La scopophilie, scoptophilie ou pulsion scopique fait partie des pulsions sexuelles courantes selon Freud. La scopophilie désigne plus exactement la prise de plaisir en regardant quelqu’un d’autre. La personne observée ne serait perçue que comme un simple objet, que le scopophile aurait l’impression de contrôler en le regardant. À noter que cette pulsion est indépendante des zones érogènes. « Longtemps attribuée à Jacques Lacan, la pulsion scopique est en réalité une notion freudienne qui date de 1905 et qui figure dans les trois essais sur la théorie sexuelle. C’est un texte qui traite du développement psychosexuel de l’enfant jusqu’à la puberté. La pulsion scopique est l’un des éléments fondamentaux pour que l’enfant développe sa curiosité autour de la sexualité. Mais c’est aussi une notion beaucoup plus élargie qui renvoie à l’observation des choses, comme par exemple le fétichisme des pieds« , commente Véronica-Olivieri Daniel.
Quelles sont les causes d’une pulsion scopique ?
La pulsion scopique fait partie du développement normal de l’enfant qui part à la découverte du monde : il regarde, il touche, il sent. Regarder, voir, est l’un des moyens les plus puissants que le petit enfant a pour découvrir le monde environnant. « Freud a décrit l’enfant comme étant un pervers polymorphe, animé par des pulsions diverses et variées, dont la pulsion scopique. Mais c’est seulement à l’adolescence que l‘œil devient la zone érogène la plus forte et la plus éloignée des organes sexuels« , précise la psychanalyste.
Exemple de pulsion scopique ?
La forme la plus connue de scopophilie est le voyeurisme mais des pulsions scopiques peuvent s’observer dans d’autres cadres. Aujourd’hui, les réseaux sociaux offrent cette possibilité de voir et d’être vu, de susciter l’intérêt et d’en retirer du plaisir. S’il appartient à tout un chacun de regarder des films pornographiques, de se rendre dans des lieux où les gens font des actes sexuels, la pulsion scopique prend une tonalité perverse lorsque la curiosité sexuelle devient trop intense.
La pulsion scopique n’est pas un symptôme
Comment traiter une pulsion scopique ?
La pulsion scopique n’est pas un symptôme, il n’est donc pas question de traitement. La pulsion scopique fait partie de tout un univers psychosensoriel qui nous permet, au travers de nos yeux, de partir à la découverte du monde, dès la petite enfance. « Il convient de consulter un psychanalyste et d’entreprendre une thérapie quand la notion d’équilibre n’est plus là« , prévient la spécialiste. Par exemple, lorsqu’un adolescent passe son temps sur des sites pornographiques ou des réseaux où il est question de sexualité. Ou encore, lorsque des adultes se retrouvent dans l’incapacité de faire l’amour sans avoir recours au voyeurisme. En fin de compte, tout est une question de place et d’intensité que cela prend dans la vie du sujet.
Merci à Véronica-Olivieri Daniel, psychologue clinicienne et psychanalyste.
Les glaires, ou jetages postérieurs, correspondent à des écoulements qui proviennent de la zone rhino-sinusienne et que le sujet ressent au niveau de sa gorge. Il s’agit de mucus, un liquide épais et visqueux, qui est sécrété par l’épithélium malpighien, c’est-à-dire la muqueuse qui recouvre l’ensemble du rhinopharynx. Le mucus constitue une barrière de première intention contre les agents pathogènes. « En temps normal, on avale du mucus sans même s’en rendre compte. Mais, lorsque la muqueuse est agressée par un microbe, un virus ou un agent allergène, elle va se défendre : elle se met à gonfler et à sécréter davantage de mucus. Ne pouvant plus s’écouler par le nez, les glaires s’écoulent par la gorge. À l’origine, les glaires sont transparentes mais si l’irritation perdure et devient chronique, elles peuvent s’infecter, s’épaissir et devenir jaunes ou verdâtres« , explique le Dr Anne-Sophie Hue, ORL spécialisée en chirurgie cervico-faciale.
Quelles sont les causes des glaires dans la gorge ?
L’aspect des glaires permet de déterminer leur cause. Des glaires jaunâtres ou verdâtres sont généralement révélatrices d’une infection comme une rhinopharyngite ou une sinusite chronique. Les glaires transparentes indiquent quant à elles qu’il n’y a pas d’infection. Elles peuvent alors être liées à une allergie, une rhinite vasomotrice, un reflux gastro-œsophagien ou une pathologie pulmonaire.
