[Mis à jour le 9 décembre 2022 à 12h00] Le 25 octobre 2022, le laboratoire Ethypharm a procédé au rappel de lots de certains kits de Prenoxad (naloxone) en raison de l’absence d’aiguilles rendant l’administration du médicament impossible, rapporte l’Agence du médicament (ANSM). Depuis, un nouveau lot a été distribué en remplacement du lot rappelé, mais néanmoins, il s’avère que certains kits de ce lot pourraient être également incomplets. Il a été démontré qu’il était possible de vérifier la présence des aiguilles sans avoir besoin d’ouvrir les kits, par transparence. Pour les personnes disposant d’un kit de Prenoxad. Si votre kit de Prenoxad porte le numéro de lot 0136175 ou 0130205 : vérifiez la présence des deux aiguilles sans ouvrir le kit en suivant le protocole de contrôle visuel décrit ci-dessous et s’il manque une ou deux aiguilles, restituez votre kit à votre pharmacien qui le remplacera par un kit complet. La naloxone est le médicament de référence (antidote) dans le traitement d’urgence des surdosages aux opioïdes et à leurs dérivés chez l’adulte (médicaments antidouleur à base d’opioïdes, traitements de substitution aux opiacés, substances illicites comme l’héroïne par exemple). Une surdose d’opioïde peut entrainer un coma, un arrêt respiratoire et être mortelle. En France, 80% des décès par surdose sont dus aux opioïdes, rappelle le Ministère de la Santé. Des kits prêts à l’emploi sont disponibles en pharmacie, à l’hôpital et dans les structures spécialisées d’addictologie (Csapa, Caarud).
Le Prenoxad® est un kit injectable en intramusculaire de naloxone, un antagoniste qui inverse l’action des opioïdes, en particulier, la dépression respiratoire. Nyxoid® est laforme nasale en spray. La naloxone est indiquée, chez l’adulte, en traitement d’urgence des overdoses aux opiacés (opioïdes et dérivés). Il est délivré avec ou sans prescription médicale. Pour rappel, l’utilisation de naloxone ne se substitue pas aux soins d’urgence dispensés par une structure médicale, mais permet de gagner du temps avant l’arrivée des secours. La naloxone s’utilise, après avoir appelé les services de secours (15 ou 112), par voie intramusculaire, en situation d’urgence, à domicile ou dans un environnement non médical, face à une overdose causée par :
Une drogue opioïde (héroïne, opium, dérivés du fentanyl)
Certains médicaments utilisés contre la douleur (morphine, tramadol, oxycodone, codéine, fentanyl…)
Un traitement de substitution aux opioïdes (méthadone, buprénorphine)
Il n’y a pas de risque à administrer la naloxone, même en cas de doute sur la consommation d’opioïdes : la naloxone n’entraine aucun effet chez une personne qui n’a pas pris d’opioïdes
La naloxone est disponible sous des formes prêtes à l’emploi. Actuellement, deux spécialités sont disponibles en France :
► Nyxoid®, forme nasale en spray (pulvérisation dans le nez) disponible avec ordonnance en établissement de santé et en structure médico-sociale. Comme une prescription est indispensable, le kit est remboursé à 65% par l’Assurance maladie.
► Prenoxad®, forme injectable intramusculaire : disponible avec ou sans ordonnance en pharmacie d’officine, ou en établissement de santé et en structure médico-sociale. Sans prescription, le kit n’est pas remboursé. Avec une prescription, il est remboursé à 65% par l’Assurance maladie.
Où se procurer un kit de naloxone ? En pharmacie ?
Les kits Prenoxad® et Nyxoid® sont délivrés gratuitement aux personnes à risques dans les structures suivantes :
Les CSAPA (centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie)
Les CAARUD (centre d’accompagnement à la réduction des risques pour les usagers de drogues)
A l’hôpital (en sortie de service d’addictologie, des urgences)
Les unités sanitaires en milieu pénitentiaire pour les usagers sortant de détention
Les équipes mobiles de soins aux personnes en situation de précarité ou d’exclusion gérés par des associations.
Quel est le prix d’un kit de naloxone ?
