6 Fév 2023 | JDF Santé
Définition : en quoi consiste la Méthode Tomatis® ?
La méthode Tomatis® est une approche de stimulation neurosensorielle par l’écoute et principalement la musique mise au point par le médecin et chercheur français Alfred Tomatis. Une technologie appelée TalksUp, conçue pour traiter la musique et la voix, permet de gérer la bascule électronique et ainsi d’effectuer des contrastes sonores. Ces effets permettent de stimuler le cerveau. « A partir du système auditif, on arrive à travailler sur le cerveau et le concept de plasticité. On entraîne ainsi de nouvelles voies neuronales pour permettre au cerveau de traiter certaines informations. Cette méthode peut être complémentaire au travail de professionnels tels que les orthophonistes« , explique Valérie Gas, psychologue clinicienne et formatrice Tomatis®.
Pour qui est-elle indiquée ?
La méthode est indiquée notamment pour le traitement des troubles de l’attention, de l’apprentissage, ainsi que pour l’amélioration de la confiance en soi, la gestion des émotions et des relations avec les autres.
Quels sont les bienfaits sur l’autisme ?
La méthode Tomatis® peut permettre, dans le cas d’un patient autiste, de développer la communication en se basant sur l’écoute. « Les enfants autistes ont souvent une hypersensibilité de tous les sens. De fait, si l’enfant est moins hyperstimulé il sera alors plus à même d’intégrer l’information. L’enfant s’adapte d’abord au système sonore, l’intègre, le met au point puis essaie de prédire les informations à venir. »
Quels sont les bienfaits sur les acouphènes ?
Alfred Tomatis estimait que les acouphènes étaient causés par l’impossibilité pour l’oreille de se protéger de ses propres bruits internes. « Il existe deux types d’acouphènes : ceux liés à des problèmes auditifs survenus à la suite d’un traumatisme sonore par exemple, et ceux qui ont des incidences plus émotionnelles et engendrent un stress important. C’est sur ces derniers que nous pouvons intervenir en réduisant le stress, facteur d’amplification des acouphènes« , souligne Valérie Gas. « La bascule joue alors sur l’oreille moyenne et peut avoir une incidence sur les acouphènes. »
Quels sont les bienfaits sur la dyslexie ?
Puisque nous reproduisons ce que l’on écoute, la méthode Tomatis® joue sur le décodage et l’analyse du son, deux problématiques récurrentes dans la dyslexie. Elle peut également aider à résoudre des problèmes d’intégration corporelle et temporelle (dessus, dessous, hier, demain etc) et de positionnement dans l’espace.
Qui consulter pour suivre des séances ?
Il existe des centres Tomatis® partout en France. « Les praticiens, notamment des psychologues, orthophonistes, enseignants, chanteurs etc… intègrent la méthode comme un outil complémentaire et mettent au point des programmes totalement personnalisés. » Le bilan dure environ deux heures et comprend un point sur l’historique du patient et un test permettant de savoir quelles sont les distorsions au niveau de l’écoute. Le praticien propose alors des sessions de 14 séances intensives entre 40 minutes et 1h20 par jour, 5 fois par semaine.
La session coûte 750 euros
Quel est le prix d’une séance ?
Le tarif d’une séance est variable selon les centres. Au centre de Paris, la session coûte 750 euros, comprenant notamment les séances et le matériel. Deux à trois sessions sont parfois nécessaires. Le patient possède un casque d’écoute adapté sur lequel des programmes de musique sont installés afin qu’il poursuive le travail une fois la démarche terminée.
Quels sont les risques de la Méthode Tomatis® ?
Cette méthode est non invasive et ne possède donc pas de risques. Cependant, il est nécessaire de prendre en considération que certains objectifs sont inatteignables et certaines problématiques ne rentrent pas dans le cadre de la méthode.
Merci à Valérie Gas, psychologue clinicienne et formatrice Tomatis®.
Source : JDF Santé
6 Fév 2023 | JDF Santé
L’échange de salive peut-il provoquer une allergie ?