Sensation de glaire dans la gorge le matin : le signe de quoi ?
« La sécrétion de glaires le matin peut orienter vers une pathologie pneumologique ou une sinusite chroniquequi se vidange le matin« , informe l’ORL.
Sensation de glaire dans la gorge le soir : le signe de quoi ?
« Une sensation de glaire dans la gorge le soir oriente davantage vers une origine allergique ou une rhinosinusite« , indique la spécialiste.
Quand et qui consulter en cas de glaire dans la gorge ?
En présence de glaires depuis plus d’un mois, il est nécessaire de consulter un ORL. Celui-ci procèdera à un examen clinique et à un examen nasofibroscopique des sinus, des fosses nasales et du pharynx afin de voir si le sujet présente des signes de reflux gastro-œsophagien (RGO) au niveau du larynx.
Quels examens faire en cas de glaire dans la gorge ?
En cas de glaires dans la gorge, une nasofibroscopie sera réalisée en première intention. Un scanner des sinus et de la face sera réalisé en cas de doute sur une sinusite chronique. Un examen cytobactériologique des crachats (ECBC) permettra quant à lui de détecter une éventuelle infection respiratoire. En cas de reflux gastro-œsophagien, une fibroscopie oeso-gastroduodénale (FOGD) pourra être réalisée par un gastro-entérologue.
Il est important de bien humidifier sa chambre et faire des lavages de nez fréquents
Quel traitement pour soigner des glaires dans la gorge ?
Le traitement est fonction de la cause des glaires. « Dans tous les cas, un lavage de nez au sérum physiologique est nécessaire le matin et le soir afin de nettoyer la muqueuse nasale et de relancer le drainage mucociliaire« , prévient le Dr Anne-Sophie Hue. En cas de rhinite allergique, un spray nasal antiallergique ainsi que des antihistaminiques par voie orale peuvent être prescrits. Une sinusite chronique peut constituer une indication à la prescription d’un traitement antibiotiques associé à une corticothérapie par voie orale et locale. Parfois, une intervention chirurgicale est nécessaire. En cas de reflux gastro-œsophagien, un traitement par inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) peut être mis en place. En présence d’une pathologie pulmonaire, un traitement est instauré par le pneumologue. « De manière générale, il faut savoir que les glaires représentent un motif de consultation très fréquent. Avec l’âge, la muqueuse nasale fonctionne moins bien et réagit davantage à la pollution, aux microbes, aux virus, à la sécheresse de l’air. La présence de glaires devient physiologique à partir d’un certain âge. D’où l’importance de bien humidifier sa chambre et faire des lavages de nez fréquents« , argue notre interlocutrice.
Merci au Dr Anne-Sophie Hue, ORL spécialisée en chirurgie cervico-faciale.
Les érythroblastes sont des précurseurs de la lignée érythrocytaire. Fabriqués dans la moëlle osseuse, ils perdent leur noyau pour devenir des globules rouges matures. Ils représentent entre 10 et 30% des cellules présentes dans la moëlle osseuse. On distingue plusieurs types d’érythroblaste selon leur taille : basophiles, normophiles, et acidophiles. Ces cellules immatures sont parfois retrouvés chez les patients atteints d’un cancer du sang ou d’anémie.
Comment mesurer le taux d’érythroblastes dans le sang ?
Les automates sont capables de mesurer les érythroblastes dans le sang mais assez souvent, ils ne sont pas assez précis parce qu’ils peuvent mélanger les érythroblastes avec les globules blancs car ce sont des cellules qui font quasiment la même taille. Cela déclenche des alarmes. « Ces alarmes justifient un contrôle par une lame sur laquelle le biologiste effectue une numération des érythroblastes et du reste des cellules visibles dans le sang. Si la valeur des érythoblastes est trop importante, le biologiste procède à une correction des globules blancs car le chiffre rendu par l’automate est faux, il faut donc les réajuster au nombre d’érythroblastes« , développe Gaël Saintenoy.
Quelles sont les normes ?
La norme est l’absence d’érythroblastes dans le sang. « Les érythroblastes sont des cellules immatures que l’on ne retrouve pas à l’état physiologique dans le sang ou très rarement« , rappelle le biologiste. On peut en retrouver de manière physiologique et exceptionnelle chez le nouveau-né et chez la femme enceinte, ainsi que dans le cadre d’une hémorragie aigue, d’une cytolyse importante, dans les anomalies de l’hémoglobine, ou encore dans certaines maladies du sang héréditaires comme les thalassémies et la drépanocytose.
