L’OMS a estimé début décembre qu’au moins 90% de la population mondiale présente une certaine forme d’immunité face au virus SARS-CoV-2 du Covid « grâce à une infection antérieure ou à la vaccination ». « L’existence d’une infection antérieure diminue le risque de réinfection par le sous-variant BA.4/BA.5 » a effectivement confirmé le Covars en octobre. Mais le risque de rattraper le Covid n’est pas nul surtout en ce moment : « Il y a une bascule du BA.5 vers le BQ 1.1. Il existe une variation antigénique qui fait que des personnes infectées par BA5 pourraient aussi être infectées par BQ 1.1« informait le virologue et membre du Covars, Bruno Lina, sur le site LeProgrès.fr fin novembre. Les autorités sanitaires parlent de réinfection dans un délai de 2 mois après une première infection Covid. Une étude américaine publiée dans Nature Medicine en novembre a montré que par rapport aux personnes sans réinfection, les personnes ayant eu une réinfection présentaient des risques accrus de mortalité et d’hospitalisation mais aussi de séquelles (pulmonaires, neurologiques…). « Même si une personne a eu une infection antérieure et a été vaccinée, elle est toujours susceptible de subir des effets indésirables en cas de réinfection » a commenté Ziyad Al-Aly qui a dirigé l’étude.
C’est quoi l’immunité ?
L’immunité désigne le fait d’être protégé contre une maladie infectieuse, soit par un vaccin, soit parce que l’on a déjà été infecté par un microbe infectieux, un virus ou une bactérie. Ainsi, en cas d’exposition à cet agent infectieux, notre système immunitaire le reconnaît, il nous défend et empêche le microbe de se multiplier dans notre organisme. De manière générale, « la protection donnée par les vaccins est absolument fondamentale au niveau de la population, prévient Nicolas Manel. Concrètement, les vaccins ont vraiment permis d’augmenter la survie de l’humanité de manière incroyable, ça se voit très bien sur la rougeole et la polio par exemple. Plus les gens se feront vacciner contre le SARS-CoV-2, moins le virus tuera de personnes.«
Combien de temps est-on immunisé après le Covid ?
L’immunité après la vaccination contre la Covid surviendraitenviron 10 à 14 jours après une primo-vaccination complète (2 doses). La durée de protection du vaccin est de 6 mois. Ensuite « l’immunité baisse progressivement » expliquait la Haute Autorité de Santé en 2021. Les cas de réinfection au Covid sont survenus à partir du 6 décembre 2021, soit approximativement à partir de l’introduction et la diffusion du variant Omicron en France, soulignait Santé Publique France en septembre. La diffusion de ses sous-lignages BA4 et BA5 plus contagieux a réduit la durée d’immunité. « La protection diminue rapidement dans les 3 mois après immunisation (primo-vaccination, ndlr) » aexpliqué le Covars. Elle ré-augmente après une dose de rappel. La protection de la vaccination contre les formes sévères « diminue au-delà de 4 mois après le 1er rappel (3ème dose, ndlr) notamment chez les sujets âgés » rapportent ces experts.
Comment s’immunise-t-on après avoir eu le Covid ?
Les premières études ont montré que le taux d’anticorps augmente rapidement dans les 2 à 3 premières semaines suivant l’infection Covid, puis diminue progressivement.
Il y a deux phases de conservation de la réponse immunitaire :
→ Première phase : on a des anticorps dans notre sang qui ont été produits au moment de l’infection ou de la vaccination : le système immunitaire s’active et produit des anticorps qui persistent dans l’organisme pour nous protéger. « La durée de protection varie d’une personne à l’autre, on peut donner comme ordre de grandeur quelques mois. Avec ces anticorps, le risque de ré-infection est très faible. Si une ré-infection à lieu malgré tout, elle est généralement beaucoup moins symptomatique » rassure Nicolas Manel, directeur de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (L’INSERM), chef d’équipe à l’Institut Curie, spécialisé en virologie et immunologie.
→ Deuxième phase :« C’est la réponse dite mémoire, on n’a plus du tout ou très peu d’anticorps dans le sang mais les cellules qui ont à produit ces anticorps sont toujours présentes, elles sont juste en dormance en attendant la prochaine infection », explique le chef d’équipe à l’Institut Curie. Autrement dit, si on se faisait ré-infecter, soit on ne développerait même pas de symptômes, soit les symptômes sont moins sévères parce que nos cellules dites mémoire vont pouvoir se réactiver beaucoup plus vite. Même si les anticorps ont disparu, il faut savoir que ces cellules mémoires durent toute la vie.
« Même si une personne a eu une infection antérieure et a été vaccinée, elle est toujours susceptible de subir des effets indésirables »
Au bout de combien de temps peut-on rattraper le Covid ?
Un délai de 60 jours (2 mois) par rapport à une précédente infection semble pertinent pour parler de réinfection par le SARS-CoV-2, estime le Haut conseil de la santé publique. D’après les chiffres publiés par Santé Publique France, le risque de rattraper le Covid augmente avec l’ancienneté de la première infection pour atteindre un plateau environ 6 mois après la première infection. Entre le 2 mars 2021 et le 7 août 2022, les réinfections possibles représentaient 6% de l’ensemble des cas confirmés de Covid-19. « Une proportion en forte augmentation depuis décembre 2021 (début de la circulation d’Omicron, ndlr) » indique l’agence de santé. Problème : selon une étude publiée dans Nature Medicine en novembre 2022, la réinfection par le SARS-CoV-2 doublerait les risques de décès et triplerait ceux d’hospitalisation et de problèmes cardiaques.« Même si une personne a eu une infection antérieure et a été vaccinée, elle est toujours susceptible de subir des effets indésirables en cas de réinfection » a commenté Ziyad Al-Aly qui a dirigé l’étude au Centre de santé des anciens combattants de Saint-Louis, dans le Missouri (Etats-Unis).
