Mémoire : définition, rôle, fonctionnement, troubles

Mémoire : définition, rôle, fonctionnement, troubles

La mémoire est un processus biologique à l’origine de notre capacité à assimiler, se souvenir et restituer une information. L’hippocampe est une structure primordiale pour le fonctionnement de la mémoire dans le cerveau. Il existe plusieurs « types » de mémoire qui fonctionnent selon un processus en trois étapes. « Des troubles de la mémoire peuvent survenir progressivement ou brutalement » indique Dr François Sellal, neurologue et secrétaire général de la Fédération Française de Neurologie (FFN). Quel est le rôle de la mémoire ? Quelles sont les maladies associées à la mémoire ? Comment renforcer sa mémoire ?

Définition : c’est quoi la mémoire ?

La mémoire est la faculté d’apprendre, de retenir et de rappeler une information passée et ce qui s’y trouve associée pour interagir avec notre environnement. Elle se compose des savoir-faire, des connaissances et des souvenirs.

Comment fonctionne la mémoire ?

L’hippocampe est la structure emblématique de la mémoire, elle-même connectée à d’autres réseaux de neurones pour former ce qu’on appelle le circuit de Papez. La mémoire suit un processus de 3 étapes :

L’encodage ou l’apprentissage ; capacité de sélectionner et d’apprendre une information. Le cerveau filtre ce qu’il met en mémoire.

Le stockage ou « consolidation » ; long processus pendant lequel l’information est révisée, ré-apprise. Cette phase dure plusieurs mois après l’apprentissage.

Le rappel ; la capacité du cerveau à retrouver l’information, reprendre les informations sensorielles pour reconstruire le souvenir. « La reconstruction du souvenir effectuée par la mémoire, comme son nom l’indique, implique un risque d’erreurs » note le Dr François Sellal.

Schéma du cerveau avec la fonction mémoire
Schéma du cerveau avec la fonction mémoire © Le-Adobestock

Quel est le rôle de la mémoire ?

La mémoire permet d’apprendre, de retenir et de rappeler une information. « Elle bâtit nos connaissances. Nous sommes un agrégat de souvenirs depuis notre naissance, souvenirs qui définissent notre personnalité et influencent nos comportements » indique le neurologue.

Quels sont les différents types de mémoire ?

La mémoire se divise en de multiples découpages différents. Parmi les types de mémoire les plus connus :

► Le découpage entre la mémoire déclarative ou explicite (on retient et recherche activement et consciemment) et la mémoire implicite (dont la mémoire procédurale est une forme) qui porte sur des évènements dont l’apprentissage et la restitution se fait à notre insu. Conduire une voiture ou rouler à vélo sont des apprentissages qui font appel à la mémoire procédurale, elle s’exprime de façon inconsciente quand on est en action. Le Genevois Edouard Claparède a réalisé une expérience sur un patient amnésique qui oubliait tous ses souvenirs au bout de quelques minutes. Un matin, lors de sa visite médicale, il lui serre la main avec une épingle à nourrice cachée au fond de la sienne. Le lendemain, le professeur tente de serrer à nouveau la main du patient, qui refuse sans savoir pourquoi. Le souvenir s’était envolé. Mais il lui restait une méfiance inconsciente justifiée par un fait réel. « Le patient avait intégré que dans cette pièce, serrer la main de cette personne, allait être préjudiciable pour lui » souligne le Dr Sellal.

► La mémoire explicite comprend elle-même deux sous-types :

  • La mémoire épisodique : mémoire d’un évènement qui est très bien situé dans le temps et espace, avec une forte valence émotionnelle et qui est unique. La plupart des évènements autobiographiques sont des souvenirs épisodiques. Par exemple, vous vous êtes cassé la jambe en sortant de chez vous il y a 1 semaine.
  • La mémoire sémantique : mémoire des connaissances générales comme le calcul, la géographique, les langues etc impliquant une faible valence émotionnelle. Par exemple, Rome est la capitale de l’Italie.

► Le découpage entre la mémoire verbale ou auditive et la mémoire visuelle. « Certaines personnes ont une excellente mémoire auditive, d’autres ont une meilleure mémoire visuelle » souligne notre interlocuteur

► Le découpage entre la mémoire rétrograde (qui concerne les événements précédant le début de la maladie ou un traumatisme) et la mémoire antérograde qui concerne les souvenirs récents. (survenus après le début de la maladie ou un traumatisme).

Quels sont les maladies responsables de troubles de la mémoire ? 

