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Ce qui ce passe dans le corps quand on arrête l'alcool

Ce qui ce passe dans le corps quand on arrête l'alcool

Les risques liés à la consommation d’alcool pour la santé au cours de la vie augmentent avec la quantité consommée. Or, plus on boit, plus la dépendance devient forte. Les effets de la dépendance sont visibles pendant la consommation mais aussi quand on arrête de boire. Que se passe-t-il dans le corps quand on arrête l’alcool ? Dans le cerveau ? Sur le poids ? Le ventre ? Le foie ? A partir de quand voit-on les premiers effets ? Réponses avec le Dr Dan Véléa, psychiatre addictologue et psychothérapeute à Paris.

Quand voit-on les premiers effets à l’arrêt de l’alcool ? 

« Une fois que les personnes arrêtent de boire, il y a des modifications au niveau de l’organisme », expose le Dr Dan Véléa, psychiatre addictologue et psychothérapeute à Paris. Elles apparaissent plus ou moins rapidement : « Ça dépend des gens, poursuit notre interlocuteur. Il faut quand même une bonne période de sevrage avant que la personne ne les voient, il faut aussi une période drastique de réduction voire d’abstinence totale pour que la peau puisse retrouver un bel aspect sans rougeurs par exemple. » La perte de poids non plus ne se fait pas d’un seul coup, mais est visible et peut être accélérée « avec un peu de sport, avec un soutien et des séances de relaxation. » Dans tous les cas « ce n’est pas une situation où on arrête de boire de l’alcool et où le lendemain on est super. » prévient l’addictologue. 

Cerveau : déprime, manque lors du sevrage de l’alcool 

Arrêter de boire de l’alcool est un « travail de longue haleine« , prévient l’addictologue. « Il peut y avoir des moments d’euphorie et de bonheur où on arrête de boire, mais il peut aussi y avoir des moments où il y a une rechute. » Pendant le sevrage, un manque peut se faire sentir. « Quand on arrête de boire de l’alcool, il y a moins de stimulation au niveau du cerveau. Il y a moins de dopamine et de sérotonine, deux molécules libérées comme des molécules de plaisir dans la dépendance à l’alcool. » Cette baisse de dopamine et de sérotonine explique que « certains patients en sevrage vont se sentir déprimés ou en manque ». Pour pallier ce manque, le médecin conseille de se tourner vers d’autres pratiques pour compenser, comme le sport ou le travail.

« Le premier bienfait que le patient remarque c’est la perte de poids. »

La santé du foie s’améliore à l’arrêt de l’alcool

La consommation d’alcool est la première cause de cirrhose du foie en France et en Europe, indique l’AFEF (Association Française pour l’étude du foie) qui recommande de ne pas boire d’alcool tous les jours et de se limiter à 3 verres quand l’occasion se présente. Environ 12.000 personnes décèdent chaque année de cirrhose du foie en France dont la moitié en raison d’une consommation excessive d’alcool. L’alcool peut aussi aggraver d’autres maladies du foie comme hépatite C. Pour voir si votre foie est atteint, une prise de sang peut être prescrite. Si nécessaire, une échographie du foie peut aussi être réalisée. 

→ Si vous n’avez pas de cirrhose et si vous arrêtez de consommer de l’alcool, le foie pourra se régénérer plus ou moins selon les cas. « Quand la cirrhose est présente, le foie ne peut pas se régénérer aussi facilement que sans cirrhose. Néanmoins, l’arrêt de l’alcool et un traitement des complications de la cirrhose peuvent, dans certains cas, permettre de mener une vie normale sans aucune autre restriction. Parfois, l’état de fonctionnement du foie est très mauvais et ne s’améliore pas malgré l’arrêt de la consommation d’alcool et on peut se poser la question de la transplantation » explique l’AFEF.

Une perte de poids, notamment de masse grasse 

« L’alcool contient beaucoup de calories et de lipides, donc automatiquement, une personne qui arrête de boire va voir sa masse graisseuse diminuer », affirme le Dr Véléa. « C’est le premier bénéfice que le patient qui arrête de boire de l’alcool va remarquer. »  De plus, les médicaments utilisés dans le cadre d’un sevrage (appelés « anti-cravings » : en français, « craving » signifie « envies compulsives ») « sont des médicaments qui jouent un rôle dans les compulsions alimentaires ». Cela signifie qu’il y a une réduction de l’envie de boire mais également une réduction de l’envie de manger. 

Un ventre qui dégonfle

A l’arrêt de l’alcool, le ventre est moins gonflé. « Un ventre gonflé est typique des buveurs de bière par exemple, ce sont des gens très minces avec des gros ventres à cause de l’alcool, de son action déshydratante sur l’organisme et du manque d’eau »  argue le spécialiste. Le manque d’eau occasionné par la consommation d’alcool cause une rétention d’eau par l’organisme ce qui fait gonfler.

