Leramadan 2023 débutera fin mars et durera un mois jusqu’à mi-avril. Cette période de jeûne en journée a plusieurs répercussions sur le corps. Passage en revue avec nos experts.
Quels sont les effets du ramadan sur le corps ?
Le corps entre dans un état de jeûne environ 8 heures après le dernier repas car c’est le moment où les intestins finissent d’absorber les nutriments présents dans les aliments. Le corps commence alors à puiser de l’énergie dans le glucose stocké dans le foie et les muscles, puis il s’attaque aux graisses une fois que les réserves de glucoses sont épuisées.
► Les 5 premiers jours de jeûne : pour fournir du glucose au cerveau, un mécanisme de néoglucogenèse se met en place : le glucose est principalement synthétisé à partir des acides aminés des protéines musculaires.
► A partir du 5e jour environ ; les acides gras produits sont soit oxydés directement soit transformés en corps cétoniques. La concentration en corps cétoniques augmente. Les corps cétoniques peuvent être utilisés par le cerveau ce qui diminue les besoins en glucose. Les acides gras et les corps cétoniques deviennent ainsi la principale source d’énergie au lieu des protéines.
Si le jeûne est bien pris en charge, il peut être bénéfique mais les premiers jours du ramadan, il n’est pas impossible que cette baisse de sucre dans le sang entraîne un état léthargique. Il faut alors avoir une bonne alimentation, une bonne hydratation et limiter ses dépenses physiques.
Quels sont les effets du ramadan sur le cerveau ?
La faim engendre une production d’acétone par le cerveau qui stimule et favorise les facultés cognitives. La sensation de faim peut ainsi disparaître au bout de quelques jours de jeûne et apparaît alors une impression de « légèreté« . Le jeûne à visée thérapeutique a d’ailleurs déjà été proposé et utilisé pour soulager certaines maladies mentales comme les troubles obsessionnels compulsifs en Russie, en Allemagne ou encore aux Etats-Unis, rappelle l’Inserm.
Quels sont les bienfaits santé du ramadan ?
Même si le jeûne du ramadan dure longtemps, la période de jeûne et la période d’alimentation sont plus ou moins identiques. « Finalement, notre rythme est simplement inversé, c’est comme si on mangeait la nuit et dormait le jour« , souligne Léa Lang, nutritionniste. Le ramadan peut avoir des bénéfices pour notre santé : « Le jeûne ralentit le processus de digestion, petit à petit l’organisme se nettoie et déstocke les mauvais sucres« . Pour cela, l’idéal est de manger, lors de la rupture du jeûne, des repas équilibrés comme lors d’une journée habituelle. « Il faudrait avoir une alimentation peu riche en sucre et penser à bien s’hydrater« , conseille la nutritionniste.
Quels sont les effets secondaires ou méfaits du ramadan ?
L’énergie utilisée durant la journée est bien plus importante que celle utilisée durant la nuit. La nuit, le fonctionnement du corps tourne au ralenti. « Si on mange trop gras, trop sucré, trop salé, notre corps fait des gros stocks qui auront une influence sur la digestion et la prise de poids. On peut également manquer de certains minéraux et ainsi développer des carences« . Une mauvaise alimentation et une mauvaise hydratation peuvent également entraîner une mauvaise haleine, des nausées, des maux de tête, une faiblesse générale.
Quels sont les risques du ramadan sur la santé ?
Selon Léa Lang, les risques durant le ramadan sont limités car les pratiquants se nourrissent quand même. « Les jeûnes qui durent plus de 12 heures ou jusqu’à 24 heures sont plus risqués« , assure-t-elle. En revanche, les personnes atteintes de maladies chroniques, de diabète, les femmes enceintes ou allaitantes ou encore les personnes âgées sont plus fragiles et peuvent être plus à risque de faire des malaises.
Merci à Léa Lang, nutritionniste.
Source : Evaluation de l’efficacité de la pratique du jeûne comme pratique à visée préventive ou thérapeutique, Rapport de l’Inserm, 10 janvier 2014
Peut-on souffrir de maux de tête dès le premier jour du ramadan ?
Bien que le ramadan soit une période sainte, considéré comme un mois de charité pour les fidèles musulmans, il demande de modifier brutalement ses habitudes de vie. Nombreux sont les pratiquants qui déclarent alors souffrir de maux de tête, voire de migraines, dès les premiers jours de jeûne. « Le corps doit alors réapprendre à fonctionner avec son nouveau rythme« , souligne Léa Lang, nutritionniste.
Pourquoi a-t-on mal à la tête pendant le ramadan ?
« Le premier facteur est le manque d’hydratation, prévient Léa Lang. Le corps peut tenir plus longtemps sans manger que sans boire. Lorsqu’on boit peu d’eau, cela peut créer des maux de tête et aller jusqu’au malaise. « L’arrêt soudain de la caféine ou de la théine car il s’agit de très bons antimigraineux, de la cigarette, mais aussi une consommation excessive de glucides pendant le petit-déjeuner ou le dernier repas avant le lever du soleil peut causer des maux de tête.
Que faire pour continuer son ramadan ?
