et au développement du corps par leur action sur le système nerveux et le squelette. A l’âge adulte, elles contribuent au fonctionnement du système nerveux et à l’entretien des os.

C’est quoi l’hypothyroïdie ?

L’hypothyroïdie se caractérise par une production insuffisante d’hormones thyroïdiennes. Il s’agit du dysfonctionnement le plus fréquent. Les hypothyroïdies chez les nourrissons et les jeunes enfants peuvent être congénitales ou acquises. L’hypothyroïdie congénitale atteint environ 1/2000 à 1/3000 nouveau-nés, dans 10 à 20% des cas il s’agit d’une forme héréditaire. L’hypothyroïdie acquise est la plus fréquente. Elle est généralement due à une thyroïdite auto-immune (thyroïdite d’Hashimoto) et survient plus tard dans l’enfance et à l’adolescence. Environ 50% des enfants atteints ont des antécédents familiaux de maladie thyroïdienne auto-immune. Moins fréquemment, l’hypothyroïdie peut survenir après une radiothérapie de la tête et du cou pour certains cancers, ou d’une carence en iode. Chez l’adulte, environ 50 % des hypothyroïdies sont auto-immunes (dont la thyroïdite de Hashimoto), environ 40 % sont secondaires au traitement d’une hyperthyroïdie (iode radioactif, chirurgie, antithyroïdiens de synthèse), et environ 10 % ont pour causes la mauvaise observance de l’hormonothérapie thyroïdienne substitutive, une radiothérapie cervicale ou thoracique, ou les effets secondaires médicamenteux (lithium, amiodarone, interféron). L’hypothyroïdie d’origine centrale, liée à une maladie de l’hypophyse est rare.

Quelles sont les conséquences de l’hypothyroïdie ?

La plupart des nourrissons hypothyroïdiens sont au départ peu ou pas symptomatiques et ne sont détectés que lors du dépistage du nouveau-né. Les symptômes chez les nourrissons comprennent une prise alimentaire insuffisante et un retard de croissance. Chez l’enfant plus âgé et l’adolescent, les symptômes sont semblables à ceux des adultes, auxquels s’ajoutent le retard de croissance et/ou le retard pubertaire. En cas de carence en iode très précoce au cours de la grossesse, les nourrissons peuvent présenter un retard de croissance important, des traits du visage grossiers, un retard intellectuel et une spasticité. L’hypothyroïdie est responsable de dérèglements physiologiques et psychologiques. Les principaux symptômes sont ceux d’un ralentissement métabolique général : une fatigue plus ou moins intense (physique et intellectuelle), une pâleur et une sècheresse de la peau, une hypothermie (baisse de la température du corps), une frilosité, une raréfaction des poils, avec dépilation et perte des sourcils, des difficultés de concentration et une perte de mémoire. Il existe aussi à des degrés divers une constipation, un œdème et une prise de poids malgré une perte d’appétit, un rythme du cœur plus lent (bradycardie), une hypertension artérielle, une augmentation des taux de cholestérol, des crampes, douleurs et raideurs musculaires.

Le myxoedeme est une conséquence grave d’hypothyroïdie qui se caractérise par un œdème au niveau du visage (aspect bouffi) avec une peau jaune, sèche et froide, un épaississement de la langue, et un changement de la voix (rauque). Cette affection comporte un risque de complication grave (coma).

C’est quoi l’hyperthyroïdie ?