Santé Publique France recommande de ne pas consommer :

  • plus de 10 verres standard par semaine,
  • et pas plus de 2 verres standard par jour,
  • tout en ayant des jours dans la semaine sans consommation d’alcool.

Une diminution de la fatigue

« Une personne qui arrête de boire retrouve de l’énergie« , constate le Dr Véléa. « Quand on arrête une pratique excessive, il y a une récupération de fatigue, on récupère du sommeil. » Pourquoi ?

→ Le nombre de calories consommées est réduit grâce à l’arrêt de l’alcool. L’organisme est moins fatigué.

→ Le patient dort davantage. Si la personne avait pour habitude de boire la nuit « tout était déréglé, perturbé, ce qui pouvait causer un manque de sommeil et des réveils nocturnes. »

L’hydratation est meilleure

« En phase de sevrage, la bonne utilisation de médicaments est conditionnée par une hydratation massive avec des boissons non-alcoolisées comme de l’eau ou des jus » explique le médecin addictologue. « Cela peut aller de 2 à 3 litres par jour pendant le sevrage et par la suite il faut maintenir une bonne hydratation. » 

« Narcissiquement parlant il y a une reconstruction qui se fait et qui est fondamentale et bénéfique »

Visage : la peau est plus belle

« Les personnes dépendantes à l’alcool ont souvent des signes visibles sur leur peau comme des rougeurs qu’on appelle couperoses. C’est un phénomène typique de vasodilatation engendré par l’alcool » déclare le Dr. Véléa. L’alcool dilate les parois des vaisseaux sanguins, ce qui crée une fragilité vasculaire et entraîne les signes de couperose. Quand la personne arrête de boire de l’alcool, sa peau va se régénérer, les rougeurs vont peu à peu disparaître, son hydratation sera meilleure. « Il faut une période drastique de réduction voire d’abstinence totale pour que la peau puisse retrouver un bel aspect sans rougeurs par exemple » précise tout de de même notre interlocuteur sans oublie de « compléter en utilisant des crèmes recommandées par des dermatologues et en faisant attention à ne pas trop s’exposer au soleil car la peau est fragilisée ».

A noter : « Si ce type de rougeur peut être un signe de dépendance à l’alcool, elle peut aussi être dû à autre chose que l’alcool. »  

Tremblements et vertiges s’arrêtent

Les tremblements peuvent être causés par le manque lors du sevrage à l’alcool. « Si ce n’était pas un alcoolisme poussé à l’extrême, les tremblements et vertiges disparaissent petit à petit » observe l’addictologue. « Quand on arrête de boire, ça se voit au niveau de la démarche, au niveau de l’attitude et la personne reprend la maîtrise de son corps. » La confiance en soi revient, l’image de soi devient meilleure… « Narcissiquement parlant il y a une reconstruction qui se fait et qui est fondamentale et bénéfique. »

Merci au Dr Dan Véléa, psychiatre addictologue et psychothérapeute à Paris. Propos recueillis en décembre 2020. Source : L’alcool, AFEF, Association Française pour l’étude du foie.


Source : JDF Santé

Veganuary en janvier : comment manger vegan pendant 1 mois ?

Veganuary en janvier : comment manger vegan pendant 1 mois ?

[Mis à jour le 4 janvier 2023 à 10h19] On connaît bien le challenge du mois sans alcool (Dry January), mais moins le mois sans viande (Veganuary). Pourtant, depuis 2014, Veganuary est une initiative qui encourage chacun d’entre nous à manger vegan pendant tout le mois de janvier puis s’ils le veulent, tout le reste de l’année. Pour rappel, un régime vegan exclut tous les produits d’origine animale comme la viande, le poisson, les œufs, le lait, le fromage, le miel… Manger vegan pendant un mois a-t-il des bienfaits pour la santé ? Au contraire, des risques ? Quelles contre-indications ? Quelles précautions respecter ? Conseils de Coline Flandrin, diététicienne libérale à Lille.

C’est quoi le Veganuary ?

Veganuary est une initiative née en Angleterre en 2014. Il s’agit d’une organisation à but non lucratif qui encourage les gens à essayer une alimentation 100 % végétale pendant tout le mois de janvier, voire au-delà, peut-on lire sur le site officiel. Le vegan ne mange pas la viande, le poisson et tous les produits dérivés des animaux (œufs, lait, fromage, miel…). Lors de l’édition 2022, plus de 620 000 personnes ont participé à ce défi et plus de 1540 nouveaux menus et produits vegan ont été lancés dans les différents pays participants. 

