Sélectionner une page
Anticorps antithyroïdien : taux normal, élevé, quand le faire ?

Anticorps antithyroïdien : taux normal, élevé, quand le faire ?

Définition : qu’est-ce qu’un anticorps antithyroïdien ?

Les anticorps antithyroïdiens (AAT) sont des anticorps dirigés contre la thyroïde. On parle d’anticorps auto-immuns car ils agissent contre un élément de l’organisme. « Les anticorps sont censés défendre l’organisme contre des agents extérieurs. Toutefois, certaines personnes ont des auto-anticorps, des anticorps dirigés contre eux-mêmes. Plus de 5 millions de français souffriraient d’une maladie auto-immune« , explique Magali Cocaul-André, endocrinologue à Paris. Il existe plusieurs types d’anticorps antithyroïdiens impliqués dans divers maladies thyroïdiennes comme la maladie de Basedow et la thyroïdite auto-immune type Hashimoto :

Quand faire un dosage des anticorps antithyroïdiens ?

On effectue un dosage des anticorps antithyroïdiens en cas de dysfonctionnement de la thyroïde pour aider au diagnostic d’ une pathologie thyroïdienne auto-immune. « En cas de dysfonctionnement de la thyroïde, on doit en rechercher la cause afin de décider de la conduite à tenir« , souligne notre experte. « La plupart des hyperthyroïdies sont liées à la présence d’anticorps qui stimulent la thyroïde et qu’on retrouve lors du dosage, signant l’existence d’une maladie de Basedow, mais l’hyperthyroïdie peut être liée à d’autres pathologies thyroïdiennes« , note l’endocrinologue. L’hypothyroïdie est souvent liée à un dysfonctionnement auto-immun même si on ne parvient pas à doser les anticorps. On peut observer des signes cliniques, trouver un taux de TSH élevé. Parfois, une échographie montrera une inflammation de la thyroïde qui permettra d’orienter le diagnostic. vers une thyroïdite auto-immune type Hashimoto. « Lorsque le tableau clinique est complet, le diagnostic est assez simple à poser mais parfois, c’est plus compliqué« , explique Magali Cocaul-André.

Comment se déroule un dosage des anticorps antithyroïdiens ?

Il s’agit d’une prise de sang réalisée en laboratoire, pas forcément à jeun, prescrite par un médecin généraliste ou un spécialiste. 

Quelles sont les valeurs normales des anticorps antithyroïdiens ?

« Il faut se baser sur la norme du laboratoire car ils n’ont pas tous les mêmes kits, ni les mêmes normes donc, dosage positif ou négatif, cela dépend du labo. Il ne sert à rien d’établir des normes« , note notre experte. 

Que signifie un taux d’anticorps antithyroïdiens élevé ?

Il n’y a pas de corrélation entre le taux des anticorps et leur pouvoir de blocage de la thyroïde. « Certaines personnes ont un taux positif d’anticorps mais leur thyroïde fonctionne très bien« , explique la spécialiste. La présence d’autres signes, cliniques et biologiques, est primordiale pour poser un diagnostic. « Le taux d’AAT est un signe à prendre en considération, qui peut révéler un dysfonctionnement de la thyroïde ou une autre pathologie auto-immune, mais le diagnostic et le traitement ne peuvent pas uniquement s’appuyer sur cet élément« , poursuit-elle. Noter qu’en l’absence de signes cliniques et en présence d’un taux de TSH normal, il n’y aucun traitement à prescrire, même avec un taux positif d’AAT, « une simple surveillance du patient suffira à ce stade ».

Que signifie un taux d’anticorps antithyroïdiens bas ?

Si le taux d’AAT est négatif, c’est que tout va bien ? « Pas forcément. Dans certaines hypothyroïdies, le fonctionnement de la thyroïde est totalement bloqué alors que le taux d’anticorps est indosable sur la prise de sang. C’est pourquoi le diagnostic est parfois difficile à poser » précise Magali Cocaul-André. Sans un faisceau d’arguments valables, le dosage des anticorps antithyroïdiens, positif ou négatif, ne fait pas le diagnostic.

Qui consulter en cas de dosage des anticorps antithyroïdiens anormal ?

