Les symptômes d’un ulcère gastrique ou duodénal peuvent varier d’une personne à l’autre et selon l’intensité des manifestations. L’ulcère peut être asymptomatique et découvert de manière fortuite au cours d’une fibroscopie gastrique. Il peut aussi être douloureux ou compliqué et provoquer des saignements. « Une des complications les plus graves est la perforation de la paroi de l’estomac ou du duodénum, auquel cas les symptômes sont très bruyants« , explique le Pr Maximilien Barret, gastro-entérologue à l’hôpital Cochin. Un ulcère qui saigne peut se manifester par : une hématémèse (un vomissement de sang rouge) ou une évacuation de sang par l’anus : le sang peut être rouge (rectorragie) ou partiellement digéré et noir (méléna) traduisant un saignement digestif à un débit variable. Le dernier mode de présentation de l’ulcère est une fatigue inhabituelle qui va conduire à effectuer une prise de sang mettant en évidence une anémie (chute du taux d’hémoglobine). « Cette carence en fer peut avoir une origine gynécologique chez la femme en cas de règles abondantes. Une anémie par carence en fer chez la femme ménopausée nécessite une exploration du tube digestif et la recherche notamment d’un ulcère de l’estomac ou du duodénum qui serait en train de saigner à très faible débit. Ce diagnostic est souvent associé à une fatigue importante« , continue-t-il.
Quelles sont les causes d’un ulcère qui saigne ?
La principale cause d’un ulcère qui saigne est la prise de médicaments toxiques pour la muqueuse gastrique et duodénale, essentiellement des AINS (Ibuprofène). « D’autres facteurs de risque peuvent provoquer des saignements sur ulcère, notamment les médicaments anticoagulants qui sont prescrits aux personnes ayant été victimes d’une thrombose ou d’une embolie pulmonaire, ainsi que des antiagrégants plaquettaires (aspirine) administrés aux personnes présentant des facteurs de risque cardiovasculaires« , informe le gastro-entérologue. Une infection de l’estomac à Hélicobacter Pylori est responsable de 7 ulcères gastriques sur 10. 9 ulcères duodénaux sur 10 sont liés à Helicobacter pylori. Cette infection est généralement acquise dans l’enfance et persiste toute la vie en l’absence de traitement. La présence de cette bactérie est recherchée par une biopsie gastrique ou par un test respiratoire. Elle répond bien à une association d’antibiotiques prise pendant une durée de 10 à 14 jours.
Est-ce dangereux de cracher du sang en cas d’ulcère ?
« Un ulcère qui saigne est dangereux et constitue toujours une indication à effectuer des explorations en urgence« , prévient le spécialiste.
Quelles sont les complications possibles ?
► L’hémorragie digestive haute demeure la complication la plus fréquente de l’ulcère. L’hémorragie digestive se traduit par :
des vomissements de sang,
la présence de sang dans les selles
une anémie avec une baisse du taux de l’hémoglobine qui peut nécessiter une transfusion en urgence.
► Une perforation gastrique ou duodénale provoquant un pneumopéritoine ou une péritonite peut s’observer : une douleur épigastrique apparaît brutalement puis s’étend rapidement à l’abdomen.
► La sténose du bulbe duodénal correspondant à un rétrécissement du diamètre de la sortie de l’estomac, est une complication de l’ulcère duodénal évoluant depuis de nombreuses années en raison de la formation progressive d’une fibrose . La sténose provoque une occlusion responsable de vomissements alimentaires.
Quand et qui consulter ?
Des crachats de sang en cas d’ulcère représentent une urgence médicale, et nécessitent un appel au SAMU ou une consultation aux urgences. « Une hémorragie digestive dont le saignement a un débit important peut être responsable d’un état de choc : quand on n’a plus assez de sang dans les vaisseaux sanguins pour maintenir une pression artérielle satisfaisante, cela peut entraîner des conséquences à tous les niveaux de l’organisme. Parmi elles, des malaises, des pertes de connaissance et dans les cas les plus graves, le décès », développe le Pr Maximilien Barret.
Comment diagnostiquer un ulcère qui saigne ?
Le diagnostic repose sur une endoscopie digestive effectuée en urgence. Cet examen consiste à explorer l’œsophage, le duodénum et l’estomac grâce à une petite caméra introduite dans la bouche.
Comment soigner un ulcère qui saigne ?
