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Quelle est la définition du surpoids ? Quel IMC ?

Quelle est la définition du surpoids ? Quel IMC ?

[Mis à jour le 21 février 2023 à 15h20] En France, 47% des adultes français seraient en surpoids dont 17% en situation d’obésité avec des valeurs plus élevées dans le nord et l’est de la France selon une étude publiée en février 2023 dans le Journal of Clinical Medicine. Elle est plus basse en Île-de-France et dans les Pays de la Loire. Le surpoids est plus élevé chez les hommes (36.9%) que chez les femmes (23.9%) et chez les plus de 55 ans (57% contre 23% des 18-24 ans). Le surpoids est déterminé par l’IMC. C’est quoi être en surpoids ? Comment savoir si on est concerné par le surpoids ? Comment calculer mon IMC ? Quelle situation en France ? Quels conséquences pour la santé ?

Quelle est la définition médicale du surpoids ?

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le surpoids est une accumulation anormale ou excessive de graisse, qui nuit à la santé. Il est principalement causé par une alimentation trop riche et une activité physique faible. C’est une maladie chronique associée à de multiples comorbidités et une mortalité importante. « En 2017, plus de 4 millions de personnes mouraient chaque année des suites de surpoids ou d’obésité, selon une étude sur la charge mondiale de morbidité.  Les taux de surpoids et d’obésité continuent d’augmenter chez les adultes et les enfants. Entre 1975 et 2016, la prévalence du surpoids ou de l’obésité chez les enfants et adolescents âgés de 5 à 19 ans a été multipliée par plus de quatre, passant de 4 % à 18 % à l’échelle mondiale » rapporte l’OMS.

30% des Français sont en surpoids

Quel est le pourcentage de personnes en surpoids en France ?

En 2020, la surcharge pondérale concerne 47% de Français dont 17% en situation d’obésité. Depuis 1997, la prévalence du surpoids (seul sans obésité) fluctue toujours autour de 30%. Les hommes sont plus souvent en surpoids que les femmes (36,9 % contre 23,9 %). Le surpoids (obésité inclue) touche 57% des 65 ans et plus contre 23% des 18-24 ans. La prévalence de l’excès de poids est de 51% chez les ouvriers, 45% chez les employés, 43% chez les professions intermédiaires et 35% chez les cadres. Dans le monde, 39% des personnes sont en surpoids et 13% en situation d’obésité selon les chiffres publiés en 2022 par la Commission des Affaires sociales du Sénat.

Quel est l’IMC d’une personne en surpoids ?

Selon l’OMS, une personne est en surpoids si son indice de masse corporelle (IMC) est supérieur à 25 kg/m². A partir de 30, l’IMC est signe d’obésité.

Comment savoir si on est en surpoids ?

Le surpoids est défini à partir de l’IMC (Indice de Masse Corporelle). L’indice de masse corporelle est une mesure simple du poids par rapport à la taille couramment utilisée pour estimer le surpoids et l’obésité. Il correspond au poids divisé par le carré de la taille, exprimé en kg/m2 . « L’IMC est corrélé à la quantité de masse adipeuse et c’est la mesure la plus utile pour évaluer le surpoids et l’obésité (…) car elle s’applique aux deux sexes et à toutes les tranches d’âge adulte. Il doit toutefois être considéré comme une indication approximative car, au niveau individuel, il ne correspond pas nécessairement à la même masse graisseuse selon les individus » souligne la Haute Autorité de Santé.

 

Quelle est la différence entre le surpoids et l’obésité ?

On différencie le surpoids de l’obésité tout d’abord avec l’IMC. A partir de 30 kg/m², on parle d’obésité qui est l’état d’excès pondéral supérieur. Les facteurs de risque et pathologies associées sont plus fréquents dans l’obésité. Le surpoids est un symptôme réversible alors que l’obésité est une maladie chronique complexe, difficile à traiter, parfois irréversible.

Quelles sont les causes du surpoids ?

Cet excès de poids est souvent dû à une mauvaise hygiène de vie (consommation excessive de nourriture, activité physique insuffisante) : lorsque l’énergie apportée au corps par l’alimentation est supérieure à celle dépensée par l’organisme sur une longue période, une prise de poids apparaît progressivement. Mais des facteurs génétiques sont aussi en causes, l’organisme de certaines personnes stockant beaucoup plus les graisses que la normale.

Quels sont les conséquences et risques du surpoids ?

Les personnes présentant une surcharge pondérale souffrent plus fréquemment de douleurs articulaires ou de lombalgie. Elles ont également un risque accru de développer une pathologie cardio-vasculaire de type hypertensioninfarctus du myocarde, angine de poitrine ou encore accident vasculaire cérébral (AVC). Des désordres métaboliques comme le diabète, des dyslipidémies (cholestérol élevé) ou encore une stéatose hépatique (foie gras) sont souvent associés à la prise de poids. Sans oublier les troubles respiratoires comme l’apnée du sommeil. Enfin, les adultes ayant une masse corporelle élevée ont une probabilité plus grande de développer un cancer.

Que faire en cas de surpoids ?

Pour perdre du poids, il est nécessaire d’associer les deux paramètres suivants : une alimentation saine, variée et équilibrée et une activité physique quotidienne.

Pour des conseils adaptés aux habitudes de vie permettant une perte de poids modéré suivi d’une stabilisation sur le long terme, un suivi par un médecin nutritionniste ou un(e) diététicien(ne) peut s’avérer utile.

Sources : 

– Obésité et surpoids : près d’un Français sur deux concerné, Inserm, 20 février 2023

– Obésité, OMS

– Surpoids et obésité de l’adulte : prise en charge médicale de premier recours, HAS, 2011.


