Sélectionner une page
Fat buccal removal : "L'effet peut être désastreux sur certains visages"

Fat buccal removal : "L'effet peut être désastreux sur certains visages"

[Mise à jour le 20 janvier 2023 à 11h25] Le « fat buccal removal » est une nouvelle tendance de chirurgie esthétique qui consiste à se faire retirer le gras des joues pour obtenir un effet « creusé ». Cette opération disponible en France, appelée bichectomie ou ablation des boules de Bichat, vise à redessiner les lignes du visage, en rendant les pommettes et les angles de la mâchoire plus saillants. Sur TikTok, la tendance #buccalfatremoval compte 6,3 millions de vues ce qui en fait l’une des tendances beauté les plus populaires de 2023Bella Hadid, le mannequin Chrissy Teige ou encore l’actrice Lea Michele font partie des célébrités qui ont eu recourt au « fat buccal removal ». Mais attention ! « Les jeunes veulent devancer l’horloge biologique et 10 ans plus tard cela leur donne un aspect plus vieux avec une mauvaise mine » avertit le Dr Skander Hendaoui, chirurgien esthétique que nous avons contacté. « Il est primordial d’être très exigeant en termes d’indication et de s’assurer que l’effet recherché est celui que produira l’opération. Sur certains visages l’effet peut être désastreux et difficilement réversible. Le travail du chirurgien est de sélectionner les patients éligibles » insiste le spécialiste.

C’est quoi la bichectomie ?

La bichectomie consiste à retirer les boules de Bichat, des coussinets de graisse naturellement situés en profondeur de la joue entre la pommette et l’os de la mâchoire. « Elles sont environ de la taille d’une noix même si leur taille varie selon les individus«  précise le Dr Hendaoui. Certaines personnes ont les joues plus « joufflues » que d’autres. Leur volume est constant au long de la vie. « La graisse environnante superficielle a de son côté tendance à diminuer avec l’âge et donner un aspect plus creusé aux joues » souligne l’expert.

Schéma opération Fat buccal removal
Schéma opération Fat buccal removal © corbacserdar-123RF

Quel est l’objectif de la bichectomie ?

La bichectomie donne un aspect creux aux joues et redessine les lignes mandibulaires afin de rendre les pommettes plus saillantes. « Par ailleurs, la bichectomie diminue l’effet joufflu du visage » indique le Dr Hendaoui.

« L’état psychologique doit être évalué »

Comment se déroule l’opération pour une bichectomie ?

« Je recommande une opération sous anesthésie générale parce qu’elle peut être douloureuse en anesthésie locale. La graisse peut être difficile à aller « chercher ». Je pratique une incision à l’intérieur de la bouche au niveau des joues ou de la gencive et je fais sortir la boule petit à petit en poussant. Il faut être attentif à ne pas être traumatisant dans le procédé, être minutieux dans les gestes » développe l’expert. L’opération dure une trentaine de minutes. Il est nécessaire d’être en arrêt pendant une semaine, des gonflements seront visibles pendant 2 à 3 semaines. Le résultat final est observé au bout de 3 mois.

Quelles sont les contre-indications à la bichectomie ?

Comme toutes opérations, la santé du patient doit être vérifiée avant de pratiquer cette chirurgie et notamment les risques liés à l’anesthésie générale. « L’état psychologique doit être évalué : je vérifie que les attentes de mes patients sont en accord avec les résultats que donnera l’opération » souligne le chirurgien. Les personnes en surcharge pondérale doivent d’abord maigrir avant de pouvoir réaliser l’opération. « Les personnes aux visages minces ont une contre-indication à réaliser cette opération. Et c’est ce qui a causé la polémique sur l’opération » argue le Dr Hendaoui. La bichectomie est intéressante pour les personnes au visage rond et joufflu mais occasionnera un effet vieillissant et mauvaise mine sur le long terme à une personne au visage déjà mince. « Sur une personne mince, on peut proposer l’alternative qui consiste à donner une impression de joues creusées en réalisant une injection au niveau des pommettes et de la ligne mandibulaire » informe notre interlocuteur. 

La bichectomie est-elle réversible ?

La bichectomie est difficilement réversible parce que la graisse retirée est située en profondeur. « Les injections de graisse sont généralement situées en superficie donc il ne sera pas possible de reproduire la nature d’avant l’opération » note le chirurgien. 

