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Obésité : définition, en France, calcul, quel IMC ?

Obésité : définition, en France, calcul, quel IMC ?

[Mis à jour le 22 février 2023 à 11h13] L’obésité est une maladie chronique qui ne cesse d’augmenter. En France, 47% des adultes seraient en surpoids dont 17% en situation d’obésité avec des valeurs plus élevées dans le nord et l’est de la France selon une étude publiée en février 2023 dans le Journal of Clinical Medicine. « La prévalence de l’obésité ne cesse d’augmenter à un rythme rapide. Elle est ainsi passée de 8,5% en 1997 à 17% en 2020. L’augmentation est encore plus marquée dans les groupes d’âge les plus jeunes et pour l’obésité morbide » rapporte l’étude. Elle a été multipliée par plus de 4 chez les 18-24 ans et par près de 3 chez les 25-34 ans. Près de 8,5 millions de Français sont en situation d’obésité. Selon le Rapport sur l’obésité dans la région européenne, publié en mai 2022, 59% des adultes et près d’un enfant sur 3 (29% des garçons et 27% des filles) sont en surpoids ou obèses. La prévalence de l’obésité chez les adultes de la Région européenne est supérieure à celle de toutes les autres Régions de l’OMS, à l’exception des Amériques. L’obésité et le surpoids seraient à l’origine de plus de 1,2 million de décès par an, ce qui correspond à plus de 13 % de la mortalité globale en Europe. Définition, calcul IMC, type d’obésité, prise en charge, régime… Notre dossier dédié à l’obésité.

Quelle est la définition officielle de l’obésité ?

L’obésité est une maladie. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), on définit le surpoids et l’obésité comme une accumulation anormale ou excessive de graisse corporelle qui peut nuire à la santé. L’indice de masse corporelle (IMC) est une mesure du poids par rapport à la taille couramment utilisée pour estimer le surpoids et l’obésité chez les populations et les individus adultes. La mesure du tour de taille est aussi un indicateur. En plus de ces deux critères, la Haute Autorité de Santé a proposé en juin 2022 de prendre en compte également le niveau de sévérité des pathologies associées, le retentissement fonctionnel de l’obésité (essoufflement, douleurs…), le contexte psychopathologique, l’existence d’un handicap, le comportement alimentaire ainsi que le retentissement de la maladie sur la qualité de vie personnelle ou professionnelle. 

Combien de personnes obèses en France ?

L’obésité est en forte hausse en France. 47% des adultes seraient en surpoids dont 17% en situation d’obésité selon une étude publiée en février 2023 dans le Journal of Clinical Medicine. « La prévalence de l’obésité ne cesse d’augmenter à un rythme rapide. Elle est ainsi passée de 8,5% en 1997 à 17% en 2020«  rapporte l’étude. Près de 8,5 millions de Français sont en situation d’obésité. L’étude indique aussi que :

  • La prévalence de l’obésité est supérieure avec l’âge (chez les plus de 55 ans) mais l’augmentation de l’obésité est plus marquée chez les plus jeunes et pour l’obésité morbide. Elle a été multipliée par plus de 4 chez les 18-24 ans et par près de 3 chez les 25-34 ans. Mais 
  • L’obésité est plus marquée chez les femmes (17,4%) que chez les hommes (16,7%)
  • L’obésité est deux fois plus élevée chez les catégories populaires (employés et ouvriers) que chez les cadres (18% vs 9%).
  • Parmi les personnes obèses : 36% suivent ou ont suivi un traitement pour l’obésité ; 20% sont traitées pour un diabète18% souffrent d’apnée du sommeil. 
  • 34% des enfants de 2 à 7 ans et 21% des 8-17 ans sont en situation de surpoids ou d’obésité (deux fois plus de garçons)
  • 6% des enfants de 8 à 17 ans et 18% des enfants de 2 à 7 ans sont en situation d’obésité.
  • La prévalence de l’obésité dépasse 20% dans le Nord et le Nord-Est de la France, et elle est la plus basse (moins de 14,5 %) en Île-de-France et dans les Pays de la Loire. 

Quel est l’IMC d’une personne obèse ?

L’OMS définit l’obésité par un IMC égal ou supérieur à 30 kg/m2. On distingue ensuite 3 types d’obésités selon les chiffres d’IMC :

  • Obésité modérée : IMC compris entre 30 et 34,9 kg/m²
  • Obésité sévère : IMC situé entre 35 et 39,9 kg/m².
  • Obésité morbide (espérance de vie réduite à moins de 10 ans) : IMC ≥ 40 kg/m².
Tableau de l'IMC chez l'adulte
Tableau de l’IMC chez l’adulte © Ligue contre le Cancer
Dengue : en France, symptômes, une grosse grippe ?

Dengue : en France, symptômes, une grosse grippe ?

Les cas de dengue augmentent en France depuis l’été 2022, en lien avec la prolifération du moustique tigre. Il y a « un risque sanitaire important » liée à cette maladie préviennent des experts dans Le Parisien du 20 février 2023. « 2022 est une année charnière où on a franchi une étape de plus dans le risque« , explique Marie-Claire Paty, coordinatrice de surveillance des maladies vectorielles chez Santé publique France au journal. Le risque de contracter la dengue est maximal de mai à novembre. Quels sont les symptômes de la dengue ? Combien de cas en France ?Quand consulter ? Existe-t-il des traitements ? Un vaccin ? Quels sont les risques en cas de piqûres ?

Combien de cas de dengue en France ?

Selon Santé Publique France :

  • 272 cas importés de dengue ont été enregistrés en France de mai à décembre 2022 dont 255 dans des départements avec implantation documentée d’Aedes albopictus (moustique tigre).
  •  65 cas autochtones de dengue ont été identifiés en 2022. 
  • 9 foyers de transmission de dengue ont été repérés en France ; 5 en Occitanie, 3 en PACA, 1 en Corse

« Ces dernières années, Aedes albopictus, vecteur de la dengue en Asie, s’est implanté en Amérique du Nord et en Europe, y compris en France où les 2 premiers cas autochtones ont été recensés en 2010 à Nice«  informe le Professeur Anna-Bella Failloux, responsable de l’unité de recherche et d’expertise « Arbovirus et Insectes vecteurs » à l’Institut Pasteur.

Définition : qu’est-ce que la dengue ?

La dengue est une maladie provoquée par à un arbovirus c’est-à-dire un virus transmis à l’homme par des insectes, en l’occurence ici par les moustiques (femelles) du genre Aedes, principalement l’espèce Aedes aegypti et l’Aedes albopictus, plus communément appelé le moustique tigre. Il s’agit d’une maladie très souvent bénigne. L’arbovirus de la dengue est réparti en 4 sérotypes :

  • DEN-1,
  • DEN-2,
  • DEN-3
  • DEN-4.