De nombreux troubles sont associés à la mémoire. Parmi les plus connus on peut citer :

La maladie d’Alzheimer pour laquelle la mémoire antérograde est abimée, l’amnésie porte sur les évènements nouveaux. Au début, une bonne part de la mémoire rétrograde est très bien conservée et les souvenirs anciens très bien retenus. La maladie d’Alzheimer est une maladie progressive qui touche la consolidation de la mémoire.

L’AVC touche des régions importantes dans le fonctionnement de la mémoire de façon brutale.

► Plus rarement, les tumeurs cérébrales peuvent toucher les régions de la mémoire.

« Plus vous entraînez votre mémoire, plus vous l’améliorez »

► Dans certains cas, une crise d’épilepsie peut causer un trouble de la mémoire transitoire. Pendant la crise, le circuit consolidation ne fonctionne plus et provoque un « trou de mémoire« .

L’ictus amnésique désigne un trouble de la mémoire antérograde d’installation brutale qui va durer moins de 24h pendant lequel le malade n’arrête pas de poser les mêmes questions. Il guérit sans séquelles. C’est une forme de sidération fonctionnelle dont l’origine peut être une forte émotion ou un traumatisme crânien mineur. C’est un trouble de la mémoire transitoire.

Le syndrome de Korsakoff, qui est décrit chez les personnes souffrant d’alcoolisme. Il est lié à une carence extrême en vitamine B1 qui cause des lésions du cerveau dans le circuit de la mémoire. L’amnésie antérograde est massive, l’amnésie rétrograde est importante. Les patients atteints sont totalement inconscients de leur trouble et confabulent. Le malade mélange ses souvenirs, en créent d’autres à son insu : c’est pourquoi la confabulation peut être définie comme un  » mensonge honnête « . Les malades font aussi des fausses reconnaissances.

►  Une cause plus rare de syndrome de Korsakoff a été décrite chez les femmes enceintes, touchées par l’hyperémèse gravidique (vomissements incoercibles du premier trimestre de la grossesse, entraînant une carence en vitamine B1). Elles peuvent développer des troubles de la mémoire. Mais en général, ce risque est très bien prévenu.

Par ailleurs, l’anxiété, le stress nuisent à la qualité de l’apprentissage et du rappel ; le manque de sommeil à la consolidation de la mémoire.

Peut-on améliorer sa mémoire ? Comment ?

Il est possible de perfectionner ses capacités mémorielles.

« Plus vous entraînez votre mémoire, plus vous l’améliorez. Le sommeil est précieux pour le fonctionnement de la mémoire. Dormir permet de récapituler ce qui a été appris pendant la journée. Plus vous êtes concentré sur ce que vous cherchez à mémoriser, mieux vous le retiendrez. L’effort fourni et la réflexion sur le sens de ce que vous cherchez à apprendre optimise la mémoire. Enfin, la répétition renforce la mémorisation : réviser augmente les chances de retenir » indique notre interlocuteur

Merci au Dr François Sellal, neurologue, chef de service aux Hôpitaux Civils de Colmar et secrétaire général de la Fédération Française de Neurologie (FFN).


Source : JDF Santé

Antiépileptique : définition, liste, effets secondaires

Antiépileptique : définition, liste, effets secondaires

Définition : c’est quoi un antiépileptique ?

C’est un médicament qui exerce une action sur le système nerveux central pour supprimer ou diminuer la survenue de crises d’épilepsie. Un antiépileptique permet également de réduire l’intensité des crises (atténue les symptômes) et de limiter les éventuelles complications. C’est un traitement de fond administré quotidiennement. 

Quel est le mode d’action d’un antiépileptique ?

Un antiépileptique peut présenter un ou plusieurs modes d’action (variant en fonction de la molécule). Ce type de médicament agit sur les neurones via 3 mécanismes d’action possibles : 
► Une activation de la transmission GABAergique par une fixation sur les récepteurs GABA-A pour augmenter les taux d’acide gamma-aminobutyrique (GABA).
► Un blocage de la transmission glutamatergique pour réduire la libération du glutamate.
► Un blocage des canaux sodiques (Na+) et des canaux calciques de type T (Ca2+).
Le GABA est un neurotransmetteur inhibiteur (freine la transmission des signaux nerveux) et le glutamate est un neurotransmetteur excitateur (favorise la transmission de ces signaux).

Indications : quand prendre un antiépileptique ?

