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NASH : symptôme, c'est quoi la maladie du foie "gras" ?

NASH : symptôme, c'est quoi la maladie du foie "gras" ?

On entend de plus en plus parler de la maladie du « foie gras » encore appelée « NASH » ou « maladie du soda« . Et ce n’est pas une bonne nouvelle. Cette maladie est caractérisée par une accumulation de graisse dans les cellules du foie, associée à une inflammation de cet organe. Elle peut évoluer en cirrhose voire en cancer. Manque d’exercice, sédentarité, alimentation riche en sucres favoriserait l’apparition de la NASH. Comment la déceler ? Quels sont les symptômes de la maladie NASH ? Quels sont les facteurs de risque ? Que penser des produits light ? Comment la soigner ? Interview du Pr Patrick Marcellin, hépatologue à l’hôpital Beaujon et Président de l’APHC (Association pour l’amélioration de la prise en charge des patients atteints de maladies chroniques du foie).

Définition : c’est quoi la maladie du foie NASH ?

NASH est l’acronyme de Non-Alcoholic SteatoHepatitis en anglais ce qui signifie en français « stéato-hépatite non alcoolique« . Qu’est-ce que c’est ? Le foie est un organe de stockage qui transforme les sucres absorbés en graisses : des graisses nécessaires pour avoir de l’énergie et faire fonctionner son cerveau. Quand il y a une accumulation anormale de graisses dans les cellules du foie (appelées hépatocytes), on parle de stéatose. « Cette stéatose peut devenir pathologique lorsqu’elle est excessive et évolutive, c’est-à-dire quand il y a une surcharge en graisse, qu’il y a des complications hépatiques et qu’elle est associée à une inflammation du foie : c’est là que l’on parle de NASH« , explique l’hépatologue. Longtemps localisée aux États-Unis et par conséquent méconnue et sous-estimée en France, la stéatose est de plus en plus fréquente dans notre pays et concernerait presque 1 Français sur 4. Plusieurs études ont montré que les nombres de cirrhoses, de cancers et de transplantations du foie étaient en nette augmentation au cours des dernières années, « ce qui est évidemment lié au nombre de NASH en hausse« , précise le spécialiste.

Stades des maladies du foie schéma
Stades des maladies du foie : d’un foie sain à la cirrhose © masia8 – 123RF

Quels sont les symptômes d’une NASH ?

« Il n’y a pas de symptômes spécifiques liés à une stéatose excessive. Certaines personnes souffrent donc de la maladie de NASH sans présenter aucun signes alarmants ou manifestations physiques particulières« , tient à préciser le Pr Marcellin. Toute la difficulté est donc de pouvoir détecter une NASH. Statistiquement, cette maladie concerne surtout les hommes de plus de 50 ans, mais aussi les femmes après la ménopause. Mais depuis quelques années, la NASH s’observe également chez des patients de plus en plus jeunes qui ont :

  • une surcharge pondérale,
  • un régime alimentaire « à l’américaine » (soda, beaucoup de glucides…) ou peu équilibré
  • ou qui présentent certains facteurs de risques comme du cholestérol, des triglycérides

Quels sont les facteurs de risques de la NASH ?

Cette maladie peut concerner tout le monde, même s’il existe des facteurs de risques associés. « Une personne ayant une surcharge pondérale – même légère – du diabète, du cholestérol, des triglycérides, ou de l’hypertension artérielle, a plus de risques de développer une NASH et doit donc être particulièrement vigilante« , alerte l’hépatologue. Pour le moment, on ne connaît pas très bien les mécanismes responsables de l’inflammation ou de la fibrose, toutefois, la NASH pourrait être liée à un facteur génétique : « Certains patients auraient ainsi tendance à stocker plus facilement de la graisse dans leur foie et développeraient plus facilement une NASH« , explique le Pr Marcellin. La recherche doit le confirmer.

Quelles sont les causes de la NASH ?

