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Dosage CDT : alcool, prise de sang, taux à ne pas dépasser

Dosage CDT : alcool, prise de sang, taux à ne pas dépasser

Un taux élevé de la CDT (Carbohydrate Deficient Transferrin) révèle une consommation excessive et chronique d’alcool. Le dosage se fait par prise de sang, sans être nécessairement à jeun. Les personnes en suspension de permis de conduire doivent effectuer un dosage CDT pour récupérer leur permis. Quel est le taux normal de CDT ? Comment le calculer ? Comment le faire baisser ? Combien ca coûte et est-il remboursé ?

Définition : à quoi sert le dosage CDT ?

« La CDT (pour Carbohydrate Deficient Transferrin) est une protéine présente dans le sang, qui se modifie lorsqu’une personne consomme de l’alcool au-delà des recommandations de l’OMS« , explique d’emblée François Schellenberg, biologiste au CHU de Tours. Le dosage de la CDT augmente suivant la quantité d’alcool absorbée. « Il n’y a pas de marqueur absolu de la consommation d’alcool. La CDT est ce qu’on a de mieux en routine clinique. Néanmoins, la réponse des individus va être variable : environ 25% des individus sont non-répondeurs, leur CDT n’augmente pas avec la consommation d’alcool« , note le biologiste.

En quoi consiste la prise de sang pour le dosage CDT ?

« Le dosage se fait par une prise de sang, envoyée à un laboratoire chargé de l’analyser. On a les résultats au bout de quelques jours« , détaille François Schellenberg. Il existe environ 180 laboratoires qui font ce dosage en France. Ce n’est pas nécessaire d’être à jeun pour l’effectuer.

Quel est le taux normal de CDT ?

« Le taux dit  »normal » dépend de la méthode de dosage. La Fédération Internationale de Biochimie propose un protocole de standardisation mais pour l’instant, seuls 10% des laboratoires français ont choisi la CDT normalisée« , regrette François Schellenberg. Il existe trois méthodes, en plus de la méthode standardisée, qui donnent des résultats allant du simple au double. Chacune a sa valeur de référence. Pour la méthode standardisée, la valeur de référence est 1.7%. « Un médecin qui observe une valeur supérieure doit s’interroger« , ajoute le pharmacien. Avec d’autres méthodes, le taux de CDT ne devra pas excéder 1,3% ou 2,6%. La protéine modifiée a une demie-vie de deux semaines dans l’organisme. Par exemple, une valeur à 3,0 % diminuera à environ 2,2 % après deux semaines de sevrage.

Comment faire baisser le taux de CDT ?

Les personnes consommant régulièrement de l’alcool et de façon excessive ont un taux de CDT élevé dans le sang. La seule façon de faire baisser le taux de CDT est une abstinence alcoolique d’au moins 15 jours.

Le dosage de la CDT est-il remboursé ?

Le dosage de la CDT est remboursé par la Sécurité Sociale, le tarif réglementaire est de 14,85 €.

Quel taux de CDT pour récupérer son permis de conduire ?

Le dosage de la CDT est utilisé par les commissions de permis de conduire. Après qu’un conducteur a été contrôlé avec une alcoolémie positive, il peut être soumis à une prise de sang pour attester la chronicité de la consommation d’alcool. Les commissions préfectorales départementales peuvent utiliser la normalisation du bilan biologique pour procéder à la restitution du permis de conduire. Dans ce cas, par mesure de précaution, la limite supérieure est alors portée à 1,7% en valeur standardisée. Au dosage des CDT est ajouté celui des gamma GT, un autre marqueur de consommation d’alcool ou plutôt de l’atteinte du foie. « Mais les gamma GT ne sont pas un marqueur totalement fiable. Elles sont le témoin d’une atteinte hépatique qui peut avoir d’autres origines que la consommation d’alcool.… », nuance François Schellenberg. Le VGM (Volume Globulaire Moyen) pourra aussi être analysé. 

Existe-t-il des faux positifs en CDT ?