Que signifie le mot Veganuary ?

Veganuary est la contraction de « véganisme » et « january » (janvier en anglais). 

Quelle est la date de l’édition 2023 du Veganuary ?

Le Veganuary se déroule tout le mois de janvier, du 1er au 31 janvier 2023. 

Quels bienfaits santé à manger vegan pendant un mois ?

« Difficile de dire s’il y a des bénéfices sur la santé dès le premier mois. Mais globalement, le fait de manger végétale a un impact positif sur la santé à condition de bien respecter les apports en nutriments nécessaires au corps. Par exemple, limiter sa consommation de graisses saturées (beurre, gras de la viande…) préserve la santé cardiovasculaire, manger davantage de fibres (fruits, légumes, céréales, légumineuses…) favorise le transit et la digestion et participe aussi à la prévention des cancers digestifs« , liste notre experte.   

Quelles précautions prendre si on veut faire le Veganuary ?

L’apport en fer doit être suffisant. Le fer héminique (le mieux absorbé par l’organismeà)est contenu dans les protéines animales. Les vegan n’ont accès qu’au fer non héminique que l’on trouve dans les végétaux, moins absorbable. Il y en a dans la spiruline, les lentilles, les haricots blancs, les pois chiche, les graines de chia, les graines de sésame, le chocolat noir, les pois cassés, les céréales complètes… « Le fer des végétaux est beaucoup mieux absorbé s’il est associé à des aliments riches en vitamine C tels que les kiwis, les fruits rouges, les agrumes, les poivrons, l’épinard… L’idée est par exemple de combiner des légumineuses avec des légumes riches en vitamine C ou de terminer son repas par une orange« , préconise Coline Flandrin. 

Attention à la consommation de thé dont les tanins peuvent altérer l’assimilation du fer d’origine végétale. Il vaut mieux boire un thé (idéalement vert ou sencha, car ces thés sont antioxydants et riches en vitamine C) à distance des repas.  

L’apport en protéines doit être surveillé. Les sources végétales de protéines sont : les oléagineux (amandes, noix, noisettes, noix de cajou…), le beurre de cacahuète, les lentilles et autres légumineuses, le quinoa, les graines de lupin, les graines de courge… à associer à une céréale pour favoriser la biodisponibilité des protéines (semoule/pois chiches, riz/haricots rouges, pâtes/lentilles corail…)

► Il faut faire attention à l’apport en calcium, que l’on trouve généralement dans le lait, les fromages et les yaourts. En cas d’alimentation vegan, les bonnes sources de calcium sont les légumineuses comme les haricots rouges, les pois chiches, le soja, les haricots blancs, les lentilles, certains légumes-feuilles, les pois et le tofu. « Certains tofus ou boissons végétales sont enrichis en calcium. On peut également opter pour des eaux riches en calcium (Hépar (549 mg/L), Courmayeur (576 mg/L), Contrex (468 mg/L)). Pensez à bien regarder les étiquettes« , précise l’experte. 

Quels risques et contre-indications au Veganuary ?

« Ce type de challenge serait plutôt déconseillé à des personnes qui présentent des troubles du comportement alimentaires, que ce soit anorexie ou boulimie, car cela peut entraîner des restrictions. Les personnes qui ont des carences en fer ou des anémies, ou plus globalement qui souffrent d’une pathologie chronique, doivent également demander l’avis de leur médecin avant d’adopter une alimentation 100% végétale. Pour une personne qui a une maladie, une alimentation vegan pendant un mois peut déjà faire des dégâts« , tient à conclure notre interlocutrice. « Attention également aux personnes qui ne digèrent pas très bien le gluten, car dans le véganisme, on a tendance à consommer davantage de pain ou de pâtes et donc plus de gluten« . 

Merci à Coline Flandrin, diététicienne libérale à Lille.


Source : JDF Santé

Médicaments sans ordonnance contre la diarrhée : Tiorfan, Smecta ?

Médicaments sans ordonnance contre la diarrhée : Tiorfan, Smecta ?

Quand la diarrhée survient, un des premiers réflexes c’est la prise d’un médicament pour rapidement arrêter ce symptôme. Les autorités sanitaires françaises insistent cependant sur le fait que la prise en charge de la diarrhée aiguë repose avant tout sur des mesures hygiéno-diététiques et que si les symptômes persistent chez le nourrisson et l’enfant de moins de 2 ans le traitement de référence est l’administration de soluté de réhydratation orale (SRO). Les SRO sont des sachets de poudre à verser dans un biberon d’eau, disponibles en pharmacie sans ordonnance. Le Smecta®, médicament disponible sans ordonnance et indiqué en cas de diarrhée n’est plus recommandé chez les enfants de moins de 2 ans « en raison de la possible présence d’infime quantité de plomb, même si le traitement est de courte durée » a expliqué l’ANSM en 2021. Depuis 2019, le nifuroxazide (Ercefuryl® et ses génériques) ne doit plus être donné aux enfants et adolescents de moins de 18 ans à cause d’effets immuno-allergiques (choc anaphylactique, œdème de Quincke). Ce médicament est depuis délivré uniquement sur ordonnance.