Source : JDF Santé

Syndrome d'Hubris : comment peut-on se croire tout puissant ?

Le narcissisme, l’arrogance, le mensonge et la manipulation sont des caractéristiques du syndrome d’Hubris. Un syndrome particulièrement fréquent chez les chefs de gouvernement. « Qu’il s’agisse d’un mari violent, d’un chef d’entreprise mégalomane ou d’un chef d’état militariste, ce sont des personnalités extrêmement dangereuses pour autrui et d’une immense fragilité«  nous explique le Dr Bertrand Gilot, psychiatre. Le président russe Vladimir Poutine pourrait en être atteint selon des médecins qui l’ont observé depuis son entrée en guerre contre l’Ukraine, en février 2022. Beaucoup de rumeurs circulent par ailleurs sur son état de santé : cancer, maladie de Parkinson… Aucune n’a été confirmée.

Définition : qu’est-ce que le syndrome d’Hubris ?

Le syndrome d’Hubris est un trouble de la personnalité, non une maladie mentale. « Hubris » (ou « hybris ») en grec ancien signifiait « démesure » et en anglais « Orgueil ». Ce syndrome est inextricablement lié au pouvoir, c’est une condition préalable. Quand le pouvoir passe, le syndrome s’atténue. Une personnalité « hubristique » est particulièrement courante chez les chefs de gouvernement. En psychanalyse, on parle de « syndrome d’hubris » lorsqu’une personne fait preuve de « narcissisme, d’arrogance, de prétention, d’égotisme, voire de manipulation, de mensonge et de mépris » en réaction à son pouvoir.

Cette personne a le sentiment d’être invulnérable et d’avoir la toute-puissance.

Cette personne a le sentiment d’être invulnérable et d’avoir la toute-puissance. « La personne dépasse les limites de l’admissible dans la perception d’elle-même et dans le rapport aux autres. Il y a une surestimation de soi et une sous-estimation permanente des autres. Dans la notion d’hubris, dans la mythologie grecque, il y a aussi toujours la notion de violence, c’est un retour archaïque à la violence brute, à une puissance uniquement destructrice qui dépasse ce dont les humains devraient se contenter » nous explique le Dr Bertrand Gilot, psychiatre.

Quels sont les symptômes du syndrome d’Hubris ?

Plusieurs symptômes comportementaux sont associés au syndrome d’Hubris. Selon le médecin et ancien ministre anglais David Owen, il faut en présenter au moins trois ou quatre de la liste suivante pour être considéré comme atteint de ce syndrome : 

  • Propension narcissique à voir le monde comme arène où exercer son pouvoir et rechercher la gloire
  • Prédisposition à engager des actions susceptibles de se présenter sous un jour favorable, c’est-à-dire pour embellir son image
  • Attrait démesuré pour l’image et l’apparence
  • Manière messianique de parler de ce que l’on fait avec une tendance à l’exaltation dans la parole et les manières 
  • Identification de soi-même à la nation dans la mesure où les perspectives et intérêts des deux sont identiques.
  • Tendance à parler de soi à la troisième personne ou à utiliser le « nous »
  • Confiance excessive en son propre jugement et mépris pour les conseils ou critiques d’autrui.
  • Confiance en soi exagérée, à la limite d’un sentiment de toute-puissance, dans ce qu’ils peuvent réaliser personnellement.
  • Conviction qu’au lieu d’être responsable devant l’opinion publique, le seul tribunal auquel il devra répondre sera celui de l’histoire souvent accompagnée d’une conviction inébranlable que dans ce tribunal on leur donnera raison
  • Agitation, insouciance et impulsivité.
  • Perte de contact avec la réalité, souvent associée à un isolement progressif
  • Tendance à accorder de l’importance à sa « vision », à son choix, ce qui évite de prendre en considération les aspects pratiques ou d’évaluer les coûts et les conséquences indésirables.
  • Incompétence, lorsque les choses tournent mal parce qu’une confiance en soi excessive a conduit le leader à négliger les rouages habituels de la politique, du droit.

Les symptômes s’atténuent généralement lorsque la personne n’exerce plus de pouvoir. Il est moins susceptible de se développer chez les personnes modestes, ouvertes à la critique, qui ont un certain cynisme ou un sens de l’humour bien développé.

« On a bien souvent à faire à des grands paranoïaques et/ou à des grands pervers »

Quelles sont les caractéristiques d’une personne atteinte du syndrome d’Hubris ?

« Si on rattache ce syndrome à ce que l’on observe chez des humains qui ont eu beaucoup de pouvoir et qui l’ont exercé de façon tyrannique, on a bien souvent à faire à des grands paranoïaques et/ou à des grands pervers », poursuit le psychiatre. Le paranoïaque « plus souvent un homme » est celui dont on entend parler dans les faits divers : l’homme persuadé que son voisin fait des choses exprès pour lui nuire, qui va en parler à tout le monde, et qui, en voyant que personne ne le prend au sérieux, finit par tuer son voisin et se suicider derrière. Il ne se remet jamais en cause. « Ce sont des gens qui raisonnent de façon juste, structurée mais dont le raisonnement repose sur un postulat de départ qui est faux. On observe la même logique chez les tyrans. Hitler, Staline… Ce sont des gens intimement persuadés d’avoir raison au départ et qui vont mettre toute leur puissance au service de cette certitude d’avoir raison. Toute personne qui va s’opposer, contester ou même juste questionner cette certitude va être située dans ses ennemis. » S’ajoutent parfois les caractéristiques du pervers : « Le pervers ne considère pas l’autre en tant qu’autre, l’autre n’existe qu’en tant qu’outil ou objet que l’on va pouvoir utiliser ou abîmer si on en a envie. » L’autre est perçu comme une extension de soi-même dont on peut faire ce que l’on veut, il n’est pas perçu comme un être à part entière.