« Les faux positifs existent mais ils sont rarissimes. Ils sont dus à une anomalie de structure de la protéine« , explique François Schellenberg. Mais si on croise deux méthodes, dont celle de référence, il est possible de les éliminer. Il faut noter que la prise de médicaments ne peut aboutir à une augmentation de la CDT.

Merci à François Schellenberg, biologiste au CHU de Tours.


Source : JDF Santé

Mal de dos qui ne passe pas : je fais quoi ?

Mal de dos qui ne passe pas : je fais quoi ?

Une personne sur cinq souffrirait d’un mal de dos chronique (mal de dos qui persiste). Trop souvent banalisé, le mal de dos, lorsqu’il dure depuis plus de 3 mois, peut fortement retentir sur le quotidien des personnes qui en souffrent.  Pourquoi mon mal de dos ne passe pas ? Quand s’inquiéter et consulter ? Comment soigner un mal de dos qui persiste ?

Quelles sont les causes d’un mal de dos persistant ?

Les douleurs de dos chroniques se manifestent souvent après 40 ans sous la forme de lumbagos à répétition. Dans la plupart des cas, les douleurs lombaires sont d’origine mécanique et peuvent résulter :

  • D’une mauvaise posture (au bureau, sur le canapé…)
  • Des gestes inadaptés quand on ramasse un objet ou quand on porte un objet
  • D’une mauvaise position de sommeil
  • D’une mauvaise démarche 

Quelle maladie peut cacher un mal de dos ?

Pour environ 1 patient sur 20, le mal de dos peut aussi être d’origine inflammatoire, c’est-à-dire qu’il est lié le plus souvent à des maladies auto-immunes, comme la spondylarthrite. Les premiers symptômes du mal de dos inflammatoire apparaissent généralement chez les adolescents et les jeunes adultes vers 20 ou 30 ans. A cet âge-là, on se préoccupe peu de sa santé, et on pense souvent, à tort, que le mal de dos va disparaître aussi vite qu’il est apparu. Sauf, que c’est le contraire qui arrive : le mal de dos prend le dessus et finit par impacter la vie étudiante ou professionnelle. « Le résultat, c’est que l’on constate un retard de diagnostic fréquentexplique le Docteur Philippe Goupille, Chef de service en rhumatologie (CHRU de Tours). Certains patients attendent parfois jusqu’à 10 ans, voire plus, pour que leur mal de dos soit correctement identifié. » Des années pendant lesquelles, les patients souffrent physiquement, mais aussi psychologiquement. Sans parler des conséquences sociales : absences répétées au travail, incompréhension de l’entourage, etc. « A 30 ans, vous imaginez comme cela peut être compliqué et handicapant ! »

Comment savoir si son mal de dos est grave ?

Contrairement au mal de dos mécanique, qui s’estompe avec le repos, le mal de dos d’origine inflammatoire est aggravé par le repos. « Les personnes sont souvent réveillées par de fortes douleurs vers 5 ou 6 heure du matin, constate le Docteur Goupille. Et pour les soulager, elles ont besoin de se mettre en mouvement. Après ce déverrouillage matinal, elles vont généralement beaucoup mieux. » Face à de tels symptômes, persistant plus de trois mois, il ne faut pas hésiter à s’informer, donc, en parler à son généraliste, voire à un rhumatologue

Quels examens faire en cas de mal de dos persistant ?

« Pour le patient, c’est rassurant de connaître l’origine de son mal-être. Et c’est aussi une forme de reconnaissance après des années de souffrance physique mais aussi psychologique, décrit Philippe Goupille. Certains patients en viennent même à prendre des antidépresseurs. Le problème, c’est que le mal de dos ne se voit pas de l’extérieur, et qu’il est trop souvent mal perçu par l’entourage, aussi bien dans la vie privée que dans le monde professionnel… Quand on a enfin le diagnostic, on peut enfin prouver que les douleurs existent et que ce n’est pas dans la tête ! », poursuit le médecin. « Le mal de dos est banalisé, tant par ceux qui en souffrent, que par les médecins généralistes. Et le problème, c’est que si l’on ne cherche pas l’origine du mal du dos, on ne la trouve pas… », déplore encore Philippe Goupille. En outre, lorsqu’il s’agit d’un mal de dos d’origine inflammatoire, les radiographies sont parfois normales, ce qui peut encore retarder le diagnostic. « Sans qu’on ne sache bien pourquoi, la spondylarthrite a évolué. Il y a plusieurs années, elle avait une évolution ankylosante bien caractéristique et reconnaissable : la colonne vertébrale prenait une courbure bombée. Les hommes étaient aussi plus fréquemment touchés. En somme, les hommes voutés étaient facilement identifiés. Aujourd’hui, cette maladie touche autant les femmes que les hommes. De plus, s‘il existe toujours un terrain génétique, il semble que des facteurs environnementaux jouent également un rôle dans l’apparition de la maladie, sans qu’on ne sache quoi exactement. »