Liste des médicaments antidiarrhéique sans ordonnance pour l’adulte (à partir de 15 ans)

Nom commercial : Diarétyl®

  • Molécule : Lopéramide Chlorhydrate
  • Indication : ralentisseurs de transit
  • Forme : gélule

Nom commercial : Diastrolib 2 mg®

  • Molécule : Lopéramide Chlorhydrate
  • Indication : ralentisseurs de transit
  • Forme : gélule

Nom commercial : Imodium®

  • Molécule : Lopéramide
  • Indication : ralentisseurs de transit
  • Forme : gélule

Depuis le 20 décembre 2022 : 

  • Lopéramide BGR Conseil 2 mg, comprimé orodispersible, boite de 12 comprimés
  • Lopéramide Arrow Conseil 2 mg, comprimé orodispersible, boite de 12 comprimés

Liste des médicaments antidiarrhéique sans ordonnance pour l’enfant

Nom commercial : Smecta® arômes orange et vanille (pour les enfants de plus de 2 ans)

  • Molécule : diosmectite
  • Indication : pansements à base d’argile 
  • Forme : en solution buvable

Nom commercial : Ultralevure® (à partir de 6 ans) – Dans la même catégorie des micro-organismes antidiarrhéiques peuvent être utilisés le Lacteol® et le Lenia®

  • Molécule : Saccharomyces boulardii
  • Indication : traitement d’appoint des diarrhées occasionnelles légères à modérées
  • Forme : poudre

Depuis le 20 décembre 2022 : 

  • Lopéramide BGR Conseil 2 mg, comprimé orodispersible, boite de 12 comprimés (chez l’enfant à partir de 15 ans)
  • Lopéramide Arrow Conseil 2 mg, comprimé orodispersible, boite de 12 comprimés (chez l’enfant à partir de 15 ans)

Le Tiorfan® est disponible uniquement sur ordonnance.

Durée d’utilisation de ces médicaments

Ces traitements ne doivent pas être pris plus de deux jours sans avis médical. Le Smecta® ne doit pas être utilisé chez les enfants de moins de 2 ans.

Précaution d’utilisation

Choisissez plutôt des médicaments ne contenant qu’une seule substance active

« Ces traitements doivent être pris en cas de diarrhée, c’est-à-dire l‘émission de plus de trois selles dans la journée, de consistance très molle à liquide par jour« , précise le Dr Monique Quillard, médecin généraliste. Le choix d’un médicament varie selon l’état de santé de chaque personne (grossesse, traitement en cours…) ainsi que des précautions propres à chaque famille de médicaments. D’une manière générale, il est recommandé de choisir plutôt des médicaments ne contenant qu’une seule substance active et, bien sûr, de respecter la dose, la fréquence de prise et la durée du traitement préconisée qui est de 2 jours dans le cas d’une diarrhée passagère de l’adulte. Ne jamais prendre un traitement de façon prolongée sans avis médical. Enfin, les ralentisseurs du transit sont contre-indiqués en cas de diarrhée hémorragique ou de fièvre élevée« , précise le Dr. Quillard.

Contre-indications

Ces médicaments ne doivent pas être utilisés en cas de :

  • Diarrhée due à des médicaments, antibiotiques par exemple
  • Diarrhée s’accompagnant d’une fièvre importante, de sang ou de mucus dans les selles

Quand consulter un médecin ?

Il faut consulter un médecin lorsque la diarrhée dure depuis plus de deux jours et qu’elle s’accompagne de fièvre et/ou de sang dans les selles. « Si elle survient chez un enfant ou une personne âgée, consultez sans tarder car elles se déshydratent très rapidement« , recommande le Dr Quillard. Par ailleurs, la prise de médicaments ne dispense pas d’une réhydratation et d’une alimentation adaptée.

Merci au Dr Monique Quillard, médecin généraliste.