Chez les personnes qui ont été infectées, la guérison entraîne une immunité à vie contre le sérotype à l’origine de l’infection, mais pas contre les trois autres. Un individu peut donc être infecté par chacun des quatre sérotypes de la dengue au cours de sa vie.

Quels sont les symptômes de la dengue ?

La dengue est asymptomatique dans 50 à 90% des cas (pourcentage variable selon les épidémies). Les symptômes sont le plus souvent de type grippal :

  • forte fièvre brutal,
  • maux de tête,
  • douleurs articulaires et musculaires
  • nausées/vomissements,
  • éruption cutanée ressemblant à celle de la rougeole.

Les symptômes se manifestent dans les 3 à 14 jours qui suivent la piqûre par le moustique.

► La phase aiguë dure environ une semaine.

Une phase critique peut survenir entre le 4e et le 6e jour environ ; les signes d’alerte en sont une fièvre >39°C après le 5e jour, des douleurs abdominales importantes avec ou sans diarrhée, des vomissements incoercibles, une agitation ou une somnolence, des œdèmes des signes hémorragiques. Le plus souvent bénigne bien qu’invalidante, la dengue classique peut toutefois se compliquer en formes hémorragiques. 

Le virus de la dengue est transmis par les moustiques Aedes aegypti et Aedes albopictus.

Quel est le délai d’incubation de la dengue ?

La durée d’incubation de la dengue va de 3 à 14 jours : 4 à 7 jours en moyenne.

Tranmission : comment on attrape la dengue ?

Le vecteur du virus de la dengue est le moustique Aedes aegypti et le moustique tigre qui vivent en milieu urbain et se reproduisent principalement dans des récipients contenant de l’eau stagnante. Chez l’Aedes aegypti, c‘est la femelle qui pique, essentiellement le jour, avec un pic d’activité tôt le matin et le soir avant le crépuscule« L’Aedes albopictus, à activité diurne, présent en Asie s’est propagé en Amérique du Nord et en Europe. Doté d’une grande facilité d’adaptation dans les zones tempérées, il a été introduit en 2004 dans les Alpes-Maritimes, et sa zone d’implantation ne cesse de s’étendre », rappelle le Professeur Anna-Bella Failloux, responsable de l’unité de recherche et d’expertise « Arbovirus et Insectes vecteurs » à l’Institut Pasteur.

La personne infectée par la dengue n’est pas contagieuse pour un autre être humain.

► Le mode de contamination est classique : le moustique se contamine en piquant une personne déjà infectée et peut ainsi transmettre le virus en piquant un autre individu quelques jours après. Une fois dans l’organisme, le virus se multiplie et persiste 3 à 10 jours. La personne infectée par la dengue n’est pas contagieuse pour un autre être humain, par contre elle peut contaminer d’autres moustiques du genre Aedes si elle est à nouveau piquée dans une période allant de 1 à 2 jours avant le début des symptômes et jusqu’à 7 jours après. Le virus peut, de manière plus rare, être transmis par la transfusion ou la greffe (d’organes ou de cellules).

Quelles sont les personnes à risque de dengue ?

La dengue touche indifféremment les nourrissons, les jeunes enfants et les adultes. Il n’y a donc pas de personnes à risque plus que d’autres. Néanmoins, les personnes vivant dans les zones de forte circulation du virus (voir ci-dessous) sont les plus exposées. 

Comment est diagnostiquée la dengue ?

Le diagnostic précoce peut être fait par la recherche de l’antigène NS1, une protéine du virus de la dengue détectée dans le sérum des personnes atteintes de dengue dès l’apparition de la fièvre ; l’identification du virus peut-être aussi réalisée précocement.
La recherche d’anticorps de type IgM, ne se positive que vers le 6 ou 7° jour de fièvre et persistent en moyenne 2 à 3 mois. D’autres examens biologiques plus sophistiqués, type PCR ou cultures virales sont réservés à la recherche ou aux laboratoires très spécialisés des centres de référence. « Le diagnostic biologique permet la déclaration de la maladie ; d’autre part, si on admet la théorie selon laquelle une deuxième infection pourrait être plus sévère, il est préférable qu’une personne sache qu’elle a déjà fait ou non un épisode de dengue, afin d’adopter des mesures préventives encore plus draconiennes », précise le Professeur Failloux. 

La démarche diagnostique recommandée dans le plan ministériel  » anti-dissémination du chikungunya et de la dengue  » est la suivante :

  • Jusqu’à 5 jours après le début des signes (J5) : RT-PCR
  • Entre J5 et J7 : RT-PCR et sérologie
  • Après J7 : sérologie uniquement (IgG et IgM) avec un second prélèvement de confirmation au plus tôt 10 jours après le premier prélèvement

Les prélèvements sanguins peuvent être faits en laboratoires d’analyses et de biologie médicale.

Quels sont les traitements de la dengue ?

Il n’existe pas de traitement spécifique de la dengue. Le traitement est symptomatique, destiné à lutter contre la douleur et la fièvre. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibruprofène…) et surtout l’aspirine sont contre-indiqués du fait de la thrombopénie (baisse du nombre de plaquettes) et du risque hémorragique.

Existe-t-il un vaccin contre la dengue ?

Il n’existe pas de vaccin contre la dengue. La prévention repose donc sur des mesures efficaces de lutte anti vectorielle.

Prévention : comment se protéger de la dengue ?

Selon l’ARS, pour éviter les piqûres de moustiques, il est conseillé de :

  • porter des vêtements couvrants et amples, voire de les imprégner d’insecticide pour tissus ;
  • utiliser un répulsif cutané, préférentiellement le matin en soirée, conseillé par un pharmacien, sur les zones de peau découvertes ;
  • si nécessaire, utiliser des grillages-moustiquaires sur les ouvertures (portes et fenêtres) ;
  • utiliser des moustiquaires à berceau pour les nouveau-nés ;
  • utiliser les diffuseurs électriques à l’intérieur des habitations ;
  • utiliser les serpentins insecticides uniquement en extérieur ;
  • utiliser les climatiseurs ou les ventilateurs qui gênent les moustiques.

Pour limiter le développement des moustiques autour de son domicile, il convient de :

  • vider, ranger ou éliminer tout récipient pouvant contenir de l’eau ;
  • couvrir les réserves d’eau avec une moustiquaire ou du tissu afin de les rendre hermétiques ;
  • nettoyer les gouttières et caniveaux ;
  • éviter les dépôts sauvages de déchets.

La dengue est-elle dangereuse pour les femmes enceintes ?

L’infection par le virus de la dengue pendant la grossesse n’entraîne pas d’augmentation du risque de maladie ou d’aggravation de la maladie chez la mère. Le taux de malformations n’est pas augmenté, mais on observe occasionnellement des cas de fièvre dengue congénitale. Les naissances prématurées et les avortements sont possiblement plus fréquents chez les patientes atteintes de dengue. L’infection du fœtus survient avant la naissance, au cours des dernières semaines de la grossesse.

La vigilance clinique doit être maximale autour du 4e jour.