Le traitement comprend deux axes.
► En premier lieu, une intervention endoscopique est nécessaire pour faire le diagnostic et arrêter le saignement actif. « Elle vise à interrompre le saignement grâce à des techniques endoscopiques permettant de cautériser le vaisseau qui saigne ou de le clipper à l’aide d’une petite agrafe hémostatique sur le vaisseau voire sur l’ensemble de l’ulcère pour le refermer et arrêter le saignement », détaille le Pr Maximilien Barret.
► Le deuxième axe du traitement est médicamenteux. Il repose sur l’administration intraveineuse d’inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) qui ont pour objectif de neutraliser l’acidité gastrique afin de permettre la cicatrisation de l’ulcère.
Merci au Pr Maximilien Barret, gastro-entérologue à l’hôpital Cochin
Dès le 20 mars et jusqu’au 21 juin 2023, c’est le retour du printemps ! Cette saison signe l’arrivée des jours plus longs, plus lumineux et plus chauds mais cause également chez certains une grande fatigue. Les changements induits par l’arrivée du printemps perturbent l’organisme et le sommeil. Heureusement, des remèdes existent pour lutter contre la fatigue au printemps. On fait le point.
Quelles sont les causes de la fatigue au printemps ?
A l’arrivée du printemps, on sort d’une période où l’on est confiné, presque en hibernation (l’hiver) pour entrer dans une saison qui donne envie de sortir et de profiter de la lumière. « Mais le printemps génère aussi une baisse d’énergie et peut perturber le sommeil. On passe à des températures plus douces et les écarts de température fatiguent le corps qui a du mal à se réguler. Par ailleurs, nos organismes ont été intoxiqués par une alimentation riche en hiver« précise Marie-Ange Guillemet, conseillère en phyto-aromathérapie et aromacologue.
Quels sont les symptômes du changement de saison ?
L’arrivée du printemps va perturber le sommeil et fatiguer l’organisme. « Le foie est très engorgé et nous sommes plus irritables. Certaines personnes seront boostées à l’arrivée du printemps mais la plupart des gens sont souvent très fatigués à cette période » indique Marie-Ange Guillemet.
Comment lutter contre la fatigue du printemps ?
« Pour lutter contre la fatigue du printemps, vous pouvez prendre des vitamines C et du magnésium, les huiles essentielles d’épinette noire, de pin silvestre, de carotte, citron et romarin sont aussi très efficaces. Côté plantes, le chardon-Marie, le pissenlit et l’artichaud sont les incontournables de la saison du printemps. Une cure de chlorella ou encore l’hydrolat de lédon du Groenland ont prouvé leur efficacité sur l’énergie » liste notre experte. Attention : « On ne prend pas tout en même temps, on effectue ces cures de façon ponctuelle et il faut les adapter en fonction des profils (enceinte, sous médicaments etc) et besoins des individus.
Ces remèdes ne se substituent en aucune façon à un traitement et il faut toujours prévenir un professionnel de santé
Ces remèdes ne se substituent en aucune façon à un traitement et il faut toujours prévenir un professionnel de santé » met en garde Marie-Ange Guillemet. L’alimentation joue également un rôle sur la fatigue : on passe à une alimentation beaucoup moins calorique (fruits, légumes crus). « J’émets cependant une réserve pour les légumes et fruits crus qui ne correspondent pas à tout le monde, on privilégiera alors la cuisson vapeur » indique notre spécialiste. Enfin, pour profiter pleinement du printemps, sortir, bouger, marcher en forêt, faire du yoga… Pratiquer une activité est indispensable pour réduire la fatigue.
Quels remèdes à la fatigue de printemps ?
Pour pallier la fatigue printanière, on peut utiliser des huiles essentielles en synergie et en application locale au niveau des reins en cure de 15 jours :
l’épinette noire (Ne pas utiliser chez la femme enceinte pendant les 3 premiers mois de grossesse. Ne pas utiliser chez les enfants de moins de 6 ans. Irritation cutanée (huile dermocaustique) possible à forte dose, toujours bien diluer avant application sur la peau).
le pin sylvestre (Irritante à l’état pur. A utiliser fortement diluée pour une utilisation cutanée. Déconseillée pendant les trois premiers mois de la grossesse et chez les enfants de moins de 6 ans. Effet « cortison- like » possible, à prendre en compte en cas de pathologie liée.)