Quelle est l’immunité contre le Covid sans vaccin ?
Face au variant Omicron qui a remplacé le variant Delta fin 2021 pour devenir majoritaire en 2022, l’infection seule semble moins efficace pour déclencher une réponse immunitaire, contrairement à ce qui a été observé avec les variants précédents du Covid, selon une étude autrichienne publiée en février 2022. Concrètement, les auteurs ont prélevé des échantillons de plasma sanguin 5 à 35 jours après un test PCR positif pour la souche Omicron. Les participants ont été divisés plusieurs groupes (vaccinés, non vaccinés, infectés ou pas avant par le Covid). Les niveaux les plus élevés d’anticorps neutralisants contre toutes les souches du virus ont ététrouvés chez ceux qui ont été vaccinés puis infectés par Omicron et chez ceux qui n’ont pas été vaccinés mais qui ont eu le covid avant. En revanche, les personnes infectées par Omicron et qui n’étaient pas vaccinées avant avaient seulement des anticorps contre Omicron. Pas ou très peu de réponse immunitaire contre les variants précédents. Parmi les explications des chercheurs, le fait qu’Omicron soit moins virulent que ses prédécesseurs stimulerait ainsi moins le système immunitaire.
Immunité hybride = « super immunité » contre le Covid ?
Il semblerait que la meilleure « option » pour se protéger du coronavirus Sars-Cov-2, du moins de ses formes graves, soit la combinaison de la vaccination puis de l’infection. C’est ce qu’on appelle l’immunité hybride. En septembre 2022, une étude relayée dans le BMC Medicine a montré que chez 36% des personnes infectées par le Covid mais non vaccinées, les anticorps ne sont plus détectables 1 an après l’infection, « Les participants vaccinés infectés avaient des niveaux d’anticorps supérieurs au fil du temps » notent les chercheurs. En décembre 2021, une étude américaine publiée dans le Journal of the American Medical Association(JAMA) avait aussi montré sur des soignants vaccinés puis infectés par le Covid (test PCR positif) entre janvier et août 2021 et d’autres vaccinés mais non infectés que les premiers avaient une quantité plus importante d’anticorps dans le sang : « Une augmentation de 1000 % et parfois même de 2000 %, donc une immunité vraiment élevée. C’est presque une ‘super-immunité »a commenté le Professeur Fikadu G. Tafesse, co-auteur de l’étude. D’autres recherches comme celles publiée dans The Lancet Infectious Diseases en janvier 2022 ont aussi montré que les patients ayant un schéma vaccinal complet et infectés (par rapport à l’absence de vaccination) avaient moins de risque d’hospitalisation, de symptômes dans la première semaine de la maladie (après la première ou la deuxième dose) et de symptômes de longue durée (≥ 28 jours) après la deuxième dose. Presque tous les symptômes ont été signalés moins fréquemment chez les personnes infectées vaccinées que chez les personnes infectées non vaccinées, et les participants vaccinés étaient plus susceptibles d’être complètement asymptomatiques.
Peut-on faire une prise de sang pour connaître son immunité ?
La présence d’anticorps indique que le sujet a été infecté par le SARS-CoV-2, quelle que soit la gravité des symptômes, ou même en l’absence de symptômes. À ce jour, plusieurs études montrent que les personnes ayant été infectées par le SARS-CoV-2 développent des anticorps propres à ce virus. Néanmoins, les concentrations d’anticorps peuvent varier entre les personnes ayant eu une forme grave de la maladie (plus d’anticorps) et les personnes ayant été atteintes de formes bénignes ou d’infections asymptomatiques (moins d’anticorps). Les « tests sérologiques » détectent les anticorps contre le virus et mesurent la quantité d’anticorps produite à la suite d’une infection, ce qui permet de déterminer si une personne a été préalablement infectée par le SARS-CoV-2. Ces tests sont réalisables idéalement environ 14 jours après le début des symptômes. La présence d’anticorps de type IgG signifie que le sujet a rencontré le virus et a développé une réaction immunitaire dont témoignent ces anticorps. Cela ne veut pas forcément dire que l’on est immunisé mais que l’on a été infecté.
Est-on plus protégé si on a fait une forme sévère ?
« La réponse des anticorps varie bel et bien en fonction de la sévérité de la maladie. On observe en effet une bonne corrélation entre quantité d’anticorps et virémie, c’est-à-dire la force avec laquelle le virus s’est multiplié dans l’organisme. En présence d’une forme sévère, il y a plus de virus, ce qui fait que le système immunitaire s’active davantage et produit plus d’anticorps« , confirme le spécialiste en immunologie et virologie. Autrement dit, si on a contracté une forme sévère de la maladie, on a beaucoup d’anticorps en circulation dans le sang et le risque de se faire ré-infecter dans les mois qui suivent est réduit. En revanche, si on a fait une forme légère, relativement asymptomatique, la réponse des anticorps est faible et le risque de se faire ré-infecter est potentiellement plus élevé.