Que signifie un taux bas d’érythroblastes ?
Un taux bas voire inexistant d’érythroblastes est normal.
Que signifie un taux élevé d’érythroblastes ?
Un taux élevé d’érythroblastes dans le sang peut être révélateur d’une anémie, d’un cancer du sang, d’une maladie héréditaire du sang (thalassémie, drépanocytose), d’une anomalie de l’hémoglobine ou encore d’une cytolyse importante.
Stress, fatigue, exposition au froid ou au soleil… Et le virus de l’herpès labial se réactive. Picotements, vésicules, croûtes : le bouton de fièvre est de retour. S’il n’existe aucun remède miracle pour l’empêcher de sortir ou le faire disparaître du jour au lendemain, il existe en revanche des solutions pour freiner son évolution et accélérer sa guérison.
Qu’est-ce qu’un bouton de fièvre ?
Le bouton de fièvre est une petite vésicule ou un petit groupe de vésicules, siégeant habituellement à la jonction entre la muqueuse des lèvres et la peau du visage. En dehors de son aspect inesthétique, il est bénin, mais la contamination est fréquente en cas de poussées. Environ 7 millions de Français sont touchés par cette maladie.
Quelles sont les causes du bouton de fièvre ?
Egalement appelé herpès labial, le bouton de fièvre correspond à une atteinte cutanée occasionnée par le virus herpès simplex virus 1 (HSV1). Souvent contractée pendant l’enfance, cette primo-infection passe inaperçue dans un premier temps car le virus s’endort. « En présence de certains facteurs comme le stress, les règles menstruelles, la fièvre, une exposition prolongée au soleil ou la fatigue, le virus se réactive, se multiplie et crée, à la surface de la peau, une lésion » explique le Dr. Nina Roos, dermatologue à Paris. L’herpès labial est plus connu sous le nom de « bouton de fièvre » car il se manifeste sous la forme de petites vésicules dans lesquelles sont contenus le virus. En général, il s’accompagne d’une augmentation modérée de la température corporelle. Extrêmement contagieux, il doit faire l’objet d’un traitement local.
Quelles crèmes mettre sur un bouton de fièvre ?
Le traitement de référence est les médicaments antiviraux. A usage local, ils agissent sur le virus herpes simplex à l’origine de l’herpès labial en bloquant sa multiplication. Leurs effets : ils diminuent le temps de contagion, raccourcissent la poussée et diminuent son intensité. Les traitements locaux ne peuvent pas éliminer le virus de l’herpès, éviter la répétition ou la fréquence des crises. Les traitements locaux doivent être utilisés le plus précocement possible dès les premiers signes avant coureurs, avant l’apparition des vésicules : sensation de brûlure, tension et picotements au niveau des lèvres. Ils sont inefficaces s’ils sont utilisés trop tard, lorsque la croûte apparaît au moment de la cicatrisation. « Ils sont à utiliser pendant environ une semaine, jusqu’à l’apparition des croûtes », précise le Dr. Roos. Il est nécessaire d’arrêter le traitement local en cas d’aggravation des lésions ou d’absence de cicatrisation après 10 jours d’évolution. Dans tous ces cas demander l’avis du pharmacien ou d’un médecin. Deux traitements principaux :
Aciclovir 5%, crème
Ne pas utiliser chez l’enfant de moins de 6 ans. Ne pas appliquer dans l’oeil, la bouche ou le vagin. Appliquer la crème plusieurs fois par jour et ne pas hésiter à déborder autour de la lésion. Se laver les mains avant et après chaque application afin d’éviter de transmettre l’infection. Ces crèmes ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale.
Arracher la croûte retarde la cicatrisation
Penciclovir 1%, crème
Ne pas utiliser chez l’enfant de moins de 15 ans. Ne pas appliquer dans l’oeil, dans la bouche ou dans le vagin. Appliquer la crème plusieurs fois par jour en débordant autour de la lésion. Se laver les mains soigneusement avant et après chaque application afin d’éviter de transmettre l’infection.
« Si les éruptions sont fréquentes, parlez-en à votre médecin »
Quels sont les traitements homéopathiques de l’herpès labial ?
Si vous êtes adepte des petites granules, l’homéopathie peut représenter une alternative ou un complément d’un traitement classique :
Vaccinotoxinum est nécessaire dès l’apparition des premières manifestations.
Rhus toxicodendron est conseillé en cas de présence de vésicules.
Apis est à utiliser en cas de sensation de piqûre et d’œdème des lèvres.
Quels remèdes naturels pour soigner un bouton de fièvre ?
