La schizophrénie est une pathologie psychiatrique qui évolue sous une forme chronique dans le temps. Même si elle ne peut pas être soignée, sa prise en charge permet au patient d’avoir une qualité de vie la plus normale possible. Les causes de cette pathologie ne sont pas connues précisément.
Définition : c’est quoi la schizophrénie ?
La schizophrénie est une maladie mentale qui affecte la pensée, le système émotionnel ainsi que les comportements de la personne qui en souffre. Cette maladie apparaît généralement au début de l’âge adulte (dans 85% des cas) et touche un peu moins de 1 % de la population (environ 1 personne sur 100). Elle se traduit par l’association de troubles du fonctionnement mental regroupés sous l’appellation de syndrome dissociatif, et d’un délire permanent du patient, c’est-à-dire des idées et des pensées fausses qui sont en désaccord complet avec la réalité des faits. Elle peut aussi être associée à des hallucinations auditives et visuelles, à un repli sur soi et des difficultés dans les relations sociales. Les personnes schizophrènes souffrent aussi souvent de paranoïa et pensent que des complots sont dirigés contre elles. La schizophrénie est classée dans la CIM 11 de l’OMS parmi les troubles psychotiques.
C’est quoi la schizophrénie dysthymique ou affective ?
La schizophrénie dysthymique (parfois appelée trouble schizo-affectif ou psychose aiguë schizo-affective) est une forme de schizophrénie qui affecte en particulier les émotions et les facultés cognitives. Les crises sont généralement accompagnées de manies et/ou de dépressions avec une tendance suicidaire. Le sujet peut être victime de manie, de délires et de paranoïa. Le traitement repose sur la psychothérapie et la prise de neuroleptiques (médicaments tranquillisants), combinés parfois à des antidépresseurs.
C’est quoi la schizophrénie hébéphrénique ?
Dans cette forme, qui représente environ 20 % des schizophrénies, la maladie débute tôt, au cours de l’adolescence, et ce sont le syndrome dissociatif et le retrait qui sont au premier plan. Les éléments délirants sont souvent absents, le langage est incohérent mais la personne parait indifférente au monde extérieur malgré une forte anxiété. Les patients refusent souvent les traitements, ce qui en fait la forme la plus résistante aux thérapeutiques.
C’est quoi la schizophrénie catatonique ?
Dans les formes catatoniques, les symptômes corporels (à type de raideur, de maintien d’attitudes), et le déficit cognitif (avec absence d’initiatives, fléchissement des habilités, l’indifférence affective, mutisme) prédominent et isolent les malades socialement. Certains troubles du langage et du cours de la pensée sont présents comme la répétition en écho ou le mimétisme. Le traitement est difficile et doit viser à maintenir une alimentation et une vie relationnelle. C’est la forme de schizophrénie la plus grave.
Quels sont les symptômes de la schizophrénie ?
Comme le définit l’OMS, la schizophrénie se caractérise par des perturbations mentales qui touchent la réflexion, la perception, l’expérience de soi, la cognition, la motivation, l’affect et le comportement. Les symptômes fondamentaux sont :
les idées délirantes persistantes,
hallucinations persistantes,
troubles de la pensée et expériences d’influence, de passivité ou de contrôle
Les symptômes doivent avoir persisté pendant au moins un mois pour qu’un diagnostic de schizophrénie soit posé.
« La maladie se révèle généralement au cours de l’adolescence, entre 15 et 35 ans »
Quelles sont les causes de la schizophrénie ?
La schizophrénie n’a pas de cause unique connue. Comme beaucoup d’autres maladies psychiques, elle semble due à un ensemble de facteurs qui interagissent : génétique, environnemental, éducationnel… La consommation de cannabis à un jeune âge est aussi considérée comme un facteur de risque. « La maladie se révèle généralement au cours de l’adolescence, entre 15 et 35 ans. Un facteur génétique est en cause, ainsi que des facteurs environnementaux comme des problèmes au cours du développement fœtal et la consommation de substances psychotropes (cannabis, LSD…) » nous indique le Dr Patrick Lemoine, psychiatre.
La schizophrénie est-elle héréditaire ?
« Un facteur génétique est en cause » répète le psychiatre. Les membres de la famille d’un schizophrène ont dix fois plus de risque de développer la maladie que l’ensemble de la population.
Qui consulter en cas de doute ?
Le psychiatre est le médecin spécialiste des maladies mentales, et donc de la schizophrénie, à la fois pour le diagnostic, le traitement et le suivi. C’est le médecin généraliste qui envoie vers la consultation d’un psychiatre.
Quels sont les traitements de la schizophrénie ?
► Les neuroleptiques sont au cœur du traitement médicamenteux de la schizophrénie. Ils agissent en particulier sur les symptômes positifs et plus particulièrement sur le délire, qu’ils permettent de bien juguler. « Ils sont moins efficaces sur les hallucinations verbales, par exemple, note le Pr Franck. Le principe est de rétablir un équilibre.
► Autre pan du traitement, en plus des médicaments, la remédiation cognitive permet de travailler sur les symptômes négatifs de la maladie. C’est une méthode d’entraînement de certains processus cérébraux : attention, mémoire, concentration, etc. Grâce au traitement, les malades peuvent avoir l’espoir de reprendre un travail, de vivre de manière autonome… « Le principe est d’arriver à stabiliser la maladie et d’aboutir à une rémission car il est certain qu’il n’est pas possible de guérir, dans le sens littéral du terme, de la maladie. D’une manière ou d’une autre, on arrive toujours à les aider et dans les meilleurs des cas, ils arrivent même à devenir autonomes. »
► Les patients suivent également une psychothérapie qui leur permet de faire le point sur l’évolution des symptômes, les effets des traitements et les événements qui ont pu le déstabiliser. La psychothérapie a pour objectif de diminuer à la fois les symptômes positifs, négatifs, cognitifs, comportementaux, et affectifs en tenant compte de la phase de la maladie et des besoins particuliers du patient.