Quelle immunité si on a été asymptomatique ?
Près de la moitié des personnes infectées par le SARS-CoV-2 ne développe pas de symptôme. La réponse immunitaire induite par les formes asymptomatiques de la Covid-19 est mal connue. Des scientifiques de l’Institut Pasteur ont étudié des sérums de patients atteints de formes symptomatiques ou asymptomatiques de la Covid-19. « Cette étude a permis de montrer que les individus infectés par le SARS-CoV-2 possèdent des anticorps capables d’attaquer le virus de différentes manières, en l’empêchant d’entrer dans les cellules (neutralisation) ou en tuant les cellules infectées grâce à l’activation des cellules NK. On parle donc d’anticorps polyfonctionnels » a expliqué Timothée Bruel, co-auteur principal de l’étude dans les conclusions publiées en avril 2021. En comparant différents groupes de patients, les scientifiques ont ensuite montré que les personnes asymptomatiques possèdent également des anticorps polyfonctionnels et que leur réponse est légèrement plus faible que celle des patients atteints de formes modérées de la Covid-19.
Les femmes sont-elles immunisées plus longtemps ?
Des chercheurs de l’Inserm implantés à Strasbourg ont décrit l’évolution de la réponse immunitaire dans les mois qui suivent une infection par le SARS-CoV-2. Leurs résultats suggèrent que le taux d’anticorps développé par les femmes est plus stable que celui des hommes. Ils ont suivi pendant 6 mois 308 personnes qui ont présenté une forme légère de Covid-19. « Immédiatement après l’infection, le taux d’anticorps anti-Covid-19 est en moyenne inférieur chez les femmes. Mais avec le temps, il suit un déclin qui est généralement moins prononcé chez elles que chez les hommes, quel que soit leur âge ou leur poids » a indiqué Samira Fafi-Kremer, qui a dirigé ce travail en collaboration avec l’équipe d’Olivier Schwartz de l’institut Pasteur. « On sait par exemple que les femmes ont d’une façon générale une réponse humorale et cellulaire plus robuste que les hommes, que ce soit face à d’autres maladies infectieuses ou en réponse à une vaccination. Le versant délétère de cette plus large réactivité est que les femmes sont plus souvent sujettes aux maladies auto-immunes« , rappelle Samira Fafi-Kremer. Plusieurs mécanismes pourraient être impliqués, à la fois hormonaux, environnementaux (notamment via l’épigénétique) et génétiques. « Une grande partie des gènes de l’immunité se situe sur le chromosome sexuel X, présent en deux exemplaires chez les femmes, contre un seul chez les hommes. » Ces résultats, établis 6 mois après l’infection, doivent être confirmés par le suivi de la cohorte à plus long terme.
C’est quoi l’immunité naturelle ?
L’immunité naturelle est une résistance à l’infection conférée par une protection immunologique innée : les premières défenses immunitaires, dites « innées », fonctionnent très rapidement pour éliminer le virus, à tel point que bien souvent, le virus ne se multiplie même pas et n’est pas détectable dans l’organisme. « Si cette immunité innée n’est pas suffisante, le virus commence à se multiplier et c’est l’immunité acquise qui prend le relai. Il y a également une fraction de la population qui est résistante parce qu’elle possède des mutations génétiques, mais c’est extrêmement rare » commente Nicolas Manel, directeur de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), chef d’équipe à l’Institut Curie, spécialisé en virologie et immunologie.
« Il est devenu difficile de modéliser le niveau d’immunité populationnelle »
C’est quoi l’immunité acquise ?
L’immunité acquise est celle que l’on acquiert, soit en réponse à un vaccin, soit en réponse au virus lorsque l’on a été infecté par celui-ci. Elle a l’avantage de durer un certain temps, de plusieurs mois à toute une vie selon les cas.
C’est quoi l’immunité croisée ?
Les virus font partie d’une grande famille, il en existe des millions et comme dans toutes les familles, il y en a qui se ressemblent plus ou moins. Par exemple, dans la famille des coronavirus, on distingue les alpha, qui causent notamment des rhumes chez les enfants, et les bêta, dont le SARS-CoV-2 fait partie. Bien que différents du SARS-CoV-2, responsable de la Covid-19, les alpha présentent quand même des similitudes. « Voilà pourquoi certains patients ayant eu des infections à coronavirus dans leur enfance ont acquis une immunité contre ces derniers et peuvent l’avoir conservée suffisamment longtemps pour que la mémoire immunitaire s’active, précise le directeur de recherche à l’Inserm. Autrement dit, le système immunitaire réagit contre un virus de la même famille et même si ce n’est pas aussi efficace, cela peut aider à développer moins de symptômes : c’est ce que l’on appelle l’immunité croisée. »
C’est quoi l’immunité collective ?
