10 Avr 2023 | JDF Santé
Qu’est-ce que la loi Kouchner ?
La loi 2002-303, également appelée loi Kouchner du nom du ministre de la santé de l’époque Bernard Kouchner, est une loi comprenant 126 articles relatifs aux droits des malades et à la qualité du système de santé.
Quand a-t-elle été créée ?
La loi Kouchner a été promulguée par l’ancien Président de la République, Jacques Chirac, le 4 mars 2002. Mais en réalité, le travail autour de cette loi a débuté en 1989. Le Pr Régis Aubry, membre du Comité consultatif national d’éthique, rappelle que la loi est née d’un contexte douloureux pour la médecine : « Les années sida avec une très forte revendication portée par Aides du droit à savoir, à décider et à être soulagé, l’affaire du sang contaminé ou encore l’affaire des hormones de croissance. »
Quels sont les principes de la loi Kouchner ?
Les principaux principes de la loi Kouchner sont les suivants :
► Le droit à l’information (Art. L. 1111-2) : « Toute personne a le droit d’être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu’ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus. Lorsque, postérieurement à l’exécution des investigations, traitements ou actions de prévention, des risques nouveaux sont identifiés, la personne concernée doit en être informée, sauf en cas d’impossibilité de la retrouver. » La responsabilité du médecin peut être engagée s’il n’informe pas correctement son patient. De plus, la loi a donné le droit au patient de réclamer son dossier médical.
► Le consentement libre et éclairé (Art. L 1111-4) : « Toute personne prend, avec le professionnel de santé et compte tenu des informations et des préconisations qu’il lui fournit, les décisions concernant sa santé. » Le médecin doit ainsi « respecter la volonté de la personne après l’avoir informée des conséquences de ses choix. » En revanche, « si la volonté de la personne de refuser ou d’interrompre un traitement met sa vie en danger, le médecin doit tout mettre en œuvre pour la convaincre d’accepter les soins indispensables. »
► La personne de confiance (Art L. 1111-6) : « Toute personne majeure peut désigner une personne de confiance qui peut être un parent, un proche ou le médecin traitant, et qui sera consultée au cas où elle-même serait hors d’état d’exprimer sa volonté et de recevoir l’information nécessaire à cette fin. » Cette désignation doit être faite par écrit.
« L’autonomie absolue n’existe pas mais l’absence d’autonomie non plus »
Que change-t-elle pour le patient ?
La Loi Kouchner est « un changement de paradigme total en 2002. Le versant sanitaire et le versant médico-social de cette loi viennent donner la prééminence des droits à la personne malade concernant sa propre santé. On observe alors une inversion des rôles. Le principal responsable devient le malade et cela marque la fin d’une médecine paternaliste car les médecins avaient tendance à penser tout savoir à propos de ce qui était bon pour autrui« , souligne le Pr Régis Aubry. Ainsi, depuis la loi « il n’est plus possible de décider pour autrui toute exploration médicale ou tout traitement médical. Cela doit faire l’objet d’un consentement libre et éclairé de la part du patient. Le médecin a donc une obligation d’informations claires et loyales, et une obligation de recherche d’un consentement. Cela contraint les médecins à devoir communiquer une information qui soit la plus claire possible pour que le patient exerce son autonomie de décision. » S’il existe une difficulté du malade à consentir, le médecin doit a minima rechercher l’assentiment de la personne. « Ce n’est pas parce qu’il y a une perturbation à consentir que l’on ne doit pas informer le patient. C’est même le contraire ! Le médecin doit davantage travailler sur une information adaptée. » Et le Pr Aubry de conclure : « L’autonomie absolue n’existe pas mais l’absence d’autonomie non plus. »
Merci au Pr Régis Aubry, chef du département douleurs – soins palliatifs du CHU de Besançon, est Président de l’Observatoire National de la Fin de Vie et membre du Comité consultatif national d’éthique.