La dengue est-elle dangereuse chez les enfants ?

Chez les enfants de moins de 15 ans, un état de choc hypovolémique peut s’installer (refroidissement, moiteur de la peau et pouls imperceptible signalant une défaillance circulatoire) et entraîner des douleurs abdominales. Un traitement médical adapté est nécessaire pour éviter les complications et le risque de décès. Une perfusion intraveineuse doit être rapidement posée pour rétablir le volume sanguin car les hémorragies peuvent entraîner des pertes sanguines importantes.

Est-ce qu’on peut mourir de la dengue ?

La dengue sévère est une complication potentiellement mortelle par la survenue d’un état de choc ou de complications hémorragiques. Généralement après la recrudescence de la fièvre, l’infection repart et peut évoluer dans de rares cas (1% des cas chez les personnes présentant des symptômes de dengue) vers une dengue grave. La vigilance clinique doit être maximale autour du 4e jour. La dengue guérit en règle générale en l’espace de 2 semaines, mais la durée de la convalescence peut prendre plusieurs semaines. Les patients peuvent se sentir assez fatigués durant cette période et développer des symptômes dépressifs. 

Quels sont les pays à risque concernés par la dengue ?

Deux milliards et demi de personnes vivent dans des zones à risque. La dengue sévit principalement dans l’ensemble de la zone intertropicale. Longtemps limitée à l’Asie du Sud-est, elle ne cesse de s’étendre à l’Océan Indien, au Pacifique Sud, aux Antilles françaises et à l’Amérique Latine, où les cas annuels rapportés ont été multipliés par 60 entre 1989 et 1993 comparativement à la période précédente (1984-1988).

Réalisé avec le Professeur Anna-Bella Failloux, responsable de l’unité de recherche et d’expertise « Arbovirus et Insectes vecteurs » à l’Institut Pasteur.


Source : JDF Santé

Moustique tigre : carte 2023, maladies, comment l'éviter ?

Moustique tigre : carte 2023, maladies, comment l'éviter ?

Plus les années passent et plus le moustique tigre (Aedes albopictus) se multiplie en France. Selon le site Vigilance Moustiques, 70 départements sont colonisés ou en passe de l’être par ce moustique, soit près de 67% du territoire. Le moustique tigre aime les lieux habités par l’homme. Il pique comme le moustique « classique » mais plutôt le jour et peut véhiculer des maladies dont le Zika, le chikungunya ou la dengue. Les cas de dengue ont augmenté dans le sud de la France en 2022. Des experts confirment « un risque sanitaire important » cette année dans article publié le 20 février 2023 dans Le Parisien, et appellent à se mobiliser contre la prolifération de ce moustique« 2022 est une année charnière où on a franchi une étape de plus dans le risque », explique Marie-Claire Paty, coordinatrice de surveillance des maladies vectorielles chez Santé publique France, au Parisien. Comment ? Quels risques si on se fait piquer ? Quelle est la taille du moustique tigre ? Comment désinfecter et soigner la piqûre

Carte : où le moustique-tigre est-il présent en France ?

En métropole, ce moustique s’est développé rapidement depuis 2004. Chaque année, le moustique tigre sort de son hibernation au printemps, période à laquelle on retrouve la conjonction humidité et chaleur. L’humidité, pour que les œufs pondus puissent se développer et passer de l’état de larve à nymphe, et la chaleur, pour que la larve pousse son développement jusqu’au stade adulte du moustique. Les cartes officielles de présence du moustique tigre (Aedes albopictus) en France métropolitaine sont destinées à l’information des décideurs et du grand public. Elles sont actualisées régulièrement par le ministère de la Santé. Il est possible de signaler la présence du moustique tigre sur le portail officiel des autorités sanitaires : signalement-moustique.anses.fr.

► Le moustique tigre est actif dans 67% du territoire français, indique le site de Vigilance Moustiques

Carte de présence du moustique-tigre en février 2023
Carte de présence du moustique-tigre en février 2023 © Vigilance-Moustique

Légende : bordeaux : cas de maladie déclaré / rouge : moustique tigre implanté et actif / orange : interception ponctuelle / jaune : surveillance entomologique / vert : veille sanitaire, rien à déclarer

Carte des  67 départements colonisés par le moustique tigre (sur les 96 départements métropolitains)
Carte des départements colonisés par le moustique tigre (sur les 96 départements métropolitains) © Ministère de la Santé

Le moustique tigre est-il présent à Paris ?

D’après la carte publiée par Vigilance Moustiques (ci-dessus), Paris (ainsi que tous les départements d’Ile-de-France) est placé en vigilance rouge, signifiant que le moustique tigre y est actif. De ce fait, une surveillance renforcée du moustique tigre est mise en place par les autorités du 1er mai au 30 novembre de chaque année.

Carte de présence du moustique tigre en Ile de France
Carte de présence du moustique tigre en Ile de France © Vigilance Moustiques

Quelle est la taille du moustique tigre ?

Le moustique tigre est plus petit que le moustique autochtone que l’on a chez nous : aedes albopictus mesure environ 5 millimètres. Le moustique autochtone, lui, mesure généralement entre un demi-centimètres et un centimètre.

Quelles maladies peut-on attraper à cause du moustique tigre ?

« Le moustique tigre est un vecteur potentiel de certaines maladies virales, mais il ne les porte pas systématiquement, explique Stéphane Gayet, infectiologue au CHU de Strasbourg. Les plus connues sont la Dengue, le virus du Chikungunya et le virus Zika. Il est capable de les transmettre d’une personne à une autre ». Concrètement, le moustique contracte la maladie en piquant un individu contaminé, puis le transmet en piquant une autre personne. S’il est piqué, le malade reste contagieux quelques heures avant l’apparition des manifestations et pendant la phase aiguë, généralement 5 jours suivant le début des manifestations.

>> La dengue est une maladie la plupart du temps asymptomatique. Dans 25 à 60% des cas, elle se manifeste par des symptômes proches de ceux de la grippe (fièvre élevée, frissons, maux de tête, myalgies, nausées, vomissements, douleurs articulaires…) associés à des éruptions cutanées et une grande fatigue.

>> Le chikungunya est une maladie le plus souvent bénigne, qui entraîne des symptômes comme une grande fatigue et des douleurs qui peuvent persister plusieurs semaines. En cas d’apparition de fièvre et de douleurs articulaires survenant après une piqûre de moustique, il vaut mieux consulter son médecin.

>> La maladie à virus Zika est une maladie le plus souvent bénigne mais qui peut parfois entraîner des symptômes de type grippal comme des maux de tête, des courbatures, une fatigue, mais aussi des éruptions cutanées. Elle peut également se manifester par une conjonctivite ou par une douleur derrière les yeux, ainsi que par un œdème des mains et/ou des pieds. La fièvre apparaît peu élevée et transitoire.

Quels risques en cas de piqûre de moustique-tigre ?