L’immunité collective est une notion d’épidémiologie qui s’applique à de vastes populations. Concrètement, sur un panel de 1000 personnes, si seulement 10 d’entre elles ont acquis une immunité contre la Covid-19, celui-ci va continuer à se propager entre les autres personnes. « Pour atteindre cette immunité collective et mettre fin à l’épidémie, il est nécessaire qu’un pourcentage élevé de la population soit immunisé contre ce virus, même si tout le monde n’a pas été infecté ou vacciné. Cela est lié au comportement des virus et à la manière dont ils se transmettent d’une personne à une autre », détaille le virologue. L’immunité collective avec la Covid-19 nécessite du temps. Contrairement aux virus saisonniers que l’on connaît, qui réapparaissent tous les ans, et pour lesquels il y a déjà des immunités pré-existantes, la population humaine n’avait jamais été confrontée au SARS-CoV-2 auparavant. « Pour parvenir à cette immunité collective, il faut que le virus ait déjà touché suffisamment de monde » indique le spécialiste en immunologie et virologie. Mais il semblerait qu’avec le Covid-19, cette immunité collective ne suffise pas à endiguer la circulation du virus.« Il est devenu difficile de modéliser le niveau d’immunité populationnelle » reconnaissent ainsi les membres du Covars en octobre 2022. « Les variants très contagieux augmentent le niveau d’immunité, c’est une mauvaise nouvelle pour l’immunité collective ces variants parce qu’ils nécessitent une hausse du niveau de protection des plus fragiles. On sait qu’on n’est pas tranquille si on a eu le Covid en 2020 ou même si on l’a eu en janvier (2022, ndlr). L’immunité qui a été induite par la souche initiale ne sert quasiment à rien pour Omicron. Ce virus a de plus en plus de perversion à échapper au système immunitaire et ça ne participe pas à l’immunité collective » a expliqué le Pr Gilles Pialoux, invité de BFM-TV le 24 juin 2022.
Merci à Nicolas Manel, directeur de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (L’INSERM), chef d’équipe à l’Institut Curie, spécialisé en virologie et immunologie. Propos recueillis en décembre 2020.
Sources :
Avis du 20 octobre 2022 du Comité de Veille et d’Anticipation des Risques Sanitaires (COVARS).
Les risques de réinfections par le SARS-CoV-2. Point au 15 septembre 2022. Santé Publique France.
Anti-SARS-CoV-2 Antibodies Persist for up to 13 Months and Reduce Risk of Reinfection. Hôpitaux universitaires de Strasbourg. 18 mai 2021
Asymptomatic and symptomatic SARS-CoV-2 infections elicit polyfunctional antibodies, Cell Reports Medicine, 21 avril 2021
L Grzelak et coll. Sex differences in the evolution of neutralizing antibodies to SARS-CoV-2. J Infect Dis., édition en ligne du 7 mars 2021.
Le froid a des répercussions sur la qualité du travail (fatigue accrue, manque de concentration…) et peut provoquer directement ou indirectement des accidents (glissades, perte de dextérité, hypothermie…). Alors s’il fait trop froid, l’employeur a des mesures à respecter, prévues dans le Code du Travail. Particulièrement pour les employés travaillant en extérieur (BTP, transports, travaux agricoles…), en chambre froide ou dans des conditions particulières (en altitude, sous l’eau). Et dans un bureau ? Est-ce dangereux de travailler dans le froid ? Quelle est la température minimum pour refuser de travailler et exercer son droit de retrait ?
Peut-on exercer son droit de retrait s’il fait trop froid ?
Oui et non. Non, car le Code du Travail ne fixe pas de température minimaleselon laquelle un salarié pourrait exercer son droit de retrait. Autrement dit, pour un travail en intérieur classique (bureau par exemple), il n’est pas possible de refuser de travail, même s’il fait moins de 18°C. Néanmoins, en cas de grand froid, lorsque la température ambiante est inférieure à 5° C, l’employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs (en vertu de l’article L. 4121-1 du Code du travail). Dans le détail, il doit prendre en compte les risques liés au froid et prendre, après l’avis de la médecine du travail et du CSE, toutes les dispositions nécessaires pour assurer la protection de ses travailleurs contre le froid et les intempéries (art. R. 4223-15) comme par exemple limiter le temps d’exposition au froid, modifier le rythme de travail, aménager des pauses dans des locaux chauffés. Si l’employeur ne respecte pas ces dispositions, le salarié peut alerter l’inspection du travail, le CSE ou encore le délégué syndical qui vérifieront que l’employeur respecte ses obligations. ou encore solliciter une visite auprès du médecin du travail. Aussi, l’employé peut, s’il considère qu’il est dans une situation qui présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé, en alerter immédiatement l’employeur et cesser son activité (article L. 4131-1) et l’employeur ne pourra pas lui demander de reprendre son activité tant que persiste ce danger.
A partir de quelle température considère-t-on qu’il fait froid dans un bureau ?
Selon le Code du travail (Article R4223-13), « les locaux fermés affectés au travail sont chauffés pendant la saison froide. Le chauffage fonctionne de manière à maintenir une température convenable et à ne donner lieu à aucune émanation délétère« . Toutefois, la notion de « température convenable » n’est pas définie par le Code du Travail. L’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS) indique qu' »un environnement est considéré comme froid pour une température de l’air inférieure à18°C, température à laquelle se déclenchent des déperditions de chaleur« . Mais il s’agit d’une indication pour l’employeur et non d’une température obligatoire à respecter. Depuis mars 2006, la norme NF X35-203/ISO 7730 relative au confort thermique précise les températures recommandées pour travailler dans de bonnes conditions et préconise des échelles de températures à respecter :
Dans les bureaux à 20 à 22 °C
Dans les ateliers avec faible activité physique à 16 à 18 °C
Dans les ateliers avec forte activité physique à 14 à 16 °C
Autrement dit, pour que ses employés travaillent dans un environnement confortable, l’employeur peut décider de respecter les plages thermiques recommandées par l’INRS ou les normes ISO mais il n’est pas obligé. Un travail dans un environnement froid (16°C dans un bureau par exemple) ne vous permet pas de quitter votre poste ou de cesser votre activité.