Si le tableau est évident, un médecin généraliste pourra poser le diagnostic et traiter le patient. Les dysfonctionnements thyroïdiens sont désormais très fréquents. « Quand le diagnostic est difficile à poser c’est alors un endocrinologue, spécialiste de la thyroïde, qu’ il faudrait consulter« , conclut la spécialiste.

Merci à Magali Cocaul-André, endocrinologue à Paris, pour son expertise.


Source : JDF Santé

Sarcopénie : symptômes, cause, test, traitement

Sarcopénie : symptômes, cause, test, traitement

Définition : qu’est-ce qu’une sarcopénie ?

La sarcopénie est une pathologie liée au vieillissement physiologique qui s’observe fréquemment chez les personnes de plus de 70 ans. Elle se caractérise par une modification progressive de la composition corporelle, à savoir une augmentation de la masse grasse et une diminution de la masse maigre (incluant les muscles). « Ce syndrome correspond à une perte de masse musculaire, avec une infiltration graisseuse du tissu musculaire. Les muscles sont composés de différents types de fibres : les types I et les types II. Les fibres de type I sont à contraction lente, pour les exercices peu puissants et prolongés, tandis que les fibres de type II sont pour les réponses musculaires rapides. Ce sont ces fibres de type II qui sont atteintes dans le processus de sarcopénie« , détaille le Dr Marie Mathieu. On considère que le pic de masse musculaire est atteint entre 30 et 40 ans et qu’à partir de 40 ans, cette masse musculaire commence à décliner de 1 à 2% par an. La sarcopénie peut débuter vers l’âge de 30 ans, par une légère diminution de la force musculaire. Mais le processus peut être accéléré par des pathologies chroniques, la sédentarité, ou une alimentation non adaptée. À terme, la sarcopénie entraîne une perte de l’autonomie, des risques de chute, ou encore un affaiblissement du système immunitaire.

Quels sont les symptômes d’une sarcopénie ?

La sarcopénie passe généralement inaperçue au début, puis affecte les tâches du quotidien : marche, montée d’escaliers, transfert assis-debout. Trois stades diagnostiques sont élaborés : le stade de sarcopénie probable qui désigne l’altération seule de la force musculaire ; la sarcopénie confirmée, quand l’altération de la force est associée à une perte de masse musculaire ; la sarcopénie sévère quand il existe en plus une altération de la performance physique. Les risques de complications surviennent rapidement : la sarcopénie favorise les chutes, les fractures et les immobilisations, elles-mêmes considérées comme des facteurs aggravants de la sarcopénie. La sarcopénie retentit également sur la qualité de vie.

Schéma de la sarcopénie
Schéma de la sarcopénie © mosterpiece-123RF / journal des femmes

Quelle est la cause d’une sarcopénie ?

La sarcopénie est due à une altération quantitative et qualitative des fibres musculaires. Il s’agit d’un phénomène physiologique, dont la gravité s’accroît avec le temps. Les principales causes de la sarcopénie sont l’altération des protéines musculaires, la dégradation de la commande nerveuse des contractions musculaires, la baisse du taux d’hormones anabolisantes, de faibles apports en protéines, et la prise de certains traitements médicamenteux. D’autres facteurs comme une utilisation insuffisante des muscles peuvent favoriser la perte de la masse et de la force musculaire : répétition de périodes d’inactivité, d’alitement, ou d’hospitalisation. « La sarcopénie est dite primaire lorsqu’elle est en lien uniquement avec le vieillissement physiologique. Dans ce sens, elle présente un caractère inéluctable. Pour autant, il est tout à fait possible de ralentir ce processus et limiter ses conséquences. D’autre part, elle peut être secondaire à des pathologies inflammatoires, chroniques, rhumatismales ou encore neurologiques« , précise le médecin gériatre. 

S’inscrire dans la prévention grâce à une activité physique régulière et une alimentation équilibrée

Quel test pour diagnostiquer une sarcopénie ?