Un baiser peut en effet provoquer une allergie si l’une des deux personnes a ingéré un allergène avant d’embrasser la personne allergique. Ces situations sont rares mais ont tout de même déjà été décrites. En 2005, au Canada, une adolescente de 15 ans serait décédée à la suite d’une réaction allergique après un baiser. Il s’agirait du premier cas décrit. Le même schéma est survenu plus récemment en 2016, au Canada également, avec une jeune femme de 20 ans.
Quels sont les pires allergènes en cause ?
Les arachides, le blanc d’œuf, le lait, certains fruits, les fruits de mer sont des aliments souvent responsables d’allergies alimentaires. Les allergies médicamenteuses existent aussi. Mais en réalité, « ce n’est pas tant l’allergène que la sensibilité du patient qui est importante. Il faut prendre en compte la combinaison du potentiel allergénique de l’aliment en cause, la quantité d’aliment ingérée et la sensibilité de la personne« , explique le Dr Madeleine Epstein, allergologue et vice-présidente du syndicat français des allergologues. En d’autres termes, deux personnes allergiques au même aliment n’auront pas la même réaction car leur seuil de réactivité est différent.
Quelles réactions ?
Le contact avec l’allergène via un baiser peut entraîner des réactions « légères à modérées dans 70% des cas« , selon la Revue française d’allergologie. Les symptômes peuvent être les suivants :
- Des démangeaisons ;
- Le gonflement des lèvres ;
- Plus rarement, des problèmes respiratoires tels qu’une rhinite ou une crise d’asthme ;
- Plus graves, un œdème avec gêne respiratoire ou un choc anaphylactique
Est-ce fréquent ?
D’après la Revue française d’allergologie, la fréquence du syndrome d’allergie induite par le baiser (SAIB), est « probablement sous-estimée et est assez mal connue puisque les évaluations la situent entre 1 et 10 % dans des populations d’individus suspects d’allergie alimentaire ou réellement atteint de cette affection ».
Quel traitement ?
Pour les cas les moins graves mais les plus fréquents, les effets peuvent s’effacer grâce à des antihistaminiques. « En cas de réaction sévère, le patient ne doit pas hésiter à utiliser son stylo d’adrénaline auto-injectable« , rappelle le Dr Madeleine Epstein.
Merci au Dr Madeleine Epstein, allergologue et membre du syndicat français des allergologues.
Source : JDF Santé
6 Fév 2023 | JDF Santé
Quelles sont les causes d’une allergie lors d’un rapport sexuel ?
Les allergies lors d’un rapport sexuel peuvent majoritairement être causées par :
► Le latex. « Les personnes allergiques aux préservatifs en latex présentent une réaction souvent locale située au niveau des organes génitaux. L’allergie est rapidement identifiée en comparant un rapport avec et sans préservatif. Pour remédier à cela, il existe des préservatifs sans latex« , explique le Dr Madeleine Epstein, allergologue et vice-présidente du syndicat français des allergologues.
► Le sperme. « Il s’agit plus précisément d’une allergie au liquide séminal. Ceci est extrêmement rare. Le diagnostic peut être confirmé par des recherches d’anticorps dans le sang. En cas de désir de grossesse, certaines équipes ont recours à des inductions de tolérance, sinon il est possible de procéder à une insémination artificielle après séparation des spermatozoïdes du liquide séminal. » Pour éviter une réaction lors d’un rapport sexuel, il est fortement conseillé d’utiliser des préservatifs.
► Les additifs. « Il est également possible de faire une allergie à des additifs : les lubrifiants, colorants ou parfums qui peuvent être présents dans les préservatifs. »
Quels symptômes ?
« Une dermatite (lésions fixes avec altération de l’épiderme) ou une urticaire (lésions labiles qui disparaissent sans laisser de traces) – c’est-à-dire des rougeurs, brûlures, démangeaisons – peut apparaître au niveau local mais cette réaction peut parfois s’étendre et devenir générale sur tout le corps. Une réaction anaphylactique qui touche plusieurs organes est possible mais encore plus rare« , souligne le Dr Epstein.