Source : JDF Santé
9 Avr 2023 | JDF Santé
Quels sont les bienfaits de la sophrologie sur le sommeil ?
La sophrologie offre un cadre sécurisant au moment d’aller dormir, ce qui favorise l’endormissement et diminue les réveils nocturnes. Cette discipline permet de se détendre, d’évacuer le stress accumulé tout au long de la journée, de réduire la fatigue, de lâcher prise et ainsi, de retrouver un sommeil réparateur. « Le stress et l’anxiété constituent les premiers motifs de consultation en sophrologie. En cause, une surcharge de travail et des problèmes relationnels qui amènent les personnes à accumuler de la tension et du stress. Par conséquent, elles sont tendues en fin de journée et appréhendent le moment d’aller au lit, ce qui empêche le sommeil de s’installer« , indique Elsa Favreau. Grâce à la respiration et à un conditionnement positif, la sophrologie permet à la personne d’installer des ancrages dans le moment présent et de se détacher des pensées qui la préoccupent.
Souvent, les personnes qui souffrent d’insomnie restent focalisées sur le fait qu’elles ne parviennent pas à trouver le sommeil, or cela engendre un stress supplémentaire. Le principe de la sophrologie est de détourner l’attention grâce à des pensées positives, des pensées d’apaisement de calme pour favoriser la lâcher prise et prendre de la distance par rapport au poids de l’insomnie et réduire son impact. Il faut savoir que la nuit se prépare la journée. « La récupération s’effectue tout au long de la journée par des petits temps de pauses et de détente pour que la personne puisse relâcher toutes les tensions psychiques au fur et à mesure. Autrement dit, en extériorisant le stress la journée, on arrive plus détendu le soir, ce qui favorise l’endormissement. La sophrologie permet à la personne de reprendre confiance dans sa capacité à dormir« , développe la sophrologue.
Exemple d’exercice de sophrologie pour le sommeil
Pour améliorer le sommeil, Elsa Favreau propose des exercices de relaxation dynamiques qui permettent de dénouer les tensions et de se débarrasser de ses contrariétés.
► Allongée sur le lit, inspirer en gonflant le ventre, contracter tous les muscles très fortement comme si on rassemblait toutes les tensions de la journée et relâcher d’un coup sec comme si on détendait tous les muscles. À répéter 3 fois. « Le fait de contracter et de relâcher amène une détente physiologique« , commente Elsa Favreau.
► Allongée sur le lit, yeux fermés, ressentir le poids du corps sur le matelas, le poids de la tête sur l’oreiller, l’arrière des épaules qui se relâche, les bras, passer en revue l’ensemble des parties du corps sur le matelas. « Ce conditionnement positif indique au cerveau que c’est le moment d’aller dormir. On ne peut pas contrôler le sommeil avec le mental, se répéter en boucle « il faut que je dorme » ne fonctionne pas. Il faut donc agir au niveau du corps« , détaille la sophrologue.
La sophrologie n’est pas remboursée par l’Assurance Maladie
► La respiration abdominale : poser une main sur le ventre, inspirer sur 3-4 secondes puis souffler très lentement par la bouche comme dans une paille. Le fait d’allonger ce temps d’expiration va apaiser le rythme cardiaque et ralentir les pensées, tout se met en pause.
► En cas de réveil nocturne on peut se mettre debout et hausser les épaules plusieurs fois de suite. « Cela aide à évacuer les pensées négatives, les ruminations et les contrariétés« , souligne la spécialiste.
► Pour éliminer les pensées parasites et retrouver son calme, la respiration carrée ou en 4 temps fait des merveilles. Le principe ? Imaginer qu’on a un carré dans sa tête, inspirer sur une arrête de ce carré, bloquer la respiration sur l’arrête suivante, souffler sur la suivante puis bloquer la respiration sur le reste du carré. « Compter mentalement permet de se concentrer sur une seule chose, ce qui apaise le cerveau. La particularité de cette exercice réside dans le fait que le temps d’inspiration doit être égal à celui d’expiration« , précise Elsa Favreau.