Quels sont les dangers de la bichectomie ?

Les complications classiques de l’opération sont des saignements et hématomes avec parfois une surinfection. « Le nerf facial responsable de la mobilité du visage, des « mimiques », peut être touché si l’opération est réalisée de manière agressive ce qui causera un engourdissement ou une paralysie du visage. Une lésion du canal qui fait sortir la salive de la parotide (glande salivaire) vers la bouche avec gonflement est possible même si c’est très rare » souligne le Dr Hendaoui. Par ailleurs, une petite asymétrie du visage peut être remarquée si on retire plus de graisse d’un côté que de l’autre. Le retrait de la graisse buccale peut causer un effet de vieillissement de l’aspect du visage s’il est réalisé sur un patient au visage mince. Un article paru dans la National Library of Medecine en août 2021, dont le Dr Ira Savetsky est l’un des co-auteurs, évoquait déjà le fait que cette chirurgie a « la possibilité de provoquer un vieillissement prématuré et une distorsion du milieu du visage à long terme« . 

Quel est le coût de l’opération ?

En France, la bichectomie coûte entre 3000 à 3500 euros. Elle n’est pas prise en charge par l’Assurance maladie.

Merci au Dr Skander Hendaoui, chirurgien esthétique.


Source : JDF Santé

Suicide assisté : c'est quoi, est-ce possible en France ?

Suicide assisté : c'est quoi, est-ce possible en France ?

Le suicide médicalement assisté est une aide apportée à une personne consciente qui demande à mourir. Le réalisateur franco-suisse Jean-Luc Godard est mort le 13 septembre 2022 à 91 ans. Il a eu recours au suicide assisté, autorisé en Suisse, pays où il vivait. « Il n’était pas malade, il était simplement épuisé. Il avait donc pris la décision d’en finir. C’était sa décision et c’était important pour lui que ça se sache« , a relaté un proche de la famille à Libération. Dernièrement, en janvier 2023, la Youtubeuse Olympe atteinte de TDI (troubles dissociatifs de l’identité) a déclaré sur son compte Instagram vouloir recourir au suicide assisté. En France, le suicide assisté est interdit. 

Définition : qu’est-ce que le suicide assisté ? 

Le suicide médicalement assisté est une aide apportée à une personne consciente qui demande à mourir. Un médecin prescrit des substances létales et la personne ingère ces substances ou déclenche la perfusion. Le suicide assisté repose sur la prescription de barbituriques, par voie orale ou injectable.

Est-ce légal en France ? 

La Loi française interdit l’euthanasie et le suicide assisté. Deux lois régissent la fin de vie.

→ La Loi dite Léonetti votée en 2005 et appliquée en 2006 est une loi anti-acharnement thérapeutique. « Elle permet d’arrêter les traitements qui maintiennent en vie artificiellement et, actuellement, on peut aller jusqu’à à la sédation profonde et continue lorsque les personnes en fin de vie ne sont pas confortables malgré la prise en charge des symptômes » informe le Dr Dominique Grouille, médecin dans le service de Soins Palliatifs au CHU de Limoges. Il existe deux cas de figure : soit le patient est conscient et peut exprimer sa volonté de l’arrêt ou la non instauration de traitements qui le maintiennent/vont le maintenir en vie artificiellement. « Lorsque la personne ne peut pas s’exprimer une procédure collégiale permet de prendre une décision » indique le médecin.

La deuxième Loi Léonetti date de 2016. « Elle a renforcé les directives anticipées (ce que la personne avait indiqué à ses proches sur sa fin de vie) et développe la sédation profonde et continue jusqu’au décès, ce qui est une très bonne solution contre les souffrances rebelles » commente le Dr Grouille. 

Quels sont les pays ayant légalisé le suicide assisté ? 

Les pays qui ont légalisé ou dépénalisé le suicide médicalement assisté sont le Luxembourg, les Pays-Bas, la Suisse, la Belgique, les États de l’Oregon, de Washington et du Montana aux Etats-Unis. 

Quelles sont les conditions pour avoir recours au suicide assisté ? 