Un médicament antiépileptique est principalement indiqué chez l’adulte et l’enfant dans le traitement de crises d’épilepsie généralisée (crises, absences) ou associées au syndrome de Lennox-Gastaut (affection cérébrale rare) et de l’épilepsie partielle. Chez l’enfant, il est prescrit pour prévenir les crises d’épilepsie liées à la fièvre en l’absence d’efficacité d’une benzodiazépine.
Certains antiépileptiques présentent d’autres indications chez l’adulte : 
Traitement des troubles bipolaires en cas de contre-indication ou d’intolérance du lithium (régulateur de l’humeur), mais aussi la prévention des rechutes et des troubles dépressifs associés (Lamictal®, Tégrétol®).
Traitement de fond préventif de la migraine (le topiramate)
Traitement des douleurs neuropathiques (atteintes des nerfs provoquant des sensations douloureuses, notamment dans le diabète ou le zona) : Tégrétol®, Neurontin®, Lyrica®
Traitement du trouble anxieux généralisé : état d’inquiétude excessive (Lyrica®)
Traitement des poussées douloureuses des nerfs trijumeau et glossopharyngien (Di-hydan®, Tégrétol®)
Les benzodiazépines à propriétés antiépileptiques comme Urbanyl® et Valium® (en gouttes) sont également utilisées pour traiter l’anxiété sévère ou invalidante chez l’adulte.

Quelle est la liste des principaux antiépileptiques en France ?

► Les antiépileptiques de première génération sont les plus anciens, ils regroupent : la phénytoïne (Di-hydan®) ; l’éthosuximide (Zarontin®) ; les barbituriques comme la primidone (Mysoline®), le phénobarbital seul (Gardénal®) ou associé à la caféine (Alepsal®) ; la carbamazépine (Tégrétol®) ; le valproate de sodium (Dépakine®, Dépakine chrono®, Micropakine®) et ses dérivés (Dépamide® et Dépakote®).

► Les antiépileptiques de deuxième génération, commercialisés bien plus tard, sont notamment la gabapentine (Neurontin®), la lamotrigine (Lamictal®), le topiramate (Epitomax®).

► Les dernières spécialités mises sur le marché (après 2000) sont classées comme antiépileptiques de deuxième voire de troisième génération selon les classifications : le brivaracétam (Briviact®) ; l’eslicarbazépine (Zebinix®) ; le rufinamide (Inovelon®) ; le lacosamide (Vimpat®) ; le lévétiracétam (Keppra®) ; l’oxcarbazépine (Trileptal®) ; la prégabaline (Lyrica®) ; le pérampanel (Fycompa®) ; le stiripentol (Diacomit®) ; le zonisamide (Zonegran®). Certaines benzodiazépines ont des propriétés antiépileptiques comme le clonazépam (Rivotril®), le clobazam (Urbanyl®) pour les dosages 10 mg et 20 mg, le diazépam (Valium®) en gouttes ou en solution injectable, et le midazolam (Buccolam®). Le choix de la molécule prescrite dépend de plusieurs critères : âge et sexe du patient, type d’épilepsie, effets indésirables, existence d’une maladie associée. En cas d’inefficacité d’un antiépileptique seul, il est possible de l’associer à un ou plusieurs antiépileptiques.  

Quels sont les antiépileptiques sans ordonnance ?

Tous les antiépileptiques sont disponibles uniquement sur présentation d’une ordonnance médicale. 

Quels sont les effets secondaires des antiépileptiques ?

Les effets secondaires des antiépileptiques sont nombreux et variables en fonction de la molécule. Les antiépileptiques de 1re génération sont fréquemment responsables des effets suivants : 

  • atteintes du foie (augmentation des enzymes hépatiques)
  • nausées et vomissements
  • maux de tête
  • vertiges et somnolence
  • atteinte de la peau (éruptions)

Certains d’entre eux provoquent des troubles visuels qui se caractérisent par une vision floue. D’autres effets sont spécifiques à certains médicaments. C’est le cas de l’hypertrophie gingivale induite par la phénytoïne et la survenue d’œdèmes associée à une prise de poids avec Tégrétol®. Plus rarement avec le valproate de sodium et ses dérivés, des atteintes du foie graves voire mortelles ont été observées dans les 6 premiers mois de traitement. Pour cette raison, une surveillance de la fonction du foie sera effectuée avant l’instauration du traitement puis régulièrement pendant la période à risque. Les effets secondaires fréquemment rapportés avec les antiépileptiques récents sont :

  • des vertiges, de la fatigue, de la somnolence, des troubles visuels, des maux de tête
  • des troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhées)

La majorité de ces médicaments peuvent provoquer des éruptions cutanées. Plus rarement, des atteintes du foie ont été répertoriées. Hormis Lamictal®, tous ces médicaments augmentent le risque d’anxiété voire de dépression. Les médicaments Keppra®, Neurontin®, Lyrica® et Briviact® peuvent causer des infections telles qu’une rhinopharyngite, une pharyngite ou une otite. En outre, des œdèmes sont parfois observés avec Zonegran®, Lyrica® et Neurontin®. De même des acouphènes ont été rapportés avec Vimpat®. Les benzodiazépines ayant des propriétés antiépileptiques présentent les mêmes effets secondaires fréquents que les benzodiazépines en général. À savoir, la somnolence, des troubles de la vision, une faiblesse musculaire, un risque augmenté de dépression respiratoire et de chutes, etc.