Les allergènes alimentaires et médicamenteux peuvent-ils être transportés par les fluides ?
Le transfert d’allergènes alimentaires ou médicamenteux par la salive ou le liquide séminal est possible. Des cas ont déjà été décrits dans la littérature scientifique (BMC). « Embrasser quelqu’un qui vient de manger des arachides lorsqu’on est allergique peut entraîner une réaction. Sa gravité dépend surtout du niveau de sensibilité de la personne allergique. »
Quel traitement ?
Le traitement doit être adapté aux symptômes. Pour les cas les moins graves, des antihistaminiques peuvent être suffisants. En cas de réaction sévère, le patient ne doit pas hésiter à utiliser son stylo d’adrénaline auto injectable.
Merci au Dr Madeleine Epstein, allergologue et vice-présidente du syndicat français des allergologues.
Source : Anaphylaxie mortelle due à l’exposition aux arachides lors de rapports oraux, 18 octobre 2021, BMC
Source : JDF Santé
6 Fév 2023 | JDF Santé
L’allergie au cannabis existe-elle ?
Oui, il est tout à fait possible d’être allergique au cannabis. La première description d’une allergie au cannabis remonterait aux années 1970. « Il y a peu de choses vivantes auxquelles on ne peut pas être allergique. Tout ce qui est végétal peut entraîner des allergies« , assure le Dr Madeleine Epstein, allergologue et vice-présidente du syndicat français des allergologues. La réaction allergique peut intervenir après inhalation, ingestion, ou encore contact cutané avec la plante de cannabis et est causée, comme dans toutes allergies, par la présence d’une protéine à laquelle la personne est sensible. « C’est le cas lorsque le système immunitaire rejette de façon anormale une substance habituellement tolérée. »
Peut-on être allergique au chanvre ?
Le chanvre fait partie de la même espèce que le cannabis mais il se différencie de celui-ci par sa teneur en THC, la substance psychoactive du cannabis. Les variétés contenant moins de 0,2% de THC seraient donc davantage considérées comme du chanvre tandis que le cannabis thérapeutique ou récréatif comprend plutôt entre 5 et 20% de THC. Ainsi, de la même manière qu’une allergie au cannabis, l’allergie au chanvre est tout à fait possible.
Peut-on être allergique au CBD ?
Le CBD est un cannabinoïde, tout comme le THC. Si ce dernier a des effets psychoactifs, le CBD quant à lui n’en possède pas. Bien que cela soit rare, des allergènes peuvent aussi être présents dans le CBD.
Quels sont les symptômes d’une allergie au cannabis ?
« En cas d’allergie au cannabis on peut observer une dermatite ou de l’urticaire de contact mais aussi des symptômes respiratoires comme la rhinite, la conjonctivite, l’asthme« , explique le Dr Epstein.
« Comme il s’agit d’une substance illicite, il est difficile de la tester sur le patient. Souvent, les patients savent nous décrire leurs symptômes chaque fois qu’ils sont en contact avec du cannabis. » Mais un autre problème est à prendre en compte : les allergies croisées avec certains aliments. « Il existe une famille de protéines appelées LTP (qui servent à transporter les lipides). En entrant en contact avec du cannabis on peut se sensibiliser aux LTP qui se trouvent également dans de nombreux aliments végétaux : fruits et légumes, plantes et graines, et ainsi devenir allergique à certains de ces aliments (par exemples, tomate, pêche) », prévient l’allergologue.
Quels sont les traitements d’une allergie au cannabis ?
L’allergie au cannabis se traite de la même manière que les autres d’allergies. En premier lieu, « on adapte le traitement aux symptômes du patient. S’il a de l’asthme, on donnera un traitement contre l’asthme« . Dans un second temps, il est nécessaire de connaître l’allergène en cause pour pouvoir l’éviter.
Allergie au pollen de cannabis : c’est quoi ?
Lorsque la plante fleurit, elle émet du pollen. Ce pollen peut en effet être la cause d’une allergie, comme beaucoup d’autres pollens.