Il est difficile de déterminer les causes précises d’une NASH. Toutefois, il semblerait que le manque d’exercice, la sédentarité, ou une alimentation riche en sucres favoriserait l’apparition de cette pathologie. En cause : « notre mode de vie alimentaire actuel (consommation de malbouffe, de fast-food, de produits industriels, de déjeuners sur-le-pouce… ainsi qu’une position assise et une sédentarité au travail) fait qu’on absorbe plus, voire trop, de sucres qui peuvent s’accumuler dans le foie« , argumente l’expert. Et il faut savoir que le sucre est lié à un phénomène d’addiction, d’autant plus avec l’effervescence des produits light ou « zéro » qui, comme ils contiennent des faux sucres et des édulcorants, n’alertent pas les centres de satiété du cerveau comme le ferait le « vrai sucre », stimulent l’appétit et nous incitent à consommer encore plus de sucre. Et comme « plus on avale de sucres, plus on a envie d’en consommer« , les stéatoses sont de plus en plus fréquentes. De plus, nombre d’aliments que nous consommons quotidiennement, ne semblent a priori pas sucrés, mais en contiennent énormément. Il s’agit des produits industriels, des jus de fruits, des sauces, des pains de mie, des produits diététiques ou encore des poêlées de légumes préparées….

Diagnostic : quels examens pour déceler la NASH ? Une échographie ?

Pour faire un diagnostic de NASH, il faut faire un diagnostic de stéatose. Puisqu’il n’existe encore pas de marqueurs spécifiques, les personnes ayant des facteurs de risques (une glycémie un peu trop élevée avec ou sans diabète, un taux élevé de graisse dans le sang (hyperlipidémie), une surcharge pondérale légère ou modérée, une hypertension artérielle…) doivent faire :

► Dans un premier temps un bilan sanguin avec un examen du foie, ce qui permettra de déceler un taux de transaminases potentiellement anormal. En somme, « si les transaminases sont élevées, c’est le signal d’alarme d’un foie en souffrance : il faut donc le surveiller car il peut y avoir une potentielle stéatose ou une NASH« , résume l’expert. Généralement, pour une stéatose pure, les transaminases sont modérément élevées dans le sang, mais pour une NASH, les transaminases sont extrêmement élevées.

► Dans un second temps, il va falloir éliminer certaines causes puisqu’un taux élevé en transaminases peut être lié à la présence de virus dans l’organisme (on rappelle qu’une hépatite B ou hépatite C fait élever le taux de transaminases), à des maladies rares (hépatite médicamenteuse, hépatite auto-immune) ou à une surconsommation d’alcool. On parlera alors d’hépatite alcoolique.

► Dans un troisième temps, l’hépatologue va déterminer s’il s’agit d’une stéatose bénigne ou s’il s’agit d’une stéatose évolutive avec une inflammation, donc une NASH. Pour cela, on effectue une échographie qui va évaluer la quantité de graisse dans le foie, ou une élastométrie (réalisée au moyen d’un FibroScan®) qui va permettre de mesurer la quantité de graisse dans le foie, mais également de quantifier la fibrose dans le foie. « Cet examen permet donc, d’une part, de distinguer une stéatose bénigne d’une stéatose évolutive associée à une fibrose, puis d’autre part, de déterminer le stade de la fibrose« , précise l’expert.

Manger moins gras, moins sucré, faire plus d’activité physique, marcher plus combat la NASH

Traitement et alimentation : comment soigner la NASH ?

Prise à temps, au stade précirrhotique, la maladie est réversible : une alimentation équilibrée et suffisamment d’exercice physique permettent de stopper le processus. De plus, des médicaments sont en train d’être testés, mais ces derniers n’ont encore pas prouvé leur efficacité : « leurs résultats sont prometteurs, mais leurs effets secondaires restent indéterminés« , précise l’hépatologue. « Donc pour l’instant, il n’y a pas de traitement spécifique pour soigner une NASH« , en dehors de la greffe du foie, confirme le spécialiste, avant d’ajouter que « seul le fait de modifier son hygiène de vie (manger moins gras, moins sucré, faire plus d’activité physique, marcher plus) permet de faire fondre la graisse du foie et ainsi d’améliorer les facteurs de risques« . Toutefois, la recherche avance, avec plusieurs pistes thérapeutiques à l’étude :

  • Le CD44, une molécule présente à la surface des cellules immunitaires, qui participe à l’inflammation hépatique
  • Les cellules de Kupffer, des macrophages embryonnaires bons pour notre foie
  • Le microbiote

Il est conseillé d’avoir une prise en charge pluridisciplinaire et de solliciter l’aide d’un nutritionniste ou d’un diététicien, en plus de l’hépatologue et de son médecin généraliste. Souvent, une perte de poids s’accompagne d’une baisse des transaminases, donc d’une diminution de la stéatose.