Les pratiquants peuvent se rassurer : cette sensation finit par disparaître avec le temps et l’habitude. Mais pour éviter les maux de tête, il est tout d’abord important de miser sur la prévention en diminuant progressivement ses consommations de café, de thé et de cigarette avant le ramadan pour sevrer son corps. Mais il est avant tout nécessaire de beaucoup boire pendant le soir et d’éviter d’avoir une alimentation trop riche en gras et en sucre. « Puisqu’on ne peut pas boire durant la journée, il est préférable d’avoir un rythme plus calme, de prendre l’air régulièrement, d’éviter l’activité physique« , conseille la nutritionniste.
Quelles sont les consignes du ramadan pendant les règles ?
Le ramadan correspond à l’un des cinq piliers de l’islam et est donc obligatoire pour les musulmans en bonne santé et en mesure de le pratiquer. « Lorsqu’elles ont leurs règles, les femmes sont dispensées de jeûne mais peuvent rattraper le nombre de jours manqués à la fin du mois du ramadan« , explique Mah Simpara, vice-présidente de Lallab, association féministe et anti-raciste.
Pourquoi une femme qui a ses règles ne peut pas faire le ramadan ?
« Il n’y a pas d’explication claire et consensuelle sur la raison pour laquelle les femmes ne jeûnent pas durant leurs règles. Il existe ainsi une pluralité d’interprétations selon où l’on se trouve dans le monde, le modèle sociétal ou familial« , précise Mah Simpara. L’autorisation de ne pas jeûner peut être due à des raisons de santé : la condition physique est parfois affaiblie par les menstruations et les douleurs liées (endométriose, SOPK etc). « Il s’agit alors d’une manière pour elles de pouvoir se reposer durant cette période physique plus compliquée et ne pas augmenter la fatigue ». Mais elle peut aussi être due à l’idée que les règles sont impures. Dans leur article sur le sujet, les membres de Lallab pointent du doigt ce tabou encore trop présent au sein de la religion mais aussi de la société et dénoncent : « À cause de ces idées, nombreuses sont les personnes menstruées qui se retrouvent mises à l’écart pendant le Ramadan. » En effet, Mah Simpara déplore le fait que beaucoup de femmes musulmanes « doivent se justifier, préciser qu’elles ont leurs règles ce qui peut poser problème dans certaines familles ou communautés alors que c’est communément accepté de ne pas jeûner lorsqu’une personne est malade ou possède une contre-indication médicale ». Elle raconte également que « certaines personnes menstruées se privent de déjeuner » ou font semblant de prier ou de pratiquer normalement le ramadan « pour ne pas être obligées de répondre à des questions, d’exposer leur intimité » ou de faire face à un jugement. Bien entendu, cela n’est pas systématique et le problème ne se pose pas au sein de nombreuses familles.
Quels sont les risques si on jeûne pendant ses règles ?
En termes de santé, il faut savoir que durant les règles, « le corps dépense plus d’énergie » et les femmes menstruées peuvent être « plus à risque de faire un épisode d’hypoglycémie et de souffrir d’une déshydratation« , assure Léa Lang, nutritionniste. De plus, pendant les règles, le corps a besoin d’un apport en fer pour compenser la perte de ce nutriment causée par les saignements, principalement chez les femmes qui ont des règles abondantes. Il peut y avoir un risque plus important d’anémie. De manière générale, « il est prescrit aux musulmanes et musulmans de ne pas jeûner s’il y a un risque pour leur santé« , affirme la vice-présidente de Lallab. Mais elle admet que l’acceptation de cette consigne est « variable d’une femme à une autre. Certaines femmes se sentent très bien pendant leurs règles, ne souffrent d’aucun mal, et regrettent de ne pas pouvoir continuer à vivre la dynamique du ramadan ».
Merci à Mah Simpara, vice-présidente de Lallab, association féministe et anti-raciste et Léa Lang, nutritionniste.
Rebelote cette année, vous constatez une petite baisse de régime en ce mois de janvier ? Et si c’était à cause du Blue Monday qui a lieu le lundi 16 janvier 2023 ? Derrière cet anglicisme se cache en fait le lundi considéré comme le jour plus déprimant de l’année… Même si cela n’a pas été prouvé par des études scientifiques, il semblerait que ce jour, et plus globalement cette période, soit propice à l’apparition de signes passagers de déprime, susceptibles de persister si on ne met pas en place des solutions. Alors qui a inventé le Blue Monday ? Qui est concerné par cette déprime ? A partir de quand doit-on se tourner vers un professionnel ? Quels conseils pour mieux le traverser ?
Quelle est la date du Blue Monday en 2023 ?
En 2023, le Blue Monday a lieu le lundi 16 janvier, soit le 3e lundi du mois de janvier.
C’est quoi le Blue Monday ?