Il n’y a aucune place pour l’échec, le doute ou la nuance.

« Qu’il s’agisse d’un mari violent, d’un chef d’entreprise mégalomane ou d’un chef d’état militariste, ce sont des personnalités extrêmement dangereuses pour autrui et d’une immense fragilité«  poursuit le Dr Gilot. La personne qui a un profil « hubristique » ne laisse aucune place à l‘échec, au doute, à la nuance : « Tout est extrêmement brutal et en cas de confrontation à leur échec c’est généralement le suicide, le suicide violent, qui survient. Eventuellement en semant la destruction autour d’eux avant de se suicider. Cette position de toute-puissance est là pour se défendre d’une réalité qui est l’impuissance. »

Quelles sont les personnalités atteintes du syndrome d’Hubris ?

Le syndrome d’Hubris est particulièrement courant chez les chefs de gouvernement mais il peut toucher n’importe quelle autre personne dans la vie privée, au travail… et se manifester à n’importe quel âge. Dans son livre « In Sickness and in power », le médecin anglais David Owen considère que les quatre chefs de gouvernement suivants ont développé ce syndrome de l’orgueil : Lloyd George,
Margaret Thatcher, George W. Bush et Tony Blair.
En mars 2022, des médecins qui ont observé l’attitude du président russe Vladimir Poutine, en guerre contre l’Ukraine, estime qu’il en est atteint. 

Existe-t-il des traitements contre le syndrome d’Hubris ?

Il n’y a pas de traitement au sens « médicamenteux » pour « soigner » un syndrome d’Hubris. Selon le Dr David Owen, les symptômes s’atténuent généralement lorsque la personne n’exerce plus de pouvoir. Il faudrait aussi qu’elle soit entourée de critiques pour contrer son sentiment de « toute puissance » absolue. Mais encore faut-il que cette personne entende ces critiques et qu’elle parvienne à modifier son raisonnement ce qui est rarement le cas.

« Le silence est toujours plus dangereux que la parole. »

Que faire face à une personne qui a le syndrome d’Hubris ?

« Il faut s’en éloigner pour s’en protéger » répond d’emblée le Dr Bertrand Gilot. Au travail, le mieux est de quitter son emploi. Dans le couple devenu toxique, c’est la même chose, il faut se séparer de cette personne. « Chaque fois que vous essaierez de raisonner l’autre, vous aurez de toutes façons perdus car ça ne se joue pas dans le dialogue ou alors juste le temps d’imaginer d’autres solutions. » Dans un conflit géopolitique avec une personne assurée de sa toute-puissance et du bien fondé de ses actions -comme on l’observe avec le Président russe en guerre contre l’Ukraine  « il est compliqué d’imaginer un dénouement calme » explique notre interlocuteur. « On est uniquement dans le rapport de force avec un mépris total de l’autre où on est certain d’être victorieux. Il y a une course illusoire, une fuite en avant sans limite. Si le Président russe annexe l’Europe, il lui faudra l’Afrique, puis l’Asie… Or, plus il est victorieux, plus son potentiel de dangerosité augmente ». Alors que faire ?

  • Ne pas réagir et le laisser faire ? « C’est dangereux car la toute puissance est augmentée. Plus il obtient de succès, plus il prend de puissance donc de dangerosité. On a vu avec Hitler ce qui s’est passé. Il y a un besoin psychique de se conforter soi, la démonstration de force envers autrui vise surtout à se rassurer soi-même. Derrière cette grande dangerosité, il y a une immense fragilité interne,. On n’est plus dans une logique rationnelle. »
  • Résister ? S’opposer ? « Si on résiste, il va s’énerver. Si on s’oppose à lui et qu’on le met en échec il va être face à un effondrement de ses certitudes et il peut aussi être d’une violence extrême. »
  • Dialoguer ? « Dialoguer ne sert pas toujours grand chose mais ne pas dialoguer c’est pire. Le silence est toujours plus dangereux que la parole, c’est toujours vrai même face à ce genre de personnalité. On peut espérer que le dialogue instille un tout petit peu de doute, un tout petit peu de nuance. Il ne faut pas espérer que la personne revienne à la raison mais qu’il arrondisse un petit peu certains angles. » 
  • Le mettre face à ses échecs pour qu’il passe de la toute-puissance à l’impuissance ? « Etre face à un échec impossible à nier déstabilise mais on ne sait pas de quelles informations réelles il dispose pour évaluer cet échec, on ne peut pas savoir à l’avance le point de bascule entre les deux. » 

Merci au Dr Bertrand Gilot, psychiatre.

Sources : 

Hubris syndrome. David Owen. Clin Med 2008;8:428–32

In Sickness and in Power: Illnesses in Heads of Government During the Last 100 Years Relié – 30 mai 2008. David Owen.


Source : JDF Santé

Pastille d'iode : peut-on en acheter en pharmacie ?

Pastille d'iode : peut-on en acheter en pharmacie ?

Le 20 février 2023, presqu’un an après avoir déclaré la guerre à l’Ukraine, le président russe Vladimir Poutine a annoncé que la Russie suspendait sa participation à l’accord New Start établi avec les Etats-Unis en 2010, visant au désarmement nuéclaire. Il a ensuite appelé les autorités russes à se tenir « prêtes à des essais d’armes nucléaires » si Washington en effectuait en premier. En octobre 2022, le président américain, Joe Biden avait mis en garde contre un risque d’« apocalypse » nucléaire, à cause des menaces du président russe. Par crainte d’un accident nucléaire, des comprimés d’iode (iodure de potassium) peuvent être distribués aux populations à risque d’exposition pour les protéger d’une irradiation. A quoi sert l’iode en cas d’accident nucléaire ? Contre la radioactivité ? Quels risques si on est exposé à de l’iode radioactif ? Peut-on en acheter librement ? En pharmacie ? Sans ordonnance ?