La NASH est-elle réversible ?

« La stéatose est réversible : en l’absence de médicaments, une bonne hygiène de vie et une alimentation plus équilibrée permettent de réduire les risques de complications« , conclut le spécialiste.

Merci au Pr Patrick Marcellin, hépatologue à l’hôpital Beaujon et Président de l’APHC (Association pour l’amélioration de la prise en charge des patients atteints de maladies chroniques du foie) 


Source : JDF Santé

Groupe sanguin Rh null (sang en or) : le plus rare du monde ?

Groupe sanguin Rh null (sang en or) : le plus rare du monde ?

Qu’est-ce que le groupe sanguin Rh null ?

Avant d’évoquer le groupe Rhésus null, il nous faut comprendre ce qu’est un groupe sanguin. « Chez l’être humain, nous connaissons actuellement 44 groupes sanguins, nommés aussi familles ou systèmes de groupes sanguins, dont le plus connu est le système ABO« , explique Thierry Peyrard, biologiste médical et directeur du Département national de référence en immuno-hématologie et sang rare à l’Etablissement français du sang. Un autre système majeur est le système RH ou Rhésus. Au sein de ces différentes familles de groupes sanguins, on retrouve ce que l’on appelle des antigènes, molécules présentes ou absentes à la surface des globules. Pour mémoire, un antigène est une substance capable d’engendrer des anticorps en situation d’incompatibilité. « Dans le système Rhésus, nous dénombrons 56 antigènes différents, positifs ou négatifs, selon les individus. Lorsqu’une personne est Rhésus négatif, il manque un antigène dont le nom est  D. Environ 15 % de la population en Europe est Rhésus négatif, autrement dit D négatif, ce qui n’est donc pas rare du tout », tient à rappeler Thierry Peyrard. En revanche, lorsqu’une personne est Rhésus null, « tous les antigènes du système Rhésus sont absents au niveau de la surface des globules rouges. Ce groupe sanguin est extrêmement rare, car nous comptons quelques dizaines d’individus Rhésus null dans le monde, pour une dizaine de donneurs de sang plus ou moins actifs au niveau mondial. En France, en 18 ans de carrière, nous avons trouvé 3 groupes Rhésus null, dont un en Belgique, confesse le biologiste. Et ces personnes faisaient partie du circuit patient : nous n’avons donc jamais trouvé de nouveaux donneurs Rhésus null ». « On appelle le groupe sanguin Rhésus null « le sang en or », car il s’agit du sang universel pour tous les groupes sanguins rares du système Rhésus. Il existe en effet de nombreux autres groupes sanguins rares affiliés à la famille Rhésus, beaucoup moins rares que le Rhésus null. A titre d’exemple, le groupe RH:-18 est rare et on le retrouve principalement dans les populations originaires d’Afrique Sub-saharienne, mais nous n’avons que très peu de donneurs. Ce groupe rare est aussi retrouvé chez certains patients souffrant de drépanocytose. Ces patients doivent, s’ils sont immunisés avec un anticorps anti-RH18, obligatoirement être transfusés avec le même sang rare que le leur, ou avec du sang Rh null dans la mesure où ce dernier peut être considéré comme universel », détaille le biologiste.

Quelles sont les conséquences chez une personne porteuse de ce groupe sanguin ?

