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Pityriasis rosé de Gibert : c'est quoi, comment on l'attrape ?

Pityriasis rosé de Gibert : c'est quoi, comment on l'attrape ?

Le pityriasis rosé de Gibert est une affection de la peau qui se manifeste par une dermatose. La cause principale de cette pathologie bénigne est la contraction du virus de l’herpès. Ses symptômes sont principalement cutanés. Comment reconnaître un pityriasis ? Comment soigner le pityriasis rosé ? Quels risques en cas de grossesse ?

Définition : qu’est-ce que le pityriasis rosé de Gibert ?

Le pityriasis rosé de Gibert est une pathologie bénigne de la peau doit son nom au Dr Camille-Melchior Gibert, dermatologue français qui la décrit pour la première fois en 1860. Cette pathologie se manifeste par une dermatose-erythémo-squameuse d’évolution cyclique qui disparaît spontanément en quelques semaines.

Quelles sont les causes du pityriasis rosé de Gibert ?

Le pityriasis rosé de Gibert est vraisemblablement provoqué par un virus saisonnier de type herpès-virus (HHV6 ou HHV7) avec des pics d’épidémies le plus souvent au printemps et à l’automne. Comme pour tous les virus, les personnes fatiguées ou immunodéprimées y sont plus sensibles.

Qui est le plus concerné par le pityriasis ?

Il touche essentiellement les grands enfants, les adolescents et les jeunes adultes (10 à 30 ans) et le plus souvent des femmes. Il ne survient généralement qu’une seule fois au cours de la vie.

Image des éruptions cutanées du pityriasis
Image des éruptions cutanées du pityriasis © Blueringmedia – 123RF

Quels sont les symptômes du pityriasis ?

Dans un premier temps, une plaque en médaillon apparaît, au contour rose et inflammatoire et au centre beige, pouvant atteindre plusieurs centimètres de diamètre. Cette plaque est souvent localisée sur le thorax, l’intérieur des cuisses, les bras, le pubis ou l’abdomen, mais aussi sur les bras ou les mains. Quelques jours après son apparition, la dermatose évolue sous la forme d’une éruption de petites plaques diffuses qui peuvent continuer à apparaître par poussées pendant quelques semaines jusqu’à disparaître totalement. Dans la majorité des cas, cette dermatose a été précédée de très légers symptômes viraux (petite fièvre, maux de têtes, nausées, maux de gorge…) environ une semaine avant le début des éruptions.

Comment reconnaître un pityriasis ?

« La plupart du temps, il n’y a pas besoin d’examen complémentaires à l’examen clinique. La seconde poussée d’éruption permet généralement de confirmer le diagnostic« , explique le Dr Estelle Roux, dermatologue à Paris. Uniquement en cas de doutes lié à d’autres symptômes associés (fièvre, fatigue, courbatures …), il peut être utile de faire un dépistage de syphilis et de VIH, deux virus susceptibles de provoquer une dermatose semblable.

Comment soigner le pityriasis rosé ?

« En l’absence de démangeaisons, l’application d’une crème émolliente suffit en attendant la disparition spontanée des symptômes en 5 à 8 semaines » conseille le Dr Roux  « Des dermato-corticoïdes voire des antihistaminiques peuvent être prescrits si les plaques démangent« .

Pityriasis rosé de Gilbert et grossesse

Du fait de sa prévalence plus importante chez les femmes jeunes, le pityriasis rosé est susceptible de toucher les femmes pendant leur grossesse. Pas de panique, cette maladie bénigne ne nécessitant aucun traitement et disparaissant spontanément en quelques semaines ne présente aucun risque pour le bébé.

Merci au Dr Estelle Roux, dermatologue à Paris.


Source : JDF Santé

Thrombopénie : c'est quoi la chute des plaquettes du sang ?

Thrombopénie : c'est quoi la chute des plaquettes du sang ?