Est-ce qu’une séance avec un sophrologue est remboursé ?
La sophrologie n’est pas remboursée par l’Assurance Maladie mais certaines mutuelles proposent une prise en charge totale ou partielle des séances.
Merci à Elsa Favreau, sophrologue.
Source : JDF Santé
9 Avr 2023 | JDF Santé
A l’occasion de la Journée mondiale dédiée à la maladie de Parkinson du 11 avril 2023, nous avons rencontré le Dr Stéphanie Cantiniaux, neurologue. La maladie de Parkinson et les maladies apparentées touchent actuellement plus de 270 000 personnes en France. Associée à une destruction des neurones à dopamine (ceux qui contrôlent notamment les mouvements), elle est responsable de très nombreux symptômes, moteurs et non moteurs. Il y a des signes « précurseurs » bien avant que le diagnostic soit posé mais rarement repérés par le malade et d’autres qui caractérisent l’entrée dans la maladie. Trois spécifiquement. Lesquels ? Quels sont les symptômes atypiques de la maladie de Parkinson ? Au stade avancé ? En premier ? Sont-ils différents selon l’âge ? Quels effets sur le cerveau ?
Quels sont les 3 premiers symptômes de la maladie de Parkinson ?
Trois symptômes caractéristiques de la maladie de Parkinson sont utilisés pour poser le diagnostic. On parle, pour les qualifier, de « triade parkinsonienne » :
- tremblement au repos
- lenteur des gestes et mouvements (kinésie)
- rigidité/raideur des membres (syndrome extra-pyramidal)
« Les patients ne présentent pas forcément les 3 signes en même temps, certains ne trembleront même jamais. En général, ils en présentent au moins 2. Le signe le plus caractéristique et le plus gênant étant la lenteur des gestes alternatifs » note le Dr Cantiniaux. Les symptômes de la triade parkinsonienne peuvent ne toucher qu’un seul côté du corps. En dehors de ces signes, les patients rencontrent des troubles digestifs comme de la constipation, des nausées ou la sensation d’être barbouillé. « D’autres symptômes peuvent également apparaitre, même s’ils sont plus atypiques, tels que la dystonie d’un membre ou du visage avec par exemple une apraxie des yeux (difficultés à ouvrir les paupières), poursuit la neurologue. On note aussi d’importantes fluctuations de la tension artérielle qui peuvent causer une dystonie neurovégétative (troubles de la vidange de l’estomac). »
Quels sont les symptômes précurseurs de la maladie de Parkinson ?
Des symptômes précurseurs peuvent être présents au tout début de la maladie de Parkinson. Peu caractéristiques, ils n’alertent généralement pas du futur diagnostic mais sont rapportés par les malades après. Il s’agit de :
- certains troubles de l’odorat (anosmie ou agueusie)
- certains troubles du sommeil (sommeil agité, rêves animés, cris et grands gestes, rêves violents)
Les malades peuvent aussi rapporter une grosse fatigue, une dépression, des problèmes de concentration.
Quels sont les symptômes au stade avancé de la maladie ?
« A un stade avancé, on rencontre des troubles cognitif sévères (mémoire notamment) chez environ 30% des patients avec des idées délirantes (démence parkinsonienne) et des hallucinations favorisées par les médicaments » répond notre interlocutrice.
La maladie de Parkinson peut-elle être asymptomatique ?
« La maladie de Parkinson peut être peu symptomatique au début mais dès qu’elle évolue, le patient développe les symptômes associés » souligne notre interlocutrice.
La maladie évolue en 3 phases :
► Première phase ou « lune de miel » : c’est le stade où le diagnostic étant établi, on prescrit un traitement à la dose qui permet au patient d’être asymptomatique ou presque (signes très légers car bien contrôlés). Le patient vit normalement. Cette phase dure de 18 mois à 6 ans.