Le diagnostic de la sarcopénie repose sur l’évaluation de la diminution de la force, de la masse, et de la performance musculaire. Plusieurs outils peuvent être utilisés : 

La force de préhension au niveau du poignet mesurée à l’aide d’un dynamomètre. Ou encore le test de lever de chaise à 5 reprises : le sujet est assis sur une chaise, les bras croisés, et va se lever 5 fois de suite de la chaise. On considère que ce temps est trop élevé quand il est au-delà de 15 secondes. 

► L’évaluation de la masse musculaire peut être évaluée par le biais d’une IRM, d’un scanner ou d’une impédancemétrie. 

► La fonction musculaire est quant à elle évaluée par la vitesse de marche sur 4 mètres. Si cette vitesse de marche est inférieure à 0,8 mètres par seconde, elle signe une sarcopénie sévère. 

Quel est le traitement pour soigner une sarcopénie ?

Il n’existe pas de thérapeutique médicamenteuse validée pour prendre en charge la sarcopénie. La meilleure chose à faire, c’est de s’inscrire dans la prévention grâce à une activité physique régulière et une alimentation équilibrée afin d’optimiser son pic de masse musculaire jusqu’à l’âge de 30-40 ans, puis d’entretenir et de prévenir sa perte par la suite. L’activité physique contre-résistante, ou anaérobie, a fait ses preuves pour entretenir les fibres musculaires de type 2, lorsqu’elle est effectuée de manière régulière et sur le long terme, à raison de deux à trois séances de 20 à 30 minutes par semaine. « On va travailler l’activité physique au niveau des bras en soulevant des sacs de courses par exemple, en faisant un travail de relevé de chaise ou de relevé de jambes. Dans l’idéal, cette activité doit être associée à une activité physique en endurance comme la marche pour travailler les capacités cardiorespiratoires. Et si l’on s’inscrit dans une sarcopénie secondaire à une pathologie chronique ou à de la dénutrition, il faut absolument associer à l’activité physique une approche nutritionnelle avec une alimentation riche en protéines, indispensables pour l’anabolisme (la fabrication du muscle). Un accompagnement par une diététicienne semble central« , détaille le Dr Marie Mathieu.

La sarcopénie est-elle irréversible ?

Le renforcement musculaire et l’activité physique sont les meilleurs moyens de traiter et ralentir les effets de la sarcopénie. Des séances régulières, adaptées à l’état de santé du patient, permettent de maintenir (voire augmenter) la vitesse de marche et de transfert assis-debout, et d’éviter les chutes. Il peut s’agir d’exercices d’endurance, ou de répétition de gestes du quotidien. Il est recommandé de compléter l’activité physique par des apports en protéines pour limiter la fonte musculaire : par jour, entre 1 et 1,2 g par kg pour une personne âgée en bonne santé, et entre 1,2 et 1,5 g pour une personne dénutrie.

Merci au Dr Marie Mathieu, gériatre au CHU de Nantes.


Source : JDF Santé

Hyperspermie : définition, cause, quelle quantité de sperme ?

Hyperspermie : définition, cause, quelle quantité de sperme ?

Définition : qu’est-ce qu’une hyperspermie ?

L’hyperspermie correspond à une éjaculation de sperme dépassant les 6 mL. Cette anomalie ponctuelle ou chronique peut correspondre à une période d’abstinence sexuelle ou à une inflammation des vésicules séminales ou des glandes annexes. À l’inverse, l’hypospermie désigne un volume de sperme éjaculé inférieur à 2 ml. La réalisation d’un spermogramme permet de quantifier le volume de l’éjaculat et de détecter d’éventuelles traces de bactéries. 

Quelles sont les causes d’une hyperspermie ?

L’hyperspermie peut être liée à une abstinence sexuelle prolongée ou à une hypertrophie des vésicules séminales. Un volume trop important de l’éjaculat peut également intervenir dans le cadre de l’infertilité car cela entraîne une dilution des spermatozoïdes et peut occasionner un débordement vaginal.

Quelle quantité de sperme éjaculé lors d’une hyperspermie ?

« On parle d’hyperspermie lorsque la quantité de sperme éjaculée est supérieure à 6ml. L’hyperspermie ne doit pas être confondue avec la polyzoospermie, qui traduit une densité de spermatozoïdes trop importante, soit au-delà de 250 millions par ml de sperme. Cela affecte leur mobilité et leur vitalité et par conséquent, la fertilité« , explique le Dr Carol Burté, médecin spécialisée en médecine sexuelle. 

