Le syndrome de Reye désigne une maladie pédiatrique extrêmement rare et potentiellement mortelle, qui touche plusieurs organes, notamment le cerveau(sous la forme d’une encéphalite) et le foie (sous la forme d’une stéatose ou infiltration graisseuse). Son origine n’est pas connue mais un lien avec la prise d’aspirine est évoqué, c’est pourquoi l’aspirine est contre-indiquée chez les enfants dans de nombreux pays, par ex aux États-Unis et en Grande-Bretagne.
Quelle différence entre le syndrome de Reye et la varicelle ?
Le syndrome de Reye associe une défaillance du foie avec hyperammoniémie et encéphalopathie non infectieuse. Son origine n’est pas connue mais il survient classiquement après une maladie virale guérie ou en voie de guérison. La varicelle est une maladie infectieuse virale très fréquente et extrêmement contagieuse due au virus de la varicelle, qui se manifeste par une éruption cutanée avec des boutons et de fortes démangeaisons. Elle peut très rarement se compliquer d’une méningo-encéphalite varicelleuse, le plus souvent lors de réactivation du virus ou de réinfection.
Quelle est la cause du syndrome de Reye ?
L’étiologie du syndrome de Reye demeure inconnue. Le syndrome débute généralement dans les 2-5 jours qui suivent la guérison d’une maladie virale (grippe, varicelle) au cours de laquelle de l’aspirine a été utilisée. L’hypothèse est qu’il s’agirait d’une réaction immunitaire altérée en réponse à une maladie virale, avec une possible prédisposition génétique de l’hôte et un rôle favorisant de l’aspirine. Le fait de savoir si l’aspirine joue ou non un rôle dans le développement de cette pathologie fait encore l’objet de nombreux débats. Une relation causale entre la prise d’aspirine et le développement du syndrome de Reye n’a jamais été établie, mais elle est fortement suggérée par plusieurs études épidémiologiques. « La très grande majorité des enfants qui ont développé cette maladie avaient pris de l’aspirine dans les jours précédents, et ce syndrome a quasiment disparu depuis les recommandations de ne plus prescrire de l’aspirine chez l’enfant. Certains réfutent la rôle de l’aspirine en arguant la faible qualité des études, la fréquente absence d’aspirine détectable dans le sang des enfants ayant présenté ce syndrome. À mon sens, la relation de causalité ne pourra probablement jamais être établie à l’avenir en raison de la rareté de la maladie« , développe le Dr Frédérique Rodieux.
Est-il possible chez l’adulte ?
Le syndrome Reye est une maladie très majoritairement pédiatrique qui touche essentiellement l’enfant entre 1 et 14 ans. Elle est quai inexistante au-delà de 18 ans, même si quelques cas sont décrits.
Quels sont les symptômes du syndrome de Reye ?
Le syndrome de Reye se manifeste par une encéphalopathie associée à une stéatose et dysfonctionnement du foie pouvant conduire à une dysfonction générale d’organes. Il apparaît le plus souvent dans les trois à cinq jours suivant une maladie virale comme la grippe ou la varicelle. « Le syndrome de Reye se manifeste initialement par des nausées, des vomissements et des troubles de l’état de conscience tels que somnolence et confusion et peut évoluer vers des convulsions, un coma et potentiellement le décès« , détaille la cheffe de clinique au Service de Pharmacologie & Toxicologie Cliniques des Hôpitaux Universitaires de Genève.
Comment pose-t-on le diagnostic du syndrome de Reye ?
Le syndrome de Reye est difficile à diagnostiquer car sa symptomatologie est peu spécifique. « Il repose essentiellement sur les signes cliniques tels que vomissements sévères et modifications de l’état mental de l’enfant évoquant un dysfonctionnement cérébral (confusion, somnolence, délire, stupeur), des analyses sanguines (notamment une recherche d’hyperammoniémie) et du liquide céphalorachidien par ponction lombaire ainsi que des examens d’imagerie. Une biopsie hépatique est parfois nécessaire« , poursuit la spécialiste. Il est important d’exclure les causes infectieuses d’atteintes hépatiques et d’encéphalites ainsi que les maladies du métabolisme. Le syndrome de Reye est ainsi souvent un diagnostic d’exclusion.