► Deuxième phase : c’est le stade des fluctuations motrices et non motrices c’est-à-dire que les symptômes de la triade reviennent et conduisent le neurologue à augmenter le traitement et le fractionner dans la journée. Les symptômes répondent encore au traitement mais seront moins bien équilibrés, ils seront fluctuants dans la journée. Ce stade peut durer pendant 10, 15, 20 ans. Plus le temps passe, plus les symptômes s’aggravent et de nouveaux apparaissent (troubles de la marche, chutes, troubles de l’élocution et de la concentration).
► Troisième stade : c’est le stade le plus invalidant de la maladie, les symptômes ne répondent plus au traitement et le patient développent des signes axio avec des troubles sévères de la marche, de l’élocution, de la déglutition, de la mémoire.
Quels sont les symptômes psychologiques de la maladie de Parkinson ?
Les patients atteints de la maladie de Parkinson sont en carence de dopamine, l’hormone qui contrôle les mouvements du corps et participe à un bon état psychique. « C’est pourquoi lors de l’évolution de la maladie, les patients seront déprimés plus ou moins profondément et peuvent présenter des modifications comportementales. On note également une apathie, un désintérêt pour ce qui se passe autour et une perte de motivation » remarque notre experte.
Quelles sont les douleurs causées par la maladie de Parkinson ?
« Les douleurs principales sont celles dites neuropathiques en lien avec le syndrome parkinsonien » précise le Dr Cantiniaux. La douleur neuropathique concerne une zone innervée par un nerf. Le nerf en essayant de récupérer a tendance à devenir hyperexcitable ce qui entraîne des douleurs de type brûlure ou au contraire de sensations de froid douloureux, impression de compression, sensations de décharges électriques, crampes…
Quelles sont les différences de symptômes selon l’âge ?
« Les formes de Parkinson qui débutent plus tardivement, à un âge avancé voient les signes axio s’installer plus précocement et causer plus rapidement des troubles de la marche. Chez un patient plus jeune, la durée d’évolution de la maladie et des signes est plus lente » remarque la neurologue.
Les symptômes sont-ils les mêmes chez la femme et l’homme ?
« Oui, les symptômes ne diffèrent pas selon le sexe mais selon le stade d’évolution, la forme ou l’âge » répond notre experte.
Merci au Dr Stéphanie Cantiniaux, neurologue et spécialiste de la maladie de Parkinson.
Source : JDF Santé
9 Avr 2023 | JDF Santé
Quelles sont les méthodes pour se détendre rapidement ?
Il existe plusieurs façons pour se détendre rapidement. Parmi elles :
► Les techniques de relaxation. « Le training autogène de Schultz et la relaxation de Jacobson sont les techniques populaires. En général, elles se pratiquent allongé« , explique Sylvain Baert, Dr en psychologie et coach en préparation physique et mentale. La première, également appelée méthode de relaxation par auto-décontraction concentrative, repose sur une déconnexion de l’organisme et des phases de concentrations sur des sensations et différentes parties du corps tandis que la seconde consiste à tendre différents muscles puis à relâcher la tension.
► Les techniques de respiration (respiration abdominale, cohérence cardiaque)
► Les méthodes de sophrologie telles que la sophronisation qui se pratique généralement en position assise.
► Les techniques d’ancrage : « elles consistent à visualiser un endroit calme qui rassure et dans lequel on aime se réfugier. On va alors le visualiser comme un lieu ressource« , poursuit le coach.
Selon lui, ces méthodes stimulent le système nerveux parasympathique. « Il contrôle notamment la fréquence cardiaque. Ces techniques permettent d’entretenir le nerf vague, de le rendre plus autonome et ainsi d’équilibrer le corps lorsqu’il est stressé. Il est donc intéressant de les pratiquer au quotidien« , détaille-t-il. Il tient néanmoins à préciser qu’il n’y a pas de technique mieux que d’autres.