Comment traiter un mal de dos qui ne passe pas ?

Qui dit diagnostic précoce, dit meilleure prise en charge. Dans la plupart des cas, elle consiste à prendre des anti-inflammatoires lorsque les douleurs apparaissent. Au départ, il y a une phase de test, pendant laquelle on essaie plusieurs traitements. Une fois qu’on a ciblé celui qui convient, l’idée est de le prendre au coup par coup, quand on en ressent le besoin. Et côté mode de vie, que fait-on ? « L’activité physique est conseillée, en particulier les étirements le matin, ainsi que les assouplissements, conseille Philippe Goupille. Pour autant, il ne s’agit pas de bouger pour bouger. Je n’interdis pas le sport à mes patients, ils peuvent tout faire. Mais si c’est pour le payer après, et mettre une semaine à s’en remettre, ça ne sert à rien… En fait, c’est au cas par cas. Au final, c’est à chaque patient de faire sa « petite cuisine » ! »

Merci au Docteur Philippe Goupille, Chef de service en rhumatologie (CHRU de Tours).


Source : JDF Santé

Pneumologue : tout savoir sur le médecin des poumons

Un pneumologue est le médecin spécialiste des poumons et des maladies pulmonaires. Quel est son rôle concrètement ? Pourquoi aller le voir ? Comment se déroule une consultation chez un pneumologue ? Quel est le tarif d’un pneumologue ? 

Quel est le rôle d’un pneumologue ?

Le pneumologue est spécialiste en pneumologie, une spécialité médicale qui couvre les maladies des poumons, mais aussi les voies respiratoires. Les poumons font partie des organes les plus importants du corps humain. Ils peuvent donc être touchés par de nombreuses pathologies, que ça doit directement ou indirectement. « Cela va du simple asthme au cancer des poumons, en passant par les maladies infectieuses, les apnées du sommeil ou encore toute maladie engendrant des problèmes pulmonaires« , explique le Dr Jean-Baptiste Stern, pneumologue à l’Institut mutualiste Montsouris de Paris. Le pneumologue doit donc avoir de grandes connaissances dans la médecine générale. C’est pourquoi certains décident de se spécialiser, par exemple dans pneumologie interventionnelle (qui consiste par exemple à enlever un corps étranger dans une bronche) ou dans la pneumologie du sommeil (pour guérir les apnées du sommeil par exemple).

En plus des poumons, le domaine de la pneumologie englobe toutes les voies respiratoires : les bronches, la trachée, le diaphragme, mais aussi la plèvre. Il s’agit de deux feuillets qui enveloppent les poumons, appelés la plèvre viscérale et la plèvre pariétale. Les pathologies pulmonaires peuvent toucher tout le monde (certains médecins se spécialisent dans la prise en charge des jeunes enfants) mais il existe certains facteurs de risque reconnus pour engendrer des problèmes pulmonaires. Il s’agit bien évidemment du tabagisme (actif, mais aussi passif) et de l’exposition à certaines substances dans son poste de travail.

Quand aller voir un pneumologue ?