« Après traitement et selon la forme de la maladie, il est possible pour certains patients de mener une vie normale »
« Après traitement et selon la forme de la maladie, il est possible pour certains patients de mener une vie normale : se marier, avoir des enfants, un travail, un logement, rassure toutefois le professeur Nicolas Franck, psychiatre. Pour d’autres, l’acquisition d’une certaine autonomie (prendre son traitement, avoir un travail, s’occuper de soi) est un objectif raisonnable. Enfin, d’autres auront toujours besoin d’assistance. De nombreux éléments sont à prendre en compte, mais la prise en charge aide toujours les patients, d’une manière ou d’une autre. »
Schizophrénie et suicide
« La schizophrénie souffre d’une mauvaise image et la maladie du patient est taboue. De ce fait, l’accès aux soins des malades est bien souvent tardif. C’est d’ailleurs pour cela que les cas de suicides sont très fréquents chez les personnes souffrant de schizophrénie » explique le Pr Franck. « Il est très important que les proches ne soient pas dans le déni, qu’ils maintiennent le dialogue avec le malade, qu’ils l’amènent à consulter... Même s’il est difficile pour eux d’admettre que l’un des leurs est atteint de schizophrénie. » Pour améliorer la vie du patient et l’aider à surmonter ses troubles, il est nécessaire de consulter au plus vite. « Comme dans bien des cas, plus la prise en charge est précoce, plus le traitement est efficace. Le délire, en particulier, est réversible, il est possible d’améliorer la vie du patient », ajoute le Pr Franck. En cas de danger imminent pour lui ou un tiers, il faut absolument appeler les secours (les pompiers au 18). S’il y a une urgence, la loi du 27 juin 1990 permet, en cas de danger, d’hospitaliser un malade sans son consentement sur la demande d’un tiers.
Merci auxDr Patrick Lemoine et au Pr Nicolas Franck, psychiatres.
La trichomonase est l’infection sexuellement transmissible la plus répandue au monde avec 156 millions de cas en 2020 d’après les chiffres de l’OMS. La trichomonase est une maladie dont la transmission se fait principalement par voie sexuelle lors de rapports non protégés. Elle se manifeste un peu différemment chez l’homme et la femme. Celle-ci souffrira notamment de pertes vaginales abondantes et avec une mauvaise odeur. Quel est l’agent causal de la trichomonase ? Comment détecter la trichomonase ? Comment la soigner ?
Définition : c’est quoi la trichomonase ?
La trichomonase est une infection sexuellement transmissible (IST) causée par un parasite, le trichomonas vaginalis. Cette affection arrive le plus fréquemment chez la femme jeune. Cette infection peut être à l’origine de vaginite chez la femme et d’urétrite chez l’homme.
Quel est l’agent causal de la trichomonase ?
« Le trichomonas vaginalis est un parasite de l’être humain appartenant à la famille des protozoaires flagellés », explique d’emblée le Dr Jean-Marc Bohbot, andrologue et spécialiste des infectons uro-génitales.
Comment se transmet la trichomonase ?
La transmission dutrichomonas vaginalisse fait uniquement par voie sexuelle. Mais elle peut également être transmise à l’occasion de l’utilisation conjointe de gants de toilette, de serviette de toilette, de maillot de bain et autres sous-vêtements.
Quels sont les symptômes de la trichomonase chez la femme ?
Chez la femme, la trichomonase se traduit par :
des pertes vaginales anormales et abondantes, habituellement décrites comme verdâtres et sentant mauvais ;
des brûlures, démangeaisons, au niveau de la vulve et du vagin ;
des douleurs lors de la miction (action d’uriner).
Quels sont les symptômes de la trichomonase chez l’homme ?
Chez l’homme, la trichomonase se traduit par :
une rougeur et une douleur au niveau de l’orifice urétral ;
une rougeur et une douleur au niveau du sillon à la base du gland ;
une douleur lors de la miction (action d’uriner) ;
parfois un écoulement au niveau du méat, l’orifice de sortie de l’urètre.
Comment détecter la trichomonase ?
Pour diagnostiquer une éventuelle trichomonase chez la femme, on procède à un examen gynécologique et à un prélèvement de fluide du vagin. On peut observer le parasite en examinant au microscope les sécrétions vaginales ou en culture. Chez l’homme, le parasite peut être décelé par mise en culture du premier jet d’urines.
Traitement : comment soigner la trichomonase ?
La trichomonase se traite par la prise d’antibiotiques. Ces traitements sont courts (généralement 1 seule prise d’antibiotiques) Il est impératif que le ou les partenaires de la personne infectée soient également traités, même sans avoir déclaré de symptômes. Il faut éviter tout rapport sexuel avant la fin du traitement et la guérison complète. Il est prudent de faire pratiquer un dépistage complet des autres IST, en particulier une sérologie VIH.
« Les complications de la trichomonase sont rares »
Comment éviter la trichomonase ?