Merci au Dr Madeleine Epstein, allergologue et vice-présidente du syndicat français des allergologues.
Source : JDF Santé
6 Fév 2023 | JDF Santé
Définition : qu’est-ce que le syndrome des enfants battus ou syndrome de Silverman ?
Selon les derniers chiffres disponibles, 1 enfant victime de maltraitance meurt tous les 5 jours en France. Ils sont 50 000 à subir des mauvais traitements (physiques psychologiques, négligences et abus sexuels). Le syndrome de Silverman est caractérisé par des fractures multiples, négligées, et survenues à différents âges, chez un enfant victime de maltraitance. Il a été décrit par le radiologue et pédiatre américain Frederic Silverman dans les années 50. « Ces fractures d’âges différents sont visibles sur les radiographies du squelette d’un enfant. Certaines sont déjà consolidées, d’autres sont plus récentes, d’autres en cours de consolidation. C’est un argument pour penser qu’un enfant est victime de maltraitance« , explique Emilie Eyssartier, chirurgien pédiatre à la clinique Jules Verne, à Nantes. « Par extension, le syndrome de Silverman concerne également aujourd’hui tout ce qu’on peut voir à l’imagerie, autre que la radiographie, comme l’échographie (fractures d’organes) et/ou le scanner cérébral (lésions cérébrales) », ajoute la spécialiste. Avant de poser le diagnostic définitif du syndrome de Silverman, il faut d’abord écarter la maladie des os de verre, une affection génétique caractérisée par une fragilité osseuse. « Une maladie qui est extrêmement rare mais qu’il est nécessaire d’exclure », note le chirurgien pédiatrique.
Quels sont les signes du syndrome des enfants battus ?
« On réalise une radiographie du squelette d’un enfant lorsqu’on a une suspicion de maltraitance. Par exemple, un enfant de 3 mois qui est tombé de la table à langer, cela alerte les soignants aux urgences car, un bébé de cet âge n’est pas encore capable de se retourner tout seul. Autre cas, une fracture du fémur ou du tibia chez un enfant qui ne marche pas encore« , illustre la spécialiste. Si l’enfant souffre d’une fracture qui semble suspecte à l’équipe soignante, que l’adulte responsable n’est pas capable d’expliquer, alors des examens complémentaires peuvent être réalisés à la recherche d’un possible syndrome de Silverman. « En cas de suspicion de maltraitance, on prescrit systématiquement une radiographie du squelette corps entier. On peut aussi demander un fond d’oeil, qui permet de constater d’éventuelles lésions cérébrales, un hématome à l’intérieur du crâne. Un scanner cérébral peut aussi être réalisé« , ajoute Emilie Eyssartier.
Quelles sont les causes ?
Le syndrome de Silverman est dû à des maltraitances physiques répétées, coups et blessures, et à une négligence des fractures et lésions engendrées par ces comportements violents. Le syndrome du bébé secoué et le syndrome de Silverman sont deux syndromes distincts : « Dans le syndrome du bébé secoué, on recherche l’hématome intracrânien caractéristique du bébé secoué. En effet, lorsqu’il est secoué, le cerveau du petit enfant vient frapper contre sa boîte crânienne, ce qui cause un hématome intracrânien. S’il s’agit de l’unique signe de maltraitance, le diagnostic ne sera pas le syndrome de Silverman« , précise notre interlocutrice.
Quelles sont les conséquences du syndrome de Silverman ?
Le syndrome de Silverman implique que l’enfant a subi des épisodes de violences à plusieurs reprises. La maltraitance laisse des séquelles physiques et psychologiques et peuvent être dévastatrices tout au long de la vie de la victime.
Quelles sont les caractéristiques du syndrome de Silverman à la radiographie ?
A la radiographie, le corps d’un enfant qui souffre du syndrome de Silverman montre des signes de fractures sur son squelette, des fractures des membres, des côtes et/ou de la face, notamment du nez. « Ces cicatrices sont appelées des cals osseux. On retrouve la fracture pour laquelle l’enfant a été amené aux urgences et une ou plusieurs autres, à des âges différents. Cela signifie que l’enfant a vécu plusieurs épisodes du même type en quelques semaines, quelques mois, ce qui est significatif du syndrome de Silverman« , explique la spécialiste.