La thrombopénie désigne une diminution anormale de la quantité de plaquettes dans le sang. Elle peut être centrale, périphérique ou survenir pendant la grossesse. Les principaux symptômes de la thrombopénie sont des hémorragies. Le traitement de la thrombopénie dépend de sa cause et de la gravité du syndrome hémorragique. C’est quoi la thrombopénie ? Quel est le taux normal de plaquettes dans le sang ?  Est-ce grave ? Comment la soigner ?

Définition : c’est quoi la thrombopénie ?

Aussi appelée thrombocytopénie, la thrombopénie correspond à une diminution anormale du nombre de plaquettes dans le sang. Comme les globules rouges et blancs, les plaquettes sont des cellules sanguines fabriquées dans la moelle osseuse. « Leur rôle est de prévenir les saignements en jouant un rôle dans l’hémostase« , explique le Dr Lin-Pierre Zhao, hématologue. Il existe plusieurs types de thrombopénies :

► Elle peut être centrale lorsqu’elle est provoquée par une faible production de plaquettes par la moelle osseuse, « après une chimiothérapie par exemple ou en cas de maladie de la moelle osseuse ».

► Elle peut aussi être périphérique lorsque les plaquettes sont détruites dans le sang, pour cause auto-immune, ou induite par certains médicaments, une cirrhose, une splénomégalie (rate de taille augmentée). « Les causes de thrombopénies sont très variées et peuvent par conséquent toucher de nombreux individus aux profils très variés« , précise Lin-Pierre Zhao.

► La thrombopénie peut aussi survenir lors d’une grossesse. « Il s’agit alors d’une thrombopénie très modérée qui n’engendre aucune complication. Le mécanisme repose sur une dilution du nombre de plaquettes lors de la grossesse« .

Quel est le taux normal de plaquettes dans le sang ?

Le taux de plaquettes normal fluctue entre 150 000 et 450 000 par millimètre cube de sang. En dessous de 150 000, on parle de thrombopénie.

Quels sont les signes d’une thrombopénie ?

Les principaux symptômes de la thrombopénie sont des hémorragies, visibles sous forme de pétéchies ou purpura, soit des taches rouges ou violacées sur la peau. Des saignements anormaux au niveau du nez et de la bouche, des règles abondantes chez les femmes, et des hématomes peuvent également survenir.

Quelle est la cause d’une thrombopénie ?

Une thrombopénie centrale peut être le symptôme d’une maladie primitive médullaire comme les syndromes myélodysplasiques, ou peut être secondaires à d’autres causes parmi lesquelles on retrouve les carences en vitamine B9/B12, certaines infections virales, la toxicité de la chimiothérapie. Dans le cas d’une thrombopénie périphérique, le faible nombre de plaquettes est dû à une répartition anormale ou à leur destruction. « La thrombopénie peut être la cause d’une mauvaise répartition des plaquettes comme dans les cas de cirrhose, de splénomégalie ou d’une dilution comme lors de la grossesse. Ces thrombopénies sont en général très modérées et n’ont pas de répercussion clinique« , ajoute Lin-Pierre Zhao. La thrombopénie peut également être d’origine auto-immune, liée à une auto-destruction des plaquettes. La thrombopénie périphérique peut également être d’origine immuno-allergique : dans ce cas, elle est généralement provoquée par la prise d’un médicament, des molécules comme la quinine pouvant causer la destruction de plaquettes.

Comment savoir si on a une thrombopénie ?

La thrombopénie est définie si le nombre de plaquettes est inférieur à 150 g/L de sang. Le taux est déterminé au moyen d’un hémogramme (analyse du sang). Un interrogatoire et un examen clinique sont également pratiqués. En l’absence de signes cliniques, le médecin doit éliminer une fausse thrombopénie en analysant le frottis sanguin et en vérifiant qu’il ne présente pas d’amas. Un myélogramme (analyse de la moelle osseuse) peut être demandé pour déterminer l’origine de la thrombopénie. En cas de thrombopénie, il vous faut consulter votre médecin généraliste, car « tout médecin est capable d’interpréter un hémogramme« .