L’aspirine ne doit pas être administrée chez l’enfant
Quel est le traitement du syndrome de Reye ?
Il n’existe pas de traitement curatif du syndrome de Reye. Le traitement est symptomatique et non spécifique. Il repose sur des soins dits de support, c’est-à-dire perfusion de sucre en cas d’hypoglycémie, correction de l’hyperammoniémie et des éventuels troubles de la coagulation par de la vitamine K et/ou des produits sanguins, ventilation artificielle en cas de troubles respiratoires sévères, contrôle et traitement d’une éventuelle hypertension intracrânienne. Le syndrome de Reye nécessite le plus souvent une hospitalisation de l’enfant en unité de soins intensifs.
Comment prévenir le syndrome de Reye ?
« La prévention est indispensable. Sauf très rares exceptions, l’aspirine ne doit pas être administrée chez l’enfant. Il existe des altératives plus sûres pour le traitement de la fièvre et des douleurs chez l’enfant. A noter que beaucoup de médicaments qui s’obtiennent sans ordonnance contiennent de l’aspirine ou des dérivés (salicylates). Il est indispensable de consulter le médecin ou le pharmacien avant d’administrer un médicament, quel qu’il soit, à un enfant » rappelle la spécialiste.
Merci au Dr Frédérique Rodieux, médecin cheffe de clinique au Service de Pharmacologie & Toxicologie Cliniques des Hôpitaux Universitaires de Genève.
Définition : c’est quoi une microtie de l’oreille ?
La microtie correspond à une malformation rare de l’oreille dans laquelle la partie externe, appelée pavillon, s’est mal développée. Il existe différents stades dans la microtie, selon le degré de développement du pavillon : cela peut aller d’une petite oreille qui n’est pas très bien ourlée mais qui comprend le cartilage nécessaire (stade I) jusqu’à l’absence d’oreille et de conduit auditif externe (stade IV) appelée anotie. L’oreille s’apparente alors à un petit amas de tissu mou.
Quelle est la cause d’une microtie de l’oreille ?
La microtie est une malformation congénitale, c’est-à-dire présente dès la naissance. La plupart du temps, il s’agit d’une malformation isolée de l’oreille externe qui a eu lieu au moment de l’embryogénèse : les tissus se sont mal accolés. Le plus souvent, la microtie ne touche qu’une seule oreille, mais il arrive que l’atteinte soit bilatérale et associée à d’autres malformations au niveau du visage. « La microtie peut être d’origine génétique lorsqu’elle s’inscrit dans le cadre de syndromes et qu’il y a d’autres anomalies. Certains facteurs pourraient également favoriser la microtie, comme l’exposition pendant la grossesse à l’isotrétinoïne, au thalidomide et à l’alcool. Le diabète gestationnel pourrait aussi constituer un facteur favorisant », précise le Dr Anne-Sophie Hue.
Quels sont les symptômes et conséquences d’une microtie ?
La microtie se traduit par la présence d’une oreille plus petite que la normale voire l’absence totale de conduit auditif. Cela entraîne une surdité de transmission au niveau de l’oreille.
Comment pose-t-on le diagnostic d’une microtie ?
Le diagnostic est clinique et doit être effectué par un médecin ORL. Celui-ci va observer la malformation : est-ce qu’elle touche uniquement l’oreille externe ou aussi l’oreille moyenne et l’oreille interne ? En cas de malformation associée de l’oreille moyenne, il y a souvent une malformation du tympan et des osselets. Un bilan complet doit être réalisé afin de déterminer si la microtie s’inscrit dans un syndrome malformatif plus complet. « Parfois, la microtie peut être associée à une fente labiale, à des anomalies cardiaques, à des anomalies au niveau du rein, etc. Des examens d’imagerie (scanner, IRM) permettront de préciser l’atteinte de l’oreille« , détaille l’ORL spécialisé en chirurgie cervico-faciale.