Quels sont les risques de travailler quand il fait froid ?
Une exposition directe au froid entraîne principalement :
des gelures (brûlures par le froid) plus ou moins importantes selon la sensibilité de la personne et son niveau d’exposition au froid
des assoupissements
des crampes
de l’hypothermie (baisse de la température corporelle à moins de 35°C), facilement reconnaissable par l’apparition de frissons, fatigue, confusion ou perte de connaissance. Dans des situations extrêmes, l’hypothermie peut entraîner un coma et même provoquer la mort.
une diminution de l’irrigation sanguine des doigts (appelé syndrome de Raynaud) caractérisée par la pâleur des doigts
des douleurs d’intensité variable
des troubles musculo-squelettiques (TMS) occasionnés par un manque de repos suffisant, des postures extrêmes, des mouvements répétitifs.
Prévention : que peut faire l’employeur quand il fait très froid ?
Selon l’INRS, des mesures de prévention adaptées permettent de réduire le nombre d’accidents et de troubles liés au travail au froid, comme par exemple :
► Eviter ou limiter le temps de travail et d’exposition au froid.
► Organiser différemment le temps de travail : modifier les rythmes de travail en raison des conditions climatiques (grand froid, neige, verglas, pluie, vent) ou prévoir des rotations de tâches
► Fournir des équipements de travail adaptés
► Aménager des locaux de pause chauffés (avec boissons chaudes…)
► Informer et former les salariés sur les risques liés au travail par températures froides,
► Mettre à disposition des équipements de protection individuelle contre le froid (gants, vestes isolantes, polaires…) ;
Sources : Fiche Froid et Santé au Travail, ministère du Travail, du Plein Emploi et de l’Insertion / Travail au froid, INRS, Santé et Sécurité au Travail / Code du Travail, Légifrance
[Mise à jour le 12 décembre 2022 à 14h53] Dans un entretien accordé à L’Obs le 10 décembre 2022, le chanteur Maxime Le Forestier âgé de 73 ans révèle avoir été soigné d’un cancer de la langue. Hospitalisé après un malaise sur scène en décembre 2021, les médecins lui font une série d’examens « et, à force d’investigations, on m’a découvert des petites saloperies regroupées à la base de la langue. L’ORL de l’Institut Curie qui m’a annoncé la nouvelle n’a pas (non plus) prononcé le mot ‘cancer’. Je l’ai compris quand il m’a prescrit une série de trente-cinq séances de radiothérapie » raconte-t-il avant d’ajouter « Je n’ai pas nommé la maladie jusqu’au moment où on m’a annoncé que j’étais guéri ». Il y a environ 15 000 cancers lèvre‑bouche‑pharynx découverts chaque année en France dont 10 000 chez l’homme.
Le cancer de la langue est l’un des cancers de la cavité buccale. « 90 à 95% des cancers de la langue sont des carcinomes épidermoïdes qui se développent à partir de l’épithélium, le tissu de revêtement, informe le Dr Philippe Gorphe, chirurgien ORL à l’Institut Gustave Roussy. Ce cancer se développe d’abord localement puis il s’étend très rapidement aux ganglions du cou. Il reste longtemps localisé au niveau de la tête et du cou avec un objectif de guérison. La maladie ne se généralise que tardivement ». Le cancer de la langue peut se subdiviser en deux types : les cancers de la partie mobile et ceux de la partie arrière (base fixe de la langue).
Les cancers de la cavité buccale touchent 6 000 personnes par an en France, dont un tiers de cancers de la langue. « L’âge moyen des cancers de la cavité buccale est 62 ans » indique le chirurgien ORL. « Le pic d’âge au diagnostic est entre 55 et 65 ans » précise-t-il. Cette maladie qui est masculine dans trois quarts des cas survient dans un tiers des cas chez des personnes de plus de 70 ans.
Les premiers symptômes suffisamment probants n’apparaissent généralement qu’à un stade déjà avancé de la maladie. Dans un premier temps, la prolifération de cellules anormales au niveau de la langue ne se manifeste que par une légère sensation de gêne lors de la mastication ou des mouvements de la partie mobile de l’organe. Peu à peu, les signes cliniques évoluent. « Le premier symptôme est une douleur spontanée et à la déglutition. La personne peut aussi avoir du mal à articuler, décrit le chirurgien ORL. Il y a souvent une perte de poids car la personne mange moins« . Autres signes fréquents :
des saignements et des ganglions du cou apparents. « Les tuméfactions des ganglions sont un symptôme fréquent » informe le Dr Philippe Gorphe.
« La douleur de la langue peut irradier vers l’oreille car elle emprunte le nerf de la sensibilité de la cavité buccale » ajoute-t-il.
Dans un peu moins d’un tiers des cas, les personnes n’ont jamais fumé et bu.