Pourquoi prendre de l’iode en cas d’attaque nucléaire ?

En cas d’accident nucléaire, de l‘iode radioactif peut être libéré et peut ensuite se retrouver dans le corps, via les voies respiratoires (par inhalation) ou suite à l’ingestion de liquides ou d’aliments contaminés. Or, la glande thyroïde (située sur le devant du cou) est capable de stocker l’iode jusqu’à saturation. Si cette glande fixe de l’iode radioactif, il existe un risque accru de cancer de la thyroïde. C’est pourquoi en cas d’accident nucléaire, et si de l’iode radioactif est libéré, les autorités peuvent recommander de prendre de l’iode stable (non radioactif), disponibles sous forme de comprimés d’iodure de potassium, afin de protéger la thyroïde de l’irradiation. Ainsi, cela permet à la thyroïde d’être saturée par de l’iode stable (via une dose d’environ 1000 fois celle nécessaire à l’organisme quotidiennement) et d’éviter en conséquence l’absorption d’iode radioactif. Toutefois lors d’un accident nucléaire, différentes matières radioactives peuvent être libérées. L’iode stable n’est donc utile qu’en cas de libération d’iode radioactif, et les comprimés d’iode stable n’offrent pas de protection contre les autres substances radioactives. Enfin, la prise de comprimés d’iode ne doit s’effectuer que sur recommandation expresse des autorités compétentes car les comprimés ingérés ne sont efficaces que pendant un laps de temps d’environ 24h et avec un effet optimal après 2 heures. Il est donc inutile de prendre des comprimés d’iode par prévention, en consommer sans que la consigne ne soit donnée par les autorités pouvant au contraire exposer à des risques pour la santé. La recommandation de se mettre à l’abri reste en parallèle la solution la plus efficace et qui prime sur la prise d’iode.

Où acheter des pastilles d’iode ?

Les comprimés d’iode stable dosés à 65 mg sont fabriqués par la pharmacie Centrale des Armées. En France, l’iode stable peut être distribué gratuitement par les autorités compétentes (exemple : par voie postale) ou par les pharmacies, uniquement aux populations exposées à un risque nucléaire c’est-à-dire localisées dans un rayon de 20 km autour d’une centrale nucléaire. La délivrance de ces comprimés d’iode étant réglementée, elle ne peut se faire que sur présentation d’un justificatif de domicile ou d’un bon de retrait reçu remis par les autorités. Les stocks sont contingentés et toutes les pharmacies n’en disposent pas en permanence. Pour la population non concernée par cette procédure réglementaire, il est néanmoins possible de se procurer des comprimés d’iode auprès de pharmacies disposant d’un stock suffisant et en les payant. A noter que pour faire face à un éventuel accident nucléaire grave, l’État dispose de réserves suffisantes pour fournir l’ensemble de la population. Dans tous les cas, c’est le préfet qui donne la consigne de prise d’iode, par tous les moyens existants permettant de diffuser l’information (hauts parleurs de pompiers / gendarmes, sirènes, télévision, radio, etc.).

Photo de comprimés d'iodure de potassium
Photo de comprimés d’iodure de potassium © Mourad ALLILI/SIPA (publiée le 07/10/2022)

Peut-on acheter des comprimés d’iode en pharmacie ?

Seules les personnes vivant dans un rayon de 20 km autour des centrales nucléaires peuvent en principe retirer les comprimés d’iode en pharmacie, lors des campagnes de distribution organisées par les autorités ou lors de leur emménagement dans la commune concernée, cela sous la responsabilité des préfets. Les stocks sont en effet contingentés et réservés en priorité à cette population à risque. Toutefois si les approvisionnements le permettent (commandes via les grossistes), il est possible d’acheter librement des comprimés d’iode auprès des pharmacies qui en disposent.

Les pastilles d’iode sont-elles disponibles sans ordonnance ?

L’iodure de potassium est un médicament non listé qui ne nécessite donc pas de prescription médicale pour être délivré. En France et pour les personnes ou établissements situés dans un rayon de 20 km autour d’une centrale nucléaire, les boîtes d’iode stable sont remises gratuitement et sans ordonnance par les pharmacies des secteurs concernés, sur simple présentation d’un justificatif de domicile et/ou en remplissant un bon de retrait. Pour les autres personnes (non concernées par un risque nucléaire particulier), il est possible d’obtenir ces comprimés en pharmacie sans ordonnance, selon les stocks disponibles et en les payant.

Quels sont les effets de l’iode sur le corps ?

L’iode stable est un oligo-élément naturel absolument nécessaire à notre santé. Il entre dans la composition d’hormones fabriquées par la glande thyroïde, après fixation de l’iode inhalé ou ingéré sur cette dernière. Les hormones produites sont sécrétées par la thyroïde dans la circulation sanguine et agissent sur le métabolisme de différents organes. Elles jouent un rôle primordial, notamment dans la croissance et le développement. Pour fonctionner, la thyroïde a besoin d’une petite quantité d’iode naturel (en moyenne 150 microgrammes par jour) qui provient essentiellement de la nourriture, mais aussi en plus petite proportion de l’air que l’on respire (surtout présent dans les régions maritimes). En cas d’excès dans l’organisme, l’iode est rapidement évacué par les urines.