Il faut toujours être extrêmement prudent avec les huiles essentielles
On peut également diluer une goutte d’huile essentielle dans une cuillère à café d’huile d’olive pure pression à froid en prise orale pendant une semaine pour le foie et la vésicule biliaire. Privilégiez les huiles essentielles suivantes :
Huile essentielle de carotte (Ne pas utiliser chez les femmes enceintes ou allaitantes, ni chez les enfants. Usage interne thérapeutique réservé au thérapeute. Tenir hors de portée des enfants. Eviter le contact avec les yeux.)
Huile essentielle de citron (Ne pas s’exposer au soleil pendant au moins 8 h après l’application de cette huile très photosensibilisante. Irritante à l’état pur, utiliser diluée pour toute application cutanée. Déconseillée dans les trois premiers mois de la grossesse.)
Huile essentielle de romarin à Verbénone (Cette huile contient des cétones, risque neurotoxique et abortif. Ne pas utiliser pendant la grossesse et l’allaitement, ni chez les enfants de moins de 7 ans, les sujets épileptiques et les personnes âgées sensibles. Effet « progesteron-like » possible, à prendre en compte en cas de problèmes hormonaux. Contre-indiquée en cas de mastose ou d’antécédents de cancers hormono-dépendants (cancer du sein, ovaire, endomètre). Eviter tout surdosage et éviter une utilisation prolongée.)
« Il faut toujours être extrêmement prudent avec les huiles essentielles. Je préfère les diluer dans une huile végétale de noyau d’abricot, de macadamia ou d’amande douce » avertit Marie-Ange Guillemet. « Choisissez les formats hydrolats ou eaux florales lorsque c’est possible pour plus de sécurité ». Par exemple, l’hydrolat de lédon du Groenland est très efficace. Mettre 1 cuillère à soupe d’hydrolat dans 1 litre d’eau à prendre en cure d’un mois.
Les plantes sont un incontournable pour la détox et le drainage du foie et de la vésicule biliaire. Attention cependant à la cure détox qui peut fatiguer, à éviter chez les personnes épuisées.« On mise sur des plantes que l’on peut utiliser soit en infusion, soit en ampoules, soit en gélules » :
Les Fleurs de bach sont un autre remède naturel à la fatigue printanière : « La fleur d’olivier est profilée pour donner un coup de fouet chez les gens fatigués ou les personnes anémiées » indique l’aromacologue. On a aussi la gemmothérapie (la médecine des bourgeons) : macérer une quinzaine de gouttes dans de l’eau, de l’alcool et de la glycérine. Par exemple, le macérât de bourgeon de cassis est riche en vitamine C. « Attention à se procurer de la gemmothérapie sans alcool pour les anciens alcooliques ou les personnes ne pouvant pas consommer d’alcool. Enfin, pour booster l’état émotionnel, on s’orientera vers l’olfaction par consultation » conclut notre experte.
Quelle cure faire contre la fatigue de printemps ?
Les cures d’huiles essentielles ou d’hydrolat réduisent la fatigue et donnent un coup de boost. Les cures de plantes drainent le foie et détoxifient l’organisme pour lutter contre la baisse d’énergie. « Pour le printemps, je conseille particulièrement la cure de sève de bouleau en 1 verre pur au petit déjeuner pendant un mois. A conserver au frigo après ouverture » préconise Marie-Ange Guillemet. « Ou encore la cure de chlorella, une algue, qui détoxifie l’organisme, donne un coup de fouet et booste les défenses naturelles » ajoute l’experte.
Quelles vitamines contre la fatigue de printemps ?
« Pour la fatigue, je recommande la prise de vitamine C et de préférence la vitamine C liposomale car elle est mieux assimilée par l’organisme et est biodisponible bien plus longtemps (entre 10 et 12h contre 2h pour la vitamine C classique) » argumente Marie-Ange Guillemet. Le magnésium (liposomale) permet également de se booster physiquement et psychologiquement. « Particulièrement avec ce que l’on traverse, les gens se sentent déprimés donc l’apport de magnésium est très bénéfique » défend notre experte.
Merci à Marie-Ange Guillemet, conseillère en phyto-aromathérapie et aromacologue.