La trichomonase étant une maladie sexuellement transmissible, il est important de s’en protéger en privilégiant les rapports sexuels avec préservatifs. Les personnes ayant de nombreux partenaires sexuels, ou ayant des rapports avec une personne aux multiples partenaires, sont les plus susceptibles de contracter cette infection. Il faut donc se protéger.
Quelles sont les conséquences de la trichomonase ?
« Les complications sont rares : douleurs abdominales et saignements anormaux chez la femme. Chez l’homme, on recense de rares cas de prostatite. Comme toutes les IST, il faut rappeler que la trichomonase favorise l’acquisition du VIH« , prévient le spécialiste.
Merci au Dr Jean-Marc Bohbot, andrologue et spécialiste des infectons uro-génitales, directeur médical à l’institut Fournier à Paris.
Les tests d’allergie déterminent quelles sont les substances qui provoquent une réaction allergique de l’organisme dès lors qu’il entre en contact avec (un aliment, un pollen, des acariens, la poussière…). Le dépistage des allergies a pour objectif de mettre en place le traitement adéquat afin de soulager les symptômes du patient. Différents tests sont préconisés selon le type d’allergie recherché. Quels sont les tests pour les allergies respiratoires ? Pour les allergies cutanées ? Où passer un test d’allergie ? Quel est son prix ?
À quoi servent les tests d’allergie ?
Les tests d’allergie servent à confirmer ou à éliminer le diagnostic et à déterminer à quel allergène l’organisme réagit. En fonction des résultats, l’allergologue pourra prescrire un traitement des symptômes ou un traitement de désensibilisation et prodiguer des conseils préventifs.
Quand faire un test d’allergie ?
Lorsqu’on a des symptômes. « Le problème, c’est l’accessibilité des allergologues parce que nous ne sommes que 400 en France et 1200 spécialistes qui font de l’allergologie en plus de leur spécialité », déplore le Dr Sébasien Lefevre, Chef de service de l’Institut Régional des Pathologies Allergologiques, Environnementales et Immunologie Clinique de Metz-Thionville. En fonction de la gène et de l’importance des symptômes, le médecin traitant peut prescrire un traitement de première ligne (antihistaminique, sprays nasaux…). En cas d’insuffisance, le patient doit être orienté vers un allergologue.
Quels sont les tests pour les allergies respiratoires ?
► Pour les allergies respiratoires, on effectue des prick-tests.« À l’aide d’une petite aiguille, on fait une micro-poncture de la peau ce qui permet de mettre en contact les cellules responsables des symptômes allergiques avec des extraits commerciaux fournis par les laboratoires, notamment pour tout ce qui est pollens, acariens etc. Si les anticorps se manifestent contre les allergènes, une réaction avec une papule en relief et une rougeur, comme lorsqu’on se fait piquer par les orties, vont apparaître » explique le spécialiste. Cela ne signifie pas que le patient est allergique mais uniquement qu’il est sensibilisé à cet allergène et l’enquête allergologique permettra de mettre en corrélation les symptômes et les résultats des tests pour établir un diagnostic.
► « Selon les cas, des tests sanguins peuvent s’effectuer dans un deuxième temps. Il y a d’abord l’interrogatoire du malade, le test cutané et ensuite on peut s’aider de la biologie pour doser les IgE spécifiques » ajoute notre interlocuteur.
Quels sont les tests pour les allergies alimentaires ?
Pour les allergies alimentaires, on effectue également des prick-tests en utilisant l’aliment lui même. « Selon les cas, des tests sanguins peuvent s’effectuer dans un deuxième temps. Il y a d’abord l’interrogatoire du malade, le test cutané et ensuite on peut s’aider de la biologie pour doser les IgE spécifiques » ajoute notre interlocuteur,
« Les prick-tests peuvent se faire dès les premiers jours de vie »
Quels sont les tests pour les allergies cutanées ?
Pour tout ce qui est allergie de contact, c’est-à-dire les allergies cutanées, on va se servir de patchs tests. Les substances suspectes sont appliquées dans le dos du patient et recouvertes d’un pansement pendant 48h. « À l’issue de cette période, l’allergologue décolle le pansement et fait une lecture pour observer si de l’eczémaqui est apparu. » précise l’allergologue.
Des tests identiques chez l’adulte et chez l’enfant ?
« Oui, les prick-tests peuvent d’ailleurs se faire dès les premiers jours de vie. C’est important de le préciser parce qu’il y a encore de vieilles croyances selon lesquelles il faut attendre l’âge de 3 à 6 ans mais ce n’est pas le cas », remarque l’allergologue.
Que révèlent les tests d’allergie ?
C’est là toute la subtilité du métier de l’allergologue. « Les tests vont révéler que l’on est sensibilisé à quelque chose. On a fabriqué un IgE contre la protéine allergisante du pollen ou de l’aliment par exemple. Mais quand un test est positif, cela ne veut pas forcément dire qu’on est allergique, simplement qu’on est sensibilisé », nuance le Dr Lefevre.
Où passer un test d’allergie ?
Chez un allergologue, à son cabinet ou à l’hôpital.
Combien coûte un test d’allergie ? Est-il remboursé ?
Le prix d’une consultation varie entre 25 et 50€ et c’est pris en charge par la sécurité Sociale. Quant au prick-tests, il faut compter une trentaine d’euros en secteur 1. En secteur 2, il y a des dépassements d’honoraires qui peuvent être variables selon les médecins.
Merci au Dr Sébasien Lefevre, Chef de service de l’Institut Régional des Pathologies Allergologiques, Environnementales et Immunologie Clinique de Metz-Thionville.