« Cette spécialité est assez large, puisqu’elle englobe de nombreuses pathologies, explique Jean-Baptiste Stern. On peut le consulter par exemple en cas de :

  • Bronchite chronique
  • Asthme
  • Maladies infectieuses (tuberculose, pneumonie, abcès du poumon…)
  • Maladies rhumatologiques qui s’accompagnent de problèmes pulmonaires
  • Mucoviscidose
  • Troubles respiratoires liés à des maladies systémiques (vascularites, connectivites, sarcoïdose…)
  • Maladies neuromusculaires avec des symptômes respiratoires.

Il est également apte à diagnostiquer et soigner les cancers des poumons, des bronches ou de la plèvre. Enfin, ce spécialiste peut également prendre en charge les troubles du sommeil, comme l’apnée ou le ronflement. Le médecin pneumologue doit donc connaître la médecine de façon très large.

Face à quels symptômes doit-on consulter un pneumologue ?

« Généralement, avant de consulter, on demande l’avis de notre médecin traitant. C’est lui qui va orienter le patient vers un pneumologue« , explique le spécialiste. Mais certains signes respiratoires doivent alerter et peuvent justifier une consultation directement chez le pneumologue, surtout dans les endroits où les médecins généralistes sont surbookés : 

  • Une toux persistante
  • Des crachats de sang
  • Des douleurs thoraciques qui persistent.

Le pneumologue peut aussi faire passer des examens pour diagnostiquer un asthme ou une bronchite chronique. Ceux-ci s’appellent les épreuves fonctionnelles respiratoires, et consistent à prendre des mesures du souffle en mesurant le taux d’oxygène et de gaz carbonique.

Comment se déroule une consultation chez un pneumologue ?

► Au début de la consultation, le professionnel fait un interrogatoire médical au patient. « Au début de la consultation, on interroge le patient sur ses habitudes, explique le pneumologue, notamment pour savoir s’il est fumeur ou s’il est exposé à la poussière. Par exemple, il y a des gens qui travaillent le goudron sans masque, cela peut exposer à des maladies pulmonaires« , détaille le spécialiste. Ensuite, le médecin interroge le patient sur toutes les autres maladies dont le patient est atteint, « diabète, tension et cholestérol sont la triade de base, par exemple, les personnes diabétiques sont plus susceptibles de faire des infections respiratoires« , précise-t-il. Le médecin doit aussi vérifier que le patient n’a pas de problème cardiaque, ou ne prend pas un médicament (par exemple souvent ceux qui font baisser la tension) qui entraîne des toux : c’est un motif fréquent de consultation.

► Une fois que le praticien a connaissance de tous les antécédents du patient, il l’interroge sur les symptômes qui l’ont conduit à consulter : « s’il y a plusieurs symptômes, quels sont-ils exactement, quand ont-ils débutés…

► « Ensuite, on passe rapidement à l’imagerie : on fait généralement une radio et un scanner« , détaille Jean-Baptiste Stern. S’il y a une anomalie radiologique ou si le malade crache du sang, le médecin peut faire des examens complémentaires comme une fibroscopie des bronches. Pratiquée sous anesthésie locale, elle permet de visualiser l’intérieur des poumons en introduisant par le nez ou la bouche un tube flexible avec une caméra, nommé fibroscope. Certains pneumologues pratiquent aussi de nouvelles techniques d’examens, par exemple les échographies des bronches, qui permettent de diagnostiquer les petites lésions pulmonaires. Cela s’appelle une échographie endobronchique (en anglais Endobronchial ultrasonography ou EBUS). A la suite de tous ces examens, le médecin peut faire un premier diagnostic et prescrire des médicaments si besoin.

Que doit-on apporter chez son pneumologue ?

Le plus important est de ne pas oublier d’apporter son dossier médical, pour que le pneumologue ait le plus de renseignements possibles sur les antécédents et la santé actuelle du patient. Même des anciennes radios du thorax peuvent lui fournir des informations utiles.

Quel est le prix d’une consultation ? Est-ce remboursé ?

