[Mise à jour le 29 mars 2023 à 19h39] Le 30 mars 2023 c’est la Journée mondiale des troubles bipolaires. En France, selon la Haute Autorité de santé (HAS), sa prévalence est estimée autour de 1 % à 2,5 % en population générale. Les personnes bipolaires ont une humeur très fluctuante. La bipolarité est reconnue comme une maladie psychiatrique. Elle est très longue à diagnostiquer. Il n’existe pas d’outil d’évaluation objectif pour le diagnostic du trouble de la bipolarité. Le diagnostic repose uniquement sur un examen clinique psychiatrique du patient, réalisé par un médecin spécialiste. Dépression, hypomanie… Comment reconnaître une personne bipolaire ? Quels tests faire ? Quand consulter un psychiatre ?
Qu’est-ce qu’un trouble bipolaire ?
Le trouble bipolaire est une maladie psychiatrique chronique et récurrente, de présentation clinique et d’évolution très variables, débutant majoritairement chez l’adolescent et l’adulte jeune. Il s’agit d’un trouble de l’humeur alternant épisode(s) maniaque(s) ou hypomaniaque(s) (exaltation de l’humeur, agitation psychomotrice) et épisode(s) dépressif(s) avec des intervalles de rémission
Quels sont les symptômes d’une personne bipolarité ?
Les troubles bipolaires se manifestent par un trouble chronique de l’humeur avec alternance de phases euphoriques, parfois même délirantes, et de phases de dépression. La psychologue Marine Bienaimé précise toutefois que « ces épisodes pathologiques étant entrecoupés par des périodes où l’humeur est normale ». Ces états, poussés à l’extrême, peuvent produire des délires et des hallucinations voire un comportement dangereux parfois pouvant conduire à hospitalisation sous contrainte.
► Les symptômes de la phase dépressive sont notamment une profonde tristesse, un désespoir qui se traduisent par un manque d’envie, une perte de l’élan vital et un ralentissement psychique et moteur. On observe chez le patient une perte d’intérêt et de motivation, un pessimisme, une culpabilité ou dépréciation ainsi qu’un repli sur soi pouvant aller jusqu’à des idées suicidaires.
► Ceux d’une phase maniaque sont notamment l‘euphorie, l’exaltation de l’humeur, l’excitation psychomotrice ( projets multiples, désinhibition, présentation extravagante, flux de paroles (logorrhée), fuite des idées, insomnie sans sentiment de fatigue, etc.). Le maniaque ne s’arrête jamais. Il fait preuve d’un optimisme débordant, d’un sentiment de toute puissance et d’une désinhibition. On assiste ainsi à une accélération du fonctionnement psychique, accompagnée d’un délire parfois et d’un risque de mise en danger. En phase maniaque, le sujet est dans le déni de ses troubles et, après un épisode maniaque, il peut même éprouver une certaine nostalgie d’une période durant laquelle tout semblait possible. Il est fréquent qu’après l’épisode maniaque apparaisse une phase dépressive.
Quels sont les facteurs de risque de la bipolarité ? Une maladie génétique ?
Sur cette question, Marine Bienaimé précise que « les facteurs génétiques sont parfois évoqués, au moins dans certains cas où plusieurs membres d’une même famille sont touchés. Mais aucune étude génétique n’a à ce jour fait de lien direct et le poids psychique transgénérationnel est un facteur qui ne doit pas être négligé ».
Comment diagnostiquer la bipolarité ?
Les troubles bipolaires sont diagnostiqués grâce à une enquête au cours de laquelle le psychiatre mesure la durée des phases d’exaltation et des phases de dépression. Il s’agira aussi de prendre en compte les antécédents familiaux et l’environnement dans lequel le patient évolue. L’interrogatoire de l’entourage est très informateur, la personne atteinte étant rarement consciente de son trouble. Le diagnostic est souvent difficile et long entraînant une prise en charge tardive des personnes atteintes de troubles bipolaires. Il s’écoulerait en moyenne une dizaine d’années entre les premiers symptômes et la prescription d’un traitement adapté, situation augmentant le risque de complications.
Existe-t-il des tests ?
Aucun examen biologique ou d’imagerie, en l’absence de point d’appel clinique ou de test génétique, n’est, à l’heure actuelle, utile pour porter un diagnostic.