[Mis à jour le lundi 20 mars 2023 à 9h37] Ce mardi21 mars est consacré à la Trisomie 21, aussi appelée « syndrome de Down » qui affecte 27 000 nouveau-nés par an, selon l’Institut de Veille Sanitaire (InVS). Ce n’est pas une maladie. Le syndrome de Down (ou trisomie 21) correspond à une anomalie génétique chromosomique (concrètement, sur la paire de chromosomes numéro 21, les personnes porteuses de ce syndrome ont un chromosome supplémentaire), ce qui provoque généralement divers degrés de déficience intellectuelle et physique et des problèmes médicaux associés. A quelle date a lieu la Journée mondiale de la Trisomie 21 ? En quoi consiste le challenge des chaussettes dépareillées pour célébrer la diversité ? Quelles sont les actions organisées en 2023 ?
A quelle date a lieu la Journée mondiale de la Trisomie 21 en 2023 ?
En clin d’œil à son nom, la Trisomie 21 est « célébrée » chaque année le 21 mars. Cette année, elle tombe donc le mardi 21 mars 2023.
Quelle est l’origine de la Journée mondiale de la Trisomie 21 ?
En décembre 2011, l’Assemblée générale des Nations Unies décide de proclamer le 21 mars comme la Journée mondiale de la Trisomie 21. Dans une résolution adoptée le 19 décembre 2011, elle invite « tous les États Membres, les organismes compétents du système des Nations Unies et les autres organisations internationales, ainsi que la société civile (y compris les organisations non gouvernementales et le secteur privé) à célébrer comme il se doit la Journée, afin de sensibiliser l’opinion publique à cette question« . A partir de 2012, ce syndrome est ainsi mis à l’honneur chaque année à l’occasion d’une Journée de sensibilisation orchestrée par l’Association Down Syndrom International et largement suivie par toutes les associations concernées, dont Trisomie 21 France. « Cette campagne est en lien avec la campagne de Down Syndrome International, car c’est un sujet mondial : se donner les moyens d’une société qui inclut toutes les personnes qui la composent, c’est-à-dire qui n’en exclut aucune. Pour cela, il est indispensable de permettre une accessibilité universelle pour toutes les personnes en situation de handicap (école, loisirs, travail, services publics, lieux de vie et de culture…) pour permettre aux personnes concernées de pouvoir y prendre part comme les autres« , annonce Nathanaël Raballand, le Président de Trisomie 21 France.
En quoi consiste le défi des chaussettes dépareillées ?
Imaginé par l’Association Down Syndrome International et popularisée en France par l’Association Trisomie 21 France, le défi consistant à porter le 21 mars des chaussettes dépareillées permet de valoriser la diversité et la différence. Car « tous différents, mais tous inclus, c’est normal non ?« , clame haut et fort Trisomie 21 France. Ce challenge symbolique permet à chacun d’entre nous, à notre échelle, d’être acteur de cette mobilisation et de participer à une société plus inclusive. Concrètement, le 21 mars, il faut :
Mettre des chaussettes dépareillées (deux couleurs ou deux motifs différents)
Prendre une photo de ses pieds
La partager sur es réseaux sociaux comme Facebook, Instagram et Twitter en utilisant les hashtag #Socksbattle4DS #ChaussettesDéparaillées
Inviter ses amis et ses proches à faire de même !
Quelle est l’affiche de la Journée de la Trisomie ?
Quelles sont les actions pour la Journée de la Trisomie 21 ?
Trisomie 21 France organise tout au long du mois de mars différentes actions, en partenariat avec l’association Down Syndrome Internationale (DSI) et l’association Européenne de soutien des personnes avec trisomie 21 (Edsa). pour sensibiliser à la société inclusive afin d’inciter chacun à agir. Parmi les événements phare qui ont eu lieu en cette journée de sensibilisation :
Un appel lancé sur les réseaux sociaux pour inciter chacun à exprimer en vidéo ce que signifie pour lui une société inclusive et à soutenir financièrement nos actions.
Des atelier-débats et des témoignages pour imaginer tous ensemble une société plus inclusive
De nombreux événements organisés par les associations territoriales et les services de Trisomie 21 France en local
Sources : Site de l’Association Down Syndrome International / Association Trisomie 21 France / MonParcoursHandicap.gouv.fr / Nations Unies.