Le prix d’une consultation dépend tout d’abord des examens pratiqués par le spécialiste. S’il y a une EFR (épreuve fonctionnelle respiratoire) ou une fibroscopie à faire, cela coûtera plus cher qu’une simple radio. Néanmoins, tous ces actes sont remboursés par la Sécurité sociale à 70% si vous avez suivi le parcours de soins coordonné (si vous êtes passé par votre généraliste avant). Sinon, vous ne serez remboursé qu’à hauteur de 30%. Attention, si votre professionnel est conventionné secteur 2, il peut pratiquer le dépassement d’honoraires, mais vous ne serez remboursé que sur la base d’une consultation normale, toujours à 70% si vous avez suivi le parcours de soins coordonné et 30% dans le cas contraire. Si vous avez une mutuelle, elle se chargera de rembourser le reste en fonction des taux dans votre contrat. Avant de choisir son médecin, il vaut donc mieux vérifier son secteur et ses prix.

Quelles études pour devenir pneumologue ?

Pour devenir pneumologue, il faut commencer par suivre des études de médecine après avoir obtenu son baccalauréat (scientifique de préférence). Après les 6 années de tronc commun, l’étudiant en médecine doit passer les épreuves classantes nationales. Le classement de ces épreuves permet de choisir la spécialité désiré et le lieu d’exercice : mieux on est placé, plus on a de chances d’avoir la spécialité que l’on désire. Pour être pneumologue, il faut choisir l’internat en pneumologie. Celui-ci dure 4 ans. A la fin de ces quatre années, l’étudiant obtiendra un diplôme d’études spécialisées (DES) en pneumologie, mais ce n’est pas encore terminé : la dernière étape à franchir pour porter le titre de docteur est la thèse doctorale. Après avoir soutenu sa thèse de recherche, l’étudiant est officiellement docteur pneumologue.

Merci au Dr Jean-Baptiste Stern, pneumologue à l’Institut mutualiste Montsouris de Paris.


Source : JDF Santé

Brucellose : contamination humaine, traitement, mortelle ?

La brucellose est une maladie infectieuse due à la bactérie Brucella. Elle peut être transmise à l’homme par la consommation de produits laitiers non pasteurisés ou par contact avec des animaux infectés. Toutefois, les cas sont extrêmement rares en France et ne sont pas contractés dans l’Hexagone la plupart du temps. La surveillance des animaux est contrôlée et la brucellose répond bien au traitement antibiotique.

Qu’est-ce que la brucellose ? 

« La brucellose est une maladie infectieuse liée à une bactérie de genre Brucella, indique le Docteur Armelle Pasquet-Cadre, infectiologue et responsable du pôle Dispositif de crise et animation scientifique au sein de l’ANRS (Inserm). Cette bactérie, d’origine animale, est transmissible à l’homme. Lorsqu’une maladie est transmise de l’animal à l’homme, nous parlons de zoonose. La brucellose est très peu répandue en France : c’est une maladie qui affecte essentiellement l’Europe, les pays méditerranéens et les Balkans. Au niveau mondial, environ 500 000 cas sont signalés par an. En France, selon le dernier rapport de Santé Publique France datant de 2020, 19 cas de brucellose ont été répertoriés dont 13 importés (maladie non contractée en France). Officiellement, la France est indemne de la brucellose bovine depuis 2005« , précise l’infectiologie.

Est-elle possible chez l’homme ? 

La brucellose est en effet transmissible à l’être humain. L’homme la contracte aux contacts d’animaux infectés (sujets professionnellement exposés comme les éleveurs) ou en consommant des produits laitiers crus non pasteurisés. Le réservoir de la maladie est principalement animal : « les animaux réservoirs sont principalement les bovins, les ovins, les caprins et les porcins« , cite le Docteur Pasquet-Cadre. Et de préciser que la bactérie Brucella « peut survivre plusieurs mois dans le milieu extérieur« .

Comment se transmet la brucellose ? 

Au contact d’un animal infecté, la brucellose se transmet de plusieurs manières :

  • par pénétration cutanée (contact direct cutané)
  • de façon indirecte, par la sphère digestive.
  • « en consommant des produits non pasteurisés, des produits à base de lait cru ou des crudités non lavées ayant poussé au contact du fumier humide contaminé par des déjections d’animaux infectés« .

Quels symptômes entraînent une brucellose ? 

