Définition : c’est quoi le Syndrome de Klippel-Trenaunay ?
Aujourd’hui, lorsque l’on souhaite désigner du syndrome de Klippel-Trenaunay, on emploie, selon la classification de l’ISSVA (Société internationale d’étude des anomalies vasculaires (ISSVA)), le terme de malformation capillaro veino lymphatique (MCVL). « Il s’agit d’un syndrome combiné qui associe une malformation vasculaire à flux lent (capillaire, veineuse et/ou lymphatique), une hypo/hypertrophie osseuse en périmètre et en longueur et une hypo/hypertrophie des partie molles avec des variations du périmètre du membre atteint (par exemple en cas d’atteinte musculaire)« , explique le Dr Annouk Anne Bisdorff-Bresson, neuroradiologue. Dans ce cas, le membre atteint peut être alors un peu plus long et plus gros que du côté condro-latéral où il n’y a pas de malformation. L’atteinte existe dès la naissance et grandit progressivement avec l’enfant. « Le syndrome touche autant les hommes que les femmes et plutôt des sujets jeunes« , complète le Dr Yasmine Benshali, angiologue.
Quelle est la cause du Syndrome de Klippel-Trenaunay ?
Il s’agit de lésions congénitales bénignes. « L’enfant nait avec ces lésions (congénitales), mais elles ne sont pas héréditaires (c’est-à-dire transmises à sa descendance), poursuit le Dr Bisdorff-Bresson. Des mutations génétiques somatiques (existant dans le tissu malformatif atteint) ont été mis en évidence les dernières années dont la plupart sont des mutation Pik3 Ca« .
Quels sont les symptômes du Syndrome de Klippel-Trenaunay ?
Les symptômes diffèrent au cas par cas et selon l’extension. « Le phénotype (aspect extérieur) peut être variable selon le type de vaisseau atteint (capillaire, veineux ou lymphatique) et l’association ou non à une hyper/hypotrophie osseuse et/ou des tissus en profondeur (muscles par exemple)« , précise la neuroradiologue. « Si le patient présente 2 caractéristiques sur les 3 (angiome(s), hypertrophie des tissus mous et du tissu osseux ou dysplasie veineuse), on diagnostiquera un syndrome de Klippel-Trenaunay« , ajoute le Dr Benshali. La présence d’atteintes cutanées (également appelle « angiome » ou tâche vasculaire cutanée), qui correspondent à la participation « capillaires », peut être constatée dès la naissance. « Le syndrome de Klippel-Trenaunay (malformation capillaro-veino-lymphatique) peut être évoqué par les pédiatres en fonction de l’aspect clinique, c’est-à-dire selon qu’il existe ou non un envahissement des tissus en profondeur, et de l’aspect clinique spécifique« , reprend la neuroradiologue. Ce syndrome combiné bénin, grandit progressivement avec l’enfant. Le pédiatre peut ensuite adresser l’enfant, vers 4-5 ans, à un angiologue pour réaliser un échodoppler. « Cet examen permettra de rechercher des malformations veineuses sous-jacentes et d’évaluer l’existence du réseau veineux profond et superficiel ainsi que l’absence ou non d’envahissement des parties profondes, par exemple au niveau des muscles, détaille le Dr Annouk Anne Bisdorff-Bresson. Il permettra également de regarder si le système veineux profond est hypotrophique (réseau veineux partiellement perméable ou absent) ou hypertrophique (dysplasie veineuse hypertrophique) ». L’enfant peut également être orienté vers une Consultation multidisciplinaire « Anomalies vasculaires superficielles/Angiomes« . Dans tous les cas, la prise en charge multidisciplinaire (pédiatre, dermatologue, angiologue, radiologue, chirurgien…), est conseillée afin de définir ensemble de la stratégie thérapeutique à adopter.
Quelles sont les complications du Syndrome de Klippel-Trenaunay ?
Le syndrome de Klippel-Trenaunay (MCVL) peut avoir un impact sur la vie du patient, qu’il soit enfant ou adulte. Bien sûr, il faut adapter son mode de vie. La contention est indispensable et à porter le plus possible. « Toutefois chez un adolescent ceci peut être problématique, reprend le Dr Bisdorff-Bresson. Il est donc indispensable de lui expliquer qu’il a un « capital veineux » pour la vie et plus il le préserve tôt mieux il vivra avec sa « malformation » « . Les complications diffèrent d’un patient à un autre, selon l’atteinte :
veineuse (« on peut avoir des lésions suite à une stase veineuse par exemple des discolorations ou une souffrance cutanée »),
capillaire (érosions ou petites plaies au niveau de la peau…),
lymphatique (« présence de vésicules lymphatiques qui peuvent suinter ou présenter une porte d’entrée à d’éventuelles infections cutanéo-muqueuses« ).