Comment soigner une microtie de l’oreille ?
Le traitement de la microtie repose sur la chirurgie. « On attend généralement que l’enfant ait l’âge de 8-9 ans pour faire une reconstruction de l’oreille. S’agissant d’une technique chirurgicale assez compliquée, il est nécessaire de consulter un ORL spécialisé« , indique notre interlocutrice. Celle-ci s’effectue en deux temps. Lors de la première intervention, le chirurgien prélève un cartilage au niveau des côtes et va le resculpter pour lui donner une apparence d’oreille. Il le met ensuite sous la peau derrière l’oreille. Six mois plus tard a lieu la deuxième partie de l’opération qui consiste à recréer un sillon derrière l’oreille. « Pour cela, le chirurgien utilise la peau du dessus qui va venir mouler le cartilage, puis il libère l’arrière de l’oreille en faisant une sorte de petit lambeau qui va permettre de redécoller l’oreille. Il s’agit d’une chirurgie lourde qui ne peut être réalisée que dans un centre spécialisé. Lorsque la chirurgie n’est pas souhaitée, l‘installation d’une épithèse (oreille en plastique) peut être proposée« , continue-t-elle.
Quand envisager une opération en cas de microtie ?
La chirurgie en cas de microtie peut être envisagée dès lors que l’enfant exprime un inconfort, qu’il soit esthétique ou fonctionnel en cas de surdité.
Merci au Dr Anne-Sophie Hue, ORL spécialisée en chirurgie cervico-faciale.
La badiane de Chine ou anis étoilé (illicium verum en latin) est un petit fruit issu du badianier, originaire du sud de la Chine. Il doit son nom à sa forme caractéristique d’étoile à huit branches. Elle se trouve en herboristerie, en pharmacie ou en magasin bio. Elle peut s’utiliser en infusion (graines) ou en décoction (fruits entiers) pour ses vertus digestives, mais elle est aussi appréciée en cuisine pour son goût anisé, on la trouve notamment dans les mélanges d’épices, dans les currys, les épices à vin chaud. Elle est très similaire dans ses propriétés à l’anis vert mais est plus aromatique et parfumée. « Il est important de faire la distinction entre la badiane de Chine et la badiane du Japon qui, elle, est toxique et interdite en France. Des cas d’intoxication alimentaire ont, en effet, été rapportés avec cette dernière il y a quelques années (convulsions, troubles digestifs)« , nuance Nathalie Faggianelli, phyto-aromatologue.
Quels sont les bienfaits de la badiane ?
La badiane de Chine est essentiellement réputée pour ses vertus digestives. Dotée de propriétés antispasmodiques, elle est préconisée en cas de digestion difficile, notamment chez les personnes souffrant d’, de dyspepsie, de ballonnements et de lenteur digestive. Elle est très efficace après un repas un peu trop lourd. « L’anis étoilé est une plante dite carminative, ce qui signifie qu’elle va aider à mieux digérer et à expulser les gaz. Elle peut aussi être utilisée en cas de toux grasse, quand il y a beaucoup de mucus et d’hypersécrétions contenues dans les voies respiratoires car elle a une action fluidifiante et expectorante. La badiane possède également des propriétés hormonales et est galactagogue (elle stimule la lactation chez la femme allaitante) mais ne doit pas être utilisée pour cet usage chez la femme enceinte et allaitante car elle contient des composés toxiques pour le bébé » développe la phyto-aromatologue. En soin cosmétique, la badiane peut être utiliser pour ses propriétés purifiantes et antioxydantes, elle contribuerait à éliminer les cellules mortes et à ralentir le vieillissement de la peau. En pratique, la poudre de badiane peut être ajoutée à tous les soins maison tels que masques, gels, crèmes et lotions. « Il n’y a pas d’allégation ni usage reporté officiel pour cela, il n’est pas recommandé de faire des gommages abrasifs qui agressent la peau car on rentrerait dans le cercle vicieux des boutons« , rectifie la spécialiste.