Douleur thoracique, essoufflement au moindre effort, point dans le dos, prise de poids soudaine… Et si cela cachait une maladie cardiaque ? Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité pour les femmes en France mais seules 46% des femmes le savent, selon le baromètre Ifop « Cœur et femmes » réalisé pour la Fédération Française de Cardiologie (FFC) en avril 2023. Et « il y a une nette augmentation du nombre d’infarctus chez les femmes jeunes » rapporte le Dr Catherine Monpère, Co-présidente de la Commission « Coeur de Femmes » de la FFC. Une femme sur trois en décédera en France et elles sont responsables de 8 fois plus décès que le cancer du sein. Découvrez les 10 signes de maladies cardiaques qui doivent alerter chez la femme, avec les conseils du Pr Claire Mounier-Véhier, cardiologue, co-fondatrice du Fond de dotation Agir pour le cœur des femmes.
1. Douleur thoracique et palpitations
« Ne croyons pas qu’un infarctus de femme ne fait pas mal car ce n’est pas vrai : dans un cas sur deux, la douleur thoracique est le premier signe d’alerte« , explique la cardiologue. L’infarctus se caractérise par une occlusion brutale d’une grosse artère. « Cette occlusion brutale se manifeste par une douleur similaire à celle de l’homme, à savoir une douleur en étau dans la poitrine(derrière le sternum) et qui irradie dans le bras et dans la mâchoire avec parfois une envie de vomir, ainsi que des palpitations« , détaille la spécialiste. Le réflexe : si ces douleurs sont très intenses et sont persistantes (plus de 5 à 10 minutes), il faut immédiatement appeler le 15.
2. Un essoufflement chronique
« L’essoufflement pendant un effort modéré de la vie quotidienne peut révéler une hypertension artérielle, maladie chronique liée à une pression anormalement élevée du sang dans les vaisseaux sanguins. Une tension élevée signifie que le sang exerce une pression plus forte sur la paroi des artères, ce qui impose un travail supplémentaire pour le cœur et peut provoquer à terme un épuisement du muscle cardiaque« , indique le Pr Mounier-Véhier, Le réflexe : en cas d’essoufflement chronique,mesurez régulièrement votre tension à l’aide d’un tensiomètre (doté du marquage CE) 3 fois d’affilée au bras, en position assise et au calme, le matin au réveil et le soir avant de se coucher, 3 jours de suite. En cas de tension trop élevée (moyenne des 18 mesures de tension > 135/85 mm Hg), consultez votre médecin.
3. Un tour de taille supérieur à 88 cm
« Un tour de taille supérieur à 88 cm(hors éventration et période de grossesse) est associé à des risques de diabète, d’hypertension artérielle, d’athérosclérose ou de maladies du foie, souligne la cardiologue. Lorsqu’elle est en excès, la graisse viscérale sécrète des substances inflammatoires qui abîment sur le long terme la paroi des artères et favorisent le risque de diabète de type 2« . Le réflexe : si votre tour de taille est supérieur à 88 cm au niveau de l’abdomen (entre la dernière côte et l’os iliaque), c’est peut-être le début d’un syndrome métabolique (ensemble de troubles physiologiques toxiques pour les artères). Consultez un médecin.
4. Des brûlures d’estomac
« Des symptômes digestifs comparables à un ulcère tels que des brûlures d’estomac ou des points au creux de l’estomac peuvent être le signe d’une maladie coronarienne, favorisée par le dépôt de cholestérol sur la paroi des artères ou un spasme de l’artère coronaire plus fréquent chez la femme, justifie notre interlocutrice. Des complications peuvent survenir à terme comme un infarctus du myocarde quand l’artère se bouche avec une nécrose du muscle cardiaque. » Le réflexe : si ces troubles digestifs se répètent, persistent ou sont associés à des palpitations, un essoufflement, une fatigue anormale, des douleurs dorsales entre les deux omoplates ou à une brûlure dans la gorge, pour des efforts de plus en plus modérés de la vie quotidienne, lorsqu’il fait très froid ou lorsque vous fumez une cigarette, appelez le 15.
5. Un point prolongé dans le dos
« Une douleur prolongée et continue dans la poitrine, qui augmente à l’inspiration associée souvent à de la fièvre et une grosse fatigue peut être le signe d’une péricardite(inflammation du sac qui enveloppe le cœur) », indique la spécialiste. La péricardite est souvent d’origine virale mais peut aussi révéler une maladie auto-immune comme un lupus ou une polyarthrite rhumatoïde, plus fréquents chez la femme, d’où l’importance de ne pas attendre la disparition des symptômes. Le réflexe : une douleur dans la poitrine qui irradie jusque dans l’épaule gauche, qui s’intensifie lors de l’inspiration et qui s’installe pendant quelques jours nécessite une consultation médicale.
6. Des migraines avec aura
« Des migraines avec aura, récurrentes et accompagnées de troubles visuels, de paresthésies dans la main, d’envies de vomir ou de difficultés à parler sont liées à un risque accru d’AVC. Et ce, particulièrement chez les femmes sous contraception orale combinée (oestroprogestative) et qui fument« , alerte la cardiologue. A noter que la consommation de tabac associée à la prise d’une pilule œstroprogestative multiplie par 20 le risque d’accidents veineux (phlébite, embolie pulmonaire…) et artériel (AVC, infarctus…). Le réflexe : si vous n’êtes pas sujette aux migraines et en l’absence d’un terrain migraineux dans la famille, mieux vaut appeler le 15 car la migraine sera un diagnostic d’élimination d’un AVC.