« Lorsque l’on contracte une infection, le patient présente une première phase d’incubation de 15 jours en moyenne. Dans 90 % des cas, cette phase est asymptomatique« . Le Docteur Pasquet-Cadre explique ensuite que la brucellose se développe en trois phases.

La première phase est la brucellose aiguë, dont le principal symptôme est la fièvre intermittente, associée à des sueurs nocturnes. Pour autant, cette première phase peut aussi passer inaperçue.

La seconde phase est la phase subaiguë : dans 20 à 40 % des cas, la brucellose entraîne des symptômes de type inflammatoire. Il peut s’agir d’inflammation articulaire, d’une inflammation des disques vertébraux ou d’inflammation plus sévère au niveau des articulations. 

► Enfin, dans de très rares cas, la troisième phase a lieu. Les symptômes se développent sur le long terme et la brucellose prend une forme chronique. Elle se caractérise par des troubles articulaires, des problèmes neuro-méningés, un état de grande fatigue physique et psychique ainsi que des douleurs musculaires. Le terme médical regroupant ces symptômes est nommé « état de patraquerie« . 

Comment pose-t-on le diagnostic d’une brucellose ? 

La première étape consiste à rechercher la présence de la bactérie dans le sang ou dans le liquide articulaire. « Dans la première phase aiguë ou dans la seconde phase subaiguë, nous recherchons la bactérie dans le sang via lhémoculture, ou dans des sites cibles de l’infection chez les patients ayant des arthrites par exemple, poursuit l’infectiologue. Après 15 jours, nous procédons à des tests sérologiques. Ici, nous recherchons la trace de l’infection, notamment les anticorps (mémoire du corps), qui témoignent que l’organisme s’est défendu contre cet agent pathogène. Ces tests sont une manière indirecte de trouver la brucellose« . Il existe le test d’amplification génique, de type test PCR, pouvant réaliser une séquence génique spécifique d’un virus ou d’une bactérie.

Quel traitement pour soigner une brucellose ? 

Selon le Docteur Pasquet, au début, pour traiter la brucellose, deux antibiotiques sont associés. L’antibiotique de référence est la cycline, efficace sur différents germes dont Brucella, en bloquant la synthèse des protéines de la bactérie. Le traitement est long : dans les formes les plus aiguës, le traitement peut durer jusqu’à 6 semaines et lorsque l’infection touche les articulations, le traitement dure au moins trois mois. Les anti-inflammatoires ne sont pas indiqués dans le cas de la brucellose, car les inflammations sont causées par l’infection bactérienne.

La brucellose est-elle mortelle ?

Dans de très rares cas, si la brucellose n’est pas soignée, la maladie peut être mortelle. Comme nous le précise l’infectiologue, « la bactérie passe dans le sang, la rendant potentiellement responsable d’une septicémie ou d’une infection cardiaque pouvant être grave. Toutefois, si elle est soignée à l’aide d’antibiotiques, la brucellose n’est pas mortelle, car les patients répondent bien au traitement. »

Des conseils de prévention pour s’en protéger ?

Le Docteur Pasquet tient à rappeler que des règles d’hygiène et de sécurité existent

  • Porter des gants ou bien se laver les mains en cas de contacts avec les animaux (vétérinaires ou éleveurs) :
  • Dépister rapidement les cas suspects
  • Consommer des produits laitiers ayant subi une stérilisation ou une pasteurisation
  • En voyage en zone endémique, il convient d’éviter le contact avec le bétail, les produits à base de lait cru et les crudités mal lavées

Existe-t-il un vaccin contre la brucellose ?

Pour l’heure, il n’existe pas de vaccin contre la brucellose pour l’homme. Quant à la vaccination des animaux, elle n’est pas recommandée en France pour le moment, car le vaccin peut empêcher la bonne détection de la maladie. « Les élevages de bovins, ovins et caprins sont régulièrement contrôlés par des dépistages sérologiques et le sont annuellement pour les élevages fabriquant des produits au lait crus« , rassure notre interlocutrice.