Se détendre en 5 minutes peut paraître compliqué, pourtant certaines techniques, telles que la cohérence cardiaque, sont efficaces au bout de 3 minutes comme l’explique le Dr en psychologie. « En moyenne, de façon naturelle, un être humain respire entre 12 et 20 fois par minute. La cohérence cardiaque consiste à inspirer profondément et à expirer lentement afin d’être sur un rythme de 6 respirations par minutes. Lorsqu’on souffle lentement, on sollicite le parasympathique et on ralentit la fréquence cardiaque. Les études montrent que les effets de la cohérence cardiaque durent 4 à 6 heures en fonction des organismes », explique Sylvain Baert à propos du processus. Cette technique multiplie les ondes alpha dans le cerveau ainsi que la sécrétion de dopamine et de sérotonine, les neurotransmetteurs, également qualifiés d’hormones « du bonheur » impliqués dans le plaisir immédiat, le bien-être et l’action. Il est notamment possible de la pratiquer en téléchargeant des applications gratuites dédiées disposant d’un métronome adapté.
Pour se détendre avant de dormir, Sylvain Baert préconise une technique simple basée sur la respiration. « Vous pouvez prendre une inspiration profonde puis souffler lentement en comptant de manière décroissante c’est-à-dire jusqu’à 9, puis jusqu’à 8, ainsi de suite. En général on s’endort avant d’avoir terminé l’exercice« , assure-t-il. Une autre méthode consiste à inspirer (de manière profonde et lente), à bloquer la respiration pendant 2 à 5 secondes puis à expirer lentement. « Il faudrait le faire 5 fois d’affilée. Ça détend immédiatement », affirme le spécialiste. Il tient néanmoins à souligner qu’elle n’est pas conseillée aux personnes asthmatiques, car elle est susceptible de déclencher une crise d’asthme. De plus, lorsque l’organisme n’est pas habitué, il est possible d’avoir des vertiges à cause de la suroxygénation du cerveau. « Ça peut perturber certaines personnes. Si c’est le cas, il faut reprendre une inspiration ou commencer par 5 inspirations normales. Plus vous ferez l’exercice, moins vous serez sujet à ces effets« , explique-t-il.
Enfin, une technique simple consiste à se remémorer les trois meilleurs moments de la journée. « Lorsqu’on s’endort avec des tracas, souvent on rumine. Le fait d’orienter ses pensées sur des choses positives avant de dormir fait du bien. On se rend compte que même si la journée a été compliquée, on arrive souvent à trouver trois petits moments agréables. Ça peut être un déjeuner avec un collègue, le visionnage d’une série, une séance de sport ou même le fait d’avoir mangé notre pâtisserie préférée. Ça déconnecte du négatif et ça favorise le sommeil », avance le professionnel.
La plupart des techniques (méditation, relaxation…) sont adaptées néanmoins lorsque nous sommes très nerveux, le coach conseille de commencer par des séances courtes. « Comme pour le sport, surtout si la personne n’est pas habituée, mieux vaut commencer avec de courtes séances de cohérence cardiaque, par exemple. Elle peut démarrer avec une inspiration abdominale consciente, profonde et calme. Une fois que cela est appréhendé, il est ensuite possible de se diriger vers des séances plus longues« , conseille-t-il.
Dans ce cas précis, se tourner vers la technique de Jacobson peut être la solution. « Jacobson partait du principe que quelqu’un qui est stressé génère automatiquement des tensions musculaires. Il s’est donc intéressé aux contractions musculaires. Pour lui, en apprenant à contracter les muscles, on relâche la tension. On va par exemple contracter le bras, puis relâcher », souligne le spécialiste avant d’ajouter, « Au bout d’un moment, on apprend à reconnaître ces contractions et à relâcher naturellement les tensions liées au stress au quotidien« .
Merci à Sylvain Baert, Dr en psychologie et coach en préparation mentale et physique.
Source : JDF Santé
9 Avr 2023 | JDF Santé
Qu’est-ce que l’homocystéine ?