Stéphane Gayet tient à rassurer sur le cas du moustique tigre : « Il ne faut pas être alarmiste, ce moustique n’est pas forcément dangereux : pour qu’il transmette des maladies virales, comme la Dengue, le chikungunya ou l’infection au Zika, il faut d’abord qu’il pique quelqu’un de contaminé. Or, il y a très peu de cas en France. » Il faut donc être vigilant, mais ce n’est pas quelque-chose dont il faut avoir la hantise, car ces moustiques représentent un risque uniquement dans les pays où il y a ces maladies.

Quelle est l’origine du moustique tigre ?

Le moustique tigre, ou aedes albopictus, est un moustique originaire des forêts tropicales d’Asie du Sud-Est, mais qui est désormais présent dans la plupart des pays du globe car il a su s’adapter à divers environnements et notamment en milieu urbain. « Il est arrivé en Europe dans les années 2000, par avion, ou plus probablement par bateau, puisque la vie des moustiques est liée à l’humidité », explique Stéphane Gayet, infectiologue au Chu de Strasbourg. L’espèce est aujourd’hui implantée dans plus de 100 pays sur les 5 continents de la planète. Cette expansion fulgurante, liée principalement au commerce international (de pneus notamment), lui vaut d’être classé parmi les espèces les plus invasives au monde. Il a tendance à proliférer dans toutes sortes de récipients et de réservoirs d’eau artificiels (vases, pots, bidons, gouttières…). « On l’appelle moustique tigre en référence aux lignes blanches qui strient son corps et ses pattes noires« , précise-t-il. Le moustique tigre est silencieux et diurne, autrement dit,  il pique plutôt le jour (principalement le matin et le soir) sans faire de bruit, alors que le moustique a plutôt tendance à piquer la nuit.

Cycle de la vie du Moustique Tigre
Cycle de la vie du Moustique Tigre © Alexey Protasov – stock.adobe.com / Journal des Femmes

Photo : à quoi ressemble un moustique-tigre ?

moustique tigre
Photo d’un moustique-tigre © 123RF-Marco Uliana
Photo d'un moustique tigre
Photo d’un moustique tigre © smuay – stock.adobe.com

Quelle est la durée de vie du moustique tigre ?

Le moustique-tigre vit en moyenne 30 jours.

Comment se protéger du moustique tigre ?

L’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a émis une liste de recommandations pour se protéger des moustiques-tigres. 

Pour éviter la prolifération du moustique-tigre chez soi, il faut :

  • Si possible, allumez la climatisation (les moustiques fuient les endroits frais) ou un ventilateur ;
  • Vider les vases, les soucoupes des pots de fleurs ou les remplir de sable humide.
  • Supprimer ou vider régulièrement les petits récipients pouvant contenir de l’eau dans les jardins.
  • Rendre les bidons de récupération d’eau de pluie inaccessibles aux moustiques (les couvrir d’une moustiquaire ou d’un tissu fin), retourner les arrosoirs.
  • Prévoir une pente suffisante pour que l’eau ne stagne pas dans les gouttières.
  • Veiller à la bonne évacuation des eaux de pluie.
  • Ranger à l’abri de la pluie tous les stockages pouvant contenir de l’eau : pneus, bâches plastique, jeux d’enfants.
  • Pour les récipients impossibles à vider (puits, collecteurs d’eau de pluie ouverts…), on peut les couvrir hermétiquement avec de la toile moustiquaire ou, à défaut, recouvrir cette eau d’une fine couche d’huile : les larves ne peuvent plus respirer et meurent.
  •  Entretenir son jardin, élaguer les arbres, débroussailler les haies et les herbes hautes, éviter le stockage de débris végétaux permettent de limiter les lieux de repos du moustique tigre.
Gestes de protection du moustique tigre
Gestes de protection du moustique tigre © ARS Ile-de-France

Pour se protéger des piqûres, il faut :

La citronnelle ne protège que pendant une heure environ

  • Porter des vêtements longs, amples et de couleurs claires
  • Utiliser des répulsifs cutanés en suivant les précautions d’emploi indiquées sur l’emballage. L’Organisation mondiale de la Santé recommande d’utiliser des répulsifs cutanés, principalement ceux qui renferment du DEET de l’IR3535 ou de l’Icaridine. En revanche, les appareils électriques comme les diffuseurs ou les émetteurs d’ultra-sons ont une faible efficacité. Dans tous les cas, Il faut donc prendre au préalable l’avis de son médecin ou, à défaut, de son pharmacien, car certains produits n’ont pas d’efficacité et d’autres sont déconseillés aux femmes enceintes et aux enfants.
  • Utiliser des moustiquaires pour éviter que les moustiques entrent dans les maisons,
  • La citronnelle ne protège que pendant une heure environ contre les piqûres et est déconseillée chez les enfants âgés de moins de 2 ans.
  • Utiliser des diffuseurs d’insecticides à l’intérieur (prise) et des serpentins à l’extérieur.

Quelles différences avec le moustique « normal » ?

Le moustique tigre est très facilement identifiable à l’œil nu : il est reconnaissable à ses rayures nettes noires et blanches sur le corps et sur les pattes.

  • Ses ailes sont franchement noires (sans tâches). « Le moustique tigre est très foncé, presque noir, avec de fines rayures blanches. C’est de ces rayures que vient son nom : aedes albopictus, albo signifie « blanc » et pictus « rayé », donc « rayé de blanc », explique le spécialiste. Même en vol, il est aisé de voir que le moustique tigre est plus foncé que les autres.
  • Son corps est noir et blanc : il est facilement identifiable grâce à la ligne blanche présente le long de son thorax
  • Pour se nourrir, les moustiques disposent d’un appareil piqueur : un long appendice en prolongement de la tête. Si l’insecte n’a pas d’appareil piqueur, ce n’est donc pas un moustique.
  • Il est plutôt  facile à écraser en vol.  
  • Il pique surtout le jour, au crépuscule et à l’aube. « En effet, il est plus diurne que le moustique autochtone : il a une activité plus journalière, alors que le moustique autochtone est plus crépusculaire et nocturne », ajoute le médecin infectiologue.
  • Il est plus agressif que les autres moustiques : « En effet, piquer des mammifères ou des hommes est nécessaires aux moustiques femelles, mais il semblerait que les moustiques-tigres préfèrent l’homme. » 

Que faire en cas de piqûre de moustique tigre ?

« Visuellement, la piqûre est la même : on peut sentir une petite douleur, il y a un petit bouton rouge, ça gonfle et ça démange assez vite , décrit Stéphane Gayet. Le bouton ressemble à une cloque un peu plate, de 5 mm à 2 cm de diamètre, selon les personnes. Le bouton peut tourner au rouge et s’élargir s’il y a une mauvaise réaction de la peau. « Il est toujours important de désinfecter avec un antiseptique, tout de suite après la piqûre, pour limiter le risque de contagion de maladies , explique le médecin. Une fois que cela est fait, la piqûre disparaîtra d’elle-même.