Le cancer de l’estomac entraîne peu de signes spécifiques, surtout au début de la maladie. Quand la tumeur évolue, elle peut entraîner d’autres symptômes qui nécessitent de faire des examens pour poser un diagnostic. Quels symptômes peuvent évoquer un cancer de l’estomac ? Quand s’inquiéter ? Quels examens faire selon les manifestations cliniques ? Eclairage avec le Pr Frédérique Peschaud, chirurgien viscéral et digestif à l’hôpital Ambroise-Paré (APHP-Université Paris Saclay).
1. Une douleur au creux de l’estomac
« Une douleur épigastrique (appelée épigastralgie) – une douleur située dans la partie supérieure de l’estomac, entre le sternum et le nombril – peut être le signe d’un ulcère de l’estomac. L’ulcère correspond à une perte de substance au niveau de couche interne de l’estomac, il peut être favorisé par une bactérie (Helicobacter pylori) et c’est l’un des facteurs de risque d’un cancer de l’estomac« , détaille le Pr Frédérique Peschaud.La douleur ressemble alors à une crampe ou à une sensation de faim douloureuse. « Les douleurs à l’épigastre s’accentuent quand la tumeur se développe. Mais attention, il y a des patients qui ont un cancer de l’estomac et qui n’ont aucune douleur« , précise notre interlocutrice.
« Une perte d’appétit et de poids, qui ne sont évidemment pas volontaires peuvent être évocatrices d’un cancer de l’estomac« , indique notre spécialiste. Attention, un amaigrissement n’est pas un signe spécifique de cancer de l’estomac et peut être révélateur d’une multitude de causes. Si le médecin suspecte un cancer gastrique, il prescrira une endoscopie (ou fibroscopie gastrique) qui permet d’examiner l’intégralité de la surface interne du système digestif haut (œsophage, estomac, duodénum) afin d’y déceler la présence d’éventuelles lésions ou d’ulcérations. « C’est un examen qui se pratique en ambulatoire, le plus souvent sous une anesthésie locale et qui est peu douloureux« . Si à l’endoscopie, une lésion suspecte est découverte, une biopsie est analysée au microscope. Son examen permet de savoir si les cellules qui composent la lésion détectée sont normales ou cancéreuses.
3. Une importante fatigue
« Un patient atteint d’un cancer de l’estomac est en général très fatigué. En revanche, une fatigue ne signifie pas nécessairement la présence d’un cancer. C’est un symptôme peu spécifique que l’on retrouve dans d’autres pathologies« , tient à rétablir le Pr Peschaud.
4. Une anémie
« L’anémie peut alerter et parfois révéler la présence de polype à l’estomac. L’anémie correspond à une baisse anormale du taux d’hémoglobine dans le sang. Les signes typiques de l’anémie sont la pâleur (teint pâle, blanc), des essoufflements sans effort particulier et une fatigue persistante. Si vous avez ces symptômes il faut faire une prise de sang qui mesure le taux d’hémoglobine dans le sang« , recommande le Pr Peschaud. En cas de taux d’hémoglobine bas, il peut être nécessaire de faire une endoscopie digestive pour explorer le tube digestif et déceler la présence éventuelle de polype. Un polype peut provoquer des micro-saignements chroniques qui passent inaperçus. « Encore une fois, insistons sur le fait qu’une anémie n’est pas spécifique au cancer de l’estomac, les causes d’une anémie sont multiples« , appuie l’experte.
5. Des difficultés à déglutir
« Quand le cancer évolue, il peut entraîner une dysphagie (difficulté ou impossibilité à avaler certains aliments et boissons, sensation que les aliments restent coincés…). La dysphagie est d’ailleurs plus évocatrice d’un cancer de l’œsophage (partie du tube digestif reliant le pharynx à l’estomac) ou de la jonction œsogastrique (jonction entre l’œsophage et l’estomac). Comme l’œsophage est un tube étroit, la présence d’une tumeur peut plus facilement alerter le patient, par rapport à une tumeur qui évolue dans l’estomac qui est un organe plus volumineux« , explique notre spécialiste.
6. Une hémorragie digestive (pour un cancer avancé)
« L’hémorragie digestive peut faire partie des signes d’un cancer de l’estomac. Mais il y a tout un tas d’autres causes possibles. Il faut se rassurer en se disant que l’hémorragie digestive est loin d’être le premier signe d’un cancer de l’estomac. S’il y a une hémorragie, c’est que le cancer est à un stade plus avancé« , décrit le Pr Peschaud. L’hémorragie digestive correspond à un saignement dans le tube digestif qui peut se manifesterpar des vomissements de sang, par du sang dans les selles ou par l’émission de sang rouge par l’anus.