L’homocystéine est un acide aminé qui est produit naturellement par le corps lors du métabolisme des protéines. « Normalement, l’homocystéine est convertie en méthionine ou en cystéine grâce à la présence de certaines vitamines comme la vitamine B6, la vitamine B9 (acide folique) et la vitamine B12, explique le Dr Florian Scherrer, biologiste médical. Cependant, lorsque le taux d’homocystéine est élevé dans le sang, cela peut être un signe que cette conversion ne se produit pas efficacement« . Des taux élevés d’homocystéine peuvent être associés à un risque accru de maladies cardiovasculaires, de maladies neurodégénératives ou de fausses couches chez les femmes enceintes. « Les taux élevés d’homocystéine peuvent être causés par plusieurs facteurs, notamment le tabagisme, la consommation excessive d’alcool, une mauvaise alimentation, des troubles de l’absorption intestinale… Le traitement de l’hyperhomocystéinémie peut inclure une supplémentation en vitamines B et/ou des changements dans l’alimentation et le mode de vie« . Le dosage de l’homocystéine est réalisé pour évaluer le risque de développer des maladies cardiovasculaires. Il est également utilisé pour diagnostiquer des carences en vitamines B12, B6 et B9 (acide folique), qui sont nécessaires pour métaboliser l’homocystéine.
Quel est le rôle de l’homocystéine ?
L’homocystéine est impliquée dans plusieurs processus biologiques importants comme le métabolisme de la méthionine. « La méthionine est un acide aminé essentiel important pour la synthèse des protéines et la régulation des niveaux de certaines hormones, poursuit le biologiste. Elle intervient également pour la synthèse de l’ADN, qui est essentielle pour la croissance et la réparation des tissus« .
Enfin, l’homocystéine peut affecter la coagulation sanguine en augmentant la formation de caillots. Cependant, des niveaux élevés d’homocystéine dans le sang peuvent être associés à un risque accru de maladies cardiovasculaires, de maladies neurodégénératives ou de fausses couches chez les femmes enceintes. « Il est donc important de maintenir des niveaux d’homocystéine adéquats grâce à une alimentation équilibrée et, si nécessaire, une supplémentation en vitamines B ».
Homocystéine et vitamine B 12
La vitamine B12 joue un rôle crucial dans la régulation des niveaux d’homocystéine dans le sang. « La vitamine B12 est nécessaire à la conversion de l’homocystéine en méthionine, un acide aminé essentiel pour la synthèse des protéines et la régulation des niveaux de certaines hormones« , reprend le médecin. Lorsque le corps manque de vitamine B12, il peut y avoir une accumulation d’homocystéine dans le sang, ce qui peut augmenter le risque de maladies cardiovasculaires« . Une supplémentation en vitamine B12 peut aider à réduire les niveaux d’homocystéine chez les personnes qui ont des carences en vitamine B12 ou qui ont des niveaux élevés d’homocystéine dans le sang.
Faut-il être à jeun pour la prise de sang ?
« Oui, il est généralement recommandé d’être à jeun avant la prise de sang pour mesurer les niveaux d’homocystéine, répond le Dr Scherrer. Cela permet d’obtenir des résultats plus précis et plus fiables« . En effet, manger avant la prise de sang peut affecter la mesure des niveaux d’homocystéine.
Quelles sont les causes d’un taux augmenté d’homocystéine ?