Comment signaler la présence du moustique tigre ?

Si vous repérez des moustiques tigres, il est demandé de les signaler à l’ARS ou à la préfecture, qui pourra ainsi lancer un plan de lutte. Signaler la présence d’un moustique tigre permet de participer à sa surveillance, ce qui aide les autorités sanitaires à mettre en place des mesures de lutte adaptées à sa propagation sur le territoire. Mais avant de signaler un moustique tigre, vous devez disposer d’une photographie du moustique ou son état doit permettre une identification (par envoi d’un échantillon à l’opérateur en charge de la démoustication dans votre région). Une fois cette condition remplie, pour vérifier que vous êtes bien en présence d’un moustique tigre, il vous faudra répondre à trois questions : 

  • Le moustique est-il de petite taille ?
  • De quelle couleur est-il ?
  • Dispose-t-il d’un appareil piqueur (un long appendice en prolongement de sa tête) ?

→ Signalez la présence d’un moustique tigre sur le site signalement-moustique.anses.fr.

    Quelles recommandations si on voyage dans un pays à risque ?

    Comme il n’existe pas de vaccin contre le chikungunya et la dengue, la prévention et le contrôle de la prolifération des moustiques restent les seuls moyens de s’en prémunir. Par ailleurs, en cas de fièvre élevée subite (supérieure à 38,5°C), de douleurs sévères dans les articulations, muscles et maux de tête un à deux jours après un voyage, il est recommandé de consulter un médecin. Enfin, si vous partez en voyage dans une région tropicale, il est impératif de vous protéger des piqûres de moustiques :

    • porter des vêtements couvrants et amples imprégnés d’insecticide,
    • appliquer des produits anti-moustiques,
    • dormir sous une moustiquaire préalablement traitée à l’insecticide,
    • mettre en marche l’air conditionné car les moustiques n’aiment pas les basses températures.

    *surveillance qui consiste à capturer périodiquement des moustiques à l’aide de pièges placés dans des stations. Ces moustiques sont identifiés et envoyés pour analyse au Laboratoire de l’Agence Régional de Santé.

    Merci à Stéphane Gayet, infectiologue au CHU de Strasbourg.

    Sources : Ministère de la Sante / Site Vigilances Moustiques


    Source : JDF Santé

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Comment bien vieillir après 70 ans ?

Qu’est-ce qui change quand on a 70 ans ? 

Il y existe deux modifications importantes après 70 ans. « Tout d’abord, la perte des sens, explique Aline Victor, conseillère en stratégie nutritionnelle. Le goût qui s’émousse, une perte d’odorat qui s’accentue, une baisse visuelle de plus en plus importante…, autant de facteurs qui vont mettre à mal le plaisir de manger« . Ensuite, on retrouve les pathologies liées au vieillissement. « Il s’agit de l’arthrose (usure du cartilage), la sarcopénie (baisse de la masse et de la force musculaire) et l’ostéoporose (diminution de la densité osseuse). Ces 3 pathologies sont souvent responsables de la perte d’autonomie. La personne perd sa mobilité. Elle a peur de la chute et ne sent pas à l’aise pour marcher seul« . Le risque principal est l’isolement et donc la dépression. La fonction immunitaire peut également être affaiblie, ce qui peut augmenter le risque d’infections. Chez certaines personnes, les fonctions cognitives peuvent ralentir avec l’âge, entrainant des troubles tels que la démence et la maladie d’Alzheimer. Enfin, des changements dans les relations sociales peuvent survenir avec le départ des amis et des membres de la famille ou la perte de partenaires.

Quels sont les examens à faire après 70 ans ? 

« On continue les mêmes examens qu’à 50 ans et 60 ans, poursuit Aline Victor. Idéalement on rajoute un bilan de dépistage de la dénutrition surtout si des signes de perte d’appétit apparaissent. Ces bilans peuvent être réalisés par un diététicien« . Les mutuelles prennent en charge une consultation par an. Après 70 ans, il est conseillé de faire des examens médicaux réguliers pour surveiller sa santé et détecter les maladies à un stade précoce. Parmi les examens de santé recommandés, on peut citer : 

  • Examens de dépistage du cancer : Selon les recommandations de l’American Cancer Society, les femmes devraient subir un test de dépistage du cancer du sein tous les deux ans et un test de dépistage du cancer colorectal tous les dix ans. Les hommes devraient subir un test de dépistage du cancer de la prostate selon les recommandations de leur médecin.
  • Des examens réguliers de la vue et de l’ouïe.
  • Des examens de la tension artérielle pour détecter toute hypertension artérielle.
  • Des tests sanguins réguliers pour mesurer le cholestérol, le glucose et la fonction hépatique, peuvent aider à détecter les maladies chroniques comme le diabète, les maladies cardiaques et les problèmes hépatiques.
  • Un test de densité osseuse est préconisé pour les hommes de plus de 70 ans afin de dépister l’ostéoporose.
  • Des examens dentaires réguliers peuvent aider à prévenir les problèmes de santé bucco-dentaire tels que les caries, les maladies des gencives et les infections.

Quel sport faire après 70 ans ? 

« Renseignez-vous auprès de votre commune, il existe certainement des clubs qui proposent des activités de gym douce, conseille Aline Victor. Si vous êtes sportif dans l’âme alors n’hésitez pas à maintenir le cap le plus longtemps possible. Il se peut que vos articulations vous demandent de ralentir la cadence. Auquel cas, les sports dans l’eau seront plus adaptés« . Il est important de rester actif à tout âge, y compris après 70 ans. « Les activités physiques peuvent aider à maintenir la force musculaire et l’équilibre, réduire le risque de chutes et améliorer la santé cardiaque et le bien-être mental », confirme le Dr Victoria Tchaïkovski, médecin du sport. « Cependant, il est important de choisir des activités physiques qui conviennent à votre niveau de forme et à vos capacités physiques. Demandez un bilan complet (cardio, gynéco, densitométrie…) à votre médecin généraliste et optez pour une bonne préparation physique afin d’éviter les blessures« . L’électrostimulation peut être une bonne solution pour prendre de la masse musculaire. « Rappelons que le sport reste le meilleur traitement contre l’ostéoporose, l’hypertension et le diabète qui surviennent avec l’âge« . Parmi les sports préconisés après 70 ans pour aider à améliorer la santé cardiaque, la flexibilité et la force musculaire sans mettre de stress sur les articulations : la marche, la natation, le yoga, la gymnastique douce ou le vélo stationnaire.

Quelle alimentation après 70 ans ? 