Le tabac et l’alcool sont les premiers facteurs de risque de développer un cancer de la bouche. Lorsqu’ils sont consommés ensemble, les effets du tabac et de l’alcool ne s’additionnent pas mais se multiplient. « Dans un peu moins d’un tiers des cas, les personnes n’ont jamais fumé et bu, informe néanmoins le Dr Philippe Gorphe. Il existe une tranche d’âge particulière pour le cancer de la langue : des patients de moins de 40 ans non-fumeur. Plusieurs théories ont été émises pour expliquer cette incidence particulière, notamment des mutations sporadiques potentiellement cancérigènes et des facteurs prédisposants, par exemple chez des personnes ayant une déficience de l’auto-nettoyage des cellules« . L’infection par le papillomavirus humain (virud HPV également à l’origine de cancers du col de l’utérus) transmis notamment par contact avec la peau ou avec les muqueuses – favorise également l’apparition de certains cancers de l’oropharynx incluant les amygdales et la base de la langu).
« Dans deux tiers des cas, le cancer de la langue est diagnostiqué à un stade global avancé, ce qui a une incidence sur l’importance du traitement et un impact majeur sur le pronostic, le stade de la maladie est le reflet direct des chances de survie » explique le Dr Philippe Gorphe.
Le diagnostic du cancer de la langue se fait avec un examen clinique et une biopsie, réalisée sous endoscopie le plus souvent. « Ce cancer étant très souvent associé à une intoxication tabac ou tabac et alcool, il risque d’y avoir une tumeur au niveau des autres muqueuses : pharynx, larynx, œsophage » explique le Dr Philippe Gorphe.
Le traitement est en général chirurgical et radiothérapeutique
« Comme pour les autres cancers de la bouche, le traitement est en général chirurgical et radiothérapeutique. Est effectuée une chirurgie de la tumeur et des aires ganglionnaires et une radiothérapie post-opératoire, informe le chirurgien ORL. S’il n’y a pas de pathologie ganglionnaire apparente de façon clinique et radiologique, on enlève seulement un ou deux ganglions pour les analyser et voir si la maladie n’est pas partie dans les ganglions : c’est la technique du ganglion sentinelle« .
« Si aucun facteur de gravité n’a été trouvé lors de la biopsie il peut ne pas y avoir de radiothérapie après la chirurgie. Si des facteurs de gravité ont été trouvés une chimiothérapie peut être associée à la radiothérapie », précise ce spécialiste. En fonction de la taille de la tumeur,une reconstruction de la langue peut s’avérer nécessaire après la chirurgie.
Les chances de survie, évaluées à 5 ans, sont très variables en fonction du site et du stade de développement de la tumeur. Les tumeurs de la partie mobile dépistées précocement ont un taux de survie assez élevé mais qui chute si le dépistage est tardif.
Merci au Dr Philippe Gorphe, chirurgien ORL à l’Institut Gustave Roussy.
[Mise à jour le 12 décembre 2022 à 14h13] Pour la onzième année, la revue médicale Prescrire publie sa liste noire des médicaments à écarter pour se soigner. Dans l’édition 2023, 107 médicaments « plus dangereux qu’utiles » sont pointés du doigt dont 88 commercialisés en France car leurbalance bénéfices-risques est défavorable dans toutes les situations cliniques dans lesquelles ils sont autorisés. « Ce bilan porte sur les médicaments dont l’analyse détaillée a été publiée dans Prescrire de 2010 à 2022. Il s’agit d‘analyses de nouvelles spécialités pharmaceutiques, de nouvelles indications, de suivis d’évaluation, tant sur les effets indésirables que sur les données d’efficacité, et parfois de réactualisations de données concernant certains effets indésirables d’un médicament », précise la revue. « Un des principaux objectifs de Prescrire est d’apporter aux soignants, et ainsi aux patients, des informations claires, synthétiques, fiables et actualisées, indépendantes des conflits d’intérêts commerciaux ou corporatistes, dont ils ont besoin pour leur pratique. » Suite à ce bilan, certains médicaments sont ajoutés, d’autres sont retirés, soit parce que leur commercialisation a été arrêtée sur décision de la firme ou d’une autorité de santé, soit le temps d’un réexamen de leur balance bénéfices-risques. La revue précise qu’il peut s’agir de :
Médicaments actifs, mais qui, compte tenu de la situation clinique, exposent à des risques disproportionnés par rapport aux bénéfices qu’ils apportent
Médicaments anciens dont l’utilisation est dépassée, car d’autres médicaments plus récents ont une balance bénéfices-risques plus favorable
Médicaments récents, dont la balance bénéfices risques s’avère moins favorable que celle de médicaments plus anciens
Médicaments dont l’efficacité n’est pas prouvée au-delà de celle d’un placebo, et qui exposent à des effets indésirables particulièrement graves.
Quels sont les médicaments à écarter ?
Dans l’édition 2023, ce sont 107 médicaments pointés dont 88 commercialisés en France pour lesquels Prescrire estime que la balance bénéfices-risques est défavorable dans toutes les situations cliniques dans lesquelles ils sont autorisés. La liste complète 2023 est disponible sur le site de la revue. Parmi ces médicaments, on trouve par exemple ;
En cancérologie : le défibrotide (Defitelio®), le mifamurtide (Mepact® non commercialisé en France), le nintédanib (Vargatef® non commercialisé en France), le panobinostat (Farydak®), le roxadustat (Evrenzo® non commercialisé en France), la trabectédine (Yondelis® ou autre), le vandétanib (Caprelsa®), la vinflunine (Javlor®)
En cardiologie : l’aliskirène (Rasilez® non commercialisé en France), le bézafibrate (Befizal®), le ciprofibrate (Lipanor® ou autre) et le fénofibrate (Lipanthyl® ou autre), la dronédarone (Multaq®), l’ivabradine (Procoralan®), le nicorandil (Ikorel® ou autre), l’olmésartan (Alteis®, Olmetec®), la ranolazine (Ranexa® – non commercialisé en France), la trimétazidine (Vastarel® ou autre).