Dépression ou troubles bipolaires ?
Il faut faire la différence entre des troubles bipolaires et un épisode dépressif, qu’il soit isolé ou récurrent car la prise en charge est différente. Lors d’un trouble bipolaire, il existe une rupture avec le fonctionnement psychique antérieur avec un caractère épisodique des manifestations. Il est également indispensable d’évaluer les risques suicidaires. Les adolescents souffrant d’un épisode dépressif et présentant un antécédent familial de trouble bipolaire nécessitent une surveillance.
Traitement : que faire en cas de bipolarité ?
Marine Bienaimé explique que « médicaments et psychothérapie sont complémentaires. Il peut s’agir d’une thérapie comportementale ou cognitive, d’une psychothérapie mais aussi d’une thérapie familiale ou conjugale en raison de l’impact de la maladie sur l’entourage ». La psychologue insiste sur « l’importance d’une bonne alliance thérapeutique et d’une observance du traitement au long cours ainsi qu’une bonne hygiène de vie ». Le succès de la prise en charge passe également par une éducation thérapeutique afin que la personne reconnaisse les signes avant-coureurs. Sur le plan médicamenteux, une fois le diagnostic posé, le traitement est souvent prescrit sur de très longues périodes. Les molécules les plus couramment utilisées sont des sels de lithium, des neuroleptiques et des médicaments antiépileptiques.
Complication : prévenir le suicide
L’avis d’un psychiatre est indispensable lorsque le diagnostic de troubles bipolaires est envisagé afin de le confirmer et de mettre en place une prise en charge la plus adaptée. Une hospitalisation est parfois envisagée avant l’orientation vers un psychiatre, par exemple lors d’un épisode maniaque ou mixte présentant des critères de gravité ou d’un risque de suicide.
Merci à Marine Bienaimé, psychologue. / Haute Autorité de Santé.
Lecancer du pancréasest un cancer difficile à détecter, surtout au début de la maladie. « Il n’y a pas énormément de symptômes spécifiques, mais quelques manifestations cliniques peuvent nous alerter pour la recherche d’un cancer du pancréas« , indique le Pr Renato Lupinacci, chirurgien viscéral et digestif, Hôpital Ambroise-Paré (APHP-Université Paris Saclay). Quels sont les signes à surveiller ? Une douleur ? Au dos ? Un amaigrissement ? Une grande fatigue ?
1. Une perte de poids inexpliquée
Au début, le cancer du pancréas est silencieux ou donne des symptômes peu spécifiques. « De façon générale, il y a une altération de l’état général comme un amaigrissement associé à une importante fatigue. Une perte de poids rapide, même de 2-3 kilos, chez un patient de 60-70 ans qui mange normalement, qui n’a ni dysphagie (trouble de la déglutition) ni de difficultés à manger doit alerter. Ce n’est pas normal. Il faudra peut-être faire un scanner abdomino-pelvien pour visualiser l’ensemble des organes abdominaux et plus précisément le pancréas« , explique le Pr Lupinacci.
Le cancer du pancréas peut parfois donner des douleurs abdominales et/ou dorsales « parfois assez intenses« , décrit notre interlocuteur. « Mais la douleur au dos est un signe peu spécifique car il est commun à une multitude de causes », tient à prévenir le spécialiste.
3. Une importante fatigue
Comme pour tous les cancers, on peut observer une importante fatigue qu’on appelle une asthénie. Cette fatigue survient sans effort particulier et ne disparaît pas malgré le repos. « C’est un signe peu spécifique qui est commun à de nombreuses maladies. Mais dans un certain contexte et associée à d’autres signes, la fatigue peut alerter et conduire à la réalisation d’examens radiologiques », indique notre expert.
4. Un diabète qui survient brutalement
« Diabète et cancer du pancréas entretiennent une relation intriquée où chacun constitue un risque de développer l’autre. En cas de diabète de type 2, le risque de cancer augmente. La survenue d’un diabète précède aussi souvent le diagnostic de cancer du pancréas. De façon générale au moment du diagnostic d’une pathologie, il faut être certain qu’on ne passe pas à côté de quelque chose« , insiste le spécialiste. Des examens complémentaires seront nécessaires pour orienter le diagnostic.