Les symptômes sont-ils les mêmes chez la femme et l’homme ?
« Oui, les symptômes sont sensiblement les mêmes chez la femme ou l’homme« , répond notre interlocutrice.
Un cancer de l’estomac peut-il être asymptomatique ?
« Oui, un cancer de l’estomac peut être découvert de manière fortuite, sans que le patient présente de symptômes« , observe le Pr Peschaud.
Merci au Pr Frédérique Peschaud, chirurgien viscéral et digestif à l’hôpital Ambroise-Paré (APHP-Université Paris Saclay)
Sources :
– Société nationale Française de Gastro-Entérologie, SNFGE
A l’occasion de la Journée mondiale du Sommeil du 17 mars 2023, nous avons rencontré Anne, 40 ans, qui est atteinte de narcolepsie. La narcolepsie est une maladie rare : elle touche 10 000 à 30 000 personnes, selon les chiffres de l’Inserm. Elle se caractérise par un sommeil nocturne de mauvaise qualité, une somnolence diurne ainsi que d’irrépressibles endormissements, qui peuvent survenir à n’importe quel moment de la journée, alors même que la personne est en pleine activité. Il existe deux types de narcolepsies : la narcolepsie de type 1 s’accompagne d’une perte brutale du tonus musculaire (cataplexie) et survient à la suite d’une émotion forte comme la colère, la peur, la joie… La narcolepsie de type 2 se caractérise par une fatigue permanente en journée, des envies fortes de dormir, mais elle est totalement exempte de cataplexies. Quel que soit le type, cette maladie est incurable : la prise au long cours de médicaments permettant de rester éveillé la journée et d’améliorer la qualité du repos la nuit sont, pour le moment, les seuls remèdes.
Fatigue, irritabilité, prise de poids « les symptômes augmentent »
C’est à 35 ans que les premiers symptômes se sont déclarés. « A l’époque, j’étais infirmière et j’avais en parallèle repris des études pour devenir cadre de santé, nous explique-t-elle. J’avais souvent des coups de fatigue intenses. Mais je mettais ça sur le compte de ma vie à 200 Km/h. J’avais aussi un mauvais sommeil, mais à cette époque, j’avais vécu des deuils dans mon entourage et là encore, je me disais que ce pouvait en être la cause. » Le médecin qu’elle contacte lui prescrit des antidépresseurs, mais ce traitement ne change rien à l’affaire.« Les symptômes augmentaient crescendo : je m’endormais partout et tout le temps, que ce soit durant les cours en amphi, dans les transports ou même en mangeant… La fatigue était horriblement forte, comme si je n’avais pas dormi depuis 3 jours. J’étais aussi très irritable et moi qui étais sportive à l’époque et qui faisais attention à mon alimentation, j’avais pris 20 kg de façon inexpliquée. »Parfois Anne fait quelques épisodes de cataplexies partielles : sa mâchoire chute, ses genoux se dérobent… « Un jour, je faisais du vélo et j’en suis tombée parce que je me suis endormie au feu rouge, comme ça, en quelques secondes ! Ça a été la goutte d’eau ! Je voulais comprendre ce qui m’arrivait. J’ai décidé de consulter. »
« Au questionnaire pour la narcolepsie, je coche toutes les cases »
Son médecin traitant lui propose de réaliser unepolysomnographiecar il suspecte des apnées du sommeil. « J’ai passé la nuit dans un centre du sommeil pour enregistrer la qualité de mon repos nocturne, mais cet examen ne révèle rien de particulier. En revanche, le médecin du centre me fait remplir un questionnaire pour mesurer ma somnolence diurne et là, je coche toutes les cases : oui, je m’endors en un claquement de doigts au cinéma, en lisant, en étant passager dans une voiture ou même en parlant avec quelqu’un. » Dès lors, il lui propose de faire un enregistrement plus poussé de son sommeil. Le diagnostic tombe immédiatement : Anne est narcoleptique de type 1. C’est une maladie rare et surtout incurable. « Sur le moment, je suis partagée : bonne nouvelle, je sais enfin ce que j’ai, mais mauvaise nouvelle, c’est une maladie pour laquelle il n’y a pas de traitement curatif. Et je panique : comment vais-je faire pour continuer à vivre normalement maintenant ? Comment vais-je pouvoir poursuivre mon métier que j’adore ? »
« Quel que soit le traitement, il y a toujours des réactions indésirables »