Le concept de Blue Monday (ou « Lundi bleu » en français) considéré comme le jour le plus déprimant de l’année, a été popularisé par une campagne publicitaire de la chaîne de télévision anglaise Sky Travel. Selon la chaîne, cette journée constituerait le point de convergence de plusieurs paramètres négatifs, entraînant une baisse de moral voire une déprime passagère comme :
une journée courte, avec un manque de luminosité
le temps froid qui dure depuis plusieurs semaines,
la période post-fêtes de Noël,
le salaire qui n’est pas encore versé,
l’arrêt des bonnes résolutions,
le lundi qui représente pour certains le jour de la reprise du travail…
Tous ces paramètres seraient susceptibles de modifier les rythmes circadiens en charge de la régulation de notre humeur. Ainsi, on se sentirait un peu plus déprimé, moins motivé et plus passif ce jour-ci, même si scientifiquement, aucune étude n’a confirmé ce postulat.
Quelle est l’origine exacte du Blue Monday ?
La date du Blue Monday aurait été calculée pour la première fois en 2005 dans un communiqué de presse rapportant les propos du Dr Cliff Arnall, psychologue et à cette époque, tuteur au Centre for Lifelong Learning de l’Université de Cardiff (Pays de Galles). Dans ce document, il y avait une formule (voir ci-dessous) permettant de calculer la date du jour le plus déprimant de l’année (avec des paramètres comme la température qu’il fait dehors, le temps qu’il s’est écoulé depuis Noël…). La formule, a été depuis considérée comme étant plus anecdotique que scientifique par le Dr Arnall.
Formule : comment est calculée la date du Blue Monday ?
Pour calculer le jour le plus déprimant de l’année, le Dr Arnall a utilisé cette formule (on rappelle qu’il n’y a aucune base scientifique) :
[W + (D – d)] x T(Q) / M x N avec :
W : la météo
(D – d) : la différence des dettes contractées à la période des fêtes avec la capacité de remboursement avant la prochaine paye
T : le temps écoulé depuis Noël
Q : le temps écoulé depuis les résolutions du Nouvel An
M : le manque de motivation
N : le besoin d’agir
Quelles solutions pour faire face au Blue Monday ?
► Avoir recours à la luminothérapie, dont les effets sont connus pour réduire la dépression saisonnière, le stress ou encore les troubles du sommeil.
► Pratiquer une activité physique régulière, connue pour préserver la santé mentale et évacuer le stress grâce à la production de norépinéphrine et de dopamine.
► Avoir des petits projets comme organiser un weekend, refaire la déco d’une pièce…
► Prévoir des moments cocooning comme regarder une série sous un plaid, boire un thé chaud, lire un bon livre, prendre un bain, se faire des soins du visage… Particulièrement le dimanche afin de commencer la semaine plus sereinement.
► Prévoir un petit plaisir dès le lundi comme un bon petit-déjeuner, écouter sa playlist préférée, organiser une séance de cinéma le soir, l’achat d’un bouquet de fleurs, un déjeuner avec les collègues, cuisiner un bon plat au dîner…
► Se supplémenter en vitamine D (on souffre généralement d’une carence en vitamine D pendant cette période), après l’avis de votre médecin. Zinc et magnésium sont également recommandés pendant cette période.
► Manger au moins 5 fruits et légumes par jour pour bénéficier de tous leurs bienfaits et de leurs vitamines, indispensables pour lutter contre la déprime hivernale.
Source : Centre for Lifelong Learning de l’Université de Cardiff
Les ruminations sont des pensées répétitives qui occupent une grande partie de l’espace mental et qui tournent en boucle. Il est difficile de s’en défaire. « Elles comportent une composante douloureuse. Le plus souvent, ces pensées reprennent des événements d’un passé proche ou lointain, événements à dimension dramatique ou anecdotique » explique Ludovic Gadeau, Dr en psychopathologie clinique avant d’ajouter « La rumination mentale porte rarement sur des éléments à venir« . Les pensées obsédantes interviennent de jour comme de nuit ou spécifiquement sur un moment de la journée complète Alexandre Normand, psychologue social.
Comment expliquer la rumination ?
Pour le psychologue, les ruminations sont normales. Il est néanmoins nécessaire d’agir lorsque les pensées nous harcèlent et qu’elles deviennent une souffrance. « Ici, la pensée revêt un caractère intrusif, elle n’a pas sa place, donc nous réagissons, nous résistons. Le besoin d’analyser sous tous les angles possibles, pour comprendre, pour clarifier la situation crée un déséquilibre, une boucle qui devient infernale. C’est là que la toxicité de la rumination réside. Le problème ne trouve aucune solution, la souffrance ne s’apaise pas. Nous nous sentons alors en incapacité à passer à autre chose« . « Cela peut générer de la culpabilité, de la honte, de la colère ou encore de la tristesse« , détaille le psychologue à propos du processus. Les ruminations interfèrent aussi avec notre motivation, notre concentration, nos initiatives, notre écoute envers les autres et envers nous-mêmes. Elles sont présentes dans certains troubles dépressifs et anxieux. Ludovic Gadeau précise : « La rumination mentale chronique est le produit de modes de fonctionnements globaux qui relèvent de trois types de fonctionnements différents : obsessionnel, mélancolique ou narcissique dépressif« . Elle apparaît aussi dans des fonctionnements non pathologiques, notamment chez les adolescents et les jeunes adultes. « Il s’agit d’un phénomène nouveau lié à l’inscription dans les réseaux sociaux et aux risques auxquels certains jeunes se sentent en permanence exposés : risques d’être dénigrés, malmenés, voire possiblement harcelés en raison de supposées maladresses qu’ils auraient commises ou d’écarts au regard des normes implicites de groupe. Ces jeunes ruminent les moindres commentaires faits sur ces réseaux sociaux ou rejouent le soir venu le film de ce qui s’est passé dans le groupe d’appartenance du collège ou du lycée « , explique le psychologue clinicien.