Syndrome de Silverman, syndrome de bébé secoué ou autres signes de violences… dès lors que les professionnels de santé suspectent un cas de maltraitance chez un enfant, ils ont l’obligation légale et déontologique de le protéger. « Ils doivent alors signaler cette situation au procureur de la République et à la cellule de recueil d’évaluation et de traitement des informations préoccupantes (CRIP) de leur département« , note la Haute Autorité de Santé (HAS). Elle précise qu’il n’est pas nécessaire d’apporter de preuve, il relève des autorités compétentes de mener une enquête après un signalement.
Merci au Dr. Emilie Eyssartier, chirurgien pédiatre à la clinique Jules Verne, à Nantes, pour son expertise.
Source : JDF Santé
6 Fév 2023 | JDF Santé
[Mis à jour le 6 février 2023 à 15h40] Fini l’hyperconnexion ! La Journée sans téléphone portable (ou smartphone) est l’occasion de s’éloigner des écrans pendant un certain temps. Loin d’être un challenge facile, la digital detox ou la désintoxication numérique consiste à se défaire des écrans pendant un temps donné. 1 jour, 1 semaine, 1 mois ou plus. C’est d’ailleurs le défi que se sont lancées Léa et Manon, deux cousines et colocataires accros aux réseaux sociaux et à Internet, dans la série française Détox (« Off the Hook » pour le titre anglophone), diffusée sur la plateforme Netflix.
Si la tendance de la digital detox est de plus en plus populaire, c’est que le numérique prend de plus en plus de place dans la vie des Français qui passent en moyenne 4h22 par jour devant des écrans (hors travail), selon un sondage mené par BVA Group, experts du comportement. Près de deux tiers des Français avouent être aujourd’hui dépendants de leurs outils connectés, et un tiers totalement dépendants, à l’origine d’un sentiment de manque. Pour autant, ces appareils ne sont pas à diaboliser, mais plutôt à utiliser de manière plus responsable et bienveillante. Alors, à l’heure où les smartphones, tablettes, télés, ordinateurs et montres connectées sont omniprésents dans notre quotidien, comment faire une digital detox ? Et que gagne-t-on à les lâcher pendant une période ? Tour des bienfaits et conseils avec Dana Castro, psychologue et psychothérapeute.
C’est quoi une digital detox ?
On l’appelle « digital détox » en anglais ou désintoxication numérique en français. Le terme est entré pour la première fois dans le dictionnaire d’Oxford en 2014, mais il est de plus en plus utilisé, y compris en France. La digital detox correspond à un sevrage du numérique. Elle consiste à faire une pause dans son utilisation des écrans, de son téléphone, de sa tablette ou de son ordinateur. En clair, pendant une période définie, on s’abstient d’utiliser son smartphone, d’allumer la télévision ou encore de jouer sur son ordinateur.
Quelles sont les bienfaits d’une digital detox ?
« La connexion au numérique est simple, facile, attirante et surtout occupationnelle. Elle devient vite une habitude qui vient combler un vide. Les écrans, et particulièrement le téléphone, est une espèce de consommable : on zappe, on passe d’un réseau social à une news, d’une photo de mode à une vidéo divertissante… Notre cerveau va dans toutes les directions et il a très peu de moment pour se poser et réfléchir de façon constructive. Il n’est pas dans un voyage sensoriel qui pourrait le nourrir, mais plutôt dans une forme d’errance sans grande finalité. Au final, la surconsommation du numérique entraîne une fatigue (visuelle certes, mais surtout mentale et émotionnelle) doublée d’une forme d’ennui. Il est donc intéressant de se détoxifier de temps en temps« , explique notre interlocutrice. Dans le détail, faire une digital détox permet de :
► Se retrouver avec soi-même et nourrir son discours intérieur. « Les outils numériques sont tournés vers l’extérieur et inhibent l’intériorité. Ils ne nous apportent pas beaucoup de réponses sur nous-mêmes. En stoppant de temps en temps son lien au numérique, on se reconnecte à soi-même, on s’écoute davantage et on se questionne sur ses ressentis, ses émotions, ses besoins, ses limites…« , liste notre spécialiste.