Les patients qui présentent un syndrome de Klippel-Trenaunay (MCVL) ont une espérance de vie d’espérance comme celle de la population générale. Le patient apprend à vivre au mieux avec son syndrome. « Certaines patientes seront plus à surveiller pendant la grossesse notamment quand il existe un trouble de coagulation associé à leur malformation« . Dans certains cas, en présence d’une coagulopathie associée, celui-ci sera à surveiller pendant la grossesse un éventuel traitement anti-coagulant sera institué au cas par cas. « De même, la dysplasie peut toucher les muscles intra-abdominaux et pelviens ; ce qui constitue un risque thromboembolique à surveiller en cas de grossesse« , précise le Dr Benshali.
Quel est le traitement du Syndrome de Klippel-Trenaunay ?
La prise en charge thérapeutique repose essentiellement sur de la surveillance clinique simple (tous les 1 an à 1 an et demi). L’objectif est « d’expliquer ce syndrome et d’apprendre au patient à mieux vivre » avec cette pathologie qui est bénigne mais chronique. « Le port de la contention veineuse est indispensable, ainsi que l’activité sportive régulière et d’éviter la prise de poids inconsidérée« , insiste le Dr Annouk Anne Bisdorff- Bresson. En cas d’asymétrie de longueur de jambe >1,5 cm (mesurable à l’examen clinique et par radio-mensuration), le port des talonnettes de compensation (semelle ou externes) voire des semelles orthopédiques peuvent être conseillées. « Exceptionnellement une épiphysiodèse peut être indiquée (chirurgien orthopédique pédiatrique) : il s’agit d’interrompre le cartilage de croissance afin de limiter l’asymétrie de longueur« . Dans certains cas, « des embolisations, scléroses ou chirurgie exérèse des « veines marginales » (c’est à dire les veines dysplasiques surnuméraires) peuvent être proposées, ceci après une concertation multidisciplinaire ». Ces stratégies thérapeutiques sont prises en consultation pluridisciplinaire à partir de l’examen clinique et l’imagerie (échographie /cartographie de doppler, une phlébo-IRM, IRM…).
Merci au Dr Annouk Anne Bisdorff- Bresson, coordinatrice responsable de la Consultation Multidisciplinaire des Anomalies vasculaires du Service de Neuroradiologie de l’hôpital Lariboisière AP-HP et au Dr Yasmine Benshali, angiologue, à la Clinique du Parc à Castelnau le Lez (34).
Tous les ans, des personnes sont intoxiquées après avoir consommé des champignons non comestibles. »Plus d’une soixantaine de cas ont déjà recensés » alertait l’Agence Nationale de sécurité des médicaments (Anses) en septembre 2022, au début de la saison.En 2021, quatre personnes sont décédées suite à la confusion d’une espèce comestible avec une espèce toxique ; 1 269 intoxications ont été rapportées aux Centres antipoison ; 15 jeunes enfants ont été intoxiqués, l’un d’entre eux a dû bénéficier d’une greffe de foie.« Que vous soyez connaisseur ou cueilleur occasionnel, restez vigilant et respectez les bonnes pratiques pour une consommation en toute sécurité. » Conseils pratiques.
Combien d’intoxications de champignons en 2022 ?
Depuis le début du mois de septembre les intoxications rapportées aux Centres antipoison augmentent : plus d’une soixantaine de cas ont déjà recensés » a alerté l’Agence Nationale de sécurité des médicaments (Anses) dans un communiqué du 8 septembre 2022En 2021, quatre personnes sont décédées suite à la confusion d’une espèce comestible de champignons avec une espèce toxique ; 1 269 intoxications ont été rapportées aux Centres antipoison ; 15 jeunes enfants ont été intoxiqués, l’un d’entre eux a dû bénéficier d’une greffe de foie.
Quelles précautions quand on ramasse les champignons ?
Ne ramasser que les champignons que vous connaissez parfaitement : certains champignons vénéneux hautement toxiques ressemblent beaucoup aux espèces comestibles.