Attention à la dénutrition ! « En effet, l’un des principaux risques après 70 ans est la dénutrition, observe Aline Victor. C’est une maladie silencieuse due à une diminution des consommations alimentaires et une augmentation des dépenses (souvent liée à une maladie). Les douleurs articulaires qui font que les déplacements deviennent difficiles, la perte d’appétit qui est vecteur de perte de poids sont autant de situations qui peuvent entrainer à terme une dénutrition. L’unique potage le soir ne suffit pas !« . Dans son alimentation, il faut :  
Consommer suffisamment de protéines (viande, poisson, œufs, fromage…). « On conseille midi et soir une source de protéines animales ou végétales pour prévenir et lutter contre la sarcopénie liée à l’âge« , rappelle Sarah Marin-Maire, diététicienne nutritionniste.
Manger des aliments riches en nutriments : « les fruits, les céréales complètes et les légumineuses, les noix et les graines ont leur intérêt. Ils peuvent aider à prévenir les maladies chroniques et à maintenir une bonne santé« .
Boire suffisamment d’eau : « Une bonne hydratation est indispensable tout au long de sa vie, mais nous devons y être d’autant plus attentifs en prenant de l’âge. La sensation de soif s’amoindrie avec l’âge mais les besoins restent importants et à ne pas négliger pour éviter la déshydratation : 1,5 litre d’eau par jour est un minimum. On peut également privilégier des eaux riches en calcium comme l’Hépar, la Courmayeur ou la Salvetat pour protéger le capital osseux« .
Éviter les carences en vitamines et minéraux : « Les personnes âgées ont souvent des besoins en nutriments différents des plus jeunes« .
Éviter les aliments transformés souvent riches en gras, en sel et en sucre. Ils peuvent contribuer à l’obésité, aux maladies cardiaques et au diabète. « Il est préférable de se concentrer sur les aliments entiers et non transformés ».

Quels conseils pour prévenir les maladies liées au vieillissement après 70 ans ?

Il est possible de prévenir certaines maladies liées au vieillissement en adoptant un mode de vie sain. Voici quelques conseils, de notre experte, Aline Victor :
Rester actif : « L’exercice régulier peut aider à maintenir la force musculaire et à prévenir les maladies cardiovasculaires, le diabète, l’obésité, l’arthrose et l’ostéoporose. Essayez de marcher tous les jours« .
► Suivre une alimentation saine et équilibrée 
Éviter les comportements à risque comme fumer ou boire de l’alcool en excès. 
Maintenir une vie sociale active. Objectif : aider à prévenir la dépression et l’isolement, qui peuvent contribuer à de nombreux problèmes de santé.
Faire des bilans de santé réguliers.
► Prendre des mesures
pour prévenir les chutes, comme installer des barres d’appui dans la salle de bain, enlever les tapis glissants et porter des chaussures à semelles antidérapantes.

Merci à Sarah Marin-Maire, diététicienne nutritionniste et co-fondatrice de Make Me Healthy, au Dr Victoria Tchaïkovski, médecin du sport à la Clinique Drouot (Paris 9ème) et experte Compex, et à Aline Victor, conseillère en stratégie nutritionnelle et cheffe de projet Nutrition pour Nutrisens. 


Source : JDF Santé

Isoméride : effets secondaires, résumé du scandale

Isoméride : effets secondaires, résumé du scandale

L’Isoméride® (dexfenfluramine) produit par le laboratoire Servier est mis sur le marché en France le 15 novembre 1985 (en 1996 sous la marque Redux aux Etats-Unis). C’est un médicament anorexigène (coupe-faim) indiqué en cas d’obésité. Il est retiré de la vente le 15 septembre 1997 à cause de complications d’hypertension artérielle pulmonaire et d’anomalies des vulves cardiaques. « 7 à 10 millions de Français ont absorbé de l’Isoméride entre 1985 et 1997 » estime l’Association d’aide aux victimes de l’Isoméride® et du Mediator® (AVIM). Les premiers signalements sur les effets secondaires du traitement par Isoméride® ont été rapportés dès 1991. Retour sur les conséquences de la prise d’Isoméride, son retrait du marché et les dates clés de l’affaire.

Quels sont les effets secondaires de l’Isoméride ?

L’Isoméride® est retiré des marchés français et américain après l’annonce d‘effets secondaires graves : des valvulopathies cardiaques et de l’hypertension artérielle pulmonaire provoqués par la dexfenfluramine (principe actif du médicament). L’hypertension artérielle pulmonaire ou HTAP est une maladie rare et grave qui se traduit par une augmentation de la pression au sein des artères pulmonaires, chargées d’amener le sang au poumon pour qu’il y soit chargé en oxygène. Cette maladie se manifeste par un essoufflement à l’effort, parfois accompagnée de signes d’insuffisance cardiaque tel que l’œdème des membres inférieurs. « L’hypertension artérielle pulmonaire dont le risque est multiplié par 3 au bout de 3 mois d’utilisation d’Isoméride® et par 23 après 12 mois d’utilisation » indique l’Association d’Aide aux Victimes de l’Isoméride®. Les valvulopathies regroupent les maladies des valves du coeur. Selon une étude française rendue publique le 10 mars 2006 par l’AFSSAPS (ex-ANSM), l’Isoméride ® provoque des effets secondaires graves jusqu’à cinq ans après l’arrêt du traitement.

Pourquoi le retrait de l’Isoméride a fait scandale ?

En 1991, l’hôpital Antoine-Béclère de Clamart observe un lien entre l’Isoméride® et la survenue d’hypertension artérielle pulmonaire. En 1993, Mariane Ewalenko, une cardiologue belge, remarque des valvulopathies cardiaques sous traitement par Isoméride®. Elle prévient le laboratoire Servier. « Nous avons signalé les cas à l’Agence belge de pharmacovigilance et je n’ai plus eu de nouvelles. Au total j’ai signalé 14 cas de valvulopathies entre 1993 et 1995 » rapporte-t-elle aux auteurs de l’ouvrage Le livre noir du médicament. Un autre médecin belge, le Dr Jean Malak tente de mettre en garde contre les risques de l’Isoméride®, sans succès. En mars 1994, une enquête réalisée par le Pr Lucien Abenhaïm souligne les risques d’hypertension artérielle pulmonaire liés à l’Isoméride®. Pourtant, le médicament arrive sur le marché américain en avril 1996. « Le laboratoire va alors chercher à minimiser l’importance de cette information à la Food and Drug Administration (FDA). Sur les fiches transmises à la FDA, ces pathologies cardiaques seront qualifiées de « non graves » afin de ne pas éveiller l’attention des autorités sanitaires américaines » rapporte le Figaro dans un article paru en juin 2011. Il ne sera retiré des marchés français et américain qu’en 1997, plusieurs années après les premiers signalements de complications d’hypertension artérielle pulmonaire et d’anomalies de vulves cardiaques.

Quels points communs entre l’Isoméride et le Mediator ?

La substance active du Mediator® est le benfluorex. Celle de l’Isoméride® est le dexfenfluramine. Les 2 molécules appartiennent à la famille des fenfluramines. A la différence de l’Isoméride, le Mediator® n’est pas positionné sur le marché comme anorexigène mais comme adjuvant au régime chez les diabétiques en surpoids.