Quelles sont les contre-indications des antiépileptiques ?

► Tous les antiépileptiques sont contre-indiqués en cas d’allergie à l’un de composants du médicament. Plus spécifiquement, Di-Hydan® et Gardénal® ne doivent pas être administrés en cas d’allergie au blé (autre que l’intolérance au gluten). 
► Par ailleurs, les médicaments Mysoline®, Alepsal® et Gardénal® ne doivent pas être pris par un patient ayant une porphyrie (maladie héréditaire rare) ou une insuffisance respiratoire sévère. 
► De même, Tégrétol®, Zebinix® et Vimpat® sont à proscrire en cas de bloc auriculo-ventriculaire (trouble de la conduction électrique entre les oreillettes et les ventricules du cœur).
► En outre, Zonegran® ne doit pas être administré chez un patient allergique à l’arachide ou au soja. 
► Les principales contre-indications pour le valproate sont une hépatite (aiguë ou chronique), un antécédent d’hépatite grave et une maladie génétique héréditaire du foie. 
► Les benzodiazépines sont contre-indiquées en cas d’insuffisance respiratoire sévère, d’apnée du sommeil, d’insuffisance hépatique, de myasthénie (maladie qui affaiblit les muscles). Plus spécifiquement Rivotril® est à éviter en cas de dépendance (drogues, médicaments, alcool). De plus, Valium® est contre-indiqué en cas d’intolérance au galactose, de déficit en lactases (enzymes permettant de digérer le lait) et de troubles de l’absorption intestinale.
► Les autres antiépileptiques (Keppra®, Trileptal®, Lamictal®, etc.) ne présentent pas de contre-indications particulières.
► À noter que Di-Hydan®, Alepsal®, Gardénal et Tégrétol® diminuent les concentrations de certains médicaments et augmentent le risque d’inefficacité. Chez une femme en âge de procréer, le choix du moyen contraceptif s’effectue en concertation avec le médecin car plusieurs antiépileptiques peuvent réduire l’efficacité de certaines pilules. De manière générale, les antiépileptiques ne doivent pas être associés au millepertuis (antidépresseur naturel) au risque de diminuer leur efficacité.
► Actuellement, il s’avère que plusieurs antiépileptiques sont associés à un risque élevé de malformations et de troubles du développement du système nerveux chez l’embryon ou le fœtus. C’est le cas des molécules suivantes : le valproate, le topiramate, le phénobarbital, la primidone, la carbamazépine, la phénytoïne et la prégabaline. Le médecin évaluera la balance bénéfices-risques avant de prescrire un antiépileptique. Si un traitement est indispensable, le choix du traitement se fera parmi les autres molécules existantes. Faute d’études sur ces médicaments, une surveillance médicale régulière sera effectuée tout au long de la grossesse.  

Quels sont les antiépileptiques naturels ?

Plusieurs études suggèrent l’efficacité de certains produits naturels dans la réduction des crises d’épilepsie. C’est le cas notamment de la valériane, des oméga-3 (sous forme de compléments alimentaires ou dans l’alimentation : poissons gras, huiles végétales), du magnésium, de la vitamine D, ou encore du resvératrol (antioxydant contenu dans la vigne rouge). En raison de données scientifiques insuffisantes, ces substances ne sont pas reconnues dans cette indication par les autorités publiques de santé en France. À noter qu’un patient épileptique prenant ces produits naturels doit toujours avoir un suivi médical régulier et poursuivre ses traitements médicamenteux prescrits par un médecin. 

Sources : 
– Base de données publique des médicaments 

– Antiépileptique et grossesse, ANSM, 30/06/2022
– Antiépileptiques au cours de la grossesse : Etat actuel des connaissances sur les risques de malformations et de troubles neuro-développementaux, ANSM, 29/10/202
– Anti-épileptiques : les points essentiels, Pharmacomédicale.org


Source : JDF Santé

Quelles huiles essentielles en cas de nez bouché ?

Quelles huiles essentielles en cas de nez bouché ?

Quelle est la meilleure huile essentielle pour déboucher le nez ?