Comment arrêter de ruminer le passé ?
Alexandre Normand tempère : « Faire des erreurs et ressentir des émotions est acceptable. Nous ne sommes pas parfaits et il est illusoire de chercher à l’être et à taire ce qui est en nous. La réussite de nos actions ne se mesure pas uniquement à notre capacité à faire du premier coup, mais surtout à notre capacité à rebondir, à nous relever, à persévérer« . Pour lui, avoir des ruminations ne fait pas de nous quelqu’un de faible. Et il est important d’en avoir conscience et de réaliser que nous n’avons pas le contrôle sur ce qui se passe autour de nous, sur les autres (leurs pensées, leurs opinions, leurs actions, leurs émotions…), le passé, le futur, nos propres pensées et nos propres émotions telles qu’elles sont générées. Dans ce cadre, différents exercices et techniques peuvent soulager. Il est possible, par exemple, de s’octroyer du temps pour respirer. « Ce que je propose c’est de continuer de vivre nos expériences et moments pour nous distraire (projets personnels, professionnels, sport, sorties…), mais d’inclure dans notre semaine voire nos journées des temps consacrés au sujet de nos ruminations (15 minutes, 30 minutes, 1 heure) tout en sachant qu’il y a un début et une fin à ces temps« , conseille le psychologue. L’inversion se fait en plusieurs étapes qui consistent à accepter (qui n’est pas se résigner), s’autoriser à y penser de manière structurée et ouvrir une conversation avec soi en se disant que cette pensée ne nous définit pas. « L’écriture, sous forme de journal, est un merveilleux outil pour entamer cet échange« , préconise le spécialiste.
Comment arrêter de ruminer ses erreurs ?
L’écriture est là aussi une piste. « Écrire les pensées comme elles viennent, sans jugement pour replacer la pensée à son état transitoire qui vient, qui expose et qui part. Dans ce journal, nous pouvons noter les pensées telles qu’elles sont, puis les restructurer : la situation, l’émotion ressentie, le besoin sous-jacent, l’action à mettre en place« , conseille Alexandre Normand. Échanger avec un proche peut aussi être bénéfique même si le regard de l’autre n’est pas toujours facile à appréhender. Entamer une thérapie pour avoir un espace à soi est également possible. « En thérapie ACT (Acceptation et Engagement), on a la notion de défusion consistant à distinguer la pensée de soi en mettant, par exemple, une préface à cette pensée. Nous segmentons ce qui est de l’ordre de la pensée, nous écoutons son message et nous travaillons avec », explique le psychologue. Pour soulager les ruminations, il est cependant nécessaire d’en déterminer l’origine (symptôme d’une pathologie (trouble obsessionnel…) ou réaction face à un contexte précis). « Dans le premier cas, une prise en charge de type psychothérapique (voire médicamenteuse) est nécessaire. Dans le second cas, il s’agit d’intervenir sur les interactions entre le sujet et son environnement« , complète le Dr Ludovic Gadeau.
Comment arrêter de ruminer son chagrin ?
Tout au long de l’existence, les expériences de perte (être cher, l’échec professionnel, amoureux…) occasionnent le chagrin. Elles conduisent à un travail de deuil »normal », mais aussi à des expériences traitées sur un mode pathologique. « Dans le premier cas, la rumination mentale est non envahissante et fait partie de processus psychiques qui visent à restaurer un certain équilibre. Ce travail psychique dure de quelques semaines à quelques mois et se déploie spontanément le plus souvent. Dans le second cas, les processus psychiques ne permettent pas de trouver des voies de rééquilibrage« . Dans ce cas de figure, la rumination s’installe durablement. Pour le psychologue clinicien, cela nécessite une prise en charge psychothérapique.
Une myocardite est une inflammation du myocarde, le tissu musculaire du cœur. Les infections virales, comme le Covid, sont une cause fréquente de myocardite, pouvant entraîner une hospitalisation, une insuffisance cardiaque voire une mort subite. Elle peut aussi être provoquée par la prise de certains médicaments affectant le cœur. La myocardite est aussi reconnue comme un effet indésirable (effet très rare) des vaccins à ARNm (Pfizer et Moderna) par le comité de sécurité de l’Agence Européenne du Médicament (PRAC). Selon de nouvelles données relayées par l’ANSM le 22 juillet 2022, le risque serait augmenté pour la première dose de rappel (troisième dose), quoique de façon moins marquée qu’après la deuxième dose, et diminuerait avec l’allongement de la durée entre les doses. Dans la majorité des cas, l’état de santé des patients s’améliore de lui-même ou à l’aide d’un traitement. Le risque de faire une myocardite après une injection reste globalement « très rare » : c’est-à-dire inférieur à 1 pour 10 000 vaccinés. Les hommes jeunes sont le plus à risque. Dans tous les cas, « ces données de pharmaco-épidémiologie ne remettent pas en cause le rapport bénéfice/risque des vaccins contre la Covid-19 Comirnaty et Moderna, dont l’efficacité contre les formes graves de Covid-19 est de l’ordre de 90%« , rassure l’ANSM. Le diagnostic se base sur une électrocardiographie (ECG), la mesure de biomarqueurs cardiaques, une imagerie du cœur et une biopsie du muscle cardiaque. Quels sont les symptômes, les traitements et les chances de guérison d’une myocardite ? Quels signes d’alerte après la vaccination anti Covid ? Après l’administration du vaccin de Pfizer ? Du vaccin de Moderna ? Infos.