Cueillir uniquement les spécimens en bon état et prélever la totalité du champignon (pied et chapeau), afin d’en permettre l’identification.
Ne pas cueillir les champignons près de sites potentiellement pollués (bords de routes, aires industrielles, décharges).
Bien séparer par espèce les champignons récoltés pour éviter le mélange de morceaux de champignons vénéneux avec des champignons comestibles.
Déposer les champignonsséparément, dans une caisse ou un carton, mais jamais dans un sac plastique qui accélère le pourrissement.
Ne pas consommer de champignon identifié au seul moyen d’une application de reconnaissance de champignons sur smartphone, en raison du risque élevé d’erreur.
Photographiez votre cueillette avant cuisson.
Ne jamais donner à manger de champignons à de jeunes enfants.
Après la cueillette :
Au moindre doute sur l’état ou l’identification d’un des champignons récoltés, ne pas consommer la récolte avant de l’avoir fait contrôler par un spécialiste. Les pharmaciens ou les associations et sociétés de mycologie de votre région peuvent être consultés.
Bien se laver les mains après la récolte.
D’une manière générale, il faut consommer des champignons en petites quantités, bien cuits.
Ne jamais manger crus les champignons cueillis dans la nature.
Ne jamais donner à manger les champignons que vous avez cueillis à de jeunes enfants.
Le temps de cuisson des champignons varie en fonction des modes (20 à 30 minutes à la poêle, 15 minutes dans l’eau bouillante).
Que faire en cas de doute sur un champignon ?
Attention aux applications numériques qui proposent des systèmes de reconnaissance. Elles ne sont pas toujours fiables. Au moindre doute sur l’identification d’un des champignons récoltés, ne pas consommer la récolte avant de l’avoir faite contrôler par un spécialiste en la matière : pharmacien ou association de mycologie. L’association MycoFrance répertorie la liste des champignons toxiques et comestibles. L’Anses préconise de prendre une photo des champignons avant de les cuisiner : elle pourrait s’avérer utile en cas d’intoxication alimentaire. A noter que le pied de certains champignons n’est pas toujours comestible.
Comment conserver les champignons après la cueillette ?
Conserver les champignons au réfrigérateur (maximum 4°C) en évitant tout contact avec d’autres aliments et les consommer dans les deux jours après la cueillette.
Consommer les champignons en quantité raisonnable après une cuisson suffisante (20 à 30 minutes à la poêle ou 15 minutes à l’eau bouillante) et ne jamais consommer des champignons sauvages crus.
Ne jamais proposer de champignons cueillis à de jeunes enfants. Veiller à ce qu’ils ne mettent pas à la bouche un champignon trouvé dans le jardin ou la cour de l’école.
Comment cuire ses champignons ?
Il faut consommer des champignons toujours bien cuits. Pour la préparation des champignons comestibles, une cuisson d’au moins 15 minutes est recommandée pour détruire les microorganismes et les parasites susceptibles de contaminer la cueillette ou la récolte. Tous les champignons au caractère de toxiques crus, c’est-à-dire comprenant une toxine thermolabile, doivent être cuits à la poêle pendant 20 à 30 minutes de manière à atteindre une température à cœur de 70°C ou à l’eau bouillante à 100°C pendant 15 minutes. Dans ce cas, il est recommandé de jeter l’eau de cuisson. Pour les consommateurs, il est préconisé de consommer le champignon en parfait état de fraicheur, et en quantité et fréquence raisonnable, de 150 à 200 grammes de champignons frais par adulte et par semaine.
Les symptômes commencent généralement à apparaître dans les 12 heures après la consommation.
Quels symptômes en cas d’intoxication ?
Les signes en cas d’intoxication peuvent être plus ou moins graves selon le type de champignon consommé et la quantité ingérée. Ce sont souvent des troubles digestifs (diarrhées, vomissements, nausées), parfois des tremblements, des vertiges, des troubles de la vue, des atteintes du foie pouvant être dans certains cas mortelles. « Les symptômes commencent généralement à apparaître dans les 12 heures après la consommation et l’état de la personne intoxiquée peut s’aggraver rapidement« , indique l’Anses sur son site Internet.
Que faire en cas d’intoxication ?