Le kit Prenoxad® coûte 22,16 euros en pharmacie et est remboursable à 65% par l’Assurance maladie. Le Nyxoïd® est également disponible en pharmacie sur ordonnance : son coût est de 31,33 euros, remboursé à 65 % par la Sécurité sociale
Sources : Prenoxad 0,91 mg/ml (naloxone) – lot 0130205 : absence potentielle des aiguilles dans le kit d’utilisation, ANSM, 28 octobre 2022 / FICHE MÉMO À L’ATTENTION DU PUBLIC NALOXONE : ANTIDOTE DES SURDOSES AUX OPIOÏDES, Ministère de la Santé
[Mis à jour le 9 décembre 2022 à 10h27] Une 9e vague de Covid se confirme même si l‘analyse des données est toujours perturbée en raison de la suspension de la transmission des résultats par certains laboratoiresde biologie médicale privés en grève depuis le 27 octobre. « En semaine 48 (28 novembre-4 décembre), la circulation du SARS-CoV-2 a continué de progresser au niveau national » indique Santé Publique France dans son point épidémiologique du 8 décembre. « Les taux d’incidence issus des tests antigéniques et de l’ensemble des tests étaient toujours en augmentation, de même que les actes SOS Médecins et les passages aux urgences. Une hausse était également observée au niveau des indicateurs hospitaliers et du nombre de décès » ajoute l’organisme de santé. Au 8 décembre, les admissions en réanimation sont en hausse de 10%. « Il y a un rebond, aconfirmé le Pr Alain Fisher sur RMC le 6 décembre. Les cas ont été en croissance ces derniers jours, le nombre d‘hospitalisations se maintient à un niveau élevé, le nombre de décès reste non négligeable, de l’ordre de 70 par jour« . Le virus « reste une menace » pour les personnes âgées, fragiles, a poursuivi le professeur d’immunologie. Chaque jour, Santé Publique France présente un tableau de bord des indicateurs clés de suivi de l’épidémie : cas confirmés, morts en France et dans le monde, hospitalisations, statistiques, incidence, admissions en réanimation ou soins critiques, contaminations, courbes, chiffres de la vaccination… Auxquelles s’ajoutent les données publiées par le gouvernement. Nous vous présentons ici les derniers chiffres du Covid.
Patients Covid en réanimation ou soins critiques (au 8 décembre)
597/100 000 habitants
38 532 642
71 797
21 619
1 201
Quelle est la courbe du Covid en ce moment ?
« Les taux d’incidence issus des tests antigéniques et de l’ensemble des tests étaient toujours en augmentation » indique Santé Publique France le 8 décembre.
Au 8 décembre, 71 797 nouvelles personnes ont été testées positives. Au total, la France recense 38,5millions de personnes ayant eu un test antigénique ou PCR positif au coronavirus depuis le début de l’épidémie en 2020, selon l’Université Johns Hopkins.
Quels sont les chiffres Covid des hospitalisations ?
Les données hospitalières reposent sur les données de passages aux urgences du réseau OSCOUR et des hospitalisations en soins conventionnels et en soins critiques rapportées par les établissements de santé. Ci-dessous, les chiffres publiés par le Dashboard du gouvernement et Santé Publique France.
Les sites du gouvernement et de Santé publique France rapportent les décès Covid à l’hôpital et dans les établissements sociaux et médico-sociaux, soit 155 836 morts en France au 8 décembre 2022 selon l’OMS. Les décès Covid en dehors de ces structures ne sont pas recensés en temps réel. Le Covid-19 tue plus les hommes que les femmes a souligné l’Ined en mars 2022.
Quels sont les chiffres de la vaccination Covid en France ?
En France, 60.1% de la population a reçu une primo-vaccination complète + une dose de rappel.20% de la population française n’est pas vaccinée contre le Covid-19. Au 5 décembre, 9,7% des 60-79 ans avaient reçu un rappel adapté au variant Omicron et 32,1% d’entre eux sont considérés comme protégés par la vaccination. 12,8% des 80 ans et plus avaient reçu un rappel adapté au variant Omicron et 14,4% sont considérés comme protégés « Dans le contexte d’une circulation active du SARS-CoV-2, ainsi que de plusieurs virus hivernaux, il est nécessaire de renforcer la vaccination contre la Covid-19 notamment via une dose de rappel avec un vaccin bivalent (contre la souche initiale et le variant Omicron du SARS-CoV-2) pour les éligibles primo-vaccinés, isolement en cas de test positif pour la COVID-19 et/ou de symptômes » indique Santé Publique France.