5. Un teint jaune
Le cancer du pancréas peut provoquer un ictère (une jaunisse). « Si le cancer est localisé au niveau de la tête du pancréas, la tumeur peut pousser vers la voie biliaire et comprimer le canal cholédoque qui évacue normalement la bile (liquide biologique jaune-verdâtre) depuis le foie jusqu’à l’intestin« , explique le Dr Lupinacci. Cette obstruction du drainage biliaire va entraîner une diminution de la formation de la bile (choléstase), ce qui entraîne un jaunissement du blanc de l’œil, de la peau et des urines (urines foncées).
Un cancer du pancréas peut-il être asymptomatique ?
A un stade précoce, le cancer du pancréas évolue généralement silencieusement ou avec très peu de symptômes spécifiques. Aussi, « lorsque la tumeur est située au niveau de la queue du pancréas, on a relativement peu de signes jusqu’à ce que la maladie soit à un stade avancé« , indique le Pr Lupinacci.
Les symptômes sont-ils les mêmes chez la femme que chez l’homme ?
« Oui, répond d’emblée le chirurgien pancréatique, il n’y a pas de différences dans les manifestations cliniques chez l’homme ou la femme. La seule différence réside au niveau des facteurs de risque du cancer du pancréas : la mutation du gène BRCA, beaucoup plus fréquent chez les femmes et également associé à une prédisposition aux cancer du sein et de l’ovaire«
Merci au Pr Renato Lupinacci, Chirurgien pancréatique et digestif à l’Hôpital Ambroise-Paré (APHP-Université Paris Saclay).
L’allergie au sperme est très rare, mais elle existe. Concrètement, c’est une allergie aux protéines qui se trouvent dans le liquide séminal. A quoi est-ce dû ? Quels sont les symptômes ? Les traitements ?
Quelle est la définition d’une allergie au sperme ?
L’allergie au sperme peut être définie comme une « allergie aux protéines du liquide séminal qui va déclencher chez les personnes sensibilisées une réaction allergique immédiate et potentiellement dangereuse« , pose d’emblée le Dr Isabelle Begondagdassarian, allergologue.
Quelle est la cause d’une allergie au sperme ?
L’allergie au sperme résulte d’une sensibilisation aux protéines séminales du sperme. « La personne allergique a développé des anticorps contre certaines protéines du liquide séminal. Au contact de ces protéines, elle va déclencher une réaction allergique« , précise l’allergologue.
Une allergie fréquente ?
L’allergie au sperme est une allergie extrêmement rare. A titre d’exemple, « en 25 ans d’exercice, je n’ai vu qu’une seule patiente allergique au sperme« , confirme notre interlocutrice.
Quels sont les symptômes d’une allergie au sperme ?
Les symptômes apparaissent assez rapidement après le contact avec le sperme. On peut notamment observer :
l’apparition potentielle d’urticaire et d’un œdème qui peut s’étendre et se généraliser,
dans certains cas, « cela peut aller jusqu’au malaise, une gêne respiratoire, une chute de tension et dans des cas rares et extrêmes une anaphylaxie sévère« , souligne l’allergologue.
Quand et qui consulter ?
Il faut dans un premier temps aborder le problème avec un gynécologue ou un médecin traitant afin de distinguer une réaction de type allergique d’une réaction d’irritation. Le Dr Begondagdassarian recommande ensuite de consulter un spécialiste : « après avoir vu le médecin traitant, il faut s’orienter vers un allergologue. Il prescrira des tests sanguins pour vérifier le diagnostic et pourra également, dans certains cas, faire un test cutané avec le sperme du partenaire en ayant au préalable fait les sérologies de dépistages des infections sexuellement transmissibles« .
Quel traitement pour soigner une allergie au sperme ?
« Seule l’éviction du sperme est efficace, il faut donc utiliser un préservatif » précise la spécialiste. Et d’ajouter « inutile de changer de partenaire ! Les protéines séminales sont communes à tous les hommes. » Des protocoles de désensibilisation ont également été à l’étude, mais n’ont pour l’heure pas montré leur efficacité.
Allergie au sperme et grossesse : comment faire pour tomber enceinte ?