Si vous constatez l’apparition d’un ou plusieurs de ces symptômes à la suite d’une consommation de champignons ramassés dans la nature, appelez immédiatement le 15 ou le 112 ou le centre antipoison le plus proche de chez vous. Il est très important de mentionner à votre interlocuteur que vous avez consommé des champignons, de préciser l’heure du dernier repas, l’heure de survenue des premiers signes ainsi que de décrire précisément les symptômes.
Deux réflexes : Photographiez votre cueillette avant cuisson ! La photo sera utile au toxicologue du centre antipoison en cas d’intoxication, pour vous orienter vers le traitement le plus adapté. Et conservez les restes de la cueillette pour permettre une meilleure identification de l’espèce.
Numéros des Centres Antipoison 24/24 – 7/7
ANGERS : 02 41 48 21 21
MARSEILLE : 04 91 75 25 25
BORDEAUX : 05 56 96 40 80
NANCY : 03 83 22 50 50
LILLE : 08 00 59 59 59
PARIS : 01 40 05 48 48
LYON : 04 72 11 69 11
TOULOUSE : 05 61 77 74 47
Sources :
La saison des champignons a commencé, soyez vigilants ! Anses, 8 septembre 2022
Liste de champignons de culture et sauvages comestibles établie à partir d’un avis de l’ANSES du 4 avril 2017
On parle d’une forme précoce de maladie de Parkinson quand les symptômes apparaissent avant l’âge de 50 ans, dès 40 ans par exemple. Parmi les premières manifestations de la maladie, on retrouve des signes moteurs comme une rigidité, des crampes, des douleurs aux vertèbres ou aux articulations, des tremblements, des troubles de la marche et un risque de chute plus fréquent. Chez les personnes jeunes, le diagnostic de la maladie de Parkinson est plus long et difficile à poser. Est-ce possible d’avoir la maladie de Parkinson jeune ? Quel âge en moyenne ? Comment débute la maladie chez les personnes jeunes ? Quelle est l’espérance de vie quand on a eu une maladie de Parkinson jeune ?
Est-ce possible d’avoir Parkinson jeune ?
Si la maladie de Parkinson se déclare généralement à partir de 60 ans, il est cependant possible d’en être atteint de façon précoce (avant 50 ans). Il s’agit d’une maladie dégénérative du cerveau souvent accompagnée de symptômes moteurs et non moteurs pouvant entraîner d’autres complications.
A quel âge apparaît une maladie de Parkinson précoce ?
« On considère qu’il s’agit d’une forme précoce dès l’âge de 40 ans. Il y a mêmes des cas qui apparaissent autour de 20 ans mais plus on descend en âge, plus c’est rare« , explique le Pr Luc Defebvre, neurologue au Centre Expert Parkinson de Lille.
Quels sont les symptômes d’une maladie de Parkinson précoce ?
Les symptômes d’une maladie de Parkinson précoce sont sensiblement les mêmes que pour une maladie de Parkinson contractée à la soixantaine. Le patient ressent ainsi :
Un symptôme moteur est cependant davantage aperçu chez les personnes jeunes : il s’agit de la dystonie, une position anormale d’un membre. « Le pied peut se tordre de façon douloureuse à la course à pied par exemple ».
La maladie de Parkinson entraîne également des symptômes non moteurs comme :
Une perte de motivation dans les activités quotidiennes.
Causes : pourquoi la maladie de Parkinson se déclenche-t-elle chez une personne jeune ?
« Dans 20 à 25% des cas, on remarque qu’il existe un terrain familial chez les personnes jeunes souffrant de la maladie de Parkinson. Les patients jeunes contractent donc plutôt des formes génétiques« , précise le Pr Defebvre.
Comment pose-t-on le diagnostic de Parkinson chez une personne jeune ?
Le diagnostic repose principalement sur les observations lors de l’examen clinique (tremblements, lenteur des gestes etc.). Un examen d’imagerie fonctionnelle permettant d’étudier le métabolisme du cerveau peut être proposé. « La scintigraphie cérébrale au Datscan ou le Pet-scan à la Fluro-dopa permettent de préciser le niveau de fixation de ces traceurs dans le cerveau. Si l’on constate une perte de fixation, cela signifie alors qu’il y a une perte de dopamine. » La dopamine est un neurotransmetteur utile dans le contrôle de fonctions comme les mouvements, la cognition ou même la motivation. « Cette dégénérescence des neurones à dopamine est assez systématique, surtout dans les cas de Parkinson précoces. » Un test génétique – pour confirmer ou non une origine familiale – et éventuellement une IRM encéphalique peuvent venir compléter le diagnostic afin d’éliminer d’autres maladies plus rares.