[Mise à jour le 9 décembre 2022 à 08h49] L’euthanasie qui consiste à provoquer la mort d’un patient pour des raisons médicales est aujourd’hui illégale en France mais cela pourrait changer. Le 9 décembre 2022, une Convention citoyenne sur la fin de vie est lancée comme l’avait souhaité le Président de la République Emmanuel Macron. Lors de la cérémonie élevant l’actrice Line Renaud au rang de Grand croix de la Légion d’honneur à l’Elysée en septembre 2022, Emmanuel Macron avait déclaré : « Votre combat pour le droit de mourir dans la dignité vous ressemble et nous oblige. Dicté par la bonté, l’exigence et cette intuition unique que c’est le moment de faire, alors nous ferons.« Cette Convention doit rendre ses conclusions en mars 2023. De possibles changements sur les conditions de la fin de vie sont possibles. La dernière loi sur l’euthanasie est la loi Leonetti de 2005 adoptée en 2016. Cette loi n’autorise ni euthanasie, ni suicide assisté mais instaure un droit à une sédation profonde et continue jusqu’au décès chez un patient en état d’exprimer sa volonté ou incapable d’exprimer sa volonté.
Quelle est la définition de l’euthanasie ?
L’euthanasie est une pratique qui consiste à provoquer la mort d’un patient pour des raisons médicales, notamment l’incurabilité d’une pathologie associée à une souffrance ou des douleurs insupportables. « Il n’y a pas vraiment de définition type de l’euthanasie parce que cela suppose de donner une définition de la fin de vie et donc de la vie. Or, il n’y en a pas d’unanime. Ce sont donc des comités qui se réunissent, au cas par cas, pour donner leur avis sur les conditions de fin de vie. Il n’en reste pas moins que l’euthanasie, c’est la provocation de la mort d’une personne atteinte d’une maladie incurable et qui souffre de façon insupportable de cette maladie. Il ne peut s’agir d’un simple mal être qui certes, suscite des souffrances mais dont on ne considère pas qu’elle soit incurable », précise Maître Muriel Bodin. L’acte est pratiqué par une tierce personne tandis que dans l’aide au suicide, ce sont des tiers qui donnent un environnement propice à la personne qui va elle-même commettre le geste fatal. L’une et l’autre sont interdites en France.
Que dit la loi en France sur l’euthanasie ?
En France, un médecin n’a pas le droit de donner délibérément la mort à un patient. Cet acte reste une infraction pénale. En revanche, des lois sont parues pour encadrer l’accompagnement en fin de vie des malades. La plus récente est la loi Claeys-Leonetti, validé par le parlement français en février 2016. Elle instaure un droit à la « sédation profonde et continue » jusqu’au décès pour les malades en phase terminale,
Que dit la loi Claeys-Leonetti de 2016 ?
En février 2016, le parlement français a approuvé la loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie qui instaure un droit à la « sédation profonde et continue » jusqu’au décès pour les malades en phase terminale, lorsque le patient est atteint d’une « affection grave et incurable », et qu’il présente une « souffrance réfractaire aux traitements ». En revanche, elle n’autorise ni l’euthanasie ni le suicide assisté. « Le débat dans pareil cas est toujours autour de la définition de la vie qui est plus ou moins objective selon les convictions de chacun », commente Maître Muriel Bodin.
Que dit la loi Léonetti de 2005 ?
La loi Léonetti affirme un droit au « laisser mourir » sans souffrance évitable et dans le respect de la dignité du patient. La loi reconnaît le refus de l’acharnement thérapeutique, autorise les arrêts ou limitations de traitement et admet expressément que pour soulager les souffrances d’une personne en fin de vie, peut être pris le risque d’un traitement contre la douleur ayant pour effet secondaire d’abréger la vie. Toute personne a ainsi le droit de mourir dignement et d’être accompagnée le plus possible sans souffrance, grâce à de la sédation ou dessoins palliatifs. La personne malade, consciente et en état d’exprimer sa volonté, peut refuser toute investigation ou tout traitement même si ce refus met sa vie en danger. En revanche, si la personne n’est pas en fin de vie, le médecin a l’obligation de tout mettre en œuvre pour tenter de la convaincre d’accepter les soins indispensables, y compris en faisant appel à un autre médecin et ne donne suite à sa volonté qu’à l’issue d’un délai raisonnable lui permettant de réitérer son souhait, en fin de vie ; le médecin doit alors, sans délai, respecter la volonté ainsi exprimée par le malade, après l’avoir informé sur les conséquences de son choix. La décision d’arrêter les soins doit être collégiale, après avoir « consulté la personne de confiance visée à l’article L. 1111-6, la famille ou, à défaut, un de ses proches et, le cas échéant, les directives anticipées de la personne » (article 9). Faute d’écrit, c’est au juge de trancher. « Lorsqu’une personne, en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable, quelle qu’en soit la cause, décide de limiter ou d’arrêter tout traitement, le médecin respecte sa volonté après l’avoir informée des conséquences de son choix.« « Dans l’affaire Lambert, les médecins ont considéré collégialement qu’il ne répondait plus à la définition d’une personne en vie et que continuer à lui administrer de la nourriture par sonde, c’était poursuivre artificiellement un semblant de vie », illustre l’avocate en droit de la santé.