Le groupe sanguin Rhésus null est facilement dépistable dans un bilan de routine ou lors d’une grossesse. « Pour les autres groupes sanguins rares, plus de 190 sont connus chez l’Homme, nous ne les recherchons pas systématiquement mais si l’anticorps correspondant au groupe rare est présent, les bilans de routine avant une hospitalisation ou lors d’un suivi de grossesse sont une manière indirecte de les mettre facilement en évidence. Chez une personne Rhésus null, il n’existe aucun risque à la première transfusion sanguine (en l’absence de grossesse préalable), car le système immunitaire n’a pas encore été stimulé. Il faut laisser le temps aux cellules du système immunitaire de s’activer. Le risque commence à apparaître à la seconde transfusion ou lors de la deuxième grossesse). Si l’individu s’est immunisé, c’est-à-dire que l’organisme à fabriquer l’anticorps correspondant à son groupe sanguin rare, alors il est impératif de donner du sang compatible. C’est à ce moment que nous faisons appel à la Banque de sang rare, indique le directeur du Département national de référence en immuno-hématologie et sang rare. Et de poursuivre : « avant toute transfusion, nous réalisons une RAI (Recherche d’Anticorps Irréguliers). Cela nous permet de savoir si le patient présente des anticorps dirigés contre les globules rouges de donneurs de sang qui serviraient à le transfuser ». Exceptionnellement, un groupe sanguin rare peut être associé à une pathologie, mais pas le groupe Rh null. Les personnes de ce groupe ne sont pas malades, bien qu’elles présentent une fragilité au niveau des globules rouges par rapport à la population générale. En effet, les protéines Rhésus ont un rôle dans la stabilisation de la membrane du globule rouge. En moyenne, un globule rouge a une durée de vie de 120 jours. Chez un sujet du groupe Rh null, elle est plus courte. Toutefois, leur moelle osseuse parvient à compenser ce léger déficit. Par conséquent, leur taux d’hémoglobine est un peu plus faible que la moyenne mais sans être pathologique.

Est-ce le groupe sanguin le plus rare du monde ? 

Selon Thierry Peyrard, le « sang en or » est très rare, mais ce n’est pas forcément le plus rare du monde. Concernant le groupe Rhésus null, nous comptons environ 1 cas sur 10 millions d’individus. Néanmoins, l’Établissement Français du Sang connaît des patients ou des familles de patients ayant d’autres types de groupe sanguin parfois uniques au monde, retrouvés chez un seul individu ou uniquement dans une fratrie.

Est-il compatible avec tous les autres groupes sanguins ? 

Ce qui rend ce sang particulièrement attractif est le fait qu’il soit considéré comme universel. Le groupe Rhésus null est compatible avec tous les groupes sanguins Rhésus rares. Le « sang en or » est donc très précieux : en pratique, il peut répondre à de nombreux problèmes transfusionnels rencontrés en particulier chez les patients souffrant de drépanocytose ayant un groupe sanguin rare du système Rhésus. « Un seul donneur Rhésus null actif est répertorié dans les bases de données en France, même s’il habite en Suisse. Ce donneur vient donner son sang à la frontière, puis les poches sont transférées à Paris pour être congelées à la Banque nationale de sang rare. Pour préserver l’intégralité des globules rouges, la congélation se fait à – 80 °C et est réservée au sang rare en raison du coût important d’une telle conservation au long cours« , précise Thierry Peyrard.

La France sait gérer ses stocks de sang rare de manière autonome

Quelle est la prise en charge d’un porteur de groupe sanguin Rh null ?

Le sang Rhésus null est réservé aux personnes du même groupe immunisées avec l’anticorps correspondant, qui ont déjà été transfusées ou ayant eu des grossesses. En effet, en cas d’hémorragie ou d’intervention chirurgicale, donner le même sang au patient, soit Rh null, est impératif. « Nous pouvons aussi lancer une aide internationale grâce au réseau sang rare. Nous pouvons être amenés à contacter nos collègues, mais dans la quasi-totalité des cas, (plus de 99,9 % des situations), la France sait gérer ses stocks de sang rare de manière autonome. Si un appel est lancé en provenance d’un autre pays, nous apportons bien évidemment notre aide, si nous avons un certain degré de confort, en veillant toujours à préserver nos stocks. En cas d’urgence, nous pouvons faire rapidement parvenir un don à l’international grâce à d’importants moyens logistiques« . « Lorsque l’on trouve un groupe sanguin rare chez quelqu’un, nous l’encourageons à donner son sang pour alimenter la Banque nationale de sang rare et nous proposons à sa fratrie d’être testée. D’un point de vue génétique, il existe une chance sur quatre de retrouver ce même groupe rare chez un frère ou une sœur. La communication de l’existence d’un groupe sanguin rare auprès d’un patient ou d’un donneur de sang est un processus délicat : en effet, toutes les personnes ne vont pas réagir de la même manière. Soit elles sont angoissées à l’idée d’avoir des problèmes de santé ou de voyager en cas de besoin de transfusion, soit elles voient leur rareté comme un avantage unique pour le bénéfice des patients avec le même groupe rare que le leur. Dans tous les cas, le laboratoire de référence national est là pour accompagner avec pédagogie toute personne qui souhaite obtenir des renseignements sur son groupe sanguin rare« , tient à rappeler le biologiste médical Thierry Peyrard.