La question de la grossesse est évidemment une préoccupation importante pour les femmes qui souffrent d’une allergie au sperme. Le contact avec le sperme étant bien évidemment impossible, le Dr Begondagdassarian explique qu’il est donc nécessaire d’avoir recours à la procréation médicament assistée, « en réalisant une insémination artificielle des spermatozoïdes qui ont été séparés des protéines séminales.«
Merci au Dr Isabelle Begondagdassarian, allergologue
« Une cystite est une inflammation de la paroi de la vessie, le plus souvent liée à la présence de bactéries« rappelle d’emblée le Dr Maxime Vallée, urologue au CHU de Poitiers. « On parle de cystite chez la femme. Chez l’homme, l’infection urinaire est liée en règle générale à une infection de la prostate et n’a rien à voir avec la cystite aiguë de la femme » précise-t-il. Une cystite chez la femme est une maladie bénigne mais qui peut être très douloureuse. Quels sont les premiers symptômes évocateurs d’une cystite ?
Quels sont les premiers symptômes d’une cystite ?
« Les symptômes d’une première cystite sont assez bruyants et d’apparition brutale,souvent le matin car les bactéries se sont développées dans les urines de la nuit » décrit le Dr Maxime Vallée. Ils associent :
Des brûlures à la miction
Des envies d’uriner fréquentes pour de petites quantités
Douleurs vésicales en fin de miction
Parfois, la présence de pus ou de sang dans les urines
« Ces symptômes ne sont pas spécifiques de la cystite. Ils sont la manifestation d’une réaction anormale de la vessie et peuvent parfois révéler d’autres maladies comme la présence d’un calcul dans la vessie ou le bas uretère, une tumeur de la vessie, une hyperactivité vésicale parfois symptôme d’une maladie neurologique sous-jacente… », liste le Dr Maxime Vallée. Chez une femme jeune sans antécédents, si ces symptômes surviennent de manière brutale, la cystite est la pathologie la plus probable.
Que faire quand les premiers symptômes arrivent ?
« La première chose à faire face à des symptômes de cystite aiguë est une cure de diurèse. Boire beaucoup permet de limiter la pullulation bactérienne et donc l’inflammation de la vessie » recommande le Dr Maxime Vallée. Si les symptômes sont très importants, il est conseillé de consulter rapidement un médecin pour pouvoir débuter un traitement antibiotique qui est surtout prescrit pour soulager les symptômes. « Chez une femme dont les symptômes sont peu importants, il est possible d’attendre » informe l’urologue. « La cystite qui précède une pyélonéphrite est assez exceptionnelle et cela survient en générale chez des patientes ayant des facteurs de risque bien particuliers comme une malformation des voies urinaires ou une immunodépression par exemple » précise-t-il.
Le jus de cranberry, vraiment efficace ?
« Le jus de cranberry vendu en grande surface n’a pas d’efficacité car les actifs sont en quantité très faible » informe le Dr Maxime Vallée. Son seul avantage est de vous faire boire ce qui peut vous soulager. « La seule molécule qui a montré son efficacité sur les cystites à Escherichia Coli est la proanthocyanidine de type A. Les comprimés ou les gélules vendus en pharmacie sont dosés à 36mg de proanthocyanidine, concentration minimale efficace. Malgré des études contradictoires et la part d’incertitude qui persiste concernant son efficacité réelle, les autorités sanitaires recommandent, compte tenu de l’excellente tolérance de la molécule, la dose d’au moins 36 mg par jour en cas de cystite récidivante, soit plus de 4 cystites sur une période de 12 mois. Cela a peu d’intérêt pour une cystite aiguë » indique ce spécialiste.
Quelles huiles essentielles pour soulager un début de cystite ?
Les huiles essentielles n’ont pas fait la preuve de leur efficacité pour soulager les symptômes de cystite.
Que peut-on prendre pour un début de cystite enceinte ?
« Les recommandations françaises et américaines sont de prescrire une antibiothérapie de façon systématique en cas d’infection urinaire chez la femme enceinte mais également en présence d’une colonisation urinaire (présence d’une bactérie dans les urines sans symptômes associés) » informe le Dr Maxime Vallée. Aussi, si vous êtes enceinte, il est recommandé de consulter votre médecin dès les premiers signes d’infection urinaire. Le traitement antibiotique permet notamment de prévenir le risque de pyélonéphrite qui peut dans certains cas aboutir à une menace d’accouchement prématuré notamment lors du troisième trimestre de la grossesse.