► Relativiser et arrêter d’être dans une course frénétique de comparaison. « La digital detox est très importante pour l’estime et pour avoir une vision réaliste de soi-même, indique-t-elle. Le virtuel, et particulièrement les réseaux sociaux favorisent la comparaison malveillante, et sont culpabilisateurs. Par exemple, la jeune maman ne se sent pas à la hauteur quand sur Instagram elle voit d’autres mamans mieux gérer leur vie de famille. Les gens ont tendance à se comparer à des espèces d’idéaux autodéclarés, mais comment peut-on se comparer à quelque chose de virtuel ?«
► Reposer la psyché, gagner en sérénité en étant dans l’ici et maintenant « La digital détox permet de s’éloigner du stress, engendré par la surconsommation du numérique et l’hyperconnexion aux réseaux sociaux et au flux continu d’informations, souvent anxiogènes, avec la « peur de rater quelque chose ». »
► Être en meilleure santé. La digital détox permet d’être moins sédentaire (on a de fait plus de temps pour aller se promener, faire du sport), limiter les problèmes de vue (les écrans favorisent la fatigue visuelle, facteur de risque d’une baisse de la vue), avoir un sommeil de meilleure qualité (l’écran émet de la lumière bleue qui inhibe la sécrétion de mélatonine, l’hormone qui régule les cycles veille/sommeil).
► Gagner en concentration : les notifications détournent l’attention et distrait en permanence. Elles empêchent de se concentrer sur les interactions sociales dans un monde « physique » et non virtuel. Par ailleurs, les écrans peuvent faire perdre la notion du temps.
« Comme pour arrêter de fumer, chacun à sa méthode. Et puis l’idée n’est pas de complètement arrêter les écrans, mais d’en avoir une consommation plus responsable et surtout, plus bienveillante« , tient à rappeler Dana Castro.
► Commencer progressivement, sur une petite période. Une heure, puis 2, puis une demi-journée, une journée ou des plages-horaires (par exemple, de 20h à 7h)… Un sevrage trop long et trop brutal est contre-productif. L’idée est de se mettre en mode avion (ou d’éteindre son téléphone, mais le mode avion rassure car il permet d’avoir son téléphone allumé ainsi que l’accès à l’heure) pendant un moment dans la journée et d’augmenter progressivement la durée.
► Laisser son téléphone hors de la chambre, pour ne pas être tenté de l’allumer dès le réveil ou de scroller sur les réseaux juste avant de dormir. Il suffit de laisser son téléphone éteint dans le salon par exemple et de ressortir son bon vieux réveille-matin.
► Combattre l’ennui et profiter de ce temps exempt d’écran pour lire ou s’adonner à d’autres activités (cuisine, loisirs créatifs, jardinage, création, expo…) « On a tendance à se perdre dans les écrans et à perdre son temps. On se sert donc de ce temps retrouvé pour faire tout ce qu’on pense ne pas avoir le temps de faire« , conseille notre interlocutrice.
► Se faire aider par des applis (voir la liste plus bas) qui permettent de bloquer certains accès voire de verrouiller le téléphone totalement. Pour être le plus tranquille possible, il vaut mieux prévenir ses contacts les plus fréquents histoire qu’ils ne s’inquiètent pas. Il est également possible de bloquer toutes les notifications pour décider consciemment quelles applications on souhaite ouvrir.