Le risque majeur de la thrombopénie est la survenue d’hémorragies

Traitements : comment soigner une thrombopénie ?

Le traitement de la thrombopénie dépend de sa cause et de la gravité du syndrome hémorragique. Dans certains cas, la prise en charge peut se limiter à une surveillance clinique et biologique. « Si l’enquête diagnostique sur la cause de la thrombopénie est nécessaire dès lors que les plaquettes sont inférieures à 100 000, le traitement de la thrombopénie n’est nécessaire que si le taux de plaquettes est d’avantage abaissé. Dans ce cas, le traitement est le traitement de la cause de la thrombopénie, et une transfusion plaquettaire peut s’avérer nécessaire dans des circonstances bien précises« , conclut Lin-Pierre Zhao.

Est-ce que la thrombopénie est grave ?

Le risque majeur de la thrombopénie est la survenue d’hémorragies, qui habituellement ne surviennent que pour des taux de plaquette très bas, inférieurs à 50 000.

Merci au Dr Lin-Pierre Zhao, hématologue à l’AP-HP et membre de l’Association des Internes en Hématologie.


Source : JDF Santé

Lipome : enlever cette boule de graisse ou pas ?

Lipome : enlever cette boule de graisse ou pas ?

Un lipome est une boule de graisse qui se développe sous la peau au niveau des bras, du cou, du torse ou des seins dans la majorité des cas. La cause d’un lipome est le plus souvent inconnue. Il s’agit généralement d’une tumeur bénigne mais dans certains cas, il peut évoluer en tumeur cancéreuse. C’est quoi un lipome ? Est-ce douloureux ? Quand le retirer ? 

Définition : c’est quoi un lipome ?

Les lipomes sont des boules de graisse de 5 à 7 cm de diamètre qui se forment sous l’épiderme par l’agglomération de globules graisseux. Cela arrive quand certaines cellules du tissu adipeux prolifèrent tellement qu’elles finissent par constituer une nodosité, appelée lipome. « Il s’agit donc d’une tumeur, bénigne dans la très grande majorité des cas« , explique le Dr Marie Estelle Roux, dermatologue. On n’en connaît pas vraiment l’origine, ils apparaissent sur différentes parties du corps, notamment sur les bras, le cou, le torse ou le sein. Il existe trois principaux types de lipomes :

  • le lipome circonscrit (apparaissant sous la peau ou dans un muscle),
  • le lipome diffus (beaucoup plus rare, s’apparentant à une tumeur bénigne), 
  • l’adéno-lipomatose (qui désigne un lipome associé à une adénopathie sous-jacente, localisée dans un ganglion lymphatique).

Ces tumeurs affectent principalement les adultes entre 40 et 60 ans. On parle parfois à tort de « kyste graisseux » pour désigner le lipome. Or « le terme « Kyste graisseux » n’est pas un terme médical, quand c’est graisseux, on ne parle donc pas de kyste, mais d’un lipome « , explique la dermatologue.

Comment reconnaître un lipome ?

Schéma des signes d'un lipome
Schéma des signes d’un lipome © Serdar çorbacı – 123RF

Le lipome est souvent localisé au niveau de la ceinture scapulaire (les deux omoplates et les deux clavicules) et des bras, mais il peut aussi se situer au niveau des seins, du visage ou des jambes. Le lipome n’entraîne pas de symptômes. Ils peuvent rester un moment avant qu’on détecte leur existence, sauf s’ils se trouvent dans un endroit inesthétique. Ils se diagnostiquent donc par palpation.

Est-ce que le lipome est douloureux ?

Ils peuvent parfois provoquer une douleur s’ils se développent à proximité d’un nerf, ou si, dans de très rares cas, la tumeur devient cancéreuse.

Quelles sont les causes d’un lipome ?

« Leur origine est souvent inexpliquée« , explique le Dr Marie Estelle Roux, il peut y avoir des prédispositions génétiques, ou ils peuvent apparaître à la suite d’un choc, par exemple au front quand un patient s’est cogné« . S’ils sont souvent béguins, ils peuvent inquiéter certains patients qui les confondent avec une tumeur maligne.