Saturée d’iode stable, la glande thyroïde est en incapacité de fixer l’iode radioactif.

Quel est l’effet de l’iode contre la radioactivité ?

Les comprimés d’iode stable (iodure de potassium) protègent la glande thyroïde contre une contamination radioactive. Un évènement grave comme un accident ou une attaque nucléaire peut entrainer le rejet dans l’atmosphère d’iode radioactif. Inhalé ou ingéré, ce radioélément entraîne l’irradiation de la population exposée, lui faisant alors courir un risque important de cancer de la thyroïde. C’est pourquoi pour éviter que la thyroïde ne fixe l’iode radioactif, une prise d’iode stable en comprimés et en grande quantité (exemple : 2 comprimés de 65 mg pour un adulte) constitue un moyen de prévention efficace. Saturée d’iode stable, la glande thyroïde est en effet en incapacité de fixer l’iode radioactif, ce qui protège les individus d’éventuels cancers de la thyroïde. Des comprimés contenant de l’iode stable sont distribués préventivement aux populations vivant à proximité des installations nucléaires. L’iode stable n’offre en revanche aucune protection contre les autres éléments radioactifs pouvant être libérés lors d’un accident ou d’une attaque nucléaire.

Quels sont les dangers des pastilles d’iode ?

Les comprimés d’iode peuvent entraîner certains effets secondaires comme un goût métallique dans la bouche, des nausées et des vomissements, des maux d’estomac, des diarrhées, des éruptions cutanées, des agitations et encore des palpitations cardiaques. Dans de rares cas, l’ingestion de comprimés d’iodure de potassium peut provoquer des troubles thyroïdiens tels qu’une hyperthyroïdie se manifestant par une accélération du rythme cardiaque, de la transpiration, de l’anxiété, de l’insomnie, des tremblements ou une perte de poids importante. Ces effets secondaires sont généralement transitoires et sans gravité, et ils disparaissent spontanément une fois l’iode éliminé par l’organisme. Si le problème persiste ou si l’état s’aggrave, il est toutefois impératif de consulter un médecin. Dans quelques cas exceptionnels, l’absorption d’iode peut entraîner des réactions d’hypersensibilité (rougeurs, œdèmes, douleurs cervicales, écoulement lacrymal, frissons, gonflement des glandes salivaires, fièvre).

Pour rappel, en cas d’alerte nucléaire :

  • Mettez-vous rapidement à l’abri dans un bâtiment en dur
  • Tenez-vous informé via les médias et les réseaux sociaux
  • N’allez pas chercher vos enfants à l’école
  • Limitez vos communications téléphoniques
  • Prenez les comprimés d’iode stable sur instruction du préfet et selon la posologie
  • Préparez-vous à une éventuelle évacuation

Quel est le prix des pastilles d’iode en pharmacie ?

Le prix de l’iodure de potassium est compris entre 3,80 euros et 5 euros en fonction des points de vente.

Y-a-t-il des contre-indications à la prise d’iode ?

Les contre-indications à la prise de comprimés d’iode sont exceptionnelles. Le risque de réaction d’hypersensibilité étant relativement faible, il ne constitue pas une contre-indication stricte à la prise des comprimés d’iode en cas de nécessité. Une personne allergique à l’iode ou ayant une pathologie thyroïdienne peut toutefois demander conseil à son médecin traitant par mesure de précaution, le risque lié à la prise de comprimés d’iode stable étant évalué au cas par cas.


Source : JDF Santé

Buddha Blue (PTC) : quels sont les effets de cette drogue ?

Buddha Blue (PTC) : quels sont les effets de cette drogue ?

[Mise à jour le 21 février 2023 à 11h24] Le « Buddha Blue », aussi surnommé PTC pour « Pète Ton Crâne », est une drogue de synthèse apparue il y a quelques années dans le Finistère (Bretagne) et qui séduit de plus en plus d’adolescents. Disponible à l’achat sur Internet pour une dizaine d’euros, ce cannabinoïde de synthèse se trouve sous forme de liquide à inhaler dans les cigarettes électroniques et imite les effets psychoactifs du THC. Le PTC est une drogue incolore et inodore que les tests salivaires classiques (pour la consommation de THC notamment) ne détectent pas. Le Buddha Blue est pourtant lié à de graves effets secondaires et déjà responsable de plusieurs hospitalisations. Trois lycéens de Sucy-en-Brie (Val-de-Marne) ont été hospitalisés après en avoir consommé rapporte BFM-TV le 10 février 2023 et une lycéenne de Tarbes (Hautes-Pyrénées) âgée de 15 ans a été hospitalisée en avril 2022 à cause du Buddha Blue rapportait La Nouvelle République des PyrénéesDeux cas d’overdose mortelle ont par ailleurs été recensés en Europe, informe Grégory Lange, de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie. En France, aucun décès n’a pour le moment été rapporté. Comment se consomme le Buddha Blue ? Quels sont les effets du PTC ? Est-ce que le PTC est légal ?

Définition : c’est quoi le Buddha Blue ?

Produit en Chine et en Inde, le Buddha Blue est un cannabinoïde de synthèse qui, à la différence du cannabis, n’est pas issu d’une plante et ne contient pas de THC mais des molécules qui en imitent les effets. Ses dosages sont difficiles à maîtriser et ses effets, même à des faibles doses, sont la plupart du temps beaucoup plus puissants que ceux du cannabis naturel.

Quels sont les effets du Buddha Blue (PTC) ?