Quels sont les médicaments sans ordonnance ?
« Tous les autres traitements que les antibiotiques s’avèrent inefficaces dans les études » informe le Dr Maxime Vallée. Aussi, buvez beaucoup et consultez si les symptômes persistent.
Merci au Dr Maxime Vallée, urologue au CHU de Poitiers.
Plusieurs traitements permettent de soigner une infection urinaire. Il ne faut pas tarder à les prendre pour être rapidement soulagé(e). Les médicaments phares sont les antibiotiques. Parmi eux, la Fosfomycine (Fosfocine®, Monuril®, Uridoz®) peut être prise en une fois : « Elleagit en 30-45 minutes et peut ensuite rester active pendant environ 2 jours après sa prise« , nous explique le Dr. Monique Quillard, médecin généralite. Il est par ailleurs conseillé de prendre également des probiotiques pour aider la flore abîmée par les bactéries, parasites ou champignons à se reconstituer.
Quel médicament prendre en cas d’infection urinaire ?
Le traitement contre les infections urinaires repose sur l’antibiothérapie. Ce peut être :
►Un traitement monodose en prise unique : « c’est le plus recommandé et donné en 1ère intention. Il s’agit de la Fosfomycine (Monuril ®) pour la femme et l’adolescente. Cet antibiotique appartient à la famille des acides phosphoniques« , explique le Pr. de la Taille, urologue. En effets secondaires, il peut être à l’origine de nausées, diarrhées, douleurs abdominales, maux de tête et inflammation vaginale, type mycose.
►Un traitement antibiotique court sur 3 à 5 jours : un antibiotique proche de la famille des pénicillines (Selexid ®) ou de la la famille des quinolones (Ciprofloxacine ®, Ofloxacine ®). Il peut provoquer des effets secondaires comme des nausées, diarrhées, douleurs abdominales, éruptions cutanées et inflammation vaginale, type mycose.
► Des probiotiques : ils permettent de restaurer la flore intestinale, souvent mise à mal par les traitements antibiotiques. Ils sont à prendre sur une durée d’un mois minimum, de préférence le soir et à distance des repas ou des boissons chaudes.
Les antibiotiques pour soigner une infection urinaire
Dès les premiers symptômes de la cystite, et après confirmation par bandelette urinaire ou ECBU avec antibiogramme en cas de récidive et de doute sur l’efficacité des antibiotiques habituels : brûlures lors de la miction, envies fréquentes et impérieuses d’uriner. « Mieux vaut traiter l’infection rapidement afin d’éviter qu’elle ne se développe davantage et ne risque de monter dans les reins (pyélonéphrite)« , préconise le Dr. Monique Quillard.
Les traitements monodose (en une fois) pour soigner une infection urinaire
La Fosfomycine (Fosfocine®, Monuril®, Uridoz®) est un antibiotique en monodose. C’est le traitement prescrit par le médecin en première intension en cas de cystite simple et non récidivante. « Il se présente sous forme de sachet de poudre à diluer dans l’eau. Idéalement, le traitement est à prendre à distance des repas (2 à 3 heures avant ou après), de préférence le soir au coucher et après avoir uriné, de façon à ce que la concentration soit maximale dans la vessie. Elle agit en 30-45 minutes et peut ensuite rester active pendant environ 2 jours après sa prise« , précise le Dr. Quillard.
Quels sont les traitements de l’infection urinaire sans ordonnance ?
Les probiotiques font partis des traitements vendus sans ordonnance. En restaurant la flore vaginale, ils permettent de limiter la prolifération des bactéries pathogènes au niveau des voies urinaires et participent à éviter les récidives. La souche probiotique Lactobacillus helveticus a notamment une forte capacité à inhiber l’adhésion des bactéries sur la paroi de la vessie. « Par ailleurs, bien que la Fosfomycine soit en liste I, donc délivrée sur prescription médicale, elle fait partie des médicaments que le pharmacien d’officinepeut, dans certains cas, vendre sans ordonnance en application du 10° de l’article L. 5125-1-1 A du code de la santé publique et sous réserve d’une information du médecin traitant désigné par le patient« , précise le Dr. Quillard.
Quels sont les traitements de l’infection urinaire disponibles en pharmacie ?