Les indications au suicide assisté sont différentes selon le pays. En Belgique, aux Pays-Bas et au Luxembourg, la personne qui demande le suicide assisté doit être consciente et présenter des souffrances physiques ou psychiques intolérables sans espoir de guérison. Elle doit en plus être informée de sa situation et des alternatives à l’euthanasie comme les soins palliatifs. Dans les 3 états des Etats-Unis autorisant le suicide assisté, celui-ci s’adresse à des patients en situation terminale, dont le diagnostic et le pronostic (moins de 6 mois d’espérance de vie) sont vérifiés par deux médecins qui doivent attester l’absence de trouble mentaux et informer la personne de l’alternative représentée par les soins palliatifs. Deux demandes orales et une écrite du patient sont nécessaire.   En Suisse le suicide assisté est toléré lorsqu’il est réalisé pour des motifs « non égoïstes. »

Procédure : comment ça se passe ? 

Le suicide assisté repose sur la prescription de barbituriques, par voie orale ou injectable. « Les barbituriques à fortes doses endorment mais ils arrêtent aussi la respiration » précise le Dr Dominique Grouille. « En Oregon, les personnes qui font la demande de suicide assisté ont accès à une pilule mortelle » précise le Dr Grouille. Les études montrent que 35% des patients ne s’en servent pas au final.

Combien ça coûte ? 

« Les Français qui vont en Suisse avec l’association Dignitas pour un suicide médicalement assisté payent 8000 euros » informe le Dr Dominique Grouillle. 

Quelle différence avec l’euthanasie ?

« L’euthanasie et le suicide assisté présentent une différence fondamentale : dans l’euthanasie le médecin injecte le produit létal, alors que dans un suicide assisté c’est la personne elle-même qui s’administre le produit létal prescrit par un médecin » informe le Dr Dominique Grouille. « L’euthanasie pose un problème éthique et déontologique aux médecins » estime le médecin pour lequel la sédation profonde et continue est une réponse suffisante pour une fin de vie sans douleur (physique et/ou psychique). « Le développement des soins palliatifs et de la formation des médecins à la fin de vie sont nécessaires » ajoute-t-il. 

Merci au Dr Dominique Grouille, Anesthésiste-réanimateur, médecin dans le service de Soins Palliatifs au CHU de Limoges.

Sources : Dr Dominique Grouille, Accompagnement et soins palliatifs, 2021, présentation pour externes et IDE
L.Beydon et al Fin de vie, euthanasie et suicide assisté ́: une mise au point de la Société française d’anesthésie et de réanimation(Sfar), Annales Françaises d’Anesthésie et de Réanimation, 31(2012)694–70


Source : JDF Santé

Pistache : bienfaits santé, cerveau, stress, huile

Pistache : bienfaits santé, cerveau, stress, huile

Quels sont les bienfaits de la pistache sur la santé ?

La pistache est un fruit sec qui présente de nombreux bienfaits pour la santé. En effet, elle participe à la gestion du poids et à la lutte contre les maladies cardiaques en raison de sa richesse en fibres, en acides gras insaturés et en phytostérols. Par ailleurs, en raison de sa richesse en vitamines B1 et B6, en minéraux (potassium, phosphore) et en oligo-éléments (cuivre et manganèse notamment), la pistache à un pouvoir antioxydant très élevé. Ce fruit à coque se révèle aussi particulièrement intéressant pour favoriser la santé des yeux. « Sur le plan des macronutriments, la pistache est riche en protéines et en acides gras insaturés, ce qui en fait un excellent en-cas pour les sportifs ainsi que pour les végétariens. Comme tous les oléagineux, elle est assez grasse mais elle contient de précieux oméga 3 et oméga 6, des acides gras polyinsaturés qui sont protecteurs pour la santé cardiovasculaire. D’un point de vue micronutritionnel, elle est riche en vitamines du groupe B, essentiel au bon fonctionnement de l’organisme, et en vitamine E qui protège du stress oxydatif. La pistache est aussi riche en magnésium, reconnu pour ses vertus anti-stress. Ce fruit à coque contient également des phytostérols, des composés végétaux qui protègent la santé cardiovasculaire et font diminuer le taux de mauvais cholestérol (LDL)« , développe Maxime Messegué. 

Quels sont les bienfaits des pistaches sur le cerveau ?