Traitement : comment soigner la maladie de Parkinson chez une personne jeune ?
Le traitement proposé dans la maladie de Parkinson a pour but de compenser la perte de dopamine dans le cerveau. Pour cela, les médecins prescrivent principalement de la L-DOPA par voie orale, un précurseur de la dopamine. Des agonistes dopaminergiques sont aussi proposés. Leur action est plus prolongée que la L-DOPA mais il faut cependant rester prudent car ce traitement comporte des effets secondaires potentiels sur le comportement et la vigilance. « On évite donc de proposer de très fortes doses dès le début du traitement pour éviter d’importants effets secondaires », alerte le Pr Defebvre. Ce dernier recommande également de pratiquer une activité physique et sportive régulière voire renforcée car cela permet de ralentir la progression de la maladie.
Quelle espérance de vie pour la forme précoce de la maladie de Parkinson ?
« L’espérance de vie des Parkinsoniens a largement progressé ces 20 dernières années, assure Luc Defebvre. Nous voyons régulièrement des patients dépasser l’âge de 80 ans. Mais il est très difficile d’estimer l’espérance de vie car chaque patient a son profil évolutif.«
Merci au Pr Luc Defebvre, responsable du service de Neurologie et Pathologie du Mouvement au CHU de Lille et Président du Collège des enseignants de neurologie.
[Mis à jour le 19 décembre 2022 à 17h44] Les vacances de Noël ont débuté dans un contexte de forte circulation épidémique, avec le cumul de trois épidémies : la grippe, le Covid-19, et la bronchiolite. Pour limiter notamment les conséquences de la 9e vague de Covid qui déferle sur la France en cette fin 2022, des conseils de « bon sens » perdurent pour les fêtes de fin d’année, même s’il n’y a plus de jauge de convives ou d’obligation concernant le vaccin ou le masque. Le Comité de Veille et d’Anticipation des Risques Sanitaires (COVARS, instance qui a remplacé le Conseil Scientifique a émis des recommandations le 16 décembre 2022 « en prévision des prochaines fêtes de fin d’année, source d’importants brassages intergénérationnels en lieux clos« . Conseils de prévention, masque, dose de rappel, autotest… Le point sur les dernières recommandations.
Quels conseils de prévention pour passer des fêtes sereines ?
Pour éviter d’être porteur d’un virus et de contaminer ses proches, notamment les personnes les plus vulnérables, lors des réunions familiales et festives de fin d’années, il faut :
► S’assurer que les personnes fragiles ont bien reçu leur dose de rappel (et selon les cas la vaccination contre la grippe : les deux injections peuvent être pratiquées le même jour ou sans délai à respecter si elles ne se font pas le même jour)
► Renforcer les gestes barrières incluant le triptyque port du masque/hygiène et lavage des mains, notamment au moment de passer à table/aération des espaces clos
► Aérer régulièrement les pièces, en maintenant une fenêtre ou une porte ouverte au moins 10 minutes par heure ou en permanence si possible pendant l’événement.
► Faire particulièrement attention aux personnes âgées, fragiles ou non vaccinées
► En cas d’apparition de symptômes, il convient deconsulter prioritairement son médecin traitant, une maison ou un centre de santé.
► Si l’on est positif au Covid-19 ou cas contact, si l’on a des symptômes du Covid-19 ou de la grippe, même vacciné, il faut rester chez soi.
Faut-il porter un masque pendant les fêtes de fin d’année ?
À l’instar de François Braun, ministre de la Santé, le COVARS veut encourager les Français à porter le masque dans les lieux clos le plus possible. Ainsi, le port du masque n’est pas obligatoire mais recommandé, surtout quand la distanciation ne peut pas être respectée. Son port fait partie des gestes barrières. « De plus, le port du masque est nécessaire en cas de symptôme respiratoire, en particulier auprès des personnes vulnérables et dans les lieux publics« , recommande le Covars. « Le bénéfice » d’un port généralisé dans de tels lieux « porterait sur les trois épidémies en cours » (Covid, grippe, bronchiolite).
Faut-il faire un test avant les fêtes ?