7. Les jambes en poteau
« Une prise de poids soudaine accompagnée d’œdèmesdans les jambes, de fatigue, d’angoisses et de palpitations peut être un signe avant-coureur d’une maladie cardiovasculaire, comme l’insuffisance cardiaque », indique la spécialiste. Elle se caractérise par l’incapacité qu’a le muscle cardiaque à assurer son rôle de pompe, véritable moteur, pour apporter du sang dans l’organisme. Le réflexe : si vous remarquez des œdèmes sur vos jambes avec un aspect en poteau, c’est-à-dire si la peau prend la marque du doigt de façon prolongée en faisant pression, que vous avez aussi pris du poids brutalement, que vous êtes fatiguée et essoufflée au moindre effort, consultez un médecin.
8. Des douleurs à la marche
« Une douleur en étau dans la fesse, le mollet ou dans la voûte plantaire et qui se manifeste uniquement à la marche etqui cesse au repos doit pousser à consulter un médecin« , préconise l’experte. Elle peut révéler une artérite, aussi appelée « artériopathie oblitérante des membres inférieurs », une maladie causée par la formation de plaques d’athérome (dépôt de cholestérol) dans les artères des jambes. Le réflexe : une telle douleur doit amener à consulter un médecin, surtout après 60 ans pour faire le bilan cardio-vasculaire et mettre en route un traitement.
9. Fatigue ou vertiges sans raison
« Des épisodes récurrents de fatigue depuis 2-3 mois, lors d’un effort modéré de la vie quotidienne (monter un étage, faire ses courses…), ne sont pas anodins, surtout chez la femme active, alerte le Pr Claire Mounier-Véhier. Une fatigue inhabituelle et des vertiges sans raison peuvent être le signe d’un débit cardiaque trop bas, d’une bradycardie ou d’une artère coronaire bouchée, À ce rythme, le cœur ne peut plus pomper suffisamment de sang vers le reste de l’organisme. Le réflexe : si vous vous sentez toujours fatiguée et essoufflée lors des efforts de la vie quotidienne, ou que vous avez par moment des sensations vertigineuses, parlez-en à votre médecin.
10. Des ronflements : attention à l’apnée du sommeil !
« Le fait de ronfler fort n’est pas anodin. C’est le symptôme principal d’une apnée du sommeil« , pose d’emblée la spécialiste du cœur. Attention car l’apnée du sommeil est associée à un risque plus élevé d’AVC, d’infarctus du myocarde, de syndrome métabolique et de dissection aortique, une affection rare qui se caractérise par l’irruption de sang à l’intérieur de la paroi de l’aorte qui la déchire. • Le réflexe : pensez au dépistage de l’apnée du sommeil. Il s’agit d’un test complet d’une nuit (au moins 6 heures) qui consiste à évaluer plusieurs paramètres neurophysiologiques et respiratoires grâce à des électrodes placées sur la tête, le visage, la poitrine et les jambes.
Quand consulter ?
Tout symptôme anormal, dans un contexte de facteurs de risque (femmes sous contraception combinée, tabac, stress chronique, sédentarité, IMC supérieur à 25, diabète, cholestérol supérieur à 2, hypertension artérielle, antécédents familiaux d’AVC…) doivent alerter et inciter la femme à appeler le 15 (le Samu). A la ménopause, la vigilance s’impose ! Il est nécessaire de faire un check-up cardiovasculaire.
En France et partout dans le monde, le mercredi 31 mai2023 est dédié à la Journée sans tabac ou le World no Tobacco Day. Cette Journée est l’occasion idéale pour amorcer un sevrage. Le tabagisme est la deuxième cause de décès dans le monde avec plus de 6 millions de morts par an, dont plus de 600 000 sont des non fumeurs, rapporte l’Education nationale. Presque la moitié des enfants respirent régulièrement, dans les lieux publics, un air pollué par la fumée de tabac. « Le tabac est le premier facteur de risque de cancer, responsable d’un cancer sur cinq et d’un décès sur trois par cancer. Consommer du tabac augmente le risque de 17 localisations différentes de cancer », rappelle le Pr Steven Le Gouill, directeur de l’Ensemble hospitalier de l’Institut Curie. En France, le nombre de fumeurs est estimé à plus de 10 millions de personnes. Parmi eux, 34,6% sont des hommes et 26,5% sont des femmes. Le tabagisme, en particulier féminin, est en hausse depuis le début des années 1970. Quelle est l’origine de cette initiative ? Le thème de l’année ? Les actions mises en place ? Focus.
Quelle est la date de la Journée sans Tabac 2023 ?
La Journée sans Tabac a lieu le mercredi 31 mai 2023. A ne pas confondre avec le Mois sans Tabac qui a lieu chaque mois de novembre en France.
Le thème pour la Journée mondiale sans tabac 2023 est « Cultivons des aliments, pas du tabac ». La culture du tabac nuit à notre santé, à la santé des agriculteurs et de la planète, insiste l’OMS. La campagne 2023 consiste donc à encourager les gouvernements à mettre fin aux subventions accordées à la culture du tabac et à utiliser les économies réalisées pour aider les agriculteurs à passer à des cultures plus durables qui améliorent la sécurité alimentaire et la nutrition.
► Mobiliser les gouvernements afin qu’ils mettent fin aux subventions accordées à la culture du tabac et qu’ils utilisent les économies réalisées pour aider les agriculteurs à passer à des cultures plus durables qui améliorent la sécurité alimentaire et la nutrition.