Son médecin lui prescrit le traitement de première intension, du Modafinil, un médicament de la famille psychostimulants. Il lui permet de tenir éveillée la journée. « Ça a été génial pendant un mois : j’ai retrouvé mon énergie et ma vivacité d’esprit. Mais rapidement l’organisme s’est habitué et les effets se sont estompés. » Comme il existe 7 classes de médicaments différents, son médecin lui propose d’essayer une autre molécule, le méthylphénidate. « Le traitement marchait très bien : il avait une vraie action « on-off » sur moi mais les effets secondaires étaient trop éprouvants. Alors on a encore changé le traitement : je suis passée au solriamfetol, puis au pitolisant. » A force d’essais, Anne et son médecin parviennent à trouver une combinaison qui lui convient à peu près bien. « Il associe le pitolisant pour améliorer la vigilance diurne à un traitement à prendre la nuit, l’oxybate de sodium, pour améliorer la qualité du sommeil et éradiquer les cataplexies. Avec cette association, je suis à environ 70 % de ma forme, il m’arrive encore d’être très fatiguée. Mais je n’ai plus ces envies de dormir soudaines et irrépressibles, j’assure mieux en journée. » Seulement, cette solution a aussi des effets secondaires difficiles : Anne a des maux de tête parfois très forts. « Mais j’en fais mon affaire car quel que soit le traitement, il y a toujours des réactions indésirables. A moi de voir quels sont celles que je peux supporter au quotidien, ou pas. »
Le traitement impose aussi une hygiène de vie rigoureuse et beaucoup de contraintes. « Chaque jour, quand c’est possible, j’essaie de faire une sieste préventive de 20 minutes, ça m’aide beaucoup à tenir le reste de l’après-midi. Le traitement du soir doit être avalé en deux prises : la première précisément 2 heures après le dîner, et la seconde en milieu de nuit. La consommation d’alcool m’est formellement interdite. Le week-end, il me faut me reposer un maximum sinon je sais que je ne tiendrai pas le rythme de la semaine à venir. Bref, tout ça complique sérieusement les sorties entre amis… « . L’Association Française de Narcolepsie Cataplexie et Hypersommies rares (ANC) l’a aidée dès le début de sa maladie. « Elle m’a permis de parler avec d’autres personnes atteintes de narcolepsie et d’échanger sur le quotidien, de mieux comprendre les symptômes, les traitements. Surtout, l’association m’a aidé à envisager l’avenir, notamment à oser remplir un dossier de reconnaissance du handicap afin d’obtenir des aménagements dans mon travail. » Aujourd’hui, elle rend cette main tenue en s’investissant à son tour dans l’association.
50% des Français dorment en couple, estime l’Institut national du Sommeil et de la Vigilance (INSV). Parmi eux, 41% préfèreraient dormir seuls, par souci de confort ou incompatibilité d’horaires avec leur conjoint. Si faire du « co-sleeping » (dormir à deux) permet la détection par l’autre d’éventuels troubles du sommeil (apnée du sommeil…), le partage du lit peut aussi présenter des inconvénients (ronflements, réveils nocturnes, mouvements brusques…) et nécessite des ajustements et des compromis pour harmoniser son rythme de sommeil et respecter les besoins de chacun. Position, température, heure de coucher... Voici les 6 conseils de nos experts pour avoir un sommeil de qualité tout en dormant à deux.
1. Dormir dans la position de la cuillère
« La meilleure position pour dormir à deux est la même que celle où on dort tout seul, indique d’emblée Charlène Chéron, chiropracteur. L’idéal est de dormir à deux du même côté, voire en cuillère(l’un contre l’autre dans la même direction, voir la photo ci-dessous)car c’est une position particulièrement ergonomique pour le corps : elle permet de soulager les tensions et de reposer la colonne vertébrale« . Il s’agit également d’une position réconfortante, qui favorise l’endormissement. « Il faut éviter de placer l’intégralité du bras sous l’oreiller car ça peut favoriser les tensions, les fourmillements et les raideurs au niveau de l’épaule. On conseille plutôt de garder un bras le long du corps, ou légèrement plié, et l’autre plié, avec éventuellement la main sous l’oreiller si on se sent plus à l’aise« .