Le dentifrice. C’est un remède de grand-mère qui a parfois fait ses preuves. Il consiste à appliquer un peu de dentifrice sur l’herpès durant toute la nuit. En l’asséchant, il accélérerait sa disparition.
Les huiles essentielles. En particulier celles d’arbre à thé (tea tree) ou de ravintsara.« Appliquer une goutte pure au doigt ou à l’aide d’un coton tige, 2-3 fois par jour, recommande Sylvie Hampikian, pharmacologue spécialisée en phyto-aromathérapie. Bien se laver les mains après application. » Il est aussi possible de mettre une goutte d’huile essentielle dans un peu de crème (l’Aciclovir par exemple) que l’on va appliquer sur le bouton. Attention à éviter que le mélange ne touche les muqueuses internes de la bouche.
Que faire pour maximiser l’efficacité des traitements ?
Une fois les traitements en poche, il est important d’éviter le soleil, un froid intense (attention pendant les vacances à la neige) et de se reposer car le bouton de fièvre est souvent associé à un état de fatigue intense, de baisse de moral parfois aussi. Inesthétique et douloureux, il peut être difficile à vivre même si c’est l’affaire de quelques jours, voire d’une semaine.
Comment éviter que le bouton ne revienne ?
Lutter contre la fatigue et améliorer ses défenses naturelles sont les premières recommandations : veillez à avoir une alimentation équilibrée, un sommeil réparateur et à lutter contre le stress en pratiquant une activité physique ou de relaxation. « Si les éruptions sont fréquentes, parlez-en à votre médecin qui pourra vous prescrire des antiviraux par voie orale pour plusieurs mois, indique le Dr. Roos. S’ils ne guérissent pas de l’herpès, ils permettent d’espacer les récidives. »
Bouton de fièvre enceinte : comment le soigner ?
Cette manifestation est fréquente lors de la grossesse en raison de la fatigue que peut induire cet état.« L’automédication par voie orale est totalement déconseillée, prévient le Dr. Roos. En revanche, dès les premiers picotements, vous pouvez appliquer localement une crème antivirale. » Si les récidives sont très fréquentes ou que le bouton de fièvre se développe à d’autres endroits comme les organes génitaux, parlez-en à votre obstétricien.
Comment éviter la transmission d’un bouton de fièvre ?
Le virus étant très contagieux, celui ci peut être transmis à d’autres personnes. « Durant la poussée, évitez d’embrasser d’autres personnes,en particulier les enfants de moins de 6-7 ans, en particulier s’ils sont sujets à l’eczéma, insiste notre expert. Chez eux, le virus de l’herpès pourrait se propager à tout le corps. » Quelques gestes à adopter :
Ne pas toucher votre bouton de fièvre avec les doigts.
Ne pas partager la vaisselle ni la serviette de toilette.
Eviter les bisous et les contacts intimes.
Respecter la prescription de votre médecin.
Ce qu’il faut éviter de faire pendant un traitement de l’herpès labial
arracher la croûte retarde la cicatrisation,
désinfecter le bouton de fièvre avec de l’alcool ou des produits contenant de d’alcool car ceux-ci provoquent une irritation et entretiennent l’herpès,
mettre un fond de teint pour masquer les lésions en raison d’un risque de retard de la cicatrisation,
traiter les lésions avec des produits locaux contenant des corticoïdes.
Complications : herpès ophtalmique
Le virus de l’herpès présent autour de la bouche peut se propager à d’autres parties du visage. Il peut aussi s’étendre vers d’autres zones de son corps, comme par exemple les yeux, le nez, la peau ou les voies génitales. L’herpès ophtalmique survient au niveau des yeux : il peut aboutir à la perte de la vision de l’œil atteint si un traitement adapté n’est pas prescrit très rapidement. Devant l’apparition d’un oeil douloureux, l’avis et l’examen d’un ophtalmologiste sont indispensables pour effectuer un diagnostic et mettre en route un traitement. Certains médicaments et collyres sont contre-indiqués en cas d’herpès ophtalmique.
La liposuccion abdominale (du ventre) ou lipoaspiration du ventre est un acte de chirurgie esthétique qui permet de retirer de façon définitive les excès de cellules graisseuses (adipocytes) situées au niveau de l’abdomen. « Selon les cas de figure, on peut traiter les poignées d’amour, la taille, l’abdomen, la région de l’estomac et/ou les bourrelets dorsaux« , liste le Dr Sébastien Garson, chirurgien plasticien, membre de la Société Française des Chirurgiens Esthétiques Plasticiens (SOFCEP). La lipoaspiration abdominale est une intervention assez simple, aux risques assez limités, pratiquée en ambulatoire ou sous anesthésie générale par un chirurgien esthétique. Le geste consiste à introduire des canules sous la peau pour aspirer l’excès de graisses localisées.