► Sensibiliser les communautés de cultivateurs de tabac aux avantages que présente l’abandon de cette culture au profit de cultures durables
► Soutenir les efforts de lutte contre la désertification et la dégradation de l’environnement en réduisant l’agriculture du tabac
► Dénoncer les efforts déployés par l’industrie pour entraver la recherche de moyens de subsistance durables.
Quelles sont les actions pour la Journée Sans Tabac ?
L’OMS fournit aux fumeurs les outils et les ressources dont ils ont besoin pour réussir leur sevrage. Du 31 mai au 30 juin 2023, Santé publique France accompagne et amplifie le mouvement de dénormalisation du tabac, déjà en cours en France, notamment grâce au soutien du Fonds de lutte contre les addictions. « À travers cette campagne, Santé publique France réaffirme sa volonté d’inscrire la lutte contre le tabagisme comme une priorité. Sans culpabiliser les fumeurs, elle montre qu’une vie sans tabac est non seulement possible, mais que l’arrêt du tabagisme est une décision positive associée à de nombreux bénéfices« , explique Viêt Nguyen-Thanh, responsable de l’Unité Addictions à Santé publique France.
En clôture de la campagne de dénormalisation « Bienvenue dans une vie sans tabac », Santé publique France déploie, sur les réseaux sociaux et auprès de ses partenaires, un dispositif spécifique le 31 mai afin de proposer une Journée Sans Tabac aux fumeurs. Afin de les aider au mieux, un calendrier à insérer dans l’application agenda de leur smartphone leur est proposé. Ainsi, ils recevront des notifications pour les motiver, les conseiller et les encourager à tenir tout au long de la journée. Ces messages seront également relayés sur les réseaux sociaux. :
un spot télévisuel de 30 secondes divisé en 3 vidéos de 10 secondes et diffusé à la télévision, sur les services de replay sur les mobiles, tablettes et ordinateurs.
une campagne d’affichage pour l’espace public (papier ou digitalisé)
une campagne digitale avec des bannières web et sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, Twitter),
une opération spéciale en presse écrite et digitale pour mettre à l’honneur la vie sans tabac par des témoignages d’ex-fumeurs.
Nouvelle identité pour Tabac Info Service : le dispositif d’information et d’aide à l’arrêt qui répond à toutes les questions sur le tabagisme et le sevrage a été relooké cette année. Il continue de proposer également un accompagnement personnalisé gratuit, réalisé par des tabacologues joignables au 39 89, sur le site internet, sur Facebook ou sur l’application du même nom, conçue par l’Assurance Maladie.
Histoire : quelle est l’origine de la Journée Sans Tabac ?
Cette Journée a été instituée par les Etats membres del’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 1987 sous le nom de « World No Tobacco Day » (ou Journée mondiale sans tabac en français).
Sources : Journée mondiale sans tabac, 31 mai 2023, Education.gouv / Protéger l’environnement : la Journée mondiale sans tabac 2023 : cultivons des aliments pas du tabac, OMS.
La vitamine D, surnommée « la vitamine du soleil » est une vitamine essentielle au bon fonctionnement de notre organisme, particulièrement quand il y a peu de soleil. Elle intervient dans l’absorption du calcium et du phosphore. « On pense que la vitamine D joue un rôle important dans la régulation du système immunitaire, et peut potentiellement protéger des infections. Sa supplémentation pourrait réduire l’incidence et les effets délétères de ces affections » estime l’OMS. Quand prendre de la vitamine D en ampoule ? En pharmacie sans ordonnance ? Dans quels aliments en trouver ? Combien de temps faut-il s’exposer au soleil pour en bénéficier ? Quelle est la dose recommandée ? Protège-t-elle contre le Covid ? Conseils.
Qu’est-ce que la vitamine D ?
La vitamine D est une prohormone synthétisée dans le derme sous l’effet des ultraviolets du soleil, puis transportée dans le foie et le rein où elle est transformée en hormone active. Elle permet l’absorption intestinale du calcium et participe à la santé osseuse. La vitamine D2 tout comme la vitamine D3 peuvent être apportées par l’alimentation.
Quand le soleil donne de la vitamine D ?
La principale source de vitamine D est la lumière du soleil. « La vitamine D est synthétisée par la peau sous l’action du soleil ; mais attention, une exposition prolongée aux UV augmente le risque de cancer de la peau », met en garde le Dr Fouré. Ce sont précisément les rayons ultraviolets B ou « UVB » qui déclenchent la synthèse de la vitamine D. Des chercheurs espagnols de l’Université Polytechnique de Valence ont estimé la durée d’ensoleillement nécessaire en fonction de la saison. Ils estiment qu’au printemps et en été une exposition de 10 à 20 minutes par jour est suffisante pour couvrir les besoins en vitamine D. En été, on estime que le corps fabrique en 20 minutes environ 10’000 UI de vitamine D. En revanche, en hiver, souvent plus de 2 heures d’exposition au soleil par jour est nécessaire.
► Au printemps, une exposition à la lumière du soleil de 10 à 20 minutes des mains, des avant-bras et du visage deux à trois fois par semaine assure l’apport nécessaire en vitamine D.
► Le temps d’exposition n’augmente pas la synthèse de la vitamine. A partir d’une certaine dose, la fabrication s’arrête.