En dermatologie et allergologie : le finastéride 1 mg (Propecia® ou autre), la méquitazine (Primalan®)
En diabétologie et nutrition : l’alogliptine (Vipidia®), la vildagliptine (Galvus®), la sitagliptine (Januvia®, Xelevia® ; et associée avec la metformine dans Janumet®, Velmetia®), l’orlistat (Xenical® ou autre).
En rhumatologie/ Anti douleur : l’acéclofénac (Cartrex®), le diclofénac (Voltarène® ou autre) par voie orale, les coxibs : le célécoxib (Celebrex® ou autre), le kétoprofène en gel (Ketum® gel ou autre), le piroxicam (Feldène®), la glucosamine (Flexea®), le méthocarbamol (Lumirelax®), la capsaïcine en patchs (Qutenza®), la quinine (Hexaquine®)
En gastro-entérologie : l’acide obéticholique (Ocaliva®), la diosmectite (Smecta® ou autre), la dompéridone (Motilium® ou autre), la métopimazine (Vogalène®, Vogalib®), la montmorillonite beidellitique alias monmectite (Bedelix®)
En gynécologie-endocrinologie : la tibolone (Livial® ou autre), l’ulipristal à 5 mg (Esmya® non commercialisé en France)
En neurologie : dans le traitement de la sclérose en plaques le natalizumab (Tysabri®), la flunarizine (Sibelium®) et l’oxétorone (Nocertone®), des neuroleptiques utilisés en prévention des crises de migraine.
En cas de maux de gorge ou de toux : l’alpha-amylase (Maxilase® ou autre) expose à des troubles cutanés ou allergiques parfois graves ; l’oxomémazine (Toplexil® ou autre) , expose à « des effets indésirables disproportionnés » ; le tixocortol en pulvérisation buccale (un corticoïde associé avec la chlorhexidine (Rhinadvil maux de gorge®)) expose à des réactions allergiques de type angiœdèmes de la face, glossites, voire angiœdèmes de Quincke.
En cas de rhume : les décongestionnants par voie orale ou nasale (l’éphédrine, la naphazoline, l’oxymétazoline, la phényléphrine, la pseudoéphédrine, le tuaminoheptane et la xylométazoline (non commercialisée en France)).
Dépression, psychotrope : le citalopram (Seropram® ou autre) et l’escitalopram (Seroplex® ou autre) ; la duloxétine (Cymbalta® ou autre) ; l’étifoxine (Stresam®).
Quels changements par rapport à la liste Prescrire 2022 ?
► 3 médicaments de plus à écarter : Protéines d’arachide (Palforzia®) car il « augmente la fréquence des réactions allergiques dans la vie quotidienne des patients », Roxadustat (Evrenzo®) « une « soupe » de divers constituants du pavot (Papaver somniferum L.) autorisée dans les diarrhées sévères, n’apporte pas d’avantage clinique par rapport au lopéramide (Imodium° ou autre) » ,etTeinture d’opium (Dropizal®).
► Retour du nintédanib parmi les médicaments à écarter : ce médicament autorisé dans certains cancers bronchiques non à petites cellules (sous le nom de Vargatef®) et dans certaines affections pulmonaires chroniques (sous le nom de Ofev®), avait été retiré du bilan des médicaments à écarter en 2020, afin de réévaluer sa balance bénéfices-risques dans de nouvelles indications : certaines fibroses pulmonaires, et la pneumopathie interstitielle diffuse liée à une sclérodermie systémique. L’analyse des données d’évaluation clinique a montré que, dans ces situations aussi, la balance bénéfices-risques du nintédanib est défavorable. Il figure donc à nouveau parmi les médicaments à écarter.
►Deux médicaments retirés du bilan pour réévaluation : l’idébénone et le tériflunomide. L’idébénone (Raxone®) a été retirée du bilan des médicaments à écarter car Prescrire réévalue sa balance bénéfices-risques dans la neuropathie optique de Leber. Le tériflunomide (Aubagio®), un immunodépresseur autorisé dans la sclérose en plaques, a aussi été retiré du bilan car Prescrire évalue sa balance bénéfices-risques dans une extension d’indication chez les enfants à partir de l’âge de 10 ans.
Source : « Pour mieux soigner, des médicaments à écarter : bilan 2023 » Revue Prescrire 2022 (pdf, accès libre)
[Mise à jour le 12 décembre 2022 à 12h27] Dès qu’il fait froid, votre peau se pare de plaques rouges ? Vous êtes peut-être sujet(te) à un type d’urticaire très particulier induit par l’exposition au froid appelé « urticaire au froid ». Cet urticaire fait partie des urticaires « physiques » car il est déclenché par une circonstance extérieure.
L’urticaire au froid est une pathologie rare qui concerne environ 2 à 3% des cas d’urticaire chronique. Elle est provoquée par le refroidissement de la peau ou des muqueuses au contact de l’air froid, de pluie froide, de neige, de vente froid, d’objets froids ou d’aliments glacés. Ce type d’urticaire touche plutôt les jeunes (20-30 ans) et un peu plus souvent des femmes. Les enfants peuvent aussi en être atteints.