« Afin de protéger les plus fragiles durant la période de fêtes, et en complément des messages sur la vaccination, une communication renforcée faisant la promotion de l’utilisation des autotests de dépistage COVID (en vente dans les pharmacies) pourrait renforcer le niveau d’appropriation de la gestion du risque par les Français. Cette démarche, avait déjà été utilisée et comprise par les familles en 2020 et 2021« , précise le Covars dans son document. Autrement dit, se faire tester n’est pas obligatoire pour se réunir pour les fêtes de fin d’année mais fortement recommandé si on ne veut pas prendre de risque. Par test PCR, test antigénique ou autotest, les Français sont invités à se faire tester le jour de l’événement ou la veille.
► En cas d’autotest positif, il faut rapidement réaliser un test de confirmation par RT-PCR ou test antigénique et prévenir les personnes avec lesquelles on a été en contact les jours précédents, pour qu’elles se testent et s’isolent dans l’attente du résultat, rappelle l’ARS des Pays de la Loire.
► En cas de résultat négatif avec un autotest, il faut rester prudent, car la fiabilité de ce type de test est moindre. Il est donc toujours possible que l’on soit porteur du virus et qu’on le transmette. C’est pourquoi il faut impérativement continuer à respecter les mesures barrières.
► Après les fêtes, on peut réaliser un auto-test de contrôle pour s’assurer que l’on n’a pas été contaminé par le Covid pendant les fêtes. En cas d’apparition de symptômes, il faut se faire tester (test RT-PCR ou antigénique) immédiatement. En cas de test positif, il faut prévenir immédiatement les personnes avec lesquelles on a été en contact lors des fêtes pour qu’elles s’isolent et se fassent tester.
Sources : Avis du 16 décembre 2022 du COVARS / Ministère de la Santé / ARS Pays de la Loire
Les mycoses sont des infections de la peau causées par la présence d’un champignon. Toutes les parties du corps y compris le cuir chevelu, les ongles et les poils peuvent être touchées par une mycose. La localisation au niveau des aisselles est loin d’être fréquente. En général, les lésions au niveau des aisselles ont un aspect clinique typique : lésions érythémateuses uni- ou bilatérales, le plus souvent prurigineuses et bien limitées. « Dans certains cas, l’aspect clinique peut être modifié du fait de l’humidité et de la macération dans cette zone. Une lichénification peut parfois apparaître dans un second temps, notamment du fait des démangeaisons et dues lésions de grattage« , souligne le Dr Françoise Foulet, dermatologue.
Quelles sont les causes d’une mycose sous les aisselles ?
La mycose sous les aisselles peut être due à la présence de champignons de type levures du genre Candida (Candida albicans) ou champignons filamenteux de type dermatophytes. Trois types de dermatophytes peuvent être observés : ► L’Epidermophyton flocosum est, responsable de l’atteinte des grands plis, mais est peu souvent isolé en culture ; ► Le Trichophyton rubrum peut également toucher cette zone mais il est en général le reflet d’une extension d’autres lésions notamment au niveau des pieds (pied de l’athlète, par exemple). « En effet, en l’absence de traitement antifongique ou en cas de mauvais diagnostic avec application de dermocorticoïdes, les lésions s’étendent et une dermatophytie profuse se développe« , ajoute-t-elle ; ► Trichophyton indotineae est un nouveau dermatophyte nouvellement décrit qui touche particulièrement les plis et la ceinture lombaire. « Initialement observé en Inde, il est en développement et émerge en Europe« . La particularité de ce dermatophyte est sa résistance aux traitements antifongiques et en particulier à la terbinafine.
Comment reconnaître une mycose sous les aisselles ?
À l’examen de l’aisselle, on observe, dans le cas de candidose, un fond du pli très érythémateux, avec un enduit blanchâtre et quelques fissurations. « Il y a en général en périphérie de l’aisselle de petites pustulettes très évocatrices de Candida qui vont confirmer le diagnostic », note le Dr Foulet. En cas de dermatophytie, les lésions sont annulaires et sont bien limitées.
Qui consulter en cas de mycose aux aisselles ?
Les médecins généralistes, dermatologues et mycologues peuvent prendre en charge cette pathologie. Il existe de nombreux diagnostics différentiels : eczéma atopique, eczéma allergique psoriasis des plis… Il est important de ne pas perdre de temps et de consulter très rapidement en cas de symptômes. En cas d’atteinte d’autres sites associés ou d’aspect atypique, il est conseillé de prescrire un prélèvement mycologique pour s’assurer du diagnostic. « Un cas particulier : si suspicion de T. indotineae, il faut consulter un dermatologue« , ajoute-t-elle.