Définition : c’est quoi une myocardite ?
La myocardite est une inflammation du myocarde, le plus souvent causée par l’infection du myocarde par un virus. Le myocarde forme la masse principale du cœur. C’est un muscle strié, épais et creux capable de se contracter de manière rythmique et involontaire. En se contractant, le myocarde permet au sang de circuler dans les vaisseaux sanguins et de nourrir les différents organes du corps. L’inflammation du myocarde causée par un virus entraîne la destruction des cellules composant le myocarde et diminue ainsi sa capacité de contraction et sa capacité à fournir un apport en sang. Progressivement, le cœur n’est donc plus capable de pomper du sang. L’inflammation peut s’étendre à tout le muscle cardiaque ou se limiter à une ou quelques zones. Dans ce cas, les symptômes seront bénins et la prise en charge rapide et adaptée pourra permettre une guérison. En revanche, une inflammation étendue dans tout le cœur peut entraîner une insuffisance cardiaque importante, de graves troubles du rythmes cardiaques et parfois une mort subite.
Une myocardite aiguë est une atteinte inflammatoire du myocarde se traduisant par la présence d’un infiltrat inflammatoire (amas de cellules accumulées dans un organe) et d’une nécrose des myocytes cardiaques (cellule musculaires responsables de la contraction du cœur). La cause d’une myocardite aiguë est souvent d’origine virale.
C’est quoi une myocardite fulminante ?
Une myocardite fulminante résulte d’une inflammation soudaine et sévère du myocarde. Cela correspond à la forme la plus grave. Néanmoins, la forme fulminante est exceptionnelle (5 à 10 cas par millions d’habitants et par an) avec une évolution qui peut être rapidement mortelle.
Sous le nom « myocardite de stress », on parle plutôt de cardiomyopathies de stress, une pathologie cardiaque qui résulte d’une altération aiguë et transitoire de la fonction ventriculaire gauche, générée par un stress psychologique ou affectif brutal, indique l’Académie de Médecine. Cette entité anatomo-clinique est décrite sous des noms divers, ballonisation apicale du ventricule gauche ou Broken heart syndrome ou Tako-Tsubo pour les auteurs japonais.
Quels sont les symptômes et signes d’une myocardite ?
L’ANSM recommande aux personnes recevant les vaccins Covid de contacter immédiatement un médecin si des symptômes suggérant une myocardite surviennent. Ces symptômes incluent un essoufflement, des palpitations (battements cardiaques forts, parfois irréguliers), et une douleur dans la poitrine.
• Premiers symptômes d’une myocardite
Les signes cliniques d’une myocardite sont de nature et de gravité variables, et ne sont pas forcément spécifiques à cette pathologie. Dans les formes les moins sévères, la personne ne ressent aucun symptôme. Certaines inflammations du myocarde peuvent en revanche se caractériser par des symptômes ressemblant à ceux de la grippe :
fièvre
maux de tête
courbatures et douleurs au niveau des articulations
grande fatigue
diarrhées
maux de gorge…
• Symptômes d’une myocardite sévère
Dans les cas les plus sévères, peuvent survenir des symptômes d’origine cardiaque :
douleurs au thorax et au niveau de la poitrine (accompagnées de palpitations et d’une sensation d’oppression permanente)
jambes enflées (œdème)
gêne et difficultés à respirer (dyspnée)
insuffisance cardiaque et essoufflement même au repos
troubles du rythme cardiaque (battements cardiaques rapides ou irréguliers…)
• Symptômes d’une myocardite fulminante
Dans le cas d’une myocardite dite fulminante, l’inflammation évolue rapidement vers une grave défaillance du cœur (détresse respiratoire, voire un arrêt cardiaque) qui nécessite une prise en charge en urgence et parfois la mise en place d’une assistance circulatoire ou d’une transplantation cardiaque.
• Symptômes d’une myocardite après la vaccination Covid
L’ANSM recommande à toute personne vaccinée contre le Covid présentant des symptômes tels qu’un essoufflement (dyspnée), des douleurs dans la poitrine, des palpitations (battements cardiaques forts,) ou un rythme cardiaque irrégulier de consulter rapidement un médecin.
Quels sont les risques de myocardite après un vaccin contre le Covid ?
Les données de pharmaco-épidémiologie ne remettent pas en cause le rapport bénéfice/risque des vaccins Pfizer et Moderna, dont l’efficacité contre les formes graves de Covid-19 est de l’ordre de 90%.