► L‘utilisation des UV artificiels (cabine UV) comme source de vitamine D « ne peut en aucun cas se justifier », estime l’Institut national du cancer (INCa), qui déconseille cette pratique. L’Institut rappelle que les rayonnements ultraviolets (solaires et artificiels) sont des cancérogènes avérés.
C’est quoi la vitamine D2 ?
La vitamine D2 (ergocalciférol) est d’origine exclusivement végétale et est présente dans des aliments tels que les champignons, les céréales, les légumineuses ou les levures.
C’est quoi la vitamine D3 ?
La vitamine D3 (cholécalciférol) est la forme naturelle de la vitamine D. Elle est essentiellement synthétisée par la peau (couches superficielles de l’épiderme) grâce au soleil (exposition aux rayons ultraviolets B), et est présente dans certains aliments.
Quels sont les bienfaits de la vitamine D ?
« La vitamine D joue un rôle essentiel dans la structure osseuse ; elle permet de lutter contre la déminéralisation et l’ostéoporose« , explique le Dr Yves Fouré, médecin généraliste. En effet, la vitamine D est impliquée dans le fonctionnement du métabolisme osseux. Elle favorise l’absorption intestinale du calcium et du phosphore. Par son action, elle participe à la consolidation des os, à la bonne minéralisation des dents et au renforcement musculaire. La vitamine D3 (cholécalciférol) est la principale forme de vitamine D chez l’homme : elle représente 80 à 90% des apports en vitamine D (à laquelle elle est souvent assimilée). L’autre forme de la vitamine D est la vitamine D2 (ergocalciférol).
Quelle dose journalière de vitamine D avons-nous besoin ?
Le dosage sanguin de la vitamine D a longtemps été prescrit pour vérifier la bonne assimilation du calcium par l’organisme, notamment chez des personnes souffrant de problèmes osseux et dentaires, et chez les personnes âgées. « Mais aujourd’hui, ce dosage est reconnu comme étant inutile par les études épidémiologiques. En fait, la grande majorité de la population est en déficit de vitamine D, donc ce dosage n’apprend pas grand-chose », explique le Dr Fouré. De fait, la Haute Autorité de Santé a produit un rapport en 2013 dans lequel elle souligne que l’utilité de ce dosage n’a pas été démontrée, dans la plupart des cas.
Quels sont les signes d’une carence en vitamine D ? Les risques ?
Une concentration sanguine en vitamine D inférieure à 20 nanogrammes par mL de sang est considérée comme insuffisante. La carence se définit quant à elle par un taux de vitamine D inférieur à 12 nanogrammes par mL de sang. Une carence en vitamine D peut entraîner
Une perte osseuse (liée à une anomalie du développement de l’os) et une augmentation de sa fragilité à l’origine d’un rachitisme et de fractures. Cette diminution de la masse osseuse favorise le risque de fracture. Ce risque est particulièrement élevé lorsque la pratique physique est réduite ou inexistante.
Des douleurs et une faiblesse musculaire peuvent provoquer des chutes chez les personnes âgées.
Une carence en vitamine D peut également entraîner un état de fatigue.
Qui est le plus à risque d’être carencé en vitamine D ?
L’insuffisance en vitamine D est très fréquente en France métropolitaine, surtout à la fin de l’hiver et au début du printemps. Selon l’Étude Nationale Nutrition Santé (2012), 80 % des Français seraient concernés. Plusieurs études ont montré que les femmes françaises âgées de plus 50 ans seraient les Européennes les plus carencées en vitamine D. Les déficits sévères sont quant à eux plus rares (environ 5 %) et touchent plus souvent les personnes âgées. « Il faudrait supplémenter toutes les femmes à partir de l’âge de 50 ans, et tout le monde à partir de l’âge de 75 ans. Cela est d’autant plus nécessaire pour les personnes alitées, en Ehpad par exemple », ajoute le Dr Fouré.
Selon l’Anses, le risque de carence en vitamine D est plus élevé chez :
les personnes âgées
les personnes à la peau mate ou foncée, pour qui la synthèse de la vitamine D via l’exposition au soleil est moins efficace,
les femmes ménopausées, dont le bouleversement hormonal peut entraîner une déminéralisation osseuse, ce qui accroît le risque de fracture.
Chez les enfants, la supplémentation se décide au cas par cas avec le pédiatre ou le médecin traitant. Il ne faut pas hésiter à poser la question lors d’une consultation au début de l’automne.
Dans quels aliments trouver de la vitamine D ?
Chez l’adulte, l’alimentation contribue à 10 à 20 % des réserves en vitamine D, et cette proportion est vraisemblablement encore plus faible chez l’enfant, indique l’OMS. « Le soleil reste la source la plus riche » confirme notre interlocuteur. On trouve cette vitamine principalement dans l’huile de foie de morue« mais il faudrait en absorber des litres et des litres pour avoir un apport satisfaisant ».
Les aliments les plus riches en vitamine D sont :
Les poissons gras comme le hareng, la sardine, le saumon ou le maquereau (vitamine D3) (deux portions par semaine)
Les abats, particulièrement le foie
Le jaune d’œuf
Les produits laitiers, notamment ceux enrichis en vitamine D
Le beurre et la margarine
Le fromage
La viande.
L’Anses rappelle qu’il est important de varier et d’équilibrer notre alimentation tout au long de l’année et de consommer régulièrement ces aliments pour couvrir ses besoins journaliers en vitamine D. Le bon repère : consommer deux portions de poissons par semaine, dont une portion de poisson gras. Préférez idéalement le poisson frais, mais si cela n’est pas possible, misez sur les conserves de sardines, harengs, maquereaux au naturel.