Quand et qui consulter ?

Si le volume de sperme se révèle gênant pour l’homme et/ou sa partenaire, il peut être intéressant de consulter un urologue. Toutefois, l’hyperspermie ne présente aucun caractère de gravité, elle peut juste être dérangeante. 

Quels examens faire en cas d’hyperspermie ?

L’hyperspermie n’étant pas pathologique, elle ne nécessite aucun examen. Un spermogramme peut éventuellement être effectué mais il n’aura que peu d’utilité.

Quelles sont les conséquences d’une hyperspermie ?

Contrairement à l’hypospermie qui peut engendrer une infertilité, l’hyperspermie n’a pas de conséquences sur la fertilité masculine. 

Quel traitement pour traiter une hyperspermie ?

« L’hyperspermie ne nécessite aucun traitement. Si elle est liée à l’abstinence, il peut simplement être recommandé d’avoir des rapports sexuels plus réguliers« , indique la spécialiste.

Merci au Dr Carol Burté, spécialisée en médecine sexuelle, sexologie et andrologie, Présidente de la Société Francophone de Médecine Sexuelle (SFMS).


Source : JDF Santé

Glomérulonéphrite : causes, signes, comment soigner ?

Glomérulonéphrite : causes, signes, comment soigner ?

Définition : qu’est-ce qu’une glomérulonéphrite ?

Une glomérulonéphrite est une atteinte rénale qui peut être aiguë ou chronique (i.e. évoluer pendant plus de 3 mois). Historiquement, la glomérulonéphrite aiguë post-infectieuse survenait à distance d’une infection à streptocoque (dans les suites d’une angine provoquée par cette bactérie). De très nombreuses maladies systémiques peuvent également s’accompagner d’une glomérulonéphrite, dont l’évolution peut être prolongée dans le temps : diabète, paludisme, toxicomanie, lupus érythémateux… Parfois, la cause de la glomérulonéphrite reste indéterminée.

Image d'une glomérulonéphrite
Image d’une glomérulonéphrite © designua-123RF / journal des Femmes

Qu’est-ce qu’une glomérulonéphrite membranoproliférative ?

La glomérulonéphrite membranoproliférative est une forme très rare de glomérulonéphrite dans laquelle il y a un remaniement de la membrane basale des glomérules (peloton de capillaires) associée à une prolifération inflammatoire plus ou moins importante au sein des anses capillaires glomérulaires. « La classification a été récemment modifiée pour mieux recouvrir les entités cliniques et guider les traitements. La classification actuelle repose sur le type de dépôt qui prédomine dans le glomérule : dépôts polytypiques d’anticorps ou dépôts prédominants de C3 (le C3 appartient au système du complément, l’un des composants de l’immunité inné antibactérienne). Les glomérulonéphrites membranoprolifératives avec dépôts d’anticorps, appelées glomérulonéphrites membranoprolifératives avec dépôts de complexes immuns, doivent faire recherche une cause systémique : lupus, cirrhose, infections profondes en première intention. Lorsqu’aucune cause systémique n’est retrouvée, on parle alors de glomérulonéphrites membranoprolifératives primitives. Les glomérulonéphrites membranoprolifératives à dépôts prédominants de C3 doivent faire rechercher une anomalie responsable d’une activation inappropriée du complément« , développe le Dr Myriam Dao.

Quelles sont les causes d’une glomérulonéphrite ? 

La glomérulonéphrite peut être primaire, c’est-à-dire trouver son origine dans les reins, ou secondaire, auquel cas le panel de troubles est large et d’autres organes peuvent être touchés. On distingue la glomérulonéphrite aiguë et la glomérulonéphrite chronique. La glomérulonéphrite aiguë survient essentiellement à la suite d’une infection de la gorge ou de la peau par des streptocoques (uniquement chez l’enfant de 2 à 10 ans) ou d’autres types de bactéries telles que le pneumocoque, le staphylocoque, ainsi que certaines infections virales et parasitaires. En l’absence de traitement, la glomérulonéphrite aiguë peut se transformer en glomérulonéphrite chronique. Cette dernière peut aussi être provoquée par une néphrite héréditaire. La glomérulonéphrite peut être idiopathique, ce qui signifie qu’aucune cause n’est retrouvée.