La badiane ne doit jamais être utilisée pour faire des inhalations en cas d’infection respiratoire
Comment utiliser la badiane en santé ?
La badiane peut être utilisée sous forme de décoction : on plonge 3 à 6 étoiles séchées dans de l’eau bouillante, puis on laisse infuser pendant 10 minutes. « On peut consommer jusqu’à 3 tasses par jour, idéalement après le repas pour favoriser la digestion« , conseille Nathalie Faggianelli. Elle s’utilise rarement seule et on peut préférer la mélanger avec de l’écorce d’oranger amer, de la mélisse (feuille) et un peu de cannelle. En revanche, contrairement à une idée reçue, la badiane ne doit jamais être utilisée pour faire des inhalations en cas d’infection respiratoire. « C’est une plante trop toxique et c’est très risqué de l’utiliser ainsi ! On ne chauffe pas une huile essentielle et je ne recommande jamais cet usage dans un bol d’eau où les HE ne se mélangent pas et viennent directement agresser les voies respiratoires« , alerte la phyto-aromatologue.
Quels sont les dangers de la badiane ?
A forte dose, la badiane, et surtout son huile essentielle neurotoxique, peut provoquer desconvulsions, ainsi que des troubles digestifs si elle est ingérée. C’est la raison pour laquelle elle n’est pas en vente libre et ne peut être délivrée que sur prescription médicale. « Toutefois en décoction-infusion des fruits-graines, ces effets indésirables ne peuvent se produire qu’en cas de prise prolongée et de non-respect de la posologie« , rassure Nathalie Faggianelli.
Quelles sont les contre-indications de la badiane ?
La badiane est riche en anéthol, un composé neurotoxique qui peut se révéler néfaste pour le développement du fœtus et favoriser la survenue d’une allergie cutanée. Elle est donc formellement contre-indiquée chez la femme enceinte ou allaitante et en cas decancer hormonodépendant. Elle ne doit pas être utilisée chez le bébé et l’enfant sans avis médical. « Par ailleurs, la badiane est déconseillée aux personnes sous traitement anticoagulantscar elle peut augmenter leur effet. Enfin, elle est contre-indiquée en cas d’hémocromatose, une maladie génétique qui se caractérise par une surcharge en fer, car la badiane augmente l’absorption du fer« , détaille notre interlocutrice.
Si vous disposez d’une gazinière ou d’un radiateur au gaz, vous avez sûrement en votre possession des bouteilles de butane pour les faire fonctionner. Attention à bien la manipuler (ouverture, branchement, changement) pour éviter tout accident. « Il y a un risque d’explosion ou d’asphyxie quand il est présent dans l’air en grande quantité » prévient d’emblée lesapeur-pompier Vincent Lombart. Comment bien installer votre bouteille de butane sans danger ? La stocker ? Quels sont les risques d’explosion ? D’asphyxie ? Le butane a-t-il une odeur ? Faut-il fermer la bouteille quand on part en vacances ? Explications avec notre sapeur-pompier.
Qu’est-ce qu’une bouteille de butane ?
Le butane est un gaz composé de carbone et d’hydrogène, qui provient de l’extraction du pétrole. Il est conservé sous forme de bouteilles en métal que l’on peut facilement transporter et est utilisé comme combustible dans les foyers équipés au gaz, aussi bien pour la cuisine au gaz (gazinière) ou parfois en chauffage d’appoint. Ces bouteilles sont de contenance variable : en général, 5.5 kg, 10 kg, 13 kg.
Comment brancher et ouvrir une bouteille de butane en toute sécurité ?
Installez votre bouteille de gaz sur une surface plane, qui n’est pas exposée au soleil et bien aérée
Raccordez le tuyau flexible à l’appareil (la gazinière par exemple)
Vissez ou emboîtez l’autre bout du flexible au détendeur de votre bouteille de gaz
Mettez la vanne en position « OFF »
Clipsez le détendeur à votre bouteille de gaz
Ouvrez le robinet : mettez la vanne en position « ON »
Réarmez le détendeur
Quels sont les risques du butane ?