La physiopathologie de l’urticaire au froid est mal connue, mais l’histamine semble en être le principal médiateur. Dans 90% des cas, aucune cause n’est décelée : on dit qu’elle est idiopathique. Le traitement associe la protection contre le froid et les médicaments antiallergiques. Dans les 10 % restant, elle peut être provoquée par :
Une infection, comme par exemple le VIH, l’hépatite B ou la mononucléose infectieuse. Des examens sérologiques concernant l’Hépatite B et C, la mononucléose infectieuse, l’hépatite et le HIV peuvent être pratiqués
Certains médicaments comme la pénicilline, les antifongiques, les inhibiteurs du récepteur de l’angiotensine II, les contraceptifs oraux et la griséofuline.
Quelques cas très rares cas d’urticaires au froid sont d’origine héréditaire. Les manifestations peuvent persister plusieurs jours. Il existe des formes retardées qui apparaissent jusqu’à près de 20 heures après l’exposition au froid.
« Sur les zones exposées vont apparaître en quelques minutes des plaques rouges et gonflées, accompagnées de fortes démangeaisons. Elles peuvent disparaître très rapidement ou rester plusieurs heures« , explique le Dr Monique Quillard, médecin généraliste. En parallèle, des manifestations comme des céphalées, des douleurs abdominales ou une tachycardie surviennent dans 30% des cas. D’autre part, l’apparition d’un choc anaphylactique peut survenir.
Le test au glaçon s’effectue en plaçant un glaçon enveloppé dans un sac plastique sur l’avant-bras pendant environ 5 à 20 minutes.
L’urticaire survient sur les zones exposées au froid comme le visage, le cou et les mains mais les lésions peuvent parfois s’étendre sur tout le corps. Certaines muqueuses peuvent aussi être touchées comme la bouche et l’œsophage, notamment suite à l’ingestion d’une boisson très froide.
« L’urticaire au froid n’est pas dangereuse mais il existe une forme grave, avec angio-œdème, indique le Dr. Quillard. Il y a alors un risque de malaise et de choc anaphylactique, notamment lorsque cette urticaire touche les muqueuses « . Mieux vaut consulter votre médecin traitant dès les premiers signes de la maladie pour vous assurer de son caractère bénin.
Le diagnostic de l’urticaire au froid est confirmé par le test au glaçon qui permet également d’en évaluer la gravité. Ce test s’effectue en plaçant un glaçon enveloppé dans un sac plastique sur l’avant-bras pendant environ 5 à 20 minutes. Le test est considéré comme positif lorsqu’une papule apparaît dans les 15 minutes après la fin du contact. Les patients présentant une réaction survenant rapidement en moins de 3 minutes présentent un risque important de faire une réaction sévère de type choc anaphylactique. Seulement 20% environ des personnes présentant une urticaire au froid ont un test au glaçon négatif. Des variantes du test au glaçon peuvent alors être pratiquées afin d’effectuer le diagnostic : la durée du test au glaçon peut être prolongée, l’avant-bras peut être immergé dans de l’eau froide ou le test peut être pratiqué en chambre froide. Ces tests nécessitent une surveillance étroite en raison d’un risque de choc anaphylactique. La présence d’un médecin réanimateur est conseillée lors de la pratique de ce test.
Le plus important est la prévention, en portant des vêtements contre le froid, en particulier des gants, mais aussi en évitant les bains froids et la consommation de boissons ou d’aliments glacés. Les sports d’hiver sont à éviter. Dans d’autres cas, le traitement repose sur :
► La prise de médicament. « Cela dépend de l’intensité et de la gravité des manifestations de l’urticaire au froid : lorsque les manifestations de l’urticaire au froid sont modérées, un traitement antihistaminique prit chaque jour ou avant l’exposition est conseillé. La dose conseillée varie selon le résultat obtenu, précise notre expert. Il est parfois nécessaire d’envisager des doses plus importantes et d’associer deux antihistaminiques différents « . En cas de forme sévère, notamment avec la survenue d’un asthme, d’un choc anaphylactique ou lorsque le test au glaçon est devenu positif rapidement en moins de 3 minutes, il est vital d’avoir sur soi un stylo d’adrénaline auto injectable.
► Dans certains cas, une désensibilisation est possible, par une exposition progressive au froid. Cela se pratique en milieu hospitalier.
► Les médecines douces : « Un traitement symptomatique au moment de la crise peut être prescrit : Histaminum 15CH, à raison de 5 granules 3 fois par jour pendant 4 ou 5 jours / Urtica urens 9CH et Dulcamara 9CH, 5 granules de chaque toutes les heures au moment de la crise, à espacer dès amélioration, 3 prises par 24h jusqu’à disparition de l’éruption « , prescrit le Dr Quillard.
L’urticaire au froid peut évoluer pendant quelques années puis régresser et disparaître.
Chez l’enfant il y a de nombreuses pathologies virales qui peuvent donner ce genre d’éruption. « Dès les premiers symptômes, parlez-en à son pédiatre : il faudra faire un bilan médical pour poser ce diagnostic, rassurer les parents et proposer un traitement « , recommande le Dr Quillard.
Merci au Dr Monique Quillard, médecin généraliste.