Merci au Docteur Armelle Pasquet-Cadre, médecin infectiologue et responsable du pôle Dispositif de crise et animation scientifique au sein de l’ANRS (Inserm)


Source : JDF Santé

Allergie au soleil : photo, boutons, durée, que faire ?

Allergie au soleil : photo, boutons, durée, que faire ?

Après une exposition au soleil, vous avez des démangeaisons sur une zone de peau exposée ? Des boutons ? Des rougeurs ? C’est peut-être voire même très certainement une allergie au soleil. Cette allergie est la conséquence d’une réaction de la peau aux UV. Si la majorité des écrans totaux permettent à la peau d’être protégée contre les UVB, ils ne protègent que partiellement contre les UVA. Il faut reposer la peau donc se mettre à l’ombre et y rester tant que le « feu » de la peau est perceptible. Des médicaments peuvent être recommandés de manière préventive comme les caroténoïdes, les acide para amino-benzoïque, la vitamine PP, les antipaludéens de synthèse et les antihistaminiques. La puvathérapie est un traitement qui peut également être proposé. Des pommades corticoïdes sont parfois également conseillées lors de l’apparition des éruptions. 

Définition : c’est quoi une allergie au soleil ?

Cette manifestation cutanée est une réaction du système immunitaire à l’exposition aux rayons ultraviolets. Ce terme regroupe différents types de réaction au soleil (lucite, urticaire solaire…).

Combien de temps dure une allergie au soleil ?

Généralement, les symptômes d’une allergie au soleil régresse spontanément dès l’arrêt de l’exposition : 

  • en moins de 24 heures environ en cas d’urticaire lié au soleil
  • en 5 à 15 jours en cas de lucite, à condition de ne pas se réexposer au soleil.

Types d’allergie au soleil

Le terme allergie solaire désigne plusieurs types de symptômes : la lucite, l’urticaire solaire et la photosensibilisation.

La lucite estivale bénigne

La lucite se manifeste par une éruption qui gratte, au niveau des régions les plus exposées au soleil comme le décolleté bien souvent. Elle apparait moins de 12 heures après une exposition solaire intense.

L’urticaire solaire

L’urticaire solaire est le résultat d’une photosensibilité. Il touche plus souvent les femmes entre 20 et 40 ans. Il reste rare (moins de 0.4% des urticaires). Il se manifeste par un gonflement local de la peau survenant dans les premières minutes suivant une exposition au soleil ainsi que de vives démangeaisons, au niveau des zones habituellement couvertes le reste de l’année comme le tronc, les bras et les pieds. La personne ressent parfois une sensation de fourmillements et/ou de brûlures avant l’apparition des symptômes. D’autres symptômes peuvent apparaître ensuite comme des maux de tête, une sensation de malaise, un rythme cardiaque élevé, une hypotension. Les traitements sont symptomatiques.

 La photosensibilisation chimique

Elle est le résultat de la rencontre entre les rayons du soleil et un produit chimique comme un médicament. Les médicaments peuvent provoquer des réactions anormales de la peau lors de l’exposition de tout ou partie du corps aux rayonnements UV. Ces médicaments sont dits photosensibilisants lorsqu’ils font changer la peau de couleurs ou d’aspect. 

Photos d’une allergie au soleil

© Jan Mika – 123RF
photo allergie soleil
Photo d’une allergie au soleil au décolleté © fineart – 123RF

 

Symptômes de l’allergie au soleil

En fonction du type d’allergie au soleil, les symptômes varient en terme d’intensité et de rapidité d’apparition. La lucite estivale apparaît se manifeste plusieurs heures après l’exposition au soleil. Elle atteint généralement le décolleté, les bras, les épaules, les pieds, les mains, les jambes, etc. sous forme de petits boutons rouges qui démangent. « La lucite polymorphe se déclenche également plusieurs heures après l’exposition sous forme de vésicules qui apparaissent sur les zones exposées. Elle peut aussi apparaître avec de petits ensoleillements« , rapporte le Dr Michael Naouri, dermatologue. L’urticaire solaire se manifeste juste après le début de l’exposition au soleil. Celui qui en souffre ressent des démangeaisons intenses, une sensation de brûlure, présente des plaques d’urticaire.