Des faibles concentrations de butane inhalées ne sont pas nocives.
Le butane est un gaz qui présente peu de danger dans son stockage et son utilisation. Des faibles concentrations de butane inhalées ne sont pas nocives. Toutefois, quand il y a une fuite de gaz, « le butane représente un un gaz particulièrement dangereux pour les secours car le butane est plus lourd que l’air et il y a un risque d’explosion ou d’asphyxie quand il est présent dans l’air en grande quantité. On se souvient par exemple du terrible accident rue de Trévise dans le 9e arrondissement de Paris en 2019 qui avait provoqué le décès de 4 personnes et une soixantaine de blessés« , raconte notre interlocuteur.
Comment reconnaître une fuite de butane ?
« Le butane est normalement sans odeur à l’état naturel. Néanmoins, il est odorisé par une odeur de soufre (œuf pourri) pour pouvoir détecter une fuite et éviter les accidents domestiques », relate notre spécialiste. En cas de fuite, il y aura donc une odeur soufrée ou d’œuf pourri chez vous.
Est-ce que la chaleur peut faire exploser une bouteille de butane ?
Non, même en cas de températures estivales élevées par exemple, il n’y a pas de risque d’explosion de la bouteille. Le contenant a été conçu pour résister à l’augmentation de la pression en cas de forte chaleur. il convient néanmoins de ne pas stocker ses bouteilles de gaz à des températures supérieures à 50°C.
Où stocker ses bouteilles de butane ?
Une bouteille de butane peut être stockée à l’intérieur, sauf dans une cave (interdit selon l’arrêté du 2 août 1977 – article 19). Elle doit impérativement être entreposée dans un local aéré. La bouteille doit toujours être stockée en position debout, éloignée d’une source de chaleur (radiateur, cheminée…). Le butane n’est pas un produit qui est altéré par le temps. Bien conservé, le gaz a une durée de vie indéfinie. Ainsi, il n’y a pas de date limite d’utilisation pour une bouteille de gaz.
Doit-on fermer sa bouteille de gaz quand on part en vacances ?
Il est conseillé de fermer l’arrivée de gaz lors d’une absence prolongée même si, normalement, le détendeur (l’élément qui régule la pression du gaz à la sortie de la bouteille) sur la bouteille empêche le gaz de s’échapper.
Pour fermer une bouteille de gaz :
Les bouteilles de gaz traditionnelles de butane (13 kg) disposent d’un robinet.
Placez votre bouteille en position verticale afin d’éviter tout risque de fuite
Pour fermer la bouteille, suivez le sens contraire des aiguilles d’une montre, c’est-à-dire vers la flèche qui pointe le « F », « fermé ».
Merci au Capitaine Vincent Lombart, sapeur-pompier et ancien pompier de Paris.
Sources : Antargaz / Butagaz et le site de l’INRS.
La gastro-entérite est une maladie virale fréquente en automne-hiver et très contagieuse. Difficile de passer à côté quand un membre de la famille est malade ! Les personnes les plus à risque en cas de gastro-entérite sont les jeunes enfants (de 6 mois à 3 ans) parce que leur système immunitaire est immature et les personnes âgées, parce que leur système immunitaire s’affaiblit avec l’âge. Quels sont ses symptômes d’alerte (diarrhée,…) ? Comment se transmet la gastro? Combien de temps dure-t-elle ? Quels sont les traitements les plus efficaces ? Que manger ? Notre guide.
Où en est l’épidémie de gastro 2022 ?
En semaine 50 (du 12 au 18 décembre), le taux d’incidence des cas de diarrhée aiguë vus en consultation de médecine générale a été estimé à 84 cas pour 100 000 habitants , un taux en légère augmentation par rapport à la semaine 49 et à un niveau d’activité inférieur à ceux observés habituellement en cette période selon le Réseau Sentinelles. Au niveau régional, les taux d’incidence les plus élevés sont observés en Provence-Alpes-Côte d’Azur, Nouvelle-Aquitaine et Corse.