La consommation de Buddha Blue commence par relaxer et « faire planer ». Euphorie, détente et sentiment de joie sont notamment les effets attendus. « Selon moi, les effets de cette drogue sont plus proches de ceux du LSD ou de la kétamine que ceux du cannabis. Parmi les témoignages des ados normands qui ont consommé du Buddha Blue ou les personnes qui se sont exprimées sur les forums, beaucoup disent qu’ils ne savaient pas ce qu’ils fumaient et qu’ils tiraient des bouffées les unes à la suite des autres sans trop faire attention. Et puisque les effets arrivent brutalement, ils se sont retrouvés coincés dans un terrible bad trip, un cauchemar qu’ils ne pouvaient pas arrêter et dans lequel ils étaient conscients« , décrit l’addictologue.

« Les effets de cette drogue sont proches du LSD ou de la kétamine. »

Sans compter que « comme il n’y a ni législation ni contrôle sur ces produits, les fabricants, qui les vendent au marché noir, ne mentionnent pas toujours sur les emballages qu‘il ne faut pas en prendre plus de 3 bouffées. Résultats : ces produits sont extrêmement surdosés. » 

Quelle est la composition du Buddha Blue ?

« On estime que ce produit serait composé d’un cannabinol de synthèse équivalent à une concentration en THC de 95%. Mais on ignore encore beaucoup de choses sur ce produit, si des analyses ont été menées et dans quelles conditions elles ont été réalisées. En comparaison, les joints de nos parents contenaient 6 à 8% de THC. Aujourd’hui, le cannabis que l’on trouve en France a une concentration en THC de 15 à 16%. Alors, avec un équivalent de 95% de THC, on peut facilement imaginer que les effets sont colossaux », relate Vincent Villiers, addictologue et hypnothérapeute spécialiste de la dépendance au cannabis. A noter que certains symptômes peuvent persister jusqu’à 24h après la prise. 

Comment consommer le Buddha Blue ?

Inodore et incolore, cette substance au goût séduisant se trouve sous forme de liquide à vapoter pour cigarette électronique. On peut également le pulvériser sur des herbes afin d’imiter le cannabis. Peu chère, elle peut être commandée sur Internet pour quelques dizaines d’euros et se trouve sous diverses appellations : Buddha Blue, Blue, Spice, Legal Eye, K2… 

Quels sont les effets secondaires du Buddha Blue (PTC) ?

Mais pendant la phase de « montée », le consommateur peut aussi ressentir des effets indésirables tels que :

  • faim
  • bouffées de chaleur
  • violents maux de tête
  • détresse respiratoire
  • tachycardie (le cœur bat très rapidement voire de façon irrégulière)
  • hallucinations
  • paralysie
  • crises de paranoïa et sorties de corps
  • perte de mémoire

Depuis un arrêté du 31 mars 2017, le Buddha Blue (qui correspondrait au cannabinoïde 5F-AKB-48) est classé sur la liste des stupéfiants. Sa vente et son utilisation sont donc illégales.

Que faire en cas d’intoxication au Buddha Blue (PTC) ?

En cas de crise d’anxiété ou d’attaque de panique, il est conseillé de s’asseoir, de mettre la tête en bas puis de respirer régulièrement et lentement. En cas de symptômes plus graves (comportement délirant, détresse respiratoire, hallucinations, tachycardie, crise de paranoïa…), appelez le 15 pour demander une assistance médicale. Ne conduisez surtout pas après avoir consommé cette substance. 

Peut-on être addict au Buddha Blue (PTC) ?

En théorie, plus la teneur d’un produit en THC est élevée, plus l’effet addictif est important. « Or, puisque les effets du Buddha Blue sont extrêmement puissants, tester cette drogue de synthèse génère souvent de l’angoisse. Peu de monde vit bien cette expérience hallucinatoire et peu de monde veut la réitérer« , explique Vincent Villiers. Autrement dit, à cause des effets violents voire traumatisants de cette substance, son effet addictif resterait donc modéré. 

Que faire si mon ado consomme du Buddha Blue (PTC) ?

« En addictologie, on ne parle pas de « dépendance » pour les adolescents, mais plutôt de « conduite addictive » puisqu’on estime que le cerveau des adolescents n’est pas encore terminé d’un point de vue structurel. C’est à un âge un peu plus avancé qu’on peut parler d’un phénomène de dépendance. Par ailleurs, la plupart des adolescents qui présentent des conduites addictives vont les abandonner à l’âge adulte. En revanche, il y a matière à s’inquiéter quand il y a suspicion de conduite addictive, quand l’ado se désociabilise, que ses notes chutent à l’école ou que son comportement change (agressivité, repli sur soi, manque de confiance, vulnérabilité, perte d’appétit…)« , explique notre interlocuteur. Pour aider un jeune à abandonner ses conduites addictives, des consultations jeunes consommateurs (CJC) sont dispensés par des professionnels dans certains Centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) ou dans des lieux spécialisés dans l’accueil des jeunes (Maisons des adolescents, Points accueil écoute jeunes). Il s’agit d’une méthodologie adaptée pour accompagner les ados dans leur conduite addictive à l’égard des substances tel que le cannabis et de leur proposer une aide avant que leur consommation ne devienne problématique. L’ado peut s’y rendre seul ou être accompagné d’un proche ou de ses parents. 

Merci à Vincent Villiers, addictologue et hypnothérapeute spécialiste de la dépendance au cannabis. 

Sources :

– Système d’identification des substances à l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT)

– Drogues Infos Services, l’Association Nationale de prévention en Alcoologie et en Addictologie de Normandie

– Drogues.gouv.


Source : JDF Santé

Que veut dire "polyhandicapé" ? Quelles conséquences ?