Comment différencier un lipome d’une tumeur cancéreuse ?

Les lipomes n’entraînent en général aucune complication, ils sont dans la très grande majorité des cas bénins. « Si le médecin à un doute, un examen clinique pourra dire s’il s’agit d’une tumeur bénigne ou cancéreuse« , précise le Dr Marie Estelle Roux. « C’est la consistance et la mobilité du lipome qui indiquent sa nature. Si le lipome change d’aspect, grossit, devient dur ou douloureux, il peut être cancéreux et il faut donc consulter, mais c’est une situation très rare« .

Comment retirer un lipome ?

Il est possible de retirer les lipomes par liposuccion (aspiration de la graisse) ou par ablation chirurgicale. La résection du lipome est indiquée seulement lorsque sa situation est gênante pour l’individu : à savoir « lorsqu’il entraîne une douleur, une gêne fonctionnelle ou esthétique, mais aussi lorsque le médecin à un doute sur la nature bénigne« , détaille Marie Estelle Roux. Alors, comment choisir entre liposuccion et chirurgie ? « C’est au cas par cas« , explique la dermatologue. « La liposuccion permet une opération rapide et sans cicatrice. » Elle est donc recommandée pour les petits lipomes. Quant à la chirurgie, « elle seule garantie qu’il n’y aura pas de récidive, car il n’y a qu’en opérant qu’on peut être totalement sûr de retirer toute la tumeur. Mais elle engendre une cicatrice aussi large que la taille du lipome« .

L’opération du lipome est-elle remboursée ?

Quant au remboursement de l’opération, cela dépend de sa raison d’être. Si c’est uniquement esthétique, elle n’est pas prise en charge. En revanche, si c’est une nécessité médicale, la Sécurité sociale rembourse une partie de son coût, et la mutuelle complète le remboursement en fonction du taux souscrit.

Merci au Dr Marie Estelle Roux, dermatologue.


Source : JDF Santé

Grains de Fordyce : faut-il un traitement ?

Grains de Fordyce : faut-il un traitement ?

Les grains de Fordyce sont des petits boutons clairs généralement localisés sur la bouche ou les organes génitaux (petites lèvres chez la femme, pénis chez l’homme). Indolores, ils apparaissent le plus souvent à la puberté et peuvent persister longtemps. Les grains de Fordyce sont bénins mais si ils sont associés à d’autres symptômes, il faudra consulter un médecin. C’est quoi les grains de Fordyce ? Est-ce contagieux ? Quels sont les risques ?

Définition : c’est quoi les grains de Fordyce ?

Les grains de Fordyce sont des glandes sébacées bénignes, qui ressemblent à des petits boutons de couleur blanc-jaune pâle et qui mesurent 1 à 2 millimètres. Non douloureux, ils se retrouvent au niveau des lèvres et de la bouche, mais aussi sur les organes génitaux. De plus « ces points jaunes sont le plus souvent isolés, parfois confluents, visibles mais non palpables (c’est-à-dire sans aucune épaisseur)«  indique le Dr Jean-Noël Dauendorffer, dermatologue. 

Les grains de Fordyce chez l’homme

Chez l’homme, les grains de Fordyce se retrouve au niveau des organes génitaux, sur le pénis mais pas sur le scrotum ni sur les testicules.

« Les grains de Fordyce ne nécessitent aucun traitement »

Les grains de Fordyce chez la femme

« Chez la femme, ils se retrouvent le plus souvent sur les petites lèvres et sont rares sur les grandes lèvres. La découverte est fortuite lorsque la femme se regarde avec un miroir ou lorsqu’elle est examinée par un médecin » complète le Dr Dauendorffer.

Quelles sont les causes des grains de Fordyce ?

Les grains de Fordyce ne reflètent d’aucune pathologie. Ces petits boutons apparaissent en général au moment de la puberté et peuvent persister le plus souvent toute la vie, tout en diminuant peu à peu de taille et d’intensité. Leur origine est liée à une augmentation de la taille et du nombre des glandes lubrifiantes, qui permettent d’éviter un dessèchement de la peau.