La lipoaspiration du ventre est envisageable chez les personnes avec un excès de graisse localisé dans l’épaisseur de la paroi abdominale, sans excès de peau, et chez qui les régimes et l’activité physique n’ont pas montré leur efficacité. Le Dr Garson rappelle que pour que l’intervention soit réussie, « la qualité des tissus est très importante. Les tissus doivent avoir une bonne élasticité, ne doivent pas être trop relâchés, pour un meilleur redrapage suite à l’opération. »
« La ceinture abdominale est l’une des zones les plus demandées en matière de lipoaspiration » rappelle le Dr Garson. Pratiquée depuis les années 1970, la lipoaspiration est un acte maîtrisé qui offre de très bons résultats. Immédiatement après l’opération, la silhouette paraît plus harmonieuse. « Les résultats sont progressifs,prévient le chirurgien plasticien. Il y a un temps de résorption de l’œdème et des gonflements incompressible. Les patientes doivent bien comprendre qu’elles ne vont pas rentrer immédiatement dans leurs anciens vêtements. »Les premiers résultats commencent réellement à apparaître au bout de 3 à 4 semaines après la résorption de l’œdème. Au bout de trois mois environ, on obtient 75 % du résultat et il faut attendre entre 6 mois et un an, selon la capacité de rétraction et cicatricielle de la peau pour obtenir les résultats définitifs. Au terme de ce délai, les résultats sont satisfaisants, la lipoaspiration fait disparaître de façon définitive les amas graisseux. En effet, les « adipocytes ne se régénèrent pas une fois retirés » explique le Dr Garson. Bien sûr en cas de prise de poids importante la patiente risque à nouveau de prendre du ventre, « avec une prise de volume moins importante », d’où la nécessité de conserver une bonne hygiène de vie pour éviter les variations de poids. Enfin, la qualité du résultat de la lipoaspiration dépend aussi de l’élasticité et de la tonicité des tissus. Plus elle est optimale, mieux la peau se retendra après l’opération offrant un résultat naturel.
La liposuccion du ventre « se fait généralement en ambulatoire, mais cela dépendra du volume à retirer » éclaire le chirurgien plasticien. Dans les cas de lipoaspiration importante, une hospitalisation de 24 heures peut être nécessaire. Il s’agit d’une intervention rapide qui dure entre 30 minutes et deux heures, un temps variant là encore en fonction de la quantité de graisse à aspirer. L’intervention se passe généralement sous anesthésie générale, dans certains cas une anesthésie locale potentialisée peut aussi être réalisée. Lors de l’intervention, le chirurgien effectue de petites incisions dans les plis naturels de la peau (aine, pubis, nombril) pour camoufler les cicatrices dans lesquelles il introduit ensuite des micro-canules afin d’aspirer les amas graisseux. Une fois la lipoaspiration effectuée, il suture les incisions et les protège à l’aide de pansements.
La question de la douleur est propre à chacune, toutes les patientes n’ayant pas la même sensibilité. Toutefois, le Dr Garson précise que les douleurs s’apparentent plus « à des courbatures et des tiraillements en post lipoaspiration »qui pourront être soulagées si besoin avec la prescription d’antalgiques. A la suite de l’opération, le port d’un panty de compression est obligatoire pendant 2 à 4 semaines selon le volume de graisse retiré. Cette gaine de soutien permet d’optimiser les résultats en limitant les œdèmes, minimisant les gonflements et ecchymoses, et en favorisant la rétraction des tissus pour un retour à la vie normale le plus rapide possible. « Les suites opératoires pour une lipoaspiration sont les mêmes que pour une lipoaspiration classique, explique le chirurgien plasticien.Le retour au travail, selon le type d’activité, peut se faire sous 2 à 10 jours. Pour le sport, notamment à impact comme la course à pieds, mieux vaut patienter un mois et demi.«
La lipoaspiration n’est pas un traitement de l’obésité ni de surcharge pondérale.