Boutons typiques d’une allergie au soleil

Plaques d’urticaire sur le décolleté apparaissant moins d’une heure après exposition solaire.
Plaques d’urticaire sur le décolleté apparaissant moins d’une heure après exposition solaire. © Société française de dermatologie

Les personnes les plus à risque de faire une allergie au soleil

Comme toujours avec le soleil, les personnes dont le phototype de la peau est le plus clair sont plus à risque de souffrir de ses méfaits.

  • Les personnes à la peau claire
  • Les personnes âgées
  • Les enfants
  • Les femmes sont généralement plus à risque de souffrir d’une allergie au soleil que les hommes.
  • Les femmes enceintes sont susceptibles de souffrir d’un masque de grossesse.

Traitements : que faire en cas d’allergie au soleil ?

La première chose à faire si une allergie se déclare c’est de se mettre à l’ombre et de ne plus s’exposer au soleil. Pour diminuer les sensations de brûlures, il est aussi conseillé de pulvériser généreusement une eau thermale apaisante plusieurs fois par jour. Si les démangeaisons sont importantes, un médecin peut prescrire une crème à base de corticoïdes et des antihistaminiques pour apaiser la peau. Il existe aussi des crèmes à base de plantes pouvant apaiser les démangeaisons (à base de calendula par exemple ou d’aloe vera). En homéopathie (si vous êtes adepte), les remèdes conseillés sont Muriaticum Acidum 7 CH, 3 granules 3 fois par jour jusqu’à résolution des symptômes + Apis Mellifica 5 CH, 3 granules toutes les heures tant que les lésions persistent. Tous comme les adultes, les enfants peuvent souffrir d’une allergie au soleil. Avec une peau très sensible, ils doivent être protégés avec une crème solaire efficace et exposés très progressivement au soleil

Comment éviter l’allergie au soleil ?

Pour éviter une allergie au soleil, il faut couvrir la peau pour qu’elle ne soit pas exposée : mettre un tee-shirt qui protège les bras, le décolleté aussi, et porter un chapeau à large bord pour le visage. De même, il faut protéger les jambes, les pieds et toujours avoir une crème solaire adaptée (indice 50 minimum pour les peaux les plus claires et les enfants) « qui protège des UVA et UVB » préconise le dermatologue et renouveler l’application toutes les 2 heures.

→ Les médicaments caroténoïdes peuvent représenter une aide importante pour les personnes gênées par le soleil. Ils doivent être pris 1 à 2 semaines avant le début de l’exposition et pendant l’exposition. Ils sont vendus en pharmacie sans ordonnance : l’avis du médecin reste néanmoins conseillé.

→ L’acide para amino-benzoïque est conseillé pour la prévention de la lucite estivale bénigne. Le traitement doit débuter 15 jours avant le début de l’exposition solaire et se prolonger pendant la durée de l’exposition. La vitamine PP est également parfois conseillée pour soulager l’allergie au soleil.

→ « Les antipaludéens de synthèse représentent le traitement de référence pour la prévention des lucites. Le traitement doit être débuté 7 jours avant le début de l’exposition et poursuivi pendant la durée de l’exposition », détaille le Dr Naouri. Un bilan ophtalmologique est nécessaire avant la mise en route du médicament.

Les médicaments antihistaminiques sont utiles pour la prévention des symptômes de l’urticaire solaire ou des lucites bénignes mais également pour atténuer les effets des manifestations cutanées. Les médicaments antihistaminiques s’opposent aux effets de l’histamine substance inflammatoire libérée lors de la réaction allergique. Attention : les médicaments antihistaminiques peuvent provoquer des effets secondaires dont le plus connu est la somnolence. Même si les antihistaminiques de 2e génération provoquent moins d’effets secondaires, certains allergiques signalent malgré tout ces effets. Certains antihistaminiques sont contre-indiqués à certaines périodes de la grossesse. Les crèmes à la cortisone peuvent permettre de soulager les démangeaisons et de diminuer l’intensité de l’éruption.

Merci au Dr Michael Naouri, dermatologue.


Source : JDF Santé