Les données de l’Agence européenne du médicament qui se sont notamment basées sur une étude, menée par Epi-Phare, dont les résultats ont été publiés sur le site l’Agence nationale du médicament (ANSM) le 8 novembre 2021, confirment l’existence d’un risque peu fréquent de myocardite et péricardite dans les 7 jours suivant une vaccination contre la Covid-19 avec un vaccin ARNm (Comirnaty® de Pfizer et Spikevax® de Moderna) chez les personnes âgées de 12 à 50 ans, particulièrement chez les jeunes de 12 à 29 ans. Ce risque apparaît plus marqué après la deuxième dose de Spikevax, même si le nombre de cas apparaît peu fréquent au regard du nombre élevé de doses administrées. Pour autant, « ces nouvelles données de pharmaco-épidémiologie ne remettent pas en cause le rapport bénéfice/risque des vaccins contre la Covid-19 Comirnaty et Moderna, dont l’efficacité contre les formes graves de Covid-19 est de l’ordre de 90%. Elles sont partagées au niveau européen avec l’EMA dans le cadre de l’évaluation en cours, ainsi qu’à la Haute Autorité de santé (HAS) au niveau national », rassure l’ANSM.L’EMA continuera de suivre de près ce problème et communiquera davantage lorsque de nouvelles informations seront disponibles.
Quels sont les risques de myocardite après un rappel de vaccin anti Covid ?
Le risque de myocardite est augmenté mais reste faible après la première dose de rappel par un vaccin à ARNm et ce risque diminue avec l’allongement du délai entre les doses, indique une nouvelle étude de pharmaco-épidémiologie sur le risque de myocardite après une vaccination par un vaccin à ARNm (Comirnaty ou Spikevax) menée dans le cadre EPI-PHARE (groupement d’intérêt scientifique ANSM-Cnam). Pour autant, les myocardites associées aux vaccins à ARNm restent des évènements peu fréquents au regard du nombre de personnes exposées :
1 cas de myocardite attribuable à la vaccination pour l’administration de 398 000 troisièmes doses de Comirnaty
1 cas de myocardite attribuable à la vaccination pour l’administration de 340 000 troisièmes doses de Spikevax.
Les excès de cas les plus importants ont été observés chez des hommes de moins de 30 ans, avec un maximum de 1,2 cas pour 100 000 troisièmes doses de Comirnaty, ce qui correspond à 1 cas de myocardite pour 87 000 troisièmes doses.
Quelles sont les personnes les plus susceptibles d’avoir une myocardite ?
Après avoir suivi près de 5 millions d’individus âgés de 12 ans ou plus, suivis du 1er octobre 2020 au 5 octobre 2021, une étude publiée le 16 décembre 2021 dans le British Medical Journal (BMJ) a démontré que la vaccination avec le vaccin de Moderna était associée à un risque significativement accru de myocardite ou de myopéricardite dans la population danoise, principalement en raison d’un risque accru chez les personnes âgées de 12 à 39 ans, tandis que la vaccination avec Pfizer n’était associée qu’à un risque significativement accru chez les femmes. « Cependant, le taux absolu de myocardite ou de myopéricardite après la vaccination par l’ARNm du SRAS-CoV-2 était faible, même dans les groupes d’âge les plus jeunes. Les avantages de la vaccination par l’ARNm du SRAS-CoV-2 doivent être pris en compte lors de l’interprétation de ces résultats. Des études multinationales plus importantes sont nécessaires pour étudier plus avant les risques de myocardite ou de myopéricardite après vaccination au sein de sous-groupes plus petits », précise l’étude. Parmi les 106 cas de myocardites rapportés en France, 62 cas ont été observés avec le vaccin Spikevax chez des personnes de moins de 30 ans, détaille l’ANSM dans une étude (EPI-PHARE). Les caractéristiques des cas sont identiques aux précédents résultats. Les cas surviennent majoritairement :
Chez les hommes (sexe ratio femme/homme 0,2)
Après la deuxième dose (79%)
Avec un délai de survenue inférieur ou égal à 7 jours dans 76% des cas.
Avec une évolution favorable pour la majorité des cas (87%).
A ce jour, et sur des données encore limitées pour certaines tranches d’âge, le taux de notification des cas de myocardite rapportés après un schéma complet avec le vaccin Spikevax apparait plus important chez les hommes de 18 à 29 ans, par rapport à celui observé chez les hommes du même âge ayant reçu un schéma complet avec Comirnaty. Ces données sont partagées au niveau européen avec l’EMA dans le cadre de l’évaluation en cours, ainsi qu’au niveau national avec les autres autorités de santé. Dans ce contexte,la HAS recommande ainsi le 8 novembre 2021 pour la population âgée de moins de 30 ans et dès lors qu’il est disponible, le recours au vaccin Comirnaty® qu’il s’agisse de primo vaccination ou du rappel.
Combien de cas de myocardite après le vaccin de Pfizer (Comirnaty) ?