« Il ne faut surtout pas calquer son heure de coucher de sommeil à celle de son partenaire car on n’a ni les mêmes besoins, ni la même horloge biologique, ni les mêmes cycles circadiens, et cela peut créer soit un déficit de sommeil (si on lutte contre la fatigue pour veiller), soit des frustrations (si on se couche avant les premiers signes de fatigue). Bien entendu, si les besoins et l’heure idéale de coucher des deux sont à peu près les mêmes, on peut essayer de s’harmoniser pour se coucher en même temps« , précise le Dr Marc Rey, neurologue et Président de l’Institut national du Sommeil et de la Vigilance. L’idéal est donc d’aller se coucher dès les premiers signaux de sommeil (bâillements, paupières lourdes, yeux qui piquent…) mais pas avant au risque de ne pas réussir à s’endormir et s’énerver dans le lit. De la même façon, il est conseillé de mettre deux réveils différents. Au bout d’un moment, la première sonnerie ne se fera généralement plus entendre par la personne qui se lève plus tard. Aussi, il est important de garder un temps limité au lit pour préserver l’association : lit = sommeil. « Si vous ne dormez pas sortez du lit« , conseille le spécialiste du sommeil.
3. Ne pas s’endormir enlacés
« Evitez de vous endormir enlacés ou avec les jambes entrelacées : vous risquez de comprimer vos membres, de créer des raideurs, des douleurs et des fourmillements. Seul ou à deux, il faut veiller à changer régulièrement de côté pour reposer tout le corps« , préconise notre chiropracteur.
4. Régler la température pas trop chaude dans la chambre !
Connaissez-vous le concept de « thermo-compatibilité » ? C’est simplement le fait d’être compatible au niveau de ses préférences pour la température de la chambre. Et ce n’est pas toujours facile de s’accorder. Certaines personnes aiment dormir dans un environnement très frais, d’autres plus chaud. Là encore, il va falloir trouver des compromis pour que chacun y trouve son compte. A savoir que l’Ademe (Agence de la transition écologique) recommande une température de 17-19°C dans les chambres pour un sommeil optimal.
5. Choisir un lit plus large
Il n’y a pas de secret. Plus on a de la place, plus on est libre de ses mouvements la nuit et mieux on dort. Alors il ne faut pas hésiter à opter pour un lit plus large que la taille standard (un lit d‘1m60 (Queen Size) ou d’1m80 (King Size) par exemple, au lieu des 1m40 traditionnels) ou bien des lits jumeaux que l’on colle (de cette façon, vous pourrez choisir le niveau de fermeté du matelas selon vos préférences) ou encore opter pour deux couettes pour pouvoir être un peu plus indépendant la nuit et réguler sa température corporelle (qui joue un rôle crucial dans la qualité du sommeil) plus facilement. Avoir deux couettes individuelles au lieu d’une grande est d’ailleurs hyper répandu dans les pays nordiques (Suède, Danemark, Finlande, Norvège, Islande…), l’un des principes du hygge.
6. Ne plus subir les ronflements
Votre partenaire ronfle et cela vous empêche de bien dormir ? Il faut absolument lui en parler afin qu’il puisse trouver une solution pour ne plus ronfler. « Dormir sur le côté permet de dégager l’arrière de la gorge et dormir légèrement surélevé empêche le relâchement des tissus au niveau du pharynx« , indique notre spécialiste du sommeil. Si les ronflements persistent, le médecin pourra proposer des sprays nasaux et des lavages de nez en cas d’obstruction nasale ou la pose d’une orthèse d’avancée mandibulaire (gouttières)pour faire avancer la langue et le voile du palais et désencombrer les voies respiratoires afin de diminuer les vibrations.
Merci au Dr Marc Rey, neurologue et Président de l’Institut national du Sommeil et de la Vigilance (INSV) et à Charlène Chéron, chiropracteur.
Sources :
– 17ème Journée du Sommeil « Dormir seul ou pas : quel impact sur le sommeil ? », Institut National du Sommeil et de la Vigilance.
– Comment mieux se chauffer, ADEME
– Dormir seul ou à deux, quel impact sur le sommeil : Cenas, centre de médecine du Sommeil à Genève