Qu’est-ce que l’euthanasie active ?
L’euthanasie est dite « active » quand la mort est due à l’administration d’un produit létal par une tierce personne.
Qu’est-ce que l’euthanasie passive ?
L’euthanasie est qualifiée de passive lorsqu’un arrêt des soins curateurs est initié, et seuls des soins dits « de confort » sont prodigués (antalgiques pour les douleurs, confort respiratoire…). On parle aussi d‘aide au suicide quand un cadre et du matériel pour se donner la mort sont apportés au patient. L’euthanasie active est considérée comme un crime d’autant que La loi Leonetti de 2005, et le rapport du Professeur Sicard de 2012 ont pour but justement d’adapter au mieux la prise en charge des personnes en fin de vie.
Combien d’euthanasie en France ?
Légalement, l’euthanasie et l’aide au suicide sont interdites en France. Cela signifie donc qu’officiellement il y en a zéro, même s’il existe des estimations de ce type de décès. « En tant qu’avocat, on a à connaitre parfois des dossiers, au pénal, qui émergent suite à des morts suspectes où il s’avère que ce sont des meurtres dits compassionnels. Mais faute d’établissement de la volonté et du consentement éclairé des personnes disparues au moment de l’acte, ce qui est très difficile étant donné que la personne souffre de son état, la conviction première est qu’il s’agit d’un crime délibéré qui mène les personnes ayant pratiqué l’euthanasie aux Assises et à une condamnation », ajoute la spécialiste en droit de la santé.
Comment se déroule l’euthanasie ?
Pour répondre à cette question, il faut bien différencier ce qui est autorisé en France et ce qui se pratique en Belgique par exemple. Selon la HAS, 6 caractéristiques différencient la sédation profonde et continue maintenue jusqu’au décès de l’euthanasie :
L’intention : d’un côté « soulager une souffrance réfractaire », de l’autre « répondre à la demande de mort du patient. »
Le moyen : « Altérer la conscience profondément » ; « Provoquer la mort. »
La procédure : « Utilisation d’un médicament sédatif avec des doses adaptées pour obtenir une sédation profonde » ; « Utilisation d’un médicament à dose létale. »
Le résultat : « Sédation profonde poursuivie jusqu’au décès dû à l’évolution naturelle de la maladie » ; « Mort immédiate du patient. »
La temporalité : « La mort survient dans un délai qui ne peut pas être prévu » ; « La mort est provoquée rapidement par un produit létal. »
La législation : la sédation profonde est, en France, autorisée par la loi quand l’euthanasie est illégale considérée comme un homicide, un empoisonnement, voire un assassinat.
L’euthanasie a un caractère définitif et suppose l’intervention volontaire d’un tiers. Elle peut être pratiquée par voie orale ou par voie intraveineuse. Le plus souvent, c’est cette deuxième méthode qui est privilégiée. Après avoir administré un psychotrope particulier au patient pour le sédater, c’est à dire la recherche d’une diminution de la vigilance, pouvant aller jusqu’à la perte de conscience, il est plongé dans un profond coma grâce à un anesthésique général. Dès lors que le patient se retrouve plongé dans une inconscience profonde, un paralysant neuromusculaire lui est injecté afin de provoquer l’arrêt respiratoire et par conséquent, son décès qui doit être constaté par un médecin tiers.
Quel est le délai avant le décès ?
Pour l’euthanasie en Belgique, le délai entre l’administration du produit et le décès varie d’une personne à l’autre, il survient généralement entre 30 minutes et 3 heures. En France, la sédation profonde peut amener au décès entre 48h et 8 jours, tout dépend de l’évolution naturelle de la personne sédatée.
Quelles conditions pour recourir à l’euthanasie ?
En France, l’euthanasie est interdite. Seul l’arrêt des traitements est autorisé. Selon la loi Léonetti, « lorsqu’une personne, en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable, quelle qu’en soit la cause, décide de limiter ou d’arrêter tout traitement, le médecin respecte sa volonté après l’avoir informée des conséquences de son choix. La décision du malade est inscrite dans son dossier médical. » En d’autres termes, le patient peut indiquer dans ses directives qu’il ne souhaite pas que les soins soient poursuivis, ce qui entraînera, à terme, sa mort par les suites normales de la maladie. Le cas est difficile lorsque la personne ne souffre pas de la maladie mais de ses conséquences.