Les grains de Fordyce sont-ils contagieux ?

Image de grains de Fordyce sur la bouche
Image de grains de Fordyce sur la bouche © toltemara-123RF

Malgré leur présence sur les organes génitaux, les grains de Fordyce ne s’apparentent pas à une infection sexuellement transmissible et ne sont pas contagieux.

Quelles sont les complications des grains de Fordyce ?

Les grains de Fordyce ne peuvent pas s’infecter ou provoquer de maladies secondaires. « Ce n’est qu’une variation physiologique et pas une maladie« , précise le Dr Jean-Noël Dauendorffer. Bien que non contagieux et non douloureux, les grains de Fordyce ne sont toutefois pas très esthétiques, et surtout, peuvent provoquer de véritables angoisses lorsqu’ils apparaissent à la puberté sur les organes génitaux. D’ailleurs, leur présence sur le pénis (d’autant plus visibles lorsque le sexe est en érection) peut conduire à des blocages sexuels, voire à une dépression, mais également perturber leurs partenaires. D’où l’intérêt de rassurer le patient sur la non dangerosité de ces boutons.

Quand consulter pour des grains de Fordyce ?

Puisque non douloureux, il faut consulter son médecin « en cas de prurit ou de douleur vulvaire pour trouver une autre cause que les grains de Fordyce », assure le Dr Jean-Noël Dauendorffer. En effet, cette consultation permettra de « s’assurer que les lésions observées ne sont que des grains de Fordyce, et pas une infection sexuellement transmissible (IST) comme des condylomes« .

Comment faire disparaître les grains de Fordyce ?

Les grains de Fordyce, considérés comme bénins, ne nécessitent aucun traitement. Vouloir essayer de s’en débarrasser est inutile car impossible. Il est important de pas s’acharner sur cette particularité et les accepter comme on accepte des taches de rousseurs.

Merci au Dr Jean-Noël Dauendorffer, dermatologue et Secrétaire du groupe Maladies ano-génitales (MAG) de la Société Française de Dermatologie (SFD).


Source : JDF Santé

Pneumopathie : symptômes, quelles sont les causes ?

Pneumopathie : symptômes, quelles sont les causes ?

Une pneumopathie correspond à une pathologie des poumons pouvant concerner une ou plusieurs parties et apparaître de manière progressive ou brutale. Les pneumopathies d’origine infectieuse sont les plus fréquentes. « En France, les pneumocoques sont la première cause de pneumopathie bactérienne communautaire et de méningite bactérienne chez l’adulte » indique Santé Publique France. Quels sont les symptômes ? Est-ce qu’une pneumopathie se soigne ? Quelle est la durée de guérison d’une pneumopathie ?

Définition : c’est quoi une pneumopathie ?

Une pneumopathie correspond à une pathologie des poumons pouvant concerner une ou plusieurs parties de l’organe et apparaître de manière progressive ou brutale. Les pneumopathies peuvent être d’origine infectieuse ou non. Les pneumopathies d’origine infectieuse sont les plus fréquentes. Elles témoignent d’une infection au niveau des poumons. Les autres types de pneumopathie non infectieuses sont les pneumopathies interstitielles désormais appelées pneumopathies infiltratives diffuses.

Il faut compter environ deux semaines pour soigner une pneumopathie

Quelles sont les causes d’une pneumopathie ?

Les causes de la pneumopathie infectieuse sont la contamination du poumon par voie aérienne généralement provoquée par une bactérie, un parasite ou un virus. Les pneumopathies interstitielles, qui affectent le tissu pulmonaire, regroupent plus d’une centaine de pathologies pulmonaires et peuvent être liées à une pathologie cardiaque, allergique, cancéreuse, médicamenteuses, auto-immunes ou provoquées par l’inhalation de particules  d’amiante ou de silice. Certaines sont maintenant appelées pneumopathie infiltration diffuse, ce diagnostic nécessite des avis d’experts.