Source : JDF Santé

Chiffres Covid France : janvier 2023, baisse du taux d'incidence

Chiffres Covid France : janvier 2023, baisse du taux d'incidence

[Mis à jour le 4 janvier 2023 à 10h10] L’année 2023 commence avec une épidémie de Covid en baisse. Au 3 janvier, le nombre de nouveaux cas de covid diminue de 26% sur une semaine. Le taux d’incidence est en baisse de 51%. La 9e vague de Covid semble donc être passée en France. Néanmoins, les statistiques de l’épidémie restent perturbées en raison de la suspension de la transmission des résultats par les laboratoires de biologie médicale en grève depuis le 27 octobre dernier. Le dialogue étant « bloqué » entre les syndicats et la Caisse nationale d’assurance maladie, la grève se poursuit le 2 janvier, ont-ils indiqué dans un communiqué à l’AFP relaté par RTL« Les patients pourront continuer à se faire tester dans les laboratoires mais le gouvernement ne recevra aucune remontée de données » dans le fichier national, précisent-ils. Les chiffres du Covid suivis par les autorités sanitaires et le gouvernement sont publiés par Santé Publique France. Un tableau de bord rassemble les indicateurs clés : nouveaux cas, morts en France et dans le monde, hospitalisations, statistiquesincidence, admissions en réanimation ou soins critiques, contaminations, courbes, chiffres de la vaccination… Les voici.

Quels sont les chiffres Covid aujourd’hui ?

Taux d’incidence (31 décembre)

Cas total de Covid (4 janvier)

Nouveaux cas sur 24 h (au 3 janvier)

Patients Covid hospitalisés (au 3 janvier)

Patients Covid en réanimation ou soins critiques (au 3 janvier)

211/100 000 habitants

 39 560 482 22 916 23 516 1 416

Quelle est la courbe du Covid en ce moment ?

Le taux d’incidence de l’épidémie de Covid baisse depuis le 19 décembre.

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Taux d’incidence Covid – Hebdomadaire – tous âges © Géodes.Santepubliquefrance.fr

Combien de nouveaux cas Covid aujourd’hui ?

Au 3 janvier 2023, 22 916 nouvelles personnes ont été testées positives. Au total, la France recense 39,56 millions de personnes ayant eu un test antigénique ou PCR positif au coronavirus depuis le début de l’épidémie en 2020, selon l’Université Johns Hopkins.

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Nombre de patients Covid positifs – Hebdomadaire – tous âges – jusqu’à la semaine 51 (19-25 décembre) © Géodès

Quels sont les chiffres Covid des hospitalisations ?

Les données hospitalières reposent sur les données de passages aux urgences du réseau OSCOUR et des hospitalisations en soins conventionnels et en soins critiques rapportées par les établissements de santé. Ci-dessous, les chiffres publiés par le Dashboard du gouvernement et Santé Publique France.

 

Patients Covid hospitalisés

Evolution sur les 7 derniers jours

Taux d’occupation des lits en soins critiques

Au 3 janvier 2023

23 516 -6.25 %  28% 
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Taux d’hospitalisation – Hospitalisations pour COVID-19 © Géodès

Combien de cas Covid en réanimation ?

  Patients Covid en soins critiques Evolution sur les 7 derniers jours Taux d’occupation des lits en soins critiques par des patients Covid

Au 3 janvier 2023

1 416 -2.14 %  28%
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Courbe du taux d’hospitalisation en soins critiques – Hospitalisations pour COVID-19 © Géodès

Combien de morts du Covid en France ?

Les sites du gouvernement et de Santé publique France rapportent les décès Covid à l’hôpital et dans les établissements sociaux et médico-sociaux, soit 158 578 morts en France au 3 janvier 2023 selon l’OMS. Les décès Covid en dehors de ces structures ne sont pas recensés en temps réel. Le Covid-19 tue plus les hommes que les femmes a souligné l’Ined en mars 2022.

Quels sont les chiffres de la vaccination Covid en France ?

En France, 60.1% de la population a reçu une primo-vaccination complète + une dose de rappel. 20% de la population française n’est pas vaccinée contre le Covid-19. Au 26 décembre, 20,3% des 60-79 ans avaient reçu un rappel adapté au variant Omicron et 34,6% d’entre eux sont considérés comme protégés par la vaccination. 22.3% des 80 ans et plus avaient reçu un rappel adapté au variant Omicron et 20.6% sont considérés comme protégés « Dans le contexte d’une circulation active du SARS-CoV-2 et des virus hivernaux, il est nécessaire de renforcer la vaccination contre la COVID-19, notamment par une dose de rappel avec un vaccin bivalent (contre la souche initiale et le variant Omicron) pour les éligibles primovaccinés, ainsi que contre les virus grippaux » indique Santé Publique France. 

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Couverture vaccinale selon la classe d’âge au 1er janvier 2023 © Santé publique France

Que disent les cartes du Covid en France ?

Quel est le nombre de morts du Covid dans le monde ?