Par quoi remplacer l’Isoméride ?

L’Isoméride® ne peut pas être remplacé en France par un autre médicament. Les autorisations de mise sur le marché (AMM) des médicaments anorexigènes ont été suspendues en France à partir de 1999 puis retirées en 2006. Aucun médicament ne peut être prescrit pour maigrir.

Dates clés de l’affaire de l’Isoméride

► 15 novembre 1985. L’Isoméride® est mis sur le marché en France par le laboratoire Servier. Il est indiqué pour lutter contre l’obésité mais il est également utilisé en coupe-faim par des personnes souhaitant perdre du poids.

► 1991 : Les médecins de l’hôpital Antoine-Béclère de Clamart observent un lien entre l’Isoméride® et la survenue d’hypertension artérielle pulmonaire.

► 1993Mariane Ewalenko, une cardiologue belge, remarque des valvulopathies cardiaques sous traitement par Isoméride®. Elle prévient le laboratoir Servier. « Nous avons signalé les cas à l’Agence belge de pharmacovigilance et je n’ai plus eu de nouvelles. Au total j’ai signalé 14 cas de valvulopathies entre 1993 et 1995 » rapporte-t-elle aux auteurs de l’ouvrage Le livre noir du médicament. Un autre médecin belge, le Dr Jean Malak signale également les risques de l’Isoméride®, sans succès.

Dr Malak qui a signalé les effets de l'Isoméride
Dr Malak qui a signalé les effets de l’Isoméride © ERIC DESSONS/JDD/SIPA

► Mars 1994. Le Pr Lucien Abenhaïm, directeur du Centre d’épidémiologie clinique et de recherche en santé publique à l’université McGill de Montréal, publie une étude demandée par les laboratoires Servier dans le National Library of Medicine soulignant les risques d’hypertension artérielle pulmonaire liés à l’Isoméride®

► 10 mai 1995. Le ministère de la Santé publie un arrêté interdisant l’exécution et la délivrance de préparations magistrales à base de dexfenfluramine.

►Avril 1996. L’Isoméride® est lancé aux Etats-Unis sous le nom de Redux par le laboratoire américain American home Products qui en a acheté les droits au laboratoire Servier.

► 29 août 1996. Une étude publiée dans le New England Journal Of Medicine rapporte que « l’utilisation de médicaments anorexiques dont l’Isoméride® était associée à un risque accru d’hypertension pulmonaire primaire« .

► Mars 1997. Anna Paulos, une femme âgée de 39 ans porte plainte contre l’Isoméride® pour avoir causé son hypertension artérielle pulmonaire. En décembre 2000, la première chambre civile du Tribunal de Grande Instance (TGI) de Nanterre déclare le laboratoire Servier coupable, rapporte Les Echos

► 15 septembre 1997. L’Isoméride® est retiré du marché en France et aux Etats-Unis, à cause des complications d’hypertension artérielle pulmonaire et d’anomalies de vulves cardiaques.

► 7 juillet 2006. Le TGI de Nanterre condamne le laboratoire Servier à verser 130 500 à la famille d’une victime décédée suite à la prise du traitement Isoméride®. La victime, âgée de 47 ans, mère de famille, était décédée le 31 octobre 1995. Le laboratoire fait appel du jugement mais le 20 janvier 2011, la Cour d’Appel de Versailles condamne le laboratoire Servier en augmentant la somme à verser à la famille à 145 500 euros.

Sources :

– Médicaments coupe-faim et risque d’hypertension pulmonaire primaire, 29 août 1996, New England Journal Of Medicine

– Étude internationale sur l’hypertension pulmonaire primaire, mars 1994, Pr L. Abenhaim, National Library of Medicine


Source : JDF Santé

Médicament coupe-faim : en France, interdit, sans ordonnance ?

Médicament coupe-faim : en France, interdit, sans ordonnance ?

Définition : c’est quoi un médicament anorexigène ?

Aussi appelé coupe-faim, c’est un médicament qui induit un sentiment de satiété précoce voire une absence totale de faim. Après administration, plusieurs signaux sont envoyés au cerveau pour l’informer que l’estomac est plein. La satiété est donc rapidement ressentie.

Quel est le mode d’action d’un médicament coupe-faim ?

Dans l’organisme, la prise alimentaire est régulée d’une part par la ghréline (hormone qui augmente l’appétit) et la leptine (hormone qui diminue l’appétit). D’autre part, le contrôle de la prise alimentaire se fait par le système hédonique basé sur la recherche du plaisir. En effet, l’ingestion de nourriture est associée à un sentiment de plaisir, elle active les mêmes circuits neuronaux que certaines addictions. Ce plaisir est atteint par la libération de dopamine, de sérotonine ou d’endorphines. Ainsi, certains médicaments permettant la production de ces substances peuvent induire une satiété.Les médicaments anorexigènes présentent différents modes d’action au niveau des neurones : 

  • ils augmentent les quantités de sérotonine, appelée hormone du bonheur. C’est le cas des anorexigènes sérotoninergiques comme certains antidépresseurs et certains dérivés de l’amphétamine.
  • ils augmentent les quantités de dopamine, appelée hormone du plaisir. Ce sont des anorexigènes amphétaminergiques.
  • ils reproduisent les effets de la leptine, hormone induisant la satiété. Par exemple, le médicament Myalepta® à base de métréleptine est un analogue de la leptine.
  • ils produisent des endorphines (substances qui agissent sur les mêmes récepteurs que les opioïdes). Cette action est exercée par la naltrexone à faibles doses. 

De nombreux médicaments peuvent provoquer un effet secondaire qui s’apparente à une perte d’appétit. Toutefois, le mécanisme d’action impliqué reste inconnu pour certains d’entre eux. 

Quelles sont les indications d’un anorexigène ?

Un médicament anorexigène permet de réduire la quantité d’aliments consommés voire de diminuer les crises chez un patient boulimique. Ce type de traitement est principalement utilisé en cas de surpoids ou d’obésité pour induire une perte de poids. De nombreux médicaments responsables d’une anorexie (perte partielle ou totale d’appétit) possèdent d’autres indications puisque leurs propriétés anorexigènes constituent un effet indésirable et non l’effet initialement recherché.  

Quels sont les médicaments anorexigènes autorisés en France ?