Merci à Thierry Peyrard, biologiste médical et directeur du Département national de référence en immuno-hématologie et sang rare à l’Etablissement français du sang.

Sources :
– Tout sur la transfusion
– Etablissement Français du sang


Source : JDF Santé

Bilan biologique sanguin : quels examens ?

Bilan biologique sanguin : quels examens ?

Qu’est-ce qu’un bilan biologique sanguin ?

Le bilan biologique désigne un ensemble d’analyses médicales pratiquées en vue d’explorer le fonctionnement d’un organe ou d’une partie du corps si le médecin suspecte une infection ou une maladie, et ce afin de la dépister. « Ce bilan comporte généralement plusieurs analyses, comme la numération formule sanguine (NFS), les paramètres de la fonction rénale (créatinine, urée, clairance), les paramètres de la fonction hépatique (enzymes hépatiques, bilirubine), les paramètres de la fonction thyroïdienne (hormones thyroïdiennes) et le dosage de la glycémie (taux de glucose dans le sang), du cholestérol et des triglycérides (graisses présentes dans le sang)« , détaille le Dr Anne-Sophie Ong, biologiste médicale. « Il peut être complété par des examens spécifiques ou approfondis ». Le bilan biologique sanguin est réalisé en prélevant une petite quantité de sang dans une veine du patient, le plus fréquemment au niveau du pli du coude. « Les résultats sont généralement disponibles dans la journée pour les analyses les plus courantes et sont interprétés par un médecin qui en fera une analyse complète pour déterminer si des anomalies sont présentes et si un traitement est nécessaire« . Il est important de préciser que toutes les maladies ne peuvent pas être dépistées sur une analyse de sang.

Quels sont les examens d’un bilan biologique ?

Les examens inclus dans un bilan biologique peuvent varier en fonction des besoins spécifiques du patient et des recommandations du médecin. Cependant, certains des examens les plus couramment prescrits sont les suivants :

  • La NFS (numération formule sanguine) : « elle quantifie les différents types de cellules sanguines, notamment les globules rouges, les globules blancs et les plaquettes« , poursuit la biologiste.
  • Le dosage de la CRP : « il s’agit de la mesure du taux de protéine C-réactive dans le sang pour évaluer l’état inflammatoire du patient« .
  • Les dosages de l’urée, de la créatinine et la clairance de la créatinine pour vérifier le fonctionnement des reins
  • Le dosage des enzymes hépatiques pour évaluer le fonctionnement du foie
  • Le dosage des hormones thyroïdiennes pour vérifier le fonctionnement de la thyroïde.
  • Le dosage de la glycémie : « il permet de mesurer le taux de glucose dans le sang pour évaluer le risque de diabète« .
  • L’exploration d’une anomalie lipidique : « il s’agit du dosage des graisses présentes dans le sang dont les triglycérides, le cholestérol total, le LDL-cholestérol (le « mauvais » cholestérol) et le HDL-cholestérol (le « bon » cholestérol) pour évaluer le risque de maladies cardiovasculaires« .
  • Les tests de la coagulation sanguine qui mesurent le temps de coagulation du sang pour évaluer le risque de saignement ou de thrombose.

Quand faire un bilan biologique ? Quel intérêt ?

Un bilan biologique peut être prescrit par un médecin pour différentes raisons. « Il permet tout d’abord d’évaluer l’état de santé général d’un patient, reprend notre interlocutrice. Un bilan biologique peut permettre de détecter des anomalies et des déséquilibres dans le corps qui pourraient indiquer une maladie ou un trouble de santé. Ça peut être le cas d’un bilan de routine, qui est un bilan de prévention« . Le bilan biologique a également vocation à diagnostiquer une maladie. « Les résultats du bilan biologique peuvent aider à confirmer ou à exclure un diagnostic, à identifier la cause d’une maladie ou à surveiller l’évolution de celle-ci« . Il présente aussi un intérêt dans l’efficacité d’un traitement : « un bilan biologique peut permettre de vérifier si un traitement médical fonctionne correctement, et si le corps le tolère bien, afin de déterminer si des ajustements sont nécessaires« . Par ailleurs, « certaines analyses du bilan biologique, comme les dosages du cholestérol et de la glycémie, permettent d’apprécier les facteurs de risque de maladies cardiovasculaires et de diabète« . Enfin, « un bilan biologique est prescrit de manière régulière chez les personnes atteintes de maladies chroniques nécessitant une surveillance, comme le diabète ».