Quels sont les signes cliniques d’une glomérulonéphrite ?

Les signes cliniques des glomérulonéphrites sont ceux des atteintes glomérulaires : urine mousseuse qui traduit la présence d’albumine dans les urines, œdèmes des membres inférieurs, sang dans les urines, hypertension artérielle. Une glomérulonéphrite sévère peut entraîner des épanchements pleuraux, un épanchement péricardique, de l’ascite. A terme, le risque principal est celui d’une insuffisance rénale qui peut devenir irréversible. « Les glomérulonéphrites rapidement progressives sont une urgence néphrologique. Elles se caractérisent par une altération de l’état général qui s’installe sur plusieurs semaines voire plusieurs mois. Des signes extra-rénaux peuvent orienter notamment saignements de nez, rhinite croûteuse, troubles de l’audition, asthénie avec perte de poids, douleurs abdominales et articulaires, nausées et vomissements, parfois associés à un fébricule« , détaille la néphrologue

Comment pose-t-on le diagnostic d’une glomérulonéphrite ?

Les antécédents, l’examen clinique et le bilan biologique comprenant des analyses de sang et d’urine, permettent de suspecter une glomérulonéphrite. La présence de sang et de protéines dans les urines, facilement mise en évidence à l’aide d’une bandelette urinaire, traduit une inflammation du glomérule. Le diagnostic de certitude repose sur une analyse du rein au microscope après une biopsie rénale. Dans ce contexte, une insuffisance rénale s’aggravant rapidement justifie une hospitalisation dans les 24h en néphrologie afin de poser un diagnostic rapide, de débuter un traitement adapté et de limiter les conséquences de la glomérulonéphrite sur la fonction rénale.

Quel traitement pour soigner une glomérulonéphrite ?

Le traitement de la glomérulonéphrite est celui de la cause ayant provoqué la maladie. Typiquement, la glomérulonéphrite post-streptococcique survenant au décours d’une angine évolue favorablement après l’éradication du foyer infectieux. « Les autres glomérulonéphrites infectieuses (staphylocoques, endocardites) nécessitent la recherche et l’éradication du foyer infectieux. Lorsqu’une cause systémique (par exemple lupus) est identifiée, le traitement est celui de la cause. Dans le cas des glomérulonéphrites membranoprolifératives à dépôts prédominants de C3, des traitements immunosuppresseurs permettent de contrôler la maladie. Les glomérulonéphrites rapidement progressives nécessitent une hospitalisation en urgence pour confirmer le diagnostic et d’identifier la cause. Souvent, un traitement par immunosuppresseurs est proposé au décours« , précise la spécialiste. 

Merci au Dr Myriam Dao, néphrologue à l’hôpital Necker-Enfants Malades.


Source : JDF Santé

Dermatophagie : causes, comment arrêter de manger ses peaux ?

Dermatophagie : causes, comment arrêter de manger ses peaux ?

Vous avez l’habitude de mordre et arracher les peaux présentes au niveau de vos doigts et/ou autour des ongles de manière compulsive ? Vous êtes peut-être atteint de dermatophagie. Elle fait partie des comportements répétitifs centrés sur le corps (CRCC). Ce n’est pas une mauvaise habitude mais un trouble obsessionnel compulsif (TOC). Les personnes dermatophages rongent leur peau jusqu’au sang, le plus souvent au niveau des mains et des doigts mais cela peut affecter d’autres parties du corps. La dermatophagie détériore la santé mentale de l’individu. Quels sont les signes et les causes de ce trouble ? Quels sont les dangers pour la santé physique et mentale ? Comment en guérir ?

Définition : c’est quoi la dermatophagie ?