► Les pneumopathies infectieuses sont principalement d’origine bactérienne. Une des bactéries le plus souvent en cause est le pneumocoque, responsable de la classique pneumopathie franche lobaire aigue,. D’autres germes dits atypiques peuvent également être incriminés comme par exemple l’haemophilus influenzae ou la légionella pneumophilia. La coqueluche peut également donner des pneumopathies très invalidantes.

► Elles peuvent être également d’origine virale, le virus de la grippe, de la varicelle et de la rougeole sont alors le plus souvent impliqués. Plus rarement, une pneumopathie peut être provoquée par des champignons (pneumocytose) ou des parasites (microsporidioses). Ce type d’affections concerne principalement les personnes immunodéprimées. Le cas le plus classique de pneumopathie infectieuse est la pneumonie franche lobaire aiguë .

► La pneumopathie interstitielle désigne toutes les maladies touchant le tissu pulmonaire interstitiel, ce qui correspond au tissu de soutien des poumons. Les pneumopathies interstitielles correspondent à plusieurs types d’affections du tissu pulmonaire, qui peuvent, dans les cas les plus graves, évoluer en insuffisance respiratoire ou en fibrose pulmonaire (atteinte de la structure alvéolaire). Ce type de pneumopathie a différentes causes : infectieuse (bactéries, virus, parasites), cancéreuse, pneumoconiose (inhalation de fumées ou substances toxiques), médicamenteuse, etc. Dans de nombreux cas, les causes sont indéterminées. D’autres maladies d’évolution chronique comme la sarcoïdose sont possibles. Ces pneumopathies sont le plus souvent chroniques et d’évolution très variables. Les principaux symptômes sont une respiration difficile et de la toux au départ uniquement lors de l’activité, puis pour des efforts de moins en moins importants.

► La pneumopathie d’inhalation est une inflammation des poumons engendrée par un reflux gastrique anormal dans le système pulmonaire ou par le passage d’aliments dans les voies respiratoires lors d’une fausse route. La pneumopathie d’inhalation touche essentiellement les personnes âgées en mauvaise santé et les personnes dans le coma. Plus rarement, elle peut être un effet indésirable d’une anesthésie. Les principaux symptômes de pneumopathie d’inhalation sont une dyspnée (difficulté respiratoire), de la fièvre et une toux avec crachats. La pneumopathie d’inhalation peut être mortelle. Le traitement consiste généralement à mettre le patient sous oxygène et à lui donner des antibiotiques

► Une pneumopathie ou pneumonie communautaire est une infection pulmonaire  survenant en milieu extra-hospitalier. L’agent infectieux est généralement une bactérie du genre pneumocoque, mais d’autres bactéries, voire des virus, peuvent déclencher une pneumopathie communautaire. Parfois, l’agent infectieux véhiculé par le système d’aération ou de climatisation, c’est le cas des légionelloses). Selon les cas, la pneumopathie peut être parfaitement bénigne, mais aussi plus grave. Les symptômes les plus courants sont de la fièvre, une gêne respiratoire et une toux avec crachats. Le traitement dépend de la cause de la pneumopathie communautaire. 

Quels sont les symptômes d’une pneumopathie ?

« Les signes cliniques peuvent être un malaise général, une fièvre, une toux grasse, parfois des douleurs thoracique et une gène respiratoire. Mais aucun signe n’est vraiment spécifique pour le patient. Les critères qui doivent inquiéter le médecin sont une  polypnée (fréquence respiratoire élevée) et une fréquence cardiaque supérieure à 120 par minute » explique le Dr Marie-Pascale Schuller, pneumologue. Selon la nature de la pneumopathie, les symptômes de cette maladie peuvent être variables :

► On parle de pneumopathie atypique lorsque les symptômes ne sont pas aussi brutaux et caractéristiques que lors d’une pneumonie franche lobaire aiguë. La pneumonie atypique est d’ailleurs souvent difficile à diagnostiquer car les symptômes en présence (ex. : convulsions, céphalées, vomissements, douleurs abdominales) peuvent faire penser à une autre pathologie comme une crise d’appendicite. Ce genre de pneumopathie est souvent due à une bactérie. Le traitement est alors à base d’antibiotiques. 