► Se questionner sur ses (réels) besoins. Aller sur son téléphone est bien souvent compulsif. La plupart du temps, il s’agit plus d’un réflexe que d’un réel besoin de le consulter. Et souvent, checker son téléphone permet de se donner une constance, quand on attend son train, qu’un ami s’absente au restaurant, quand on est à la pause déj’ avec des collègues, au début d’une soirée à laquelle on ne connaît pas grand monde. Ainsi, à chaque fois que vous touchez votre téléphone, demandez-vous si vous avez réellement besoin de le consulter (est-ce pour appeler quelqu’un ou simplement pour passer le temps ?) et ce que vous auriez pu faire à la place si vous ne l’aviez pas consulté.
► Se lancer un challenge de temps d’écran, à ne pas dépasser (le temps d’écran est consultable dans les paramètres du téléphone ou de la tablette) et s’entraider avec ses proches, ses amis, sa famille, son conjoint pour tendre à une consommation des écrans plus responsable.
► Profiter des vacances pour se déconnecter. Le numérique nous fait perdre une chance de vivre autre chose, de nous recentrer sur nous-même, de se reconstruire et de revenir plus en forme au travail. Chacun doit se poser la question de quel média il a besoin de se déconnecter pour pouvoir profiter (réellement) des vacances.
4 applications pour faciliter la digital detox
- Flipd qui permet de bloquer toutes les applications comme Facebook, Snapchat… mais qui permet de continuer à envoyer des SMS en cas d’urgence.
- Calldoor qui permet aux managers de bloquer les applications, SMS, e-mails, appels… des téléphones portables professionnels de leurs équipes, et ce pendant la durée de leur choix.
- Digital Détox qui propose un accès limité à son téléphone pendant le défi (certaines applis sont inaccessibles et bloquées)
- Forest qui propose de définir une durée durant laquelle vous devez vous déconnecter (1 à 12 heures). Pendant cette période, une petite graine s’affiche sur votre écran d’accueil et pousse jusqu’à devenir un arbre qui dessèche et disparaît si vous touchez à votre téléphone.
Comment savoir si on a besoin d’une digital detox ?
On ressent de la fatigue, une lassitude, une saturation ou un profond ennui qui sonne souvent comme un déclic, le déclic qu’il faut se déconnecter
« En pratique, presque tout le monde aurait besoin, dans l’absolu, de se détoxifier et de faire une digital detox, indique notre experte. Certaines personnes plus que d’autres bien entendu. Ce n’est pas possible de ne pas se rendre compte à un moment donné que sa consommation numérique est problématique. On ressent de la fatigue, une lassitude, une saturation ou un profond ennui qui sonne souvent comme un déclic, le déclic qu’il faut se déconnecter. Les spécialistes décrivent même une pathologie qui s’appelle la nomophobie (la peur de se retrouver sans son téléphone)« . En théorie, il existe des tests pour savoir si on est accro à son téléphone. Ils n’ont pas de valeur diagnostique mais ils permettent de s’auto-situer sur l’échelle de la consommation digitale. Par exemple, il y en a un qui a été élaboré par le Dr David Greenfield, Fondateur du Center for Internet and Technology Addiction. Il s’agit d’une série de 12 questions auxquelles il faut répondre par oui par non. Chaque oui correspond à 1 point. On estime qu’à partir de 4 points ou plus, il est probable que la personne ait un schéma d’utilisation problématique ou compulsif. Parmi les questions :
- Dormez-vous régulièrement avec votre smartphone allumé sous votre oreiller ou à côté de votre lit ?
- Vous arrive-t-il de regarder et de répondre à des SMS, des tweets et des e-mails à toute heure du jour et de la nuit, même si cela signifie interrompre d’autres choses que vous faites ?
- Vous sentez-vous mal à l’aise lorsque vous laissez accidentellement votre téléphone ou un autre appareil numérique dans la voiture ou à la maison, que vous n’avez pas de réseau ou qu’il est en panne ?
- Lorsque vous mangez, votre smartphone fait-il toujours partie de la mise en place de la table ?
- Vous arrive-t-il de passer régulièrement du temps sans réfléchir en regardant fixement votre smartphone, votre tablette ou votre ordinateur, même s’il y a peut-être des choses meilleures ou plus productives à faire ?
Merci à Dana Castro, psychologue et psychothérapeute.
Source : JDF Santé