Quel est le traitement d’une mycose sous les aisselles ?
Le traitement repose principalement sur l’application d’un antifongique local, quelle que soit la molécule, pour une durée d’un mois. En cas d’infection en parallèle d’autres zones du corps, elles devront également être traitées. Au quotidien, il est conseiller au patient atteint de mycose d’utiliser des crèmes plutôt que des lotions qui peuvent contenir de l’alcool et avoir un effet irritant. « Il ne faut pas non plus utiliser de poudre dans les plis car avec l’humidité, des agglomérats se forment et peuvent être source d’irritation et surtout diminuer l’efficacité du traitement« , conclut le Dr Foulet.
Merci au Dr Françoise Foulet, Unité de mycologie-parasitologie, Département prévention, diagnostic, traitement des infections, Hôpitaux universitaires Henri-Mondor (AP-HP), Créteil.
L’alimentation a un fort impact sur la santé du foie. En effet, certains aliments sont bons et permettent de le nettoyer tandis que certains sont un peu plus toxiques. « Ce qui est mauvais pour le foie paraît évident : il faut limiter l’alcool, les aliments qui sont trop riches en sucres, en graisses, et éviter la consommation de produits industriels ou transformés, souvent trop riches en additifs. Une alimentation mal équilibrée a tendance à fatiguer le foie, qui ne peut plus faire correctement son travail et assurer les fonctions biochimiques et métaboliques essentielles au bon fonctionnement de l’organisme« , explique d’emblée le Pr Patrick Marcellin, hépatologue à l’hôpital Beaujon et fondateur et organisateur de la Paris Hepatology Conference (Congrès annuel international sur les maladies du foie). En revanche, les aliments riches en antioxydants, en minéraux (magnésium, calcium, phosphore, fer) et en vitamines (A, B et C) sont bénéfiques pour le foie. Ils permettent de le nettoyer des toxines et de le protéger des maladies hépatiques. Liste et tour d’horizon des 7 meilleurs aliments « détox » pour le foie.
Le chocolat noir 70% de cacao minimum
« Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le chocolat, à condition qu’il soit noir et avec une teneur en cacao supérieure à 70% est bon pour le foie. Le magnésium qu’il contient a un effet protecteur sur cet organe. De plus, il est très riche en antioxydants, ce qui permet de retarder le vieillissement des cellules du foie, de les débarrasser de certaines toxines et de limiter les inflammations. Ces substances ont par ailleurs des vertus antidépressives et énergisantes« , indique le Pr Marcellin. Cela va sans dire, mais on évite le chocolat au lait ou blanc, très pauvres en cacao et trop riches en graisses et en sucres.
Aliments les plus riches en phosphore (Tableau Ciqual Anses) :
Noix du Brésil : 658 mg/100 g
Pignon de pin : 527 mg/100 g
Amande : 481 mg/100 g
Noix de cajou : 452 mg/100 g
Les noix
Les oléagineux (noix, noix du Brésil, de Pécan, de Macadamia, noisettes, amandes…) sont extrêmement riches en phosphore, « un sel minéral très bénéfique pour le foie« , précise l’hépatologue. Le phosphore permet de métaboliser les lipides, donc de digérer et de dégrader les graisses et d’éviter qu’elles ne s’accumulent dans le foie. Sans le phosphore, notre foie serait surchargé en graisses et on serait plus à risque d’avoir une maladie hépatique (stéatose par exemple).
Le fromage de chèvre
« Avant, le lait était un aliment noble. Aujourd’hui, il a moins bonne réputation car il est considéré comme trop gras et difficile à digérer. Conséquence : les gens sont énormément carencésen calcium, un nutriment pourtant indispensable à la formation et à la solidité des os et des dents, à la coagulation sanguine, à la conduction nerveuse, à la libération des hormones, liste notre interlocuteur. Les produits laitiers, que ce soit le lait, les fromages ou les yaourts ne sont pas mauvais pour la santé lorsqu’ils sont consommés avec modération et sont même bénéfiques pour le foie. On privilégie tout de même les laitages pauvres en lipides (la cancoillotte ou le chèvre frais…)« .