Riche en acides gras polyinsaturés et en omega 3, la pistache joue un rôle dans la prévention des troubles mentaux tels que la dépression tout en améliorant les capacités de concentration et de mémorisation. La pistache a une haute teneur en vitamine E qui a un pouvoir antioxydant : elle protège les cellules de manière générale, et plus particulièrement les cellules du cerveau.

Les pistaches agissent-elles contre le stress ?

Grâce à leur richesse en magnésium, les pistaches sont utiles pour lutter contre le stress, la fatigue, l’anxiété et la dépression. « D’ailleurs, en cas de pulsions alimentaires, une poignée de pistaches non salées permet d’amener des fibres, de la satiété et de bons nutriments qui aident à lutter contre le stress« , précise le nutritionniste.

Comment consommer les pistaches ?

Le meilleur moment pour consommer des pistaches est probablement la collation car elles fournissent beaucoup d’énergie. En moyenne, une poignée de pistaches (30g environ) apporte 200 calories. Les pistaches peuvent également être consommées au petit-déjeuner ou ajoutées dans des plats. « Il est intéressant de les associer avec un fruit ou de les mélanger avec d’autres oléagineux comme des amandes ou des noix pour optimiser ces bienfaits« , préconise le spécialiste.  

Combien en consommer par semaine ?

Il est possible de consommer des pistaches quotidiennement mais en quantités raisonnables, soit pas plus d’une petite poignée (30g). « Dans l’idéal, il est préférable de limiter sa consommation à trois fois par semaine et de varier les types d’oléagineux (amandes, noix, noisettes…)« , argue notre interlocuteur. En revanche, il faut éviter de consommer des pistaches salées car cela peut amener un excès de sel, ce qui est déconseillé pour les personnes qui souffrent d’hypertension et de rétention d’eau. 

Huile de pistache : quels bienfaits ?

L’huile de pistache a le même intérêt que la pistache en elle-même. C’est une concentration en acides gras, elle donne bon goût aux salades et doit être consommée crue plutôt que cuite.

Quels sont les dangers d’un excès de pistache ?

Dans la mesure où les pistaches possèdent une haute densité énergétique, le principal risque est d’en consommer trop et de déséquilibrer la balance énergétique. « Aussi bonnes soient-elles pour la santé, une consommation excessive de pistaches risque d’entraîner un excédent calorique qui pourrait favoriser la prise de poids« , prévient le diététicien-nutritionniste. Toutefois, si elle est consommée en quantités raisonnables, la pistache est excellente pour la santé.

Merci à Maxime Mességué, diététicien nutritionniste à Paris.


Source : JDF Santé

Rhumatisme articulaire aigu : symptômes, complications

Rhumatisme articulaire aigu : symptômes, complications

Définition : qu’est-ce qu’un rhumatisme articulaire aigu ?

Le rhumatisme articulaire aigu (RAA) est une maladie inflammatoire qui affecte surtout les enfants ayant entre 4 et 15 ans. Il apparait dans les deux à trois semaines qui suivent une angine à streptocoque qui n’a pas été correctement soignée. Devenu assez rare en Occident, le rhumatisme articulaire aigu est encore fréquemment observé dans certains pays en voie de développement. Le rhumatisme articulaire aigu se traduit par une polyarthrite des grosses articulations (genoux, coudes) et une importante fièvre. Dans 75% des cas, on observe une atteinte cardiaque au cours de la première semaine. Le traitement du rhumatisme articulaire aigu est essentiellement antibiotique.

Quels sont les symptômes d’un rhumatisme articulaire aigu ?

Les symptômes du rhumatisme articulaire aigu surviennent généralement 15 jours à trois semaines après la fin de l’angine bactérienne sévère non traitée. « Ils comprennent de la fièvre, des douleurs articulaires, des palpitations, des éruptions cutanées, d’albumine dans les urines ainsi que des complications cardiaques. Le sujet peut présenter un seul ou plusieurs de ces symptômes », détaille le Pr Aleth Perdriger. 

Quelle est la cause d’un rhumatisme articulaire aigu ?

Le rhumatisme articulaire aigu est exclusivement provoqué par une angine streptococcique non traitée. 

Quelles sont les complications possibles d’un rhumatisme articulaire aigu ?

« Outre la fièvre et les douleurs articulaires, le rhumatisme articulaire aigu est susceptible d’entraîner des complications rénales (albumine dans les urines, défaillance de la fonction rénale), des complications cardiaques (accélération du rythme cardiaque, péricardite, insuffisance cardiaque, fibrillation auriculaire), des éruptions cutanées, une atteinte du système nerveux (déficit dans le contrôle de la motricité)« , indique la rhumatologue. 