Les autorisations de mise sur le marché (AMM) des médicaments anorexigènes ont été suspendues en France à compter de 1999 puis retirées en 2006. Aucun médicament ne peut être prescrit pour maigrir. En revanche le Prozac dispose d’une AMM pour la prise en charge de la boulimie « en complément d’une psychothérapie, dans la diminution de la fréquence des crises de boulimie et des vomissements ou prise de laxatifs » précise l’ANSM. Les autres molécules qui possèdent des propriétés anorexigènes ne sont pas autorisées à être prescrites pour perdre du poids ou pour traiter la boulimie. Si elles sont utilisées à ces fins, il s’agit d’un détournement de leur usage formellement interdit. Par exemple : 

► les antiépileptiques comme Epitomax® (le topiramate) et Zonegran® (le zonisamide). Dans plusieurs pays, une association de topiramate et de phentermine (dérivé de l’amphétamine interdit en France) est indiquée dans le traitement de l’obésité. 
le médicament Fintepla® à base de fenfluramine (dérivé de l’amphétamine) est disponible en milieu hospitalier pour traiter l’épilepsie, il fait partie de la même famille que le benfluorex (molécule du Mediator®). 
►un autre dérivé de l’amphétamine, le méthylphénidate, induit une diminution voire une absence totale d’appétit. Cette molécule est retrouvée dans les spécialités Ritaline®, Quasym® ayant une indication dans le trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). L’instauration d’un de ces traitements chez l’enfant doit conduire à une surveillance régulière du poids et de l’appétit.
► Une association de naltrexone (traitement du sevrage alcoolique) et de bupropion (traitement du sevrage tabagique) est commercialisée aux Etats-Unis pour traiter l’obésité. Des études ont mis en évidence l’efficacité de ce traitement sur la régulation de l’appétit. Ces molécules sont disponibles individuellement en France. 
► Des études sur le baclofène (traitement du sevrage alcoolique et d’un type de contractions musculaires) ont montré des résultats spectaculaires sur la fréquence des compulsions alimentaires en induisant une satiété.
► De même, la spécialité Myalepta® (indiqué chez les patients ayant une lipodystrophie) présente des effets comparables à la leptine (hormone réduisant l’appétit).
D’autres médicaments peuvent provoquer une diminution de l’appétit, mais ne sont pas tous détournés de leur usage en raison de leurs propriétés anorexigènes non prouvées ou peu importantes. C’est le cas par exemple de l’amiodarone (antiarythmique), de la vitamine D (en cas de surdosage), du métronidazole (antiparasitaire et antibiotique). De plus, certains antidépresseurs sont anorexigènes comme la sertraline, la paroxétine, le citalopram, l’escitalopram (ceux de la même famille que la fluoxétine) et Laroxyl®Orlistat® est le seul médicament indiqué dans le traitement de l’obésité, toutefois il ne s’agit pas d’un anorexigène. En effet, il bloque la digestion des graisses alimentaires, mais n’exerce aucune action sur la satiété.

Quels médicaments coupe-faim ont été interdits en France ?

Le plus connu est le Mediator® (benfluorex), un dérivé de l’amphétamine. Ce médicament était normalement indiqué chez les patients diabétiques de type 2 en surcharge pondérale. Pourtant il a été détourné de son usage en étant prescrit comme coupe-faim chez des personnes non diabétiques pour les aider à perdre du poids. La mauvaise utilisation de ce médicament a causé de nombreux décès par un dysfonctionnement des valves cardiaques. Ce phénomène a fait l’objet d’un important scandale médiatique. Actuellement, tous les dérivés amphétaminiques ne sont plus commercialisés en France, excepté la fenfluramine et le méthylphénidate. Ces dérivés regroupent l’amfépramone, la sibutramine, le dexfenfluramine, la phentermine, le clobenzorex, le méfénorex et le fenproporex. Ils étaient indiqués dans la prise en charge du surpoids et de l’obésité chez des patients diabétiques de type 2 mais, comme le Mediator®, étaient fréquemment détournés de leur usage.  

Peut-on acheter des médicaments coupe-faim sans ordonnance ?

Non, en France, les médicaments anorexigènes sont uniquement délivrés sur ordonnance. Seuls les coupe-faim naturels (ci-dessous) sont en vente libre.

Quels sont les effets secondaires et les dangers des médicaments coupe-faim ?

La fluoxétine (seul médicament autorisé pour son action anorexigène) provoque fréquemment une perte de poids, des insomnies, de l’anxiété, des maux de tête, des vertiges, des tremblements, des palpitations cardiaques, des éruptions cutanées et des troubles digestifs (diarrhées, nausées). Plus rarement, ce médicament est responsable d’atteintes du foie et de réactions allergiques graves. 
Les dérivés amphétaminiques ont été retirés du marché en raison de leur caractère dangereux. Ils étaient responsables d’effets indésirables cardiovasculaires graves tels que le risque d’AVC ou d’infarctus, d’hypertension artérielle pulmonaire, d’atteinte des valves cardiaques ou encore de risque de dépendance médicamenteuse. 

Leur utilisation doit être évitée chez les patients souffrant d’anorexie mentale. 

Quelles sont les contre-indications des coupe-faim ?

Tous les coupe-faim ne doivent pas être administrés en cas d’allergie à l’un des composants du médicament. Leur utilisation doit être évitée chez les patients souffrant d’anorexie mentale. Ces patients obsédés par leur poids ont tendance à détourner ces médicaments à des fins amaigrissantes pour perdre davantage de poids. La fluoxétine ne doit pas être associée à des antidépresseurs de la famille des IMAO (comme l’iproniazide) ou au métoprolol (traitement de l’insuffisance cardiaque). Les autres médicaments ayant des propriétés anorexigènes ont des contre-indications qui leur sont spécifiques, ils ne doivent en aucun cas être considérés comme coupe-faim. 

Quels sont les coupe-faim naturels ? 

Certains produits de phytothérapie sont utilisés comme des anorexigènes naturels : 

  • la pectine de pomme
  • le fucus
  • la gomme de konjac
  • la graine de chia
  • le nopal (ou figuier de Barbarie)

Une fois ingérés, ces produits à base de plantes absorbent l’eau contenue dans le bol alimentaire et gonflent au sein de l’estomac pour former un gel qui induit un sentiment de satiété plus rapide que prévu. À noter que les graines de chia peuvent être responsables de douleurs abdominales, surtout chez les personnes qui consomment peu de fibres habituellement. De même, l’administration de fucus requiert une vigilance particulière. Une exposition prolongée ou un surdosage en fucus peut augmenter les concentrations en iode dans l’organisme et se traduire par des diarrhées, des maux de tête, des troubles thyroïdiens (hypothyroïdie, hyperthyroïdie) et plus rarement par des atteintes cardiaques. En aromathérapie, les huiles essentielles de pamplemousse et de mandarine sont utilisées pour réduire la sensation de faim, elles ont des propriétés anorexigènes. En micronutrition, Insunea TCA® peut être employé pour réduire principalement les compulsions alimentaires sucrées. Ce complément alimentaire contient du tryptophane (acide aminé précurseur de la sérotonine), sachant qu’un apport en sérotonine freine l’appétit.

Sources : 
– Base de données publiques des médicaments 
– Les anorexigènes amphétaminiques sont strictement interdits en France, 07/01/2021, ANSM
– La Haute Autorité de santé 
– Wichtl M., Anton R. Plantes thérapeutiques, 2ème édition. Editions Tec et Doc-Médicales internationales-Lavoisier, 2003.


Source : JDF Santé