Les antibiotiquessont tous disponibles en pharmacies mais sur ordonnance. Les probiotiques sont disponibles en pharmacies et parapharmacies, sans ordonnance.
Quels sont les traitements naturels de l’infection urinaire ?
Le traitement repose sur certaines règles d’hygiène : boire beaucoup d’eau, entre 1,5 et 2 l par jour, afin de favoriser l’élimination des bactéries en cause, uriner après chaque rapport sexuel, éviter de porter des vêtements trop serrés et en matière synthétique, s’essuyer d’avant en arrière et limiter l’usage de tampon et de protège-slips. Dans 25 % des cas, ces solutions suffisent pour guérir en 48 heures. Les médecines douces peuvent aussi vous aider : ►En phytothérapie :
La canneberge : « Cette petite baie rouge contient des flavonoïdes, des anthocyanes et des proanthocyanidines qui agissent tous trois en synergie en empêchant Escherichia coli, responsable de la plupart des infections urinaires, d’adhérer à la paroi de la vessie. Ne pouvant se fixer, les bactéries sont naturellement éliminées par les voies naturelles, sans pouvoir induire de maladie« , explique Sylvie Hampikian. Des études ont mis en avant que la consommation de ce fruit, que ce soit sous forme de jus ou de gélules, permet de réduire la fréquence de récidive des infections urinaires de 20 à 60 % (1). Ces bénéfices santé ont été reconnu par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (Afssaps) le 6 avril 2004.
Le thym. Parce que cette plante possède des propriétés antibactériennes, antiseptiques et antivirales, elle permet de traiter l’infection urinaire et de calmer les symptômes. Diurétique, le thym augmente le volume urinaire et stimule les fonctions d’élimination, ce qui favorise l’évacuation des bactéries en cause.
Le citron. Il possède des vertus antiseptiques et, grâce à sa richesse en vitamine C, immunostimulante. Pour profiter de ces bienfaits tout en boostant l’efficacité de votre traitement, vous pouvez ajouter une cuillérée à café par tasse de jus de citron.
►En homéopathie : Prenez dès les premiers symptômes Serum Anticolibacillaire 4 CH, à raison d’une ampoule 3 fois par jour pendant 4 jours. C’est le traitement de référence pour calmer rapidement les douleurs au niveau de la vessie. « Si vos douleurs s’apparentent plus à des brûlures lorsque vous urinez, préférez Cantharis 9 CH, 5 granules après chaque miction douloureuse. Enfin, si vos urines sont troubles et très odorantes, prenez Formica Rufa 5CH 5 granules après chaque miction douloureuse », recommande le Dr. Monique Quillard, médecin homéopathe. « Récemment un produit a été mis sur le marché en France : Canephron®, médicament de phytothérapie contenant Petite centaurée, Livèche et Romarin. Les études publiées montrent une efficacité en phase aiguë sensiblement égale à celle de la Fosfomycine « .
Quel traitement en cas d’infection urinaire récidivante ?
On parle de cystites récidivantes lorsqu’elles surviennent au moins 4 fois par an. « Dans ce cadre, il faut alors consulter un urologue pour un bilan comprenant un examen clinique, et parfois une cystoscopie et une échographie de l’appareil urinaire. Le traitement est alors de plus longue durée sur 3-4 jours suivi d’un traitement antibiotique à faible dose type fosfomycine 1 sachet 1 fois par semaine le soir avant le coucher pendant 6 mois », précise l’urologue.
Merci au Pr Alexandre De la Taille, urologue au CHU de Mondor à Créteil, au Dr. Monique Quillard, médecin généraliste et à Sylvie Hampikian, pharmacologue spécialisée en médecines douces.
Un souffle au cœur se traduit par des bruits « anormaux » ou « inhabituels » lors de l’auscultation du cœur. Est-ce grave d’avoir un souffle au cœur ? Quel sont les symptômes d’un souffle au cœur ? Quelles sont les causes ? Comment le soigner ? Faut-il arrêter le sport en attendant la guérison ?
Quelle est la définition d’un souffle au cœur ?