« Cette nuit, à minuit, mon petit ange, mon voleur de brosses à dents, mon petit lion au regard si doux, s’est envolé vers les étoiles, après 13 jours de lutte. Je n’ai plus de mots… seulement une immense douleur, et l’amour infini que j’ai pour lui » a posté Eglantine Éméyé sur son compte Instagram le 20 février 2023 pour annoncer le décès de son fils Samy âgé de 17 ans. Ce dernier était polyhandicapé et souffrait d’autisme et d’épilepsie. La prévalence du polyhandicap est de 0,50 pour mille en France, « ce n’est donc pas une situation rare » souligne la Haute Autorité de Santé. Que veut dire polyhandicapé ? Quelles causes ? Conséquences ? Quelles sont les maladies concernées ? Définitions.  

Que veut dire polyhandicapé ?

La définition française officielle du polyhandicap a été réactualisée par le décret du 9 mai 2017. Les personnes polyhandicapées sont celles « présentant un dysfonctionnement cérébral précoce ou survenu au cours du développement, ayant pour conséquence de graves perturbations à expressions multiples et évolutives de l’efficience motrice, perceptive, cognitive et de la construction des relations avec l’environnement physique et humain, et une situation évolutive d’extrême vulnérabilité physique, psychique et sociale au cours de laquelle certaines de ces personnes peuvent présenter, de manière transitoire ou durable, des signes de la série autistique« 

Quels sont les handicaps associés ?

La personne polyhandicapée présente des handicaps graves et multiples comme par exemple : 

  • l’absence de marche autonome
  • pas de langage oral signifiant
  • une déficience intelectuelle profonde

Quelles sont les causes du polyhandicap ?

Le polyhandicap fait suite à une lésion cérébrale grave et précoce, généralement avant l’âge de 2 ans. Comme le rappelle la Haute Autorité de Santé (HAS), « les causes sont connues dans 70% des cas ». Elles sont :

  • en majorité prénatales c’est-à-dire avant la naissance dans 70 à 80% des cas, « essentiellement génétiques »
  • périnatales c’est-à-dire lors de la naissance dans 10 à 15% des cas (grande prématurité par exemple)
  • postnatales c’est-à-dire après la naissance dans 10 à 15% des cas.

Quelles sont les conséquences du polyhandicap ?

La personne polyhandicapée est très dépendante de son entourage. Les atteintes cérébrales ont des conséquences sur la croissance, la mobilité, la perception, la cognition, les relations avec les autres… et ces conséquences évoluent au fil du temps. Parmi celles-ci : 

  • la douleur (nociceptives, neuropathiques, psychologiques)
  • le risque de dénutrition causé par les difficultés alimentaires (fausse route, refus de manger) et/ou digestives
  • l’épilepsie, c’est une comorbidité fréquente chez la personne polyhandicapée (50 à 65% selon les études)
  • les atteintes motrices et les troubles du tonus musculaire (hyper ou hypotonie par exemple)
  • les troubles neuro-orthopédiques (cypho-scoliose grave, fragilités osseuses entraînant des fractures)
  • les problèmes respiratoires (première cause de décès des personnes polyhandicapées)
  • les troubles digestifs (le reflux gastro œsophagien est très fréquent de même que la constipation)
  • les troubles du sommeil
  • les troubles du comportement (30 à 40% des cas).

Quelle est l’espérance de vie d’une personne polyhandicapée ?

L’espérance de vie de la personne polyhandicapée a augmenté depuis quelques années, mais reste inférieure à la moyenne.

Sources : 

Protocole National de Diagnostic et de Soins (PNDS) Générique Polyhandicap, HAS, mai 2020

Polyhandicap et handicaps rares, Ministère des solidarités, de l’autonomie et des personnes handicapées


Source : JDF Santé

Les 5 signes typiques d'une personne toxique (et comment s'en défaire)

Les 5 signes typiques d'une personne toxique (et comment s'en défaire)

Particulièrement populaire en ce moment, l’expression « personne toxique » est couramment utilisée dans les séries ou dans les livres, mais pourtant, elle n’est pas nouvelle. « La notion de toxicité remonte au moins aux années 1980 je dirais, indique en préambule Dana Castro, psychologue que nous avons interviewée sur ce sujet. Même si en fait, il y a toujours eu des personnes toxiquesOn en entend de plus en plus parler, peut-être parce que les relations ou les modes de communication sont plus compliqués, avec un sentiment d’urgence un peu plus aiguë qu’auparavant« . Mais concrètement, ça veut dire quoi « une personne toxique » ? Quels sont les signes à surveiller ? Et surtout, comment s’en détacher pour ne plus subir ?

Définition : ça veut dire quoi « être toxique » ?

« On est toxique pour quelqu’un quand notre comportement devient envahissant. Pour dire qu’une personne ou qu’une relation est toxique, il faut qu’il y ait un caractère chronique et que ça ait des conséquences délétères sur le bien-être d’autrui. Ces conséquences sont alors similaires à des toxines qui à terme, nuisent à la santé« . Une personne toxique peut être n’importe qui dans l’entourage : quelqu’un de son travail, un(e) ami(e), un parent, un conjoint… Et tout le monde peut, à un moment de sa vie, être au contact d’une personne toxique. « En effet, ce n’est pas seulement les personnes naïves ou vulnérables qui sont touchées, mais potentiellement tout le monde. La toxicité est une question de personnalité qui peut se révéler dans toutes les sphères de la vie« , confirme Dana Castro. 