Quelles sont les conditions de l’euthanasie en Belgique ?
La Belgique a légalisé l’euthanasie avec un cadre très strict. Les conditions de la procédure sont précisées dans l’article 3 du chapitre II de la loi relative à l’euthanasie du 28 mai 2002. Elle établit que le médecin qui pratique une euthanasie doit s’assurer des points suivants :
Le patient est majeur ou mineur émancipé, capable ou encore mineur doté de la capacité de discernement et est conscient au moment de sa demande;
La demande est formulée de manière volontaire, réfléchie et répétée, et qu’elle ne résulte pas d’une pression extérieure;
Le patient [majeur ou mineur émancipé] se trouve dans une situation médicale sans issue et fait état d’une souffrance physique ou psychique constante et insupportable qui ne peut être apaisée et qui résulte d’une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable;
Il est précisé qu’il faut « laisser s’écouler au moins un mois entre la demande écrite du patient et l’euthanasie. »
Quelles sont les conditions de l’euthanasie en Suisse ?
En Suisse, le suicide assisté relève davantage de la tolérance que d’un texte de loi. « Les Suisses n’ont pas légiféré pour autoriser le suicide assisté parce que la tolérance suffit à les rassurer sur le fait qu’ils pourront le jour venu disposer de leur propre vie et ils considèrent que ce n’est pas à l’Etat de décider de cela. Quant à l’euthanasie, elle est interdite comme en France dés lors que cela pourrait s’apparenter à la décision d’un tiers », indique Maître Muriel Bodin. L’article 114 du code pénal suisse interdit l’euthanasie et l’article 115 prohibe l’incitation et l’assistance au suicide sauf si celle-ci est réalisée sans « mobile égoïste. » « Celui qui, poussé par un mobile égoïste, aura incité une personne au suicide, ou lui aura prêté assistance en vue du suicide, sera, si le suicide a été consommé ou tenté, puni d’une peine privative de liberté de cinq ans au plus ou d’une peine pécuniaire. » Cependant, l’euthanasie active sur demande est tolérée en cas de « demande sérieuse et insistante » et de « mobile honorable, notamment la pitié.« Autrement dit, l’euthanasie active reste condamnable. Il existe seulement une tolérance pour l’assistance au suicide, c’est-à-dire lorsque l’on remet une substance mortelle à une personne et qu’elle se l’injecte elle-même ainsi que pour l’euthanasie passive (arrêt des soins).
Merci à Maître Muriel Bodin, avocate au Barreau de Paris, spécialisée en droit de la santé.
Sources :
Différences entre la sédation profonde et continue maintenue jusqu’au décès et l’euthanasie, Haute Autorité de Santé
LOI n° 2005-370 du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie, Legifrance, avril 2005
Euthanasie Directives pratiques pour le pharmacien, APB, 2018
28 MAI 2002. – Loi relative à l’euthanasie, Ejustice Belgique
Code pénal suisse / mort provoquée, Centre Européen de Bioéthique, Mars 2009
[Mis à jour le 8 décembre 2022 à 17h12] Se protéger lors d’un rapport sexuel prévient les risques d’infections sexuellement transmissibles. Le prix des préservatifs n’est désormais plus une excuse ! Les préservatifs masculins seront gratuits pour les 18-25 ans dès le 1er janvier 2023en pharmacie a annoncé Emmanuel Macron lors d’une session du Conseil national de la refondation consacrée à la santé des jeunes à Fontaine-le-Comte le 8 décembre. « C’est une petite révolution de prévention » a déclaré le président. Les jeunes pouvaient déjà se procurer des préservatifs gratuits dans les centres de dépistage et auprès de certaines associations. Où peut-on obtenir des préservatifs gratuits ? Qui peut bénéficier de la gratuité ? Comment obtenir des préservatifs sur ordonnance ?
Où se procurer des préservatifs gratuits ?
Le coût des préservatifs peut parfois représenter un frein à leur utilisation. Il est possible d’en trouver gratuitement :
Dans les centres de dépistage anonymes et gratuits : CDAG – Pour rechercher un centre de dépistage
Auprès de l’infirmière de l’établissement scolaire
Dans les plannings familiaux et PMI
Auprès de certaines assistantes sociales
Dans des lieux de rencontres de jeunes (MJC par exemple)
Dans certains services hospitaliers
Dans les points écoute-jeunes
Qui peut avoir des préservatifs gratuits ?