Il existe plusieurs causes possibles d’un taux augmenté d’homocystéine dans le sang. La première est une carence en vitamines B. « Les vitamines B12, B6 et B9 (acide folique) sont nécessaires pour la conversion de l’homocystéine en d’autres acides aminés utiles dans le corps, précise le spécialiste. Une carence en l’une de ces vitamines peut donc entraîner une accumulation d’homocystéine dans le sang« . Autre cause, une mauvaise alimentation : « Les régimes alimentaires qui manquent de nutriments essentiels comme les vitamines B, peuvent augmenter les niveaux d’homocystéine dans le sang« . Certains médicaments peuvent également perturber le métabolisme de l’homocystéine, augmentant ainsi les niveaux d’homocystéine dans le sang. « Certaines personnes peuvent aussi avoir une mutation génétique qui affecte le métabolisme de l’homocystéine, ce qui peut entraîner des niveaux élevés d’homocystéine dans le sang« . Le tabagisme est une autre cause. Il peut affecter les niveaux d’homocystéine dans le sang en perturbant la fonction des vitamines B. Enfin, des maladies rénales peuvent perturber le métabolisme de l’homocystéine et entraîner des niveaux élevés dans le sang.
Prix et remboursement de l’analyse de l’homocystéine
« L’analyse de l’homocystéine n’est pas prise en charge en France, conclut notre interlocuteur. Son prix se situe autour de 60 euros en France ».
Merci au Dr Florian Scherrer, Directeur qualité Synlab France et biologiste médical au Laboratoire Synlab Barla à Nice.
Source : JDF Santé
8 Avr 2023 | JDF Santé
Définition : qu’est-ce qu’une arthrodèse lombaire ?
L’arthrodèse lombaire est un geste chirurgical qui consiste à faire fusionner des vertèbres entre elles afin de traiter une pathologie dorsale. Si cette technique de consolidation des vertèbres est éprouvée depuis des décennies, elle a énormément évolué. Autrefois, les arthrodèses n’étaient pas instrumentées tandis qu’aujourd’hui, on utilise des matériaux (vis, tiges, plaques métalliques) pour unir les vertèbres le temps que la consolidation osseuse se fasse. « Moins invasive, l’arthrodèse lombaire actuelle vise à corriger l’équilibre du patient. Grâce à l’utilisation d’outils offrant une plus grande précision, on diminue les saignements, les douleurs, la consommation d’antalgiques ainsi que la durée du séjour. On commence également à voir apparaître des arthrodèses effectuées par voie endoscopique qui associent le mini invasif et la libération endoscopique« , développe le Dr Steffen Queinnec, chirurgien orthopédiste.
Indications : quand faire une arthrodèse lombaire ?
Les principales indications de l’arthrodèse lombaire sont :
- Les déformations rachidiennes comme les scolioses
- Les dislocations dues à l’arthrose
- Les usures prématurées ou non du disque non élucidées sur le plan étiologique
- Les maladies du disque telles que les dégénérescences discales
- La spondylolisthésis lombaire qui se caractérise par le glissement d’une vertèbre par rapport à une autre
- Une fracture de la colonne vertébrale
« Outre des douleurs, toutes ces pathologies peuvent induire des troubles de l’équilibre. L’arthrodèse permet de maintenir la colonne en bonne position« , commente le chirurgien orthopédiste.
Où faire une arthrodèse lombaire ?
L’arthrodèse lombaire est une intervention chirurgicale réalisée par un chirurgien orthopédiste ou un neurochirurgien dans un bloc opératoire, sous anesthésie générale le plus souvent. L’opération dure environ trois heures et nécessite en moyenne 1 à 4 nuits d’hospitalisation. On réserve l’arthrodèse à l’échec d’un traitement médicamenteux (antalgiques, anti inflammatoires, corticoïdes, myorelaxants, infiltrations de corticoïdes, kinésithérapie, port de lombostat au cours de plusieurs mois, en général au minimum 6 mois (en dehors de situations urgentes)).
Suite à une arthrodèse lombaire, le taux de consolidation est estimé entre 90 et 94%
On distingue deux techniques opératoires : l’arthrodèse lombaire par voie antérieure et l’arthrodèse lombaire par voie postérieure.
► L’arthrodèse lombaire par voie antérieure nécessite que le patient soit installé sur le dos ou sur le côté. Le chirurgien orthopédiste entre dans la colonne vertébrale par la voie abdominale. « Cette technique permet d’obtenir un accès direct en étant moins traumatisant sur les masses musculaires puisqu’on ne sectionne pas les muscles et qu’on contourne les éléments viscéraux« , argue le Dr Steffen Queinnec.