Définition : c’est quoi une gastro-entérite ?
La gastro-entérite résulte de l’inflammation du système digestif (parois de l’estomac et intestin). C’est la muqueuse de l’intestin qui est enflammée par un agent pathogène (qui peut causer une maladie). La gastro-entérite dite hivernale (qui survient surtout entre novembre et mars) est le plus souvent d’origine virale et plus rarement bactérienne.
Quel est le temps d’incubation du virus ?
Cette maladie se manifeste généralement après un temps d’incubation de 1 (s’il s’agit d’une bactérie) à 3 jours (s’il s’agit d’un virus) environ. Ce temps varie en fonction du type de la bactérie ou du virus.
La gastro est-elle contagieuse ?
La gastro-entérite d’origine virale est contagieuse. La contagiosité porte sur la phase symptomatique de la maladie et perdure après la fin des symptômes. La transmission des rotavirus est avant tout féco-orale, véhiculée par les mains ou indirecte par les surfaces et objets contaminés (via les vomissements et les selles). « Les rotavirus survivent plusieurs heures sur les mains, neuf jours en aérosol (lors des vomissements) et plus de 64 jours à 20 °C dans l’eau du robinet » rappelle l’Anses.
Quels sont les symptômes d’une gastro-entérite ?
Les symptômes les plus fréquents des gastro-entérites virales sont :
la diarrhée (au moins 3 selles liquides ou semi-liquides tous les 24 heures)
une fatigue
parfois, un mal de tête
des douleurs musculaires
Les symptômes apparaissent brutalement, 12 à 24 heures après l’infection par le virus et ne sont pas forcément tous présents ensemble. La plupart du temps bénigne, la gastro-entérite peut toutefois avoir des conséquences graves pour les personnes les plus fragiles (les nourrissons notamment à cause du risque de déshydratation).
Que faire contre la diarrhée ?
La diarrhée est un trouble du transit qui se caractérise par des selles molles,voire liquides, en quantité anormalement élevée ou avec une fréquence de survenue augmentée, de l’ordre de plusieurs fois par jour. C’est un symptôme fréquemment associé à la gastro-entérite. Elle disparait généralement en quelques jours mais quelques bons conseils permettent de l’atténuer en attendant :
► Manger des pâtes, du riz, de la semoule, des pommes de terre, des bouillons salés.
► Eviter les laitages et les légumes et fruits crus.
► Bien s’hydrater en buvant de l’eau ou des tisanes pour éviter la déshydratation liée à la diarrhée
► Prendre un traitement type pansements intestinaux (Smecta) et ralentisseurs du transit associé à des antipyrétiques en cas de fièvre (Dolipane), antispasmodiques (Spasfon), antiémétiques en cas de nausées et/ou vomissements.
► Pour compenser les fuites en sodium comme les solutions de réhydratation orale chez l’enfant et les personnes âgées.
Quelles sont les causes d’une gastro-entérite ?
La gastro-entérite peut être causée par :
Un virus : le norovirus le plus souvent chez les adultes et le rotavirus chez les enfants.
Une bactérie : les bactéries les plus fréquentes sont Campylobacter, Salmonella, Shigella et Yersinia. Il peut aussi s’agir de l’Escherichia coli entéro-toxinogène ou du Clostridium difficile,
La gastro-entérite guérit en trois à huit jours. Chez certaines personnes, la gastro peut durer jusqu’à 10 jours, si elle a débuté pendant un voyage à l’étranger ou au retour du voyage (origine bactérienne ou parasitaire).
Comment se fait le diagnostic de la gastro ?