Le souffle au cœur ou souffle cardiaque est lié à l’existence de turbulences survenant lors de la circulation du sang vers le cœur et témoigne d’une insuffisance de fermeture des valves mitrales. Il se traduit par la survenue d’un bruit anormal lors de l’auscultation cardiaque. Il peut être anorganique, c’est-à-dire physiologique et ne préjuger en rien d’une pathologie cardiaque, responsable d’aucune conséquence sur le fonctionnement du cœur. Parfois, il peut être le témoin du passage du sang par une valve cardiaque rétrécie, témoin d’une insuffisance valvulaire. Une autre raison, outre le rétrécissement, est une fuite de sang lorsque la valve est fermée, témoignant d’un reflux liquidien et traduisant une insuffisance valvulaire.
Quels sont les symptômes d’un souffle au cœur ?
« La plupart du temps, un souffle cardiaque est découvert de façon fortuite lors d’une auscultation du cœur. Lors d’une atteinte plus importante, c’est la gêne respiratoire qui est le principal symptôme de l’insuffisance valvulaire ou du rétrécissement valvulaire responsable d’un souffle », explique le Dr Marc Druet, médecin généraliste
Quelles sont les causes d’un souffle au cœur chez l’adulte ?
« Les causes principales d’un souffle au cœur sont un vieillissement de la valve cardiaque qui va se durcir ou au contraire se dilater, provoquant ainsi une insuffisance ou un rétrécissement. Certaines maladies infectieuses, comme l’endocardite qui va endommager la valve et provoquer une insuffisance valvulaire, peuvent aussi l’expliquer », souligne le médecin généraliste.
Quelles sont les causes d’un souffle au cœur chez l’enfant ?
L’apparition d’un souffle au cœur chez l’enfant est une situation assez fréquente et souvent bénigne. Il survient souvent à partir de 2 ans et en période pré-pubertaire. Ce type de souffle fait partie de ce qu’on appelle les troubles fonctionnels. Il peut être lié à une malformation cardiaque congénitale et nécessiter dans ce cas une prise en charge et un bilan cardio vasculaire complet. Dans tous les cas de figure, il est indispensable de prendre l’avis de son médecin.
C’est quoi un souffle au cœur fonctionnel ?
On dit qu’il est fonctionnel lorsqu’il n’est associé à aucune pathologie cardiaque. Il résulte de l’accélération de l’irrigation sanguine au niveau du cœur. Une grossesse, une anémie ou une hyperthyroïdie peut être à l’origine d’un souffle au cœur fonctionnel. Il est asymptomatique et est souvent découvert par hasard. Bien qu’il soit bénin, il convient d’être étroitement suivi par le médecin afin de prévenir les complications.
C’est quoi un souffle systolique ?
Ce souffle se traduit par un bruit apparaissant lors de la contraction du cœur, appelée aussi systole. Le plus souvent, il correspond à une insuffisance mitrale, un rétrécissement de la valve aortique ou de la valve pulmonaire.
C’est quoi un souffle diastolique ?
Il est présent lors d’un reflux de sang au moment de la diastole (remplissage du cœur). Ce bruit est perceptible lors d’un rétrécissement de la valve mitrale mitrale.
C’est quoi un souffle anémique ?
Ce souffle est perceptible et présent chez les patients souffrant d’anémie.
Quelles sont les complications d’un souffle au coeur ?
« La conséquence principale d’un dysfonctionnement valvulaire est l’insuffisance cardiaque ou la mauvaise oxygénation du corps, pouvant entraîner des syncopes lors de rétrécissement aortique », observe le Dr Marc Druet.
Comment pose-t-on le diagnostic d’un souffle au cœur ?
En cas de souffle cardiaque, une échographie cardiaque couplée à un doppler permet l’étude des cavités cardiaques et de leur fonctionnement. Les flux sanguins à travers les valves du cœur et les cavités cardiaques sont analysés ainsi que la structure du cœur afin de déceler d’éventuelles cardiopathies.
Comment soigner un souffle au cœur ?
« Lorsque le retentissement de l’anomalie de la valve devient trop important, le seul traitement consiste au remplacement de la valve défectueuse. Il est important de traiter par antibiotiques un patient porteur d’un souffle cardiaque lors de soins dentaires pour éviter une infection valvulaire (endocardite) », prévient le médecin généraliste.
Quels sports à éviter ?
« L’activité physique n’est pas déconseillée pour les patients souffrant d’un souffle cardiaque modéré qui ne retentit pas sur le bon fonctionnement du cœur », rassure le Dr Marc Druet.