L’hyperthyroïdie se caractérise par une libération trop importante d’hormones thyroïdiennes dans la circulation sanguine. Il s’agit d’un dysfonctionnement plus rare. Les symptômes de l’hyperthyroïdie sont multiples. Ils varient selon les personnes : perte de poids souvent rapide (en quelques semaines) avec un appétit conservé, accélération du transit intestinal, nausées, thermophobie (la chaleur est mal supportée) avec une hypersudation et une soif importante. On retrouve aussi des palpitations cardiaques, des douleurs dans la poitrine, un pouls rapide et parfois irrégulier, un essoufflement, des troubles du sommeil, de la fatigue, des troubles de l’humeur, une irritabilité, et parfois une dépression. Il existe une diminution de la force musculaire, et parfois du volume musculaire (appelée amyotrophie), des tremblements fins au niveau des mains, une saillie anormale des yeux à l’extérieur des orbites (exophtalmie), associée à une rétraction des paupières donnant un regard fixe (surtout dans la maladie de Basedow). Chez la femme, les règles sont irrégulières, voire absentes. Les causes les plus fréquentes d’hyperthyroïdie sont la maladie de Basedow (3/4 des hyperthyroïdies), le goitre multinodulaire toxique et l’adénome toxique. On retrouve parfois l’administration excessive d’hormones thyroïdiennes, notamment dans le cadre du traitement d’un goitre.

Quelles sont les conséquences de l’hyperthyroïdie ?

En l’absence de traitement, l’hyperthyroïdie peut entraîner des troubles du rythme cardiaque (tachycardie) et augmenter le risque de crise cardiaque, d’ostéoporose chez la femme à la ménopause, et conduire à une crise thyréotoxique (intoxication aux hormones thyroïdiennes) qui peut entraîner des complications graves, comme l’insuffisance cardiaque ou un coma. D’autre part, l’hyperthyroïdie peut accroître le risque de fausse couche, de mort fœtale et de pré-éclampsie grave chez la femme enceinte.

Quand consulter en cas de dérèglement de la thyroïde ? 

« En cas de palpation d’une grosseur au niveau la gorge, ou bien d’une fatigue qui perdure, d’une modification du transit intestinal ou de l’appétit, d’un amaigrissement ou d’une prise de poids, d’une frilosité ou de difficultés à supporter la chaleur, voire même en cas de dépression ou d’irritabilité, il est recommandé d’en parler avec son médecin traitant, qui prescrira un bilan thyroïdien si besoin » indique le Dr Claire Lewandowski, spécialisée en médecine générale.

Comment détecter un dérèglement de la thyroïde ?

Pour le diagnostic et le suivi des pathologies thyroïdiennes ce sont les dosages de TSH (la thyréostimuline est une hormone produite par l’hypophyse et qui agit sur les T3 et T4) et des hormones thyroïdiennes T4 et/ou T3 au moyen d’une prise de sang :

  • Dans le cas d’une hyperthyroïdie, les hormones thyroïdiennes (T3 et T4) sont élevées et la TSH est très basse.
  • Dans le cas d’une hypothyroïdie, les hormones thyroïdiennes (T3 et T4) sont basses, la TSH est augmentée.

Quels traitements contre le dérèglement de la thyroïde ?

Le traitement dépend de la cause du dérèglement thyroïdien. Dans de nombreux cas il s’agit d’un traitement hormonal substitut (temporaire ou définitif) avec ou sans ablation de la thyroïde. Le dérèglement thyroïdien peut aussi nécessiter un traitement par iode radioactif ou une substitution en iode (dans les cas carences en particulier).


Source : JDF Santé

9 causes d'un fourmillement dans les mains (paresthésie)

9 causes d'un fourmillement dans les mains (paresthésie)

Les fourmillements sont l’expression d’une paresthésie : un trouble du toucher qui regroupe picotements, engourdissements et fourmillements au niveau d’un membre, généralement au niveau des mains, des doigts, parfois les jambes ou le visage. Quelles sont les causes possibles de fourmillements dans les membres ? Une maladie ? Une carence ? Une mauvaise position ? Un signe d’AVC ?

1. Un syndrome du canal carpien

En dehors des fourmillements sans gravité dus à un mauvais appui ou positionnement, la cause la plus fréquente est le syndrome du canal carpien : la compression du nerf médian au niveau du poignet entraîne ces sensations d’engourdissement et de fourmillements, notamment durant la nuit ou le matin au réveil. Ces troubles peuvent s’accompagner d’une faiblesse au niveau du poignet ou de la main. Ce syndrome apparaît le plus souvent suite à des gestes répétitifs, réalisés en milieu professionnel. « Le canal carpien n’est pas le seul à provoquer ces symptômes : une compression du canal ulnaire, au niveau du coude, peut lui aussi générer des fourmillements dans les mains« , souligne le Docteur Handschuh, médecin généraliste.