Ses symptômes étant caractéristiques de la gastro, cette pathologie est diagnostiquée assez facilement, surtout lors d’une période d’épidémie. Aucun examen n’est nécessaire devant une présentation typique. En cas de persistance au-delà d’une semaine ou devant des symptômes mal supportés, il est tout à fait possible de réaliser une prise de sang et un examen des selles (aussi appelé coproculture) qui permettra de rechercher une éventuelle infection bactérienne. L’identification du rotavirus se fait dans les selles des patients par immunologie (tests ELISA) ou par RT-PCR.
Alimentation en cas de gastro
La gastro-entérite atteignant directement le système digestif, le transit est particulièrement perturbé et la digestion plus que difficile. Aussi il est important de bien choisir ses aliments quand on souffre de diarrhées, de nausées, de vomissements et plus largement de maux de ventre. On privilégie par exemple le riz, les pâtes, les bananes… et on évite tout ce qui va agresser le système digestif : fruits crus, légumes crus, jus d’orange, boisson gazeuse…
Quels traitements prendre pour soigner une gastro-entérite ?
Pour soigner une gastro-entérite, rien de mieux que de se reposer. Contre les maux de tête, il faut prendre des antalgiques type paracétamol. Pour atténuer les maux, vous pouvez prendre des « ralentisseurs de transit » qui réduisent les contractions de l’intestin et diminuent la fréquence des selles. Demandez conseil à votre pharmacien avant de les utiliser car ils sont contre-indiqués si vous avez une diarrhée avec du sang dans les selles ou une inflammation intestinale chronique (maladie de Crohn). Par ailleurs, les absorbants et protecteurs intestinaux, qui agissent localement dans l’intestin par des mécanismes variables (pouvoir couvrant, adsorption des gaz…) peuvent également être prescrits, mais ils doivent être pris à distance d’autres médicaments car ils peuvent diminuer leurs effets. Enfin, pour atténuer les diarrhées et vomissements, des antidiarrhéiques peuvent être prescrits. Des traitements à base de diosmectite (type Smecta®) peuvent être prescrits en complément d’une bonne réhydratation (au minimum entre 1.5 et 2 litres d’eau par jour) pour les diarrhées. Attention : ils sont contre-indiqués chez les moins de 2 ans.
Demandez toujours l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien, respectez bien la posologie et la durée du traitement et conservez votre médicament dans sa boîte d’origine.
Quand s’inquiéter d’une gastro chez le bébé ?
La gastro-entérite doit être surveillée de près quand elle touche les enfants, particulièrement les nourrissons. Les diarrhées chez le bébé augmentent le risque de déshydratation. Le virus en cause est le rotavirus, il est très contagieux.
Comment ne pas attraper la gastro ?
Le virus de la gastro est très contagieux. Il peut se transmettre par contact avec une personne malade, mais aussi par postillons ou en touchant un objet contaminé s’il s’agit d’une gastro-entérite virale.
Une hygiène scrupuleuse est donc indispensable pour éviter de le contracter, à commencer par le lavage des mains. Celui-ci doit devenir un réflexe, notamment après avoir pris les transports en commun, après avoir éternué ou s’être mouché et avant de préparer un repas, et durer 30 secondes minimum. L’usage du savon est à privilégier. Les solutions à type de gel hydro-alcoolique (SHA) sont efficaces pour éliminer de nombreux microbes transmissibles, mais pas tous. Ils doivent donc rester une solution de secours en cas d’absence de point d’eau et de savon, conseille l’Institut de la prévention et de la santé (Inpes).
Autre conseil, évitez si possible les contacts directs et indirects avec des personnes infectées ou potentiellement infectées. De même, évitez les lieux très fréquentés, comme les transports ou les grands magasins.
Par ailleurs, veillez à bien laver les fruits et légumes, limiter la consommation d’aliments crus, et ne pas manger d’aliments périmés.
Enfin, pensez à aérer chaque pièce de son lieu de vie tous les jours pendant au moins 10 à 15 minutes afin de renouveler l’air et d’éviter la diffusion des microbes.
Sources : Caractéristiques et sources de rotavirus. Anses. Avril 2012. / Réseau Sentinelles.