Merci au Dr Anne-Sophie Ong, biologiste médicale au laboratoire Unibio à Tournon-sur-Rhône (07) et membre du réseau Les Biologistes Indépendants.


Source : JDF Santé

Phoniatre : rôle, pourquoi le consulter

Phoniatre : rôle, pourquoi le consulter

Quel est le rôle du phoniatre ?

« Le phoniatre est un médecin ORL spécialisé dans le traitement de la voix, de la parole et de la déglutition. Son rôle s’étend également aux troubles de la communication« , précise le Dr. Sabine Crestani.

Quelle différence entre un phoniatre et un ORL ?

La phoniatrie est une spécialisation ORL. Le phoniatre est donc un médecin ORL, qui a choisir d’ajouter une corde à son arc. Mais si l’ORL traite exclusivement des troubles de l’oreilles, du nez, de la bouche et de la gorge, le phoniatre s’intéresse plus spécifiquement au larynx et aux troubles liés à la parole, la voix et la déglutition.

Quand consulter un phoniatre ?

Ce spécialiste peut être consulté en cas de :

  • Mues anormales
  • Troubles de la voix liés à une atteinte neurologique ou psychologique
  • Troubles de la voix suite à un cancer ou à ses traitements
  • Retards de la parole chez l’enfant
  • Bégaiements
  • Trouble de la déglutition. Il se caractérise par une gêne ou une difficulté à avaler les aliments. Ce dernier peut être dû à une maladie ORL, les suites d’une chirurgie cervicale ou thoracique, une maladie neurodégénérative (comme la maladie de Parkinson, la maladie de Charcot…), un AVC ou un cancer.

Comment se déroule une consultation chez un phoniatre ?

Lors de la consultation, le phoniatre réalise un nasopharyngoscopique. « Il s’agit d’un examen fibroscopique pour visualiser la zone laryngée soit par un nasofibroscope (fibre souple passant par le nez) ou par une épipharyngoscopie (tube rigide introduit par la bouche), explique le Dr. Crestani. Indolore, la plupart du temps, cet examen ne nécessite pas l’usage d’une anesthésie« . Le traitement dépendra de la cause du trouble : cela peut aller de la prise en charge en rééducation orthophonique au traitement médicamenteux, en passant par la chirurgie en cas de polype ou kyste.

La consultation est remboursée à 70 % par la Sécurité Sociale

Quel est le tarif d’une consultation ?

Selon l’Assurance Maladie, le tarif d’une consultation d’un médecin spécialiste en secteur 1 est de 30 €. S’il est en secteur 2, ses honoraires sont libres. 

Est-ce remboursé ?

Oui, le phoniatre étant un médecin, sa consultation est remboursée à 70 % par la Sécurité Sociale. En cas de dépassement d’honoraire, la mutuelle santé peut prendre le relais.

Quelles études pour devenir phoniatre ? 

Etre phoniatre, c’est être médecin. Des études de médecine sont donc indispensables. « Si auparavant, cette spécialité était ouverte aux branches de la médecine générale, de la neurologie notamment, elle est aujourd’hui une surspécialisation accessible seulement aux ORL. Ces derniers peuvent passer des diplômes universitaires comme le DESIU de laryngophoniatrie ou le DIU de déglutition« , ajoute le Dr. Crestani.

Merci aux Drs. Sabine Crestani et Laetitia Plisson, médecins ORL, Phoniatres et membres de la Société Française Phoniatrie et Laryngologie.


Source : JDF Santé

HHC : effets, danger, c'est quoi cette nouvelle "drogue" ?

HHC : effets, danger, c'est quoi cette nouvelle "drogue" ?

Le HHC (pour HexaHydroCannabinol) est un cannabinoïde de synthèse apparu aux Etats-Unis en 2021 et identifié en Europe depuis mai 2022. On peut le trouver en vente libre en France dans les e-shop qui vendent du CBD sous la forme de fleurs d’HHC, d’huile d’HHC, de bonbons ou encore de résine. Mais qu’est-ce que c’est vraiment ? Quels sont ses effets ? Peut-il être dangereux ? Dans l’Union européenne, seules l’Autriche et la Finlande ont interdit la vente de HHC

Qu’est-ce que le HHC ?