Cette intervention n’est pas indiquée pour les personnes en surpoids qui souhaitent éliminer de la graisse viscérale, située autour des intestins. « La lipoaspiration n’est pas un traitement de l’obésité ni de surcharge pondérale, prévient le Dr Sébastien Garson. Elle aide à retrouver une silhouette harmonieuse, mais elle n’est pas indiquée pour les personnes en surpoids. Ces dernières devront plutôt se tourner vers une chirurgie bariatrique » qui supprimera à la fois la graisse viscérale et l’excès de peau généralement associé. La lipoaspiration du ventre ne dispense pas d’une bonne hygiène de vie, elle est même fortement recommandée.
Les chirurgiens plasticiens ont un recul de plusieurs dizaines d’années sur cette pratique. La lipoaspiration est une opération aux suites assez simples et offrant de très bons résultats quand elle est parfaitement indiquée et parfaitement réalisée. Toutefois, comme pour toute chirurgie, elle possède son lot de risques et d’effets secondaires éventuels, qui peuvent survenir dans de très rares cas. Parmi les suites possibles :
l’apparition d’un œdème et d’ecchymoses qui disparaissent au bout de quelques semaines,
des risques de phlébite. « Pour limiter les risques de phlébite, des piqûres d’héparine sont prescrites pendant une dizaine de jours » souligne le Dr Garson.
Tous ces risques qui doivent être parfaitement expliqués à la patiente lors de la consultation préparatoire.Parfois, une imperfection (asymétrie, aspect non lisse) peut apparaître. Elle est alors généralement corrigée sous anesthésie locale trois mois après la lipoaspiration. Afin de trouver un chirurgien qualifié, tournez-vous vers l’Ordre des Médecins ou le site de la SOFCEP.
La lipoaspiration est un acte de chirurgie esthétique qui n’est pas remboursé par l’Assurance Maladie. Toutefois, dans de rares cas quand elle est combinée à une abdominoplastie réparatrice, elle peut être prise en charge. Les tarifs d’une lipoaspiration du ventre varient en fonction du volume de graisse à retirer, du nombre de zones à traiter, du type d’anesthésie (locale, générale), des honoraires du praticien et de l’anesthésiste, la région, les frais de séjour en clinique… Le tarif débute à 3000 € environ. Le chirurgien doit toujours remettre à la patiente un devis détaillé et personnalisé affichant le prix de chaque prestation ainsi qu’une fiche de consentement. La patiente a alors un délai de réflexion de 15 jours.
Merci au Dr Sébastien Garson, chirurgien plasticien, membre de la Société Française des Chirurgiens Esthétiques Plasticiens (SOFCEP).
L’anti-inflammatoire Vioxx® prescrit en cas d’arthrose et de polyarthrite rhumatoïde entre 1999 et 2004 aux Etats-Unis (en France entre 2000 et 2004) a été retiré du marché mondial suite à la mise en évidence d’une augmentation d’un risque d’accidents cardiovasculaires notamment d’infarctus du myocarde et d’AVC. Ce retrait a fait l’objet d’un scandale touchant le laboratoire Merck qui le commercialisait. Selon un rapport du Congrès américain signé par le représentant de l’Etat de Californie Henry Waxman et repris dans le New England Journal of Medicine, Merck aurait dissimulé ses connaissances sur les effets secondaires cardiaques potentiellement mortels de ce traitement. Le laboratoire aurait également formé spécifiquement des représentants pharmaceutiques afin d’influencer les prescriptions des médecins.
C’est quoi le Vioxx et quelles étaient ses indications ?
Le Vioxx® (rofécoxib) est un médicament anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) de la famille des coxibs (inhibiteur sélectif de la cyclo-oxygénase-2) utilisé dans le traitement symptomatique de l’arthrose et de la polyarthrite rhumatoïde chez l’adulte, indiquait la Haute Autorité de Santé (HAS) en juin 2004. Il était disponible sur ordonnance et présentait l’avantage, selon son fabricant, d’avoir moins d’effets indésirables gastriques (brûlures, ulcères) et moins de saignements digestifs que les autres molécules utilisées dans les mêmes indications.
Pourquoi le Vioxx a-t-il été retiré du marché ?