« La dermatophagie (du grec ancien « peau » et « manger ») désigne une envie compulsive et incontrôlée de ronger ou de manger sa propre peau, le plus souvent sur les doigts, mais toutes les parties du corps peuvent être concernées. Certains mordent aussi l’intérieur de la bouche » indique le Pr Laurent Misery, dermatologue et vénérologue. « La dermatophagie résulte d’une volonté de faire baisser l’état anxieux en se mordant la peau autour des doigts, le plus souvent des mains, plus rarement des pieds » complète Johanna Rozenblum, psychologue clinicienne. Il s’agit d’un trouble psychique entrant dans le champ des troubles obsessionnels compulsifs (TOC). « La dermatophagie peut également se rapprocher dans les cas les plus poussés d’un comportement d’automutilation » note la psychologue.

Quels sont les signes de la dermatophagie ?

Les personnes qui en souffrent mordent généralement de manière compulsive la peau au niveau des doigts, autour des ongles, des pieds… conduisant à des :

  • saignements
  • doigts rouge et gonflés
  • ongles détériorés
  • cicatrices
  • callosités
  • décoloration

Attention, la dermatophagie est à distinguer de la dermatillomanie qui consiste à se triturer la peau (main, cuir chevelu…) de façon pathologique.

Quelles sont les causes de la dermatophagie ?

« Ce qui déclenche le geste lui-même est un état de souffrance, de tension interne, de stress ou d’anxiété aigue. La personne ne trouve pas d’autres façons pour gérer cet état que d’adopter un comportement dysfonctionnel pour faire baisser la tension ou les pensées négatives afin de les canaliser » explique la psychologue. D’autres personnes se grattent et se mordent les peaux pour se concentrer. Si la dermatophagie est associée à d’autres TOCS, elle peut être liée à un état dépressif par exemple. ‘Dans ce cas, la dermatophagie devient un symptôme et fait partie d’un syndrome » note Johanna Rozenblum. La dermatophagie peut être favorisée par :

  • le tempérament (impatient)
  • l’environnement
  • l’âge (les symptômes des BFRB commencent généralement vers la puberté)

Quels sont les dangers de la dermatophagie ?

« Cette conduite anormale est assez fréquente et bénigne. Il y a toutefois un risque de surinfection » alerte le Pr Laurent Misery. Lorsque la peau est laissée à vif et ouverte à cause de la morsure, les bactéries peuvent pénétrer par la plaie. « Si la dermatophagie devient une obsession ou s’il y a d’autres comportements anormaux, elle peut cacher des troubles psychiques plus graves en amont » prévient le dermatologue. « La dermatophagie peut s’accompagner d’un sentiment de honte et d’une stigmatisation qui altère l’estime de soi » ajoute Johanna Rozenblum.

Comment guérir la dermatophagie ?

Si la dermatophagie est un problème comportemental, un TOC, il ne faut pas en avoir honte et chercher des solutions avec un professionnel de santé. « Une thérapie comportementale et cognitive (TCC) avec un psychologue s’avèrera efficace pour guérir de ce trouble du comportement » soutient Johanna Rozenblum. « On essaye de comprendre l’élément déclencheur du comportement : l’anxiété, une mauvaise estime de soi, l’ennui, une situation éprouvée comme une impasse etc. Ensuite, on recherche une alternative pour gérer son anxiété autrement que par des dommages corporels, sa tension interne ou ses pensées négatives » poursuit l’experte. On pourra par exemple :

  • tester une nouvelle activité physique,
  • manipuler de la pâte à modeler
  • manipuler une balle anti-stress

Il peut également être intéressant de consulter un dermatologue qui alertera sur les conséquences physiques de ce trouble. « Il est difficile de se décrocher d’un TOC, commencer par se fixer des petits objectifs et se récompenser des efforts fournis participe à la thérapie » rappelle la psychologue. On peut demander de l’aide à ses proches en les informant pour qu’ils nous alertent lorsqu’on effectue ces gestes de manière incontrôlée. « Si la dermatophagie est associée à d’autres symptômes tel qu’un état dépressif, on traitera la cause dépressive et un psychiatre pourra prescrire des médicaments tels que des inhibiteurs de recapture de la sérotonine, qui sont également des antidépresseurs » préconise la psychologue.

Merci au Pr Laurent Misery, dermatologue et vénérologue, membre du groupe psycho-dermato de la Société Française de Dermatologie (SFD) et à Johanna Rozenblum, psychologue clinicienne.