5 signes pour reconnaître une personne toxique

« La toxicité d’une personne ne survient pas de manière aiguë. Au contraire, c’est un processus insidieux, durable, progressif et répétitif. C’est une sorte d’empoisonnement à petit feu qui renforce chaque jour un peu plus notre désorganisation interne« , illustre notre interlocutrice. On observe plusieurs signes évocateurs d’une forme de toxicité :

1. La personne toxique est égocentrée : pour elle, rien n’est gratuit (si elle vous offre son aide, elle vous le facturera d’une manière ou d’une autre). Aussi, ses besoins priment sur ceux des autres et la frustration de ses besoins peut entraîner des comportements et attitudes toxiques (culpabilisation, rabaissement, manipulation…)

2. La personne toxique fait preuve d’externalisation : les problèmes ou les désaccords ne peuvent pas provenir d’elle-même, c’est forcément de la faute de l’autre ou qui résulte d’une cause externe. 

3. La personne toxique a une forme de rigidité : elle ne sait pas écouter ou prendre en compte les avis ou les besoins de l’autre. Elle agit ou pense comme elle a décidé. Elle a un besoin central de tout contrôler et a tendance à intervenir dans vos décisions ou à s’immiscer dans vos affaires personnelles. La relation est forcément unilatérale puisque seuls les besoins d’une des deux parties sont réellement considérés. 

4. La personne toxique est culpabilisante et rabaissante : que ce soit par des comportements (par exemple, elle ne vous convie plus à ses événements pour vous sanctionner) ou par des propos (elle vous critique, vous fait des reproches, ne pointe du doigt que vos défauts, minimise vos sentiments, ignore vos ressentis…). Cela entraîne une remise en question chez la personne qui subit : elle commence à douter et ne sent plus à la hauteur. Elle développe ainsi des craintes et une peur de mal agir voire de perdre l’autre

5. Attention, la personne toxique n’est pas « que » mauvaise. « Justement, c’est ça qui est pernicieux puisque la personne peut être bienveillante par moment, attachante ou avec des qualités que l’on apprécie« , tient à préciser la psychologue.

Comment se sent-on face à une personne toxique ?

Les ressentis peuvent différer en fonction des personnes mais globalement, au contact d’une personne toxique :

  • On se sent démuni, fatigué mentalement
  • On fait preuve de beaucoup d’empathie, on excuse ses comportements
  • On se remet perpétuellement en question
  • On culpabilise de mal agir, de ne pas être à la hauteur
  • On se sent stressé face à elle
  • On a l’espoir infondé que la personne peut changer (par exemple, on va organiser un voyage dans l’espoir que la relation s’améliore, alors que fondamentalement, la personne ne peut pas changer. Certaines personnes vont même jusqu’à avoir des enfants dans l’espoir que l’autre change). 
  • On a tendance à l’idéaliser et à ne garder en tête que les bonnes périodes ou les bons côtés. 

Y a-t-il un test pour savoir si une personne est toxique ?

Non, il n’y a pas de test officiel pour poser le diagnostic de « personne toxique ». Seule une appréciation qualitative peut permettre de juger si une personne est toxique pour soi. « A partir du moment où le comportement d’une personne de son entourage est envahissant (on se sent étouffé, on est mal à l’aise, on ne sait pas comment agir…) ou nuit à notre épanouissement, c’est qu’il y a un problème« , poursuit notre interlocutrice. 

Que faire face à une personne toxique ?

Heureusement, il est tout à fait possible de faire face à une personne toxique ou de s’en détacher.

Une relation toxique s’arrête quand l’une des deux personnes ne rentre plus dans le jeu de l’autre

► 1ère étape : prendre conscience. Pour se défaire d’une personne toxique, encore faut-il savoir l’identifier et prendre conscience du problème. « La prise de conscience dépend des limites de ce qu’on est prêt à supporter. Elle peut être longue car certaines personnes ont des seuils de tolérance très élevés. Le déclic ne se fait pas du jour au lendemain », indique notre interlocutrice. 

► 2ème étape : ne pas s’auto-flageller. « Il ne faut surtout pas culpabiliser de ne pas s’en être rendu compte tout de suite. Au début, on ne s’aperçoit pas que l’autre est toxique. On le pardonne et on lui trouve des excuses », observe Dana Castro. D’autant plus que la personne toxique est habile et sait comment agir pour parvenir à ses fins, c’est ce qu’on appelle la manipulation et c’est très difficile à déceler. « Ensuite, on prend peu à peu conscience qu’il faut qu’on se « sauve » de cette relation qui n’est pas saine et qui nous fait du mal »

► 3ème étape : dire « non ». Il faut apprendre progressivement à s’opposer à l’autre, sans avoir peur des conséquences, avec la conviction qu’on est capable d’affronter ses peurs.

► 4ème étape : consulter un psy pour clarifier ses idées et se protéger. « Ce n’est évidemment pas une obligation mais il s’agit là d’une aide précieuse pour avoir les outils et être le plus armé possible dans son processus de séparation« , tient à préciser notre experte.

► 5ème étape : réussir à s’enfuir physiquement et psychiquement. « Face à une personne toxique, la solution radicale serait de s’enfuir et de couper les ponts le plus rapidement possible, mais dans les faits, ce n’est pas aussi simple que ça. On peut être loin géographiquement d’une personne et avoir son esprit complètement occupé par elle, et dans ce cas, la relation toxique persiste. Alors, avant de s’enfuir au sens physique du terme, l‘idée est de se défusionner psychiquement et progressivement de la personne toxique« , conseille la psychologue. Concrètement, il faut se distancier, ne plus agir en fonction d’elle. C’est un véritable travail d’auto persuasion et là encore ce travail de rétablissement est nécessairement progressif. Une relation toxique s’arrête quand l’une des deux personnes ne rentre plus dans le jeu de l’autre et qu’elle ne laisse plus de place à la manipulation. 

Merci à Dana Castro, psychologue et psychothérapeute. 


Source : JDF Santé