Dès le 1er janvier 2023, tous les jeunes âgés de 18 à 25 ans pourront obtenir des préservatifs masculins gratuitement en pharmacie. La contraception était déjà gratuite pour les mineurs (-18 ans ans) et sur prescription médicale. En l’occurrence, la manière la plus simple et rapide d’obtenir des préservatifs pour un mineur est de se rendre à l’infirmerie scolaire.
La contraception est gratuite quand on est mineur
Comment obtenir des préservatifs gratuits sur internet ?
Certains fabricants proposent de recevoir gratuitement des échantillons de préservatifs pour les tester. Ils peuvent être ajoutés sur demande à une commande ou être adressés gratuitement avec une participation aux frais d’envoi. Des sites comme « vos échantillons gratuits » proposent de recevoir gratuitement des échantillons de préservatifs. Il suffit de s’inscrire sur la plateforme.
Comment obtenir des préservatifs sur ordonnance ?
Depuis le lundi 10 décembre 2018, il est possible d’obtenir des préservatifs sur ordonnance. Pour obtenir cette dernière, il suffit de se rendre chez un médecin ou une sage-femme. « On peut maintenant, quand on est un jeune ou quand on présente des risques particuliers, ou pas d’ailleurs, quand on est une femme ou quand on est un homme, aller voir son médecin et avoir des préservatifs remboursés sur prescription médicale« , avait déclaré Agnès Buzyn, alors ministre des Solidarités et de la Santé sur France Inter.
Quels sont les préservatifs remboursés ?
Dans un communiqué du 27 novembre 2018, le Gouvernement avait précisé les conditions pour pouvoir bénéficier de préservatifs remboursés par l’Assurance Maladie. Seuls les préservatifs masculins (et non féminins) sont concernés et uniquement sur prescription médicale. Ils ne peuvent être délivrés qu’en pharmacie, sous la forme de boîtes de 6, 12 ou 24 préservatifs qui doivent comporter le marquage CE, témoin des normes sanitaires européennes. Les préservatifs pouvant faire l’objet d’un remboursement sont ceux de la marque EDEN et ceux de la marque « Sortez Couverts« , pris en charge à hauteur 60%.
Merci au Dr Patrick Aubé, médecin généraliste, auteur de Les tisanes qui soignent aux éditions Leducs
« La Covid est entrée dans la classe des infections hivernales comme la grippe« , indique Brigitte Autran, Professeure d’immunologie et Présidente du Comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires (Covars, qui a remplacé le Conseil scientifique), interrogée le 10 octobre sur FranceInter. Maux de tête, courbature, fatigue… Est-ce le Covid ou la grippe ? Leurs premières manifestations se ressemblent beaucoup d’où les risques de confusion. En automne/hiver, les deux virus circulent en même temps en France. Il faut donc faire attention et miser sur les 2 vaccins (la double vaccination, grippe et Covid), surtout pour les personnes les plus vulnérables. « Une cohabitation Covid-grippe, cela n’a rien de réjouissant. C’est synonyme d’un nombre très élevé d’hospitalisations. D’où l’objectif de deux campagnes de vaccination fortes — Covid et grippe — notamment pour les plus fragiles« , insiste Alain Fischer, professeur en immunologie, dans une interview accordée au Parisien le 28 septembre 2022. La Haute Autorité de santé recommande d’ailleurs de coupler ces deux vaccins, et rappelle que faire les 2 injections le même jour est possible. Quels sont les points communs entre la grippe et le Covid ? Leurs différences ? Quand se tester contre le Covid ? Réponses.
Quels points communs entre la grippe et le Covid ?
Le virus responsable du Covid a des similitudes avec celui de la grippe. Les deux maladies sont « des infections respiratoires à type de pneumonie virale« , décrit le Pr Arnaud Fontanet, directeur du département de Santé globale à l’Institut Pasteur et responsable de l’unité d’épidémiologie des maladies émergentes. Voici leurs points communs :
► Symptômes similaires
« Premièrement, le virus de la COVID-19 et celui de la grippe donnent un tableau clinique similaire, marqué par des manifestations respiratoires. La symptomatologie est très variée : tandis que certains sujets sont asymptomatiques ou ont des symptômes bénins, d’autres présentent des manifestations graves voire décèdent« , indique l’Organisation mondiale de la Santé. Les deux virus provoquent des symptômes similaires. » Ecoulement nasal, fièvre, toux, courbature, fatigue, les premiers symptômes du Covid-19 sont comparables à ceux de la grippe » confirme le Dr Pierre Parneix, médecin hygiéniste et praticien hospitalier en santé publique.