La sensation de nez bouché ou d’obstruction nasale est liée à la fois aux sécrétions qui obstruent le nez et au phénomène de congestion des vaisseaux sanguins et à la formation d’un œdème de la muqueuse causée par la réaction inflammatoire. « C’est pour cela que parfois on n’a pas le nez qui coule mais on ressent seulement  une obstruction : en général c’est la muqueuse qui est œdématiée », souligne le Dr Laure Martinat, anesthésiste-réanimateur, phyto-aromathérapeute.

HE de Menthe Poivrée. L’idéal est de se tourner vers une huile essentielle (HE) décongestionnante et vasoconstrictrice comme la menthe poivrée ou la menthe des champs. Leur principe actif, le menthol, va agir sur la décongestion du nez. L’HE de menthe poivrée et de menthe des champs sont interdites chez l’enfant avant 8 ans et chez les personnes allergiques. Ces HE sont réservées à l’adulte, hors femme enceinte et allaitante, sur avis médical en cas d’asthme ou d’épilepsie. Les restrictions seront différentes selon la voie d’utilisation (orale, cutanée ou inhalée). « Par exemple, la menthe poivrée est interdite chez l’enfant ; chez la femme enceinte qui n’a pas d’antécédents d’épilepsie, on peut l’utiliser par voie olfactive et non par voie cutanée. Il faut s’adapter à l’HE, son mode d’utilisation et aux antécédents de la personne », précise-t-elle.

► D’autres HE pourront aussi être associées en fonction du contexte comme la tea tree pour ses principes antiviraux ou anti-inflammatoires

► Lhuile essentielle d’eucalyptus pour fluidifier le mucus

► L‘huile essentielle de lavande agit comme antiseptique. 

Quelles sont les meilleures huiles essentielles pour déboucher le nez la nuit ?

Il n’y a pas d’huiles essentielles particulières à utiliser la nuit. On va suivre le traitement avec les mêmes HE et les éventuelles associations. Seules des recommandations d’usage en cas de nez bouché sont à connaître, la position allongée favorisant la stagnation du mucus et la sensation d’obstruction. La menthe poivrée ou la menthe des champs peuvent être utilisées en inhalation avant le coucher toujours à visée décongestionnante. L’environnement peut aussi être revu : éviter que l’air soit trop sec dans la chambre car « l’air sec fragilise les muqueuses et entretient la sensation de nez bouché , dormir en position surélevée avec deux coussins, et prévoir un flacon d’HE sur la table de chevet en cas de réveil nocturne « pour respirer l’HE directement au flacon sans sortir de son lit ».

Quelles sont les meilleures HE pour déboucher le nez en cas d’allergie ?

► En cas d’allergie, on associe les HE de menthe poivrée ou de menthe des champs pour décongestionner à des HE antihistaminiques.

► Pour une rhinite allergique aux pollens, on va chercher à diminuer les symptômes de l’allergie par l’association d’une HE comme la camomille allemande, l’estragon ou le katrafay. « L’association d’une HE décongestionnante et vasoconstrictrice comme celle de menthe des champs ou de menthe poivrée à d’autres HE choisies selon le contexte va permettre de lutter efficacement contre les symptômes de l’allergie ». Les précautions pour l’utilisation de ces HE restent les mêmes. L’allergie nécessite évidemment une prise en charge plus globale. Si les symptômes persistent, il faut consulter un spécialiste.

Un exemple d’utilisation d’HE en cas de rhinite allergique :

► on peut associer 1 ml de camomille allemande avec 0,5 ml d’eucalyptus radié et compléter avec 48,5 ml de macérât huileux de calendula ;

► une fois réalisé, 4 gouttes de ce mélange pourront être insérées à l’intérieur de chaque narine : en massant doucement avec son petit doigt ; à renouveler 2 à 3 fois par jour pendant 5 à 7 jours ;

► en complément, on peut faire des inhalations humides avec de l’HE de menthe des champs : 1 à 2 gouttes dans une tasse d’eau chaude et on respire les vapeurs. 

Quelles sont les meilleures HE pour déboucher le nez en inhalation ?

Il existe deux types d’inhalation qui vont permettre d’agir directement sur la sphère respiratoire : l’inhalation sèche, le fait de respirer directement au flacon ou de déposer une goutte sur un mouchoir et de le respirer ensuite ; et l’inhalation humide, le fait de déposer une goutte d’HE dans une tasse d’eau chaude et de respirer les vapeurs. « L’idéal est l’inhalation humide des HE citées précédemment : cela permet de bénéficier de la vapeur d’eau comme vecteur des molécules aromatiques mais aussi d’aider à fluidifier les sécrétions ». 