Plus de 150 000 Français sont morts du Covid dans l’Hexagone. Combien à l’échelle mondiale ? Selon les chiffres de l’ECDC (Centre européen de prévention et de contrôle des maladies) relatés par Santé Publique France, au 3 janvier 2023, le Covid-19 a fait plus de 6 millions de morts dans le monde : 

  MONDE EUROPE Pourcentage en Europe
MORTS COVID 655 689 115 270 009 126 41.5%
CAS COVID 6 671 624 2 158 171 32.3%


Source : JDF Santé

Maladie de Charcot (SLA) : premiers signes, quelles causes ?

Maladie de Charcot (SLA) : premiers signes, quelles causes ?

Chaque jour en France, 4 personnes meurent de la maladie de Charcot et 5 personnes voient leur vie brisée à l’annonce du diagnostic, a rappelé l’ARSLA (Association pour la Recherche sur la SLA – Maladie de Charcot) à l’occasion de la Journée internationale dédiée à cette maladie incurable qui eu lieu le 21 juin 2022. L’ARSLA appelle à la mobilisation via des dons pour soutenir la recherche sur cette maladie qui réduit lourdement l’espérance de vie (20% des personnes atteintes vivent cinq ans ou plus après le diagnostic). La sclérose latérale amyotrophique (SLA), anciennement appelée « maladie de Charcot » (du nom du médecin qui l’a décrite au 19e siècle), est une maladie dégénérative rare qui se déclare le plus souvent entre 50 et 70 ans, un peu plus fréquemment chez les hommes. Le célèbre astrophysicien Stephen Hawking, atteint de cette pathologie, a contribué à faire parler de la SLA. En France, l’humoriste Jean-Yves Lafesse est décédé de la maladie de Charcot à l’âge de 64 ans, en 2021. C’est quoi la SLA ou maladie de Charcot ? A quel âge peut-on l’avoir ? Quel est le traitement pour la soigner ? Quelle espérance de vie ? Comment survient le décès ? Comprendre avec le Dr Pierre-François Pradat, neurologue.

Définition : c’est quoi la SLA ?

La sclérose latérale amyotrophique (SLA), est une maladie neurodégénérative (comme Alzheimer ou Parkinson) progressive qui atteint les neurones moteurs du système nerveux. « Elle est classée comme maladie « rare » mais on la considère comme la plus fréquente des maladies rares avec environ 6000 patients en France actuellement atteints. Le risque est d‘1 personne sur 350 en France.  3 nouveaux cas sont diagnostiqués par jour » explique le Dr Pierre-François Pradat, neurologue et chercheur spécialiste de la SLA à l’Hôpital de la Pitié-Salpêtriere (Paris). La maladie de Charcot se caractérise par un affaiblissement puis une paralysie des muscles des jambes et des bras, des muscles respiratoires, ainsi que des muscles de la déglutition et de la parole. Les fonctions intellectuelles et sensorielles ne sont habituellement pas touchées.

Comment se déclenche la SLA ?

La maladie de Charcot se caractérise par l’altération des neurones permettant le transfert de l’ordre du mouvement. Elle touche uniquement les systèmes moteurs au niveau du cerveau, du tronc cérébral et de la moelle épinière. Elle entraîne la mort des cellules nerveuses qui permettent les mouvements des muscles volontaires, puis la paralysie. « Il y a un défaut de transmission entre le nerf et le muscle puisque les terminaisons des nerfs ont disparu et il n’y a plus d’acéthylcholine à transmettre » précise le spécialiste. Dans la maladie de Charcot, les fonctions intellectuelles sont généralement préservées « mais dans environ 10 % des cas elle est associée à une démence de type particulier appelée « démence temporo-frontale » qui se manifeste par des troubles du comportement (plus que cognitifs (mémoire, orientation)) ». Les aires frontales du cerveau étant impliquées dans le comportement et dans les émotions.

Quelles différences avec la sclérose en plaques ?

La sclérose en plaques (SEP) est une maladie auto-immune, ce qui n’est pas le cas de la SLA . « Dans la cause de la SEP, il y a vraiment une inflammation du système nerveux. Dans la SLA ce n’est pas ce qui cause la maladie. On trouve de l’inflammation mais c’est un facteur d’aggravation. Il y a d’ailleurs beaucoup de médicaments à l’essai qui visent à réduire l’inflammation chez les personnes atteintes de la SLA » détaille le Dr Pradat.

Elle est héréditaire dans 10% des cas.

Quelles sont les causes de la maladie de Charcot ?