Pour Comirnaty, l’étude française Epi-Phare montre que, dans une période de sept jours après la deuxième dose, il y avait environ 0,26 cas supplémentaire de myocardite chez les hommes de 12 à 29 ans pour 10 000 par rapport aux personnes non exposées, rapporte l’Agence européenne du médicament le 3 décembre 2021. Dans une étude nordique, au cours d’une période de 28 jours après la deuxième dose, il y a eu 0,57 cas supplémentaire de myocardite chez les hommes de 16 à 24 ans pour 10 000 par rapport aux personnes non exposées. En France, depuis le début de la surveillance, 375 cas de myocardites ont été rapportés par l’ANSM. Ces cas sont principalement survenus dans les 14 jours suivant la vaccination, plus souvent après la deuxième dose et chez des hommes jeunes (surtout dans la tranche d’âge 18-14 ans). Les données analysées en France et au niveau international confirment donc l’existence d’une association causale entre le vaccin Comirnaty et la myocardite. Les myocardites font désormais partie intégrante des effets indésirables listés dans le RCP du vaccin Comirnaty. Les données françaises indiquent que les myocardites sont, pour la grande majorité, résolutives et non sévères. Pour la population de moins de 30 ans, la HAS recommande dès lors qu’il est disponible, le recours au vaccin Comirnaty® (Pfizer)qu’il s’agisse de primo vaccination ou du rappel.
Combien de cas de myocardite après le vaccin de Moderna (Spikevax) ?
Pour Spikevax, l’étude française, a montré qu’au cours d’une période de sept jours après la deuxième dose, il y avait environ 1,3 cas supplémentaire de myocardite chez les hommes de 12 à 29 ans pour 10 000 par rapport aux personnes non exposées. L’étude nordique montre qu’au cours d’une période de 28 jours après la deuxième dose de Spikevax, il y a eu environ 1,9 cas supplémentaire de myocardite chez les hommes de 16 à 24 ans pour 10 000 par rapport aux personnes non exposées. L’ANSM rapporte le 22 octobre un total de 106 cas après la vaccination avec Spikevax de Moderna dont 62 chez des personnes de moins de 30 ans. 79% des cas sont survenus chez des hommes lors de la deuxième dose et avec un délai de survenue inférieur ou égal à 7 jours dans 76% des cas. A ce jour, la seule hypothèse évoquée par les autorités serait la concentration plus élevée d’ARN dans Spikevax (100 microgrammes d’ARN contre 30 microgrammes dans le vaccin Pfizer). Ces nouvelles données ne remettent pas en cause à ce jour le rapport bénéfice/risque des vaccins contre la Covid-19 pour les autorités sanitaires françaises. Chez les moins de 30 ans, la HAS déconseille l’administration de Spikevax en raison du risque de myocardite. Chez les plus de 30 ans, l’administration de Spikevax peut être possible en primovaccination (en dose complète de 100 µg) et pour l’administration d’une dose de rappel en demi-dose (50 µg) chez les sujets âgés de plus de 30 ans, indique la HAS.
Combien de cas de myocardite chez les moins de 30 ans ?
Chez les moins de 30 ans, le risque de myocardite apparaît environ 5 fois moindre pour le vaccin Comirnaty® de Pfizer comparativement au vaccin Spikevax® de Moderna
Dans la population de moins de 30 ans, le risque de myocardite apparaît environ 5 fois moindre pour le vaccin Comirnaty® de Pfizer comparativement au vaccin Spikevax® de Moderna (100 µg) chez les 12-29 ans, tranche d’âge pour laquelle l’excès de cas par million est le plus élevé (131,6 par million de cas pour Moderna versus 26,7 pour Pfizer), indique la HAS dans un avis du 8 novembre 2021. Ces résultats sont concordants avec ceux issus des données américaines.
Après Pfizer : 63 cas de myocardite ont été rapportés chez les 12-18 ans, informe l’ANSM au 30 septembre dont 7 femmes, 42 cas après deuxième dose.
Après Moderna : 62 cas de myocardite ont été rapportés chez des moins de 30 ans, au 22 octobre. Les cas surviennent majoritairement chez les hommes lors de la deuxième dose (79%) et avec un délai de survenue inférieur ou égal à 7 jours dans 76% des cas. L’évolution est favorable pour la majorité des cas (87%).
Dans l’attente de données complémentaires sur le risque de myocardites et des conclusions du PRAC attendues dans les prochaines semaines et compte tenu de l’insuffisance de recul sur le risque de myocardites avec le vaccin Spikevax® utilisé en demi-dose pour le rappel (50 µg) en raison des effectifs limités inclus dans les essais, la HAS recommande, pour la population âgée de moins de 30 ans et dès lors qu’il est disponible, le recours au vaccin Comirnaty® qu’il s’agisse de primo vaccination ou du rappel.
La myocardite peut-elle être une complication du Covid-19 ?
Les virus de la famille des coronavirus sont capables d’affecter le système cardiovasculaire.