Le HHC (pour Hexahydrocannabinol) est un cannabinoïde de synthèse élaboré chimiquement à partir d’une molécule de CBD (en France), lui-même extrait de cannabis à faible teneur en THC (chanvre). Il est disponible dans les boutiques de CBD ou les e-shops spécialisés, sous forme de fleur, de résine, d’huile à mettre sous la langue, de bonbon, de liquide parfumé à mettre dans sa cigarette électronique… 

Il y a un flou juridique autour du HHC. En France, la loi n’autorise pas mais n’interdit pas la commercialisation du HHC. Il n’est pas classé dans la liste des stupéfiants en France (cela prend du temps : chaque nouveau produit doit être contrôlé avant d’être considéré comme stupéfiant). Pour autant, le HHC possède des effets proches du THC (effets psychotropes, risque de « bad trip » et d’accoutumance…). Ses conséquences sur la santé sont assez floues ainsi que sa véritable origine. En décembre 2022, une première réunion organisée par l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies a permis aux experts d’échanger sur les risques potentiels pour la santé du HHC et de coordonner les efforts pour surveiller et contrôler sa distribution et vente en Europe. Les discussions devraient se poursuivre en 2023 afin de déterminer si ce produit doit continuer à être légal ou pas. 

Quelle est la différence entre le CBD et le HHC ?

En France, le HHC serait fabriqué à partir d’une molécule de CBD. Mais ses effets sont en réalité plus proches de ceux du THC : effet stupéfiant euphorisant qui pourrait entraîner une accoutumance. Le HHC serait consommé de manière récréative en milieu festif (comme le THC) alors que le CBD serait privilégié pour ses effets anxiolytiques, antidouleur, anti-stress… A savoir que la vente de CBD est autorisée si les produits contiennent moins de 0,3% de THC et s’ils sont fabriqués au sein de l’Union Européenne. 

Quels sont les effets du HHC ?

Le HHC provoque des effets psychotropes similaires à ceux du cannabis et des produits à base de THC : 

  • Sensation de relaxation, de détente
  • Perte de contrôle
  • Apport d’énergie
  • Apaisement psychologique
  • Soulagement de la douleur
  • Sensation de légèreté dans le corps et l’esprit
  • Sommeil facilité
  • Augmentation de la température du corps

Quels sont les dangers du HHC pour la santé ?

A date, aucune étude n’a analysé les risques sanitaires spécifiques du HHC. Pour autant, les cannabinoïdes de synthèse, dont fait partie le HHC ont des risques bien connus. Le Guide des Nouveaux Produits de Synthèse publié par la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictive rapporte un tableau clinique sévère : tachycardie, hypertension artérielle, douleur thoracique, changements électrocardiographiques, dyspnée, agitation, vertiges, crises de convulsion… pouvant mener au décès du à un arrêt cardio-respiratoire. A terme, la consommation de cannabinoïdes de synthèse chronique peut entraîner des complications : 

  • Augmentation du risque de décompensation délirante, trouble schizophrénique
  • Trouble dépressif, risque suicidaire
  • Hallucinations persistantes
  • Altérations cognitives
  • Addiction

Est-ce que le HHC est addictif ?

Selon le Guide des Nouveaux Produits de Synthèse, les cannabinoïdes de synthèse seraient liés à un risque d’addiction. Il y aurait par ailleurs un véritable sentiment de manque en cas de sevrage. 

Combien ça coûte le HHC ?

Le prix (pour 1 gramme) dépend de la quantité de HHC présente dans le produit : 

  • Les fleurs de HHC coûtent entre 6 et 10 euros en moyenne
  • La résine de HHC coûte environ 10 euros
  • L’huile de HCC coûte entre 20 et 70 euros (selon le pourcentage de HHC)
  • Les cartouches de HHC pour cigarette électronique coûtent environ 40 euros la pièce
  • Les bonbons gélifiés de HHC coûtent environ 10 à 20 euros

Sources : 

– Hexahydrocannabinol (HHC) and related substances, EMCDDA, 2023

National Institutes of Health (.gov) 

– National Institute of Standards and Technology (NIST)

– Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictive (MILDECA) : Guide des Nouveaux Produits de Synthèse Edition 2022

– Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT)


Source : JDF Santé