On ne connaît pas les causes exactes de la dégénérescence neuronale observée dans la SLA. « On pense qu’il s’agit d’une combinaison de facteurs de susceptibilité génétique et de facteurs environnementaux. Les facteurs environnementaux n’ont pas été individualisés avec certitude à cette date car la maladie est rare mais il pourrait d’agir de facteurs toxiques, de pollution, de mauvaises habitudes de vie ou encore de traumatismes répétés. Un risque accru avait été rapporté chez les footballeurs professionnels italiens, peut-être chez les joueurs qui font souvent des « têtes », mais cela reste controversé. Nous n’avons pas retrouvé d’augmentation de risque dans une étude récente que nous avons publiée et qui portait sur des joueurs professionnel français » explique le Dr Pradat. Même si on ne connait pas la cause, on on en sait maintenant beaucoup plus sur les perturbations biologiques, comme un niveau trop élevé de glutamate (un « messager » qui intervient dans la transmission des messages nerveux.

Est-ce une maladie héréditaire ?

« Elle est héréditaire dans 10% des cas » répond notre interlocuteur. La recherche médicale est parvenue à identifier les gènes impliqués dans les formes familiales et des médicaments ciblant certains de ces gènes sont en cours de développement. La transmission de la maladie de Charcot n’est pas liée au sexe : « Père ou mère peuvent la transmettre de la même façon » poursuit le spécialiste. Quant aux formes non familiales (90 % des cas), des facteurs de susceptibilité génétique ont été repérés.

maladie de charcot
Schéma de la maladie de Charcot © blueringmedia – 123RF

Quels sont les premiers symptômes de la maladie de Charcot ?

La SLA est une maladie qui peut se manifester de façon très variée. « A la différence d’un AVC, le déficit moteur dans la maladie de Charcot s’installe de façon très insidieuse et progressive ce qui explique que le diagnostic soit fait tardivement et trop tardivement (1 an à 1 an et demi) » souligne le médecin. Pour simplifier, la SLA peut se présenter sous deux formes au début :

dans 30 % des cas par la forme « bulbaire » avec une atteinte initiale des muscles de la face. Plus fréquente chez la femme, elle va se manifester par des difficultés pour articuler, une modification de la voix et être suivie par des problèmes pour déglutir.

« Beaucoup de patients ont erré avant de savoir qu’ils avaient une SLA »

dans 70 % des cas par la forme « spinale ». Cette forme débute par le déficit moteur d’un membre (perte de force, difficultés à se peigner, à serrer la main, à écrire…) accompagné par une atrophie des muscles. Le déficit peut commencer par toucher un membre inférieur avec des difficultés à marcher, à monter les escaliers

Rarement, la maladie peut se révéler par une insuffisance respiratoire. « Les patients arrivent en détresse respiratoire aux Urgences, ils ont constitué une défaillance respiratoire petit à petit, ils décompensent et se retrouvent en réanimation où on leur diagnostique une SLA. »

Comment diagnostiquer la maladie de Charcot ?

La pose du diagnostic de la maladie de la Charcot est long, « 1 an à 1 an et demi » relate le Dr Pradat « ce qui limite l’efficacité des traitements à venir ». « Quand une personne consulte, on va évoquer d’autres diagnostics avant, plus fréquents. Beaucoup de patients ont erré avant de savoir qu’ils avaient une SLA. C’est quand le déficit s’aggrave que le médecin traitant envoie vers le neurologue qui va envoyer vers un centre expert de référence sur le SLA. La France a été un modèle dans la création de centres de référence pour les maladies rares ce qui a permis de beaucoup mieux prendre en charge les patients. » Pour poser le diagnostic :

► le neurologue observe la présence d’une série de signes cliniques évocateurs,

► ensuite, l’examen le plus important est l’électromyogramme : « On va tester les nerfs moteurs et voir s’il y a une dénervation c’est-à-dire une perte en nerf moteur puis on va faire tout un bilan avec des IRM qui vont permettre de voir s’il n’y a pas d’autres causes pouvant expliquer les symptômes du patient : une tumeur, un processus vasculaire… »

Il n’y a pas (encore) de biomarqueurs dans la maladie de Charcot « mais c’est en développement et je pense qu’on va arriver à en avoir comme dans la maladie d’Alzheimer » s’enthousiasme le médecin.

Quels sont les traitements de la maladie de Charcot ?