Le laboratoire américain Merck retire le Vioxx du marché mondial en septembre 2004. « Cette décision intervient à la suite d’une analyse des résultats intermédiaires d’un essai clinique ayant mis en évidence un doublement du risque relatif d’événements cardiovasculaires (infarctus du myocarde et accidents vasculaires cérébraux) par rapport au placebo » indique l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) avant d’ajouter « que l’augmentation du risque n’est significative qu’au-delà de 18 mois de traitement continu, ce qui n’est le cas que d’un petit nombre de patients en France« . Les médicaments de la famille des coxibs, dont le rofécoxib, ont fait l’objet d’un arbitrage européen, initié par la France en 2002. La réévaluation a confirmé une balance bénéfice/risquefavorable de cette classe en avril 2004 tout en renforçant les mises en garde et précautions d’emploi pour limiter les effets indésirables gastro-intestinaux et cardiovasculaires à long terme. « L’hypothèse d’une élévation du risque cardiovasculaire avec les coxibs et plus particulièrement avec le rofécoxib a été évoquée à plusieurs reprises et la prudence recommandée chez les patients ayant des antécédents coronariens » précise l’ANSM.
Chronologie : commercialisation et retrait du Vioxx
► Le 20 mai 1999, l’agence américaine du médicament (FDA) donne son accord pour la mise sur le marché du médicament commercialisé par le laboratoire Merck & Co, le Vioxx. Cette autorisation est donnée en urgence, au bout de 6 mois contre une moyenne de 15 mois en général car le médicament est prôné comme étant moins agressif sur l’appareil digestif (moins d’ulcères et moins d’hémorragies intestinales. Il rapporte très vite beaucoup d’argent à Merck « dégageant jusqu’à 2,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires par an » rapportent nos confrères des Echos.
► Dès avril 2000,le Vioxx est commercialisé en France après une autorisation de mise sur le marché européenne et avant même la validation de son remboursement par la Sécurité sociale française.
► 30 septembre 2004 : Merck est contraint de retirer le Vioxx du marché mondial à la suite d’un essai clinique montrant une hausse du risque d’accidents cardiovasculaires en cas de traitement continu d’au moins 18 mois.
► En novembre 2004 : des patients américains puis français portent plainteaux Etats-Unis contre le laboratoire Merck. D’autres patients d’Italie et du Royaume-Uni décident aussi de porter plainte.
► Le 19 août 2005, Merck est condamné pour « négligence » lors d’un premier procès en responsabilité civile intenté par la veuve d’un homme décédé après avoir pris le Vioxx. Merck doit verser 229 millions de dollars de « dommages punitifs » et 24 millions de dollars d’indemnités pour souffrance psychique et perte d’un compagnon à la veuve.
► En 2006, plus de 16 000 plaintes ont été déposées aux Etats-Unis. Merck a dû affronter une dizaine de procès ; il en remporte plus de la moitié.
► En 2007, Merck accepte un accord à l’amiable de 4.85 milliards de dollars (4.48 milliards d’euros) sans admettre sa culpabilité pour indemniser des plaignants aux Etats-Unis.
► En mars 2010,le laboratoire Merck commercialise sur le marché français un nouveau médicament anti-inflammatoire, l’Arcoxia®. Même type de médicament pour le même traitement de l’arthrose. Le médicament avait été refusé par la FDA aux Etats-Unis en 2007. L’Union européenne donne son autorisation de mise sur le marché en 2002. En mars 2010, la France autorise également sa commercialisation sur son territoire. La HAS qualifie le rapport bénéfices/risques rendu par Arcoxia® modéré dans l’arthrose en avril 2015. Le médicament est toujours commercialisé en France.
► En novembre 2010, Maître Jaubert, avocat des victimes françaises du Vioxx qui ont porté plainte auprès des tribunaux américains engage une procédure civile devant le Tribunal de Grande Instance (TGI) de Paris. Le 29 mars 2013, la demande est classée sans suite.
► En décembre 2011 : Merck plaide coupable d’avoir enfreint la loi sur les aliments, les médicaments et les cosmétiques (FDCA) pour avoir introduit un médicament mal étiqueté, le Vioxx. Il doit payer 628, 3 millions de dollars.
► En 2012 : le ministère de la Justice américain condamne Merck pour marketing illégal du Vioxx. Un juge impose une amende de près de 322 millions de dollars.
► En 2016 : un Français s’estimant victime du Vioxx a déposé une plainte pénale contre X pour « délits d’entrave à la justice » au TGI de Paris. L’association d’aide aux victimes d’accidents des médicaments (AAAVAM) s’est constituée partie civile.
Pourquoi Merck a fait l’objet d’un scandale pour le Vioxx ?