Les infections virales, comme le Covid, sont une cause fréquente de myocardite, ce qui peut entraîner une hospitalisation, une insuffisance cardiaque et une mort subite. Publiée le 27 mars 2020 dans le Journal of American Medicine Association (JAMA), une étude avait montré qu’un syndrome respiratoire aigu sévère, l’un des symptômes d’une infection au nouveau coronavirus, semblait affecter le myocarde et provoquer des myocardites. Les auteurs de l’étude rappelaient d’ailleurs que les virus de la famille des coronavirus sont capables d’affecter le système cardiovasculaire. Par ailleurs, des médecins français, italiens, britanniques et belges avaient signalé des cas de syndromes inflammatoires chez des enfants de 10 à 15 ans. En France, l’alerte a été donnée par l’Hôpital Necker qui a rapporté 25 cas d’enfants admis en réanimation et qui présentaient des syndromes inflammatoires du cœur, des poumons ou de l’appareil digestif « associant fréquemment une défaillance circulatoire avec des éléments en faveur d’une myocardite« , détaillait le Dr Damien Bonnet,coordonnateur du réseau M3C Necker (centre de référence des maladies cardiaques congénitales complexes) à Paris dans un article de Midi Libre.Ces symptômes évoquent la maladie de Kawasaki, une pathologie essentiellement infantile, rare mais qui représente toutefois la première cause de maladie cardiaque acquise dans l’enfance dans les pays industrialisés. En phase aiguë, on peut observer une myocardite et/ou une péricardite, une inflammation de la membrane recouvrant le cœur. Non soignées, ces inflammations peuvent accroître le risque d’insuffisance cardiaque, de troubles du rythme cardiaque et d’infarctus.
Quels sont les risques de myocardite chez les enfants ?
Selon le bulletin du 27 janvier 2022 publié par Santé publique France, entre le 2 mars 2020 et le 23 janvier 2022, 932 cas de syndromes inflammatoires multi-systémiques pédiatriques (PIMS ou MIS-C) ont été signalés à Santé publique France, dont 849 en lien avec la Covid-19. Et parmi ces 849 patients, les PIMS étaient associés à une myocardite pour 601 cas (66%). Parmi les 83 patients sans lien établi avec la COVID19, une myocardite n’a été retrouvée que chez 11 d’entre eux (13%).
Quelle est l’évolution d’une myocardite ?
Une inflammation du myocarde se déroule généralement en trois phases :
Phase d’infection par un virus, qui peut durer quelques jours.
Phase auto-immunitaire, qui peut s’étendre de quelques semaines à quelques mois.
Phase au cours de laquelle apparaissent les premiers signes d’insuffisance cardiaque. Les cellules de ses parois étant enflammées ou détruites, le cœur n’est plus capable de pomper du sang.
Quelles sont les causes d’une myocardite ?
Dans la très grande majorité des cas, la myocardite est causée par une infection virale qui attaque les cellules du muscle cardiaque. Ce sont généralement les virus de la famille des Coxsackievirus ou des Adenovirus qui sont responsables d’une myocardite. Elle peut également être associée à une autre pathologie bactérienne comme la maladie de Lyme, la Bartonellose ou la diphtérie. Dans de rares cas, elle peut résulter d’une réaction toxique suite à la prise d’un médicament, de substances comme l’alcool, la cocaïne, le plomb, l’arsenic ou encore suite à une morsure de serpent ou de scorpion. Dans ce cas, la myocardite est appelée « myocardite d’hypersensibilité« . Dans de très rares cas, la myocardite peut survenir après certaines chimiothérapies, radiothérapies ou électrocutions.
Comment est posé le diagnostic d’une myocardite ?
Le diagnostic d’une myocardite repose d’abord sur un interrogatoire (présence de symptômes listés ci-dessus, antécédents médicaux ou familiaux…) et un examen physique complet, pratiqué par un médecin. Si ce dernier soupçonne une myocardite, il peut prescrire à son patient la réalisation d’examens plus poussés pour détecter des signaux inflammatoires et identifier la présence d’un virus dans le sang comme un électrocardiogramme (ECG), des prélèvements sanguins (taux de protéine C-réactive, de la vitesse de sédimentation ou de globules blancs), un échocardiogramme, une IRM cardiaque, une coronarographie (pour éliminer la piste d’un éventuel infarctus du myocarde dû à l’obstruction d’une artère coronaire) ou encore une biopsie du myocarde.
Quel est le traitement d’une myocardite ?
Le traitement d’une myocardite virale repose sur la prise en charge des symptômes, par le biais de médicaments (des antiviraux par exemple), associés à une surveillance étroite du patient et à une mise au repos. Le traitement de l’insuffisance cardiaque inclut des diurétiques et des nitrates pour soulager les symptômes. En parallèle, il est recommandé d’éviter les efforts importants et de restreindre la consommation d’alcool et de tabac.
Une guérison est-elle possible et quels risques de séquelles ?
La guérison et la récupération des fonctions cardiaques interviennent généralement après plusieurs mois. Il existe un risque de séquelles à long terme, dont le pronostic ne peut être donné qu’au cas par cas. Dans les cas de défaillance cardiaque les plus sévères, une transplantation peut se révéler nécessaire.
Sources :
Etude Association Between COVID-19 and Myocarditis Using Hospital-Based Administrative Data — United States, March 2020–January 2021, CDC, 31 août 2021
Retour d’information sur le PRAC de juillet 2021. ANSM.
Institut de cardiologie de Montréal
La revue du praticien, Orphanet.
Etude « Potential Effects of coronaviruses of the cardiovascular system », publiée dans Jama, Cardiology le 27 mars 2020.
Point de situation sur la surveillance des vaccins contre la COVID-19 – ANSM