Combien d’ampoule de vitamine D faut-il prendre ?
Un surdosage peut avoir des conséquences néfastes pour le coeur et les reins.
La dose recommandée est d’une ampoule de vitamine D de 100 000 unités tous les deux mois, pendant les périodes de faible ensoleillement (ou 600 à 800 unités par jour). Généralement on en prend une à l’entrée de l’hiver et une autre au début du printemps. « Paradoxalement, un surdosage en vitamine D peut entraîner une fragilisation des os », indique Yves Fouré. C’est ce qu’on appelle l’hypervitaminose. « Le recours aux compléments alimentaires contenant de la vitamine D peut exposer à des apports trop élevés, ce qui peut provoquer une hypercalcémie – taux élevé de calcium dans la circulation sanguine- entraînant la calcification de certains tissus, et ainsi avoir des conséquences cardiologiques et rénales« , complète l’Anses sur son site internet dans son article du 17 avril 2020. Dans tous les cas, le recours aux compléments alimentaires doit se faire sur indication diététique ou médicale.
Peut-on acheter de la vitamine D en pharmacie sans ordonnance ?
→ La vitamine D peut être achetée sous forme de compléments alimentaires, sans ordonnance, en pharmacie (ou en magasins bio) « mais la teneur est limitée puisqu’elle correspond à la réglementation du complément alimentaire » indique le pharmacien Julien Tison.
→ La vitamine D peut aussi s’acheter sur ordonnance, sous forme de médicaments avec une concentration plus élevée (comme pour le ZymaD®, le ZymaDuo®, les ampoules Uvedose ou en sirop).
Comment éviter le surdosage en vitamine D ?
Des études ont mis en évidence le rôle bénéfique potentiel de la vitamine D sur le système immunitaire pour contrer l’épidémie actuelle ce qui a entraîné une hausse de sa consommation dans la population. Attention cependant au surdosage ! « Le surdosage en vitamine D est toxique, les risques sont multiples : nausées, fatigue, risques osseux, convulsions, coma. Soyez vigilant et ne consommez pas de compléments en vitamine D sans en parler à votre médecin. Les produits disponibles sur Internet peuvent être très dangereux ! » a alerté le CHU de Lille en janvier 2021.
Il est recommandé :
si vous êtes une personne à risque ou si vous êtes testé positif au Covid-19, n’hésitez pas à discuter d’un supplément en vitamine D avec votre médecin traitant,
si le médecin traitant juge cela nécessaire, il prescrira un supplément en vitamine D sous forme d’ampoule. Un traitement fiable, sur ordonnance et remboursé par la Sécurité Sociale.
Quel est l’effet de la vitamine D sur le Covid ?
Une forte dose de vitamine D3, administrée précocement chez des patients Covid fragiles réduirait la mortalité globale dès le 6e jour de traitement
Plusieurs études ont mis en avant les bienfaits possibles d’une supplémentation en vitamine D pour prévenir les formes graves de la Covid-19. La dernière en date, une étude française baptisée COVIT-TRIAL et publiée le 31 mai 2022 dans la revue scientifique Plos Medicine par le CHU d’Angers (dans le Maine-et-Loire) confirme, dans un essai contrôlé randomisé (260 patients en Ehpad, âgés de 65 ans et plus, atteints de Covid avec des critères d’évolution défavorables) que l’administration précoce (administrée dans les 72 heures suivant le diagnostic) de vitamine D3 à forte dose aux patients âgés à risque, atteints de COVID-19 améliorait la mortalité globale dès le 6e jour de traitement, avec un pic le 14e jour (l’effet n’était plus observé après 28 jours). Une autre étude, publiée le 14 septembre 2021 dans la revue spécialisée Scientific Reports, a été menée conjointement par le Trinity College à Dublin (Irlande) et l’Université d’Edimbourg (Ecosse) auprès de 417 342 participants de la Biobanque britannique. Les chercheurs ont examiné pour la première fois le niveau de vitamine D prédit génétiquement et celui par UVB. Résultat : un fort rayonnement UVB de l’environnement du patient, par le soleil par exemple, avant l’infection au Covid-19 réduirait ses risques d’hospitalisation et de décès. Ce résultat confirme ceux de l’étude menée par le Dr Sweta Chekuri, de l’Albert Einstein College of Medicine à New York auprès de 124 patients adultes à faibles niveaux de vitamine D, mesurés 90 jours avant leur hospitalisation pour Covid-19. Les chercheurs ont observé que les patients ayant reçu la supplémentation sont moins susceptibles d’avoir besoin d’une ventilation et ont un risque de décès réduit.
Merci au Dr Yves Fouré, médecin généraliste et à Julien Tison (propos recueillis le 3 février 2021).
Sources :
– « Actualité, Confinement : Assurer un apport suffisant en vitamine D grâce à l’alimentation », Anses, publié le 17 avril 2020.
– Supplémentation en vitamine D visant à améliorer les effets du traitement chez les enfants atteints d’infections respiratoires. Fondements biologiques, comportementaux et contextuels. OMS. Avril 2011.
– « Une étude de randomisation observationnelle et mendélienne sur le risque de vitamine D et de COVID-19 dans la biobanque britannique », Scientific Reports, publié le 14 septembre 2021.
– Etude : High-dose versus standard-dose vitamin D supplementation in older adults with COVID-19 (COVIT-TRIAL): A multicenter, open-label, randomized controlled superiority trial