Il n’y a pas de traitement curatif de la maladie de Charcot. Les traitements visent à soulager les symptômes : « Par exemple, la ventilation au masque en cas d’insuffisance respiratoire, le contrôle des troubles nutritionnels via la gastrostomie. C’est tout le bénéfice des centres experts qui ont permis d’allonger la survie et d’améliorer la qualité de vie des patients » témoigne le Dr Pradat. « Il y a un intérêt pour la médecine personnalisée comme les mécanismes biologiques sont différents. L’enjeu est de trouver des traitements qui correspondent à une certaine catégorie de patients et individualisés pour chacun. Les neurosciences ont encore du retard par rapport à la cancérologie, mais on va vers des traitements de plus en plus personnalisés. » A date :

► Des médicaments peuvent être prescrits comme des antalgiques contre les douleurs, des laxatifs contre les troubles du transit…

► Un accompagnement psychologique, des séances de kinésithérapie, de rééducation et/ou d’orthophonie peuvent aider les malades à maintenir la souplesse des muscles, et à conserver leur autonomie et leur capacité à communiquer le plus longtemps possible.

Il y a des SLA et non une seule SLA.

► Une prise en charge médico-sociale et la mise en place d’aides techniques sont aussi indispensables.

Le seul médicament approuvé en Europe pour les personnes atteintes de SLA est le riluzole. Il diminue le taux de glutamate, ce messager nerveux qui se trouve peut-être en trop grande quantité chez les personnes atteintes de SLA. Il est en général prescrit dès que la maladie est suspectée. « Il permet un allongement de la survie certes modeste mais qui existe », confirme le médecin. Beaucoup de médicaments sont par ailleurs en développement.

Aux Etats-Unis, la FDA (Agence américaine du médicament) a approuvé en 2017 l’Edaravone ( antioxydant développé pour le traitement des AVC). Il n’ a pas été autorisé en Europe mais dispose en France d’une ATU (Autorisation Temporaire d’Utilisation). Dans le cadre de l’ATU, le médicament Radicut® (edaravone) est soumis à prescription hospitalière. « Seuls les neurologues hospitaliers et les pharmaciens exerçant dans un établissement de santé public ou privé peuvent respectivement le prescrire et le dispenser » a informé l’ANSM en 2020. « Le médicament ralentirait au mieux de 30% la progression de maladie, c’est un effet très modeste et les contraintes de son administration par des perfusions intraveineuses répétées font qu’en pratique il n’est prescrit que de façon exceptionnelle et seulement s’il y a une forte demande du patient » explique le médecin.

Il y a par ailleurs, en France, des essais en cours sur les thérapies géniques (pour les formes familiales avec gène identifié) avec le médicament Tofersen qui pourrait ralentir la maladie. Il est important de rappeler qu’il ne concerne qu’un très faible nombre de patients qui sont porteurs d’une anomalie génétique très rare touchant un gène appelé SOD1 et que ce traitement ne vise pas à guerir la maladie mais la ralentir.

► Les cellules souches sont aussi une piste thérapeutique envisagée « mais il y a encore beaucoup de chemin à parcourir » précise notre interlocuteur.

Comment évolue la maladie de Charcot ?

Le déficit moteur lié à la SLA est irréversible mais « c’est une maladie très hétérogène, insiste notre interlocuteur. Il y a des mécanismes différents au sein de cette maladie. Il y a des SLA et non pas une seule SLA. Et heureusement il y a aussi des formes lentes« . La maladie de Charcot évolue à un rythme différent d’une personne atteinte à l’autre sans qu’il ne soit possible de prévoir cette durée d’évolution. Il semble que la forme à début bulbaire évolue plus vite. La personne atteinte peut présenter des symptômes divers d’évolution progressive qui s’étendent au fur et à mesure :

  • des crampes musculaires,
  • des difficultés à la mobilisation, évoluant vers la paralysie,
  • une diminution de la masse musculaire, appelée amyotrophie,
  • un ralentissement des mouvements,
  • des difficultés à la parole et à la déglutition
  • des troubles respiratoires

Quelle est l’espérance de vie avec la maladie de Charcot ?

Statistiquement, l’espérance de vie d’une personne atteinte de la SLA est d’environ 3 à 5 ans après le diagnostic mais cela ne reflète pas la grande variabilité évolutive de cette maladie. Avec l’amélioration de la prise en charge, 20% des personnes atteintes vivent 5 ans ou plus après le diagnostic, et certains peuvent vivre plus de 10 ans. Il existe aussi des formes bénignes de la maladie qui restent stables sur plus de 30 ans, mais elles sont rares.

Comment meurt-on de la maladie de Charcot ?

La cause principale de décès des personnes atteintes de la maladie de Charcot est l’insuffisance respiratoire (à cause de la paralysie du diaphragme) ou une infection respiratoire, souvent les deux. C’est une spécificité de cette maladie. A la différence de la maladie de Parkinson ou d’Alzheimer, elle atteint le système respiratoire, un système indispensable pour vivre d’où sa moindre espérance de vie.

Merci au Dr Pierre-François Pradat, neurologue et chercheur spécialiste de la SLA à l’Hôpital de la Pitié-Salpêtriere (Paris).


Source : JDF Santé