► L’arthrodèse lombaire par voie postérieure : le patient est allongé sur le ventre. Le médecin réalise une incision cutanée dans le dos en passant entre les muscles pour atteindre les vertèbres. La greffe osseuse est réalisée puis une cage est posée entre deux vertèbres pour redonner la hauteur intersomatique. Des outils comme des vis et des tiges sont alors mis en place pour unir la hauteur entre les vertèbres et l’angulation. Lors de l’intervention, le chirurgien orthopédiste peut également pratiquer une décompression neurologique et la correction d’une déformation du rachis.
« La voie chirurgicale est à choisir en fonction des habitudes du praticien, de la pathologie en cause et du matériel utilisé pour stabiliser et consolider les vertèbres« , précise notre interlocuteur.
Quel est le taux de réussite d’une arthrodèse lombaire ?
« Suite à une arthrodèse lombaire, le taux de consolidation est estimé entre 90 et 94 %. Le taux de consolidation est corrélé au taux de satisfaction du patient qui avoisine les 85%. Une arthrodèse peut montrer une consolidation osseuse parfaite à l’imagerie et pourtant, être responsable de douleurs« , indique le Dr Steffen Queinnec.
Quelle convalescence après une arthrodèse lombaire ?
Après l’intervention, quelques jours d’hospitalisation sont nécessaires pour contrôler la douleur, changer les pansements et vérifier l’absence de saignement. « L’arthrodèse lombaire change l’anatomie du corps, il y a une phase inflammatoire et une phase d’enraidissement, le sujet doit s’habituer à une nouvelle posture« , informe le chirurgien orthopédiste. Indispensable, la convalescence repose sur la limitation de la position assise pendant la phase initiale pour ne pas mettre trop de contraintes sur les implants. Par la suite, l’assise haute est recommandée pendant une période de 4 à 6 semaines. Le port d’un corset peut être discuté. Vient ensuite la phase de cicatrisation cutanée et musculaire, suivie de la phase de rééducation qui peut s’étaler sur plusieurs mois avec des phases par paliers. « On observe une progression pendant les dix premiers mois puis le résultat sera quasi définitif. La consolidation osseuse est contrôlée par scanner au bout d’un an. Il est possible de reprendre une activité professionnelle sédentaire de bureau au bout de 6 à 8 semaines, puis après 3-4 mois pour un travail debout. Les loisirs peuvent quant à eux être repris de façon progressive« , continue-t-il.
Quels sont les risques d’une arthrodèse lombaire ?
Si les cas de paralysie sont rares, les chiffres existent et sont de l’ordre de 0,5%. Ils sont toujours sous lésionnels, c’est-à dire situés sous le niveau opéré. Le sujet peut se plaindre d’une perte de sensibilité, d’une perte de motricité qui peut être temporaire ou définitive, partielle ou totale. Le risque infectieux est également présent, beaucoup moins par la voie antérieure que par la voie postérieure. « Plusieurs facteurs augmentent ce risque infectieux : le tabagisme qui multiplie le risque par quasiment un facteur 7, le diabète et le surpoids. Le risque d’hématomes, de brèches et de défaut de fusion (mauvaise consolidation) existe aussi. Enfin, le taux de réintervention pour des pathologies adjacentes est important. C’est la raison pour laquelle le suivi post-opératoire est rapproché« , détaille le Dr Steffen Queinnec.
Y a-t-il des contre-indications à faire une arthrodèse lombaire ?
Les contre-indications sont rares. Il ne faut pas faire d’arthrodèse si l’indication ne semble pas justifiée.
Merci au Dr Steffen Queinnec, chirurgien orthopédiste à l’Institut du Rachis Parisien, Membre SFCR et SRC.
Source : JDF Santé