2. Un diabète

À savoir que les personnes diabétiques, à un stade relativement avancé de la maladie, sont elles aussi concernées par l’apparition de fourmillements : on parle de « neuropathie diabétique« , due aux taux élevés de sucre et de graisse dans le sang, qui altèrent les terminaisons nerveuses. « Toutefois les fourmillements apparaissent dans ce cas le plus souvent au niveau des jambes et des pieds, plus rarement au niveau des mains« , précise le médecin.

3. Une spasmophilie

Une crise de spasmophilie peut elle aussi provoquer des fourmillements au niveau des mains. D’autres symptômes caractéristiques apparaissent alors : état anxieux, spasmes musculaires, respiration accélérée…

4. Un signe précoce d’un AVC

Si ces fourmillements s’apparentent plutôt à une forme d’engourdissement, une faiblesse au niveau des mains, ils peuvent évoquer un signe avant-coureur d’un accident vasculaire cérébral (AVC), « notamment si la personne concernée fait partie des personnes dites à risque (problèmes vasculaires connus, hypertension, cholestérol, etc.) », ajoute le Docteur Handschuh.

5. Une maladie de Raynaud

La maladie de Raynaud est une affection chronique de la circulation sanguine qui touche les extrémités (doigts, orteils, nez et oreilles). Elle se manifeste par crises, au cours desquelles les doigts deviennent blancs et froids, puis bleus et enfin rouges et gonflés. Ces crises causent également un engourdissement de la main et des fourmillements. 

6. Une sclérose en plaques

La sclérose en plaques est une cause fréquente de paresthésie, en raison d’une inflammation de la moelle épinière. Les engourdissements peuvent toucher les mains mais aussi les jambes, et s’accompagner d’une baisse de l’acuité visuelle, d’incontinence, de fatigue et de troubles de l’équilibre. 

7. Une carence en vitamine B12

Une carence en vitamine B12, un trouble qui concerne en majorité les personnes alcooliques et les personnes âgées, peut elle aussi induire une souffrance nerveuse et donc des fourmillements dans les mains. Par ailleurs, ces fourmillements peuvent traduire une pathologie sous-jacente, telle que la sclérose en plaques (qui affecte le système nerveux central).

8. Une mauvaise posture au travail

Avoir une main engourdie de manière chronique peut être la conséquence de tâches répétitives ou d’une posture contraignante dans un cadre professionnel. Le travail sur ordinateur, la mauvaise prise en main de la souris, la tension au niveau de la tête et de la colonne vertébrale, l’utilisation d’outils émettant des vibrations sont autant de causes possibles de l’engourdissement d’une ou des deux mains.

9. Une mauvaise position en dormant

 Lorsqu’il est ressenti dès le réveil, l’engourdissement d’une main peut être dû à la position adoptée en dormant. Ces fourmillements ponctuels dans les membres sont sans gravité et s’atténuent spontanément.

Quand consulter et quel traitement ?

Si les fourmillements tendent à se répéter fréquemment, s’ils deviennent plus intenses et que la zone concernée s’élargit, il est recommandé de consulter un médecin qui, au besoin, vous réorientera vers un neurologue pour des examens plus poussés. Si les fourmillements apparaissent de façon soudaine et qu’ils s’accompagnent d’autres symptômes tels qu’un trouble du langage, une faiblesse d’un côté du corps, une perte d’équilibre et/ou un trouble de la vue, ils peuvent être le signe d’un accident ischémique transitoire (AIT) ou d’un AVC : il faut alors contacter les services d’urgence au plus vite. En cas de simple membre engourdi, la mise en mouvement de ce dernier suffit à faire disparaître les fourmillements. Si le syndrome du canal carpien est confirmé, une guérison spontanée peut parfois être observée, notamment en corrigeant les postures à risque. Dans le cas contraire, une chirurgie est envisagée.

Merci au Docteur Handschuh, médecin généraliste. 


Source : JDF Santé