► Mode de transmission similaire
Les deux virus se transmettent de la même façon : par contact étroit et rapproché (moins d’1.5 mètre), par les gouttelettes respiratoires (postillons, éternuements…) ou par l’intermédiaire d’un objet ou d’une surface, préalablement touché(e) par une personne infectée.
Quelles différences entre la grippe et le Covid (Omicron) ?
► Durée d’incubation. La grippe a une période d’incubation (délai qui s’écoule entre l’infection et l’apparition des symptômes) plus courte que le Covid-19 : entre 1 et 3 jours pour la grippe contre 3 à 5 jours (parfois jusqu’à 14 jours) pour le Covid-19.
► Rapidité de transmission. Le coronavirus a un intervalle sériel (rapidité de transmission du virus entre 2 cas qui se suivent sur la chaîne de transmission) de 5 à 6 jours tandis que la grippe a un intervalle sériel de 3 jours. La grippe se propage donc plus rapidement que le Covid-19.
► Taux de reproduction. Le taux de reproduction du Covid-19 (nombre d’infections secondaires provoquées par un individu infecté) est 2 fois à 2.5 fois plus élevé que celui de la grippe.
► Personnes touchées. Les enfants sont des vecteurs importants de transmission du virus de la grippe dans leur entourage. Pour le Covid-19, les études indiquent que les enfants sont moins touchés que les adultes et que les taux d’attaque cliniques chez les 0-19 ans sont bas.
► Complications. Le Covid-19 a des taux de formes sévères et de complications plus élevés que la grippe. Parmi les complications d’une infection au coronavirus : syndrome de détresse respiratoire aigu, insuffisance rénale aiguë voire défaillance multi-viscérale… « Jusqu’à maintenant, la Covid restait beaucoup plus mortelle que l’était la grippe. Donc on ne l’avait pas classé dans la catégorie des maladies respiratoires hivernales classiques. Elle va certainement y rentrer. Grâce à la vaccination, sa gravité décroit« , explique Brigitte Autran sur FranceInter le 10 octobre 2022.
Que faire et quand se faire tester ?
► Si vous présentez des symptômes qui peuvent faire penser au Covid, faites un test de dépistage en pharmacie (antigénique) ou en laboratoire (PCR) et respectez les gestes barrières dans l’attente des résultats.
► Protégez-vous avec un masque chez vous si vous vivez avec d’autres personnes et évitez de voir des personnes fragiles.
► Si vous présentez des difficultés respiratoires, appelez le 15 (ou le 114 pour les personne sourdes ou malentendantes).
► Les maux de tête peuvent être soulagés avec du paracétamol, non contre-indiqués en cas de Covid ou de grippe. Ne prenez pas d’anti-inflammatoires en revanche sans avis médical avant.
Sources :
– Questions-réponses : similitudes et différences entre la COVID-19 et la grippe, Organisation mondiale de la Santé.
– Interview du Dr Pierre Parneix, médecin hygiéniste spécialiste de santé publique, réalisée en février 2020.
Triste nouvelle pour la chanteuse Céline Dion qui a annoncé, dans une vidéo postée sur son compte Instagram le jeudi 8 décembre 2022, être atteinte du « stiff person syndrom« , ou syndrome de Stiff-man en français, aussi appelé syndrome de l’homme raide (SHR). « J’éprouve des problèmes de santé depuis longtemps et ce n’est pas facile pour moi d’y faire face. Récemment, j’ai été diagnostiquée avec un trouble neurologique très rare appelé Stiff person syndrome, qui atteint 1 personne sur 1 million. On ne sait pas encore tout de cette maladie rare, mais on sait que c’est la cause des spasmes musculaires dont je souffre. Malheureusement, ces spasmes affectent ma vie de tous les jours, à plusieurs niveaux. J’ai parfois beaucoup de difficultés à marcher ou utiliser mes cordes vocales pour chanter […] C’est un combat continuel« , explique, avec beaucoup d’émotion, la chanteuse, contrainte de mettre sur pause sa tournée. Qu’est-ce que c’est cette maladie ? Quels sont les symptômes ? La prise en charge ? A-t-il un impact sur l’espérance de vie ?
Définition : qu’est-ce que le syndrome de Stiff-man ?