► En cas de rhinopharyngite, on peut associer deux HE antivirales : l‘HE de tea tree (bon pour le système immunitaire) l’HE de ravintsara à l’HE de menthe poivrée décongestionnante et celle d‘eucalyptus radié, qui fluidifie le mucus et facilite son élimination (elle est aussi anti-inflammatoire et antiseptique).  En pratique : on verse 25 gouttes d’eucalyptus, 25 gouttes de tea tree, 25 gouttes de ravintsara et 10 gouttes de menthe poivrée dans un flacon en verre teinté et on dépose 1 à 2 gouttes de ce mélange dans une tasse d’eau chaude. On réalise une inhalation des vapeurs pendant une dizaine de minutes, yeux fermés, en se protégeant avec un linge en coton en faisant une cheminée, 3 fois par jour, pendant 3 à 5 jours le temps de la disparition des symptômes. « Si on ne peut pas faire une inhalation humide, on fait une inhalation sèche en respirant directement au flacon, notamment sur le lieu de travail », ajoute le Dr Laure Martinat. 

Quelles sont les meilleures HE pour déboucher le nez en diffusion ?

La diffusion d’une HE va permettre de travailler plus sur l’environnement, l’assainissement d’une pièce « créer une ambiance propice à l’amélioration de la respiration« . L’utilisation d’un diffuseur à nébulisation ou ultrasons va permettre de disperser les molécules de l’HE dans la pièce. Il est un bon complément à un traitement par inhalation. En diffusion, on peut utiliser l’HE de ravintsara, d’eucalyptus radié, d’eucalyptus globulus, de tea tree ou de saro. Les précautions pour les HE seront identiques à celles citées précédemment (réservées à l’adulte, hors femme enceinte et allaitante et personnes allergiques ; contre-indiquées en cas d’asthme et d’épilepsie).

Merci au Dr Laure Martinat, anesthésiste-réanimateur, phyto-aromathérapeute et auteure du livre Immunité, maladies infectieuses et convalescence : renforcer sa santé naturellement aux éditions Quintessence.


Source : JDF Santé

Dépression souriante : symptômes, comment la soigner ?

Derrière un sourire peut cacher un profond mal-être qui peut aller jusqu’à des états dépressifs. C’est ce qu’on appelle la dépression souriante (ou « smiling depression » en anglais). Bonheur de façade, ce mal-être passe parfois totalement inaperçu car la personne qui souffre semble « aller bien » et masque sa souffrance. Cette forme de dépression serait très fréquente. Qu’est-ce que c’est concrètement ? Comment la reconnaître ? Par quels symptômes ? Comment se soigner et sortir de cette souffrance émotionnelle ? Eclairage d’Aline Nativel Id Hammou, psychologue clinicienne. 

Définition : c’est quoi une dépression souriante ?

Classiquement, quand on pense à une dépression, on imagine une personne triste, qui fait la tête, pleure ou ne sourit jamais. « Dans le cas d’une dépression souriante, la tristesse est masquée par un sourire, comme une forme de conditionnement et de musèlement« , indique d’emblée Aline Nativel Id Hammou. La personne cache son mal-être par un sourire, des plaisanteries, une joie de vivre comme si tout allait bien, ce qui rend la dépression plus compliquée à déceler. « Même si ce n’est pas un terme que nous utilisons, nous, psychologues ou psychiatres, la dépression souriante est quelque chose que l’on retrouve dans l’attitude comportementale de beaucoup de nos patients qui souffrent de dépression. Selon moi, cette notion permet de briser le tabou de la dépression et de mettre en lumière des symptômes fréquents de la dépression que sont le déni et le refoulement, souvent dans les premières étapes de l’évolution du trouble dépressif« , poursuit-elle. Le sourire et la façade extérieure sont ici un mécanisme de défense et une tentative de masquer de vrais sentiments. A noter que le terme de dépression souriante ne figure pas dans le DSM5, mais cette forme de dépression s’apparenterait le plus à la dépression atypique, terme présent dans la classification officielle. 

« J’ai tout pour être heureux et pourtant je ne sais pas ce qui ne va pas »

Quelle est la cause d’une dépression souriante ?