Comment pose-t-on le diagnostic d’un rhumatisme articulaire aigu ?

Le diagnostic du rhumatisme articulaire aigu est clinique. La présence de symptômes évocateurs chez des enfants ayant eu une angine streptococcique justifie des analyses de sang à la recherche de taux élevés d’anticorps contre les streptocoques. Un prélèvement dans la gorge peut également être effectué pour rechercher la présence de streptocoques. 

Quel traitement pour soigner un rhumatisme articulaire aigu ?

Le traitement du rhumatisme articulaire aigu repose sur l’administration d’antibiotiques visant à éliminer l’infection streptococcique résiduelle. Des anti-inflammatoires ou des corticoïdes peuvent également être prescrits pour réduire l’inflammation et les douleurs. 

Merci au Pr Aleth Perdriger, Rhumatologue au CHU de Rennes.


Source : JDF Santé

Pulsion scopique : Freud, cause, c'est quoi ?

Pulsion scopique : Freud, cause, c'est quoi ?

Définition : qu’est-ce qu’une pulsion scopique ? 

La scopophilie, scoptophilie ou pulsion scopique fait partie des pulsions sexuelles courantes selon Freud. La scopophilie désigne plus exactement la prise de plaisir en regardant quelqu’un d’autre. La personne observée ne serait perçue que comme un simple objet, que le scopophile aurait l’impression de contrôler en le regardant. À noter que cette pulsion est indépendante des zones érogènes. « Longtemps attribuée à Jacques Lacan, la pulsion scopique est en réalité une notion freudienne qui date de 1905 et qui figure dans les trois essais sur la théorie sexuelle. C’est un texte qui traite du développement psychosexuel de l’enfant jusqu’à la puberté. La pulsion scopique est l’un des éléments fondamentaux pour que l’enfant développe sa curiosité autour de la sexualité. Mais c’est aussi une notion beaucoup plus élargie qui renvoie à l’observation des choses, comme par exemple le fétichisme des pieds« , commente Véronica-Olivieri Daniel. 

Quelles sont les causes d’une pulsion scopique ?

La pulsion scopique fait partie du développement normal de l’enfant qui part à la découverte du monde : il regarde, il touche, il sent. Regarder, voir, est l’un des moyens les plus puissants que le petit enfant a pour découvrir le monde environnant. « Freud a décrit l’enfant comme étant un pervers polymorphe, animé par des pulsions diverses et variées, dont la pulsion scopique. Mais c’est seulement à l’adolescence que l‘œil devient la zone érogène la plus forte et la plus éloignée des organes sexuels« , précise la psychanalyste

Exemple de pulsion scopique ? 

La forme la plus connue de scopophilie est le voyeurisme mais des pulsions scopiques peuvent s’observer dans d’autres cadres. Aujourd’hui, les réseaux sociaux offrent cette possibilité de voir et d’être vu, de susciter l’intérêt et d’en retirer du plaisir. S’il appartient à tout un chacun de regarder des films pornographiques, de se rendre dans des lieux où les gens font des actes sexuels, la pulsion scopique prend une tonalité perverse lorsque la curiosité sexuelle devient trop intense.

La pulsion scopique n’est pas un symptôme

Comment traiter une pulsion scopique ? 

La pulsion scopique n’est pas un symptôme, il n’est donc pas question de traitement. La pulsion scopique fait partie de tout un univers psychosensoriel qui nous permet, au travers de nos yeux, de partir à la découverte du monde, dès la petite enfance. « Il convient de consulter un psychanalyste et d’entreprendre une thérapie quand la notion d’équilibre n’est plus là« , prévient la spécialiste. Par exemple, lorsqu’un adolescent passe son temps sur des sites pornographiques ou des réseaux où il est question de sexualité. Ou encore, lorsque des adultes se retrouvent dans l’incapacité de faire l’amour sans avoir recours au voyeurisme. En fin de compte, tout est une question de place et d’intensité que cela prend dans la vie du sujet.  

Merci à Véronica-Olivieri Daniel, psychologue clinicienne et psychanalyste.


Source : JDF Santé