► Une pneumopathie hypoxémiante est une pathologie pulmonaire détériorant les alvéoles pulmonaires et les capillaires sanguins, ce qui provoque une hypoxémie. L’hypoxémie est caractérisée par une quantité insuffisante d’oxygène dans la circulation sanguine. De nombreuses pneumopathies différentes peuvent provoquer une hypoxémie, comme une pneumonie infectieuse ou une pneumopathie d’inhalation. Les principaux symptômes d’une pneumopathie hypoxémiante sont de la fièvre, une grande difficulté à respirer, de la tachycardie (rythme cardiaque trop rapide) et de la toux. L’hypoxémie peut dégénérer en syndrome de détresse respiratoire aiguë, assez grave. Il faut donc la surveiller scrupuleusement.  

► La pneumonie varicelleuse est une grave complication de la varicelle, touchant essentiellement les adultes immunodéprimés (au système immunitaire affaibli) ou les femmes enceintes non immunisées contractant la varicelle au cours de leur grossesse. Les symptômes de la pneumonie varicelleuse se déclenchent normalement quelques jours après l’apparition des éruptions cutanées si caractéristiques de la varicelle. Ces symptômes sont une douleur thoracique, un essoufflement et une toux d’abord sèche puis grasse avec expectoration de crachats sanglants. Traitée très tôt avec des antiviraux spécifiques, la pneumonie varicelleuse peut être guérie. Mal ou non traitée, elle peut être potentiellement dangereuse. 

Comment diagnostiquer une pneumopathie ?

« Tout d’abord, le médecin va entendre un foyer de crépitants lors de l’auscultation » explique le Dr Schuller. Le diagnostic sera ensuite confirmé par différents examens :

  • un examen clinique du patient,
  • un bilan radiologique (radiographie thoracique, tomographie par ordinateur, tomodensitométrie, etc.),
  • en cas d’hospitalisation, d’autres examens peuvent être réalisés, en particulier s’il existe des critères de gravité : hémoculture, sérologie, fibroscopie pulmonaire avec prélèvements bactériologiques.

Quelle est la durée de guérison d’une pneumopathie ?

Il faut compter environ deux semaines pour soigner une pneumopathie, avec un temps de convalescence plus ou moins long (un mois en général). 

Quels sont les traitements pour soigner une pneumopathie ?

► Pour les pneumopathies d’origine bactérienne une antibiothérapie est le traitement le plus adapté. « Le médecin prescrit une antibiothérapie dite « probabiliste » en première intention, en cas de non amélioration dans les 48h, une seconde consultation doit être faite pour adapter la prise en charge »,  précise le Dr Schuller.

► En cas de pneumopathie franche lobaire aiguë, de l’amoxicilline par voie orale, ou voie intra-veineuse sera prescrite.

► En cas de pneumopathie atypique, des macrolides par voie orale ou par voie intra-veineuse.

Quand hospitaliser une pneumopathie ?

Chez les personnes âgées ou présentant des signes indiquant une atteinte grave : une hospitalisation, un diagnostic bactériologique, et une antibiothérapie adaptée et par voie intraveineuse sont indiqués.

Comment éviter les récidives de pneumopathie ?

« Si l’évolution clinique est favorable une radiographie de contrôle doit être réalisée dans les 6 semaines après la première radio. Après cet épisode, une vaccination antipneumococcique est préconisée. Cette vaccination peut d’ailleurs être demandée par les patients présentant des facteurs de fragilité (bronchite chronique, asthme, diabète, obésité, problème cardiaque, traitements immunosuppresseurs pour cancer ou maladie chronique traitée par biothérapie…) 

Merci au Dr Marie-Pascale Schuller, pneumologue en Île-de-France


Source : JDF Santé