« Ce qui ressort des études menées par des professeurs en psychologie (dont une étude publiée dans la revue scientifique Nature, ndlr), c’est que la personne qui est atteinte d’une dépression souriante a la sensation d’avoir tout ce qu’il faut dans la vie. J’ai d’ailleurs plusieurs patients qui me disent « j’ai tout pour être heureux et pourtant je ne sais pas ce qui ne va pas ». Cette sensation que tout va bien est en réalité faussée par la perception du bonheur et de la réussite dans la dimension collective qui ne correspond pas toujours à la nôtre », explique-t-elleCe sont des attitudes comportementales que l’on peut remarquer à certains moments de la vie, notamment aux passages à la trentaine ou à la quarantaine. « Quand on passe une dizaine, on a tendance à faire des points de vie ou des sortes de bilan. Et c’est à ce moment-là que l’on peut prendre conscience que les chemins de vie qu’on a empruntés ne sont pas en accord avec ceux que l’on souhaitait prendre. Il y a aussi un sentiment de honte à aller mal alors qu’objectivement nous avons des facteurs de réussite et d’épanouissement, qui sont partagés ou du moins voulus par beaucoup de personnes, explique notre interlocutrice. En fait, la personne ne s’autorise pas à montrer qu’elle ne va pas bien. Et si elle commence à le faire, il peut y avoir des maladresses de l’entourage qui ne va pas toujours comprendre ou prendre au sérieux le mal-être, ce qui renforce encore plus le sentiment de honte et de culpabilité. » 

Quels sont les symptômes pour la reconnaître ?

« Une dépression souriante se caractérise par les signes assez typiques de la dépression que la personne essaye de camoufler au maximum. Mais à un moment donné, ces symptômes ne sont plus maîtrisables et il y a un espèce d’effondrement qui peut se manifester par plusieurs symptômes » :

  • Un manque d’énergie ou une perte d’intérêt
  • Une baisse de confiance en soi
  • Des troubles de l’alimentation
  • Des problèmes de concentration
  • Un repli sur soi
  • Une fatigue,
  • Une vulnérabilité permanente
  • Une sensation de ne pas avoir d’énergie même au réveil
  • Une irritabilité ou une susceptibilité
  • Une tendance à beaucoup dormir
  • Des phrases de désespoir 
  • Une prise ou perte de poids rapide…

La dépression souriante existe-t-elle chez l’adolescent ?

Oui. La dépression souriante peut aussi bien toucher les adultes que les adolescents. La Haute autorité de Santé estime que près de 8 % des adolescents entre 12 et 18 ans souffriraient d’une dépression. Parmi eux, certains souffriraient de dépression souriante. En effet, « à cet âge, la dépression passe souvent inaperçue : l’adolescent a des difficultés à exprimer ses ressentis, manifeste sa souffrance différemment des adultes et sa dépression peut être confondue avec les sentiments de déprime, courants à l’adolescence« , peut-on lire sur le site de l’autorité sanitaire. La dépression peut être confondue, à tort, avec une « crise d’adolescence », période de déprime normale et transitoire marquée par de multiples transformations. 

« Faire semblant en permanence est extrêmement énergivore »

Y a-t-il un test pour diagnostiquer une dépression souriante ?

Il n’y a pas de test officiel pour diagnostiquer une dépression souriante. Seul un professionnel peut diagnostiquer officiellement une dépression. Pour établir le diagnostic de dépression, les symptômes doivent durer au moins 15 jours et être au minimum au nombre de 5, comprenant un des 2 symptômes cardinaux : humeur dépressive (ou irritable) ou perte d’intérêt (ou de plaisir), indique la HAS.

Comment soigner une dépression souriante ?

« Faire semblant en permanence et être dans une hypervigilance constante, est extrêmement énergivore et délétère à terme. Pour sortir d’une dépression souriante, il faut être entouré et entendu. Et surtout pas jugé. Il faut aussi accepter les émotions négatives qui sont une forme d’alerte, s’autoriser à remettre en question ses critères d’épanouissement puis progressivement, modifier ses schémas de pensée. C’est quelque chose de nécessaire, sans quoi on risque d’entrer dans une spirale de troubles dépressifs voire des troubles anxiodépressifs« , tient à prévenir notre interlocutrice. On peut par exemple consulter un professionnel de la santé mentale, un psychologue ou un psychiatre. « En consultation, on va commencer par retracer l’histoire de vie de la personne, on va questionner ses désirs, les questions des obligations, du devoir, les attentes de l’entourage… La plupart du temps, on s’aperçoit que la personne a fait certains choix de vie en fonction de paramètres familiaux ou sociétaux et que maintenant, ces choix ne lui conviennent plus. Surtout, il faut accepter d’être moins dans la norme et se dire qu’on a le droit de désirer autre chose. » Enfin, plusieurs études, dont une publiée dans la revue Translational Psychiatry, ont montré que faire de la méditation ou de l’exercice physique atténuait la dépression et les ruminations

Merci à Aline Nativel Id Hammou, psychologue clinicienne. 