Le syndrome de Stiff-man ou syndrome de l’homme raide (SHR) est une pathologie neurologique rare, dont la prévalence est estimée à environ 1 personne par million. Environ 2/3 des patients touchés seraient des femmes, avec un pic d’incidence autour de 45 ans selon le site Orpha.net, portail des maladies rares et orphelines. Elle se manifeste principalement par une raideur des muscles du tronc avec une déformation du rachis, et des spasmes douloureux. Ce syndrome a été décrit pour la première fois en 1956, par Moersch et Woltman, deux neurologues américains.
Quels sont les symptômes du syndrome de Stiff-man ?
Le tableau clinique est très évocateur. Cette maladie neurologique se caractérise par :
Une raideur musculaire progressive qui peut conduire à une immobilité du tronc et des hanches
Une démarche raide et atypique
Des spasmes musculaires spontanés ou réflexes, douloureux, pouvant provoquer des chutes et des épisodes de fracture
Une agoraphobie, associée à la réalisation de certaines tâches
Une tendance à sursauter de façon exagérée
Des déformations ankylosantes, telles qu’une posture lombaire figée en hyperlordose(accentuation des courbures soit au niveau cervical, soit au niveau lombaire)
Quelle est la cause du syndrome de Stiff-man ?
La cause de cette pathologie n’est encore pas certaine. Néanmoins, il semblerait que l’on retrouve la présence d’anticorps anti-acide glutamique décarboxylase (GAD) dans plus de 70% des cas, ce qui laisse à penser qu’il s’agit d’une pathogénie auto-immune. Ces anticorps pourraient bloquer la synthèse de l’acide gamma amino-butyrique (GABA), un neurotransmetteur inhibiteur, conduisant ainsi à une diminution de l’inhibition des motoneurones spinaux (responsable de la contraction d’un muscle). Selon une étude parue dans la lettre du rhumatologue n°269, on trouve fréquemment une association avec des maladies auto-immunes, telles que le diabète insulinodépendant (dans 30 % des cas), les dysthyroïdies, le vitiligo, l’anémie de Biermer. Dans 5 à 10 % des cas, on note la survenue de crises d’épilepsie. « Le lien entre ces deux pathologies n’est pas bien clair« , peut-on lire dans l’article paru dans la revue du rhumatologue.
Comment diagnostique-t-on le syndrome de Stiff-man ?
Le diagnostic de cette pathologie repose essentiellement sur l’examen clinique. Il est ensuite confirmé par la mise en évidence d’anticorps circulants anti-GAD et d’anomalies électromyographiques caractéristiques visibles lors d’une électromyographie (EMG). Afin d’exclure d’autres pathologies – mécaniques – comme lahernie discale ou la présence d’un kyste au niveau de la moelle épinière, il peut être nécessaire de réaliser un scanner de la moelle épinière. Egalement pour exclure des maladies de la moelle épinière comme une sclérose en plaques ou des tumeurs. Un examen du liquide céphalo-rachidien permet également d’éliminer un processus inflammatoire.
Quel est le traitement du syndrome de Stiff-man ?
Pour traiter les symptômes de la maladie, le médecin peut prescrire des benzodiazépines (particulièrement le Diazépam®) qui ralentissent l’activité cérébrale et du baclofène. Le Diazépam est généralement admis par voie veineuse ou par voie orale à la posologie de 10 à 100 mg par jour, une posologie bien sûr à adapter en fonction de l’efficacité et des effets secondaires. Les thérapies immuno-modulatrices (corticoïdes, immunoglobulines intraveineuses, plasmaphérèse) peuvent être proposées, mais avec des résultats variables. Une rééducation chez le kinésithérapeute doit souvent être entreprise afin de lutter contre les spasmes.
Le pronostic vital n’est a priori pas impacté.
Quelle est l’espérance de vie en cas de syndrome de Stiff-man ?
Généralement, les symptômes se stabilisent avec la mise en place d’un traitement par benzodiazépines. Toutefois, la plupart des patients présentent tout de même une limitation fonctionnelle franche. Le pronostic vital n’est a priori pas impacté. Lorsque le syndrome de Stiff-man est associé à une encéphalomyélite progressive avec rigidité et myoclonies (appelé PERM), le pronostic est un peu plus sévère et les symptômes sont plus difficiles à contrôler.
Sources : Site Orpha.net, portail des maladies rares et orphelines / Stiff-man syndrome ou syndrome de l’homme raide, la lettre du Rhumatologue numéro 269 de février 2021