Le laboratoire Merck est accusé d’avoir pris connaissance des effets secondaires potentiellement mortels avant sa commercialisation en 1999. La FDA disposait dès juin 2000 des résultats de l’étude clinique Vigor (Vioxx Gastro Intestinal Outcome Research) réalisé par Merck, qui montrait le risque cardiovasculaire engendré par le Vioxx. « L’étude VIGOR a montré que les patients ayant reçu du Vioxx (rofécoxib) avaient quatre fois plus d’infarctus du myocarde que ceux ayant reçu du naproxène » dénonce le représentant de l’Etat de Californie Henry Waxman dans un rapport publié en 2005. Après l’étude Vigor, la FDA et le laboratoire Merck se sont réunis pour discuter des effets secondaires cardiaques. « Merck a fait valoir que l’augmentation significative du taux d’infarctus du myocarde (qu’une analyse plus approfondie avait déterminé comme étant une multiplication par cinq) s’expliquait par un effet positif du naproxène, et non par un risque inhérent au Vioxx » poursuit Henry Waxman.
« Nos résultats indiquent que le rofécoxib aurait dû être retiré plusieurs années plus tôt »
La FDA a fait modifier la notice du médicament mais sans demander d’études complémentaires de sécurité. « Merck a en outre demandé à ses représentants de montrer aux médecins qui ont demandé si le rofécoxib provoquait un infarctus du myocarde une brochure intitulée « La carte cardiovasculaire » […] qui ne comprenait aucune donnée de l’étude VIGOR » peut-on encore lire dans l’article. Les études cliniques financées par Merck faisaient état de conclusions plus favorables pour la commercialisation du Vioxx. David Graham, directeur adjoint du service de la FDA chargé d’évaluer l’innocuité des médicaments, a affirmé lors d’une audition devant une commission du Sénat que ses supérieurs « avaient fait pression sur lui, voire l’avaient menacé, pour qu’il modifie les conclusions et recommandations« de son rapport montrant que le Vioxx augmentait fortement les risques cardiaques et de décès, peut-on lire dans Les Echos en novembre 2004. En décembre 2004, une méta-analyse suisse parue dans The Lancet rassemblant 18 essais contrôlés randomisés et 11 études observationnelles conclut que « l’effet cardioprotecteur du naproxène est faible et n’aurait pas pu expliquer les résultats de l’essai Vigor ». « Nos résultats indiquent que le rofécoxib aurait dû être retiré plusieurs années plus tôt » ont estimé les auteurs. Une nouvelle étude relayée dans The Lancet en février 2005 par David Graham montre que « sur les 2 302 029 personnes suivies (âgés de 18 à 84 ans traités par Vioxx entre le 1er janvier 1999 et le 31 décembre 2001, ndlr), 8143 cas de maladies coronariennes graves sont survenus, dont 2210 (27,1 %) ont été mortelles ». Les chercheurs ont conclu à l’augmentation du risque cardiovasculaire durant l’utilisation du traitement par Vioxx. Le laboratoire Merck était donc au courant des effets secondaires cardiovasculaires.
Combien de décès ont été rapportés à cause du Vioxx ?
« La FDA évoque entre 88 000 et 139 000 crises cardiaques, dont 30% à 40% probablement mortelles. Soit entre 26400 et 55600 morts potentiels » relatent les auteurs du livre « Effets secondaires : le scandale français » paru en 2016. Officiellement, aucun décès n’a été confirmé en lien avec la prise du Vioxx en France. « Statistiquement, si je prends les chiffres les plus pessimistes des Etats-Unis, rapportés à la France, on devrait avoir au moins 5 000 personnes pouvant prétendre à une indemnisation et autour de 2 000 décès » a indiqué Maître Didier Jaubert à nos confrères du Parisien le 1er avril 2016. De son côté, Georges-Alexandre Imbert, président de l’Association d’aide aux victimes des accidents des médicaments (Aaavam) a estimé dans l’ouvrage : « Il y a eu des morts à cause du produit, mais les autorités françaises refusent de le reconnaitre. Nous avons collecté 250 décès français.«
Sources :
– « Effets secondaires : le scandale français », Maître Antoine Béguin, Jean-Christope Brisard, Dr Irène Frachon, 2016.
– Les leçons du Vioxx — Innocuité et ventes des médicaments, New England Journal of Medicine, 23 juin 2005
– Risque d’infarctus aigu du myocarde et de mort cardiaque subite chez les patients traités par anti-inflammatoires non stéroïdiens sélectifs et non sélectifs de la cyclo-oxygénase 2 : étude cas-témoin nichée, The Lancet, Février 2005
-Vioxx (rofécoxib) Questions et réponses, FDA, 2004
– Le retrait du Vioxx, Sénat
– Avis Commission sur le Vioxx, HAS, 16 juin 2004
– Retrait mondial de la spécialité Vioxx, ANSM, 30 septembre 2004