Source : JDF Santé

Test grippe en pharmacie : résultat, prix, comment faire ?

Test grippe en pharmacie : résultat, prix, comment faire ?

Le test rapide d’orientation diagnostique (TROD) de la grippe est réalisable en pharmacie, chez le médecin, ou dans un laboratoire médical pour dépister les virus de la grippe A ou B. Sans ordonnance, il consiste en un prélèvement dans le nez et doit être fait dans les 24-48 heures après l’apparition des premiers symptômes évocateurs d’une grippe (fièvre soudaine supérieure à 39°C, maux de tête, courbatures, maux de gorge, toux, fatigue extrême). Pour rappel, chaque année en France, en moyenne, 2 à 6 millions de personnes présentent un syndrome grippal. 

Définition : c’est quoi un test TROD grippe ?

Le test de la grippe est un test rapide d’orientation diagnostique ou TROD. Il permet de détecter chez un patient le virus de la grippe via un prélèvement dans le nez. Il permet d’identifier les types viraux (influenza A et B), mais ne permet pas la discrimination entre les sous-types de virus de type A. Ce test n’est recommandé qu’en période d’épidémie, autrement en dit en période de circulation intense du virus de la grippe (automne/hiver) afin de débuter rapidement les traitements antiviraux et de réduire le risque de complications de la grippe et d’interrompre la transmission du virus. Il est particulièrement recommandé en collectivités ou en établissements de santé (EHPAD, FAM, MAS) mais aussi pour les personnes à risque comme les personnes âgées, fragiles ou les femmes enceintes. Il ne présent pas d’intérêt en dehors de ces indications (en médecine de ville par exemple) du fait de sa faible sensibilité, rapporte le ministère de la Santé dans un guide pratique publié en 2019. 

Où faire un test grippe ?

Contrairement aux autotests, les TROD ne peuvent être pratiqués que par des professionnels de santé dûment formés. Par exemple :

  • En pharmacie
  • Chez le médecin
  • Dans un laboratoire médical
  • A l’hôpital

Peut-on faire un test grippe en pharmacie ?

Oui. Depuis le 1er août 2016, le pharmacien d’officine est autorisé à réaliser le test oro-pharyngé d’orientation diagnostique de la grippe, rappelle l’Ordre national des Pharmaciens

Comment faire un test grippe ?

Le test de la grippe consiste en un prélèvement nasal. Le médecin ou le pharmacien réalise un prélèvement respiratoire en introduisant une sorte de « coton-tige » dans le nez de son patient. L’analyse de cet échantillon, qui contient des cellules potentiellement contaminées, permet alors de déterminer le type de virus en présence (influenza A ou B), peut-on lire sur le site de l’Institut Pasteur.

mode d'emploi test trod grippe
Mode d’emploi d’un test Trod grippe © ARS des Hauts-de-France

En combien de temps a-t-on les résultats d’un test grippe ?

Les tests TROD grippe garantissent un résultat rapide en une vingtaine de minutes. 

Quelle est la fiabilité du test de la grippe ?

Un test négatif, quant à lui, ne permet pas d’exclure le diagnostic de grippe.

Un test positif indique que des virus de la grippe A ou B ont été retrouvés dans l’organisme du patient. Un test négatif, quant à lui, ne permet pas d’exclure le diagnostic de grippe. Le ministère de la Santé rapporte de « nombreux faux négatifs, et une sensibilité de ces tests limitée, qui se situe autour de 60 %« . Et de préciser « un résultat négatif peut en effet résulter d’un niveau d’antigènes inférieur au seuil de détection du test (du fait par exemple d’une procédure incorrecte de prélèvement ou d’un prélèvement trop tardif par rapport au début de la maladie) » Si une certitude diagnostique est nécessaire, un résultat négatif doit conduire à poursuivre les investigations avec des examens en laboratoire (PCR)

Quel est le prix du test de la grippe et est-ce remboursé ?

Lorsqu’il est réalisé en pharmacie, le test TROD coûte entre 6 et 7 euros et est remboursé à hauteur de 70% par l’Assurance maladie. Le test TROD grippe ne nécessite pas de prescription médicale.

Sources : Ordre national des Pharmaciens / Institut Pasteur / GUIDE PRATIQUE RELATIF AUX MESURES DE PREVENTION ET DE CONTROLE DE LA GRIPPE SAISONNIERE, Ministère de la Santé, juillet 2019 / Test et autotest : les modalités de tarification évoluent à compter du 1er novembre, Assurance maladie, 31 octobre 2022 / ARS des Hauts-de-France


Source : JDF Santé