Le thé vert
Le thé, et particulièrement le thé vert, est très riche en antioxydants. Ces molécules permettent d’activer et de détoxifier le foie, et ainsi de diminuer le risque de développer une maladie du foie (fibrose, stéatose, hépatite…). Par ailleurs, sa teneur en polyphénols, réputés pour leurs propriétés antioxydantes, aide à réduire le taux de lipides dans le sang et améliore la santé cardiovasculaire. C’est également un bon anti-cancer qui peut particulièrement diminuer le risque de cancer du foie. « On constate que dans les pays où on consomme beaucoup de thé, le nombre de maladies du foie est moins élevé« , indique l’hépatologue. Une étude néerlandaise de 2017 publiée dans le Journal of Hepatology a montré qu’une consommation fréquente de thé vert (supérieure à 3 tasses par jour) réduisait le risque de raideur du foie (plus le foie est raide, plus il y a un risque de fibrose et donc plus il y a un risque de stéatose, voire de cirrhose).
Gare aux tisanes « bonnes pour le foie » dont les effets n’ont jamais été démontrés.
→ Mise en garde : « Certaines tisanes ou décoctions, à l’artichaut par exemple, sont vendues dans les rayons phytothérapie comme « hépato-protecteurs ». Elles stimuleraient les cellules hépatiques et aideraient à traiter les dysfonctionnements du foie (insuffisance hépatique…). On ne peut pas dire que ces produits sont mauvais pour le foie, en revanche, leur efficacité n’a jamais été démontrée par des études scientifiques« , tient à indiquer le spécialiste.
Les abats (bœuf, veau…)
Le foie a besoin de fer : le stockage du fer se fait principalement dans le foie, grâce à la ferritine, une protéine qui assure le transport du fer dans l’hémoglobine en cas de besoin. « En cas de carence en fer, le système immunitaire est affaibli et les cellules du foie peuvent légèrement dysfonctionner. Par ailleurs, le foie est capable de prendre le fer nécessaire sans qu’il y ait un risque de surcharge (sauf en cas de maladie génétique appelée l’hémochromatose). Il faut donc veiller à consommer suffisamment de viande, particulièrement la viande rouge (bœuf) ou les abats, qui sont riches en fer » explique l’hépatologue.
→ Attention : un excès de viande rouge peut être pro-inflammatoire. L’OMS et l’Institut national du Cancer conseillent aux individus de limiter leur consommation de viande rouge (pas plus de 500 g par semaine), de privilégier la consommation de volaille et d’alterner avec poissons, œufs, coquillages et légumes secs, également riches en fer et en protéines.
→ N’hésitez pas à faire une cure de fer deux fois par an (au printemps et à l’automne), conseille le Pr Marcellin.
Les fruits rouges (cassis, myrtille, fraise)
Les fruits rouges, comme le cassis, la myrtille ou la fraise, sont particulièrement riches en vitamine C. « Ils seraient bénéfiques pour améliorer la santé du foie et agir contre l’oxydation des cellules, notamment celles du foie« , indique le Professeur. Consommer ces fruits quotidiennement réduirait ainsi le risque d’inflammation et de lésions des cellules hépatiques. La vitamine C favorise également la synthèse du glutathion, un puissant antioxydant qui renforce le système immunitaire, détoxifie le foie et lutte contre les radicaux libres. « A noter qu’on a besoin d’un à deux grammes de vitamine C par jour« , ajoute-t-il.
→ Les agrumes sont également très riches en vitamine C : lecitron (53 mg de vitamine C pour 100 g), le pamplemousse (42 mg pour 100 g), l’orange (40 mg pour 100 g). Et aussi : le kiwi (93 mg pour 100 g), les litchis (71.5 mg pour 100 g).
→ Les légumes les plus riches en vitamine C : le poivron jaune (184 mg pour 100 g), le brocoli (106 mg pour 100 g) et les choux de Bruxelles (103 mg pour 100 g).
Le café
« Le café a souvent mauvaise réputation : beaucoup de mes patients pensent qu’ils ne doivent plus boire de café s’ils souffrent d’un problème hépatique. Or, des études récentes ont montré que la caféine, substance antioxydante, stimulait le fonctionnement des cellules hépatiques et avait un effet protecteur chez les patients souffrant d’une maladie du foie, comme la NASH, tient à rétablir l’hépatologue. Donc boire du café dans des quantités raisonnables, soit deux à trois tasses par jour (non sucré), améliore la santé du foie« .
Merci au Pr Patrick Marcellin, hépatologue à l’hôpital Beaujon