Source : JDF Santé

Polysomnographie : indications, résultats, déroulé

Polysomnographie : indications, résultats, déroulé

Définition : qu’est-ce qu’une polysomnographie ? 

La polysomnographie est un enregistrement neurophysiologique du sommeil au cours de la nuit. « Il s’agit d’un examen complet qui a pour objectif de détecter et quantifier les troubles du sommeil« , présente d’emblée le docteur Robin Jouan, médecin du sommeil. A l’aide de capteurs, on enregistre les signaux de la respiration, de la fréquence cardiaque, la respiration buccale et la saturation de l’oxygène« . Le patient est filmé lors de son sommeil et un micro est utilisé pour capter les ronflements.

Quelle est la différence avec une polygraphie ?

A la différence d’une polygraphie ventilatoire souvent réalisée en première intention, la polysomnographie va étudier en plus :

  • L’activité cérébrale
  • Les mouvements oculaires
  • L’activité musculaire des jambes et du menton

Indications : pourquoi faire une polysomnographie ? 

L’examen est recommandé en cas de troubles du sommeil sévères. Selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS), la polysomnographie est indiquée pour l’exploration de l’apnée du sommeil, les syndromes d’hypoventilation ou un syndrome de haute résistance des voies aériennes supérieurs. « L’examen est également préconisé en cas de suspicion d’hypersomnie, de narcolepsie, d’épilepsie nocturne ou si l’on recherche des mouvements périodiques de jambes associés au syndrome des jambes sans repos. Mais tous les troubles du sommeil ne donnent pas lieu à une polysomnographie » rapporte notre interlocuteur.

Comment se déroule une polysomnographie à l’hôpital ? 

La polysomnographie se déroule le plus souvent à l’hôpital, en clinique ou dans un laboratoire du sommeil. Le patient arrive à l’hôpital la veille, l’examen se déroule la nuit. « Des électrodes sont placées sur son cuir chevelu, sa poitrine, son visage ainsi que les bras et les jambes« , rapporte le docteur Robin Jouan. Le patient n’a pas besoin d’être à jeun et s’endort lorsqu’il le souhaite. « S’il suit un traitement, le patient pourra le prendre, en revanche aucun sédatif n’est donné pour aider à l’endormissement« , explique le docteur. L’examen dure environ 8 à 12h, certains patients peuvent rester plusieurs jours hospitalisés, notamment dans le cas d’hypersomnie. Une machine enregistre les données des appareils puis le médecin interprète les résultats. 

Peut-on faire une polysomnographie à domicile ? 

Il est possible de réaliser une polysomnographie à domicile. La mise en place du dispositif relève est un acte médical, « c’est un technicien du sommeil qui place les capteurs sur le patient et se charge du contrôle et des paramètres de la machine« . Au réveil, le patient retire seul l’ensemble du dispositif. Le médecin Jouan préconise tout de même une hospitalisation pour s’assurer du bon déroulé de l’examen, « si un capteur se décolle, le test est faussé et il faudra recommencer« .

Comment interpréter les résultats d’une polysomnographie ? 

En général, une seule polysomnographie suffit à évaluer le sommeil. Grâce aux informations recueillies, le médecin détermine un index des apnées et hypopnées au cours du sommeil. 

  • Un index égal ou inférieur à 5 est considéré comme la norme.
  • Entre 5 et 15, on diagnostique une apnée du sommeil légère 
  • Entre 15 et 30, une apnée du sommeil modérée 
  • Supérieur à 30, il s’agit d’une apnée du sommeil sévère

En fonction du nombre d’apnées, le patient se voit proposer un appareillage avec machine ou une orthèse d’avancement mandibulaire qui permet de libérer l’arrière-gorge et de ne pas bloquer le flux d’air. 

Quel est le prix d’une polysomnographie et quel remboursement possible ?

Sur prescription médicale, la polysomnographie est en partie remboursée par la Sécurité sociale. Certaines mutuelles peuvent compléter la prise en charge. 

Merci au docteur Robin Jouan, psychiatre et médecin du sommeil à Nice


Source : JDF Santé